Hôtel des Invalides

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Hôtel des Invalides
L'hôtel des Invalides vu depuis la tour Montparnasse.
L'hôtel des Invalides vu depuis la tour Montparnasse.
Présentation
Architecte Libéral Bruant
Jules Hardouin-Mansart
Date de construction 1670-1679
Dimensions 107 m au sommet du dôme
Destination initiale Hôpital
Église
Maison de retraite
Mausolée
Destination actuelle Musée de l'armée
Musée de l'Ordre de la Libération
Musée d'Histoire contemporaine
Protection Logo monument historique Classée MH (1910, 1963)
Site web www.invalides.org/
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Commune Paris
Localisation
Coordonnées 48° 51′ 36″ N 2° 18′ 43″ E / 48.86, 2.311944 ()48° 51′ 36″ Nord 2° 18′ 43″ Est / 48.86, 2.311944 ()  

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Hôtel des Invalides

L’hôtel des Invalides est un monument parisien dont la construction fut ordonnée par Louis XIV par l'édit royal du 24 février 1670[1], pour abriter les invalides de ses armées. Aujourd'hui, il accueille toujours des invalides, mais également plusieurs musées et une nécropole militaire.

(M) Ce site est desservi par les stations de métro InvalidesVarenne et La Tour-Maubourg.

Histoire de l'Hôtel des Invalides[modifier | modifier le code]

La création de l'Hôtel des Invalides sous le règne de Louis XIV[modifier | modifier le code]

Le roi Louis XIV souhaitait comme ses prédécesseurs Henri II, Henri III[2], Henri IV[3], assurer aide et assistance aux soldats invalides de ses armées ; pour que « ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie (…) passent le reste de leurs jours dans la tranquillité », dit l'édit royal du 12 mars 1670. Néanmoins, au-delà du geste humanitaire, Louis XIV a aussi des desseins parfaitement politiques. Ces invalides, issus pour la plupart de la guerre de Trente Ans, font mauvaises figures, traînant sur le pont Neuf, souvent mêlés aux rixes de rues, et la population se plaint de ce comportement. Le Roi reloge les invalides dans certaines abbayes en les imposant comme oblats, contribuant ainsi à renforcer les rangs du clergé, mais militaires comme religieux fuient cette solution, les premiers refusant une vie aussi stricte que celle de la vie monacale et devenant mendiants, valets, voleurs, commensaux de maladreries ou de couvents. De plus, Louis XIV ne cachant plus ses projets de conquête, il doit redorer l'image de son armée auprès de la population, mais aussi sa propre image aux yeux de ses soldats[4].

En 1659, après le traité des Pyrénées, Louis XIV reprend l'idée de Richelieu qui avait fait transformer en 1634 le château de Bicêtre en un établissement pour l'entretien des soldats invalides (la « commanderie Saint-Louis »). Le projet ne se concrétise que onze ans plus tard lorsque le roi créé par ordonnance royale du 24 mai 1670 l'hôtel des Invalides destiné aux militaires âgés, blessés ou inaptes à la guerre. L'établissement qui répond aux fonctions d'hôpital, d'hospice, de caserne et de couvent est exempté d'impôts et administré par un gouverneur. Les soldats sont entretenus par des fonds prélevés sur les revenus des prieurés et des abbayes[5].

Situés dans la plaine de Grenelle dans le quartier du Gros Caillou, alors faubourg de Paris, les travaux des bâtiments principaux (logements, infirmerie, réfectoire) sont confiés à l'architecte du roi Libéral Bruant par le Secrétaire d'État français de la Guerre Louvois et seront pour le logement et l'entretien des invalides ou des vieillards sans fortune qui ont servi dans ses armées. Pour que ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie… passent le reste de leur jours dans la tranquillité... précise l'édit royal[6].

Libéral Bruant a déjà réalisé l'hospice de la Salpêtrière. Son projet étant sélectionné par Louis XIV parmi les huit proposés, il conçoit à l'âge de 36 ans une organisation en cinq cours, centrée sur la plus grande : la cour royale entourée de quatre corps de logis. Il reprend ainsi le plan de L'Escorial, le palais monastère de Philippe II d'Espagne, près de Madrid mais s'inspire aussi des hôpitaux de l'époque (la Salpêtrière, l'hospice des Incurables). Les travaux sont menés entre mars 1671 (la première pierre est posée le 30 novembre 1671) et février 1674, ce qui peut être qualifié de rapide grâce à l'aide que lui apportent Louvois et ses intendants, les trois frères Camus. Les premiers pensionnaires sont hébergés lors de l'inauguration de l'hôtel en octobre 1674 par Louis XIV en personne. Néanmoins, à cette date, la construction de l'église n'est pas encore commencée). La face arrière de la grande cour est cependant détruite moins d'un an après son achèvement, pour laisser place aux fondations du grand dôme. Les matériaux de construction, notamment la pierre de craie, sont débarqués au niveau d'un port aménagé sur la Seine au niveau du futur pont Alexandre-III[7].

