Pyramide du Louvre

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Pyramide du Louvre
La pyramide du Louvre, perspective sur la cour Napoléon.
La pyramide du Louvre, perspective sur la cour Napoléon.
Présentation
Type Pyramide
Architecte Ieoh Ming Pei
Date de construction 1983-1988
Propriétaire Musée du Louvre
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Commune Paris
Localisation
Coordonnées 48° 51′ 39″ N 2° 20′ 09″ E / 48.860932, 2.335902 ()48° 51′ 39″ Nord 2° 20′ 09″ Est / 48.860932, 2.335902 ()  

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Pyramide du Louvre

La Pyramide du Louvre est une pyramide constituée de verre et de métal, située au milieu de la cour Napoléon du musée du Louvre à Paris, où se situe le hall d’accueil.

Commandée par le président de la République François Mitterrand en 1983, la pyramide a été conçue par l'architecte sino-américain Ieoh Ming Pei. La structure, qui a été entièrement construite en métal, s'élève à 21,64 mètres sur une base carrée de 35,42 mètres de côté. La pyramide est composée de 603 losanges et 70 triangles en verre. Elle a été inaugurée le 30 mars 1989 et ouverte au public le 1er avril 1989[1]. Elle est la première grande construction à avoir été réalisée en verre feuilleté.

Contexte et proposition[modifier | modifier le code]

Le 26 septembre 1981, le président de la République François Mitterrand annonce que le musée du Louvre allait s'installer dans la totalité du palais, une partie étant alors occupée par le ministère des Finances. En octobre 1982, Émile Biasini est nommé responsable du projet et cette rénovation s'inscrit dans le cadre des Grands Travaux (Grandes Opérations d'Architecture et d'Urbanisme). L'architecte accepta la commande en juin 1983 et proposa un plan qui envisageait d'utiliser la cour Napoléon III comme nouvelle entrée centrale, qui donnerait accès non seulement aux salles existantes, mais aussi aux espaces libérés de l'aile Richelieu. Elle a été inaugurée le 30 mars 1989 et ouverte au public le 1er avril 1989.

Une idée datant du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Une pyramide dans la cour Napoléon a initialement été proposée pour les célébrations de la Révolution française. On retrouve aussi cette idée dans un petit fascicule « Mémoires sur deux grandes obligations à remplir par les Français »[2] écrit par Bernard François Balzac et édité en 1809. Une de ces obligations était d'élever dans la cour du Louvre, une pyramide qui serait un monument national de reconnaissance à l'Empereur (Napoléon). Il est possible que l'architecte Ieoh Ming Pei ait été mis au courant de cette proposition quand il a choisi la forme d'une pyramide.

Conduite de la proposition[modifier | modifier le code]

Dans le premier projet présenté à François Mitterrand par Ieoh Ming Pei le 21 juin 1983, la pyramide est intégrée dans son projet définitif en 1984 : le but est de construire un grand hall d'entrée lumineux avec une forme contrastant avec les bâtiments autour[3].

Marcel Herfray, commissaire du gouvernement et attaché principal de l'administration centrale, a été le directeur juridique de l'opération.

Construction[modifier | modifier le code]

La pyramide du Louvre fut construite entre 1983 et 1989.

Controverse[modifier | modifier le code]

La construction de la pyramide a été en son temps l'objet de débats passionnés. Nombreux sont ceux qui trouvent que cet édifice futuriste et d'un style international que certains qualifient de « passe-partout » est hors du contexte classique du Louvre. La pyramide empêche de voir le bâtiment d'origine dans sa totalité à partir de la Cour Napoléon ou de l'Arc de triomphe du Carrousel.

Quand le projet a été conçu et rendu public suite à l'audition de Pei devant la Commission nationale des monuments historiques en janvier 1984, il a dû faire face à des protestations des milieux conservateurs, mais aussi d'une partie de la droite qui a porté l'affaire sur le terrain politique, la presse surnommant à cette occasion François Mitterrand « Mitteramsès » ou « Tontonkhamon »[4]. Cependant, la pyramide ne coupe pas la perspective de l'Axe historique, puisque cet axe ne débute pas à la cour carrée, mais à la statue équestre de Louis XIV, située dans la cour Napoléon. L'axe du Palais du Louvre est en effet décalé de 6,3° par rapport à l'axe du jardin des Tuileries et des Champs Élysées.

Tout aussi nombreux sont ceux qui apprécient la juxtaposition contrastée des styles architecturaux, la fusion du classique avec le contemporain[3].

Cette grande pyramide n'est pas seule au Louvre car il y en a cinq au total, les 4 autres étant la pyramide inversée et les 3 mini-pyramides entourant la pyramide principale bordée de bassins d'eau triangulaires.

Architecture[modifier | modifier le code]

Vue nocturne sur la grande pyramide et la petite, à droite.

