La Réunion

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne la région française d'outre-mer. Pour les autres significations, voir La Réunion (homonymie).
La Réunion
Blason de La Réunion
Héraldique
La Réunion
La Réunion
Administration
Pays Drapeau de la France France
Code département 974
Préfecture Saint-Denis
Sous-préfectures Saint-Benoît
Saint-Paul
Saint-Pierre
Arrondissements 4
Cantons 49
Communes 24
Conseil régional Conseil régional de La Réunion
Président Didier Robert
2010-2015
Conseil général Conseil général de La Réunion
Président Nassimah Dindar
2004
Préfet Dominique Sorain
ISO 3166-2 FR-RE
Démographie
Gentilé Réunionnais, Réunionnaise
Population 840 974 hab. (2013)
Densité 335 hab./km2
Langue officielle Français
Langues régionales Créole réunionnais
Géographie
Coordonnées 21° 09′ S 55° 30′ E / -21.15, 55.521° 09′ Sud 55° 30′ Est / -21.15, 55.5  
Superficie 2 512 km2
Fuseau horaire UTC +4
Domaine Internet .re/.fr
Indicatif téléphonique 262
Localisation

Géolocalisation sur la carte : La Réunion

Voir la carte administrative de La Réunion
La Réunion

Géolocalisation sur la carte : La Réunion

Voir la carte topographique de La Réunion
La Réunion
Liens
Site web www.reunion.fr

La Réunion (La Rényon en créole) est une île du sud-ouest de l'océan Indien, devenue un département et une région d'outre-mer français (DROM). Elle est située dans l'archipel des Mascareignes à environ 700 kilomètres à l'est de Madagascar et à 170 kilomètres au sud-ouest de l'île Maurice, terre la plus proche.

Bénéficiant d'un climat tropical et située sur la route des cyclones, elle présente un relief escarpé travaillé par une érosion très marquée. Elle culmine à 3 071 mètres d'altitude au sommet du piton des Neiges et abrite par ailleurs l'un des volcans les plus actifs du monde : le piton de la Fournaise. Ce dernier accroît épisodiquement la superficie de ce territoire d'environ 200 kilomètres de circonférence et qui jouit sur ses 2 512 kilomètres carrés actuels d'un endémisme exceptionnel.

Vraisemblablement repérée par les Arabes dès le Moyen Âge, La Réunion n'a été habitée qu'à compter du milieu du XVIIe siècle, soit environ 150 ans après son apparition sur les portulans des navigateurs portugais. Jusqu'alors connue sous le nom de Mascareigne, elle devient sous celui de Bourbon une escale de la Compagnie française des Indes orientales sur la route des Indes puis, à partir des années 1710, une véritable colonie pratiquant la culture du café. Devenue une société de plantation, elle passe ensuite sous le contrôle direct du roi de France dans les années 1760 avant d'être réaffectée à l'industrie de la canne à sucre au terme des Guerres napoléoniennes. Elle est définitivement rebaptisée de son nom actuel et l'esclavage y est aboli en 1848[1]. Malgré l'engagisme, qui se pratique jusque dans les années 1930, il s'ensuit une crise économique rampante à laquelle un terme ne sera mis qu'à la suite de sa transformation en département français en 1946.

La Réunion est depuis lors un département d'outre-mer (code postal 974) qui est devenu également une région ultrapériphérique de l'Union européenne. Néanmoins, et en dépit de son appartenance à la zone euro, son tissu productif reste structurellement fragile et fortement dépendant de la France métropolitaine. On y relève un taux de chômage particulièrement élevé, de l'ordre de 29 %, dont 60 % chez les jeunes[2]. Au 1er janvier 2013, la population est de 840 974 habitants[3]. Les Réunionnais se concentrent sur les côtes, où l'espace et le logement viennent à manquer et où se trouve Saint-Denis, le chef-lieu. Le PIB est estimé à 14,5 milliards €.

La démographie locale se caractérise par la jeunesse des habitants et leurs origines variées, à la fois européennes, ouest-africaines, est-africaines, malgaches, indiennes, annamites, malaises et chinoises. La cohabitation dans un espace restreint a donné lieu à des mélanges inédits, leurs langues formant le créole réunionnais, leurs religions se rencontrant autour d'un syncrétisme original, leurs gastronomies nourrissant ensemble la cuisine réunionnaise et leurs musiques fusionnant pour donner le séga et le maloya. Ce métissage original est considéré comme un atout essentiel pour le premier secteur économique de l'île : l'industrie touristique locale, à qui elle doit son surnom d'Île intense.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Inscription Isle de Bourbon sur une pièce de 10 cent. de 1816.

Pour rompre avec le nom d'île Bourbon, trop attaché à l'ancien pouvoir royal, la Convention nationale décide, par décret du 23 mars 1793[4], de renommer le territoire : « île de la Réunion ». Ce choix pourrait avoir été fait en hommage à la réunion des fédérés de Marseille et des gardes nationaux parisiens qui a précédé l'insurrection du 10 août 1792 et la marche sur le palais des Tuileries, mais aucun document ne le justifie et le sens du mot « réunion » pourrait avoir été purement symbolique[5].

Avec le Premier Empire, puis la Restauration, l'île change à nouveau de nom : en « île Bonaparte » (de 1806 à 1810, nom choisi par le général Decaen) puis à nouveau en « île Bourbon » (de 1810 à 1848). Elle ne redevient l'« île de la Réunion », cette fois définitivement, que par arrêté du gouvernement provisoire du 7 mars 1848[6].

Conformément à la graphie originelle et aux règles orthographiques et typographiques classiques[7], toujours en vigueur, « la Réunion » s'écrit avec une minuscule à l'article. Cependant au cours de la fin du XXe siècle, la graphie « La Réunion » avec une majuscule s'est développée dans de nombreux écrits pour souligner l'intégration de l'article dans le nom. Cette graphie correspond aux préconisations de la Commission nationale de toponymie[8] et figure notamment dans l'actuelle Constitution de la République française aux articles 72-3 et 73.

Enfin, La Réunion a pour codes :

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

D'un point de vue géographique, La Réunion est une île de l'hémisphère austral située dans le sud-ouest de l'océan Indien par 21 degrés de latitude sud et 55 degrés de longitude est. Cette localisation la place au large de la côte sud-est du continent africain, à qui on la rattache traditionnellement en l'englobant tantôt dans l'Afrique australe, tantôt dans l'Afrique de l'Est ou plus souvent dans l'ensemble géopolitique flou appelé Sud-ouest de l'océan Indien. De fait, elle se trouve plus précisément à environ 700 kilomètres à l'est de la façade orientale de l'île de Madagascar, qui relève elle aussi de ces régions.

La Réunion est l'île la plus occidentale d'un groupe d'îles que l'on appelle Mascareignes, et que l'on assimile à un archipel. Elle est située à approximativement 200 kilomètres de l'île la plus proche, l'île Maurice, soit l'île principale d'un État souverain appelé République de Maurice et qui a pour possession la troisième plus grande île de ce groupe, Rodrigues, située plus à l'est.

Topographie[modifier | modifier le code]

Le relief exacerbé de l'île transparaît malgré l'altitude de cette photo satellite.

Le relief de l'île est globalement très accidenté. Les espaces côtiers sont en général les lieux les plus plats, et leur superficie varie sensiblement. Si les plaines du port s'étalent sur plusieurs kilomètres carrés, le Sud sauvage en est lui majoritairement dépourvu. L'interface entre terre et mer peut être tantôt abrupte et rocheuse, tantôt plate et sablonneuse.

Entre la frange littorale et les Hauts, s’étend une zone transitoire pentue, dont la dénivellation varie considérablement avant d'arriver sur les lignes de crêtes sertissant les cirques ou la caldeira du Piton de la Fournaise. Ces pentes, dont le dénivelé varie entre quelques centaines de mètres pour accéder à l'espace intervolcanique, à plus de 2 200 m pour la Roche Écrite depuis l'Océan Indien à Saint-Denis.

Sous l'effet d'une érosion violente, les pentes sont sillonnées par de nombreux cours d'eau creusant des ravines, estimées à au moins 600[9]. Celles-si sont généralement profondes, et leurs torrents entaillent les flancs de montagnes jusqu'à plusieurs centaines de mètres de profondeur, charriant un volume de matériaux important. Ce relief accidenté rend les transports difficiles. À cet égard, la Route des Tamarins enjambe plus de 120 ravines entre Saint-Denis et Saint-Pierre.

