Rue Saint-Honoré

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1er, 8e arrt
Rue Saint-Honoré
Rue Saint-Honoré vue depuis le parvis de l’église Saint-Roch.
Rue Saint-Honoré vue depuis le parvis de l’église Saint-Roch.
Situation
Arrondissement 1er, 8e
Quartier Halles
Palais-Royal
Place-Vendôme
Madeleine
Début 21 rue des Halles
Fin 14 rue Royale
Morphologie
Longueur 1 840 m
Largeur 20 m
Sauf en deux endroits :
17 50 m et 14,60 m
Historique
Ancien(s) nom(s) Chemin du Roule
Géocodification
Ville de Paris 8860
DGI 8635

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue Saint-Honoré
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48° 51′ 53″ N 2° 19′ 56″ E / 48.864722, 2.332222 ()

La rue Saint-Honoré est une rue de Paris située dans les 1er et 8e arrondissements. Elle doit son nom à l’ancienne église collégiale Saint-Honoré (portant le nom de saint Honoré d'Amiens) située autrefois dans le cloître Saint-Honoré.

Située près du jardin des Tuileries et du marché Saint-Honoré, cette rue offre une multitude de musées.

Historique[modifier | modifier le code]

Détail du plan de Mérian de 1615 (le nord à gauche) : la deuxième porte (en haut) du XIVe siècle, le faubourg traversé par la rue Saint-Honoré et le bastion du XVIIe siècle (en bas).
rue Saint-Honoré, Camille Pissarro, 1897. Musée Thyssen Bornemisza.

La rue Saint-Honoré est une voie très ancienne de Paris, prolongement vers l'Ouest du decumanus maximus gallo-romain de Lutèce. À l’origine, la rue était un chemin qui allait à Saint-Ouen, Argenteuil et Neuilly. Elle s'est développée à la fin du XIIe siècle, sous le règne de Philippe Auguste, elle faisait partie de la croisée avec la rue Saint-Denis et la rue Saint-Jacques. Elle prolongeait la rue de la Ferronnerie. Elle porta les noms suivants :

  • entre la rue de la Lingerie et la rue de la Tonnellerie : rue de la Chausseterie, de 1300 au XVIIe siècle
  • entre la rue Tirechappe (disparue) et la rue de l'Arbre-Sec : rue du Chastiau Festu (1300) ou du Château Fêtu
  • entre la rue de l'Arbre Sec et la rue du Rempart (disparue) : rue de la Croix du Trahoir, rue de la Croix du Tiroir, rue du Traihoir ou du Traihouer, du Trayoir ou du Trahoir, du Triouer ou du Trioir entre le XIIIe siècle et le XIVe siècle ; puis rue de la Chaussée Saint-Honoré à partir de 1450 ;
  • entre la rue du Rempart (disparue) et la rue Royale : chemin de Clichy (1204), grand chemin Saint-Honoré (1283), chaussée Saint-Honoré (1370), grand chemin de la porte Saint-Honoré (1392), chemin Royal (1393), nouvelle rue Saint-Louis (1407), grand'rue Saint-Louis (1421), rue Neuve Saint-Louis (1430), grande rue du Faubourg Saint-Honoré (1609), chaussée Saint-Honoré (1634), rue Neuve Saint-Honoré (1638)

En 1854 les premiers numéros de la rue Saint Honoré sont supprimés sur l’ordre du baron Hausmann pour en faire la rue des Halles nouvellement percée pour relier la place du Chatelet aux Halles de Paris construites par Victor Baltard.

La rue Saint-Honoré commence désormais au numéro 33 juste après le 21 rue des Halles (ensemble historique de l’Hotel des Maréchaux de Villeroy et de la Crémerie de Paris].

En 1966, la partie comprise entre le Palais-Royal, le Théâtre Français et la place André-Malraux a été dénommée place Colette.

Bâtiments remarquables[modifier | modifier le code]


Menu du 25 décembre 1870
Café Voisin, 261 rue Saint-Honoré

Une rue « révolutionnaire »[modifier | modifier le code]

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Plaque de la rue Saint-Honoré

Les numéros impairs de la rue Saint-Honoré s’arrêtent aujourd’hui au 283. Les numéros supérieurs viennent d'une ancienne numérotation pour laquelle nous n'avons pas la correspondance. Il en est peut-être de-même pour certains numéros pairs de la même époque[1].