La pyramide du Louvre[modifier | modifier le code]

La pyramide est placée sur l'axe historique de Paris. Mais la "grande pyramide" n'est pas la seule. Elle est en effet entourée de trois répliques bien plus petites et d'une cinquième pyramide, inversée celle-ci, construite sous le Carrousel du Louvre.

La pyramide inversée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pyramide inversée du Louvre.

La Pyramide inversée du Louvre est construite dans la même logique constructive mais avec seulement 7 triangles à la base de chaque face. Elle est constituée de 84 losanges et 28 triangles.

Cette pyramide inversée ne pouvant pas être directement au contact de l'extérieur car l'eau s'y accumulerait, elle est recouverte par une surface vitrée du même type presque plane, cachée au niveau du sol naturel par les haies au centre de la place du Carrousel.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Il est régulièrement prétendu que le nombre de plaques en verre de la Pyramide se porte à exactement 666, le « nombre de la Bête », souvent associé à Satan.

Dominique Setzepfandt, dans son livre François Mitterrand, Grand Architecte de l'Univers, publié en 1995, indique que, selon ses vues, « l'indication constante de chiffres faux (et pour certains rigoureusement absurdes) et du 666 est destinée à avertir les initiés : la pyramide est consacrée à une puissance que l'Apocalypse de Saint Jean désigne comme étant la Bête », et, plus loin, que « toute la structure de la pyramide est en réalité un jeu arithmologique basé, par addition, multiplication ou représentation triangulaire, sur le nombre six, nombre de la création, attribué ici, fort logiquement, à celui qui est le prince de ce monde »[5].

La légende des 666 vitres prend sa source dans les années 1980, quand la brochure officielle publiée durant la construction cite effectivement ce chiffre (deux fois, bien que des pages précédentes indiquent également 673). Le chiffre 666 est alors repris par des journaux divers. Toutefois, la direction du musée du Louvre affirme que la pyramide complète compte un total de 673 plaques vitrées (603 losanges et 70 triangles). David A. Shugarts, pour sa part, en dénombre 689[6]. Il a été procédé à plusieurs décomptes, aboutissant à des résultats divers, mais toujours supérieurs à 666.

Le mythe refait surface en 2003, quand Dan Brown l'évoque dans son livre à succès, Da Vinci Code. Un des protagonistes, grand spécialiste en symbolique, dit que « cette pyramide, à la demande explicite du Président Mitterrand, a été construite avec exactement 666 plaques de verre - une requête bizarre qui a toujours été un sujet brûlant parmi les mordus de conspiration qui déclarent que 666 était le chiffre de Satan » (chapitre 4).

Cependant, David A. Shugarts affirme que, selon un porte-parole des bureaux de Pei, le président français n'a jamais spécifié le nombre de plaques à utiliser pour la pyramide. Constatant comment la rumeur 666 a circulé dans plusieurs journaux français dans les années 1980, il commente : « Si vous avez seulement trouvé ces vieux articles, fait aucune recherche plus poussée, et été extrêmement crédule, vous pourriez croire l'histoire 666 »[6].

La méridienne du Louvre[modifier | modifier le code]

En 1997, une méridienne a été calculée et tracée au pied de la pyramide inversée par l'astronome Jean-Louis Heudier, avec le partenariat de l'association PARSEC[7]. Une plaque, apposée dans la pyramide en témoigne.

(M) Ce site est desservi par la station de métro Palais Royal - Musée du Louvre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site officiel → Ouverture de la Pyramide.
  2. « Dans le premier mémoire, Balzac propose d'élever entre le Louvre et les Tuileries une pyramide colossale dédiée à la gloire de Napoléon. ».
  3. a et b Patrick Liegibel, « La métamorphose du Louvre », émission Au fil de l'histoire, 18 mars 2012.
  4. Institut de François Mitterrand, « Les Paris de François Mitterrand », Lettre no 5, 14 novembre 2003.
  5. Source des deux citations : Dominique Setzepfandt, François Mitterrand Grand Architecte de l'Univers : La symbolique maçonnique des Grands Travaux de François Mitterrand (avec une introduction d'Emmanuel Ratier, éditions Faits & Documents, Paris, 1995, 192 p., (ISBN 978-2-909769-02-8), p. 35, chapitre « La pyramide de Peï et le Grand Louvre », section « La pyramide et le nombre de la Bête ».
  6. a et b Secrets du Code, édité par Dan Burstein, p. 259.
  7. Andrée Gotteland, Les cadrans solaires et méridiennes disparus de Paris, Paris, Éditions du CNRS,‎ 2002 (ISBN 2-271-05939-9), photo couverture.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Catherine Chaine et Jean-Pierre Verdet (préf. présenté par François Mitterrand et I. M. Pei), Le Grand Louvre, du donjon à la pyramide, Hatier,‎ 1989