Hector Guimard
| Hector Guimard | |
Hector Guimard - Marquise de l'édicule Dauphine - 1900 |
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| Présentation | |
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| Naissance | 10 mars 1867 Lyon, France |
| Décès | 20 mai 1942 New York, États-Unis |
| Nationalité | Français |
| Mouvement(s) | Art nouveau |
| Activité(s) | architecte |
| Diplôme | École nationale supérieure des beaux-arts |
| Formation | École nationale supérieure des arts décoratifs |
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Hector Guimard (Lyon, 10 mars 1867 – New York, 20 mai 1942) est un architecte français et un représentant majeur de l'Art nouveau en France.
Dans la mouvance internationale de ce style, Guimard fait figure de franc-tireur : il ne laisse aucun disciple derrière lui, aucune école et c’est la raison pour laquelle il a longtemps été considéré comme un acteur secondaire de ce mouvement. Cette absence de postérité contraste avec la profusion formelle et typologique extraordinaire de son œuvre architecturale et décorative, où l’architecte donne le meilleur de lui-même en une quinzaine d'années d’activité créatrice.
Sommaire |
Les années d'étude [modifier]
Hector Guimard étudie l'architecture à Paris de 1882 à 1885 auprès d'Eugène Train et de Charles Génuys à l’École nationale supérieure des arts décoratifs puis à l'École nationale supérieure des beaux-arts d'où il ressort sans diplôme après avoir suivi l'enseignement de Vaudremer. C'est notamment auprès de lui que le jeune Guimard est sensibilisé aux théories d'Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc, qui jette les bases dès 1863 avec ses Entretiens sur l'architecture des futurs principes structurels de l’Art nouveau. C'est également le style médiévisant de ce dernier qui détermine l'aspect des premières œuvres de Guimard : l'hôtel Roszé (1891), l'hôtel Jassedé (1893), et surtout l'école du Sacré-Cœur (1895).
La conversion de Guimard au style linéaire qui reste aujourd'hui attaché à son nom est, quant à elle, plus circonstanciée : elle se fait lors d’un voyage à Bruxelles, où il visite l’hôtel Tassel de Victor Horta. La réalisation la plus emblématique de cette époque, le Castel Béranger (1898), illustre ce moment de transition qui voit le choc entre ces deux héritages : sur les volumes géométriques d’inspiration médiévale du gros œuvre se répand à profusion la ligne organique « en coup de fouet » importée de Belgique.
Une gloire fulgurante [modifier]
Hector Guimard voit sa renommée croître grâce au Castel Béranger et de nombreuses commandes lui permettent alors d’affiner toujours davantage ses recherches esthétiques – l’harmonie et la continuité stylistiques notamment (un idéal majeur de l’Art nouveau) – qui le poussent à une conception quasi totalitaire du décor intérieur, culminant en 1909 avec l’hôtel Guimard (cadeau de noce à sa riche épouse américaine) où des pièces ovoïdes imposent des meubles uniques, partie intégrante de l’édifice.
Si le puits de lumière propre à Victor Horta est une donnée plutôt absente de son œuvre (sauf dans l’exemple tardif de l’hôtel Mezzara, de 1911), Guimard n’en mène pas moins des expériences spatiales étonnantes, dans la volumétrie de ses constructions notamment : la maison Coilliot et sa troublante double-façade (1899), la Bluette et sa belle harmonie volumétrique (1898), et surtout le Castel Henriette (1899) et le Castel d’Orgeval (1900), manifestations radicales d’un « plan-libre » vigoureux et asymétrique, vingt-cinq ans avant les théories de Le Corbusier. La symétrie n’est cependant pas proscrite : le magnifique hôtel Nozal, en 1905, reprend la disposition rationnelle d’un plan en équerre proposé par Viollet-le-Duc.
Les innovations structurelles ne manquent pas non plus, comme dans l’extraordinaire salle de concert Humbert-de-Romans (1901), où une charpente complexe fractionne les ondes sonores pour aboutir à une acoustique parfaite ; ou comme dans l’hôtel Guimard (1909), où l’étroitesse de la parcelle permet à l’architecte de rejeter toute fonction porteuse sur les murs extérieurs et de libérer ainsi l’agencement des espaces intérieurs, différent d’un étage à l’autre ; etc.
Génial touche-à-tout, Guimard est aussi un précurseur de la standardisation industrielle, dans la mesure où il souhaite diffuser le nouvel art à grande échelle. Sur ce plan il connaît une véritable réussite – malgré les scandales – avec ses célèbres entrées du Métro parisien, constructions modulables où triomphe de principe de l’ornement structurel de Viollet-le-Duc. L’idée est reprise – mais avec moins de succès – en 1907 avec un catalogue d’éléments en fonte applicables à l’architecture : Fontes Artistiques, Style Guimard.
