Bakou

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Bakou
Bakı
Blason de Bakou
Héraldique
Panorama de Bakou.
Panorama de Bakou.
Administration
Pays Drapeau de l’Azerbaïdjan Azerbaïdjan
Maire Hajibala Abutalybov
Code postal AZ1000
Démographie
Population 2 045 815 hab.
Densité 960 hab./km2
Géographie
Coordonnées 40° 23′ 43″ N 49° 52′ 56″ E / 40.395278, 49.882222 ()40° 23′ 43″ Nord 49° 52′ 56″ Est / 40.395278, 49.882222 ()  
Altitude -28 m
Superficie 213 000 ha = 2 130 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Azerbaïdjan

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City locator 11.svg
Bakou
Liens
Site web http://www.bakucity.az/

La ville de Bakou (azéri : Bakı, IPA: [bɑˈcɯ]) est la capitale de l'Azerbaïdjan. Elle se trouve dans l'est du pays, sur la rive sud de la presqu'île d'Abşeron, au bord de la mer Caspienne. Son histoire débute au Ier millénaire avant Jésus-Christ, mais les traces écrites les plus anciennes ne datent que du Ve siècle.

En 2011, sa population est estimée à 2 045 815 habitants[1] et 3 millions de personnes environ vivent dans l'agglomération.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Présenté comme descendant du vieux persan باد-کوبه Bād-kube, signifiant « Ville battue par le vent », (bād : « vent » et kube dérivé du verbe کوبیدن kubidan : « battre », une autre interprétation basée sur son homophonie donne « Le jardin des dieux ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

On aperçoit la mosquée de Bibi-Heybat et, en contrebas, l'un des plus anciens champs pétrolifères de la ville, qui date de 1874. Des pompes fonctionnent encore. Tout cela sera incessamment détruit, la terre dépolluée sur trois mètres de profondeur. On bâtira à la place un parc et un musée consacré à l'or noir, cette manne qui fit et refait la fortune de la « cité des vents », signification de Bakou en azéri. Un peu plus loin, face à la baie, s'élève un gigantesque chantier. Celui du palais où s'est tenue l'édition 2012 du concours Eurovision de la chanson[2].

Climat[modifier | modifier le code]

À l'époque soviétique, Bakou était l'un des lieux de séjour favoris des Russes qui venaient y profiter de ses plages au bord de la mer Caspienne et de la douceur de son climat. Bakou jouit en effet d'un climat tempéré et semi-aride de type BSk[3] selon la classification de Köppen. Les hivers sont froids sans être glaciaux tandis que les étés sont chauds sans être torrides. Il neige presque chaque hiver et les chutes de neige abondantes sont assez fréquentes mais habituellement courtes. Après chaque chute de neige, la neige reste seulement quelques jours. La température descend souvent en dessous de 0 °C pendant la nuit, mais rarement pendant la journée.

Le secteur sud-ouest du Grand Bakou est la région la plus aride de tout l'Azerbaïdjan avec des précipitations annuelles inférieures à 200 mm.

Relevé météorologique de Bakou altitude : 85 m (période 1971-1990)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2,1 2 4,2 9,4 14,9 19,7 22,2 22,9 19,4 13,6 8,8 4,8 12
Température moyenne (°C) 4,2 4 6,3 12,3 18 22,8 26,4 25,6 21,8 16 10,8 6,6 14,6
Température maximale moyenne (°C) 6,6 6,3 9,8 16,4 22,1 27,3 30,6 29,7 25,6 19,6 13,5 9,7 18,1
Précipitations (mm) 21 20 21 18 18 8 2 6 15 25 30 26 192
Nombre de jours avec précipitations 6 6 5 4 3 2 1 2 2 6 6 6 49
Source : Le climat à Bakou (en °C et mm, moyennes mensuelles) Hong-Kong Observatory


Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Il est probable qu’au début de notre ère, l'actuelle péninsule d'Abşeron était submergée, le niveau de la Caspienne étant beaucoup plus élevé. La vallée inférieure de la Koura était également sous eau, comme l'indiquent des cartes antiques[4].

