Beauce (région)

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Beauce
Image illustrative de l'article Beauce (région)
Paysage de la Beauce

Pays France
Ville(s) principale(s) Chartres
Châteaudun
Étampes
Vendôme
Superficie approximative 5 740 km2
Géologie sous-sol calcaire
Relief Plateaux
Production(s) céréales, oléagineux, betterave sucrière, pomme de terre
Commune(s) 450
Région(s) et espace(s) connexe(s) Forêt d'Orléans, Val de Loire,
Drouais, Perche,
Gâtinais, Hurepoix, Thymerais
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La Beauce est une région naturelle française à vocation agricole très fertile qui couvre près de six cent mille hectares répartis sur cinq départements.

Les habitants de la Beauce sont les Beaucerons.

Géographie physique[modifier | modifier le code]

La Beauce est située au sud-ouest de Paris et s'étend sur plusieurs départements : principalement l'Eure-et-Loir et le Loir-et-Cher, mais débordant aussi sur le Loiret, l'Essonne et les Yvelines. Elle est délimitée au nord par la forêt de Rambouillet, à l'est par l'Essonne et la forêt de Fontainebleau, au sud par le Val de Loire, et à l'ouest par le Loir[1].

L'altitude moyenne est de 140 mètres[2].

Territoire défriché dès le Néolithique[réf. nécessaire], les arbres y sont depuis longtemps rares dans une campagne au paysage monotone dominé de loin par la cathédrale Notre-Dame de Chartres.

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

Répartition des terres de Beauce
Départements Sous région Superficie SAU en ha[3]

Eure-et-Loir

Beauce

213.563

Beauce Dunoise

67.299

Loir-et-Cher

Beauce

97.532

Loiret

Beauce de Patay

36.541

Beauce Riche

77.258

Essonne

Beauce

55.746

Yvelines

Beauce

10.996

Géologie[modifier | modifier le code]

Le plateau de la Beauce[2] fait partie de la structure géologique du bassin parisien, et y correspond à une zone d'affleurement des calcaires ( issu des dépôts sédimentaires d'un grand lac qui recouvrait la région durant l'ère Tertiaire) déposés entre l’Éocène moyen (43 millions d'années) et le début du Miocène (25 millions d'années). L'étude des roches et des fossiles permet de reconstituer l'environnement de l'époque : la Beauce est alors une vaste zone creuse couverte de lacs et de marécages. Le climat est subtropical (avec des périodes sèches alternant avec des périodes de pluie) comparable à celui de l'Afrique australe actuelle.

L'appellation calcaire de Beauce recouvre principalement le calcaire de l'Orléanais (aquitanien) et le calcaire d'Étampes (stampien).

Le sol recouvrant le tout est composé de lœss ou limons[1] déposé à l'époque glaciaire du Würm ; cette couche est d'une épaisseur de l'ordre du mètre. C'est la très grande richesse en complexes argile-humus-calcium qui donne la fertilité au sol de la Beauce.

Climat[modifier | modifier le code]

Un climat océanique doux et stable donne des températures moyennes maximales de 25 °C de été et minimales de 0 °C en hiver[4].

Pluviométrie, hydrographie[modifier | modifier le code]

La pluviosité de la Beauce varie entre 400 et 900 mm/an (moyenne nationale 700 mm/an)[4].

Deux bassins versants s'y rencontrent : le bassin Loire-Bretagne et le bassin Seine-Normandie[1].

Le réseau hydrographique de surface se limite à quelques cours d'eau : l'Essonne et l'Eure (affluents de la Seine) s'écoulent respectivement vers le nord et vers le nord-ouest et le Loir (affluent de la Loire) s'écoule vers l'Ouest.

La nature perméable du sol ne retient pas l'eau en surface[5]. Le sous-sol calcaire, par contre, est aquifère et a permis la formation de la nappe phréatique de Beauce. Elle est à l'origine de nombreuses résurgences telles que la Fontaine Sainte Radegonde à Cour-sur-Loire, la source des Eaux Bleues à Tavers ou la Fontaine Rabelais à Saint-Ay.