L'église royale, initialement prévue par Bruant, butte sur la construction. Louvois, qui y voit l'occasion de mettre à l'écart l'un des protégés de son rival, Colbert, détourne Bruant vers d'autres travaux de ponts et chaussées et confie l'ouvrage à partir de mars 1676 à Jules Hardouin-Mansart qui travaille également aux pavillons d'entrée et aux infirmeries. La construction de l'édifice religieux dure près de trente ans et n'est achevée que le 28 août 1706, date de la remise des clés par l'architecte au Roi Soleil. Une longue construction qui prend un tournant à la mort de Colbert, dont les restrictions étouffaient la construction. Louvois le remplace au ministère et ainsi, quadruple la mise de cent mille livres allouée à la construction du dôme par Colbert. Néanmoins, celui-ci se fait très présent sur le chantier et n'hésite pas à harceler les fournisseurs en pierre retardataires tel que Carel. Louvois fut particulièrement attaché aux Invalides, dans lequel il souhaitait d'ailleurs reposer à sa mort. Le 19 juillet 1691, il fut inhumé dans l'église, mais il n'aura malheureusement jamais vu la fin des travaux sur le dôme. Tragique histoire d'amour, car malgré tout, en 1699, son mausolée n'est toujours pas fini, le roi n'ayant pas libéré les crédits à cet effet. On soupçonne Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi et vieille adversaire de Louvois, de retarder la construction. Ainsi, le 29 janvier 1699, le corps de Louvois quitte son Hôtel des Invalides et est inhumé dans l'église du couvent des Capucines qu'il avait fait construire au débouché de la place Vendôme. Néanmoins celui-ci reste présent par un joli jeu de mots : parmi les décorations d'armes sur une lucarne, l'une nous présente étrangement un animal sortant des hautes herbes fixant la cour. En effet, d'ici le « loup voit »[8].

Le lieu devint alors une véritable promenade pour les Parisiens, se mêlant à la population militaire. Les cérémonies qui s'y dérouleront attireront là encore de nombreux spectateurs. Les Invalides resteront pour la monarchie l'objet de Louis XIV. Louis XV ne s'y rendra pas, et Louis XVI qu'à de rares occasions durant lesquelles il salua toujours la performance de cette institution. Autre invité illustre de l'époque monarchique, le tsar Pierre Ier de Russie s'y rendra en avril 1717.

Esthétique et construction[modifier | modifier le code]

À l'origine, seulement un certain nombre de casernes étaient prévues, mais le roi Louis XIV choisit le projet de l'architecte Libéral Bruant qui consistait en un grand bâtiment impressionnant avec une cour royale et l'église.

Le bâtiment est, en fait, double, même s'il existe une continuité architecturale : la nef constitue l’église des soldats, le chœur, sous la coupole, étant qualifié d’église du dôme. Cette distinction est concrétisée par la mise en place, en 1873, d'une grande verrière, séparant les deux parties.

L'hôtel des Invalides comprend alors, outre l'église, une manufacture (confection d'uniformes et imprimerie), un hospice (« maison de retraite ») et un hôpital militaire. Les ateliers initiaux sont rapidement abandonnés pour faire des chambrées supplémentaires.

L'hôtel des Invalides et la fin de la royauté[modifier | modifier le code]

Vue aérienne des Invalides.

Lundi 13 juillet 1789, à la nuit tombée, les barricades se lèvent dans Paris. Le baron Pierre-Victor de Besenval, lieutenant général des armées du roi et colonel du régiment des gardes suisses, est chargé de la protection de la ville, mais celui-ci, face à la menace, s'est retranché avec ses troupes dans son camp installé Champ de Mars. La foule s'arme de bâtons et petit à petit pille le couvent Saint-Lazare. Le gouverneur Charles François de Virot de Sombreuil, chargé des Invalides, sait que ce climat s'est propagé dans les propres rangs de son institution. Les réformes impopulaires du comte de Saint-Germain, ministre de la Guerre de Louis XVI ont mis à dos le gouverneur royaliste et son état major. Parmi les invalides eux-mêmes, la proximité avec les loges maçonniques et la cohabitation avec les soldats français rescapés du corps expéditionnaire de La Fayette durant la Révolution américaine, entraînent un élan de sympathie pour le mouvement révolutionnaire.

Le lendemain, 14 juillet, à sept heures du matin, le Comité permanent des électeurs, siégeant à l'hôtel de ville, envoie Ethis de Corny, procureur du Roi, pour réclamer les armes stockées aux Invalides. Celui-ci arrive à neuf heures, avec son escorte armée. Le gouverneur, ne disposant que de sa garde et d'une compagnie d'artilleurs, refuse de livrer les armes sans ordres formels du Roi. Déjà la veille au soir, Sombreuil avait reçu la demande de fournir les armes au peuple. Il avait alors compris l'intérêt de ce stock pour la foule et avait employé 20 invalides pour retirer les chiens des fusils et ainsi les rendre inutilisables. Mais ceux-ci prirent du retard, sûrement pour soutenir l'action révolutionnaire, et l'idée fut abandonnée. Sombreuil explique alors à Ethis de Corny qu'un courrier est parti pour Versailles, et lui demande d'attendre la réponse. Néanmoins la foule qui se masse autour des Invalides refuse la demande et se lance à l'assaut du bâtiment. L'ordre est donné aux artilleurs de faire feu sur la foule. Néanmoins pas un tir ne se fera entendre. Les invalides eux-mêmes ouvrent les grilles. La prise des Invalides permettra à la foule de récupérer 32 000 fusils et 27 canons.