L’apparition d'une ville dans la péninsule d’Abşeron s'explique par les facteurs physiques et géographiques, par sa situation au croisement de voies migratoires et commerciales nord-sud et ouest-est dont la route de la soie. Interviennent aussi les conditions climatiques et la richesse en ressources énergétiques et en combustible, lequel affleurait à la surface du sol et était appelé « naphte »[5].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Dans la seconde moitié du IXe siècle, Bakou est intégrée à l’État des Chirvanchahs et devient l’une des villes principales du Chirvan. Sa population exerce différents métiers, commerce, pêche, agriculture, extraction du pétrole. En 1191, le chirvanchah Akhsitan Ier ibn Manuchihr, transfère la capitale de l’État de Shamakha à Bakou. Au XIIe siècle Bakou est entourée d'un double mur et de fossés. La Tour de la Vierge fait aussi partie du système défensif de la cité.

La ville connaît un déclin rapide au XIIIe siècle lors de l’invasion des Mongols[5]. Mais au siècle suivant, la vie économique de Bakou renaît. La mer Caspienne est même mentionnée dans certaines sources comme « mer de Bakou ». À partir de Bakou, on expédie diverses marchandises vers la Horde d'or, les principautés russes, l'Iran et l'Asie centrale. À Bakou demeurent des monuments dont les styles témoignent des liens commerciaux avec les régions lointaines comme les caravansérails de « Boukhara » (XIVe siècle) et du « Multan ». Durant le règne du chirvanchah Nusrat ed-din Khalil Ier ibn Ibrahim (1417-1462) d'importants travaux de construction sont effectués, par exemple l'ensemble architectural du palais des Chirvanchahs, édifié à cette époque.

Palais des Chirvanchahs, XVe siècle.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Khanat de Bakou.

En 1501, Shah Ismaïl prend la ville et Bakou devient une partie de l’État séfévide. En 1578, l’armée ottomane envahit Bakou. En 1607, la ville passe de nouveau sous l’autorité des Séfévides. Le renforcement du pouvoir central au XVIIe siècle donne une impulsion au développement de la ville. Pendant le règne des Séfévides, à Bakou, on émet des monnaies de cuivre. La plus grande partie de Bakou et la péninsule d'Abşeron produisent des tapisseries.

Bakou, comme centre de commerce, attire l’attention de la Russie. Pierre le Grand envoie une expédition au Caucase du Sud. Le , les troupes russes occupent Bakou, avant de s'en retirer à la suite de la conclusion avec l’Iran du traité de Gandja en 1735.

Le khanat de Bakou est institué au milieu du XVIIIe siècle. Bakou est de nouveau prise par les Russes en 1796, mais un an après, Paul Ier retire son armée.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Période russe[modifier | modifier le code]

Le , le Khan de Bakou, Husayn Quouli, reconnaît l’autorité russe. Cependant, quand en 1806[5] l’armée russe, avec à sa tête Paul Tsitsianov, s’approche de Bakou, Tsitsianov est tué sur l’ordre du gouverneur. L’armée russe entreprend des représailles. À la fin de la même année, elle envahit Bakou ; Husayn Quouli s’enfuit en Perse.

Le dessin daté de 1865 représente le panorama de Bakou.

Sous le pouvoir de l’Empire russe, Bakou devient l’un des centres industriels et culturels du Caucase. L’extraction industrielle du pétrole contribue au développement de la ville. En 1847, sur le gisement de Bibi Eybat, pour la première fois au monde, un puits de pétrole est creusé par voie mécanique[6].

En 1859, Vassili Kokorev construit la première usine de kérosène de Russie à Surakhani, près de Bakou. L’afflux de capitaux à Bakou commence. S'y ouvrent les bureaux des Rotchild, des frères Nobel et d’autres. Outre l’industrie pétrolière se développe la production de tissage, s’ouvrent des usines mécaniques, de tabac, des moulins, des entreprises de traitement… La Douma urbaine de Bakou est créée en 1878. Le 8 mai 1883, le chemin de fer est ouvert entre Bakou et Tbilissi[7]. En 1899, s'ouvre la ligne de tramway hippomobile (konka), une flotte à vapeur s'installe dans le port de Bakou.

Beaucoup de migrants arrivent à Bakou, en provenance de Russie ou de Perse : Russes, Juifs, Allemands, Arméniens, Azerbaïdjanais. La vie culturelle prospère avec le boom pétrolier, un opéra est construit ainsi que d'autres théâtres. Bakou devient célèbre en tant que « Paris du Caucase »[8]. L’imprimerie illégale Nina, qui alimente tout le territoire de l’Empire russe en littérature socio-démocrate, fonctionne de 1901 à 1906 à Bakou[9],[10].

Le chercheur Tom Reiss remarque que Bakou est l’unique place de l’Empire russe où les juifs se sentent en sécurité[11].

