Musée national de la Marine

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Musée national de la Marine
Aile Passy du palais de Chaillot à Paris vu depuis la tour Eiffel.
Aile Passy du palais de Chaillot à Paris vu depuis la tour Eiffel.
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Adresse Palais de Chaillot
17, place du Trocadéro
75116 Paris
Coordonnées 48° 51′ 43″ N 2° 17′ 15″ E / 48.862, 2.287548° 51′ 43″ Nord 2° 17′ 15″ Est / 48.862, 2.2875  
Informations générales
Date d’inauguration 1752 (amateurs),
27 décembre 1827 (grand public),
15 août 1943 (Palais de Chaillot)
Collections Maquettes de navire
Peintures
Instruments de marine
Armes et uniformes
Informations visiteurs
Site web www.musee-marine.fr

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Musée national de la Marine

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Musée national de la Marine

Le musée national de la Marine est issu d'une collection offerte au roi Louis XV par Henri Louis Duhamel du Monceau installée au Louvre de 1752 à 1793, puis de 1827 à 1939. La collection permanente du musée est exposée depuis 1943 dans l'aile Passy du Palais de Chaillot à Paris. Le musée est un établissement publique à caractère administratif depuis 1971 et possède des antennes à Brest, Rochefort, Toulon et Port-Louis. Il traite aujourd'hui de toutes les marines à travers ses collections et ses expositions temporaires.

Le musée de la marine de Paris[modifier | modifier le code]

Le musée de la Marine à Paris présente principalement des modèles de navires de toutes les époques, notamment de navires de guerre à voile des XVIIe siècle, XVIIIe siècle et XIXe siècle.

Collections[modifier | modifier le code]

  • Peintures navales
  • Armes et uniformes de la marine
  • Instruments de marine

On y trouve également deux œuvres majeures:

Origines et histoire du musée[modifier | modifier le code]

Le XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Henri-Louis Duhamel du Monceau (1700-1782), botaniste et ingénieur nommé au poste d'inspecteur des constructions navales en 1739, offre en 1748 à Louis XV sa collection de modèles de navires et de machines d'arsenaux mais il demande en contrepartie que cette collection soit installée au Louvre pour servir à l'instruction des élèves de l'école d'ingénieurs-constructeurs [1] qu'il dirige. Installée en 1752 au premier étage du Louvre, près de la salle de l'Académie des sciences, la collection prend le nom de "Salle de Marine". Elle est ouverte aussi aux amateurs d'objets techniques ou de beaux objets, à la manière d'un cabinet de curiosités.

En 1793, la salle de marine au Louvre est fermée et une grande partie de la collection réunie par Duhamel du Monceau de puis 1748 rejoint un grand ensemble regroupant les anciennes collections du roi, celles du Ministère de la Marine et les saisies révolutionnaires avec notamment la collection du duc d'Orléans[2].L'existence d'un fonds patrimonial spécifique, à vocation nationale et placé sous la responsabilité de l'administration de la Marine, est reconnu. Mais cette reconnaissance, en partie théorique, ne débouche pas sur la création effective d'un musée.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1801, une galerie navale ouvre ses portes dans les locaux du Ministère de la Marine, aujourd'hui connu comme Hôtel de la Marine. Des œuvres d'art telles que la série des "Vues des ports de France" de Joseph Vernet complètent la collection de maquettes et d'objets techniques. Cette galerie n'aura qu'une brève existence puisqu'elle ferme dès1803[3].

En 1810, Napoléon demande à l'ingénieur Jacques Noël Sané de réunir des modèles de navires pour orner la galerie des Cotelle au Grand Trianon. Cet ensemble est connu sous le nom de "collection Trianon".

En raison des vicissitudes politiques et administratives, les collections de marine sont à plusieurs reprises regroupées puis dispersées jusqu'à la création, par Charles X, d'un musée naval installé au Louvre en 1827[4]. Celui-ci prend le nom de "Musée Dauphin" en l'honneur du Duc d'Angoulême, grand amiral de France. Son premier conservateur, Pierre Zédée rassemble les collections navales se trouvant à Paris, au Grand Trianon et dans les salles de sculpture et de modèles des arsenaux[5]. Pierre Zédée fait aussi aménager un atelier de construction et de restauration de modèles au sein du musée[6]. Les salles de modèles et des salles de sculptures des arsenaux Cherbourg, Brest, Lorient, Rochefort et Toulon demeurent sous l'autorité directe de la Marine. À la suite de la Révolution de Juillet, le musée prend le nom de musée naval ou de musée de marine. Il est alors placé sous l'autorité des Beaux-Arts.

