Hôtel des Invalides
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L’hôtel national des Invalides est un monument parisien dont la construction fut ordonnée par Louis XIV par l'ordonnance du 24 février 1670, pour abriter les invalides de ses armées. Aujourd'hui, il accueille toujours des invalides, mais également plusieurs musées et une nécropole militaire.
Ce site est desservi par les stations de métro : Invalides, Varenne et La Tour-Maubourg.
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[modifier] Historique
Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri III et Henri IV, assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (...) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal de 1670.
Situés dans la plaine de Grenelle, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux sont confiés à Libéral Bruant par Louvois.
Libéral Bruant conçoit une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale. Les travaux sont menés entre mars 1671 et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide (les premiers pensionnaires sont hébergés dès octobre 1674). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme.
L'église, initialement prévue par Bruant, semble déplaire et sa construction est confiée à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.
L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice ("maison de retraite") et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.
Le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.
L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.
L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de retraités et invalides des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institut national des invalides.
Le samedi 13 septembre 2008, le pape Benoît XVI célébra une messe sur l'esplanade des Invalides devant 260.000 personnes dans le cadre de son voyage apostolique en France.
[modifier] Architecture
[modifier] L'église Saint-Louis-des-Invalides
La chapelle des Invalides, conçue pour accueillir les pensionnaires de l'hôpital des Invalides, a été élevée au rang de cathédrale. C'est le siège de l'évêque catholique aux Armées.
Le plan général de l’édifice, par Jules Hardouin-Mansart est simple : une croix grecque inscrite dans un plan carré. Chacune des façades est composée de deux ordres superposés, soulignés par un porche surmonté d’un fronton triangulaire.
Le dôme, séparé du reste de l'édifice par la verrière, est posé sur un haut tambour dont le second étage est orné de hautes fenêtres. C’est à ce niveau que la très grande rigueur « classique » de l’architecture évolue sensiblement : la partie basse du tambour est entourée de colonnes géminées entourant de hautes fenêtres aux linteaux courbés, ces colonnes ne sont plus disposées régulièrement aux points cardinaux de l’édifice car elles sont alors regroupées en deux fois deux pour assurer la stabilité du dôme. Pour la même raison, de petites volutes, à l’image de la Salute de Venise, sont disposées sur cette couronne de colonnes, à la base de la seconde partie du tambour.
La coupole de forme ovoïde, entourée de pots à feu, est recouverte de riches motifs dorés de trophées et percée d’oculi. Enfin, elle est surmontée d’un lanterneau que n’aurait pas renié Boromini. C’est un petit pavillon carré, posé en biais par rapport à la façade, aux angles décorés de colonnes sur lesquelles sont disposées des statues. L’ensemble est enfin surmonté d’un obélisque effilé terminé d’une croix. D’une base à structure carrée surmontée de frontons triangulaires, on passe insensiblement à des formes complexes où les courbes dominent : tambour, dôme, oculi, volute…
On peut y voir, accrochés sous la voûte selon une tradition ancienne, les drapeaux et bannières pris à l'ennemi. Le Premier Consul désirait y installer les chefs-d'œuvre d'art envoyés d'Italie en France après le Traité de Tolentino; mais face aux réticences de David, il accepta la suggestion de l'architecte Pierre Fontaine de plutôt suspendre aux voûtes les drapeaux pris à l'ennemi[1].
[modifier] Urbanisme
Le dôme doré des Invalides constitue un des points de repères du paysage parisien.
Au nord, la cour se prolonge au-delà des limites de l'hôtel par une large esplanade publique le long de laquelle se trouve les ambassades d'Autriche et de Finlande, l'aérogare d'Orsay et l'Hôtel du ministre des Affaires étrangères. Deux espaces cimentés aux extrémités nord servent de terrain d'entraînement aux patineurs à roulettes. Les Invalides sont un des grands espaces libres de construction à l'intérieur de Paris.
Au bout de cette esplanade des Invalides, la Seine est franchie au pont Alexandre-III pour atteindre le Petit et le Grand Palais.