« Les juifs jouaient un grand rôle dans le mélange cosmopolite de Bakou comme c’était le cas dans d’autres coins du monde. Dans les temps soviétiques, les juifs éprouvaient de nombreux problèmes. Mais Bakou était la ville la moins antisémite de l’Empire russe et la moins antisémite de l’URSS… Bakou était une ville très russe, mais, notamment ici, l’élément russe a supprimé l’un de ses traits —l’antisémitisme, principalement en raison du bilan ethnique et religieux unique, qui s’y était formé. Bakou était un endroit, où les musulmans devenaient des intégrationnistes extrêmement modernes et regardant vers l’avenir. »

— Tom Reiss, The Orientalist

Le 3 mars 1918, à Brest-Litovsk, les représentants de la Russie soviétique, d’une part et les pays de la Quatrième union (Allemagne, Autriche-Hongrie, Turquie, Bulgarie) d’autre part, signent le Traité de paix de Brest-Litovsk[12]. À cette époque, le pouvoir local est aux mains des soviets de Bakou avec à sa tête Chaoumian, qui est président et commissaire extraordinaire pour les affaires du Caucase. Le 31 juillet, le pouvoir à Bakou est transféré à la dictature temporaire de Centrocaspie. Le 15 septembre, après des combats acharnés, Bakou est libérée par les détachements de l’Armée caucasienne islamique[13]. Le 17 septembre, le gouvernement de la République démocratique azerbaïdjanaise déménage de Gandja à Bakou. Le 31 octobre, l’Empire ottoman capitule et, peu après, l’armée anglaise arrive à Bakou sous le commandement du général Tompson.

Du 1er au , le Komintern organise à Bakou le Premier congrès des peuples d'Orient soutenant l'émancipation des peuples colonisés.

Période soviétique[modifier | modifier le code]

À la mi-avril 1920, les détachements de la 11e armée rouge ouvrière et paysanne, ayant battu les restes de l’armée de Denikine, arrivent à la frontière nord de l’Azerbaïdjan. Le 27 avril, l’armée rouge traverse la frontière azerbaïdjanaise et, le 28 avril, elle prend Bakou. La République démocratique d’Azerbaïdjan, instaurée en 1918, tombe. Le pouvoir soviétique est instauré en Azerbaïdjan.

Pendant cette période soviétique, Bakou devient capitale de la république socialiste soviétique d'Azerbaïdjan et se transforme en un des grands centres administratifs, industriels, scientifiques et culturels de l’Union soviétique. Pendant la Grande guerre patriotique de 1941-1945, Bakou est le principal centre stratégique d’approvisionnement en combustible de l’aviation et des blindés, ce qui est un des facteurs importants de la victoire de l’URSS. En même temps, l’Allemagne a pour but de s’emparer du pétrole de Bakou, mais en raison de la défaite de la Wehrmacht dans le combat pour le Caucase, Bakou n’est pas envahie. Au cours des années d’après-guerre, Bakou reste toujours une région pétrolifère importante de l'Union soviétique[14],[15],[16].

Avant que l'Azerbaïdjan ne proclame son indépendance vis-à-vis de l'URSS le 30 août 1991, des pogroms anti-arméniens ont lieu du 13 au 19 janvier 1990 dans la capitale[17] faisant environ 90 morts[18], des centaines de blessés et des milliers de réfugiés arméniens selon les autorités soviétiques[19]. Moscou envoie une colonne blindée à Bakou afin de reprendre les choses en main. Les combats du font 170 morts du côté azéri[20].Sur les hauteurs de la ville, un mausolée qui abrite les 200 tombes ainsi qu'une « flamme du souvenir » rappelle cet épisode. Ce dernier précipite l'Azerbaïdjan et l'Arménie dans la guerre du Haut-Karabagh qui fait près de 30 000 morts des deux côtés ainsi que 1 000 000 réfugiés azéris[19], la plupart habitant la capitale dans des habitats de fortune.

Depuis l'indépendance[modifier | modifier le code]

Se rétablissant des crises économiques et sociales et des années post-soviétiques de la fin du XXe siècle, Bakou vit sa renaissance en tant que le plus grand centre économique et culturel du Caucase.

