Europe

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Europe
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L’Europe est une région terrestre qui est considérée par les géographes soit comme un continent à part entière, soit comme l’extrémité occidentale du continent eurasiatique, voire comme une des sous-parties du super-continent de l’Afro-Eurasie. Elle est parfois appelée le « Vieux Continent », par opposition au « Nouveau Monde » (l'Amérique). Sur le plan culturel, l'Europe a reçu une multiplicité d'influences au cours des âges, et comprend de nombreux pays qui possèdent à la fois un héritage commun, des différences linguistiques, religieuses et historiques, et des apports récents venus depuis la mondialisation. À ce titre, l'Europe est un espace de civilisation forgé par une histoire millénaire. Une communauté de peuples, de différents États, tend à se constituer politiquement avec l'Union européenne.

L'Europe, et plus particulièrement la Grèce et la Rome antiques, est le berceau de la civilisation occidentale. Entre le XVIe siècle et le XXe siècle, les nations européennes ont contrôlé à plusieurs reprises l'ensemble du continent américain, la quasi-totalité de l'Afrique, l'Océanie et de grandes parties de l'Asie. L'Europe est également à l'origine de plusieurs bouleversements historiques majeurs, comme la Renaissance, les grandes découvertes, le siècle des Lumières et la révolution industrielle.

Étymologies et acceptions anciennes[modifier | modifier le code]

Étymologies[modifier | modifier le code]

Deux étymologies concurrentes sont le plus souvent proposées :

  • La première étymologie provient de l'usage par les marins phéniciens des deux mots Ereb, le couchant, et Assou, le levant pour désigner les deux rives opposées de la mer Égée : d'une part la Grèce actuelle et d'autre part l'Anatolie (Ἀνατολή signifiant pareillement, en grec, le levant). La première mention connue de ces mots sémitiques se trouve sur une stèle assyrienne qui distingue Ereb, la nuit, le [pays du soleil] couchant, et Assou, le [pays du soleil] levant. Ces deux mots sont probablement à l'origine des deux noms grecs Eurôpè et Asia dans leur acception géographique antique[1]. En grec, dans un hymne à Apollon datant d’environ 700 avant notre ère, Eurôpè représente encore, comme Ereb, le simple littoral occidental de l’Égée. La mythologie grecque perpétuerait l’origine sémitique du mot en en faisant le nom d’une princesse phénicienne.
  • Selon une étymologie purement grecque, "Europè" (ευρωπη) pourrait provenir de deux mots grecs : eurýs et ṓps. Le premier, εὐρύς, signifie soit large, qui s'étend en largeur, soit vaste, qui s'étend au loin[2]  ; le second, en grec ancien ὤψ, signifie soit regarder en face, regard, soit œil[3]. Le terme signifie "[celle qui a] de grands yeux" et devient un prénom féminin, donné à plusieurs personnages mythologiques grecs, et notamment à la fameuse princesse Europe enlevée par Zeus déguisé en taureau (voir ci-après au paragraphe "mythologie").

Ces deux étymologies très bien étayées sont sans doute toutes les deux vraies et l'assimilation de la princesse mythologique au concept géographique ne repose au fond que sur un jeu de mots. D'ailleurs, selon la mythologie grecque, la jeune princesse ne pose jamais le pied sur le continent du côté grec désigné par le terme géographique Eurôpè puisque Zeus la dépose en Crète (Voir l'article détaillé : Europe fille d'Agénor).

Selon une tradition moins souvent évoquée, le héros Europs, fils d'Ægialé (le fondateur de la future Sicyone), et petit-fils du dieu-fleuve Inachos et de la nymphe Océanide Mélia, aurait fondé une cité nommée "Europe" d'après son nom, et se serait taillé un petit pays en Macédoine nommé lui aussi "Europe". Ce nom aurait pris de l'ampleur au fil des nombreuses invasions et extensions des peuples.[réf. nécessaire]

Selon les archéologues spécialistes de l'Empire Hittite[4], les noms des deux continents Europe et Asie viendraient de deux royaumes voisins de l'Empire Hittite situés de part et d'autre de l'actuel Bosphore. Avrupa correspondant approximativement à la Thrace aurait donné le nom Europe tandis que Assuwa installé dans le quart nord-ouest de l'actuelle Turquie anatolienne aurait donné le nom Asie. Il faut remarquer que la langue turque actuelle utilise toujours le vocable Avrupa pour désigner l'Europe.

Homonymie[modifier | modifier le code]

Europos est aussi le nom du village de naissance macédonien du général d'Alexandre le Grand puis satrape Séleucos Ier, fondateur de la dynastie des Séleucides dont l'empire s'étendait de l'actuelle Syrie à l'actuel Iran. Séleucos Ier donne le nom de son village d'origine à la grande cité de Doura Europos qu'il fonde sur les bords de l'Euphrate à l'est de la Syrie actuelle vers 300 av. J.-C..

