Champ-de-Mars (Paris)

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Champ-de-Mars
Image illustrative de l'article Champ-de-Mars (Paris)
Vue du Champ-de-Mars depuis le haut de la tour Eiffel.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Commune Paris
Quartier 7e arrondissement
Superficie 24,3 ha
Caractéristiques
Création 1908
Gestion
Lien Internet http://equipement.paris.fr/
Accès et transport
Gare (RER)(C) Champ de Mars - Tour Eiffel
Métro (M)(8) École Militaire
Localisation
Coordonnées 48° 51′ 22″ N 2° 17′ 54″ E / 48.856111, 2.29833348° 51′ 22″ Nord 2° 17′ 54″ Est / 48.856111, 2.298333  

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Champ-de-Mars

Le Champ-de-Mars est un vaste jardin public, entièrement ouvert et situé à Paris dans le 7e arrondissement, entre la tour Eiffel au nord-ouest et l'École militaire au sud-est. Avec ses 24,5 ha, le jardin du Champ de Mars est l'un des plus grands espaces verts de Paris[1]. Riche d'une histoire bicentenaire, le Champ-de-Mars accueille les Parisiens et les touristes toute l'année autour d'un vaste ensemble d'activités.

Historique[modifier | modifier le code]

Son nom vient du Champ de Mars romain (et donc du dieu romain de la guerre, Mars). Le 14 juillet 1790, eut lieu la fête de la Fédération. Le 17 juillet 1791, s'y produisit la fusillade du Champ-de-Mars. Jean Sylvain Bailly y fut guillotiné le 12 novembre 1793. On y célébra la fête de l'Être suprême, le 8 juin 1794. Au centre de l'esplanade était dressé l'autel de la Patrie.

Avant la Révolution[modifier | modifier le code]

C'était un espace de campagne. La plaine de Grenelle était consacrée à la culture maraîchère. La construction de l'École militaire, par Gabriel, entraîne en 1765 sa destination. On veut y voir un champ de manœuvre d'abord prévu au sud de l'École, à l'emplacement actuel de la place de Fontenoy. Le choix de l'esplanade au nord entraîne l'édification de la noble façade qui ferme aujourd'hui le Champ-de-Mars et fut témoin et cadre d'apparat de quelques-unes des plus grandes fêtes de la Révolution.

On nivela le sol, l'entourant d'un vaste fossé et d'une longue allée d'ormes, et on ferma l'esplanade par une belle grille. L'île des Cygnes, qui se trouvait à l'emplacement du pied nord-est de la tour Eiffel, fut ensuite rattachée à la rive gauche par le « pont des Cygnes »[2].

Sous la Révolution[modifier | modifier le code]

Le Champ-de-Mars prit le nom de Champ-de-la-Fédération puis celui de Champ-de-la-Réunion[3].

Le 20 septembre 1790, y eut lieu la cérémonie funèbre relative au massacre de Nancy du 31 août où André Désilles perd la vie.

Fête de la Fédération[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fête de la Fédération.

La fête de la Fédération, le 14 juillet 1790, sera une grande fête révolutionnaire. Elle sera peut-être le seul moment où la foule eut le sentiment de constituer un corps uni, une Nation « une, indivisible ». Devant 300 000 spectateurs, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord officia, entouré d'une myriade de prêtres et d'une cohorte de soldats. Louis XVI de France prêta serment sur la Constitution et La Fayette lut celle-ci. On y bénit, discourut, pleura.

Fusillade du Champ-de-Mars[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fusillade du Champ-de-Mars.

Un massacre y a eu lieu pendant la Révolution française, le 17 juillet 1791. La pétition des Cordeliers du 15 juillet 1791 est portée sur l'autel de la Patrie qui fut élevé pour le 14 juillet 1790. Une foule s'y était rassemblée pour y signer une pétition. Elle fut d'abord rédigée pour revenir sur les décrets du 15 et 16 juillet qui redonnent au roi tous ses droits car elle n'exigeait pas formellement la fin de la monarchie. L'Assemblée constituante ordonne de la disperser. Bailly, maire de Paris, décrète la loi martiale dont la mise en vigueur est signalée par le drapeau rouge. Cette loi permet aux forces de l'ordre de faire usage de leurs armes après sommation. Alors que La Fayette tentait vainement de disperser la foule, Bailly donne l'ordre de tirer sur le peuple, ce qui fit 50 morts et des centaines de blessés. Une charge de cavalerie dispersa la foule.