Comme pour le cadre architectural global, la conception intrinsèque de ses objets d’art procèdent du même idéal de continuité formelle (qui permet de fusionner toutes les fonctions pratiques dans un corps unique, comme pour le Vase des Binelles, de 1903) – et linéaire, comme dans le dessin de ses meubles, à la silhouette gracile et harmonieuse.
Son vocabulaire ornemental inimitable procède d’un organicisme végétal particulièrement suggestif, tout en restant résolument sur le versant de l’abstraction. Moulurations et remous nerveux investissent ainsi tant la pierre que le bois ; dans l’aplat, Guimard crée de véritables compositions abstraites qui s’adaptent avec la même aisance au vitrail (hôtel Mezzara, 1910), au panneau de céramique (maison Coilliot, 1898), à la ferronnerie (Castel Canivet, 1899), au papier peint (Castel Béranger, 1898) ou au tissu (hôtel Guimard, 1909).
Plusieurs de ses réalisations peuvent être vues rue La Fontaine dans le 16e arrondissement de Paris.
En mai 1909, peu de temps après son mariage avec l'artiste peintre d'origine américaine Adeline Oppenheim, fille d'un banquier juif de New-York, Hector Guimard achète un terrain au 122, avenue Mozart dans le XVIe arrondissement de Paris et y fait construire son hôtel particulier.
L'oubli [modifier]
Mais malgré ce feu d’artifice d’innovations et de démonstrations tous azimuts, le monde se détourne rapidement de Guimard : moins que l’œuvre, c’est l’homme qui agace. Et en digne représentant de l’Art nouveau, il est lui-même victime des contradictions inhérentes aux idéaux du mouvement : ses créations les plus achevées sont financièrement inaccessibles au plus grand nombre, et à l’inverse ses tentatives de standardisation cadrent mal avec son vocabulaire très personnel. C’est finalement complètement oublié qu’il s’éteint à New York en 1942, où la crainte de la guerre l’avait fait s’exiler, sa femme étant d'origine juive.
La redécouverte [modifier]
Après de trop nombreuses destructions, des explorateurs isolés (les premiers « hectorologues ») partent à la redécouverte de l’artiste et de son univers vers les années 1960-1970 et reconstituent patiemment son histoire. Si l’essentiel a été fait de ce point de vue, il reste que, cent ans après le « geste magnifique » de l’Art nouveau (Le Corbusier), la plupart des édifices d’Hector Guimard demeurent inaccessibles au public, et qu’un musée Guimard n’a toujours pas été inauguré en France.
Chronologie [modifier]
Vie [modifier]
- 1867 : naissance d'Hector Guimard à Lyon
- 1882 : école des arts décoratifs, Paris ; enseignement de Charles Genuys
- 1885 : école des beaux-Arts, Paris
- 1891 : Guimard devient professeur à l'école des arts décoratifs ; il y enseigne jusqu'en 1900
- 1894 : rencontre avec Paul Hankar
- 1895 : rencontre avec Victor Horta
- 1909 : Guimard épouse Adeline Oppenheim
- 1938 : Guimard et son épouse s'installent à New York
- 1942 : Guimard meurt à New York ; il a 75 ans.
Réalisations [modifier]
- 1888 : café-concert « Au grand Neptune », quai Louis-Blériot, Paris
- 1889 :
- Pavillon de l'électricité, exposition universelle, Paris
- Villa La Bluette, Hermanville-sur-Mer
- 1891 : hôtel Roszé, 34 rue Boileau, Paris
- 1894 :
- Chapelle Devos-Logie et Mirand-Devos, cimetière des Gonards, Versailles
- Hôtel Jassedé, 41 rue Chardon-Lagache, Paris
- Hôtel Delfau, 1bis-1ter rue Molitor, Paris
- 1895 :
- Atelier Carpeaux, boulevard Exelmans, Paris
- École du Sacré-Cœur, 9 avenue de la Frillière , Paris
- Hôtel Roy, Paris
- 1896 : villa Berthe, Le Vésinet
- 1898 :
- Castel Béranger, 14 rue Jean-de-La-Fontaine, Paris
- Maison Coilliot, Lille
- 1899 :
- Castel Moderne, Garches
- Pierre tombale de la famille Caillat, cimetière du Père-Lachaise, Paris
- Villa Bluette, Hermanville
- Villa La Sapinière, Hermanville
- 1900 :
- Édicules et bâtiments des stations du métro, Paris
- Maison Coilliot, 14 rue Fleurus, Lille
- 1901 :
- Castel Henriette, rue des Binelles, Sèvres
- Entrepôts Nozal, Paris
- Salle Humbert-de-Romans, Paris
- 1903 :
- Castel Val, 4 rue des Meulières, Auvers-sur-Oise