Hydrogéologie[modifier | modifier le code]

La nappe phréatique de Beauce est la réserve d'eau potable la plus étendue en Europe, avec une surface de près de 9 000 km2 s'étendant sur six départements. Ses réserves sont estimées à près de 20 milliards de mètres cubes, en quoi elle totalise beaucoup moins que la nappe phréatique de la Plaine du Rhin (35 milliards de mètres cubes sur la partie alsacienne seulement - source APRONA).

Ses limites sont la Seine et la Rémarole (affluent rive gauche de la Seine) au nord, le Loing à l'est, la Loire au sud, et le Loir à l'ouest[1] .

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Beauce n'est pas réservé au vaste plateau céréalier qui s'étend au sud de l'Île-de-France. En fait beauce est le nom d'un certain nombre de parcelles ou lieux-dits, non seulement en Île-de-France, mais en Orléanais, en Berry: le terme désigne toujours des plateaux défrichés. Il est issu du mot gaulois belsa cité notamment par un grammairien latin du Ve siècle comme ayant le sens de campus, c'est-à-dire "espace découvert"[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Lors de fouilles archéologiques préalables à la construction de l'Autoroute A19, une faux gauloise datant du IIIe siècle av. J.-C. a été découverte à Chevilly en 2009.

Au Moyen Âge, les plaines de la Beauce étaient parmi les plus importantes et les plus prospères d'Europe occidentale[7].

Les faucheuses-javeleuses, présentées à l'Exposition universelle de 1878, ne commencent à se répandre en Beauce que vers 1890. Elles ne lient pas les javelles (gerbes)[8].

Le battage du grain s'effectue mécaniquement avec une « trépigneuse » ou « terpigneuse » : une charrette porte une sorte de tapis roulant entouré d'une cage. Un cheval placé dans la cage est contraint à activer les rouleaux du tapis en marchant lorsqu'on incline la charrette - mais il se fatigue vite et il faut changer souvent de cheval. Ce battage mécanique perdurera longtemps après les débuts de la batteuse à vapeur[8].

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Traditionnellement appelée le « grenier de la France »[8] (grenier à blé), la Beauce est toujours essentiellement une vaste étendue de cultures céréalières, oléagineuses colza et protéagineuses, avec également de la betterave sucrière et de la pomme de terre.

La partie céréalière de la production est diversifiée sur plusieurs types de cultures[9] :

  • Blé tendre, pour la meunerie et l'alimentation animale, qui représente plus d'un tiers de la production agricole,
  • Orge, pour les secteurs de la brasserie et de l'alimentation animale,
  • Maïs, pour l'amidonnerie et l'alimentation animale.

La production des autres céréales, comme le seigle, ou l'avoine, largement moins répandue en Beauce, est destinée aux semenciers et à la meunerie. La production de semences, en Beauce, est plus tournée vers le secteurs des plantes potagères. Elle constitue l'exemple d'un espace dédié aux cultures intensives et industrielles.

L'élevage n'est pas absent de l'agriculture beauceronne, avec la production bovine, équine, et de volailles[9].

Voies de communication[modifier | modifier le code]

La région est traversée par de grands axes de communication comme l'autoroute A 10 et la ligne du TGV Atlantique. Le viaduc de l'aérotrain y subsiste au sud-ouest.

Énergies[modifier | modifier le code]

Depuis 2005, la Beauce accueille, notamment en Eure-et-Loir le long de l'autoroute A10, un important parc d'éoliennes[10].

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Jean de La Fontaine s'est moqué des Orléanais dans son poème La Beauce. (en ligne)

Selon Rabelais, l'appellation "Beauce" viendrait de la légende de Gargantua, qui un jour, ayant traversé la région sur sa jument, entra dans une forêt infestée de mouches. La jument, enervée par la présence des insectes, tua toutes les bêtes avec sa queue et - arracha tous les arbres. C'est alors que Gargantua s'écria "Oh ! Que c'est beau ce !", d'où le nom.