Le 15 juillet 1789, Sombreuil ne peut calmer ses hommes. Il donne alors sa démission, qui sera refusée par le Roi demandant à celui-ci d'attendre que l'Assemblée prenne une décision quant au sort de l'institution. Le dossier sera examiné bien plus tard en 1791 par la Constituante, chargeant Edmond Louis Alexis Dubois de Crancé du dossier, celui-ci étant déjà chargé du dossier de la réorganisation de l'armée. Celui-ci souhaite la fermeture de l'hôtel pour faire des économies et augmenter la solde des 30 000 soldats invalides répartis dans tout le pays. Les malades seraient alors répartis dans les 83 « hospices de la Patrie » que la Constituante cherche à créer. Le bâtiment serait revendu à la Mairie de Paris qui pourrait alors le réutiliser comme prison. Le projet est débattu, les invalides eux-mêmes sont divisés, l'abbé Jean-Sifrein Maury est l'un des plus grands détracteurs de l'idée d'une fermeture d'un établissement qu'il juge être « un exemple pour toute l'Europe ».

Le 30 avril, la Constituante tranche le maintien de l'édifice et de son statut, mais sous le nouveau titre d'« hôtel national des Militaires Invalides » qui sera à la charge d'un comité électif du département de Paris. Ce nouveau statut sera contesté par une partie du personnel (entre autres le héros de la prise de la Bastille, Cordier, et la responsable de l'infirmerie, la veuve Piat), et sera finalement supprimé le 15 mai 1794 puis remplacé par une Agence révolutionnaire, composée de Jacobins. Ceux-ci feront arrêter Sombreuil, qui sera guillotiné à tort avec son fils Stanislas, le 17 juin 1794. Depuis, l'Hôtel avait déjà été maintes fois pillé, les emblèmes royaux et symboles religieux martelés, les cours rebaptisées (la cour Royale devient celle de la République, celle de l'Infirmerie en celle de l'Humanité, celle du Gouverneur en celle des sans-culottes…). Les quatre vertus qui ornaient le lanternon du dôme seront d'ailleurs saisies, fondues, pour devenir des balles. Le symbole de Louis XIV subit ainsi les foudres de la Révolution. Néanmoins, avec la déclaration de guerre contre l'Autriche du 20 avril 1792, le gouvernement révolutionnaire n'hésita plus à se tourner vers ses anciens soldats, les emblèmes ennemis sont présentés aux Invalides, des hommes à poigne sont enfin nommés à la tête de l'institution pour la redresser, tel que Louis-Adrien Brice de Montigny épaulé de l'adjudant-général Dumesnil et du général de division Jean-François Berruyer. Avec le temps, l'institution retrouve ses marques. Mais c'est un nom qui viendra unir les pensionnaires. Les blessés de la campagne d'Italie ne parlent déjà que de lui : le jeune général Napoléon Bonaparte.

Le tournant napoléonien[modifier | modifier le code]

Première distribution des décorations de la Légion d'honneur dans l'église des Invalides, le 14 juillet 1804, Jean-Baptiste Debret (1768–1848), 1812, Musée de l'Histoire de France (Versailles).

Le jeune général n'a jamais cessé d'entretenir avec les Invalides un rapport étroit. C'était pour lui, à ses débuts, une manière de se légitimer, de gagner le cœur des soldats. C'est ainsi que le 23 septembre 1800, l'anniversaire de la fondation de la République, menée par le Premier Consul, se tiendra aux Invalides, durant lequel, le discours prononcé par son frère, Lucien Bonaparte, fera vibrer la corde nationale des vieux soldats. À l'annonce de l'explosion de la bombe le 24 décembre 1800 lors de la visite de Bonaparte à l'Opéra, complot mené par Cadoudal, les Invalides adressent immédiatement leur soutien et leurs vœux d'avenir. Avec l'annonce du senatus-consulte du 18 mai 1804, proclamant l'Empire, les vieux révolutionnaires s'inquiètent.

Alors, Napoléon ruse, il décale l'anniversaire de la prise de la Bastille au lendemain, un dimanche, jour de repos. La ruse tient au fait qu'en même temps, il prépare une cérémonie nouvelle qui, elle aussi, prendra place aux Invalides. Ainsi, le 15 juillet 1804 eut lieu en la chapelle des Invalides une fastueuse cérémonie officielle : la toute première remise de médailles de la Légion d'honneur par Napoléon aux officiers méritants.

La cérémonie est réglée au millimètre. Joséphine, ses belles-sœurs et ses dames d'honneur devancent Bonaparte qui quitte les Tuileries à midi sur un cheval richement harnaché. Il est escorté de ses maréchaux, aides de camp, colonels, généraux de sa garde et grands officiers, ainsi qu'une interminable haie de soldats, l'accompagnant jusqu'à l'entrée du dôme. Le nouveau gouverneur des Invalides, le général-sénateur Sérurier, ainsi que le cardinal De Belloy viennent à sa rencontre, Napoléon s'installe sur le trône installé dans le chœur. Depuis l'inauguration de Louis XIV en 1706, on n'avait connu pareille gloire pour le monument. Hauts militaires, Clergé et grands savants se disputent les meilleures places, alors que les élèves de Polytechnique et les invalides, installés sur des gradins, assistent à tout ce beau spectacle.

