Police (institution)

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Le terme « police » désigne de manière générale l'activité consistant à assurer la sécurité des personnes, des biens et maintenir l'ordre public en faisant appliquer la loi. Il faut entendre par le terme « loi », les règles et normes formelles d'un code établi dans un pays. Les forces de police (communément appelées « la police ») sont les agents (militaires ou civils) qui exercent cette activité.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot français police provient du mot latin politia, romanisation du mot grec πολιτεία (politeia), qui signifie « régime politique, citoyenneté, administration, partie civile » et du mot πόλις (polis), qui signifie « cité »[1].

Il y a des approches qui proposent tout une autre conception de la Police: ainsi le marxisme, qui considére que la Police fait partie de l'Appareil Répressif de l'État[2], lequel fonctionne à la violence (physique ou non)[3] et constitue un instrument de la bourgeoisie par lequel elle s'assure son pouvoir et sa position dominante[4] ; ou le discours foucauldien, qui assure que la Police est une institution de pouvoir dont le but n'est pas de supprimer le crime mais de le contrôler suivant certaines limites et de l'utiliser selon ses propres intérêts[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de la police.

La police est une invention moderne. En effet, si Rome disposait d'irénarques chargés de la surveillance des mœurs, de la discipline publique et de l'arrestation des brigands[6], la « police » au sens moderne du terme ne naît qu'avec l'avènement de l'État moderne.

En Europe, au bas comme au haut Moyen Âge, le pouvoir de police n'étant pas distinct[De quoi ?], le même seigneur pouvant à loisir désigner un coupable, le faire arrêter, et le châtier.

À la fin du XIIIe siècle, la langue allemande invente le terme de « Polizeiwissenschaft » (littéralement, « science de la police »)[7]. L'équivalent de la « police » au sens classique, d'administration de l'ordre public de la cité, allant au-delà des tâches proprement sécuritaires, se retrouve dans la conceptualisation, dans les États germaniques, de la Polizeiwissenschaft ainsi que des sciences camérales.

On cite souvent la Marine Police Force de Londres et la City of Glasgow Police en Écosse ainsi que la préfecture de Paris, toutes créées vers 1800, comme les ancêtres de l'organisation moderne de la police[8],[9],[10]. À celles-ci s'ajoute la Metropolitan Police Service, créée en 1829 et qui est la première qui ajoute la prévention policière à son rôle de répression du crime[11].

Les policiers sont connus sous plusieurs noms dont : constables, gendarmes, officiers de paix, agents de police, détectives, shérifs, marshalls, miliciens. L'organisation des forces de police varie grandement selon le pays : de locales à nationales, de civiles à militaires.

Les historiens français, comme Jean-Marc Berlière et Christian Chevandier, ont écrit une histoire très informée de la police[réf. nécessaire].

Définition et organisation, par pays[modifier | modifier le code]

Organisations internationales[modifier | modifier le code]

Il existe un organisme de coopération policière internationale, Interpol, qui diffuse aux pays membres les mandats d'arrêt d'internationaux délivrés par les autorités judiciaires nationales.

Dans l'Union européenne, chaque pays possède sa ou ses polices nationales et Europol est l'organisme de coopération des différentes instances policières de l'Union.

Le réseau international Francopol regroupe pour sa part des organisations et des écoles de formation policières francophones en vue de la coopération technique et de l'amélioration des pratiques policières.

En Belgique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Police belge.

La police belge, structurée à deux niveaux, est composée de :

  • La police fédérale ;
  • La police locale (195 zones de police).

Au Canada[modifier | modifier le code]

Policiers du VPD

La Gendarmerie royale du Canada (GRC), la police fédérale, s'occupe des champs de compétence du gouvernement fédéral au Canada.

Deux provinces, le Québec et l'Ontario, possèdent un corps de police provinciale chargé du champ de compétence provinciale sur leur territoire. Il s'agit de la Sûreté du Québec (SQ) et de la Police provinciale de l'Ontario (PPO). Les autres provinces canadiennes louent les services des patrouilleurs de la GRC qui occupent alors à la fois les champs de compétences, tant provincial que fédéral.

Chaque ville, village ou municipalité a également compétence pour créer son propre corps de police municipale afin d'y maintenir l'ordre et d'y appliquer le code criminel canadien et les lois pénales provinciales. Si un tel corps n'est pas créé par la municipalité, c'est la police fédérale ou provinciale (selon le cas) qui y a juridiction. Les services policiers fournis par la SQ ou la PPO sont facturés à la municipalité desservie.
Cependant, au Québec, une municipalité doit avoir au moins 50 000 habitants pour qu'elle puisse avoir son propre corps de police[12]. Ainsi à Montréal, c'est le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) qui dessert le territoire de l'île de Montréal.