Le centre de l'île où s'établissent les trois cirques s'apparente à un enfer topographique. Les ravines, crêtes, torrents forment un dédale de fortes pentes dans lesquels rares sont les espaces à peu près plats (Îlets). La situation du Cirque de Mafate est telle qu'il est impossible de s'y rendre autrement qu'à pied ou en hélicoptère. De l'autre côté de l'île, le Piton de la Fournaise fait également office de pôle d'inaccessibilité en raison de son relief contraignant. Seule la route du sud le contourne à sa base entre Sainte-Rose et Saint-Philippe

L'espace entre les deux volcans bénéficie d'une géographie moins austère, bien qu'il soit accessible après avoir gravi de fortes pentes via Le Tampon ou Saint-Benoît.

Panel de reliefs présents sur l'île

Géologie[modifier | modifier le code]

Du côté du piton de la fournaise, le Piton Haüy au centre.
Article détaillé : Point chaud de La Réunion.

La Réunion est une île volcanique située dans l’océan Indien.

Elle est née, il y a quelque trois millions d’années[10], avec l’émergence d’un massif montagneux culminant au piton des Neiges qui est, avec une altitude de 3 070,50 m, le sommet le plus élevé des Mascareignes et de l’océan Indien (mesure GPS effectuée en mai 2003 par l’Ordre des géomètres experts de La Réunion).

Ce massif forme la partie ouest de l’île, alors que l’est est constitué d’un volcan bien plus récent, à peine vieux de 500 000 ans, l’un des plus actifs de la planète : le piton de la Fournaise.

Le massif ancien, dont les volcans sont actuellement inactifs, abrite trois vastes cirques : les cirques de Salazie, Mafate et Cilaos, creusés par l’érosion. Le massif ancien est séparé du massif de la Fournaise par une trouée formée de la plaine des Palmistes et de la plaine des Cafres, voie de passage entre le nord et le sud de l’île. L’érosion a donné à ces formations volcaniques des reliefs abrupts, des à-pics vertigineux, des canyons, de multiples cascades, qui donnent à l’île une grande beauté et l’a fait surnommer « l’île à grand spectacle ».

La magnificence des paysages est accrue par la diversité des végétations qui prospèrent dans ces sites.

La partie émergée de l’île ne représente qu’un faible pourcentage (environ 3 %) de la montagne sous-marine qui la forme.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hydrologie de La Réunion.

Récif de corail[modifier | modifier le code]

Le lagon de l'Ermitage et sa passe, à Saint-Gilles-les-Bains.

Comme l'île est relativement jeune (3 millions d'années[10]), les formations coralliennes (âgées de 8 000 ans[11]) sont encore peu développées et occupent une surface faible comparativement à des îles plus anciennes, se présentant pour la plupart sous la forme de récifs frangeants[10],[11].

Ces formations délimitent des « lagons » (il s'agit plus techniquement de « dépressions d'arrière-récif »[10],[11]) peu profonds dont le plus grand ne dépasse pas 200 m de large, pour 1 à 2 m de fond environ[12]. Ces lagons, qui forment une ceinture récifale discontinue de 25 km de long (soit 12% du littoral de l'île) pour une surface totale de 12 km²[10],[11], sont situés sur la côte ouest et sud-ouest de l’île. Les plus importants sont ceux de L’Ermitage (St Gilles), St Leu, L'Étang-Salé et St Pierre.

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Climat de La Réunion.
Cascades Langevin au sud de l'île

La Réunion est caractérisée par un climat général de type tropical humide sous l'influence des vents alizés qui soufflent d'est en ouest. La présence de hautes montagnes induit de fortes différences microclimatiques, d'une part au niveau des précipitations entre une côte orientale pluvieuse exposée au vent et une côte occidentale assez sèche car protégée par le relief, d'autre part au niveau des températures entre un bord de mer chaud et des zones d'altitude relativement fraiches.

Au niveau de la mer, les températures moyennes mensuelles varient en général de 21 °C (août) à 26,5 °C (janvier)[réf. nécessaire]. La moyenne des minimales pour le mois le plus froid, à Saint-Denis, est de 17 °C, alors que la moyenne des maximales pour le mois le plus chaud y est de 30 °C. Le Port est la ville la plus sèche avec une hauteur annuelle normale de précipitations de 636 mm tandis que Saint-Benoît est la ville côtière la plus arrosée avec 3 464 mm. Dans les bourgs de montagne, comme à Cilaos ou à La Plaine-des-Palmistes, les températures moyennes oscillent plutôt entre 12° C et 22 °C ; les précipitations y sont aussi plus marquées (3 939 mm/an à Cilaos et 4 634 mm/an à La Plaine-des-Palmistes). Les zones d'habitat les plus élevées et les espaces naturels d'altitude peuvent connaître quelques gelées hivernales.

La situation très océanique de La Réunion tempère les températures estivales, qui ne sont jamais caniculaires (les températures maximum dépassent rarement 35 °C), mais place l'île entre janvier et mars dans une bande de passage des cyclones. Ceux-ci peuvent être dévastateurs avec des vents dépassant les 200 km/h et apportent des précipitations diluviennes qui constituent les records mondiaux de pluviométrie enregistrés sur les durées de 12 heures à une semaine.

Transport[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transport à La Réunion.

La topographie montagneuse, le développement urbain, la concentration des activités humaines sur le littoral font du réseau routier un sujet de préoccupation constant pour le développement économique de l’île. À l’initiative du conseil régional et avec le concours de l’État et de l’Union européenne, un projet d’envergure a été lancé en 2003 pour un montant estimé à plus d'un milliard d’euros : la route des Tamarins, axe autoroutier transversal reliant à mi-hauteur le nord au sud pour définitivement sécuriser et désengorger la liaison nord-ouest du chef-lieu.

Transports routiers[modifier | modifier le code]

L’île de La Réunion comptait en 2004 près de 300 000 véhicules particuliers, soit environ une voiture pour deux habitants. Malgré l’importance du parc automobile, l’équipement des ménages reste sensiblement inférieur à celui de la France métropolitaine. On estime qu’à l’horizon 2020, le parc automobile à La Réunion pourrait atteindre environ 500 000 véhicules, pour un niveau

Les deux ponts de la rivière de l'est reliant saint Benoît à sainte Rose.

d’équipement des ménages proche de celui de la France métropolitaine en 1999. La route des Tamarins, ouverte en 2009[13], permet un déplacement beaucoup plus rapide, notamment grâce à une voie plus large, au départ d'Étang-Salé jusqu'à Saint-Paul environ.

Transports maritimes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transport maritime à La Réunion.
L'un des deux bassins du port de la Pointe des Galets.

Le principal port de l'île est situé sur le territoire communal du Port, dans le nord-ouest de l'île ; il est le seul port de France à cumuler les cinq fonctions de gare maritime, port de commerce, port de plaisance, port de pêche et base navale (3e base navale française après Brest et Toulon). Il est géré par la Chambre de commerce et d'industrie de La Réunion.

Transport aérien[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transport aérien à La Réunion.

L’île de La Réunion dispose de deux aéroports internationaux :

Le transport aérien fait appel aussi à l'hélicoptère et aux ULM pour desservir des lieux inaccessibles par la route et découvrir sans effort les trésors cachés de l’île de La Réunion, tels que le trou de fer, les pitons vus du ciel, les cirques de Mafate, Salazie et Cilaos.

Environnement et patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Environnement à La Réunion.

L’île de La Réunion possède une faune et une flore variées, bien que localement menacée par des espèces introduites devenues invasives. Contrairement à la Guyane, on n’y trouve aucun grand mammifère sauvage (jaguar ou autres fauves par exemple). En revanche, de nombreuses espèces endémiques y sont répertoriées. Souvent menacées, comme leur habitat par la périurbanisation[15], elles font l’objet de plans de sauvegarde.

