Lifou

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Lifou
Drehu
Baie du Santal
Baie du Santal
Administration
Pays Drapeau de la France France
Collectivité Nouvelle-Calédonie
Province Province des îles Loyauté
Aire coutumière Drehu
Maire
Mandat
Robert Xowie
2014-2020
Code postal 98820, 98884, 98885
Code commune 98814
Démographie
Population
municipale
8 627 hab. (2009)
Densité 7,1 hab./km2
Ethnie Kanak : 95,4 %
Européens : 3,2 %
Métis : 0,8 %
Asiatiques : 0,1 %
Wallisiens-Futuniens : 0,1 %
Tahitiens : 0,1 %
Ni-Vanuatu : 0,1 %
Autres : 0,2 %
Géographie
Coordonnées 20° 58′ 00″ S 167° 14′ 00″ E / -20.966667, 167.23333320° 58′ 00″ Sud 167° 14′ 00″ Est / -20.966667, 167.233333  
Altitude Min. 0 m – Max. 104 m
Superficie 1 207,1 km2
Localisation

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Lifou
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Lifou
Drehu

Lifou (Drehu dans la langue éponyme) est à la fois une île, la plus importante des îles Loyauté par sa superficie, une commune française et une aire coutumière de la Nouvelle-Calédonie.

Située au bord de la baie de Chateaubriand, en est le centre administratif. Elle regroupe les principales infrastructures commerciales et administratives de l'île.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Carte de Lifou

Comme ses voisines Maré et Ouvéa, Lifou est constituée de roches calcaires massives d'origine corallienne (karsts calcitiques et dolomitiques) : c'est un atoll surélevé, un ancien atoll progressivement soulevé au cours des âge[1].

Géologie, relief et hydrographie[modifier | modifier le code]

Elle constitue ainsi, avec les îles voisines de Maré au sud-est et d'Ouvéa au nord-ouest, la partie émergée de la ride des Loyauté, ancien arc volcanique intra-océanique d'âge éocène né des effets d'une subduction à plongement vers l'est, réaffecté ensuite par un magmatisme de type « point chaud » aux époques oligo-miocène. La ride a connu trois phases tectoniques principales : la formation d'abord d'un graben axial, suivi d'un événement compressif correspondant à l'obduction de l'éocène supérieur connue par la Grande Terre, et finalement la collision avec l'arc des Nouvelles-Hébrides. Les îles constituent donc les sommets de cette ride qui ont progressivement émergé à partir du Pléistocène en raison de la proximité de la zone de subduction de la fosse des Nouvelles-Hébrides (où la plaque australienne plonge sous la plaque des Nouvelles-Hébrides) qui entraîne un bombement de la croûte océanique de la plaque australienne, dernier épisode tectonique définissant la ride actuelle des îles Loyauté[2].

Lifou présente donc un large plateau central en huit, coupé par un isthme rocheux et couvert de forêts, correspondant au fond de l’ancien atoll (le reste desséché de son lagon), entouré par une couronne de falaises correspondant à l’ancienne barrière récifale

Du fait de son substrat calcaire très poreux, Lifou est dépourvue de cours d'eau, mais elle renferme une importante lentille d'eau douce, dite de Ghinsberg-Herzberg, en profondeur. Cette lentille est accessible par des trous d'eaux, et depuis la prise de possession de l'île, par des puits profonds creusés par l'infanterie de marine dans de nombreux villages, les trous d'eau sont dans des grottes et jouent un rôle variable dans la mythologie locale.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Lifou est desservie par l'aéroport domestique de Wanaham, au nord-est de l'île, qui la relie à Nouméa (aéroport de Magenta) par les compagnies Air Calédonie ou Air Loyauté, et Tiga (Aéroport de Tiga).

Une route territoriale, la RT 2 (21 km), relie à cet aéroport, et une route provinciale, la RP 1 (9,55 km), part de la RT 2 au niveau du rond-point de Kumo (non loin de l'aéroport) pour rejoindre le wharf de Xepenehe, au nord-ouest de l'île.

Le port de (géré par le port autonome de Nouvelle-Calédonie), dispose d'un quai de 60 m de long, de 1,2 ha de terre-plein, de 450 m2 de dock, de 150 m2 d'abri passager, d'un appontement et d'un tirant d'eau de 4,5 m. Il est desservi par le Betico II (ferry d'une capacité de 350 passagers et 15 tonnes de fret, soit 10 voitures) qui le relie à Nouméa (entre 4 h 30 et 4 h 45 de trajet), Maré (en 2 h), Ouvéa (en 2 h) et l'île des Pins (entre 2 h et 2 h 15 de trajet).

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant les Européens[modifier | modifier le code]

L’un des aspects importants de la culture traditionnelle kanak : la danse. Ici, un pilou à Lifou photographié en 1957.

Des poteries de type Lapita (dont les dates d'utilisation, d'après les sources archéologiques découvertes, vont du IIe millénaire av. J.C. au premier siècle) ont été retrouvées sur deux sites aux îles Loyauté, dont un à Lifou, à Luecilla[3]. C'est vraisemblablement par la suite, à partir du début de notre ère, que la culture kanak[4] commence à se développer, issue probablement du développement d'une différenciation régionale de plus en plus poussée au sein des populations austronésiennes de tradition Lapita et de nouveaux apports de populations venant des îles Salomon ou du Vanuatu et issues de la première vague de peuplement de l'Océanie (dite du Sahul).

