Institut de France

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Institut de France

L'Institut de France est une institution académique française créée le , siégeant dans l'ancien bâtiment du collège des Quatre-Nations situé au no 23 quai de Conti dans le 6e arrondissement de Paris.

L'Institut de France vu du pont des Arts

L'institut de France regroupe l'Académie française, l'Académie des inscriptions et belles-lettres, l'Académie des sciences, l'Académie des beaux-arts et l'Académie des sciences morales et politiques. Plusieurs fondations, suite à des legs à cette institution, dépendent de l'Institut, regroupant des musées, des monuments historiques, des propriétés en France et à l'étranger.

Pour 2014, le président est Philippe Taquet, de l'Académie des sciences[réf. nécessaire]. L'architecte Aymeric Zublena lui succèdera en 2015. Le président préside notamment la séance publique annuelle, qui a toujours lieu symboliquement le mardi le plus proche de la date de création de l'Institut (25 octobre).

Petite salle des séances

L'Institut regroupe cinq académies[modifier | modifier le code]

Depuis 2006, le Chancelier est Gabriel de Broglie, membre de l'Académie française et de l'Académie des sciences morales et politiques.

(M) Ce site est desservi par les stations de métro Pont NeufLouvre - Rivoli et Odéon.

Historique du bâtiment[modifier | modifier le code]

Grande salle des séances
Article détaillé : collège des Quatre-Nations.

En 1661, dans son testament et grâce à sa grande fortune, le cardinal Mazarin demande la fondation sous Louis XIV, d'un collège devant recevoir soixante gentilshommes des quatre nations réunies à l'obédience royale par les traités de Westphalie en 1648 et le traité des Pyrénées en 1659, qui sont : l'Artois, l'Alsace, Pignerol et le Roussillon (avec la Cerdagne). Colbert charge alors Louis Le Vau de dresser les plans du collège au niveau de la cour carrée du Louvre de l'autre côté de la Seine. Les travaux de construction s'étalèrent entre 1662 et 1688.

En 1796, le bâtiment accueille l'une des trois écoles centrales de Paris[1], sous le nom d’« École centrale des Quatre-Nations ». L’École est fermée en 1802, et en 1805, à la demande de Napoléon Ier, l'Institut de France s'installe dans le collège. Antoine Vaudoyer transforme la chapelle en salle pour les séances des académies.

Au XIXe siècle dans la deuxième cour une aile est ajoutée, reliant les deux pavillons existants. Elle est inaugurée en 1846 et prendra le nom de l'architecte qui l'a conçue Hippolyte Lebas. Elle abrite deux salles des séances de travail, utilisées pour les séances ordinaires des Académies. Le bâtiment est classé monument historique depuis 1862[2].

Institution[modifier | modifier le code]

La coupole, de forme elliptique à l'intérieur

Histoire[modifier | modifier le code]

La place de l'Institut, devant l'entrée principale, quai de Conti, Paris, avril 1898

La République ayant supprimé les académies royales, la Constitution de l'an III (article 298) a établi en 1795 : « Il y a pour toute la République un Institut national chargé de recueillir les découvertes, de perfectionner les arts et les sciences. » La loi sur l'organisation de l'instruction publique du 3 brumaire an IV (mardi 25 octobre 1795[3]) organise un « Institut national des sciences et des arts » pour « perfectionner les sciences et les arts par les recherches non interrompues, par la publication des découvertes, par la correspondance avec les sociétés savantes et étrangères, suivre les travaux scientifiques et littéraires qui auront pour objet l'utilité générale et la gloire de la République. » Une autre loi, le 15 germinal an IV (4 avril 1796), précise le règlement de la nouvelle institution, et notamment le détail de ses activités (séances de travail, séances publiques, attribution de prix). Cet Institut est alors occupé par les Idéologues, groupe animé par Destutt de Tracy qui s'oppose aux anciens Académiciens, veut instaurer une science des idées et dissiper les mythes et l'obscurantisme, conditionnant les idées du Directoire puis concourant à mettre en place Bonaparte[4].

L'Institut de France est alors divisé en trois classes :

  1. Classe des sciences physiques et mathématiques, comptant deux présidents, un pour les sciences physiques, un pour les sciences mathématiques (10 sections) ;
  2. Classe des sciences morales et politiques (6 sections) ;
  3. Classe de littérature et des beaux-arts (8 sections).

Cependant la classe des sciences morales et politiques apparaissait manquer de loyalisme envers le régime du Consulat. L'arrêté des consuls du 24 janvier 1803 (3 brumaire an XI) supprime la classe des sciences morales et politiques et divise la troisième classe en trois. Les quatre classes sont désormais :

  1. la Classe des sciences physiques et mathématiques ;
  2. la Classe de langue et littérature française ;
  3. la Classe des langues anciennes et d'histoire ;
  4. la classe des beaux-arts.

En 1816, Louis XVIII, par l'intermédiaire de son ministre de l'intérieur le comte de Vaublanc, réorganise l'Institut par son ordonnance du 21 mars, réorganisation qui sert d'ailleurs de prétexte à exclure certains membres. Le nom d'« Académie » est à nouveau employé pour désigner les différentes classes : les titres d'« Académie française », d'« Académie des inscriptions et belles-lettres » et d'« Académie des sciences » sont rétablis, tandis que la quatrième classe prend le nom d'« Académie des beaux-arts ». En rétablissant, par ordonnance du 26 octobre 1832, l'« Académie des sciences morales et politiques », Louis-Philippe donne à l'Institut sa configuration actuelle.