Net-Biome est un projet coordonné par la région Réunion et aidé par la Commission européenne pour mettre en réseau (à partir de 2008) les politiques publiques de recherche dans le domaine de la restauration et gestion durable de la biodiversité tropicale et subtropicale dans les 7 régions ultrapériphériques et la quasi-totalité des Pays et Territoires d’Outre-Mer de l’UE. Il s'appuiera notamment sur :

En 2009, une liste des espèces menacées a été établie dans le cadre d'une mission pilotée par l'Union internationale pour la conservation de la nature, le Muséum national d'histoire naturelle et en partenariat avec la Direction régionale de l'Environnement[16]

Avec la création de son parc national, l'île a été nommée au Patrimoine mondial de l'UNESCO pour ses « Pitons, cirques et remparts » le lundi 2 août 2010[17].

Flore[modifier | modifier le code]

L’île de La Réunion a la particularité de présenter une flore très variée. En effet on recense plus de 1 000 espèces de plantes sur l’île de La Réunion. Les différentes migrations y ont largement contribué au fil des siècles.

Faune[modifier | modifier le code]

La réserve naturelle de Saint-Philippe Mare-Longue est l’une des dernières forêts primaires mégathermes hygrophiles de basse altitude de l’archipel des Mascareignes[18]. La Réunion contient beaucoup d'espèces endémiques tel le tuit-tuit.

Biodiversité marine[modifier | modifier le code]

paysage sous-marin typique du lagon de l'Ermitage.

Malgré la faible surface des récifs coralliens, la biodiversité marine de la Réunion est comparable aux autres îles du secteur, qui vaut à l'archipel des Mascareignes son inscription parmi les 10 principaux « hot spots » de biodiversité mondiale[19]. Les récifs coralliens de la Réunion, aussi bien au niveau des platiers que des barrières, sont principalement dominés par des espèces de corail branchu à croissance rapide du genre Acropora (famille des Acroporidae), qui permettent d'héberger et de nourrir de très nombreuses espèces tropicales.

Les recherches scientifiques récentes font état à la Réunion de plus de 190 espèces de coraux[19], plus de 1300 espèces de mollusques[20], plus de 500 espèces de crustacés[21], plus de 130 espèces d'échinodermes[19] et plus de 1000 espèces de poissons[22].

Les eaux plus profondes de la Réunion accueille des dauphins, orques, baleines à bosse, baleines bleues et les espèces de requins sont variées ; parmi celles-ci : le requin baleine, le requin corail, le requin bouledogue, le requin tigre, le requin à pointes noires et le requin blanc. Plusieurs espèces de tortues marines y vivent et s'y reproduisent.

Biodiversité, pressions et conservation[modifier | modifier le code]

Parmi les écosystèmes côtiers, les récifs coralliens comptent parmi les plus riches en matière de biodiversité, mais ils sont aussi les plus fragiles[23].

Près d’un tiers des espèces de poissons était déjà considéré comme menacé ou vulnérable en 2009[22], avec un corail en dégradation en plusieurs endroits. Les causes de cet état de fait sont la pollution, la surpêche et le braconnage ainsi que la pression anthropique, notamment liée à la densification de l’urbanisation des zones côtières et au rejet des eaux usées[22].

104 espèces vivant sur l'île de La Réunion étaient inscrites sur la liste rouge éditée par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) au 12 septembre 2008.
Elles étaient 51 en 2007[24].
Sur cette liste on trouvait :

Le caractère insulaire de La Réunion la rend vulnérable au dérèglement climatique et implique une stratégie d'adaptation, à laquelle une trame verte et bleue peut contribuer[25].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de La Réunion.

Découverte et les premiers habitants[modifier | modifier le code]

La Réunion est une des seules îles de la région dont les premiers habitants aient été des Européens. En effet, l’île était totalement inhabitée avant d’être découverte par des navires européens en route vers les Indes. Si l’on date sa découverte de 1500, des explorateurs arabes semblent l’avoir déjà repérée avant.

Un navigateur portugais, Diogo Dias, y aurait débarqué en juillet 1500. Un autre navigateur portugais, Pedro de Mascarenhas y débarque le 9 février 1512[26] ou 1513[27], jour de la Sainte-Apolline, alors qu’il est sur la route de Goa. L’île apparaît ensuite sur des cartes portugaises sous le nom de Santa Apolonia. Vers 1520, La Réunion, l'île Maurice et Rodrigues sont appelées archipel des Mascareignes, du nom de Mascarenhas. Aujourd’hui, ces trois îles sont couramment appelées les Mascareignes.

Au début du XVIIe siècle, l’île est une escale sur la route des Indes pour les bateaux anglais et néerlandais. Le 23 mars 1613, l’amiral néerlandais Pierre-Guillaume Veruff, de retour de Java, fait escale à La Réunion. Un navigateur anglophone baptise par ailleurs l’île encore inhabitée England's forest.

Les Français y ont ensuite débarqué pour en prendre possession au nom du roi en 1642 et l’ont baptisée île Bourbon, du nom de la famille royale. En 1646, douze mutins chassés de Madagascar sont abandonnés à La Réunion.

C'est en 1665 qu'arrivent les vingt premiers colons de l'île de Bourbon. Cinq navires composaient l’escadre commandée par M. Véron : L’Aigle blanc, La Vierge, le Bon port, Le Saint-Paul et Le Taureau. Le navire amiral battait pavillon de la Compagnie des Indes Orientales. La Loire charriait encore des glaçons quand la flotte quitta le quai de la Fosse à Nantes dans les premiers jours de février 1665. Prenant la direction des ports et des établissements de la côte de Malabar et du golfe de Bengale, elle arriva à l’île de Bourbon le 9 juillet 1665. La traversée fut marquée par une tragédie, qui fit douze victimes, lors de l’escale au Cap-Vert le jeudi Saint 4 mars 1665. Le 11 avril suivant, ayant rendu à ses morts un dernier hommage, la flotte remit à la voile. « Elle continua son voyage sans accident », note le chroniqueur Rennefort.

Parmi les vingt colons venus de France, on note la présence d'Hervé Dannemont (devenu Dennemont), né le 17 décembre 1635 à Brix (Manche), fils de Jacques Dannemont, maître verrier et de Marie Lecarpentier. Il a épousé vers 1668 à Saint-Paul, Léonarde Pillé, originaire de Granville. Hervé Dennemont serait décédé le 16 novembre 1678. Les Dannemont de Normandie sont représentés, aujourd'hui, par une trentaine de familles sur l'île de la Réunion. On les trouve également à l'île Maurice mais aussi à Madagascar... En Normandie, la famille s'est éteinte au XVIIIe siècle, le nom ayant muté en Dalmont. (Sa descendance est bien connue grâce à Camille Ricquebourg, auteur du dictionnaire généalogique des familles de Bourbon).

Françoise Chatelain de Cressy est arrivée pendant cette période et est à l’origine de plusieurs familles connues de Bourbon.

À partir de 1715, l’île connaît un important essor économique avec le développement de la culture et de l’exportation du café. Cette culture a été à l’origine du développement considérable de l’esclavage dans la colonie. Bertrand-François Mahé de La Bourdonnais, gouverneur de l’île de 1735 à 1745, a apporté une dimension stratégique au développement de l’île, devenue pourvoyeuse en vivres de l’île de France (aujourd’hui île Maurice) et de la flotte française engagée dans la guerre franco-anglaise des Indes. Citons également le rôle de l’intendant Pierre Poivre, qui a considérablement enrichi la flore locale et diversifié les ressources agricoles par l'introduction de très nombreuses espèces tropicales, et notamment le girofle et la noix de muscade dont le commerce fut florissant au XVIIIe et début du XIXe siècle.

Bouleversements révolutionnaires[modifier | modifier le code]

Le 19 mars 1793, pendant la Révolution, son nom devient « île de La Réunion »[28] en hommage à la réunion des fédérés de Marseille et des gardes nationaux parisiens, lors de la marche sur le palais des Tuileries, la journée du 10 août 1792, et pour effacer le nom de la dynastie des Bourbons[29]. Le 26 septembre 1806, l’île prend le nom de Bonaparte et se retrouve en première ligne dans le conflit franco-anglais pour le contrôle de l’océan Indien.