L'Union européenne a choisi Bakou comme siège de son programme Traceca. Lancé en 1993, le « transport corridor Europe Caucase Asie » avait au départ pour but d'aider les anciennes républiques soviétiques à s'arracher à la tutelle du grand frère russe et à l'isolement géographique. L'Asie centrale est en effet la région la plus éloignée des océans de la planète. Pour qu'elle puisse accéder et s'ouvrir aux marchés internationaux, l'UE a proposé le développement d'un couloir est-ouest de communications qui conjuguerait route, rail, pipelines, gazoducs, lignes téléphoniques... L'Europe investit très peu d'argent, Traceca étant avant tout un programme d'assistance technique. En revanche, elle œuvre au rapprochement des acteurs de la zone impliquée dans les transports, donne des conseils et pointe les dysfonctionnements[21].

Le projet du développement régional de Bakou couvre la période allant jusqu’à 2030. Le chef du Comité d’urbanisation et d’architecture Djahanguir Khodjayev :

« Le plan préparé pendant la période soviétique ne répond pas aux normes de l’économie libre. C’est pourquoi, on travaille sur le nouveau plan du développement de Bakou avec le soutien de la Banque Mondiale. Il servira de base pour créer le nouveau plan général. Ce sera un document de longue durée, définissant aussi des paramètres du développement de tout le territoire de Bakou et des villages voisins, ainsi que de la péninsule d’Apchéron en général. Lors de la préparation du plan, on tiendra compte de la pratique mondiale et des paramètres du développement de la ville de Sumgaït et de la région d’Apchéron. Avec cela, on travaille sur la planification de la partie centrale de la ville de Bakou. »

— Djahanguir Khodjayev, « Баку по плану (À propos du plan concernant Bakou) »

Population[modifier | modifier le code]

La population de Bakou a augmenté entre 1860 et 1897 de 13 000 à 112 000 habitants, pour atteindre 215 000 habitants en 1913.

Au début de 2009, la population de Bakou était de 2 046 000 habitants (en 2008, 1 917 000 habitants, en 1999, 1 788 900 habitants, en 1989, 1 794 900 habitants, en 1979, 1 833 200 habitants). Une légère diminution de la population en 2006 est liée au transfert d’une partie du territoire du district Binagadi de Bakou à la région d’Apchéron[22]. Le nombre d’habitants de Bakou avec les personnes déplacées et les habitants provisoires était de 2 246 000 habitants au 13 avril 2009[23]. Cela permet de considérer Bakou comme la plus grande ville de la région du Caucase.

La ville compte environ 180 000 Arméniens[24] et 295 500 Russes en 1989 avant l'indépendance de l'Azerbaïdjan et le conflit du Haut-Karabagh. En 1999, après l'indépendance de l'Azerbaïdjan et le conflit du Haut-Karabagh, on ne comptait plus que 383 Arméniens[25] (sur 645[25] Arméniens dans le pays en dehors du Haut-Karabagh) et 114 000 Russes à Bakou.

Évolution démographique
1860 1897 1913 2006 2008 2009
13 000 112 000 215 000 2 036 000 1 917 000 2 246 000

Transports[modifier | modifier le code]

La gare des chemins de fer de Bakou
Taxi à Bakou

Bakou est un des plus grands nœuds de transport de l’Azerbaïdjan. Plusieurs autoroutes et lignes de chemin de fer importantes s'y croisent, qui relient la péninsule d’Apchéron à la province montagneuse du Chirvan. La ville dispose également d’un port maritime et d’un aéroport international.

Bakou est le siège de Traceca (Transport corridor Europe Caucase Asie). Ce programme, lancé par l'Union européenne en 1993, vise à développer les connexions eurasiatiques et à harmoniser des législations liées au transport.

Transport aérien[modifier | modifier le code]

L’Aéroport international Heydar Aliyev de Bakou, (code AITA : GYD • code OACI : UBBB), est l’un des cinq aéroports internationaux desservant l’Azerbaïdjan. Auparavant, cet aéroport s’appelait « Aéroport international de Bina », (code AITA : BAK) d'après le nom de la banlieue dans laquelle il est situé. Le 10 mars 2004, il est renommé en l’honneur de Heydar Aliyev, troisième président de la République d’Azerbaïdjan. L’aéroport se trouve à 25 km à l’est de la ville. Il y a deux pistes d’atterrissage. À partir de cet aéroport, les vols sont à destination des pays d’Europe, du Proche-Orient, de l’Asie Centrale et du Sud-Est[26].