- Mairie du village français, exposition des arts décoratifs, Paris
- Pavillon « Le Style Guimard », exposition de l'habitat, Paris
- Villa La Surprise, Cabourg
- 1904 :
- Château d'Orgeval, 2 avenue de la Mare-Tambour, Villemoisson-sur-Orge
- Hôtel Léon-Nozal, 52 rue du Ranelagh, Paris
- Immeuble Jassédé, 142 avenue de Versailles et 1 rue Lancret, Paris[1]
- 1905 :
- Hôtel Deron-Levent, 28 villa de la Réunion, Paris
- Chalet Blanc, 2 rue du Lycée, Sceaux
- 1906 : villa Avril, Morsang-sur-Orge
- 1907 : maison, Eaubonne
- 1909 : immeuble Trémois, 11 rue François-Millet et rue Agar, Paris
- 1910 : hôtel Mezzara, 60 rue Jean-de-La-Fontaine, Paris
- 1912 : ensemble immobilier, 17-19-21 rue Jean-de-La-Fontaine, rue Agar et 43 rue Gros, Paris
- 1913 :
- Synagogue de la rue Pavée, 10 rue Pavée, Paris
- Villa Hemsy, 3 rue Crillon, Saint-Cloud
- Hôtel Guimard, 122 avenue Mozart
- 1919 : Immeuble de bureaux, 10 rue de Bretagne, Paris
- 1922 : hôtel particulier, 3 square Jasmin, Paris
- 1924 : villa Flore, 120 avenue Mozart, Paris
- 1926 : immeuble de rapport, 18 rue Henri-Heine, Paris
- 1928 : immeuble de rapport, 36-38 rue Greuze, Paris
Galerie [modifier]
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Art nouveau à Paris
- Art nouveau
- Métro de Paris (édicule Guimard)
- Square-Victoria (métro de Montréal)
Bibliographie [modifier]
- Georges Vigne (texte) et Felipe Ferré (photos), Hector Guimard, Paris, Charles Moreau, coll. « Livres d'Art », 2003, illustrations en noir et en couleurs, jaquette en couleurs ; 33 cm, 397 p. (ISBN 2-909458-12-1 et 978-2-909458-12-0) (OCLC 634293031) (notice BnF no FRBNF39164183s)
- Jean-Pierre Lyonnet, Bruno Dupont et Laurent Sully Jaulmes (préf. Roger-Henri Guerrand), Guimard perdu : Histoire d'une méprise, Paris, éditions Alternatives, 23 octobre 2003, broché avec rabats, illustrations en noir et en couleurs ; 27 × 25 cm, 128 p. (ISBN 2-86227-328-7 et 978-2-86227-328-0) (OCLC 53330036) (notice BnF no FRBNF390853934) [présentation en ligne]
- Frédéric Descouturelle, André Mignard et Michel Rodriguez (préf. Anne-Marie Idrac), Le Métropolitain d'Hector Guimard, Paris, Somogy éditions d'art, 2003, 149 p. (ISBN 2-85056-669-1 et 978-2-85056-669-1) (OCLC 54897805) (notice BnF no FRBNF39100845z)
- Philippe Thiébaut (commissaire d'exposition) et Marie-Laure Crosnier Leconte, Guimard : Paris, Musée d'Orsay, 13 avril-26 juillet 1992, Lyon, Musée des arts décoratifs et des tissus, 25 septembre 1992-3 janvier 1993, Paris, Réunion des musées nationaux, 1992, 1re éd., 451 p. (ISBN 2-7118-2329-6 et 978-2-7118-2329-1) (OCLC 231860103) (notice BnF no FRBNF35512962n)
Catalogue d'exposition au musée d'Orsay et au musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon en 1992-1993
- Frédéric Descouturelle, André Mignard et Michel Rodriguez, « Bonnes feuilles : Guimard, l'Art nouveau du métro », Historail, no 23, octobre 2012, p. 26-35
- Frédéric Descouturelle, André Mignard et Michel Rodriguez, Guimard, L'art nouveau du métro, Paris, La Vie du Rail, 2012, 232 p. (ISBN 2918758493)
Liens externes [modifier]
- Le Cercle Guimard - L'association pour la protection et la promotion de l'œuvre d'Hector Guimard
- Fontes d'art.org - Intégralité du catalogue de fontes d'art édité par Guimard à Saint-Dizier (45 planches).
- lartnouveau.com – Photos de réalisations d'Hector Guimard.
Références [modifier]
- Immeuble Jassédé, base Mérimée, ministère français de la Culture
- Notices d’autorité : Bibliothèque nationale de France • Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
- Hector Guimard
- Édicule Guimard à Paris
- Architecte français du XXe siècle
- Architecte de l'Art nouveau
- Architecture dans le domaine public
- Designer français
- Designer de mobilier
- Artiste du métro de Montréal
- Élève de l'École nationale supérieure des arts décoratifs
- Élève de l'École nationale supérieure des beaux-arts
- Enseignant à l'École nationale supérieure des arts décoratifs
- Art nouveau en France
- Métro de Paris
- Céramique
- Naissance en 1867
- Naissance à Lyon
- Décès en 1942
- Décès à New York