L'abolition de l'esclavage votée par la Convention nationale le 4 février 1794 se heurte au refus de son application par La Réunion, comme par l'Île de France. Une délégation accompagnée de forces militaires, chargée d'imposer la libération des esclaves, arrive à l'Île de France le 18 juin 1796 pour se voir aussitôt expulsée sans ménagements. Il s'ensuit une période de troubles et de contestations du pouvoir de la métropole qui n'a plus aucune autorité sur les deux îles. Le Premier consul de la République, Napoléon Bonaparte, y maintient l’esclavage qui n’a jamais été aboli dans la pratique, avec la loi du 20 mai 1802.

Pendant les guerres napoléoniennes, l’île passe en 1810 sous domination britannique, puis est rétrocédée aux Français lors du traité de Paris en 1814.

Après les catastrophes climatiques de 1806-1807 (cyclones, inondations), la culture du café décline rapidement pour se voir substituer la culture de la canne à sucre, dont la demande métropolitaine augmente, du fait de la perte, par la France, de Saint-Domingue, et bientôt de l’île de France (île Maurice). Du fait de son cycle de croissance, la canne à sucre est en effet insensible à l’effet des cyclones. Survenue en 1841, la découverte d’Edmond Albius sur la pollinisation manuelle des fleurs de la vanille permet bientôt à l’île de devenir le premier producteur mondial de vanille. Essor également de la culture du géranium dont l’essence est très utilisée en parfumerie.

De 1838 à 1841, le contre-amiral Anne Chrétien Louis de Hell est gouverneur de l’île. Un changement profond de la société et des mentalités liés aux événements des dix dernières années conduisent le gouverneur à saisir le Conseil colonial de trois projets d’émancipation.

Le 20 décembre 1848, l’abolition de l'esclavage est finalement proclamée par Sarda Garriga (le 20 décembre est un jour férié à La Réunion). Louis Henri Hubert Delisle devient son premier gouverneur créole le 8 août 1852 et reste à ce poste jusqu’au 8 janvier 1858. L’Europe a de plus en plus recours à la betterave pour remplir ses besoins en sucre. Malgré sa politique d’aménagement et le recours à l’engagisme, la crise économique couve et devient patente à compter des années 1870. Par la suite, le percement du canal de Suez conduit le trafic marchand à s’éloigner de l’île. Cette dépression économique n’empêche toutefois pas la modernisation de l’île, avec le développement du réseau routier, la création du chemin de fer, la réalisation du port artificiel de la Pointe des Galets. Ces grands chantiers offrent une alternative bienvenue aux travailleurs agricoles.

Guerres et modernisation[modifier | modifier le code]

La seconde moitié du XIXe siècle voit la population réunionnaise évoluer, par l’arrivée massive d’engagés indiens dont une partie s’installe définitivement dans l’île, et par la libération de l’immigration en 1862. De nombreux Chinois et musulmans indiens s’installent alors, et forment deux importantes communautés qui participent à la diversification ethnique et culturelle. À partir de la fin du XIXe siècle, les sources d’engagements se tarissent peu à peu. Nombre de propriétaires terriens louent alors leurs terres (pratique du colonage), d’où l’émergence d’une population de travailleurs agricoles indépendants.

La participation de La Réunion à la Première Guerre mondiale se traduit par l’envoi de nombreux Réunionnais aux combats dans la métropole et sur le front grec. L’aviateur Roland Garros se couvre de gloire et meurt en plein ciel en 1918. L’amiral Lucien Lacaze est nommé ministre de la Marine puis ministre de la Guerre de 1915 à 1917. La guerre a des conséquences économiques favorables pour La Réunion : la production de sucre augmente fortement et les cours grimpent, la métropole étant privée de ses terres betteravières, théâtre des combats.

Pendant l’entre-deux-guerres, la modernisation se poursuit : l’électricité apparaît dans les foyers aisés, et assure l’éclairage public de Saint-Denis. Le télégraphe (1923) et la radio (1926) mettent les Réunionnais en contact avec le monde. En 1939, 1 500 foyers privilégiés sont abonnés au téléphone. On voit apparaître automobiles et avions. L’industrie sucrière se concentre et les sociétés anonymes se substituent aux exploitants individuels de sucreries. Ces progrès profitent essentiellement aux foyers de propriétaires terriens, d’industriels, de cadres, de gros commerçants, et la masse de la population demeure pauvre. Autre évolution importante de l’entre-deux-guerres : la mortalité baisse et la natalité, très forte, augmente, d’où une croissance exponentielle de la population, croissance qui se poursuit de nos jours.

Article détaillé : Libération de La Réunion.

La Seconde Guerre mondiale[30] est une épreuve très dure : bien que La Réunion soit épargnée par les combats, elle souffre terriblement de l’arrêt quasi total de ses approvisionnements. Le 28 novembre 1942, un débarquement des Forces françaises libres a lieu sur l'île : l'administration locale fidèle au gouvernement de Vichy est renversée, le territoire passant sous contrôle de la France libre[31].

Départementalisation et occidentalisation[modifier | modifier le code]

Le 19 mars 1946, La Réunion devient un département d’outre-mer français puis, en 1997, l’une des sept régions ultrapériphériques de l’Union européenne.

À la départementalisation, La Réunion est en ruines. Mais la métropole est amenée à consentir de gros efforts pour la reconstruction de l’économie et le progrès social. L’instruction obligatoire constitue un progrès décisif. La mise en place, avec un léger décalage, du système de sécurité sociale hexagonal apporte un mieux être considérable. Au début des années cinquante, le paludisme, fléau sanitaire majeur depuis un siècle, est éradiqué. Le nombre de lits d’hôpital triple en dix ans. Il s’ensuit une amélioration importante de la santé publique, une chute considérable de la mortalité… et une augmentation galopante de la population, la natalité culminant à un niveau record proche de 50 pour mille. Dès la fin de la guerre, des liaisons aériennes régulières mettent La Réunion à trois journées seulement de la métropole. Autre conséquence de la départementalisation : une augmentation considérable du nombre de fonctionnaires, bien rémunérés, qui génèrent un flux commercial nouveau provoquant l’émergence d’une classe moyenne vivant du commerce, d’activités libérales et de fonctions d’encadrement. L’élection de Michel Debré à la députation, en 1962, apporte un atout considérable au développement, du fait de la dimension du personnage et de son poids politique en métropole.

Au début des années 1960, La Réunion fût envisagée comme site d'essais nucléaires[32].

Dans les années 1970 et 80, La Réunion accède vraiment à la modernité. Une université apparaît et se développe, ainsi que l’enseignement technique. La télévision supplante la radio. Les commerçants abandonnent leurs « boutiques chinois » et « bazar zarabs » pour créer supérettes et supermarchés. Le tourisme commence à se développer. Le réseau routier se densifie et se modernise, mais le parc automobile évolue plus rapidement encore. L’habitat s’améliore, et la construction de logements, dopée par des avantages fiscaux spécifiques aux DOM, est très active. L’économie change. Dans l’agriculture, les cultures maraîchères et fruitières, l’élevage se développent pour satisfaire les besoins d’une population qui augmente et consomme. La canne à sucre, toutefois, maintient son rang de première production agricole. Le BTP se porte bien. Mais c’est désormais le secteur tertiaire qui tire l’économie : commerce, services, et, de plus en plus, tourisme. Aujourd’hui, le tourisme est la première activité de l’île, avec la construction.

En mai 2004, la Commission de l'Union africaine émet un Plan stratégique dans lequel le continent africain désigne l'occupation étrangère de La Réunion, considérée comme africaine[33].

Administration[modifier | modifier le code]

Statut juridique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Communes de La Réunion.
L'hôtel du département, couramment appelé Palais de La Source, à Saint-Denis

La Réunion est à la fois une région administrative française et un département[34]. Elle est composée, à l’image des autres régions d’outre-mer, d’un département unique. Le conseil général, le conseil régional et le préfet siègent au chef-lieu Saint-Denis de La Réunion. Il a été question plus pour des raisons de tactique électorale que d’efficacité dans l’organisation administrative de scinder l’île en deux départements : voir Bidépartementalisation.
Elle compte 24 communes organisées en 5 communautés d'agglomération.

Symboles[modifier | modifier le code]

Blason de La Réunion
Drapeau réunionnais

Alors que la période féodale a installé de nombreux drapeaux et blasons en France métropolitaine, La Réunion n’a jamais possédé de drapeau officiel autre que celui de la nation.