Transport maritime[modifier | modifier le code]

Les trains et ferries reliant Bakou à Turkmenbachy et Aktau font partie du système de transport azerbaïdjanais, qui participe aux projets internationaux. La longueur du trajet du ferry Bakou—Turkmenbachy est de 306 km.

Le journal Moscou soir annonce en août 1929 le projet de création de la traversée, qui commence à fonctionner en 1963. Les premiers bateaux sont des ferries du type « Sovetskiy Azerbaïdjan » construits à l’usine « Krasnoye Sormovo » de 1962 à 1968. Plus tard, ils sont remplacés par des bateaux construits au chantier naval « Ulyanik » en Yougoslavie. À partir de 2006, la durée de la traversée est de 12 heures. Chaque ferry prend à bord 28 wagons et 200 passagers. Les huit ferries battent pavillon azerbaïdjanais[27].

Alat, le nouveau terminal portuaire de Bakou, doit être achevé d'ici à 2015. Un chantier énorme : un chenal de 7 km va être creusé pour accueillir un trafic plus important et un dispositif « rail-ferry » permettra aux trains d'embarquer sur les bateaux[28].

Le « Zarifa Aliyev », ferry qui relie Bakou au Kazakhstan par la mer Caspienne, convoie 52 wagons-citernes. Le transport de produits pétroliers constitue pour l'instant l'essentiel du trafic. Les autorités azéries espèrent que les marchandises chinoises passeront un jour par ici[29].

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]

Aujourd’hui, les trains longue distance arrivent à la gare de Bakou. De cette gare les trains partent à destination de Moscou, Kiev, Tbilissi, Saint-Pétersbourg, Kharkov, Tumen, Rostov-sur-le-Don et dans les villes azerbaïdjanaises : Akstafa, Bélokan, Goradiz, Gandja, Astara[30]. Après l’ouverture du corridor Bakou— Tbilissi—Kars il est prévu d’ouvrir des liaisons vers Kars et Istanbul. Les trains de banlieue partent de la station de Kichli.

Transport routier[modifier | modifier le code]

Les chauffeurs routiers parlent couramment de la « route de la Soie », qui désigne d'abord pour eux le trajet entre la Géorgie et l'Azerbaïdjan. Cette voie flambant neuve, aboutit aujourd'hui au vieux port de Bakou. Mais un nouveau terminal ultramoderne est en chantier à Alat, au sud de la ville[31].

Métro[modifier | modifier le code]

Métro de Bakou
Article détaillé : Métro de Bakou.

Le métro de Bakou (Bakı Metropoliteni en azéri) comprend actuellement deux lignes de 34,6 km reliant 23 stations.

Une première section (Bakı Soveti–Narimanov) de la première ligne est mise en service le 6 novembre 1967, d’une longueur de 6,5 km, avec cinq stations. Une première section (28 mai - Xatayi) de la seconde ligne est ouverte en février 1968 (2,4 km et 2 stations). Les ouvertures se succèdent jusqu'à la fin des années 1980. La chute du régime soviétique arrête pour un temps la construction du métro.

Le métro est ouvert de 6 heures à 1 heure du matin, mais certaines stations ne fonctionnent pas en permanence. Les trains sont espacés de 2 minutes aux heures de pointe et de 5 à 15 minutes aux heures creuses. Un intervalle de 90 secondes serait techniquement possible. En 2002, le réseau permet le transport 135 millions de passagers et, en 2003, 1,8 million de passagers par jour (ces données sont cependant peu fiables).

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Le centre de Bakou est composé de la vieille ville fortifiée, inscrite avec la tour de la Vierge (Qiz Qalasi) et le palais des Chirvanchahs au patrimoine mondial de l'Unesco en décembre 2000, devenant ainsi le premier lieu d'Azerbaïdjan à être inscrit au Patrimoine mondial. Les rues y sont sinueuses et étroites ; certaines n'ont pas encore été complètement remises en état, celles qui le sont ont parfois subi une modernisation tellement énergique qu'il devient difficile de reconnaître la « vieille ville »… En 2007, Bakou récolte la deuxième palme de la ville la plus ennuyeuse au monde après Ottawa, selon The Guardian[réf. nécessaire].

Le boomtown, au sud de la vieille ville, est construit au début du XXe siècle en lien avec l'exploitation massive de pétrole. Il est caractérisé par une architecture relevant des beaux-arts, avec un plan en damier.

La ville moderne s'étend hors des murs de la vieille ville. Ses rues et ses bâtiments se hissent vers le haut des collines qui bordent la baie de Bakou.