Détail de la façade sur le quai de Conti

Emblème[modifier | modifier le code]

Le logo officiel de l'Institut de France représente le profil droit d'un portrait de la déesse Minerve qui symbolise la sagesse, l'intelligence et la raison. Selon la mythologie romaine, Minerve est la fille de Jupiter. Elle est sortie du crâne de Jupiter, vêtue d’une armure, après que Vulcain eut frappé avec une hache le crâne de Jupiter, qui souffrait de cette gestation.

Organisation[modifier | modifier le code]

La Coupole, où se réunissent les académiciens lors des séances publiques

L'Institut de France et ses académies sont désormais soumis au titre IV de la loi de programme no 2006-450 pour la recherche du 18 avril 2006. Cette loi dispose que l'Institut et les académies constituent des personnes morales de droit public à statut particulier. Le règlement général de l'institution a été approuvé par le décret numéro 2007-810 du 11 mai 2007.

Les organes de l'Institut sont :

  • le chancelier, élu pour trois ans par la commission administrative centrale et confirmé par le président de la République ;
  • la commission administrative centrale composée des six secrétaires perpétuels[5] et de deux délégués élus par académie ;
  • l'Assemblée générale comprenant tous les membres titulaires de chaque académie, sauf celle des sciences qui délègue 50 membres à cet effet ;
  • le Bureau composé du président, du chancelier, des secrétaires perpétuels, du directeur de l'Académie française et des présidents des autres académies ;
  • le président, qui est chaque année successivement le président d'une des académies (le secrétaire perpétuel pour l'Académie française) ;
  • des commissions techniques, des commissions spéciales et des jurys.

Toutefois, les instances les plus importantes pour le fonctionnement courant sont le chancelier et la commission administrative centrale. Le premier a autorité sur le personnel, est ordonnateur des recettes et dépenses, représente l'Institut dans les contrats et en justice. La commission administrative centrale exerce les fonctions d'assemblée délibérante en adoptant le budget et les décisions modificatives ainsi que d'autres dispositions financières, en réglant l'utilisation des locaux, etc.

L'Institut et ses académies sont soumis aux règles de la comptabilité publique. Ils disposent d'un comptable public qui porte le nom de « receveur des fondations ». Ils sont soumis à l'Ordonnance no 2005-649 du 6 juin 2005 relative aux marchés passés par certaines personnes publiques ou privées non soumises au code des marchés publics (cf.le 2 de l'art. 3) et au contrôle de la Cour des comptes.

Bibliothèque de l'Institut de France

Bibliothèques[modifier | modifier le code]

De l'Institut dépendent quatre bibliothèques de recherche :

Globe de la bibliothèque Mazarine

Fondations de l'Institut de France[modifier | modifier le code]

Plusieurs personnalités, le plus souvent des Académiciens, ont effectué des dons ou des legs à l'Institut, sous la forme de propriétés, de châteaux, résidences, de biens immobiliers ainsi que des collections d'œuvres d'arts. C'est à charge pour lui de perpétuer ces biens. L'Institut de France a organisé ces legs sous la forme de fondations chargés de la gestion de ces biens.

La plus importante et la plus ancienne est la fondation d'Aumale, créée suite au legs en 1886 effectué par Henri d'Orléans (1822-1897), devenu pleine propriété en 1897. Cette fondation est constituée du domaine de Chantilly qui comprend le château de Chantilly, les collections du musée Condé, la forêt de Chantilly ainsi que plusieurs biens immobiliers dans les environs de Chantilly. L'ensemble est géré par un administrateur et par un collège des conservateurs pour le musée Condé, constitué de 3 académiciens de trois académies différentes. En 2005, l'Institut a délégué la gestion du château et des grandes écuries à la Fondation pour la sauvegarde du domaine de Chantilly, fondation de droit privé qui a bénéficié d'un important investissement de Karim Aga Khan IV.

D'autres legs ont suivi :

D'autres propriétés ont été léguées directement aux Académies : le château d'Abbadie par Antoine d'Abbadie d'Arrast en 1897, la Maison de Louis Pasteur à Arbois (1992) à l'Académie des sciences, le musée Marmottan par Paul Marmottan (1932), la villa Ephrussi par Béatrice Ephrussi de Rotschild (1934) et la maison Claude Monet à Giverny (1966) à l'Académie des beaux-arts, et le château de Castries (1985) à l'Académie française[6].

Canal Académie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Canal Académie.

Canal Académie est une Webradio liée à l'Institut. Elle a été créée en janvier 2004 par Jean Cluzel, ancien parlementaire et Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques de 1999 à 2004, avec le soutien de Pierre Messmer qui était alors Chancelier de l'Institut. Elle commence à émettre à partir du .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le lycée Henri-IV (Paris), G. Klopp, Thionville, 1996, p. 96.
  2. « Notice no PA00088652 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. La séance solennelle de rentrée des cinq académies perpétue la tradition célébrant cette loi par une séance plénière se tenant le mardi le plus proche du 25 octobre.
  4. Yves Pouliquen, émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 4 mars 2012
  5. L’Académie des sciences dispose de deux secrétaires perpétuels.
  6. Florian Marco, op. cit., pp. 65-66

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Garcia, Coupole et dépendances, Éditions du moment, Paris 2014, ISBN 2354172648, EAN 978-2354172640

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]