Plus particulièrement, plusieurs récits issus de la tradition orale kanak font de plus état de migrations polynésiennes vers les Îles Loyauté et l'île des Pins, potentiellement entre le XVIe s. et le tout début du XIXe s. Pour Lifou, il s'agit essentiellement de populations samoanes et tongiennes - d'après Jacques Izoulet, l'appellation de « Lifou » serait d'origine samoane[5]. S'y ajoutent les Xetiwan ou Xetriwaan, originaires selon Jean Guiart d'Anatom dans l'actuel Vanuatu et de souche certainement polynésienne, surtout concentrés en 1858 dans la grande-chefferie de Loessi au sud (surtout Inagod mais aussi Traput et Dozip, anciennement à Luengöni), ainsi qu'à Tingeting dans le Wet au nord[5]. De cette population Xetiwan de Lifou sont issus des clans qui vont ensuite coloniser et fonder des chefferies à Maré (les si Hnathege par exemple, à l'origine de la grande-chefferie de La Roche au nord, certainement également, selon Jean Guiart, les Si Thuahmijoc dont sont issus les Hnaisilin ou Naisseline de la grande-chefferie de Guahma à l'ouest)[6] ou à l'île des Pins (les Ti Tèré à l'origine de la dynastie actuelle des grands-chefs Vendégou). D'autres insulaires de Lifou, à différentes époques, ont migré vers d'autres endroits de l'actuelle Nouvelle-Calédonie, tout particulièrement à Ouvéa où, toujours d'après Jean Guiart, le clan Tuhan Hnada de Fayaoué ou ceux des chefs Wanakamwe à Nanéméhu, Daume à Guei, Kauma à Banout et Ouloup, ou Oüa à Ognahut[5]. Ces mouvements de population ne se font pas que dans un sens, et certains clans de Lifou sont à leur tour originaires d'autres îles Loyauté ou néo-calédoniennes : ainsi, les Si Hnadid installés près de Nathalo (le siège de la grande-chefferie Sihaze du Wet) sont originaires de Maré[5].

Ceci a permis de développer aux îles Loyauté une organisation clanique légèrement différente de celle de la Grande Terre. Avant l'arrivée des Européens, les clans sont généralement fédérés au sein d'une entité plus large organisée sur le plan politique, des « grandes chefferies » ou districts coutumiers qui s'apparentent déjà plus au système de la royauté polynésienne. Apparaissent ainsi une hiérarchisation et une spécialisation des clans en fonction des attributions qui leur sont confiées au sein de la grande chefferie : il existe en effet notamment des clans des chefs (Joxu ou « maîtres des hommes ») et des grands-chefs (Angajoxu), des dignitaires (les Angatresi, ou Atresi au singulier, soit les « protecteurs de la chefferie », représentants, portes-paroles ou « ministres » du grand-chef, médiateurs quotidiens entre les clans, ils peuvent renverser le grand-chef voire le mettre à mort dans le Wet, et sont des personnages sacrés car connaisseurs des plantes et ayant accès au monde des haze, les esprits), des « maîtres du sol » ou « maîtres de la terre » (alalu ou trenadro, considérés comme les descendants des premiers habitants de l'île), de la mer (regroupant les pêcheurs), de la magie (acania ou sorciers défenseurs de la chefferie) et guerriers. Le grand-chef symbolise le district et assure la cohésion sociale et à ce titre, il est respecté et adulé par la population du district. Il est la référence, le chef des hommes et de la terre et tranche, en dernier ressort, en cas de litiges, tandis que les chefs de clan lui doivent obéissance et respect[7]. On ne s'adresse pas à lui dans la langue commune, le drehu, mais avec une langue spéciale, le miny. On s'approche de lui accroupi, et personne ne reste debout en sa présence. Progressivement, deux grandes-chefferies traditionnellement rivales - mais sans jamais que l'une l'emporte face à l'autre - s'imposent : celle du Wet (ou Wetr) au nord des grands-chefs Sihaze qui siègent à Nathalo et celle de Loessi (ou Lösi) au sud des Boula (ou Bula) de Mou (ou Mu). Située entre les deux, tant géographiquement que par un rôle traditionnel de conciliateur dans leur conflit, s'est développée une grande-chefferie moins étendue, celle de Gaitcha (ou Gaica) des Zéoula (ou Zeula) de Duéulu (ou Drueulu)[8].

Des liens matrimoniaux et commerciaux anciens existent avec la Grande Terre ou l'île des Pins, où les Lifous expédient des objets artisanaux (coquillages travaillés, bracelets, nattes fines en feuilles de pandanus) en échange de cordages, de poteries de l'île Ouen, de hachettes de cérémonie en jadéite, des matières premières (bois de houp pour la construction des pirogues doubles ou de la serpentine pour la fabrication des armes et des outils)[5]. Sur le plan de la religion, de manière similaire aux autres îles Loyauté et sur la Grande Terre, les habitants de l'île avant la christianisation croient en l'existence de haze, êtres omniprésents et omnipotents, à la fois divinités et esprits. Ils se distinguent des haze géniteurs et protecteurs des clans, souvent représentés par un animal (lézard, requin, oiseau, serpent, anguille, ...), un végétal (banian, liane) ou un minéral (pierre, rocher) - sous l'apparence desquels ils apparaissent aux hommes dans les contes et mythes de la tradition orale - importants dans les représentations totémiques des clans, repris dans l'art et notamment les sculptures. Par exemple, le haze du clan Atresi Qenegei de Hanawa dans le district de Wet a pour nom Hulipöme et est représenté par un serpent. La lignée Wahminya de Nanémuhata (ou Hnanemuhaetra) et Mutchaweng (ou Mucaweng) dans le Wet pour sa part a pour haze Ithidra Luop, représenté par une sous-espèce locale du Martin-chasseur sacré (Todiramphus sanctus canacorum), et qui a pour fonction de tuer à l'intérieur d'un cercle fait de pierre à un lieu appelé Hua (tombe) ceux qui jettent des mauvais sorts. Le clan immigré à Maré des Si Xacace est aussi lié à Ithidra Luop. Les légendes liés aux haze et à leurs représentations sont à l'origine d'objets ou lieux tabous dont les clans qui leur sont liés sont les protecteurs : ainsi les Wahminya se disent les gardiens d'un jia (bâton magique) baptisé Makalu devant assuré la victoire à la guerre grâce à l'entremise d’Ithidra Luop - la tradition orale rapporte que lors de la révolte de 1878, Ataï et les insurgés auraient envoyé des messages à Lifou pour que leur soit envoyé ce jia[9]. D'autres haze n'ont qu'une représentation abstraite, souvent avec une image et une fonction maléfique, similaire à un « sort », au « mauvais œil » d'autres cultures, jugés responsables d'échecs, de maladies, d'accidents, de destructions ou de la mort[8]. Les morts forment un troisième type de haze, rendant les lieux de sépultures et tertres ancestraux eux aussi tabous ou sacrés. Ceux considérés comme ayant un accès au monde des haze (les angatresi mais aussi les acania ou sorciers défenseurs) ont une fonction sacrée et spirituelle importante, en lien directement avec la chefferie. Les Kanak avaient ainsi une religion chamanique.