Napoléon Ier visitant l'infirmerie des Invalides, 11 février 1808, Alexandre Veron-Bellecourt, 1809, Musée de l'Histoire de France (Versailles).
Il est accompagné des maréchaux Berthier, Duroc, Murat, Sérurier (gouverneur de Invalides), et du médecin des Invalides, Jean François Coste.

Après les discours vient le moment des décorations. Napoléon lui-même reçoit la Légion d'honneur des mains de son petit-fils et neveu, le prince Louis, mais celui-ci le détache de son habit et préfère alors décorer le cardinal Giovanni Battista Caprara. Le noble geste attire la sympathie de la foule. Napoléon, qui a à ses pieds deux bassins, l'un contenant les légions en or pour les grands officiers, commandants et officiers, l'autre d'argent pour les chevaliers, commence la distribution en épinglant les croix à la poitrine de chacun. On y retrouve de brillants militaires, Kellermann, Oudinot, Suchet, Marmont… mais aussi les cardinaux comme Belloy ou Fesch, des scientifiques comme Monge, fondateur de Polytechnique, le chimiste Berthollet, les astronomes Lalande, Cassini ou Méchain, le chirurgien Pelletan, le savant apothicaire Parmentier, ancien employé des Invalides, et bien d'autres peintres, musiciens, botanistes, cuisiniers… À chacun d'eux il touche un mot, sur leurs blessures, leurs travaux, leurs souvenirs communs… Après la cérémonie, le Te Deum de Pierre Desvignes retentit dans le chœur de la chapelle impériale alors que Napoléon repart avec le grand-maître des cérémonies, M. De Ségur, et le grand chambellan Talleyrand.

Si son frère, Lucien Bonaparte, rêve d'une grande nécropole militaire, Napoléon lui, écarte les projets, n'étant pas suffisamment grandiose pour rivaliser avec l'œuvre de Louis XIV. Il préfère s'occuper du fonctionnement de l'Institution, ainsi que de sa réputation. Il efface tous les mauvais traitements qu'avait infligé la révolution française, avec la dégradation des statues, et ainsi il demande à Pierre Cartellier la reconstitution de la statue équestre de Louis XIV, sur le haut relief de la porte d'honneur, sculptée par Nicolas Coustou.

L'Empereur y place le 17 mai 1807 en grande pompe l'épée du roi de Prusse Frédéric II de Prusse, acquise à la suite de sa victoire le 25 octobre 1806 à la bataille de Potsdam.

Napoléon se rendra à plusieurs reprises écouter les récriminations de ses anciens compagnons d'armes. Le 25 mars 1811, il concède à l'Hôtel un budget de 6 millions de francs de l'époque. C'est pour les Invalides un véritable âge d'or que ce Premier Empire.

De la mort de Napoléon à nos jours[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Retour des cendres.
Le Napoléon Ier en petit caporal de Charles Émile Seurre, avec son bicorne et sa redingote grise ouverte sur son uniforme des chasseurs de la Garde, main gauche glissée dans le gilet et lunette télescopique dans la main droite, les boulets à ses pieds rappelant qu'il a été artilleur[9].

L'Empereur exilé, l'Empire vaincu, la nouvelle monarchie de Louis XVIII revenu d'exil, s'impose à Paris, et renomme les Invalides en « Hôtel Royal des Invalides ». Mais dans le cœur des militaires, Napoléon reste leur héros. Les Invalides deviennent le lieu emblématique des bonapartistes. Avec la chute de Charles X et l'instauration de Louis-Philippe Ier, les Trois Glorieuses vont apporter avec elles un vent de liberté. Les bonapartistes s'affichent, et la question du retour des cendres s'imposent. Victor Hugo, Alexandre Dumas réclament la tombe. Finalement, c'est Adolphe Thiers qui, à l'Assemblée, parvient à faire basculer le débat. Le retour des cendres lui semble un beau symbole du retour d'une France puissante. Si Louis-Philippe Ier reste réticent, son fils le duc d'Orléans est enthousiaste. Le 1er mai 1840, jour de la saint Louis-Philippe, celui-ci accepte la requête d'Adolphe Thiers. Charles de Rémusat, ministre de l'Intérieur, demande alors à l'Assemblée, un crédit d'un million de francs pour financer le retour des restes et la construction d'un tombeau dont l'emplacement est déjà désigné : les Invalides, déjà choisies par Napoléon lui-même. Lorsque le deuxième million réclamé à l'Assemblée est refusé, la presse se déchaîne : les royalistes y voient un affront, les républicains une somme colossale, les bonapartistes une dépense naturelle. Le prince de Joinville se charge du transfert à bord de La Belle Poule et de La Favorite le 7 juillet de Toulon, revenant le 30 novembre à Cherbourg. Mais coup de théâtre entre deux, le gouvernement Adolphe Thiers vient de chuter et celui-ci est remplacé par le maréchal Soult qui charge François Guizot des Affaires étrangères, et ainsi donc du rapatriement. Or celui-ci est un fervent adversaire de Thiers ainsi qu'un anti-bonapartiste. Joinville se retrouve alors bloqué à Cherbourg, attendant des ordres qui n'arrivent pas. Si le chantier avance à grands pas sous la houlette des maîtres d'œuvre Henri Labrouste et Louis Visconti, la cérémonie, elle, n'est pas prête. Néanmoins, la Dorade peut enfin remonter la Seine pour accoster à Courbevoie au cri de « Vive l'Empereur ! ».