Le « massacre du Champ-de-Mars » aggrave la scission entre républicains et mouvement populaire et monarchistes.

À la suite de ce massacre, les sans-culottes vouèrent une haine tenace à Jean Sylvain Bailly, qui le paya de sa vie. L’exécution était prévue sur le Champ-de-Mars, avant que le caractère sacré du lieu ne soit mis en avant.

Fête de l'Être suprême[modifier | modifier le code]

Le 20 prairial an II (8 juin 1794), Jacques-Louis David organisa la fête de l'Être suprême au Champ-de-Mars. Cette fête marque l'apothéose de la Révolution. On y élève pour l'occasion une sorte de rocher artificiel au sommet duquel s’élèvent un arbre de la Liberté, symbole de l’unité et de l’adhésion collective à la Révolution, ainsi qu'une colonne antique surmontée d’une statue qui brandit un flambeau. Maximilien de Robespierre présida cette fête, qui avait débuté au jardin des Tuileries. Sa chute intervient moins de deux mois plus tard.

Directoire[modifier | modifier le code]

Sous le Directoire, d'autres fêtes, qualifiées de ridicules[3], se donnèrent au Champ-de-Mars, dont la fête de l'Agriculture du 14 juillet et du 9 thermidor, la fête du 10 août, la fête de la vieillesse...
Le 30 décembre 1793, la fête des Victoires en l'honneur de la prise de Toulon.
L'anniversaire de la fondation de la République fut solennisé le 22 septembre 1796.
Ces fêtes étaient accompagnées de courses à pied, à cheval, en chars, de luttes, de joutes et des dizaines d'orchestres faisaient danser les citoyens.
Le 1er vendémiaire an VII, on y fit la première exposition des produits de l'industrie française[3].

Empire[modifier | modifier le code]

Le 3 décembre 1804, le lendemain du couronnement de Napoléon Ier, l'Empereur fit au Champ-de-Mars la distribution des aigles.

Le 1er mai 1815, on y proclame l'acte additionnel aux constitutions de l'Empire. Dans cette cérémonie connue sous le nom de Champ-de-mai, Napoléon y passe en revue toute sa Garde et environ 60 000 hommes de la garde nationale de Paris.

Au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Les 27 mars et 2 mai 1831, le roi Louis-Philippe y distribue solennellement les drapeaux et étendards tricolores aux troupes de ligne et à la garde nationale parisienne.

En juin 1837, pour célébrer le mariage du duc d'Orléans, le Champ-de-Mars sert de scène pour représenter le simulacre de la prise de la citadelle d'Anvers de 1832.

Le 21 mai 1848, le Champ-de-Mars accueille la Fête de la Concorde.

C'est là que se tinrent les Expositions universelles de Paris, 1867, 1878, 1889, 1900 et 1937.

Lors de l'Exposition universelle de Paris de 1889, Gustave Eiffel érigea la Tour Eiffel sur l'esplanade du Champ-de-Mars.

Les architectes Ferdinand Dutert et Charles Léon Stephen Sauvestre construisirent à la même occasion au fond du Champ-de-Mars, devant l'École militaire, la Galerie des Machines, grand monument parisien qui fut très célèbre. Il fut démoli en 1909.

Le Champ-de-Mars accueillit également les nombreuses expositions universelles et coloniales de Paris et les épreuves de fleuret et de sabre des Jeux olympiques d'été de 1900.

Ère contemporaine[modifier | modifier le code]

Le Champ-de-Mars vu depuis le 1er étage de la Tour Eiffel

Le Champ-de-Mars est devenu un vaste jardin public, avec des allées centrales en pelouse. Il est le lieu de nombreuses représentations et activités que ce soit des concerts, des expositions ou des feux d'artifice, tous gratuits.

Du 21 décembre 1985 au 4 janvier 1986, Dorothée s'y produira pour sa comédie musicale « On va faire du cinéma » avant de partir en tournée dans toute la France.

Le 14 juillet 1995 Jean Michel Jarre célèbre le cinquantenaire de l'UNESCO en faisant un « concert pour la tolérance » et attire 1,5 million de spectateurs, en rassemblant instruments et musiciens de cultures différentes.

Le 10 juin 2000, Johnny Hallyday y a réalisé un concert au pied de la Tour Eiffel devant plus de 600 000 personnes et 10 millions de téléspectateurs.