Cependant un blason a été créé pour l’île par l’ancien gouverneur, Merwart, à l’occasion de l’exposition coloniale de 1925, organisée à Petite-île. Merwart, membre de la Société des Sciences et Arts de La Réunion, a voulu rassembler toute l’histoire de l’île sur ce blason. Sa devise « Florebo quocumque ferar » est celle de la Compagnie française des Indes orientales et signifie « Je fleurirai partout où je serai portée ». La frise en lianes de vanille honore une culture alors florissante. En haut à gauche : l’île vierge. « M M M » est un chiffre romain qui rappelle l’altitude des plus hauts sommets. En haut à droite : le navire le Saint-Alexis qui assura la première prise de possession de l’île. En bas à gauche : les fleurs de lis de l’époque royale. En bas à droite : les abeilles impériales. Au centre le drapeau républicain français.

En dehors du drapeau indépendantiste réunionnais, un autre drapeau a fait son apparition dans les années 1990 en remportant le concours de l'association française de vexillologie. Ce drapeau dessiné par Guy Pignolet dès 1975 se nomme « lo Mavéli » représente le volcan du Piton de la Fournaise sous la forme d'un triangle rouge simplifié sur un fond de couleur bleu marine tandis que cinq rayons du soleil divergent à 180 degrés depuis son sommet. L'ensemble symbolise l'arrivée des populations qui ont convergé vers l'île au cours des siècles pour lui conférer une configuration ethnique exceptionnelle. Bien qu'il ne soit pas officiellement reconnu comme le drapeau de la Réunion, ce drapeau apparaît devant plusieurs mairies, dont le Port, St-Denis, St-Louis et St-Philippe[35], ainsi que sur la pièce de 10 € de La Réunion[36].

Géopolitique[modifier | modifier le code]

Comme Mayotte, l’île est membre de la Commission de l'océan Indien.

La Réunion est une base accueillant les infrastructures du Frenchelon et de l’ensemble mobile écoute et recherche automatique des émissions.

Vie politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique à La Réunion.

Les partis politiques réunionnais sont à peu de choses près les filiales ou les homologues de ceux de métropole. Le Parti communiste réunionnais a néanmoins quelques revendications autonomistes ; on trouve le même reflet pour les organisations syndicales. La vie politique, comme les mouvements revendicatifs, est étroitement déterminée par les échéances, les mesures gouvernementales et les mobilisations de la métropole.

Société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de La Réunion.

La Réunion compte, en janvier 2013, 840 974 habitants[3].

Commune Population en 2011 Augmentation par rapport à 2010
Saint-Denis 144 238 en augmentation +1,1 %
Saint-Paul 103 008 en augmentation +1,8 %
Saint-Pierre 76 247 en augmentation +1,2 %
Le Tampon 72 026 en augmentation +2,0 %
Saint-André 52 956 en augmentation +2,3 %
Saint-Louis 50 717 en augmentation +1,7 %
Le Port 38 279 en augmentation +0,2 %
Saint-Joseph 35 062 en augmentation +1,6 %
Saint-Benoît 33 802 en augmentation +0,8 %
Sainte-Marie 30 815 en augmentation +1,7 %
Saint-Leu 29 925 en augmentation +1,9 %
La Possession 28 798 en augmentation +3,1 %
Sainte-Suzanne 22 411 en augmentation +2,4 %
Étang-Salé 13 367 en augmentation +1,4 %
Petite-Île 11 692 en augmentation +1,6 %
Bras-Panon 11 404 en augmentation +1,8 %
Les Avirons 10 336 en augmentation +4,1 %
Salazie 7 294 en diminution -0,1 %
Trois-Bassins 6 994 en augmentation +0,6 %
Sainte-Rose 6 809 en augmentation +0,4 %
Entre-Deux 6 022 en augmentation +1,7 %
Cilaos 5 994 en diminution -0,2 %
Saint-Philippe 5 114 en augmentation +0,6 %
La Plaine-des-Palmistes 4 940 en augmentation +4,1 %

Une population colorée et métissée[modifier | modifier le code]

La population de La Réunion est composée de populations issues de Madagascar, de l’est de l’Afrique continentale (les Cafres), de l'ouest et du sud-est de l’Inde, le Gujarat (les Zarabes) et le Tamil Nadu (les Malbars) ainsi que du sud de la Chine notamment de Guangzhou (Canton) et bien sûr d’Europe, toutes arrivées dans l’île au cours des différentes phases de la colonisation et du développement de l’île. Aujourd'hui, la population de l'île est particulièrement métissée.

Les premiers colons, au XVIIe siècle, sont des Européens, essentiellement des Français, accompagnés parfois d’épouses malgaches et de serviteurs du même pays (on ne peut pas encore les désigner comme esclaves). À partir de l’essor de la culture du café (1718), le recours à l’esclavage s’intensifie et draine vers l’île Bourbon des flux considérables d’asservis venus essentiellement de Madagascar et d’Afrique orientale, mais également d’Inde, de Malaisie… Les esclaves constituent les trois quarts de la population à la fin du XVIIIe siècle (37 000 esclaves en 1789[37]. Au début du XIXe siècle, l’esclavage est contesté, tant du point de vue moral que du point de vue de l’efficacité économique, et il apparaît un faible courant d’immigration d’engagés (travailleurs « libres » qui s’engagent à travailler un certain nombre d’années chez un maître).

Après l’abolition de l'esclavage, en décembre 1848, les exploitants se tournent vers l’engagement, qui apporte un flux important de travailleurs venus d’Inde (essentiellement de la côte de Coromandel, précisément du Tamil Nadu, au sud-est du sous-continent, et non de la côte de Malabar, au sud-ouest d’où l’on a tiré par erreur l’appellation locale « malbars » désignant ce groupe ethnique), de Madagascar, d’Asie du Sud-Est, de Chine… En outre, la fin du XIXe siècle voit arriver de la province de Guangdong des paysans cantonais qui, fuyant la pauvreté et plus tard les bombardements japonais, œuvrent d’abord dans l’agriculture avant de s’installer dans le commerce de détail. Toutes ces communautés ont tendance à se fondre dans un creuset, dont résulte un métissage qui fait émerger un type « créole », et également une culture créole…

La période esclavagiste a constitué une époque de racisme et d’antagonisme exacerbés entre les communautés. Les préjugés raciaux sont restés vivaces jusqu’après la Deuxième Guerre mondiale. La population réunionnaise s’est alors rapidement transformée, avec la généralisation de l’éducation, la démocratisation résultant de la départementalisation, le progrès économique qui profitait aux membres des diverses communautés en faisant émerger de nouveaux secteurs d’activité, ce qui changeait complètement l’échelle sociale. Un métissage accru fait que l’on distingue de moins en moins les ethnies. Les préjugés raciaux auraient ainsi pratiquement disparu. Si La Réunion constitue un modèle pour l’harmonie ethnique, les disparités demeurent fortes au plan des revenus, de la formation, des patrimoines. Si les travailleurs indépendants et les salariés disposent de revenus corrects, voire confortables, la masse des chômeurs (30 %, et 50 % chez les jeunes), des RMIstes (plus de 67 000, 8,5 % de la population) constitue le problème majeur auquel est confronté l’île. L’émigration, bien qu’active, ne peut à elle seule résoudre le problème. La croissance économique forte n’a qu’un effet limité sur la baisse du chômage.

Daniel Vaxelaire, journaliste, historien, écrivain, auteur de différents ouvrages sur La Réunion, explique, dans son Histoire de La Réunion des origines à 1848, que le métissage est l’un des traits caractéristiques de l’île, dès l’arrivée des premiers colons. Ceux-ci ont en effet épousé peu après leur installation dans l’île, des femmes venues de Madagascar et des métisses indo-portugaises, avec lesquelles ils ont conçu les premiers enfants nés à La Réunion. Ainsi donc, les premiers enfants nés sur cette île verte et inhabitée étaient déjà métis.

Ce métissage précoce a probablement permis d’atténuer plus rapidement les douleurs de la période esclavagiste, qui s’est achevée le 20 décembre 1848 à La Réunion, une date fériée depuis 1981, commémorée localement sous l’appellation de Fête Caf' (« Fête des Cafres »).

Langues[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Créole réunionnais.

