Place de la Bastille

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4e, 11e, 12e arrts
Place de la Bastille
Place de la Bastille vue depuis le 4e arrondissement ; au centre la colonne de juillet et à droite l'opéra Bastille.
Place de la Bastille vue depuis le 4e arrondissement ; au centre la colonne de juillet et à droite l'opéra Bastille.
Situation
Arrondissements 4e, 11e, 12e
Quartier Arsenal
Roquette
Quinze-Vingts
Morphologie
Longueur 215 m
Largeur 150 m
Historique
Création 27 juin 1792
Ancien(s) nom(s) Place de la Porte Saint-Antoine

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Place de la Bastille
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48° 51′ 11″ N 2° 22′ 10″ E / 48.8530918, 2.3695634

La place de la Bastille est une place de Paris, lieu symbolique de la Révolution française, où l'ancienne forteresse de la Bastille fut détruite entre le 14 juillet 1789 et le 14 juillet 1790.

Histoire de la place[modifier | modifier le code]

La Bastille[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : La Bastille et Prise de la Bastille.
Plaque apposée sur un immeuble, côté 4e, indiquant la position de l'ancienne forteresse par rapport à la place actuelle.

Une bastille, fortification placée sur les remparts de Paris, est construite de 1370 à 1383 sous Charles V, dont les contours des murailles orientales de forteresse sont marqués aujourd'hui par pavage spécial visible sur la partie ouest de la place.

Transformée en prison par Richelieu, la Bastille est prise d'assaut le 14 juillet 1789 par la population du Faubourg Saint-Antoine, ce qui est considéré habituellement comme le premier acte de la Révolution française.

De cet épisode majeur de l'histoire de France date le caractère symbolique de cette place, lieu de nombreuses manifestations politiques[1].

Lieu de danse[modifier | modifier le code]

Le 14 juillet 1790, l'entrepreneur privé Palloy organise une fête parallèle à la Fête de la Fédération : une tente est plantée au milieu des ruines avec un écriteau « ici on danse », il s'agit du premier bal du 14 juillet qui demeurera une tradition jusqu'à nos jours. Cette tente est représentée sur une peinture à la gouache sur carton, pièce du musée Carnavalet, de Henri-Joseph Van Blarenberghe, ancien peintre militaire, qui a également peint des images de la prise de la bastille[1].

Dès le 16 juin 1792, il est décidé que l’emplacement de la Bastille formerait une place dite « de la Liberté » et qu’une colonne y serait élevée. Palloy, l'entrepreneur de travaux qui avait démoli la forteresse, fournit la première pierre, mais la construction en reste là. Une fontaine est néanmoins installée en 1793.

Installation de la guillotine sur la place de la Bastille[modifier | modifier le code]

Du 9 au 14 juin 1794, la guillotine fut installée sur la place, dégagée des restes de la forteresse de la Bastille, appelée désormais place Antoine. Les citoyens réclamèrent son déplacement à la place du Trône-Renversé (actuelle place de la Nation).

Le nombre de personnes guillotinées sur la place de la Bastille est de 75.

L'éléphant de la Bastille[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Éléphant de la Bastille.
La colonne de juillet
La place de la Bastille réaménagée avec en son centre un éléphant, projet initial.

Napoléon, dans ses projets de réaménagement de Paris, projeta en 1808 d’y construire un monument en forme d’éléphant portant un Howdah (sorte de palanquin en forme de tour), pour en faire le pendant, à l'est de Paris, de l'Arc de Triomphe construit à l'ouest. Il devait mesurer 24 mètres de haut et être fondu avec le bronze des canons pris aux Espagnols. On devait accéder au sommet par un escalier logé dans une patte.

L'architecte Jean-Antoine Alavoine commença les travaux en 1833, mais seule une maquette en plâtre grandeur nature due au sculpteur Pierre-Charles Bridan fut élevée. Le roman de Victor Hugo Les Misérables nous en conserve le souvenir, par l’abri qu’il fournit à Gavroche. Ce monument fut abattu en 1846, il n'en reste que la base circulaire de la fontaine.

La Colonne de Juillet[modifier | modifier le code]

Article détaillé : colonne de Juillet .

Louis-Philippe décida en 1830 de construire la Colonne de Juillet, déjà prévue en 1792, mais pour, cette fois, commémorer la révolution des Trois Glorieuses. Elle fut inaugurée en 1840[1].