Navigateurs européens et missionnaires[modifier | modifier le code]

En 1793, le contre-amiral français Antoine Bruny d'Entrecasteaux, parti en 1791 à la demande de Louis XVI pour retrouver La Pérouse, passe au large de la Nouvelle-Calédonie, reconnaît la Côte Ouest de la Grande Terre et se serait arrêté notamment aux îles Loyauté. Dorothy Shineberg nous dit que ce groupe d'îles fut aperçu la même année par le navire marchand Britannia (Capitaine Raven) au cours d'un voyage de Sydney à Batavia (Jakarta). Plusieurs appellations sont alors donné à ces îles par les marins passant au large, notamment Britannia tour à tour donné à l'actuelle Ouvéa, à Maré, ou à l'ensemble de l'archipel, tandis que le nom d'un autre bâtiment en expédition dans les mers du sud entre 1789 à 1790, le Loyalty (ou Loyalist, capitaine Jethro Daggett), commence à être utilisé pour désigner ce qui devient ainsi les Loyalty Island[10]. Néanmoins, la découverte de ces dernières est généralement attribuée à l'explorateur français Jules Dumont d'Urville qui en assure la première exploration complète en 1827 et en établit la carte définitive après une deuxième expédition en 1840[11]. Il retient les noms de « Loyauté » pour l'ensemble, de « Britannia » pour Maré, et baptise les deux autres îles principales Chabrol (Lifou, en l'honneur de Christophe de Chabrol de Crouzol, ministre français de la Marine de 1924 à 1828) et Halgan (Ouvéa, d'après l'amiral Emmanuel Halgan, directeur du personnel au ministère de la Marine de 1824 à 1831 et membre de la Chambre des députés de 1819 à 1830)[12].

Au début du XIXe siècle, les îles Loyauté sont également un point de relâche pour les baleiniers qui viennent s'y approvisionner en vivres et en eau auprès des populations locales ou pour les santaliers, popularisant dans le même temps les noms actuels des îles à partir de toponymes ou termes particuliers mélanésiens. S'y ajoutent un certain nombre de beachcomber, naufragés et autres aventuriers, essentiellement britanniques qui s'implantent dans l'archipel et se mêlent au Kanak. Ceci explique la présence de quelques patronymes anglo-saxons répandus chez les Mélanésiens des îles. Par exemple, pour Lifou, peuvent être cités : les Wright (descendants du négoçiant anglais James Johnston Wright, installé à Chépénéhé à partir de 1855, il épouse la fille aînée du petit-chef ; son fils, Henri Wright, s'est fixé pour sa part à Maré, tandis que les alliances contractées par ses filles ou petites-filles font de lui l'ancêtre de plusieurs grands-chefs : Henri et son fils Nidoïsh Naisseline à Guahma sur Maré, Paul puis Pascal Sihazé du Wet, Henri puis Evanès Boula de Loessi), les Forrest ou Forest (issus d'un aventurier américain installé vers le milieu du XIXe siècle et dont peu de choses sont connus, et de ses quatre fils identifiés : l'un d'eux a épousé Cakine Boula et est donc l'ancêtre de la lignée des grands-chefs de Loessi) ou les Streeter[11].

Mais l'influence européenne aux îles Loyauté se fait surtout sentir, et de manière durable, par l'action des missions, notamment protestantes. La London Missionary Society (LMS) envoie à Lifou en 1842 - un an après s'être installée à Maré - un missionnaire venu des îles Cook, Fao ou Paoo, après une halte à Maré (il est accompagné jusqu'en 1845 du rarotongien Zakaria, avant que celui-ci ne soit renvoyé pour des affaires de mœurs). Il fonde le foyer Bethany à Chépénéhé dans le district de Wet, première école pastorale de l'archipel d'où sortent les premiers natas (pasteurs en drehu) kanaks formés afin d'aider à l'évangélisation d'Ouvéa (à partir de 1856) et de la Grande Terre, voire dans les autres îles du Pacifique tels que les Nouvelles-Hébrides (actuel Vanuatu) ou la Papouasie-Nouvelle-Guinée, prêchant de manière itinérante en passant de tribu en tribu. Leur tâche est facilité par la conversion d'autorités coutumières (le jeune grand-chef Boula de Loessi en 1851), même si les rivalités claniques ou conflits sociaux ou politiques peuvent parfois la ralentir (Fao doit se réfugier à Maré durant une guerre de succession après la mort du grand-chef Boula entre 1848 à 1849). En 1852, Fao s'installe à , lieu frontalier des districts où les deux grandes-chefferies rivales avaient l'habitude de s'y affronter, et en fait la station centrale d'évangélisation. Par la suite, l'administration française s'y installe, faisant de le seul véritable point d'appui de la colonisation aux îles Loyauté, le seul espace aussi à être extrait des terres coutumières.