La langue de l'administration, de l'enseignement et de la presse écrite et orale est le français, mais environ 90 % de la population réunionnaise parle le créole réunionnais qui est une langue vernaculaire structurée sur le français dominant et née des concessions langagières des divers peuples migrants pour se comprendre.

Le passage du créole au français s'est fait au cours des siècles. Selon l'auteur Annegret Bollée[38], on suppose que « le créole de la Réunion s'est développé graduellement dans la société de plantation constituée après l'introduction de la culture du café à Bourbon (à partir de 1720 environ) ».

Bénéficiant aujourd'hui de plus de reconnaissance, le créole réunionnais peut être enseigné dans les établissements scolaires du secondaire depuis 2001 dans le cadre de l'option « Langue et culture régionales »[39].

Étant donné la présence de différentes ethnies au sein de la population réunionnaise, d'autres langues sont présentes sur l'île comme le hakka, le cantonais, le gujarati, l'ourdou, l'arabe, le tamoul, le malgache, le mahorais et le comorien[réf. nécessaire].

Religions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Religion à La Réunion.
Un temple tamoul à La Réunion

Du fait des différentes origines de la population réunionnaise, les principales religions pratiquées dans l’île sont le christianisme (85 %, essentiellement catholique romain, mais aussi protestant), l’hindouisme (7 %, tamouls), l’islam (2 %, majoritairement sunnite) et le judaïsme, la communauté chinoise vénérant pour sa part le héros guerrier devenu dieu, Guan Di.

Diverses manifestations spirituelles jalonnent aujourd’hui l’année civile, Dipavali, Noël, Ramadan, Pandialé, Carême, commémorations sacrificielles du mouton et du cabri.

Santé[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Santé à La Réunion.

Les deux principales infrastructures du Centre hospitalier universitaire de La Réunion sont implantées à Saint-Denis et sur le site de Saint-Pierre. Il existe à Saint-Denis un établissement privé, la clinique Sainte-Clotilde. Ces structures prennent en charge la plupart des pathologies et opérations dans de nombreux services. Seul certains gestes ultraspécialisés demandent un agissement sur la métropole. Des dispensaires existent dans d'autres localités plus petites (Plaines des Pamistes, Cilaos...) Pour les écarts et lieux reculés, les médecins de campagne se déplacent en voiture pour les consultation, voire à pied pour le Cirque de Mafate, dépourvu de routes.

Parallèlement, de nombreux médecins généralistes sont répartis à travers l'île, les spécialistes se concentrant dans les grandes villes. Un important service d'urgence existe, autant à destination de la population que des centaines de milliers de touristes abordant annuellement les sentiers de randonnées coupés du monde.

Éducation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Éducation à La Réunion.

La Réunion possède une académie qui lui est propre, dont le recteur est Thierry Terret depuis janvier 2013[40]. Le rectorat est situé dans le chef-lieu, dans le quartier du Moufia à Saint-Denis. À la rentrée 2012, l'Île compte 522 écoles maternelles et/ou primaires dont 26 privées pour 120 230 élèves dans le premier degré, 82 collèges dont 6 privés pour 61 300 élèves, 32 lycées d'enseignement général et technologique dont 3 privés pour 23 650 élèves et 15 lycées professionnels dont 2 privés pour 16 200 élèves.

Les zones d'éducation prioritaires touchent à La Réunion un peu plus de la moitié des élèves du premier et second degré[41].

Les résultats du baccalauréat sont relativement proches de la moyenne nationale avec un taux de 81,4 % en 2012 contre 82,4 en 2011 (respectivement : 84,5 % et 85,6 % en moyenne nationale).

Dans l'enseignement supérieur, l'Université de La Réunion accueille 11 600 étudiants se répartissant sur les différents sites notamment de Saint-Denis et du Tampon. 5 800 autres étudiants se répartissent sur les filières post-bac de lycée et autre enseignements supérieurs[42].

Sports et loisirs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sport à La Réunion.

Médias[modifier | modifier le code]

Trois titres composent la presse quotidienne régionale : le Journal de l'île, Le Quotidien de La Réunion et Témoignages, édition du Parti communiste réunionnais. L'essentiel de la presse magazine est constitué d'hebdomadaires spécialisés dans les programmes de télévision et de quelques périodiques consacrés à la vie des entreprises commerciales et industrielles.

Le PAR, paysage audiovisuel réunionnais, longtemps monopolisé par l'ORTF, auquel succèdent les chaînes publiques FR3 en 1975, puis RFO en 1982, est aujourd'hui représenté par trois chaînes de télévision hertziennes : Réunion 1re (chaîne publique — TNT) Canal+ et Antenne Réunion. Deux bouquets satellites sont proposés par Parabole Réunion et Canalsatellite Réunion

Le paysage radiophonique a vécu aussi une grande transformation à la suite de la libération des ondes voulue par le président socialiste François Mitterrand dès son élection en 1981 ; l'île compte plus de 45 radios privées qui émettent pour certaines d’entre elles sur l’ensemble de l’île et conquièrent leur auditoire en usant de l'interactivité.

En effet, Radio Freedom est une radio basée sur ses auditeurs. Le programme est constitué de l'intervention, en direct, de ses auditeurs, et ce, de 05h00 à 23h00 - 00h00 (plus en cas d'événements, cyclones...), en plus des journaux. En 1991, lors de la suppression de Télé Freedom (créée par la même personne que Radio Freedom (Camille Sudre) par recours du CSA au préfet (Télé Freedom émettait clandestinement), des émeutes éclatèrent car c'était, à l'époque, le seul média et moyen d'expression libre, qui diffusait des films d'arts martiaux, des films pornographiques et le maloya.

La télévision numérique terrestre (TNT) permet de recevoir depuis novembre 2010 de nombreuses chaînes même si ils en manquent quelques une par rapport à la métropole.

Logement[modifier | modifier le code]

Au 1er janvier 2008, La Réunion comptait 305 300 logements. Le parc réunionnais est composé à 91 % de résidences principales (propriétaires et locataires). 7 % des logements sont vacants (essentiellement dans les communes du Tampon, La Possession et Sainte-Clotilde), le reste étant constitué de résidences secondaires (l'Ouest et le Sud de l'île). Le parc réunionnais évolue cinq fois plus rapidement que celui de la France métropolitaine. L’ensemble de l’habitat traditionnel ne pèse plus que 17% dans le parc de logements. En 1999, celui-ci était deux fois plus élevé. La majorité des résidences principales de l'île sont des maisons individuelles en dur (58 %). Néanmoins, depuis les lois sur la défiscalisation (1981), le nombre d'appartements a triplé en 25 ans. Le parc réunionnais augmente. Les logements des Réunionnais sont toutefois plus exigus que ceux de Métropole. Cependant, les logements sans confort sont en nette diminution constante. Toutefois, il reste encore des efforts à faire de ce côté, car même s'ils sont deux fois moins nombreux qu'en 1999, on comptabilisait en 2008, 42 000 logements ne disposant pas d'eau chaude. Source immobilier reunion [43].

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de La Réunion.

Le Produit intérieur brut (PIB) de La Réunion s'établit en 2008 à 14,7 milliards d'euros[44] contre 13,74 milliards d'euros en 2007[45], soit une progression annuelle exprimée en monnaie constante d'environ 3,1 %.

Secteur primaire[modifier | modifier le code]

Champs de canne à sucre dans l’est de l’île
Champs de canne à sucre en période de récolte
Pièce de cinq francs de 1955 en circulation à l'époque à La Réunion ; les symboles de la production agricole locale d'exportation sont promus : canne à sucre, vanille, tabac.

L'agriculture occupe 44 000 hectares de surface agricole utile. La Réunion produit de la vanille bourbon. Cultivée sur l'île depuis le XIXe siècle, elle est l'une des rares à être encore produite de manière manuelle.

La pêche à la Réunion est également un point important pour la production vivrière et la culture gastronomique. Elle est également permise par la ZEE dont bénéficie l'île.

Élevage à La Réunion

Secteur secondaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Industrie à La Réunion.
Une vue de l'usine du Gol.

Secteur tertiaire[modifier | modifier le code]

Commerce[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tourisme à La Réunion.