Voitures et boutiques de luxe fleurissent dans le centre de la capitale azérie. Le centre-ville a été restauré. Tout est illuminé, surligné de néons, la tour de la Vierge de la vieille cité comme les façades baroques des immeubles haussmano-mauresques construit par les barons de l'or noir à la fin du XIXe siècle. Jusqu'aux arbres exotiques du flamboyant parc récemment aménagé entre la mer et le toujours dénommé « boulevards des ouvriers du pétrole ».

L'agglomération de Bakou est divisée en 11 districts (Azizbayov, Binagadi, Garadagh, Narimanov, Nasimi, Nizami, Sabail, Sabunchu, Khatai, Surakhany et Yasamal) et 48 communes.

Mosquées[modifier | modifier le code]

La mosquée de Bibi-Eybat
  • La mosquée du Palais des Chirvanchahs (en azéri: Saray məscidi) date du XVe siècle.
  • La mosquée de Mohammed (mosquée Siniqgala) (en azéri: Məhəmməd məscidi) dans la vieille ville date du XIe siècle.
  • La mosquée de Bibi-Eybat (en azéri: Bibiheybət məscidi) est une mosquée chiite, située sur le bord de la baie de Bakou.
  • La Mosquée de Djuma (en azéri: Cümə məscidi) se trouve dans la vieille ville de Bakou.
  • La mosquée Tazapir (en azéri: Təzəpir) est située à Bakou. La construction de la mosquée commence en 1905 sous le patronage de mécène Nabat-khanum Achourbekova par l’architecte Ziver-bey Ahmedbeyov. Après la mort de mécène, la construction est suspendue. Plus tard, la construction est poursuivie par son fils et s'achève en 1914.

Églises[modifier | modifier le code]

L’église cathédrale des Saintes Femmes-Porteuses de paix est une église slave russe
  • L’église cathédrale des Saintes Femmes-Porteuses de paix est une église slave russe. Elle est construite en 1909 par l’architecte F.M. Verjbitskï au frais du Ministère Militaire. À présent, elle fait partie de l’éparchie de Bakou et d’Azerbaïdjan du Patriarcat de Moscou.
  • L’église de Saint George Illuminateur (en azéri: Erməni Kilsəsi , en arménien : Բաքվի Սուրբ Գրիգոր Լուսաորիչ եկեղեցի) est une église arménienne abandonnée.
  • L’église du Sauveur est une église luthérienne.
  • L’église de l’immaculée conception de la Bienheureuse Vierge Marie (en azéri: Bakirə Məryəmin Məsum Hamiləliyi şərəfinə kilsə) est une église catholique. C’est l’unique église catholique fonctionnant en Azerbaïdjan. La paroisse catholique de Bakou est sous le soin pastoral de la mission catholique sui juris (mission indépendante) à Bakou.

Éducation[modifier | modifier le code]

Bakou compte de nombreuses écoles et universités, dont l'Université d'État de Bakou, fondée en 1919. Avec l'indépendance de l'Azerbaïdjan et la chute du communisme, de nombreuses institutions éducatives privées voient le jour. Bakou héberge également l'Académie des Sciences de l'Azerbaïdjan fondée en 1945.

  • Académie Nationale du Pétrole d’Azerbaïdjan
  • Université Technique d’Azerbaïdjan
  • Université d’Architecture et de Génie Civil d’Azerbaïdjan
  • Université de Médecine d’Azerbaïdjan
  • Université Nationale d’Économie d’Azerbaïdjan
  • Université Nationale de Culture et d’Arts d’Azerbaïdjan
  • Université Nationale Pédagogique d’Azerbaïdjan
  • Académie Nationale d’Administration Publique auprès du Président de la République d’Azerbaïdjan
  • Université des Langues d’Azerbaïdjan
  • Académie Nationale des Beaux-Arts d’Azerbaïdjan
  • Académie de Musique de Bakou
  • Université de Tourisme d’Azerbaïdjan
  • Conservatoire National d’Azerbaïdjan
  • Université d’État de Bakou
  • Université Slave de Bakou
  • Université « Asie » de Bakou
  • Université « Eurasie » de Bakou
  • Université de Commerce (business university) de Bakou
  • Filiale de Bakou de l’Université d’État M.V. Lomonossov de Moscou
  • Université de Bakou pour les Jeunes filles
  • Université de l’« Ouest » (« Western »)
  • Académie Nationale d’Aviation d’Azerbaïdjan
  • Université « Azerbaïdjan »
  • Université « Qafqaz » (Caucase)
  • Université « Odlar Yourdou » (Pays des feux)
  • Université « Tafakkur »
  • Université Khazar
  • Académie du Ministère de la Sécurité Nationale Heydar Aliyev
  • Académie des Sports