En cas de bavure policière, on confie généralement l'enquête à un autre corps de police pour éviter les conflits d'intérêt. Par exemple, la SQ va enquêter sur le décès d'un individu tué lors d'une fusillade avec les agents du SPVM. Pour des enquêtes délicates qui nécessitent des services particuliers, comme ceux de la police scientifique, ou une coordination à large échelle, les corps policiers de différents niveaux vont collaborer.

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Policiers du NYPD
Article détaillé : Police aux États-Unis.

Le Federal Bureau of Investigation (FBI), le US Secret Service, le US Marshals Service, le United States Park Police (USPP), le US Capitol Police, le US Pentagon Police et certains autres services s'occupent des crimes de juridictions fédérales. Le FBI possède une juridiction assez large, dont une section de contre-espionnage, alors que les autres ont des juridictions particulières.

Chaque État a son propre corps policier qui s'occupe de la gendarmerie sur les routes principales et des lois criminelles qui relèvent des États. Chaque comté a son service de police ou de shérif qui a juridiction sur le territoire du comté, généralement hors des villes d'importance. Chaque ville d'importance a son service de police dont la juridiction s'étend au territoire de la ville.

Comme au Canada, les différents niveaux de services de police collaborent. Contrairement à la plupart des pays, les chefs de polices municipales, de comté et les shérifs sont élus par la population et non nommés par des autorités supérieures.

En France[modifier | modifier le code]

Véhicules de la police nationale française.
Article détaillé : Police française.

La définition actuelle a été établie par les acteurs de la Révolution française. Ainsi, l'article 12 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 dispose : « La garantie des droits de l'homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux à qui elle est confiée ».

En droit français, il est possible de distinguer deux types de police :

  • la police administrative est la prévention des troubles à l'ordre public sous toutes leurs formes ;
  • la police judiciaire vise à la constatation des infractions à la loi pénale, au rassemblement des preuves (qui peut inclure l'aide des services de la police scientifique) et à la recherche des auteurs d'infraction.

Néanmoins, cette distinction entre police administrative, qui serait préventive, et police judiciaire, qui serait répressive, n'est pas absolue. Elle varie en effet en fonction de l'autorité de référence : le Préfet en matière administrative et la magistrature en matière judiciaire.

En pratique, trois forces de sécurité effectuent les missions de sécurité intérieure :

Au Luxembourg[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Police grand-ducale.

Jusqu'en 2009, les services de l'ordre étaient divisés entre police et gendarmerie. Une loi votée par le Parlement et signée par le grand-duc les a réunis en un seul corps.

La police du grand-duché du Luxembourg est appelée police grand-ducale. Elle est soumise à la charte des valeurs de la police grand-ducale. Cette charte précise notamment : « La police grand-ducale concourt, sur l'ensemble du territoire, à la garantie des libertés et à la défense des institutions du grand-duché, au maintien de la paix et de l’ordre public et à la protection des personnes et des biens. Proche de la population, elle lui fournit aide et assistance. Elle procède aux devoirs lui étant confiés légalement par les autorités judiciaires et administratives ». Il y a dans le pays 6 centres d'intervention principaux : Luxembourg-Ville, Esch-sur-Alzette, Diekirch, Mersch, Grevenmacher et Capellen.

La police grand-ducale est administrée par une direction générale.

Une loi de 1973 règle l'usage des armes et autres moyens de contrainte par les membres de la force publique dans la lutte contre la criminalité.

Les policiers ont un grand nombre de clubs de sport qui leur sont propres[13].

En Suisse[modifier | modifier le code]

Police genevoise
Article détaillé : Police suisse.

En Suisse, les services de polices peuvent être divisée en trois grands groupes : la police fédérale, les différents corps de police cantonaux et enfin les polices municipales.

La police fédérale, créée en 1848, est plus un service administratif et de coordination intercantonal qu'une réelle force de police, alors que les polices cantonales forment l'essentiel des forces de polices du pays et s'occupent de la majeure partie des activités de police ; selon les cantons elles sont suppléées par des polices municipales gérées par les communes. En 2000, on comptait 14 500 policiers assermentés sur l'ensemble du territoire helvétique, ce qui en proportion donne moins de 200 fonctionnaires de police pour 100 000 habitants, soit un des taux les plus bas d'Europe[14].

France in XXI Century. Flying police.jpg
France in XXI Century. Air police.jpg

Sociologie de la police[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sociologie de la police.

L'étude scientifique de la réalité sociologique des institutions policières est d'apparition relativement récente : au milieu du XXe siècle, aux États-Unis et au Canada, puis en Grande-Bretagne et dans les pays anglo-saxons ; en Europe continentale, à partir des années 1970, en Allemagne et aux Pays-Bas notamment. La France a commencé à être concernée par ce mouvement à la même époque, avec les initiatives de juristes comme Jean-Jacques Gleizal à Grenoble ou Bernard Asso à Nice, de criminologues comme Jean Susini, de politologues comme Jean-Louis Loubet del Bayle qui crée à l'Institut d'études politiques de Toulouse, le Centre d'études et de recherches sur la police (CERP). D'autres chercheurs en sciences sociales, comme les sociologues français Dominique Monjardet ou Frédéric Ocqueteau, s'intéressent à l'étude des organisations policières et à leur performance managériale. Sebastian Roché (CNRS, Institut d'études politiques de Grenoble) s'est spécialisé dans l'analyse des politiques de sécurité et des politiques policières.

Cinématographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Film policier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Politique, III, 7
  2. Louis Althusser, “Idéologie et appareils idéologiques d’État.”: «(...) dans la théorie marxiste, l'Appareil d'État (AE) comprend : le Gouvernement, l'Administration, l'Armée, la Police, les Tribunaux, les Prisons, etc., qui constituent ce que nous appellerons désormais l'Appareil Répressif d'État.»
  3. Louis Althusser, “Idéologie et appareils idéologiques d’État.": «Répressif indique que l'Appareil d'État en question « fonctionne à la violence », du moins à la limite (car la répression, par exemple administrative, peut revêtir des formes non physiques»
  4. Louis Althusser, “Idéologie et appareils idéologiques d’État.”: «Le rôle de l'appareil répressif d'État consiste essentiellement, en tant qu'appa- reil répressif à assurer par la force (physique ou non) les conditions politiques de la reproduction des rapports de production qui sont en dernier ressort des rapports d'exploitation. Non seulement l'appareil d'État contribue pour une très grande part à se reproduire lui-même (il existe dans l'État capitaliste des dynasties d'hommes politiques, des dynasties militaires, etc.), mais aussi, et surtout, l'appareil d'État assure par la répression (depuis la force physique la plus brutale jusqu'aux simples ordres et interdits administratifs, à la censure ouverte ou tacite, etc.), les conditions politiques de l'exercice des Appareils Idéologiques d'État.»
  5. Par exemple, Michel Focault, "Alternatives à la prison" (conférence) ou Surveiller et punir
  6. Cf. Catherine Wolff[réf. incomplète].
  7. Michel Foucault, Il faut défendre la société, Gallimard, Cours au Collège de France.
  8. (en) Alastair Dinsmor, « Glasgow Police Pioneers », The Scotia News,‎ Hiver 2003 (consulté le 1er octobre 2007)
  9. (en) « History », Marine Support Unit, Metropolitan Police (consulté le 2 octobre 2007)
  10. « La Lieutenance Générale de Police », La Préfecture de Police fête ses 200 ans Juillet 1800 - Juillet 2000, La Préfecture de Police au service des Parisiens
  11. History of the Metropolitan Police
  12. loi de police L.R.Q., chapitre P-13.1 art. 72
  13. http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Police_(institution)&action=edit&section=3
  14. La police suisse

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Brodeur, Visages de la police, Presses de l'Université de Montréal, 2002.
  • J.-P. Brodeur, D. Monjardet, (ed), Connaitre la police. Grands textes de la recherche anglo-saxonne, IHESI/Documentation Française, 2003
  • Jean-Marc Berlière, avec Laurent Chabrun, Les policiers français sous l'occupation, Perrin, 2001
  • Jean-Marc Berlière, Images de la police : deux siècles de fantasme ?, Criminocorpus, 2009 texte en ligne
  • Christian Chevandier, Policiers dans la ville. Une histoire des gardiens de la paix, Paris, Gallimard, 2012
  • Benoit Dupont, Construction et réformes d'une police : le cas australien, Collection Sécurité & Société, L'Harmattan, 2002
  • Benoît Dupont et Émile Pérez, Les polices au Québec, Collection Que sais-je ?, Presses universitaires de France, 2006.
  • Simon Kitson, Police et politics in Marseille, 1936-1945, Brill, 2014
  • Jean-Louis Loubet del Bayle, Police et politique. Une approche sociologique, L'Harmattan, 2006
  • Dominique Monjardet, Ce que fait la police. Une sociologie de la force publique, La Découverte, 1994
  • Jean Tulard et al. Du Moyen Âge à nos jours : Histoire et dictionnaire de la police, 2005, Robert Laffont.
  • Élie Escondida & Dante Timélos Face à la police / Face à la justice, 2007, L'ALTIPLANO
  • Frédéric Ocqueteau, Mais qui donc dirige la police ? Sociologie des commissaires de police, Armand Colin, 2005
  • Olivier Philippe, La Représentation de la police dans le cinéma français (1965-1992), Préface de Jean-Louis Loubet del Bayle, L'Harmattan, Collection Sécurité et société, 1999, 480 p.
  • Christian Mouhanna, La police contre les citoyens, Champ Social, 2011. Critique en ligne : « Police : et si on sortait des cercles vicieux ? »,‎ 2011

Articles connexes[modifier | modifier le code]