La chapelle Notre-Dame-de-Lourdes d'Eacho, inaugurée en 1898.

L'introduction de missions catholiques maristes se fait à partir de la fin des années 1850, souvent soutenue à l'origine par les grands-chefs du Wet et de Gaitcha, l'implantation du protestantisme dans ces districts s'étant surtout faite auprès de petits-chefs ou de factions rivales de celles des angajoxu : le père Xavier Montrouzier (1820-1897), qui vient de fonder la mission des îles Belep, et François Palazy (1816-1882), jusque là à Ouvéa, créent en avril 1858 la mission d'Eacho (ou Easo) et celle de Nathalo dans le district de Wet. En 1860, le père Palazy fonde avec le père Lubin Gaide-Chevronnay (1825-1905), tout juste arrivé de France métropolitaine, une deuxième mission à Drueulu dans la grande-chefferie de Gaitcha dans l'ouest. Mais c'est surtout l'arrivée du père Jean-Baptiste Fabvre (1823-1883) en 1862 qui lance le développement de l'évangélisation catholique aux îles, créant une mission à et réorganisant les autres missions existantes. Pour faire face à ces nouveaux rivaux, les protestants organisent mieux leur action dans les Loyauté avec l'arrivée de pasteurs méthodistes anglais : Samuel MacFarlane (1837-1911) et William Baker (né en 1834) arrivent à Lifou en octobre 1859, Baker démissionnant dès 1861 pour être remplacé l'année suivant par James Sleigh (1818-1901).

Les tensions religieuses s'ajoutent à des oppositions coutumières et aux rivalités franco-anglaises, entraînant le déclenchement de véritables « guerres de religion » entre tribus catholiques (avec maristes français) et protestantes (avec pasteurs anglais) dans les années 1860 et 1870, nécessitant l'intervention des autorités coloniales pour rétablir l'ordre, généralement en faveur des catholiques. Les sources sur cette période sont soit rares, soit particulièrement partiales (les premiers récits et travaux historiques ayant été réalisés par des religieux de l'un ou l'autre culte). À Lifou, les conflits durent réellement de mai 1864 à juin 1866, et sont marqués notamment en 1864 par la « bataille de Chépénéhé » entre Mélanésiens protestants et les troupes françaises du gouverneur Charles Guillain. Ce dernier demande à partir de 1867 le renvoi du révérend MacFarlane, qu'il qualifie d'agitateur et qui finit par quitter l'archipel en 1871 (il est remplacé par le révérend Creagh, dépêché depuis Maré)[13]. Les tensions ne retombent véritablement qu'à la toute fin du XIXe siècle, notamment avec la rupture des missions protestantes avec la LMS au profit de la Société des missions évangéliques de Paris (SMEP), ce qui enlève la question des rivalités nationales et donc la méfiance que pouvait avoir les autorités françaises à l'encontre des pasteurs anglais. La fin du conflit aboutit à une forme de statu-quo et à une relation plus apaisée entre les districts et les tribus. La religion catholique s'étend quelque peu tout en restant toujours minoritaire. Les chiffre des quatre stations catholiques données pour 1870 donnent, sur 2 000 habitants estimés dans le district de Wet, « 452 catholiques, 63 catéchumènes et 48 auditeurs ; le reste est protestant », soit la proportion d'un catholique pour trois protestants environ. Pour les deux autres districts, Gaitcha et Loessi, la proportion est encore plus faible, avec, sur 4 000 habitants, « 442 catholiques ; tous les autres sont protestants », soit à peine plus de 1 catholique pour un peu moins de 9 protestants[14]. L'évangélisation entraîne de profondes modifications dans les modes de vie des populations locales : regroupement des populations et des clans autour des lieux de culte (temples ou églises), développement de la monogamie et du contrôle religieux sur les relations matrimoniales, fin ou apaisement des conflits armés entre clans, interdiction de la nudité (avec l'utilisation pour les femmes de la robe mission) mais aussi la diffusion de pratiques sportives (le cricket surtout chez les femmes et le football chez les hommes), de l'alphabétisation et, malgré une forte préservation du drehu par les protestants, de la langue française.

À la mortalité induite de ces conflits, se sont ajoutés, dès les premiers contacts avec les Européens dans les années 1840, un choc infectieux entraînant une série d'épidémies rapportées par la tradition orale (une à Maré et Lifou vers 1842, suivie par la dysenterie qui frappe l'île principale en 1842 et 1845). Toutefois, l'absence de source fiable sur la population des îles avant 1870 empêche de connaître les réelles retombées démographiques que ces éléments ont eu aux Loyauté. Christiane Kasarhérou-Leurquin note ainsi que, de 1840 à 1860, « Maré et Lifou connurent des épidémies de dysenterie et grippe, sans que l'on ne connaisse les conséquences »[15]. Quoi qu'il en soit, la relativement faible présence européenne en l'absence d'une colonisation de peuplement (contrairement à la Grande Terre) permet le maintien de la population mélanésienne à un niveau assez élevé et stable à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle : dans l'ensemble des îles Loyauté, elle passe d'un peu plus de 13 000 personnes en 1860-1870 à un peu moins de 12 000 âmes à partir de 1885, avec des variations peu marquées, un peu moins de la moitié se trouvant sur Lifou[16].

