Comité Colbert

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Le Comité Colbert est une association fondée en 1954 à l'initiative de Jean-Jacques Guerlain, qui se consacre à la promotion de l'industrie française du luxe en France et à l'étranger. Il est parfois considéré comme le lobby du luxe français, voire du luxe européen[1], et rassemble, par l'intermédiaire de ses membres, jusqu'à 130 métiers différents[2]. Le Comité Colbert regroupe 78 maisons du luxe français et 14 grandes institutions culturelles.

Historique[modifier | modifier le code]

Lucien Lelong et le parfumeur Jean-Jacques Guerlain préparent la fondation du Comité Colbert dès 1947, année du New Look.

Le Comité Colbert porte le nom d’une figure marquante de l’Histoire française. Intendant des finances de Louis XIV en 1661, puis surintendant des bâtiments du Roi, arts et manufactures, Jean-Baptiste Colbert a fondé la renommée du savoir-faire français à travers le monde. Il a encouragé la création de manufactures, en important parfois des savoir-faire d’excellence, et l’exportation, en développant la marine, l’aménagement des ports et en créant la Compagnie des Indes orientales et des Indes occidentales. Homme de culture, il a notamment fondé l’Académie de France à Rome et la Comédie-Française.

Organisation[modifier | modifier le code]

Cette association, régie par la loi 1901, a pour membres des maisons de luxe.

Elle a été présidée de 2006 à 2010 par Françoise Montenay[3], présidente du conseil de surveillance de Chanel SAS. Depuis 2010, elle est présidée par Michel Bernardaud, président du Directoire de Bernardaud. Élisabeth Ponsolle des Portes est la déléguée générale du Comité Colbert et met en œuvre la stratégie du Comité Colbert avec l’équipe permanente de l’association. Elle est le porte-parole du Comité Colbert.

Le siège est situé à Paris, rue de La Baume.

La stratégie du Comité Colbert s’élabore au sein de ses 9 commissions de travail (Club, Communication et Patrimoine, Création, Éthique et Nouveaux Membres, Économique, Financière, Internationale et Culturelle, Métiers et Ressources Humaines et Pouvoirs Publics). Elle est ensuite validée par le Conseil d’administration et votée par l’Assemblée générale.

Europe[modifier | modifier le code]

Le Comité Colbert est à l'initiative[4] de l'Alliance Européenne des Industries Créatives et Culturelles (ECCIA - European, Cultural and Creative Industries Alliance).

Depuis 2011, des entreprises européennes sont intégrées au Comité Colbert, suite à une modification de statuts[4] : Delvaux (Belgique), Dr Irena Eris (Pologne), Leica et MontBlanc (Allemagne), Moser (République tchèque), et Herend (Hongrie).

Des organismes équivalents ont vu le jour : Fondazione Altagamma en Italie, Walpole British Luxury[5] en Grande-Bretagne et le Circulo Fortuny en Espagne[6]. Un projet similaire est développé en Allemagne à la fin 2011, le Meisterkreis.

Missions[modifier | modifier le code]

Luxe[modifier | modifier le code]

Le Comité Colbert a pour missions de promouvoir le luxe français en France et à l'étranger et également d'animer en interne un réseau de collaborateurs. « Pour le Comité Colbert, une marque de luxe française est l'expression du goût et du style français. C'est une marque née en France, nourrie de culture française, s'appuyant sur des savoir-faire identitaires et dont la création est réalisée en France[7]. »

Le Comité Colbert résume ainsi ses quatre missions : « Incarner » ; le Comité Colbert incarne le goût français et porte les valeurs qui lui sont spécifiques. Il élabore et met en œuvre la stratégie collective du luxe français, complémentaire de la stratégie individuelle de ses membres. « Anticiper » ; le Comité Colbert fournit à ses membres les outils de leur développement futur. « Rayonner » ; le Comité Colbert promeut à travers le monde l’art de vivre français qu’il représente. Il met en scène des événements sur les 5 continents. « Influencer » ; pour assurer le développement de ses maisons, le Comité Colbert intervient en tant qu’interlocuteur privilégié auprès des pouvoirs publics en France, en Europe et dans le monde.

Contrefaçon[modifier | modifier le code]

La lutte contre les contrefaçons constitue une mission importante du Comité Colbert[3]. Depuis 1995, le Comité Colbert s'est associé avec la Douane française pour lutter contre l'importation de contrefaçons, notamment à travers des campagnes d'affichage[8].

Le Comité Colbert est à l'initiative de la création en 1994 du Comité national anti-contrefaçon ou CNAC, une structure originale qui regroupe pouvoir publics et entreprises privées.

Les maisons du Comité Colbert représentent un quart du luxe mondial, près de deux fois le luxe italien et 2,5 fois le luxe américain[9]. Elles réalisent en moyenne 84 % de leur chiffre d'affaires à l'étranger et représentent pour la France un chiffre d'affaires global de 31 milliards d'euros pour 2011.

Membres du Comité Colbert[modifier | modifier le code]

Le Comité Colbert rassemble 78 maisons qui représentent : la couture et la mode, le cristal, l'édition, la décoration, la faïence et la porcelaine, l'hôtellerie, la gastronomie, l'argent et le bronze, le cuir, l'or et les matières précieuses, le parfum, la vigne.

Membres associés[modifier | modifier le code]

14 institutions culturelles partagent les valeurs du Comité Colbert et s’y sont associées pour porter ensemble l’image de la France dans le monde.

Membres européens[modifier | modifier le code]

En 2011, le Comité Colbert a ouvert ses portes à des maisons issues d’autres pays européens partageant ses valeurs afin de renforcer la voix du secteur du luxe auprès de l’Union Européenne.

  • Delvaux, 1829
  • Dr Irena Eris, 1983
  • Herend, 1826
  • Leica, 1865
  • Montblanc, 1906
  • Moser, 1857

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Diana Leszczynski et David Klingbeil, « Le Comité Colbert se positionne comme le lobby européen du Luxe », Webandluxe.com, 7 juin 2011.
  2. Corinne Jeammet, « Moyen-Orient nouvelle terre pour le Comité Colbert », France2.fr, 7 juin 2010.
  3. a et b Carole Bellemare et Caroline Beyer, « Comité Colbert : Françoise Montenay mobilise l'élite féminine contre le faux », Le Figaro, 15 octobre 2007.
  4. a et b Virginie Jacobe, « Les visées européennes du Comité Colbert », Valeurs actuelles, 13 juillet 2011.
  5. Walpole, site officiel
  6. Floran Eiclies, « Le Comité Colbert ouvre ses frontières », Stratégies, 1er juillet 2011.
  7. Julio Piatti, Comité Colbert, « Élisabeth Ponsolle des Portes, le luxe français fait rêver le monde », Série Limité, sur lesechos.fr, Les Échos,‎ 13 juillet 2012 (consulté le 19 juillet 2012)
  8. « Déceler un produit de contrefaçon vous prémunit de ses dangers ! Quelques indices peuvent vous y aider … », sur le site de la Douane française.
  9. Étude A.T. Kearney, octobre 2006.
  10. a, b, c, d et e Katell Pouliquen, « 5 nouveaux talents pour le Comité Colbert », L'Express Styles, 12 janvier 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]