Les revenus du tourisme constituent la première ressource économique de La Réunion, devant ceux tirés de la production et de la transformation de la canne à sucre, à l’origine du développement de grands groupes réunionnais comme Quartier Français, Groupe Bourbon ex-Sucreries Bourbon, grande compagnie aujourd'hui internationale cotée en bourse mais basée depuis hors de l’île et ayant abandonné le secteur sucrier pour l'off-shore maritime. Avec la diminution des subventions, cette culture est menacée. Aussi, le développement de la pêche dans les Terres australes et antarctiques françaises apparaît comme la bienvenue.

Le secteur tertiaire, notamment commercial, est de loin le plus développé, l’import-distribution ayant pris un essor notable au milieu des années 1980 au fil de contrats d’affiliation et de franchise avec des groupes métropolitains. L’arrivée de la distribution franchisée a transformé l’appareil commercial historiquement caractérisé par une dissémination géographique de petites unités de type épiceries ; les rares « boutiques chinois » encore en activité sont confinées dans les villages à mi-hauteur et, comme vestiges d’une époque révolue, ils ont plutôt un attrait touristique et pédagogique même s’ils gardent un rôle de dépannage.

Malgré un dynamisme économique certain, l’île ne parvient pas à résorber son important chômage, qui s’explique notamment par une croissance démographique très forte. De nombreux Réunionnais sont obligés d’émigrer en métropole pour leurs études ou pour trouver du travail.

Secteur énergétique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Énergie à La Réunion.

Le département est fortement dépendant énergétiquement, avec un taux de dépendance énergétique qui dépasse les 85 %.

Emploi et chômage[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chômage à La Réunion.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture de La Réunion.

Présentation[modifier | modifier le code]

L’île a vu naître de nombreux poètes, parmi lesquels Léon Dierx, Leconte de Lisle, Auguste Lacaussade, Évariste de Parny et Antoine Bertin. Elle a aussi inspiré Charles Baudelaire qui y a longuement séjourné, et dont de nombreux poèmes en portent les traces, comme dans « À une dame créole », « À une Malbaraise »[46]. Ce qui est sûr c’est que La Réunion compte un prix Goncourt en la personne ou plutôt en les personnes de Georges Athénas et d’Aimé Merlo, deux cousins critiques d’art et diplômés de la Sorbonne qui écrivaient à quatre mains sous le pseudonyme Marius et Ary Leblond: ils reçurent le célèbre prix en 1909 pour leur roman En France. L'aviateur Roland Garros est né à La Réunion, auteur de nombreux records et de la première traversée de la Méditerranée en 1913, héros de la Première Guerre mondiale mort au champ d'honneur et par ailleurs cycliste émérite; l’aéroport international de l’île porte aujourd’hui son nom. L’île compte un autre héros de guerre en la personne de Juliette Dodu, qui, fait rare, reçut à la fois la légion d’honneur et la médaille militaire pour ses actes de courage en tant que télégraphiste ingénieuse pendant la guerre de 1870. La Réunion est également la terre natale de Raymond Barre, professeur d’économie politique et Premier ministre de la France de 1976 à 1981, mort le 25 août 2007 à Paris. Il fut aussi le maire de Lyon de 1995 à 2001.

Ajoutons à cette liste de célébrités les noms d’Ambroise Vollard (1866-1939), célèbre collectionneur et marchand de tableaux qui a fait beaucoup pour le succès des peintres impressionnistes et fauvistes, Jean d'Esme (1893-1966), journaliste, romancier et metteur en scène réalisateur de six grands films de 1925 à 1939, initiateur de la loi française sur la propriété littéraire et de la couverture sociale pour les écrivains, Blanche Pierson (1842-1919), une des plus grandes comédiennes de son temps... et encore Joseph Bédier (1864-1938), médiéviste à qui l’on doit l’écriture moderne du Roman de Tristan et Yseult, l’amiral Lacaze (1860-1955), ministre de la Guerre pendant la Première Guerre mondiale, François-Gédéon Bailly de Monthyon (1776-1850), général d’Empire, chef d’état-major de la Grande Armée de Napoléon…

Parmi les personnalités contemporaines, Mémona Hintermann née Affejee, journaliste reporter à France 3, Manu Payet, comédien et humoriste, Valérie Bègue, Miss France 2008, Gérald De Palmas, chanteur, Laurence Roustandjee, présentatrice météo sur M6 viennent de La Réunion. Ainsi que la mannequin internationale et comédienne Noémie Lenoir, Sébastien Folin, animateur télé et radio, les chanteurs Tonton David, Faf Larage, Blacko (Sniper), Séverine Ferrer, animatrice télé et chanteuse. Côté sport, on peut ajouter Jérémy Morel, Dimitri Payet, Benoît Trémoulinas, Florent Sinama-Pongolle et Guillaume Hoarau, joueurs de foot qui sont d'origine réunionnaise, ainsi que Jackson Richardson et Daniel Narcisse, joueurs de Handball ayant joué pour le premier et jouant toujours pour le second en équipe de France de handball.

Architecture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Architecture à La Réunion.

Cuisine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cuisine réunionnaise.

Musique et danse[modifier | modifier le code]

Articles connexes : séga et maloya.

Tradition[modifier | modifier le code]

Deux formes d'expression musicale composent historiquement la tradition folklorique de La Réunion. Si l'une, le séga, est une variante créole du quadrille, l'autre, le maloya, à l'image du blues américain, vient d'Afrique, porté par la nostalgie et la douleur des esclaves déracinés et déportés de leur terre natale.

Le séga, danse de salon costumée et rythmée par des instruments occidentaux traditionnels (accordéon, harmonica, guitare..), témoigne du divertissement policé en cours dans la société coloniale de l'époque. Il reste aujourd'hui la danse de salon typique de La Réunion et de l'archipel des Mascareignes en général avec le séga mauricien et le séga rodriguais.

Le maloya des esclaves, danse d'allure rituelle tout en mélopées et en gestuelles, se faisait quasi-clandestinement la nuit autour d'un feu ; les quelques instruments d'accompagnement étaient de confection végétale (bambous, calebasses, etc.)

Les troupes de maloya, au-delà de leur goût pour cette forme d'art musical, veulent perpétuer la mémoire des esclaves, leur souffrance et leur déracinement. Au travers de textes parfois contestataires ils rappellent à la France son passé esclavagiste et soulignent les méfaits de cette époque coloniale sur l'homme; au cours de l'histoire de l'île, il est arrivé aux artistes de maloya et aux kabars (des rassemblements) d'être interdits par le pouvoir en place.

Avec l'institution d'un jour férié de célébration de l'Abolition de l'esclavage (Fête Caf', le 20 décembre), le maloya jouit d'une reconnaissance officielle ; on l'entend régulièrement sur les ondes publiques et nombre de night-clubs et de soirées dansantes le programment de manière systématique; il connaît même un regain: des groupes se sont mis à lui concocter des versions, des styles et des arrangements modernes, comme le maloggae et autre maloya électrique.

Parmi les groupes musicaux emblématiques de La Réunion, on peut citer : Groupe folklorique de La Réunion, Kalou Pilé, Baster, Ousanousava, Ziskakan, Pat'Jaune, Danyèl Waro, Tisours, etc. On peut citer également l’un des plus grands chanteurs de maloya : Lo Rwa Kaf. Né à Sainte-Suzanne, il est l’un des premiers à avoir chanté le maloya. À sa mort en 2004, il y eut énormément de personnes présentes pour ses obsèques.

En 2008, le chanteur Brice réalise un clip intitulé La Réunion. On voit le chanteur marcher dans tous les paysages de l'île.

En danse contemporaine, on peut citer le chorégraphe Pascal Montrouge, qui dirige la seule compagnie en France à avoir une double implantation à Saint-Denis de La Réunion et à Hyères, confortant ainsi le sens de son regard sur l'identité. En 2007, la ville de Saint-Denis de La Réunion lui a confié la direction artistique de son festival Saint-Denis Danses.

La culture urbaine a également fait son apparition, selon les modes influencées de métropole et des États-Unis. Ainsi la culture hip-hop se développe, mais également le ragga dancehall, KM David ou Kaf Malbar étant la figure de proue de cette nouvelle mouvance, influençant partout dans l'île la jeune génération, avec ses chansons diffusées par mp3 ou internet. Nombre de jeunes artistes tentent alors de « percer » dans cette musique, dont l'industrie se développe raisonnablement, localement, mais aussi internationalement, sans rien avoir à envier aux précurseurs du dancehall francophone.