Réserves mélanésiennes intégrales[modifier | modifier le code]

L'arrêté du 22 janvier 1868 crée le système des réserves : la propriété « incommutable, insaisissable et inaliénable » de ces domaines est reconnue aux tribus (les Kanaks ne peuvent ni les vendre, ni en acheter, mais sont aussi théoriquement protégés contre toute violation de terres). Si sur la Grande Terre la délimitation est faite de telle manière que certaines régions initialement concédées sont finalement retirées aux Mélanésiens au profit des colons, tandis que du bétail de ces derniers s'introduit régulièrement sur les terres coutumières et abîme les champs d'ignames et de taros, les îles Loyauté sont pour leur part définies comme des réserves intégrales et le restent. La seule exception se trouve sur Lifou, avec la petite enclave de prise au seul point de frontière commune entre les trois districts coutumiers pour servir de centre administratif et militaire[17].

Il en résulte une préservation assez forte du mode de vie et des pratiques sociales traditionnelles des Kanak, avec pour principal changement l'apport du christianisme. De plus, l'importance de la religion réformée dans les îles a permis de préserver les pratiques des quatre grandes langues qui y sont parlées (le drehu de Lifou, le nengone de Maré, l’iaai et le faga uvea à Ouvéa), la prédication se faisant traditionnellement dans la langue locale : les missionnaires de la LMS puis de la SMEP ont ainsi défini le drehu comme l'une des quatre langues d'évangélisation en Nouvelle-Calédonie (les trois autres étant le nengone de Maré, l’iaai d'Ouvéa et l’ajië de la région de Houaïlou). Les grands-chefs et chefs entretiennent des relations assez proches avec le gouvernement colonial français, lui servant de relais en échange de la garantie de leur autorité coutumière. Leurs enfants sont parmi les tout premiers à avoir la possibilité de suivre un enseignement primaire ou secondaire public à Nouméa (moyen notamment de francisation et de contrôle des autorités traditionnelles), tout particulièrement avec la mise en place à partir de la fin des années 1920 de la « nouvelle politique indigène » qui consiste notamment à former des « élites » mélanésiennes à la culture républicaine française.

Lifou et Ouvéa sur une carte marine américaine de 1944.

Les Loyaltiens contribuent de plus à l'effort de guerre lors des deux conflits mondiaux. Lors du premier, 348 des 1039 « volontaires mélanésiens » engagés dans le bataillon mixte du Pacifique à partir de 1916 (environ le tiers) viennent des îles Loyauté. Et sur les 359 Kanak tués au cours du conflit, 140 (39 %) étaient loyaltiens (dont les soldats ont donc eu un taux de mortalité de plus de 40 %). Réputés habiles marins, 22 d'entre eux s'illustrent notamment lors de l'expédition du croiseur Le Kersaint à Vladivostok en octobre 1918. Une fois rentrés dans leurs îles, les vétérans, touchant une pension payée par l'État et bénéficiant du prestige lié au voyage et aux actes de guerre, deviennent de véritable notables locaux[18],[19]. Après l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale et le ralliement à la France libre de la Nouvelle-Calédonie, suite à une émeute de la population européenne de l'archipel le 19 septembre 1940 - renforcés par les Mélanésiens présents dans le chef-lieu, dont surtout des ressortissants de Lifou - contre le gouverneur en place qui s'était prononcé en faveur du gouvernement de Vichy, le nouveau gouverneur, Henri Sautot, en appelle aux chefferies kanak pour relayer l'appel à la mobilisation. C'est le lieutenant-colonel Félix Broche, arrivé le 12 novembre 1940, qui est chargé d'organiser celle-ci et de faire le tour des tribus. À Lifou, il obtient ainsi le ralliement et la déclaration de guerre à l'Allemagne, lors de cérémonies coutumières particulières, des trois districts, d'abord celui de Loessi (en présence du régent Boula Tain et du grand-chef alors âgé de six ans, Henri Boula), puis de ceux de Gaitcha et du Wet[20],[21]. Durant le conflit, la participation à la guerre pousse plusieurs chefs coutumiers, formés dans des écoles publiques - dont surtout Henri Naisseline -, à demander plus de droits pour les Kanaks. Les Mélanésiens accèdent à la pleine citoyenneté (comme « tous les ressortissants des territoires d'outre-mer ») par la loi Lamine Guèye du 7 mai 1946.

Vers la revendication identitaire puis indépendantiste[modifier | modifier le code]

Par la suite, comme le reste du monde mélanésien, les îles Loyauté sont marquées par l'influence politique des deux associations créées en 1946-1947 pour défendre les intérêts kanak tout en étant liées aux missions : l'Union des indigènes calédoniens amis de la liberté dans l'ordre (UICALO) catholique et l'Association des indigènes calédoniens et loyaltiens français (AICLF, avec par exemple James Haeweng ou Dick Ukeiwé) protestante. Elles vont être à l'origine, avec le député Maurice Lenormand et plusieurs personnalités caldoches autonomistes, de la création en 1953 de l'Union calédonienne (UC). Ce parti, qui a pour slogan « Deux couleurs, un seul peuple », a dominé seul le Territoire de Nouvelle-Calédonie de 1953 à 1972 et reste toujours aujourd'hui la force politique dominante des îles Loyauté. Mais celles-ci connaissent également une forte implantation se revendiquant gaulliste, avec Henri Naisseline qui est, jusqu'en 1967, l'un des chefs de file de cette famille politique en Nouvelle-Calédonie, Robert Paouta qui est maire de Lifou de 1971 à 1983 mais également des dissidents de l'UC en 1960 comme Michel Kauma d'Ouvéa ou Dick Ukeiwé. En 1961, Lifou devient une commune de droit local, avec une commission municipale et son président élu portant le titre de maire : le premier est Élia Trijikone, de l'Union calédonienne. En 1967, elle devient une commune de droit général français, et son premier maire ainsi élu est Roger Wahnapo, lui aussi de l'Union calédonienne (il est de nouveau premier magistrat de manière éphémère en 1977).