L'hôtel se dote très tôt d'une fonction muséographique : musée d'artillerie en 1872 et musée historique des armées en 1896, réunis en musée de l'armée en 1905.

La statue en pied de Napoléon dans la cour d'honneur a connu des vicissitudes[10] :

Elle fut commandée par Louis-Philippe au sculpteur Charles Émile Seurre pour être installée au sommet de la colonne Vendôme en 1833. Napoléon III la remplaça par une statue jugée plus digne : celle de Napoléon dans la toge de César. C'est cette statue qui sera abattue par la Commune de Paris. En attendant, la statue première avait été installée au rond-point de Courbevoie[11], situé dans l'axe historique de l'ouest parisien. À la chute du Second-Empire, elle fut déboulonnée par les Parisiens, qui croyaient notamment en la rumeur que les Prussiens allaient l'attacher par le cou et la traîner le long des rues de la capitale. Devant être transférée aux Invalides pour échapper aux Prussiens en 1870 et à la Commune en 1871, elle fut placée sur une barge de la Seine, mais la statue de 4 tonnes tomba à l'eau (accident ? Jetée intentionnellement ?). Une rumeur prétendit que la tête en bronze se sépara du corps lors de la chute et que la tête actuelle ne serait pas l'originale. Elle fut repêchée en 1876 et placée dans les réserves des Invalides. Restaurée, sous l'initiative de la société des amis du musée de l'Armée, elle trouva le 11 mars 1911 sa place actuelle aux Invalides[12].

L'hôtel des Invalides accueille encore aujourd'hui une centaine de grands invalides de guerre des armées françaises. L'administration chargée de cette mission est l'Institution nationale des invalides.

Le samedi 13 septembre 2008, le pape Benoît XVI célébra une messe sur l'esplanade des Invalides devant 260 000 personnes dans le cadre de son voyage apostolique en France.

Architecture de Saint-Louis-des-Invalides[modifier | modifier le code]

Le dôme des Invalides.

L'église Saint-Louis des Invalides, est dédiée aux souffrances et aux honneurs de la guerre et est conçue pour accueillir les pensionnaires de l'hôpital des Invalides, [réf. souhaitée]a été élevée au rang de cathédrale du diocèse catholique aux Armées[13],[14].

Le plan général de l’édifice, par Jules Hardouin-Mansart, est simple : une croix grecque inscrite dans un plan carré. Chacune des façades est composée de deux ordres superposés, soulignés par un porche surmonté d’un fronton triangulaire.

Le dôme de Saint-Louis-des-Invalides[modifier | modifier le code]

Le dôme, séparé du reste de l'édifice par la verrière, est posé sur un haut tambour dont le second étage est orné de hautes fenêtres. C’est à ce niveau que la très grande rigueur « classique » de l’architecture évolue sensiblement : la partie basse du tambour est entourée de colonnes géminées entourant de hautes fenêtres aux linteaux courbés, ces colonnes ne sont plus disposées régulièrement aux points cardinaux de l’édifice, car elles sont alors regroupées en deux fois deux pour assurer la stabilité du dôme. Pour la même raison, de petites volutes, à l’image de la Salute de Venise, sont disposées sur cette couronne de colonnes, à la base de la seconde partie du tambour.

La fresque représente Saint Louis, dans son manteau d'hermine aux emblèmes royaux (la fleur de lys) présentant ses armes, entouré d'anges musiciens, à Jésus-Christ en personne.

La coupole, de forme ovoïde, entourée de pots à feu, est recouverte de riches motifs dorés de trophées et percée d’oculi. Enfin, elle est surmontée d’un lanterneau. C’est un petit pavillon carré, posé en biais par rapport à la façade, aux angles décorés de colonnes sur lesquelles sont disposées des statues. L’ensemble est enfin surmonté d’un obélisque effilé terminé d’une croix. D’une base à structure carrée surmontée de frontons triangulaires, on passe insensiblement à des formes complexes où les courbes dominent : tambour, dôme, oculi, volute…

Dôme des Invalides[modifier | modifier le code]

L'église est reliée directement avec la chapelle royale, mieux connu sous le nom de Dôme des Invalides. Cette chapelle avec un dôme de 107 mètres de haut (351 pieds) a été à l'usage exclusif de la famille royale. Il est constitué de 12 compartiments dorés et décorés de trophées dans lesquels se dissimulent des lucarnes. L'ensemble est dominé par un lanternon et une pyramide surmontée d'une croix. La construction de la coupole a été achevée en 1708, 27 ans après la pose de la première pierre.

Il a été redoré en 1807, 1830, 1839, 1937 et pour la dernière fois en 1989, nécessitant 12 kilos d’or à cette occasion[15].

À l'intérieur, la coupole est ornée de figures de plusieurs saints peintes par Jean Jouvenet et d'une immense composition de Charles de la Fosse qui représente saint Louis remettant son épée à Jésus-Christ. Depuis 1861, sous cette coupole, dans la crypte, repose le corps de l'empereur Napoléon Ier dans six cercueils successifs à l'intérieur d'un sarcophage de quartzite rouge.

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Le chœur de Saint-Louis-des-Invalides[modifier | modifier le code]

La nef de Saint-Louis-des-Invalides

Le chœur de la cathédrale Saint-Louis est le seul de toutes les églises et cathédrales qui soit, en permanence, orné de drapeaux français.