L’Hôtel a la mission de garde des emblèmes et des trophées de la France. A ce titre, des canons pris à l'ennemi sont exposés en trophé le long des douves, face à l'esplanade des Invalides. Jusqu'au début du XXe siècle, ils tiraient des salves d'honneur qui marquaient les grandes réjouissances publiques.
[modifier] Panthéon militaire
Plusieurs hommes de guerre français reposent aux Invalides. Ainsi, pour les périodes monarchique et révolutionnaire : le maréchal de Henri de La Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, le cœur du maréchal de Sébastien Le Prestre de Vauban, le cœur de Théophile Malo Corret de La Tour d'Auvergne, héros des guerres de la Révolution, le général François Séverin Marceau et Claude Joseph Rouget de Lisle, l'auteur de La Marseillaise.
Napoléon Ier décédé en 1821 à l'Île Sainte-Hélène, y fut inhumé le 15 décembre 1840, sous la Monarchie de Juillet dont les dirigeants cherchaient à rassembler les partisans de l'empereur défunt (dans le même temps, était en effet achevé l'arc de triomphe de l'Étoile). Les cendres de Napoléon sont placées dans un monumental sarcophage en quartzite rouge aventuriné de Finlande, lui-même reposant sur un socle en marbre noir provenant de Sainte-Luce (Isère), l'ensemble étant placé dans une crypte ouverte de forme circulaire pratiquée au centre de la chapelle Saint-Louis, sous le dôme.
Son fils, le roi de Rome Napoléon II (également appelé « l'Aiglon ») y est inhumé en 1940 sur proposition d'Adolf Hitler. Joseph et Jérôme Bonaparte, frères de l'empereur, y sont également enterrés dans deux alcôves latérales. Le tombeau de Napoléon Ier est entouré par ceux des généraux d'Empire Gérard Christophe Michel Duroc et Henri Gatien Bertrand. Les restes du général Lasalle y ont été ramenés en 1891.
Plusieurs commandants en chef de la Première et Seconde Guerre mondiale sont aussi enterrés aux Invalides tels : les maréchaux de France Ferdinand Foch, Hubert Lyautey, Philippe Leclerc de Hauteclocque, Alphonse Juin et les généraux Robert Nivelle, Charles Mangin et Pierre Auguste Roques. Les gouverneurs de l'hôtel des Invalides, qui reste une place militaire, le sont également. L'amiral Émile Guépratte est enterré dans le caveau des gouverneurs.
À défaut de leurs dépouilles, plusieurs grands personnages militaires français ont seulement leur cœur inhumé aux Invalides.
[modifier] Musées
Dès 1777, la Galerie royale des Plans-relief avait quitté le palais du Louvre pour les Invalides où elle se trouve toujours. Elle y est rejointe en 1871 par le Musée de l'artillerie dont les pièces ornent les cours et promenades du palais.
Pour conserver la trace des traditions de l'armée, ses trophées et les objets de la vie quotidienne des soldats, un Musée historique de l'Armée est créé en 1896. Il fusionne avec celui de l'artillerie en 1905 pour former le Musée de l'Armée.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale pendant laquelle les Invalides cachèrent un réseau de résistance en 1942, le musée s'est agrandi du musée de l’Ordre de la Libération et du musée d’histoire contemporaine.
L'Historial Charles-de-Gaulle est un espace mulitimédia de 2500 m² en sous-sol retrace la vie du général de Gaulle par l'image et le son, principalement avec des documents audiovisuels. Il a été commandé par le Musée de l'armée et la Fondation Charles de Gaulle aux architectes Alain Moatti et Henri Rivière et inauguré en février 2008.
[modifier] Gouverneurs
L'Hôtel des Invalides a été dirigé par des gouverneurs (1670-1792), un Conseil général d'administration (1793-1796), des commandants (1796-1803), des gouverneurs (1803-1871), des commandants (1871-1941) et enfin de nouveau des gouverneurs depuis 1941.