Rue de toutes les révolutions, où fut en quelque sorte inventée la « barricade », à l'angle de la rue de l'Arbre-Sec, lors de la journée du même nom (Journée des barricades), le 12 mai 1588. Épisode qui vit la victoire de Guise sur Henri III et la fuite de ce dernier hors de Paris.

C'est dans cette rue, entre la rue de l'Échelle et la rue de Rohan, que se déroulèrent les premiers combats des Trois Glorieuses, le 27 juillet 1830, et que fut dressée la première barricade ; combats qui inspirèrent à Eugène Delacroix son fameux tableau La Liberté guidant le peuple.

Pendant la révolution de 1848, le Club du Rhône se réunissait près de la chapelle de l'Assomption, le Club des Amis fraternels y avait son siège au no 19, et Étienne Cabet y tenait ses réunions Icariennes… Une foule d'autres clubs y organisaient leurs assemblées; Bakounine y fit un discours, fin 1847, pour la commémoration de la révolution polonaise de 1830.

C'est dans cette rue qu'avait demeuré l'abbé Morellet, adepte du libéralisme économique, encyclopédistes protégé de Marie-Thérèse Rodet Geoffrin dite Mme Geoffrin ; ce qui ne l'empêcha pas d'être embastillé pour sa Préface de la Comédie des philosophes, le 11 juin 1760.

C'est là aussi que logea Jean-Baptiste Drouet, le maître de poste de Sainte-Ménehould qui avait fait arrêter Louis XVI à Varennes et était devenu député à la Convention. Il participe à la Conjuration des Égaux qui se réunit chez lui pour préparer la tentative d'insurrection contre le Directoire en mai 1796.

On rencontre aussi dans les parages de nombreux personnages de romans, comme le Bossu de Paul Féval qui, revenu à Paris pour confondre Gonzague, s'y cache avec Aurore-de-Nevers

N°91 : entrée du village Saint-Honoré
Rue Saint-Honoré, n°93
  • no 93 : Boutique de l'apothicaire d'Henri IV dans laquelle celui-ci aurait reçu des soins après son assassinat le 14 mai 1610.

C'est là qu'a lieu l'arrestation de Pierre Broussel, conseiller au parlement de Paris. Elle va constituer le point de départ de la Fronde, le 26 août 1648.

  • no  121 au no  125 : Hôtel d'Aligre. Atelier de Philipp Wilheim Mathe, dit Creutz ou Kreutz, dit Curtius, anatomiste et barbier invité en France par le prince de Conti en 1770. Il sculpta les effigies en cire des personnages en vue de l'époque ; bustes qui, pendant la Révolution, furent pour certains l'objet de manifestations triomphales, comme ceux de Necker et du duc d'Orléans, et pour d'autres l'occasion d'autodafés, comme ceux du Pape et de La Fayette.
  • no 123 : Emplacement de la Cour d'Aligre où s'est tenue une réunion politique publique à la fin du Second Empire.

Ci-devant Oratoire du Louvre pendant la Révolution, siège de la Section de l'Oratoire de 1790 à 1792, devenue Section des gardes-françaises de 1793 à 1795.

  • Entre les no 155 & 161 : emplacement de l'hospice des Quinze-Vingts créé par Louis IX pour abriter 300 chevaliers revenus aveugles des croisades en 1254. N'oublions pas qu'à cette époque nous ne comptions pas en base 10 mais en base 20 ou 12. Sous Charles IX, on y organisa des combats d'aveugles pour la distraction du roi et de la cour...
  • no 155 : premier « café de la Régence » où se tinrent vers 1750 des réunions de mise au point de l'Encyclopédie. Fréquenté par Voltaire, Diderot, d'Alembert, Rousseau, Marmontel, Benjamin Franklin, Le Sage, etc. S'y disputaient depuis 1715 de mémorables tournois d'échecs. C'est dans ce café que Diderot situe le début de son Neveu de Rameau, écrit en 1762.
    Ce café était situé sur le trajet des charrettes qui emmenaient les condamnés de la Conciergerie à la place de la Concorde, lorsque la guillotine y était installée. De sa terrasse Jacques-Louis David dessina Danton partant vers l'échafaud.