On peut y voir, accrochés sous la voûte selon une tradition ancienne, les drapeaux et bannières pris à l'ennemi. Le Premier Consul désirait y installer les chefs-d'œuvre d'art envoyés d'Italie en France après le Traité de Tolentino ; mais, face aux réticences de David, il accepta la suggestion de l'architecte Pierre Fontaine de plutôt suspendre aux voûtes les drapeaux pris à l'ennemi[16]. À droite près de l'entrée se trouvent également une borne de la Voie de la Liberté, puis une borne de la Terre sacrée.

Église Saint-Louis[modifier | modifier le code]

À partir de 1676 sur la demande du roi Soleil ministre de la Guerre, l'église Saint-Louis a été ajoutée en tant qu'annexe au complexe. Elle a été construite par Jules Hardouin-Mansart, après la conception par Libéral Bruant, l'architecte de l'Hôtel des Invalides. L'église a été ouverte pour les soldats en 1679. Ils étaient tenus d'y assister à la messe quotidienne.

La colonnade de Saint-Louis-des-Invalides[modifier | modifier le code]

Jules Hardouin-Mansart avait prévu de doter l'église des Invalides d'une colonnade inspirée de celle de la basilique Saint-Pierre de Rome mais moins complexe que celle-ci[17].

La colonnade devait être indépendante de l'église afin de laisser à celle-ci son autonomie monumentale. Elle se serait appuyée à quatre pavillons, coiffés de petits dômes, qui auraient atteint la hauteur du socle rectangulaire de l'église. À ce demi-cercle de pierre eût répondu un demi-cercle d'eau constitué de fossés, l'ensemble délimitant un grand parvis.

Quand le général de Gaulle envisagea de quitter le palais de l'Élysée, il fut envisagé d'installer la présidence de la République aux Invalides et de mener à son terme le projet de Jules Hardouin-Mansart en construisant cette colonnade[17].

L'Hôtel des Invalides et l'urbanisme parisien[modifier | modifier le code]

Une maquette de l'ensemble des Invalides est exposée sous le dôme.

Le dôme doré des Invalides constitue un des points de repère du paysage parisien.

Depuis l'origine, la cour se prolonge au nord au-delà des limites de l'hôtel par une large esplanade publique jusqu'à la Seine le long de laquelle se trouvent les ambassades d'Autriche et de Finlande, la gare des Invalides et l'Hôtel du ministre des Affaires étrangères. Deux espaces cimentés aux extrémités nord servent de terrain de jeu aux patineurs à roulettes. L'esplanade des Invalides est un des grands espaces libres de construction à l'intérieur de Paris. Au bout de cette esplanade des Invalides, le pont Alexandre-III franchit la Seine pour atteindre le Petit et le Grand Palais.

L’hôtel a la mission de garde des emblèmes et des trophées de la France. À ce titre, des canons pris à l'ennemi sont exposés en trophée le long des douves, face à l'esplanade des Invalides. Jusqu'au début du XXe siècle, ils tiraient des salves d'honneur qui marquaient les grandes réjouissances publiques.

L'hôpital militaire des Invalides[modifier | modifier le code]

Vue depuis l’esplanade

Les soldats invalides n'accédaient aux Invalides qu'après dix années de service dans l'Armée, puis porté à vingt en 1710. La charge était remise au gouverneur de l'hôtel, car le lieu était considéré à la fois comme un bâtiment religieux, mais à l'organisation militaire, de vérifier les différents dossiers de candidature. Ainsi les protestants, les marins et les malades des écrouelles furent refusés à l'époque de Louis XIV. Religieuse donc, par le refus des protestants, mais aussi par la formation de quarante jours que chaque soldat recevait à son arrivée par les prêtres. Cette instruction religieuse fut souvent descendue à quinze jours pour les officiers. Une différence que l'on retrouve dans le logement. Par deux ou trois, les officiers ont le droit à une chambre chauffée. Pour les soldats, des dortoirs de cinq ou six lits. La qualité des couvertures et la forme des lits en sont d'autres preuves.

La vie quotidienne y est agréable, ils se promènent librement, allant dans l'un des huit chauffoirs dont deux étaient considérés comme « fumeurs ». Si les femmes sont interdites, les soldats mariés pourront découcher deux fois par semaine. Interdiction de boire ou manger dans les chambres, et interdiction à toute forme de commerce sous peine d'exclusion. L'institution saturée dès 1766, les invalides pouvaient loger à l'extérieur de l'Hôtel via leurs soldes. Louis XIV n'hésitait pas à distribuer des terrains à ses soldats sur lesquels ils pouvaient faire bâtir leur maison. Néanmoins, le bâtiment accueille jusqu'à 4 000 personnes, nourries copieusement, et bénéficiant de bonnes règles d'hygiène et d'un service luxueux d'infirmerie. En effet, celui-ci comprendra 300 lits individuels à l'époque de Louis XIV, véritable luxe à l'époque.

Deux fois par jour, médecin et chirurgien font la tournée des lits, cahier d'ordonnances à la main. Béquilles et jambes de bois sont distribuées le jeudi. La nuit, deux sœurs veillent sur les malades. Néanmoins, ce lieu reste sous la coupelle religieuse. Douze prêtres de la congrégation de la Mission de Saint-Lazare se chargent des offices : prières quotidiennes au Roi, pour sa famille et la « prospérité des armes ». Matin et soir, les invalides suivent la prière, ainsi que les vêpres les dimanches et jours de fêtes.

