Ménilmontant (quartier parisien)

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48° 51′ 58″ N 2° 23′ 01″ E / 48.8661, 2.3837 ()

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L'ancienne station Ménilmontant de la Petite Ceinture
Ménilmontant sur le plan de Cassini vers 1780.

Ménilmontant, autrefois village puis faubourg de Paris, en est aujourd'hui un quartier situé dans le XXe arrondissement.

Avant 1860 et son annexion à Paris par Haussmann, Ménilmontant était un village des faubourgs, appartenant à Belleville.

Toponymie[modifier | modifier le code]

« Mesnil », toponyme très répandu en France,à partir de Mansionem, le bas-latin a créé un nouveau terme dérivé du mot latin mansionile [1], diminutif de mansio, demeure, habitation, maison.Devenu en français médiéval médiéval maisnil,mesnil, « maison avec terrain » [2].

Son nom viendrait de Mesnil mau temps[3], c'est-à-dire « la maison au mauvais temps », mais « mau temps » s'est transformé au XVIe siècle en « montant » en raison de sa situation en pente. Le village appelé tout simplement le Mesnil ou Mesnil-Montemps s'est altéré en Mesnil-Montant [4].; de toute façon, les pentes de "Ménilmontant" ont favorisé la déformation en montant[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Sa situation géographique en altitude a valu à ce quartier d'être des décennies durant un des principaux contributeurs à l'alimentation en eau de Paris. En témoignent quelques noms de rues : rue des Rigoles, rue des Cascades, rue de la Mare...

L'Abbaye Saint-Antoine-des-Champs, la Maison de Saint-Lazare et les religieux de Sainte-Croix de la Bretonnerie y possédèrent longtemps des vignobles[6]. Ces derniers avaient d'ailleurs acquis en 1449 une maison de campagne, qui, à la Révolution, s'étendait sur trois corps de bâtiments entre les rues de Charonne et des Partants, avec potager et jardin d'agrément.

Lors du siège de Paris en 1590, Henri IV fit installer deux batteries d’artillerie ; « l’une sur Montmartre l’autre sur le haut de Montfaucon vers le Mesnil qui commencèrent à tirer et battre en ruine, vers les rues Saint-Honoré, Saint-Denis et Saint-Martin et les environs. »[4]

Pendant longtemps, le hameau dépendit de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Belleville[7]. Mais avec l'augmentation de la population, on construisit une chapelle, Notre-Dame-de-la-Croix, en souvenir de la chapelle des religieux de Sainte-Croix de la Bretonnerie, détruite à la Révolution.

Le château de Ménilmontant (aussi appelé « château de Saint-Fargeau ») appartenait à la famille des Le Peletier depuis 1695. Domaine considérable, dont la superficie dépassait la taille du cimetière du Père-Lachaise aujourd'hui, il se situait entre les actuelles rues de Romainville, Pelleport, du Surmelin et une parallèle est du boulevard Mortier. Le « Grand château », construit par Michel Le Peletier à côté du « Vieux château », était entouré d'un immense parc boisé, de jardins à la française et, enfin, de vergers et de potagers dont étaient tirés les principaux revenus de la propriété. Il n'en reste aucun vestige.

En juillet 1778, un effondrement très important dans la carrière de gypse de Ménilmontant cause la mort de 7 personnes. L'exploitation du gypse en souterrain est jugée trop dangereuse et interdite par décision royale le 23 janvier 1779. Les anciennes carrières sont alors foudroyées.

Le haut de Ménilmontant lui valut aussi de recevoir les premiers télégraphes (cf. la rue et le métro du même nom).

Situé à l'extérieur du mur des Fermiers généraux et donc de la zone de l'octroi, au-delà de la barrière de Ménilmontant, le vin y était moins cher et de nombreuses guinguettes s'y étaient développées au XVIIIe siècle. Ce quartier parisien, très populaire et souvent rebelle, garde les stigmates de la commune :

Après son annexion, Ménilmontant est resté un quartier populaire, surnommé « Ménilmuche », et a donné son nom au 20e arrondissement.
Il est associé au quartier de Belleville, les deux étant inséparables tant sur le plan géographique qu'historique, économique et humain.

Les arts[modifier | modifier le code]

C'est à Ménilmontant (jadis Menil-montant) que Jean-Jacques Rousseau est jeté par terre par un dogue allemand, le 24 octobre 1776. Cet évènement est à l'origine du récit des « promenades » des Rêveries du promeneur solitaire.

C'est à Ménilmontant près d'une source baptisée pour la circonstance La Fontaine d'Aréthuse que le poète Pierre Colau a fondé le 11 Thermidor an XII (30 juillet 1804) la Société lyrique des Bergers de Syracuse. Cette société chantante qui se réunissait ensuite à cet endroit a compté parmi ses membres Gérard de Nerval et a existé durant au moins quarante ans.

Ménilmontant est le sujet de plusieurs chansons populaires :

Il a aussi servi de cadre pour le tournage de films :

  • Willy Ronis a photographié la vie quotidienne des gens de Ménilmontant, entre 1930 et jusqu'à la fin des années 1960.

Personnalités liées à Ménilmontant[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Dauzat, Les noms de lieux, origine et évolution, Libraire Delagrave, Paris, 1926, p. 153.
  2. – Marianne Mulon –Noms de lieux d’Île-de-France, Bonneton, Paris, 1997 (ISBN 2862532207)
  3. Mesnolium mali temporis dans une charte de 1224.
  4. a et b Histoire du siège de Paris sous Henri IV en 1590 d'après un manuscrit par M.A. Dufour, 1881, page 31.
  5. – Marianne Mulon –Noms de lieux d’Île-de-France, Bonneton, Paris, 1997 (ISBN 2862532207)
  6. Dictionnaire historique des rues de Paris, de Jacques Hillairet.
  7. L'église a été construite en 1854 mais la paroisse existe depuis 1543.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]