À la fin des années 1960 et au début des années 1970, de jeunes générations de Loyaltiens développent des revendications identitaires voire nationalistes, basées sur l'importance de la coutume et qui évoluent progressivement vers la défense de l'indépendance. C'est le cas de Nidoïsh Naisseline, fils et successeur du grand-chef Henri Naisseline, qui est de plus marqué par les idéaux marxistes-léninistes du mouvement de Mai 68, auquel il a participé pendant ses études en France métropolitaine. Il crée ainsi en 1969 un groupe d'étudiants mélanésiens clairement indépendantistes, en grande majorité loyaltiens, baptisés les « Foulards rouges ». Ils mènent des actions en faveur de la décolonisation de l'archipel, en concertation avec un autre mouvement d'étudiants kanak de gauche pour leur part surtout issus de la Grande Terre et plus axés sur les revendications foncières : le « groupe 1878 » d'Élie Poigoune. Ensemble, ils créent en 1975 le Parti de libération kanak (Palika). D'autre part, Yann Céléné Uregeï, de Tiga - rattachée coutumièrement au district de Loessi et administrativement à la commune de Lifou -, moins marqué par les idées du socialisme mais se voulant lui aussi le défenseur de la décolonisation, est devenu le véritable chef de file des Loyaltiens de l'UC à partir de 1967. Il s'est éloigné peu à peu de la direction de ce parti, ne l'estimant pas assez zélé sur la question de l'autonomie et dans la défense des intérêts des Kanak, le considérant comme un « parti bourgeois », et en soutenant les actions radicales des groupes indépendantistes (« Foulards rouges » et « Groupe 1878 »). Il a finalement démissionné du camp majoritaire après avoir échoué à se faire reconnaître par lui comme son candidat pour prendre la présidence de l'Assemblée territoriale en septembre 1970, le perchoir revenant alors au calédonien de souche européenne Jean Lèques. Il est rejoint par d'autres personnalités mélanésiennes, notamment le membre du conseil de gouvernement (l'exécutif local) François Néoeré, Edmond Nekirai ou Willy Nemia, et, plus tard, en 1972, par Théophile Wakolo Pouyé, figure historique de l'UC sur la côte est, mais aussi l'ancien maire de Lifou Roger Wahnapo, et ensemble ils fondent l'Union multiraciale (UMNC)[22]. Lors des élections territoriales du 10 septembre 1972, la liste menée par Yann Céléné Uregeï obtient 3 des 5 sièges à pourvoir dans les îles Loyauté, les 2 restants revenant à l'UC. Initialement autonomiste, Yann Céléné Uregeï finit par prendre officiellement position pour l'indépendance en 1975 et transforme son Union multiraciale en Front uni de libération kanak (FULK). Celui-ci va participer à la création du Front indépendantiste (FI) puis du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS). Il en incarne l'une des composantes de la base loyaltienne avec l'UC qui a aussi basculé vers l'indépendantisme en 1977 sous la conduite du maire de Hienghène Jean-Marie Tjibaou et est à partir de là dirigée dans les Îles par Yeiwéné Yeiwéné de Maré, et le Palika de Nidoïsh Naisseline]. Celui-ci, qui a adopté une position de plus en plus modérée quant aux moyens d'accéder à l'indépendance (par la négociation) et est en désaccord avec la stratégie de son parti de boycott des élections nationales (présidentielles et législatives), fait dissidence et crée en 1981 le mouvement Libération kanak socialiste (LKS) qui récupère l'essentiel de l'électorat du Palika aux Îles Loyauté : membre du FI, il ne rejoint pas à sa création en 1984 le FLNKS car il désapprouve son passage dans la clandestinité et sa stratégie de lutte.

Pendant la période des « Événements », qui voient s'affronter violemment partisans et opposants à l'accès à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie entre 1984 et 1988, les îles Loyauté sont un fief indépendantiste. Le sénateur Dick Ukeiwé, un des cadres mélanésiens du principal mouvement dit « loyaliste » (ou anti-indépendantiste), le Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR), est ainsi interdit d'atterrir à deux reprises en 1985 sur son île natale, Lifou, par décision des trois grands chefs : le 23 février, puis à nouveau au début du mois de juillet suivant[23]. L'ancien maire Robert Paouta est lui-aussi à plusieurs reprises exilé. Lifou est durant cette période un fief de l'UC, avec son maire Édouard Wapaé, et le reste jusqu'à aujourd'hui. L'île est moins touchée par les conflits sanglants qui vont marqué plus durement l'île voisine d'Ouvéa, culminant avec l'épisode de la prise d'otages d'Ouvéa en avril-mai 1988, qui pousse les dirigeants des deux camps (Jean-Marie Tjibaou et le député Jacques Lafleur) à négocier entre eux et avec l'État un retour à la paix civile concrétisé par la signature des accords de Matignon-Oudinot de juin et août 1988. C'est à nouveau à Ouvéa que Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné sont assassinés le 4 mai 1989 par un militant du FULK (qui s'est opposé aux accords), Djubelly Wéa.