- 1670-1678 : François Lemaçon d’Ormoy (?-1678)
- 1678-1696 : Chevalier André Blanchard de Saint-Martin de Taley (1613-1696)
- 1696-1705 : Nicolas Desroches d’Orange (1626-1705)
- 1705-1728 : Alexandre de Boyveau (1660-1728), maréchal de camp
- 1728-1730 : Eugène de Beaulieu de Jauges
- 1730-1738 : Pierre de Vissecq de Ganges (1652-1738)
- 1738-1742 : Joseph de Mornay de Saint-André (1670-1742) également nommé Marnais de la Bastie, Chevalier de Saint-André
- 1742-1753 : Jean-Marie Cornier de la Courneuve (1670-1753)
- 1753-1766 : Général François d’Azemard de Panat de la Serre (1695-1766)
- 1766-1783 : Lieutenant-Général Jean Joseph Sahuguet d’Espagnac (1713-1783)
- 1783-1786 : Lieutenant-Général Charles Benoît de Guibert (1715-1786)
- 1786-1792 : Charles-François Virot, marquis de Sombreuil (1727-1794)
- 1793-1796 : Conseil général d'administration
- 1796-1796 : Général Arnaud Baville (1757-1813), commandant
- 1796-1797 : Général Louis Adrien Brice-Montigny, commandant
- 1797-1804 : Général Jean-François Berruyer (1738-1804), commandant puis nommé gouverneur le 28 août 1803
- 1804-1815 : Maréchal Jean Mathieu Philibert Sérurier (1742-1819)
- 1816-1821 : Maréchal François-Henri de Franquetot duc de Coigny (1737-1821)
- 1821-1830 : Général Victor Marie Nicolas de Faÿ marquis de La Tour-Maubourg (1768-1850)
- 1830-1833 : Maréchal Jean-Baptiste Jourdan (1762-1833).
- 1833-1842 : Maréchal Bon Adrien Jeannot de Moncey duc de Cornegliano (1754-1842)
- 1842-1847 : Maréchal Nicolas Charles Oudinot duc de Reggio (1767-1847)
- 1847-1848 : Maréchal Gabriel Jean Joseph Molitor (1770-1849)
- 1848-1852 : S.A.I. le roi Jérôme Napoléon (1784-1860)
- 1852-1853 : Général Jean-Toussaint Arrighi de Casanova (1778-1853)
- 1853-1863 : Maréchal Philippe Antoine, Comte d’Ornano (1784-1863)
- 1863-1870 : Général Charles Becelair, marquis de Lawoestine (1786-1870)
- 1870-1871 : Général Edmond Martinprey (1808-1883)
- 1871-1891 : Général Louis Sumpt (1816-1891), commandant
- 1891-1902 : Général Paul-Edouard Arnoux (1822-1902), commandant
- 1902-1919 : Général Gustave Niox (1840-1921), commandant
- 1919-1923 : Général Pierre Malleterre (1858-1923), commandant
- 1924-1944 : Général Augustin Mariaux (1864-1944), commandant puis gouverneur en 1941
- 1944-1944 : Général Marie-Joseph Pinon (1888-1947)
- 1944-1951 : Général Antoine Rodes (1870-1951)
- 1951-1960 : Général Jean Houdémon (1885-1960)
- 1961-1962 : Général André Kientz (1896-1962)
- 1962-1964 : Général Charles Raoul Magrin-Vernerey dit Ralph Monclar (1892-1964)
- 1964-1973 : Général Jacques de Grancey (1893-1973)
- 1973-1991 : Général Gabriel de Galbert (1912-2001)
- 15 juillet 1991-31 décembre 1996 : Général Maurice Schmitt (1930)
- 1er janvier 1997-30 juin 2002 : Général Bertrand Guillaume de Sauville de La Presle (1937)
- 1er juillet 2002-30 juin 2009 : Général Hervé Gobilliard (Ancien commandant du Secteur de Sarajevo)
- 1er juillet 2009- : Général d'armée Bruno Cuche (1948)
[modifier] Notes
- ↑ Marie Louise Biver Fontaine Paris Librairie Plon 1964
[modifier] Voir aussi
L'hôtel des Invalides fut le sujet d'un documentaire de commande réalisé par Georges Franju en 1951. Le documentaire glissant tout au long du film vers la critique et la dénonciation de la guerre et de ses conséquences, l'armée le refusa.
[modifier] Liens externes
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