Culture[modifier | modifier le code]

Musées[modifier | modifier le code]

Musée de l'histoire d'Azerbaïdjan
  • Le Musée National azerbaïdjanais de la Culture Musicale (en azéri: Azərbacan Musiqi Mədəniyyət Dövlət Muzeyi).
  • Le Musée national d'art de l'Azerbaïdjan (en azéri: Rüstəm Mustafayev adına Azərbaycan dövlət incəsənət muzeyi) est l’un des plus grands musées de l’Azerbaïdjan, couvrant depuis la période antique jusqu’à nos jours.
  • Le Musée du Tapis et des Arts appliqués populaires (en azéri: Lətif Kərimov adına Azərbaycan dövlət xalçaçılıq və xalq tətbiqi sənəti muzeyi) est le premier musée du tapis au monde. Il est fondé en 1967.
  • Le Musée d’Art Moderne (en azéri: Müasir incəsənət muzeyi) à Bakou compte plus de 800 œuvres de peintres et de sculpteurs azerbaïdjanais, essentiellement dans un style d’avant-garde.

Curiosités[modifier | modifier le code]

La Tour de la Vierge
  • L’Allée d’honneur (en azéri. Fəxri xiyaban) est un cimetière en forme d’allée, situé dans la partie montagneuse de Bakou, où sont enterrés les grands hommes de l’Azerbaïdjan, artistes éminents, scientifiques, écrivains, politiques, Héros de l’Union Soviétique et les gens honorés pour leur apport à l’économie ou l’agriculture.
  • L’Allée des Martyrs (en azéri. Şəhidlər Xiyabanı) est un cimetière de Bakou, où sont enterrés les martyrs, héros de l’indépendance de l’Azerbaïdjan, victimes de la tragédie du Janvier noir (126 personnes) et personnes mortes pour le Karabagh. Dans cette allée, il y a la tombe inconnue où reposent les fragments des corps des martyrs non-identifiés.
  • Atechgah (en azéri. Atəşgah) est le temple des adorateurs du feu. Le temple fut édifié par une communauté hindoue de la caste des sikhs, qui avait habité à Bakou.
  • Le Parc zoologique de Bakou (en azéri. Bakı Zooloji Parkı) est un parc zoologique national. Le plus ancien en Azerbaïdjan, il a été ouvert en 1928. Il est géré par le ministère de la culture et du tourisme d’Azerbaïdjan et par le pouvoir exécutif de la ville de Bakou. Sa surface est de 4,25  ha.
  • La maison de Mukhtarov (en azéri. Səadət Sarayı) est un immeuble au centre-ville, actuellement Palais de Bonheur.
  • La Place du drapeau national (en azéri. Dövlət Bayrağı Meydanı). L’inauguration de la Place du Drapeau a eu lieu le 1er septembre 2010. Le drapeau azerbaïdjanais est installé sur l’un des mâts les plus hauts du monde.
  • Le quartier de la Vieille ville (en azéri. İçəri şəhər) est un quartier ancien et une réserve historico-architecturale situé au centre-ville. En décembre 2000, Itcheri chahar (la vieille ville) est entrée dans la liste des monuments du Patrimoine culturel Mondial de l’UNESCO.
  • La Tour de la Vierge (en azéri. Qız Qalası) représente une construction ancienne de la vieille ville au bord de la Caspienne. C’est l’un des composants importants de la façade maritime de la ville. En décembre 2000, la Tour de la Vierge est entrée dans la liste des monuments du Patrimoine culturel Mondial de l’UNESCO .
  • Le Palais des Chirvanchahs (en azéri. Şirvanşahlar sarayı) est le palais des gouverneurs de Chirvan, construit à Bakou au XVe siècle pendant le règne du Chirvanchah Khalilallah. En décembre 2000, le palais est entré dans la liste des monuments du Patrimoine culturel Mondial de l’UNESCO.
  • La Tour à parachute (en azéri. Paraşüt Qülləsi), dont la hauteur est de 75 m, est située sur le boulevard maritime.
  • Le KFC le plus grand au monde il est situé dans un château .