Gare de la Bastille[modifier | modifier le code]

La gare de la Bastile vers 1900.
Article détaillé : Gare de Paris-Bastille.

La gare de la Bastille ou gare de Paris-Bastille était une ancienne gare parisienne, ouverte de 1859 à 1969. Elle était la tête de la ligne reliant Paris à Verneuil-l'Étang, appelée « ligne de Vincennes » pour indiquer que sa construction avait été contemporaine de celle du fort de Vincennes. Après l'arrêt de l'activité ferroviaire, le bâtiment voyageurs de la gare de la Bastille servit de lieu d'expositions artistiques jusqu'à sa destruction, en 1984, lorsque l'opéra Bastille fut construit à son emplacement.

Les combats lors de la Commune en 1871[modifier | modifier le code]

La place de la Bastille en 1871

Le 24 mai 1871, les communards tentèrent de détruire la Colonne de Juillet, comme ils avaient réussi à mettre à bas la Colonne Vendôme. À partir du Canal Saint-Martin, ils engagèrent sous la voûte sur laquelle repose la Colonne une péniche remplie de pétrole. Des flammes de près de 50 mètres de long sortirent par les extrémités des tunnels, et d'autres grimpèrent en haut de la Colonne. Finalement on tira sur la colonne près d'une trentaine d'obus depuis le pont d'Austerlitz et des Buttes Chaumont, mais en vain, la Colonne restait intacte[2],[3].

Monuments et sites[modifier | modifier le code]

Le célèbre Édicule Guimard qui donnait accès à la station Bastille du métro de Paris a été détruit en 1962

Activités et manifestations[modifier | modifier le code]

Manifestation initersyndicale, 22 mai 2008

La place de la Bastille est le lieu régulier de différentes foires, concerts, et marchés. La Troisième République, en officialisant la fête nationale française en 1880, en fait un lieu de manifestation républicaine[1].

Elle est très appréciée les vendredis et samedis soirs par la jeunesse de la banlieue parisienne pour ses nombreux cafés, restaurants, cinémas et boîtes de nuits.

La place de la Bastille est le point de départ, de passage ou d'arrivée de nombreuses manifestations sociales, politiques ou syndicales. Ce fut le cas le 24 mars 1984 lors des grandes manifestations de soutien à l'École libre[4]. Le 18 mars 2012, date symboliquement choisie du début de la Commune de Paris, un rassemblement est organisé par le candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon dans le cadre de la campagne présidentielle de 2012.

Colonne de Juillet pendant la Marche des fiertés.

La symbolique est également reprise sur ce même lieu lors de la célébration des victoires socialistes aux principales élections. Ce fut par exemple le cas le 10 mai 1981, à la suite de l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République et le 6 mai 2012 à la suite de l'élection de François Hollande.


La place de la Bastille est aussi traditionnellement le point de rassemblement du défilé annuel de la Gay Pride depuis les années 1980, et particulièrement depuis le milieu des années 1990, avec des records d'affluence entre 200 000 et 700 000, selon les sources[5].

Randonnées[modifier | modifier le code]

Chaque dimanche après-midi depuis 1998, si la météo le permet, une grande randonnée à roller, organisée par l'association Rollers et Coquillages, démarre à 14 h 30 des abords immédiats de la place, pour un trajet sécurisé d'une vingtaine de kilomètres dans les rues de Paris. Cette randonnée est devenue un rendez-vous incontournable des adeptes du roller venant du monde entier.

Voies partant de la place de la Bastille[modifier | modifier le code]

Dans le sens des aiguilles d'une montre en commençant face à l'ange de la colonne :

Transports en commun[modifier | modifier le code]

La Bastille, un pôle important des transports en commun parisiens depuis leur origine ; ici les installations de la compagnie générale des omnibus vers 1900.

La Place de la bastille est desservie par :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Héloïse Bocher, Démolir la Bastille. L’édification d’un lieu de mémoire, Vendémiaire,‎ 2012, 224 p. (ISBN 2363580303)
  2. http://ecrits-vains.com/ballades/balade25/balade25.html
  3. http://www.luminous-lint.com/app/image/5574328605592956013577337/
  4. Jacques Valette, Guerres mondiales et conflits contemporains, Presses universitaires de France, ISSN 0984-2292, p. 6.
  5. Affluence record à la Gay Pride, Le Parisien, 28 juin 2009.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]