Gaston Couté, poète libertaire beauceron, évoque sa région natale dans plusieurs de ses textes.

La Beauce a été chantée par Charles Péguy dans Présentation de la Beauce à Notre-Dame de Chartres[11].

Marcel Proust passa une partie de sa jeunesse chez une tante à Illiers en Eure-et-Loir, à la limite de la Beauce et du Perche ; sous le nom de Combray, cette petite ville sert de décor à sa suite romanesque À la recherche du temps perdu.

C'est à Rognes (Romilly-sur-Aigre), petit village de la Beauce profonde, que se situe la majeure partie de l'action du roman La Terre d'Émile Zola.

Une région québécoise (Canada) porte également le nom de Beauce et fut nommée d'après la région française[12].

Les Chauffeurs d'Orgères rendirent célèbre la commune du même nom. Un feuilleton sur cette bande, parut dans le journal "Le Gâtinais" en 1907 ou 1908[13].

André Gilbert conte la Beauce avec plus de cent textes en patois dans L'Haritage du temps pardu ou l'amour de la terre, recueil publié par Corsaire Éditions.

Communes beauceronnes[modifier | modifier le code]

Les villes principales sont Chartres, Châteaudun et Étampes.

Liste de communes 

Arrou, Artenay, Auneau, Aunay-sous-Auneau, Berchères-les-Pierres, Brou, Cercottes, Champigny-en-Beauce, Champhol, Charsonville, Chartainvilliers, Chevilly, Coinces, Coltainville, Corancez, Coulmiers, Dammarie, Dimancheville, Ruan, Épernon, Epieds-en-Beauce, Fresnay-le-Comte, Hanches, Houx, La Bourdinière-Saint-Loup, Luisant, Lucé, Lèves, Le Coudray, Maintenon, Mainvilliers,Maisons, Marolles-en-Beauce, Mévoisins, Mignières, Morancez, Orgères-en-Beauce, Ouzouer-le-Marché, Patay, Pussay, Pierres, Rozières-en-Beauce, Saint-Péravy-la-Colombe, Saint-Piat, Saint-Sigismond, Sainville, Santeuil, Sougy, Terminiers, Ver-lès-Chartres, Voves, Villeau, Yermenonville, .

Établissements intercommunaux

Eure-et-Loir

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Étude géologique de la nappe de Beauce, par J. Broussaud, Institut Français de l’Éducation.
  2. a et b Mottet (Gérard), Géographie physique de la France, PUF, p. 260.
  3. AGRESTE: statistique, évaluation et prospective agricole
  4. a et b Climat de la Beauce, par Marie-José Broussaud, INRP, juillet 2009.
  5. La Brie - Territoires et Lieux d'Histoire : comparaison physique Beauce - Brie.
  6. – Marianne Mulon –Noms de lieux d’Île-de-France, Bonneton, Paris, 1997 (ISBN 2862532207)
  7. Pastoureau 1992, p. 7
  8. a, b et c Le Loiret autrefois - images retrouvées de la vie quotidienne, par Muguette Rigaud. Ed. Horvath, Coll. Vie quotidienne autrefois.
  9. a et b divers types de productions céréalières
  10. Les éoliennes et développement durable en Eure-et-loir, sur le site du gouvernement.
  11. Charles Péguy, La Tapisserie de Notre-Dame, Présentation de la Beauce à Notre-Dame de Chartres,‎ 1913 (lire en ligne)
  12. Beauce, Commission de toponymie du Québec, consulté en ligne le 21 septembre 2011.
  13. Ils étaient de leur village…, par Gérard Boutet. Ed. Jean Cyrille Godefroy, 1990. p. 145.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Pastoureau, La Guerre de Cent Ans et le redressement de la France : 1328-1492, Larousse-Sélection du Reader's Digest,‎ 1992, 172 p. (ISBN 2-03-799073-1)
  • Allan Anchisi, "Étonnantes histoires d'Oysonville, un village beauceron", Editions du net, 2013

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]