À l'origine, le musée naval est conçu comme un musée de modèles de navires, d'objets scientifiques et de sculptures présentant la marine de guerre sous ses aspects techniques et historiques. Léon Morel-Fatio, peintre de marine et conservateur du musée naval de 1857 à 1829, publie pour la première fois le catalogue du musée en 1853. Il rassemble et inventorie un fonds d'objets ethnographiques et il fait entrer dans les collections de nouveaux modèles de navires militaires, fabriqués par les ateliers de modèles des arsenaux et par l'atelier du musée.

Poursuivant la même politique d'acquisition, l'amiral François-Edmond Pâris, conservateur du musée de 1871 à 1893,considéré comme le fondateur de l'ethnographie nautique, fait construire par l'atelier du musée près de deux cents modèles d'embarcations traditionnelles d'Océanie, d'Asie mais aussi d'Europe, à partir de plans relevés par lui-même ou par son fils Armand lors de leurs navigations[7]. Il diversifie la collection du musée et l'enrichit peu à peu de tableaux et d'œuvres d'art. C'est ainsi qu'en 1875, il commande aux peintres François Roux et Edouard Adam la réalisation pour le musée de portraits de navires de guerre, de commerce ou de pêche[8].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Jean Destrem[9], écrivain et journaliste, effectue à la tête du musée un travail scientifique d'inventaire, de récolement et d'identification des collections qui donne lieu à la publication d'un catalogue raisonné en 1909. Le développement et l'organisation de la bibliothèque du musée sont pour lui des préoccupations constantes. À partir de 1905, le musée cesse de gérer les collections ethnographiques qui sont réparties entre plusieurs établissements. Un décret du 28 avril 1919 signé du président de la République rattache le musée naval du Louvre au Ministère de la Marine. À partir de ce moment, le musée naval prend le nom de musée de la Marine.

Il bénéficie du programme architectural de l'exposition internationale de 1937 qui prévoit la construction des palais de Chaillot, Tokyo et d'Iéna destinés à accueillir plusieurs musées. Le Musée de la Marine doit ainsi partager l'aile de Passy du palais de Chaillot avec le tout nouveau Musée de l'Homme. Les collections de la Marine rejoignent progressivement le palais de Chaillot à partir de 1939 et le musée ouvre ses portes en août 1943. Il est chargé d'assurer la conservation, la présentation et l'enrichissement de ses collections dans tous les domaines de la marine. Pour la première fois depuis le début de son histoire, il dispose d'espaces et de moyens propres ce qui lui permet notamment d'organiser des expositions temporaires d'envergure; la première d'entre elles, La Marine au combat est inaugurée en décembre 1944.

C'est à cette époque que le capitaine de Vaisseau Jacques Vichot, directeur du musée de 1943 à 1971, décide de créer un grand centre de documentation accessible au public. A cet effet il lance une campagne photographique dans plusieurs institutions liées à la marine. Un laboratoire photographique est associé au musée pour la réalisation de prises de vues et de tirages. Jacques Vichot est également à l'origine du Répertoire de navires de guerre français publié en 1967 et régulièrement enrichi depuis. On lui doit aussi la création de l'Association des Amis du Musée de la Marine.

A partir de 1947, les musées de Brest, Toulon et Rochefort et Port-Louis sont officiellement rattachés au musée de Paris créant ainsi un véritable réseau national. On comptera ainsi jusqu'à onze antennes avec les musées du Pouldu, de Bordeaux, Lorient, Saint-Martin de Ré, Camaret, Le Croisic, Antibes, la Seyne-sur-mer, Nice, Saint-Tropez et la Tour Royale à Toulon. Ces petits musées navals ont été fermés successivement entre 1977 et 2003.

En 1971, le musée devient établissement public à caractère administratif. [10]. Luc-Marie Bayle, directeur de 1972 à 1980 et peintre de la Marine, organise les premières grandes expositions consacrées aux beaux-arts comme par exemple l'exposition Joseph Vernet [11]. Il met aussi sur pied une exposition intitulée Loisirs sur l'eau [12] qui fera date sur l'histoire de la plaisance en France.