Acceptions anciennes de l'Europe géographique[modifier | modifier le code]

Carte de la Thrace antique indiquant la province d’Europe.

Dans son acception géographique, le mot a d'abord désigné la Grèce continentale. La première fois que le terme « Europe » est mentionné dans les écrits pour désigner un continent, c'est vers 590 avant J.-C., par Hésiode, dans sa Théogonie. Depuis l'année 500 avant J.-C., sa signification comprend toutes les terres situées au nord[réf. nécessaire].

Au Ier siècle, Varron[5] évoque une bipartition du monde au niveau du Bosphore, les parties situées au nord-ouest du détroit constituant l’Europe, celles situées au sud-est, l’Asie.

Au IVe siècle après J.-C., le mot « Europe » désigne l’une des six provinces du diocèse de Thrace, et son territoire correspond approximativement à celui de la Thrace orientale turque actuelle.

Acceptions anciennes de l'Europe politique[modifier | modifier le code]

Dans l'Antiquité, les Grecs donnent un premier sens politique au mot Europe lorsqu'ils sont confrontés aux invasions venant d'Asie, principalement lors des guerres avec l'empire perse. Selon Jacqueline de Romilly, "la victoire de Salamine a bel et bien empêché la Grèce de basculer sous la coupe de l'Asie (...) les Grecs ont eu alors pour la première fois le sentiment de défendre une civilisation contre une autre."[6] "Eschyle, dans sa tragédie Les Perses a bien mis en valeur comme Hérodote une donnée fondamentale : "Les grecs se régissent eux-mêmes et n'obéissent qu'a une loi tandis que les peuples asiatiques sont soumis à l'arbitraire d'un homme."[6]

C'est sous les Carolingiens que l'on commence à considérer l'Europe comme une entité politique face à Byzance et aux pays musulmans[7] : lors de la bataille de Poitiers en 732, les « gens d'Europe » s'opposent à leurs adversaires, Charlemagne est appelé le « phare de l'Europe », son petit-fils le « prince de l'Europe », le pape Jean VIII le « recteur de l'Europe » etc.

Selon John Hale, le mot « Europe » existait déjà avant le XVIe siècle pour désigner un continent distinct de l’Afrique et de l’Asie, mais il n’était connu que des lettrés. L’utilisation du mot par les habitants de l’Europe ne s'est généralisée qu’à partir du XVIe siècle, c’est-à-dire lorsque la Renaissance était déjà bien engagée. Cependant, lors de la Renaissance, les lettrés n'utilisaient pas le terme d'« Europe » pour désigner la forma mentis qu'elle prenait d'elle-même.

Mythologie[modifier | modifier le code]

L'Enlèvement d'Europe, Antonio Marziale Carracci.
L'enlèvement de la nymphe Europe par Zeus sous la forme d'un taureau est un mythe, qui donnera nom à un continent et à des peuples.

Dans la mythologie grecque, plusieurs Europé sont connues :

Une tradition répandue considère que le nom du continent est celui d’Europe fille d'Agénor (en grec ancien Εὐρώπη / Eurṓpē), personnage mineur de la mythologie grecque, fille d’Agénor, roi de Tyr, et de Téléphassa, et sœur de Cadmos, Phénix et Cilix. Une autre tradition ferait d'Europe la sœur de Libye.

Selon un mythe d'origine crétoise, cette princesse phénicienne jouait sur le bord de la mer lorsque Zeus se métamorphosa en un taureau blanc pour la séduire et l'emporta sur l'île de Crète. Elle y aurait donné naissance à trois fils : Minos, Rhadamanthe et Sarpédon. Zeus maria ensuite Europe à Astérion, futur roi de Crète, qui éleva les fils de Zeus.

Hérodote mentionne existence d'une tradition qui voit en elle l’origine de la dénomination d’un continent que, pourtant, elle n’aborda pas. En effet, Europe passa d'Asie Mineure en Crète, et de Crète en Lycie. L'historien met vigoureusement en doute l'assignation au continent européen du nom d'une phénicienne[réf. nécessaire]. Il refuse le vieux mythe crétois et considère l'Europe, qu'il assimile de préférence à la Grèce, comme un prolongement continental en opposition avec la Libye, qui représente l'Afrique et l'Asie.

Géographie de l’Europe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie de l'Europe.
Image satellitaire de l'Europe.
Cartes historiques Europa 1000.