Mais, par la suite, d'autres conflits, à la fois politiques et coutumiers, ont ensuite émaillés l'histoire des îles Loyauté en général et de Lifou en particulier, avec désormais des rivalités entre indépendantistes. Le FULK n'est plus « invité » aux congrès du FLNKS à partir de 1989 et quitte ce dernier en 1992 en prenant le nom (momentanément) de Congrès populaire du peuple kanak (CPPK), mais il ne va jamais retrouver l'audience qu'il a pu avoir par le passé aux Îles. De plus, Lifou va connaître une série d'« événements coutumiers » en 1991 et 1992, entre partisans du maire UC Cono Hamu et ceux des droits coutumiers, avec pour point de départ un litige sur la construction du port de  : des cases sont incendiées, des « tabassages » et échanges de coups de feu ont lieu[24]. Cono Hamu, peu soutenu par la hiérarchie de son parti, abandonne en 1993 son mandat de maire et fonde son propre parti, le Front pour le développement des îles Loyauté (FDIL), composante entre 1998 et 2004 du mouvement indépendantiste modéré allié aux loyalistes du RPCR, la Fédération des comités de coordination indépendantistes (FCCI). D'autre part, la question de l'exode des actifs vers les bassins d'emplois (mines de la Grande Terre et Grand Nouméa), commencé dès 1945 et développé réellement durant l'époque du « boom du nickel » (1969-1973), et du désenclavement des îles (par l'avion ou le bateau) deviennent à partir des années 1990 les enjeux majeurs de la politique aux Loyauté, devenues en 1989 l'une des trois provinces divisant la Nouvelle-Calédonie. Deux maires successifs de Lifou ont aussi présidé l'Assemblée provinciale, tous deux issus de l'UC : Robert Xowie, maire de l'île de 1995 à 2001 et depuis 2014, est président de province de 1999 à 2004 ; Néko Hnepeune, maire de 2001 à 2014, est le dirigeant de la province depuis 2004.

Louis Kotra Uregei, originaire de Tiga et fondateur en 1981 du principal syndicat indépendantiste, l'Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités (USTKE), a créé sur la base de cette organisation en 2007 le Parti travailliste, mouvement plus radical et plus à gauche que le FLNKS, proche des mouvements anticapitalistes et altermondialistes d'extrême gauche en France métropolitaine, notamment de José Bové ou du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA). Ce parti a réalisé de bons scores à Lifou aux élections municipales de 2008 (1 043 voix soit 18,82 % des suffrages et le deuxième meilleur score au premier tour, derrière les 35,69 % de la liste FLNKS du maire sortant Néko Hnepeune, puis 1 533 votes donc 25,4 % et 4 élus sur 33 au second tour) puis aux élections provinciales de 2009.

Administration et politique[modifier | modifier le code]

Wé : chef-lieu provincial et municipal[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Wé (îles Loyauté).

La localité de est le seul espace de l'île à se situer hors des aires coutumières, sur la côte est (au vent) de l'île donnant sur la baie de Chateaubriand. Elle est le chef-lieu de la Province des îles Loyauté - avec l'hôtel de Province -, de la commune de Lifou - avec la mairie -, de l'aire coutumière Drehu - avec le conseil coutumier -, de la subdivision administrative des îles Loyauté - avec les bureaux du commissaire délégué du gouvernement. Centre administratif, s'y trouvent également la poste centrale pour Lifou et une section détachée du tribunal de première instance de Nouméa.

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Lifou est une commune, chef-lieu de la Province des îles Loyauté, la cinquième du territoire pour sa population. Elle comprend l'île de Lifou à proprement parler et celle voisine de Tiga. Elle est dotée, comme tous les centres de populations majoritairement mélanésiens, d'une commission régionale à partir de 1947, devenue une commission municipale avec un maire en 1961 et finalement une commune de droit commun français en 1969.

Son maire est, depuis 2014, Robert Xowie, indépendantiste du FLNKS et de l'UC qui fut déjà maire de 1995 à 2001 et l'ancien président de l'assemblée de la Province de 1999 à 2004.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1961 1967 Élia Trijikone UC  
1967 1971 Roger Wahnapo UC  
1971 1977 Robert Paouta Naxué Union démocratique (Gaulliste)  
1977 1977 Roger Wahnapo FULK  
1977 1983 Robert Paouta Naxué RPCR  
1983 1989 Édouard Wapaé FI puis FLNKS-UC  
1989 1993 Cono Hamu FLNKS-UC  
1993 1993 César Qenegeï RPCR Par intérim (Cono Hamu démissionnaire)
1993 1995 Macate Wenehoua LKS  
1995 2001 Robert Xowie FLNKS-UC Président de la Province des îles Loyauté
2001 2014 Néko Hnepeune FLNKS-UC Président de la Province des îles Loyauté
2014 en cours Robert Xowie FLNKS-UC Ancien maire, ancien président de la Province des îles Loyauté

Aire coutumière[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aire coutumière Drehu.

La commune de Lifou constitue à elle seule également l'Aire coutumière Drehu, du nom de la langue vernaculaire qui y est parlée et du nom donné en cette langue à l'île et à ses habitants. Les affaires de l'aire coutumière sont gérées par un conseil coutumier, présidé depuis 1996 par Évanès Boula (par ailleurs grand-chef de Loessi depuis 1999), tandis qu'elle est représentée au Sénat coutumier depuis 1999 par Pierre Zéoula (président du Sénat coutumier de 2002 à 2003) et Paul Sihazé, ce dernier étant remplacé à son décès en 2008 par son frère cadet le diacre Paul Sihazé (qui a présidé le Sénat coutumier de 2010 à 2011).