Dans les années 1980-1990, le musée se professionnalise avec la formation de nouveaux services. C'est sous François Bellec, peintre officiel de la Marine, écrivain de Marine et directeur de 1980 à 1998, que sont crées le Service des collections et un service d'accueil du public. François Bellec apporte un souffle nouveau au musée en ouvrant celui-ci à la fois au monde universitaire, au grand public et aux gens de mer. Parmi les expositions proposées, on peut citer : A la rencontre de Sindbad, la route maritime de la soie[13] ou encore La généreuse et tragique expédition de Lapérouse[14].

Le projet de création d'un musée des arts premiers qui devait initialement occuper toute l'aile de Passy, menace un temps le musée. Cette menace est écartée grâce à l'implication d'Eric Tabarly et de Jean-François Deniau. Une réflexion sur l'avenir du musée est lancée en 1998 à l'initiative de Georges Prud'homme, directeur de 1997 à 2003, et de son adjoint Jean-marcel Humbert. Dans le même temps, le musée poursuit son adaptation au monde culturel et se donne les moyens d'une véritable politique de gestion et d'organisation de ses collections.

Les réserves quittent en 2000 les espaces restreints de Chaillot et sont transférées vers un site mieux adapté. De grandes expositions comme Les Trésors du Musée national de la Marine qui circule à partir de 2000 entre le Québec et les États-Unis ou Les Génies de la mer exposition réalisée en 2001 en partenariat avec le Musée national des Beaux-Arts du Québec et présentée en 2003 au musée maritime de Sydney. [15]

En 2014, 50 millions d'euros sont débloqués pour la rénovation du musée[16].

Galerie[modifier | modifier le code]

Le réseau des musées de la Marine[modifier | modifier le code]

Le musée de la Marine à Brest[modifier | modifier le code]

Château de Brest.

Le musée de la Marine à Port-Louis[modifier | modifier le code]

Entrée de la citadelle de Port-Louis.

Le musée de la Marine à Rochefort[modifier | modifier le code]

Le musée de la Marine à Toulon[modifier | modifier le code]

Musée de la Marine de Toulon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'École de Paris fondée en 1741
  2. Musée national de la Marine, Trésors du Musée national de la Marine, Paris, Réunion des Musées nationaux, 2006, p. 11
  3. Musée national de la Marine, Trésors du Musée national de la Marine, Paris, Réunion des Musées nationaux, 2006, p. 12
  4. AN 0³ 1428 : Archives nationales, archives postérieures à 1789, série LH grande chancellerie de la légion d'honneur, maison du roi et de l'empereur, sous-série 03 maison du roi (restauration)
  5. Musée national de la Marine, Trésors du Musée national de la Marine, Paris, Réunion des Musées nationaux, 2006, p. 12 et Niderlinder, Alain, Le musée national de la Marine et ses collections : éléments chronologiques, in Neptunia, no 194, p. 57
  6. Niderlinder, Alain, Le musée national de la Marine et ses collections : éléments chronologiques, in Neptunia, no 194, p. 55
  7. Son travail a fait l'objet d'une exposition intitulée Tous les bateaux du monde qui a eu lieu du 10 mars 2010 au 19 septembre 2010
  8. Musée national de la Marine, Trésors du Musée national de la Marine, Paris : Réunion des musées nationaux, 2006, p. 13
  9. Directeur de 1901 à 1929
  10. Décret n°71-963 du 3 décembre 1971 relatif au Musée de la Marine
  11. Du 15 octobre 1976 au 9 février 1977
  12. Du 17 novembre 1978 au 28 janvier 1979
  13. Du 18 mars au 15 juin 1974
  14. Du 13 juin au 11 septembre 1989
  15. Les Génies de la mer : chefs-d'œuvre de la sculpture navale du Musée national de la Marine à Paris, Musée national de la Marine, Québec : Musée du Québec, 2001, 166 p.
  16. Musée de la Marine : un financement exceptionnel de 50 millions d'euros pour sa rénovation Le Marin (17/10/2014)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Textes officiels[modifier | modifier le code]

Monographies[modifier | modifier le code]