Eurovision[modifier | modifier le code]

En mai 2012, le Baku Crystal Hall, dont la construction a été accélérée, est situé sur le front de mer et à proximité de la place du drapeau national, a accueilli le 57e concours Eurovision de la Chanson.

Sports[modifier | modifier le code]

Le FK Neftchi Bakou est le club de la ville et évolue dans le Championnat d'Azerbaïdjan de football.

Bakou était candidate à l'organisation des Jeux olympiques d'été de 2016. La candidature de la ville fut toutefois rejetée le 4 juin 2008 durant la phase préliminaire de sélection. La ville a décidé de retenter sa chance pour les Jeux olympiques d'été de 2020[32], sans plus de succès. Bakou organise pour la première fois une Compétition automobile en 2012, le Baku City Challenge 2012 sur un circuit automobile urbain dans le centre-ville en octobre.

Personnalités nées à Bakou[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Naissance à Bakou.

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Bakou est jumelée avec [33]:

La ville de Bakou entretient également des partenariats avec :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (az) « La population de Bakou au début de 2011 », sur AzStat (consulté le 11 janvier 2011).
  2. « Titre manquant », Géo, no 398,‎ 29 mars 2012, p. 107-111
  3. BSk = Climat sec, climat de steppe, précipitations annuelles comprises entre 380 et 760 mm, sec et froid, température moyenne annuelle 18 °C
  4. S. N. Mouravieuv, « La carte ptoléméenne de l'Albanie du Caucase et du niveau de la Caspienne », Journal de l'histoire ancienne, no 1,‎ 1983, p. 117
  5. a, b et c (az) « Histoire de Bakou »
  6. (ru) « Industrie pétrolière »
  7. (ru) « Les perspectives de l'oléoduc Bakou - Tbilissi - Kars »
  8. (ru) « Лев Нуссимбаум - Эссад Бей - Курбан Саид. История загадки »
  9. (ru) « Nina »
  10. (ru) « Nina, une imprimerie clandestine pour le journal Iskra »
  11. (en) Tom Reiss, The Orientalist, Random House,‎ 2005, p. 9
  12. (ru) le Traité de paix de Brest-Litovsk
  13. République démocratique d'Azerbaïdjan (1918-1920). Armée. (Documents et matériaux). - Bakou, 1998, p. 199-200
  14. (ru) « République Socialiste soviétique d'Azerbaïdjan »
  15. « Bakou dans la Grande Guerre Patriotique »
  16. « Sans les ressources énergétiques de l’Azerbaïdjan, la grande guerre patriotique n’aurait pas été une victoire ».
  17. (en) Richard G. Hovannisian (dir.), Armenian People from Ancient to Modern Times, vol. II : Foreign Dominion to Statehood: the Fifteenth Century to the Twentieth Century, New York, Palgrave McMillan,‎ 1997 (réimpr. 2004) (ISBN 9781403964229), p. 382-383
  18. (en) Thomas De Waal, Black garden : Armenia and Azerbaijan through peace and war, New York, New York University Press,‎ 2003 (ISBN 9780814719459), p. 90
  19. a et b Laurence Ritter, « Le pogrom oublié », Nouvelles d'Arménie Magazine, no 161,‎ mars 2010, p. 30
  20. Charles Urjewicz, « L'identité azérie à l'épreuve de l'indépendance », Revue du monde musulman et de la Méditerranée, no 59-60,‎ 1991
  21. GEO N°398 d'avril 2012 p.112
  22. (ru) « La population de Bakou »
  23. (ru) « La population de l'Azrbaïdjan a augmenté de 1 million en une décennie »
  24. (en) John P. Hardt et Richard F. Kaufman (dir.), The Former Soviet Union in Transition, M.E. Sharpe,‎ 1994 (ISBN 9781563243189), p. 1087
  25. a et b (ru) Этнический состав Азербайджана (по переписи 1999 года)
  26. (en) « Heydar Aliyev international airport »
  27. (ru) « Complexe de ferries de la Caspienne »
  28. GEO N°398 d'avril 2012 p.104
  29. GEO N°398 d'avril 2012 p.114
  30. (az) « Horaire des trains de passagers »
  31. GEO N°398 d'avril 2012 p.109
  32. « Six villes requérantes pour les Jeux Olympiques de 2020 », Site officiel du Mouvement olympique,‎ 2 septembre 2011
  33. (en) « Cités jumelées et cités partenaires »

Photos[modifier | modifier le code]

Un panorama de la ville

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]