Les invalides travaillent néanmoins encore au service de l'État. Les plus valides montent la garde (comme à Dieppe, Lisieux, Honfleur, Saint-Malo…) alors que d'autres restent à Paris pour confectionner des uniformes, des bas, des souliers ou même des tapisseries dans les manufactures installées à l'hôtel. L'une de ces manufactures, objet de toutes les fiertés, l'atelier de calligraphie et d'enluminures, travaille même pour Versailles. Une discipline de fer règne sous Louis XIV aux Invalides. Pas de retardataires acceptés lorsque les grilles se ferment au son du tambour militaire le soir. Un système de récompense enrichit les délateurs sur les mœurs mauvaises des invalides. En cas de faute : privation de vin, retenues, prison, expulsion ou « cheval de bois » (le soldat est suspendu sur un cheval d'arçon, dans l'avant-cour de l'hôtel et subit les moqueries de ses compagnons…) sont possibles.

Dans les années 1970, le ministère aux anciens combattants décide la réfection et l'humanisation des locaux qui servent de lieu de vie à ceux qui ont servi le pays dans les ordres militaires, cette charge est confiée à l'entreprise alsacienne UA5, fondée par Jean Apprill et Pierre Gebhart, les travaux ont été dirigés par leur associé Jean-Paul Meyer. L'inauguration a été faite le 18 décembre 1980 par le Président de la République Valéry Giscard d'Estaing, du Gouverneur militaire de Paris, accompagnés de différents secrétaires d'état[18].

Le panthéon militaire des Invalides[modifier | modifier le code]

Plusieurs hommes de guerre français reposent aux Invalides. Ainsi, pour les périodes monarchique et révolutionnaire : le maréchal de Henri de La Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, le cœur du maréchal Sébastien Le Prestre de Vauban, le cœur de Théophile Malo Corret de La Tour d'Auvergne, héros des guerres de la Révolution, le général François Séverin Marceau et Claude Joseph Rouget de Lisle, l'auteur de La Marseillaise.

La dépouille de Napoléon Ier décédé en 1821 à l'Île Sainte-Hélène, fut placée provisoirement — le tombeau commandé à Louis Visconti par Louis-Philippe n'étant alors pas achevé — dans la chapelle Saint-Jérôme le 15 décembre 1840, sous la Monarchie de Juillet dont les dirigeants cherchaient à rassembler les partisans de l'empereur défunt (dans le même temps, était en effet achevé l'arc de triomphe de l'Étoile).

Son corps (dans plusieurs cercueils successifs) ne fut placé que le 2 avril 1861 en présence de la famille impériale et de quelques dignitaires, dans un monumental sarcophage ni dans la « très belle pierre proche du marbre » bretonne trouvée et proposée au gouvernement par le minéralogiste M. de La Fruglaye (petit-fils du célèbre Caradeuc de La Chalotais) — qui finalement, y fit tailler son propre tombeau dans la chapelle de son château de Keranroux (cf. Claude Frégnac, Merveilles des châteaux de Bretagne et de Vendée, Hachette-Réalités, 1970, p. 32) - ni dans du porphyre de Russie, comme il est souvent dit, mais dans du quartzite rouge de Finlande ou « grès métamorphique » extrait d'une carrière de Carélie appartenant au tsar Nicolas Ier de Russie [19], reposant sur un socle en granit vert des Vosges - ou en marbre noir provenant de Sainte-Luce ? — l'ensemble étant placé dans une crypte ouverte de forme circulaire pratiquée au centre de la chapelle Saint-Louis, sous le dôme.

En 1940 les cendres de son fils unique dit le « Roi de Rome » Napoléon II ou « l'Aiglon » y furent transportées de Vienne pour y être placées dans une urne funéraire, sur proposition d'Adolf Hitler et en présence de Fernand de Brinon pour le gouvernement dit "de Vichy".

Y reposent également les dépouilles de ses frères Joseph et Jérôme Bonaparte — d'où la réponse écrite de sa fille unique, la princesse Mathilde, seule Bonaparte vivant sur le sol français en 1896, au chef de cabinet de Félix Faure, qui ne voulait pas l'inviter à la visite officielle du lieu par le couple impérial russe : "j'ai la clef" — ainsi que reine de Westphalie, et d'autres membres de la famille Bonaparte.

Plusieurs commandants en chef de la Première et Seconde Guerre mondiale ont été également inhumés aux Invalides : les maréchaux de France Ferdinand Foch, Hubert Lyautey, Philippe Leclerc de Hauteclocque, Alphonse Juin et les généraux Robert Nivelle, Charles Mangin, Pierre Auguste Roques et Henri Giraud.

Les gouverneurs de l'Hôtel des Invalides, qui reste une place militaire, le sont également; l'amiral Émile Guépratte, le général Louis Ernest de Maud'huy sont enterrés dans le caveau qui leur est réservé.

À défaut de leur dépouille plusieurs grands personnages militaires français ont seulement leur cœur inhumé aux Invalides.