L'aire coutumière Drehu est subdivisée en trois districts : Wet (ou Wetr, chef-lieu : Nathalo, grand-chef : Jean-Baptiste Ukeinesö di Sihaze depuis 2008) au nord, Gaitcha (ou Gaica, chef-lieu : Duéulu, grand-chef : Pierre Metroïgoué Zéoula ou Zeula depuis 1980) et Loessi (ou Lössi, chef-lieu : Mou ou Mu, grand-chef : Henri Évanès Boula depuis 1999) au sud. Ces districts regroupent eux-mêmes 37 tribus.

Districts coutumiers Tribus [25]
Wet Luecilla, Hnapalu, Kirinata, Nathalo, Nang, Kumo, Saint-Paul, Tingeting, Doking, Natchaom, Mutchaweng, Chépénéhé, Eacho, Siloam, Hunetë, Hanawa, Nanémuhata
Gaitcha Wedumel, Duéulu, Hapetra, Qanono Sinoj
Loessi Hnasse, Traput, Dozip, Hnaeu, Wassagne, Inagod, Luengöni, Joj, Mou, Xodrë, Hunöj, Hmeleck, Thuahaick, Kedeigne, Hnadro, Tiga

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Guiart, Structure de la chefferie en Mélanésie du Sud, 2e édition revue et complétée, le chapitre sur Lifou, Institut d'Ethnologie, Paris 1992.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] L. GRANGEAUD, « Sols des karsts de l'atoll surélevé de Lifou (îles Loyalty, territoire de la Nouvelle-Calédonie) et problème de la bauxitisation. Note (*) de M. Gabriel Tercinier », C.R. Acad. Sc. Paris, t. 272, série D, 19 avril 1971, p. 2067-2070
  2. [PDF] Carte géologique de la Nouvelle-Calédonie à 1/50 000. Feuille Lifou - Îles Loyauté, BR GM/RP - 52 904 - FR, 02/2004
  3. Galipaud Jean-Christophe, "Les conditions naturelles du peuplement de la Nouvelle-Calédonie" in "Milieux, sociétés et archéologues ", Paris, Karthala, 1995, p. 65-77. (Hommes et Sociétés).
  4. L'origine du terme Kanak est généralement attribué au mot hawaiien « kanaka » qui signifie « homme », repris ensuite par les Européens pour désigner les populations autochtones du Pacifique, et plus particulièrement de la Mélanésie, sous la forme « canaque ». Celui-ci prit rapidement un terme à connotation péjorative en Nouvelle-Calédonie avant d'être revendiqué sous la graphie « Kanak » par les populations mélanésiennes de l'archipel
  5. a, b, c, d et e J. IZOULET, Mékétépoun: Histoire de la mission catholique dans l'île de Lifou au XIXe siècle, L'Harmattan, Paris, 1996, p. 23-25
  6. Chr. SAND, Le temps d'avant: La préhistoire de la Nouvelle-Calédonie, p. 208
  7. [doc] Présentation du clan et de l'organisation sociale en son sein par le GIE Nouvelle-Calédonie Tourisme Point Sud
  8. a et b J. IZOULET, op. cit., p. 34-36
  9. [PDF] (en) J. GUIART, Questions and Answers in Pacific Island's Art, 2001, p. 11
  10. M.-J. DUBOIS, « L'arrivée des Blancs à Maré. Tragiques contacts, 1793-1851 », Journal de la Société des océanistes, Vol. 25, n°25, 1969, p. 307-316
  11. a et b « Les premiers contacts avec les Européens (1774 - 1840) », site officiel du vice-rectorat de Nouvelle-Calédonie
  12. Nouvelle-Calédonie, éd. Le Petit futé, 2009, p. 50-51
  13. P. O'REILLY, Calédoniens : Répertoire bio-bibliographique de la Nouvelle-Calédonie, éd. Musée de l'Homme, Société des océanistes, Paris, 1953
  14. Les Missions catholiques, vol. IV, Society for the Propagation of the Faith, Catholic Church. Pontificium Opus a S. Petro Apostolo, 1872, p. 111
  15. KASARÉRHOU C., L'histoire démographique de la population Mélanésienne de la Nouvelle-Calédonie 1840-1950, thèse de doctorat (Paris I), 1992, p. 265]
  16. C. SAND, « Le temps d'avant » : la préhistoire de la Nouvelle-Calédonie : contribution à l'étude des modalités d'adaptation et d'évolution des sociétés océaniennes dans un archipel du Sud de la Mélanésie, éd. L'Harmattan, 1995, p. 298-299
  17. A. Vigne, Les terres coutumières et le régime foncier en Nouvelle-Calédonie, Mémoire de D.E.A. de sociologie du droit présenté à l'Université Paris II Panthéon-Assas, sous la direction du professeur R. Verdier, 2000
  18. A. ROSADA, « Une Mémoire Calédonienne Commune de la Grande Guerre... » sur son site officiel
  19. S. BOUBIN-BOYER, Révoltes, conflits et guerres mondiales en Nouvelle-Calédonie et dans sa région, Vol. 1, éd. L'Harmattan, 2008, p. 12
  20. [PDF] I. AMIOT, « L’année 1940 en Nouvelle-Calédonie », site du vice-rectorat de Nouvelle-Calédonie
  21. « La Seconde guerre mondiale », site du vice-rectorat de Nouvelle-Calédonie
  22. G. PAÏTA, J. CAZAUMAYOU, T. DE DECKKER, Gabriel Païta : témoignage kanak, éd. L'Harmattan, 1999, p.109-111
  23. C. GABRIEL, V. KERMEL, Nouvelle-Calédonie : les sentiers de l'espoir, éd. La Brèche-PEC, 1988, p. 65, note 9
  24. « Les événements de Lifou en 1990-1991 », www.libertes-internets.net
  25. La graphie donnée ci-dessous est celle adoptée par la plupart des locuteurs lifou