Le 14 juillet 2007, le concert de la Fraternité, inauguré par le président de la République Nicolas Sarkozy, a rassemblé plus de 600 000 personnes. Y ont joué Michel Polnareff, Nelly Furtado, Bob Sinclar, Tokio Hotel et Laura Pausini. Deux ans plus tard, le 14 juillet 2009, 1 million de personnes assistent au concert de Johnny Hallyday, suivi d'un feu d'artifice, réalisé par le Groupe F et célébrant les 120 ans de la Tour Eiffel. Le 14 juillet 2011, SOS Racisme donne un concert, plus d'un million de personnes assistent à ce concert.

L’association « Les amis du Champ-de-Mars », créée le 9 novembre 1995 et dénommée « Association de défense des usagers et des riverains du Champ-de-Mars » jusqu'en 2005[4], a pour objectif de contribuer à la protection et à la promotion de ce site exceptionnel qu’est le Champ-de-Mars, non seulement en luttant contre toutes les nuisances qui concourent à sa dégradation, mais en proposant une vision pour son avenir[5].

Le dimanche 13 janvier 2013, La Manif pour tous organise sur le Champ-de-Mars un rassemblement de 1 000 000 personnes selon les organisateurs, 340 000 selon la police[6].

Activités[modifier | modifier le code]

Fréquentation[modifier | modifier le code]

Le Champ-de-Mars est extrêmement fréquenté les week-ends toute l'année par les Parisiens et par les visiteurs.

Par ailleurs il l'est aussi particulièrement à certaines périodes de l'année :

  • les soirs d'été, les pelouses des allées centrales sont couvertes de gens en train de pique-niquer
  • les après-midi de soleil l'été, les habitants du quartier viennent prendre les rayons après le travail
  • les jours de semaines pendant l'année scolaire, entre 16h et 18h, les parents et les nourrices du 15e et du 7e viennent y faire jouer les enfants après l'école
  • pendant les grandes périodes touristiques (vacances, fêtes, printemps, été), les touristes visitent le Champ-de-Mars en grand nombre, notamment parce qu'il offre une voie accès et des perspectives grandioses de la Tour Eiffel
  • chaque année, le dernier week-end de septembre, est organisé le Famillathlon dans le cadre de la fête du « Week-end du sport en famille ».

Structures[modifier | modifier le code]

Dimensions[modifier | modifier le code]

Entre l'avenue Gustave Eiffel qui sépare le parc de la tour Eiffel au nord-ouest, et l'avenue de La Motte-Picquet qui le borde au sud-est, le Champ-de-Mars mesure 780 mètres de long. En largeur, il y a 220 mètres entre l'allée Thomy Thierry au sud-ouest et l'allée Adrienne Lecouvreur au nord-est.

Les nombreux coureurs qui s'entraînent autour du Champ-de-Mars font donc un peu moins de 2 kilomètres à chaque tour.

Étymologies populaires[modifier | modifier le code]

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La popularité du nom « Champ de Mars » suscite de nombreuses étymologies populaires, reconstructions a posteriori qui ne reposent sur aucune référence attestée. Ces spéculations intellectuelles relèvent davantage de ces rumeurs contemporaines qu'on nomme légendes urbaines. En voici un exemple :

À la fin du XVIe siècle les conquistadors ramènent la pomme de terre des États-Unis. L'Europe, à cette époque, connaît une importante famine. Il faudra attendre 1748[réf. nécessaire] pour que le parlement autorise la culture de ce tubercule pour combler les besoins alimentaires de la France. Les premiers lieux de culture en France auraient été situés sur l'actuel emplacement du Champ de Mars, les pommes de terre étant plantées aux alentours du mois de mars.

Une théorie confirmée a aussi été émise : à l'époque gallo-romaine, les troupes romaines écrasèrent des résistants gaulois sur la plaine de Garanella (plaine de Grenelle) qu'ils rebaptisèrent Champ de Mars en l'honneur de cette victoire.

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://equipement.paris.fr/jardin-du-champ-de-mars-1807
  2. Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut, Magny, http://books.google.fr/books?id=MP0HAAAAQAAJ&pg=PA99#v=onepage&q&f=false
  3. a, b et c Nouvelle histoire de Paris et de ses environs par M J De Gaulle 1839 page 392 et suivantes
  4. « annonces publiées au JO Associations », sur site du Journal officiel de la République française,‎ 6 août 2005 (consulté le 5 juillet 2010)
  5. « Accueil », sur site de l'association « Les amis du Champ-de-Mars »,‎ 29 juin 2010 (consulté le 5 juillet 2010)
  6. « Le préfet de police défend son comptage de la Manif pour tous », Libération, 18 janvier 2013.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]