  • Les génies de la mer : chefs-d'œuvre de la sculpture navale du Musée national de la Marine à Paris, [exposition] présentée au Musée du Québec, à Québec, du 11 octobre au 17 mars 2002 et au Musée national de la Marine, à Paris, en 2003. Québec, Musée du Québec ; Paris : Musée national de la Marine, 2001, 166 p.
  • Natascha Abriat-Baudin, François-Edmond Pâris, conservateur du Musée de Marine : 1871-1893, [s.l.], [s.n.], 2001, 53 p.
  • Géraldine Barron-Fortier, sous la direction de Marie-Noëlle Bourget, Entre tradition et modernité : itinéraire d'un marin, Edmond Pâris (1806-1893), p. 553-814
  • Luc-Marie Bayle, Jacques Mordal, Le Musée de la Marine, Rennes, Ed. Ouest-France, 1980, 32 p.
  • Jean Boudriot, Modèles historiques au musée de la Marine, Paris, Ancre, 1997, 254 p.
  • Jean Boudriot, Modèles historiques au Musée de la Marine, tome 2, Nice, Ancre, 2006, 287 p.
  • Paul-Émile Miot, Promenade au Musée de la Marine, Paris, Librairies-Imprimeries Réunies, [1898], 32 p. disponisle sur l'Institut national d'histoire de l'art
  • Musée national de la Marine, Trésors du Musée national de la Marine, Paris, Réunion des musées nationaux, 2006, 164 p.
  • Musée national de la Marine, La collection du roi, 1748, Paris, Musée national de la Marine, Paris, Réunion des musées nationaux, 2006, 164 p.
  • Virginie Serna, La diffusion d'un savoir maritime au musée national de la Marine (1943-1971), Nantes, [s.n.], 1999, p. 289-305

Articles[modifier | modifier le code]

  • "Décret du 2 août 1947 portant organisation du Musée de la Marine et des Musées des ports", In Neptunia, avril 1954, no 34, p. 36
  • "Du Louvre à Chaillot : le Musée de la Marine dans la tourmente", In Neptunia, janvier 1946, no 1, p. 2-10
  • François Bellec, "La recherche d'une information modulable", In Neptunia, mars 1984, no 153, p. 40-44
  • François Bellec, Le Musée de la Marine, In Neptunia, décembre 1993, p. 1-8
  • François Bellec, Le Musée de la Marine, In Musées & collections publiques de France, 2e trimestre 1996, no 211, p. 6-9
  • François Bellec, Quel musée pour quelle marine ?, In Modèle réduit de bateaux, août 1987, no 289, p. 21-22
  • Marie-Pierre Demarcq, La bibliothèque du Musée national de la Marine : le fonds ancien, In Neptunia, janvier 1991, no 181, p. 52-54
  • Marie-Pierre Demarcq, La bibliothèque, In Neptunia, octobre 1993, no 192, p. 65
  • Michel Herrero, Alain Niderlinder, Rétrospective des catalogues des collections du Musée national de la Marine : catalogues et livrets - guides destinés aux visiteurs, publiés de 1858 à 1982, In Neptunia, avril 2005, no 238, p. 40-43
  • Jérôme Legrand, Le service d'étude et de documentation, In Neptunia, décembre 1993, no 192, p. 66-67
  • Jérôme Legrand, La photographie au Musée national de la Marine : activités et acquisitions, In Neptunia, octobre 1997,p. 38-42
  • Marjolaine Mourot, Mario Beland, Les génies de la mer au musée de Québec et au Musée national de la Marine, In Neptunia, décembre 2002, no 228, p. 4-12
  • Marjolaine Mourot, L'inventaire administratif des collections du Musée de la Marine, In Neptunia, avril 1999, no 214, p. 22-32
  • Marjolaine Mourot, Quelques œuvres de François Roux au Musée de la Marine, In Neptunia, mars 2002, no 225, p. 64-66
  • Alain Niderlinder, Le musée de la Marine et ses collections, In Neptunia, no 193, p. 44-51
  • Alain Niderlinder, Le Musée de la Marine et ses collections : éléments chronologiques, In Neptunia, no 194, p. 49-47
  • Alain Niderlinder, Le Musée de la Marine et ses collections : éléments chronologiques, In Neptunia, no 195, p. 41-57
  • Alain Niderlinder, Le Musée de la Marine et ses collections : éléments chronologiques, In Neptunia, no 195,p. 33-40
  • Alain Niderlinder, Le Musée de la Marine et ses collections : éléments chronologiques, In Neptunia, no 197, p. 33-40
  • Georges Prud'homme, Le musée de la Marine et le patrimoine maritime, In Les cahiers de Mars, 2emetrimestre 1998, no 157, p. 68-73
  • Virginie Serna, L'élaboration des collections documentaires au Musée national de la Marine, In Neptunia, no 220, p. 33-42
  • Jacques Vichot, Organisation d'une centrale documentaire d'iconographie maritime, In Neptunia, no 3, p. 6-15

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]