Personnalités liées à La Réunion[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décret relatif à l'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848.
  2. [http://www.insee.fr/fr/regions/reunion/default.asp?page=publications/infos_rapides/emp.htm Chômage à la réunion
  3. a et b Évolution de la population totale au 1er janvier 2013
  4. Jean Baptiste Duvergier, Collection complète des lois [...], éd. A. Guyot et Scribe, Paris, 1834, « Décret du 23 mars 1793 », p. 205 [lire en ligne sur books.google.fr]
  5. Daniel Vaxellaire, Le Grand Livre de l'histoire de La Réunion, vol. 1 : Des origines à 1848, éd. Orphie, 2000, 701 p. (ISBN 978-2-87763-101-3 et 978-2877631013), p. 228 (avec fac-similé du décret)
  6. Nouveau recueil général de traités, conventions et autres transactions remarquables – Année 1848, éd. Librairie de Dieterich, 1854, « Arrêté du gouvernement provisoire portant changement du nom de l'île Bourbon, Paris, 7 mars », p. 76 [lire en ligne]
  7. Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale, Imprimerie nationale, 1990 (ISBN 978-2-11-081075-5) ; réédition 2002 (ISBN 978-2-7433-0482-9) ; réimpressions octobre 2007 et novembre 2008 (ISBN 978-2-7433-0482-9), p. 90 et 93
  8. « Commission nationale de toponymie – Collectivités territoriales françaises », sur le site cnig.gouv.fr, consulté le 16 avril 2009.
  9. Guy Dupont, Saint-Denis de La Réunion : Ville tropicale en mutation, Condé-sur-Noireau, L'Harmattan,‎ juin 1990, 759 p. (ISBN 2-73840-715-3) p. 100
  10. a, b, c, d et e Emmanuel Tessier, Dynamique des peuplements ichtyologiques associés aux récifs artificiels à l’île de la Réunion (ouest de l’océan Indien) – Implication dans la gestion des pêcheries côtières., Saint Denis, Thèse de doctorat sous la direction de Pascale Chabanet et Catherine Aliaume,‎ 2005, 254 p. (lire en ligne).
  11. a, b, c et d Patrick Durville, Colonisation ichtyologique des platiers de La Réunion et biologie des post-larves de poissons coralliens, Saint Denis, Thèse de doctorat sous la direction de Chantal Conand et René Galzin,‎ 2002 (lire en ligne).
  12. Etude comparative des récifs coralliens de l’archipel des Mascareignes, Station marine d’Endoume et Centre d’Océanographie, Marseille, et Centre Universitaire de La Réunion, Saint Denis de La Réunion, in : Guézé P. (dir.) Biologie marine et exploitation des ressources de l'Océan Indien occidental, Paris : ORSTOM, 1976, (47), p. 153-177
  13. « Route des Tamarins : prouesses en chaîne » [PDF], Vinci constructions (consulté le 18 fév. 2014)
  14. Aéroport de la Réunion Saint-Pierre Pierrefonds
  15. Joël Ninon, La Périurbanisation sur l'espace réunionnais, thèse de doctorat, université de Nice, 1995, 549 p.
  16. (fr) « La liste des espèces menacées », Le Quotidien de La Réunion,‎ 14 décembre 2009 (lire en ligne)
  17. (fr) « Présentation », sur www.metrofrance.com (consulté le 17 septembre 2010)
  18. Site Internet Faunuscule mascarine
  19. a, b et c « Biodiversité marine à La Réunion », sur VieOcéane (consulté le 6 mars 2014).
  20. GIP RNMR & Vie Océane, « La Réserve Naturelle Nationale Marine de la Réunion : un patrimoine naturel à préserver », sur http://www.reservemarinereunion.fr (consulté le 6 mars 2014).
  21. Joseph Poupin, « Crustacés décapodes de l'île de la Réunion », sur Crustea (consulté le 6 mars 2014). Texte également publié en français par IRD éditions.
  22. a, b et c (en) Ronald Fricke, Thierry Mulochau, Patrick Durville, Pascale Chabanet, Emmanuel Tessier et Yves Letourneur, « Annotated checklist of the fish species (Pisces) of La Réunion, including a Red List of threatened and declining species », Stuttgarter Beiträge zur Naturkunde A, Neue Serie, vol. 2,‎ 2009, p. 1–168 (lire en ligne). L'évaluation donnée dans cette étude a depuis été revue légèrement à la hausse (Durville 2011), donnant au moins 1090 espèces de poissons.
  23. C. Gabrié, « L’état des récifs coralliens en France Outre-Mer », Initiative Française pour les récifs coralliens (Ifrecor),‎ 1998, p. 136 (lire en ligne).
  24. IGN Magazine no 54 page 10
  25. Céline TABOU, L’adaptation une nécessité pour l’humanité ; samedi 27 août 2011 (compte rendu d'une conférence sur les besoins d'adaptation de la réunion au risque climatique
  26. (en) The voyage of François Leguat, of Bresse, to Rodriguez, Mauritius, Java, and the Cape of Good Hope, Pasfield Oliver éditeur, volume 2, page 311
  27. (en) The Historians' History of the World, Henry Smith Williams éditeur, New York, 1904, Volume X, page 486.
  28. Décret du 19 mars 1793 rebaptisant l'île
  29. « Histoire de l'Assemblée nationale : création des départements d’Outre-mer », site Internet de l’Assemblée nationale.
  30. M. Jauzelon et J-E Monnier De la réunion à l'Allemagne 1939-1945 : Le périple d'une ambulancière et d'un résistant, Surya ed. 2009, 120 pp. ISBN 97829531989-8-0 J
  31. « CAPAGORRY ET LE RALLIEMENT DE LA RÉUNION À LA FRANCE LIBRE »
  32. Jean-Marc Régnault, « La France à la recherche de sites nucléaires (1957-1963) », Cahier du Centre d'études d'histoire de la défense, no 12 « Science, technologie et Défense. Stratégies autour de l’atome et de l’espace (1945-1998) »,‎ 1999, p. 24-47 (ISSN 2-9515024-0-0, lire en ligne)
  33. voir l'annexe 3 Site de l'Union africaine
  34. http://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Guide-de-legistique/III.-Redaction-des-textes/3.6.-Application-et-applicabilite-des-textes-outre-mer/3.6.4.-Collectivites-d-Outre-mer-de-l-article-73-de-la-Constitution-Guadeloupe-Guyane-Martinique-La-Reunion-Mayotte
  35. « Saint-Philippe: Le drapeau Lo Mavéli adopté par la mairie »
  36. « La pièce de 10 euros réunionnaise fait polémique »
  37. Jean Sévilla, Historiquement correct. Pour en finir avec le passé unique, Paris, Perrin,‎ 2003 (ISBN 2-262-01772-7), p. 250
  38. Annegret Bollet, Deux textes religieux de Bourbon du XVIIIe siècle siècle et l'histoire du créole réunionnais, Battlebridge, coll. « Serendib Series »,‎ 2007 (ISBN 978-1-903292-13-6), p. 28
  39. http://pedagogie2.ac-reunion.fr/langages/lcr2004/presentation/plan_acad.html
  40. « Thierry Terret, nouveau recteur d’académie », sur clicanoo.re,‎ 4 janvier 2013 (consulté le 19 janvier 2013)
  41. « Éducation prioritaire », sur www.ac-reunion.fr (consulté le 31 août 2012)
  42. « Chiffres-clés de l'académie », sur www.ac-reunion.fr (consulté le 31 août 2012)
  43. Le parc de logements à la Réunion
  44. Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), revue Économie de La Réunion no 6 hors série - juillet 2009 : Synthèse - Fléchissement de la croissance
  45. Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), Tableau économique de La Réunion 2008 (TER 2008) : 8.1.1 - Résultats économiques
  46. voir "Le Voyage de Baudelaire aux Mascareignes", Jean Urruty, Vizavi éditions, 2007
  47. Franck Tenaille, « Granmoun Lélé », Label Bleu,‎ 2003 (consulté le 11/08/09)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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