Les limites terrestres de l'Europe ont toujours été imprécises à l'est car il n'existe pas de limite clairement définie, de relief, ou de mer venant clairement scinder l'Eurasie. De plus, il ne faut pas confondre les notions d'Europe géographique et territoriale, d'une part, et celle de zone d'influence de la culture occidentale, d'autre part, ces notions étant surtout politiques (certains pensent d'ailleurs à ce propos qu'à l'instar du Commonwealth britannique, l'Union européenne pourrait être définie selon l'étendue de la culture euro-occidentale à travers le monde).

Depuis l'Antiquité jusqu'au règne du tsar Pierre le Grand (16821725), la limite orientale de l'Europe est fixée au fleuve Tanaïs (aujourd'hui appelé le Don). Pierre le Grand mène une politique de réorientation de l'Empire russe vers l'Europe, en fondant Saint-Pétersbourg capitale ouverte sur la mer Baltique et en chargeant Vassili Tatichtchev de déplacer vers l'Est la frontière de l'Europe. Ce dernier choisit le massif de l'Oural et le fleuve Oural. Au sud-est, la mer Caspienne, le massif du Caucase, la mer Noire et le détroit du Bosphore séparent l'Europe du Proche-Orient. Au sud et au sud-ouest, la Méditerranée et le détroit de Gibraltar séparent l'Europe de l'Afrique. Le continent est bordé à l'ouest par l'océan Atlantique et au nord par l'Arctique. Sont considérées européennes l'Islande (située géologiquement sur la séparation Europe-Amérique), et les principales îles de la Méditerranée ; le cas de Chypre est toutefois particulièrement sujet à débat, à la fois sur les plans géographique, culturel, politique et historique.

Les cas de la Russie et de la Turquie sont emblématiques du hiatus politico-géographique. Ces deux nations ayant la plus grande partie de leur territoire en Asie (Russie) et au Moyen-Orient (Turquie), le plan politique ne recoupe pas le « plan » géographique premier. Ainsi, si la Russie est occidentale par sa culture, son histoire et une part de son territoire, son centre de gravité fait d'elle un quasi-continent, s'étendant du Pacifique jusque dans l'Europe. Le cas est plus complexe pour la Turquie, celle-ci possédant la majeure partie de son territoire au Moyen-Orient, et possédant par l'histoire une culture mixte entre la culture occidentale et moyen-orientale.

Une citation célèbre de Paul Valéry résume bien l'ambiguïté de la délimitation stricte des frontières est et sud-est de l'Europe, puisqu'il décrit l'Europe comme le « petit cap du continent asiatique »[8]. Par ailleurs, il a proposé sa propre définition de l'Europe : ce serait l'ensemble des régions ayant subi la triple influence :

  • de l'hellénisme (philosophie, raison, république et démocratie, art et technique, science, humanisme) ;
  • de la romanité (latin, importance du droit, rapport essentiel aux textes et à l'écriture, gestion administrative des territoires, impérialisme expansif) ;
  • du christianisme (monothéisme, valeurs morales de pardon et d'amour de son prochain, missionnarisme moral expansif) ;

le tout formant depuis la Renaissance le fonds culturel commun de la philosophie humaniste européenne.

Quelques îles de l'Atlantique (Madère, Açores), que la géographie ne rattache pas à ce continent, sont considérées comme européennes par l'origine de leur peuplement et de leur culture. C'est aussi le cas du Groenland, qui appartient au Danemark. Certaines anciennes puissances coloniales d'Europe occidentale ont conservé quelques territoires en dehors du continent dont les habitants sont européens, et intégrés à différents niveaux au sein de l'Union européenne, comme les départements et territoires d'outre-mer pour la France.

L'Europe a une superficie d'un peu plus de 10 millions de kilomètres carrés, précisément 10 392 855 km2. Cela représente un tiers de l'Afrique ou un quart de l'Asie ou de l'Amérique.

On peut distinguer cinq grandes régions géographiques : l'Europe de l'Ouest, l'Europe centrale, l'Europe du Sud, l'Europe de l'Est et l'Europe du Nord.

L'organisation de l'espace montre un cœur économique, la « banane bleue » ou mégalopole européenne, qui comprend notamment l'Europe rhénane ainsi que les périphéries européennes.[réf. nécessaire]

Les frontières orientales de l'Europe sont avant tout politiques : la limite de l'Oural est due aux cartographes du tsar Pierre Ier le Grand au XVIIIe siècle. De même, la frontière fut déplacée des hautes crêtes du Caucase vers la mer Caspienne au début du XIXe siècle pour justifier l'annexion de la Géorgie et de l'Arménie dans l'Empire russe. D'un point de vue plus scientifique, si l'on se réfère à la tectonique des plaques, l'Europe et la partie continentale de l'Asie ne sont qu'un seul et même continent, dénommé Eurasie. Aussi, quelques géographes éminents, tels qu'Alexander von Humboldt, considéraient-ils l'Europe comme une simple péninsule de l'Asie.