    Il fut le théâtre, en 1815, au début de la Restauration, de nombreux affrontements entre officiers napoléoniens démobilisés et officiers royalistes.
    C'est au café de la Régence que Friedrich Engels retrouve Karl Marx, le 26 août 1844. Ils ne s'étaient jusqu'alors croisés qu'une fois à Cologne en 1842. Ils sont venus à Paris pour créer la revue Les Annales franco-allemandes qui ne connaîtra, devant les réticences des « socialistes » français (le mot venait d'être inventé), qu'un seul numéro double. C'est à cette époque qu'ils écrivent ensemble la Sainte Famille.
    À l'entrée des versaillais dans Paris, le 21 mai 1871, le Grand hôtel du Louvre est réquisitionné par le bataillon des « Tirailleurs de Belleville » et les « Vengeurs de Flourens ». C'est dans son grand salon que Napoléon Gaillard père, directeur des barricades sous la Commune, installe son quartier-général.
  • no 161 : emplacement en 1380 de la porte Saint-Honoré de l'enceinte de Charles V ; 2e porte de ce nom, dite aussi porte des Aveugles. Elle sera démolie en 1636. C'est en tentant de la prendre d'assaut que Jeanne d'Arc est blessée le 8 septembre 1429. Une des principales issues du Paris fortifié, elle verra de nombreux événements, dont l'entrée des troupes royales dans Paris contre la Ligue le 12 mai 1588, et la « Journée des Farines » : attaque de soldats d'Henri IV déguisés en âniers, le 20 janvier 1591 pour tenter de prendre la ville dont il faisait le siège et qui lui résistait.
  • no 173 : siège du journal Le Canard enchaîné dans lequel furent découverts des micros posés par la DST le 3 décembre 1973. Gros scandale...
  • no 181 : L'architecte décorateur et peintre Louis Süe et son associé le peintre André Mare, réalisent en 1921, l'aménagement du magasin de Fontaine et Cie[2].
Emplacement de l'ancienne salle de spectacle du Palais Cardinal
A gauche l'incendie de l'Académie Royale de Musique en 1763 ; au milieu une vue des bâtiments actuels (Palais-Royal) avec, à droite, la plaque commémorative retraçant les événements survenus en ce lieu. A gauche l'incendie de l'Académie Royale de Musique en 1763 ; au milieu une vue des bâtiments actuels (Palais-Royal) avec, à droite, la plaque commémorative retraçant les événements survenus en ce lieu. A gauche l'incendie de l'Académie Royale de Musique en 1763 ; au milieu une vue des bâtiments actuels (Palais-Royal) avec, à droite, la plaque commémorative retraçant les événements survenus en ce lieu.
A gauche l'incendie de l'Académie Royale de Musique en 1763 ; au milieu une vue des bâtiments actuels (Palais-Royal) avec, à droite, la plaque commémorative retraçant les événements survenus en ce lieu.


Vestiges du chevet de l'église du couvent des Feuillants.
Église Saint-Roch
  • no 368 : Demeure de Jean Maximilien Lamarque, général revendiqué comme un des leurs par les Républicains, ce qui provoquera, à l'occasion des ses obsèques, l'insurrection du 1er juin 1832.
  • no 374 : Salon de Marie-Thérèse Rodet Geoffrin, dite Mme Geoffrin, qui rassemble Fontenelle, Montesquieu, Voltaire, Grimm, d'Alembert, Helvétius, Marmontel, d'Holbach, Diderot, Hume... de 1749 à 1777.

Stations du métro qui desservent la rue Saint Honoré[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La plupart de ces indications sont issues des Pavés de Paris de Guy de La Batut
  2. Mathilde Dion, Louis Süe, dans : Notices biographiques d'architectes français, Paris:Ifa/Archives d'architecture du XXe siècle, 1991. 2 vol.