Personnalités reposant dans la Crypte[modifier | modifier le code]

Le tombeau impérial est entouré[20], dans les chapelles, par :

Les cœurs posés sur des cippes en marbre dans la crypte 
Les corps d’autres grands militaires reposant dans la crypte 
Gouverneurs des Invalides

Tous les gouverneurs des Invalides y ont leurs sépultures à l'exception de Charles François de Virot de Sombreuil remplacé par sa fille Marie-Maurille de Sombreuil.
Geneviève Alexandrine Framboisier de Bauney de Sainte-Honorine épouse de Guillaume Marie de Gilibert de Merliac, lieutenant colonel major de l'Hôtel des Invalides de 1767 à 1793 y a également sa sépulture.

Les Musées des Invalides[modifier | modifier le code]

Alignement des canons à l'entrée.

Le Musée des Plans-reliefs[modifier | modifier le code]

Dès 1777, la galerie royale des Plans-reliefs avait quitté le palais du Louvre pour les Invalides ; elle s'y trouve toujours, au Musée des Plans-reliefs.

Article détaillé : Musée des Plans-reliefs.

Le Musée de l'Armée[modifier | modifier le code]

Elle y est rejointe en 1871 par le musée de l'Artillerie, dont les pièces ornent les cours et promenades du palais.

Pour conserver la trace des traditions de l'armée, ses trophées et les objets de la vie quotidienne des soldats, un Musée historique de l'Armée est créé en 1896. Il fusionne avec celui de l'artillerie en 1905 pour former le musée de l'Armée.

Article détaillé : Musée de l'Armée (Paris).

Une section regroupe les armes et armures anciennes placées sous vitrines. Une autre, sur trois étages, retrace l'histoire des guerres de 1870, 1914-1918 et 1939-1945 avec de nombreux objets et documents d'époque.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, pendant laquelle les Invalides cachèrent un réseau de résistance en 1942, le musée s'est agrandi du musée de l’Ordre de la Libération et du musée d'Histoire contemporaine.

L'historial Charles-de-Gaulle est un espace multimédia de 2 500 m2 en sous-sol inauguré le 22 février 2008, qui retrace la vie et l’œuvre du général de Gaulle par l'image et le son, principalement avec des documents audiovisuels.

Administrations[modifier | modifier le code]

Les Invalides hébergent également le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale.

Direction de l'hôtel des Invalides[modifier | modifier le code]

L'hôtel des Invalides a été dirigé par des gouverneurs (1670-1792), un conseil général d'administration (1793-1796), des commandants (1796-1803), de nouveau des gouverneurs (1803-1871), encore des commandants (1871-1941) et enfin de nouveau des gouverneurs depuis 1941.

Article détaillé : Gouverneur des Invalides.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Dans la culture[modifier | modifier le code]

L'hôtel des Invalides fut le sujet d'un documentaire de commande réalisé par Georges Franju en 1951. Le documentaire glissant tout au long du film vers la critique et la dénonciation de la guerre et de ses conséquences, l'armée le refusa.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Élisabeth Belmas et Serenella Nonnis-Vigilante, La santé des populations civiles et militaires, Villeneuve d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion,‎ 2010, 311 p. (ISBN 978-2-7574-0162-0, lire en ligne), p. 52
  2. Dès 1575, Henri III avait formé, dans la rue de Lourcine, dans l'ancien emplacement de l'« hôtel-Dieu du Patriarche », une maison royale et hospitalière pour les officiers et soldats infirmes, appelée « maison royale de la Charité chrétienne ».
  3. En 1603, Henri IV rend un nouvel édit en faveur de la maison royale de la charité chrétienne qui lui accorde une portion des revenus des hôpitaux et des maladreries.
  4. Pierre Gouhier, Les militaires, Éditions universitaires,‎ 1983, p. 64
  5. Jean-Pierre Labatut, Louis XIV, roi de gloire, Imprimerie nationale,‎ 1984, p. 155
  6. Guillaume de Jerphanion, Soldats de France. L'armée au cœur de la nation, L'Harmattan,‎ 2013, p. 280
  7. Anne Muratori-Philip, Histoire des Invalides, Perrin,‎ 2001, p. 20
  8. François Lagrange, Jean-Pierre Reverseau, Les Invalides. L'état, la guerre, la mémoire, Gallimard,‎ 2007, p. 17
  9. L'Artiste : journal de la littérature et des beaux-arts, Paris,‎ 1840 (lire en ligne), p. 241
  10. Lorànt Deutsch, Métronome Illustré, Neuilly-sur-Seine, Michel Lafon,‎ octobre 2010, 239 p. (ISBN 978-2-7499-1253-0), p. 198
  11. Elle est remplacée depuis par la statue de La Défense de Paris
  12. La statue de Napoléon aux Invalides
  13. La cathédrale Saint-Louis des Invalides sur le site du diocèse aux armées
  14. Les fondements, sur le site du diocèse aux armées]
  15. François Poche, Jean-Claude Rochette, Le Dôme des Invalides. Un chef-d'œuvre restauré, Somogy,‎ 1995, p. 66
  16. Marie Louise Biver Fontaine, Paris, Librairie Plon, 1964.
  17. a et b Yvan Christ, Paris des Utopies, éd. Balland, Paris 1977, p. 86.
  18. La documentation française, Paris, 1980
  19. Site officiel du musée de l'armée
  20. La cathédrale Saint Louis des Invalides et la crypte des Gouverneurs
  21. la Nuit aux Invalides

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]