Dans la vision purement anthropologique du XXe siècle, « la pensée classique des anthropologues » étendait « le substratum biologique des populations européennes au-delà des frontières politiques de l'Europe » et établissait « d'abord la présence d'une commune humanité » sans établir « une conjonction entre identité politique, identité culturelle et identité biologique »[9]. L'Europe anthropologique comprenait donc non seulement l'Europe géographique mais aussi toutes les populations « europoïdes » du pourtour méditerranéen (Proche et Moyen-Orient, Afrique du Nord). Ainsi pour Marc Sauter « les frontières que tracent le géographe et l'historien ne signifient pas grand-chose… En fait, sur le plan anthropologique, l'Europe déborde largement les mers méridionales, la chaîne du Caucase et les steppes russes pour englober toute une humanité. Racialement, l'Europe est partout où la peau de l'homme est blanche »[10].

Carte de l'Europe géographique présentant les reliefs.

Climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Météorologie de l'Europe.

Le climat européen est conditionné notamment par son étalement en latitude du 36e au 71e parallèle nord, soit plus de 4 000 kilomètres entre les espaces scandinave et méditerranéen. De ce fait, le contraste de température est considérable entre l'extrême nord, moyenne annuelle −5 °C environ comme dans l'archipel de Nouvelle-Zemble, et l'extrême sud, moyenne annuelle 18,7 °C environ pour la Crète.

L'Europe dispose d'une vaste zone côtière, et l'influence océanique atlantique et méditerranéenne contribuent à modérer les températures sur une bonne partie de l'Europe. Elle est située à l'est et au sud de l'Atlantique nord-est dont la température est notablement attiédie par la dérive nord-atlantique. Du fait de sa latitude, la majeure partie du continent est soumise au flux d'ouest dont la température a été auparavant adoucie par son passage sur cette partie de l'océan. Ce flux d'ouest n'est pas contrarié dans sa progression vers l'est en raison des grandes plaines largement ouvertes vers l'ouest dans la partie moyenne de l'Europe.

En toutes saisons, ce flux est tempéré et porteur de perturbations assurant des pluies régulières. Au fur et à mesure de sa progression à l'intérieur des terres, ce flux subit les influences continentales : il devient moins tempéré et s'assèche progressivement, les précipitations devenant moins régulières. Vers l'est, les hautes pressions hivernales prennent de l'importance, font barrage au flux océanique et sont la source d'épisodes très froids et secs. Au nord, les montagnes scandinaves font obstacle aux vents d'ouest et entrainent un climat continental froid sur la partie orientale de la Scandinavie. Le flux océanique voit également son importance climatique diminuer au sud de l'Europe, à cause de la latitude, des hautes pressions estivales, et des barrières montagneuses conséquentes qui s'interposent la plupart du temps en direction de la Méditerranée.

Les climats d'Europe d'après la classification de Köppen-Geiger[11]. La majeure partie de l'Union se trouve dans la zone tempérée, ce qui n'empêche pas les phénomènes climatiques extrêmes[12],[13].

Tous ces facteurs expliquent la répartition des climats européens[13]

Climat polaire[modifier | modifier le code]

La bordure de l'océan Arctique connait un climat polaire sans véritable été (température de juillet inférieure à 10 °C, ET dans la classification de Köppen) avec des précipitations faibles. L'hiver est froid ou très froid avec une température moyenne de janvier qui s'abaisse à -20 °C vers l'est, il est assez perturbé du fait du voisinage de la mer.

Climat océanique froid[modifier | modifier le code]

  • Les littoraux du nord-ouest, la bordure côtière de la Norvège, les îles au nord de l'archipel britannique, l'Islande connaissent un climat océanique frais avec une température moyenne dépassant 10 °C pendant moins de 4 mois (Cfc dans la classification de Köppen). Les précipitations sont abondantes, généralement plus de 1 000 mm par an et souvent beaucoup plus dès qu'il y a des reliefs un peu importants. Les pluies sont réparties en toutes saisons avec un maximum d'automne ou d'hiver. Les tempêtes d'automne et d'hiver sont très fréquentes. Bien qu'agité, l'hiver reste « tempéré » par rapport à la latitude, entre −3 °C et °C pour le mois le plus froid. L'été est frais et la température moyenne de juillet est comprise entre 10 °C et 14 °C.

Climat océanique tempéré[modifier | modifier le code]

  • Toujours sur le domaine littoral mais plus bas en latitude, depuis les Îles britanniques jusqu'aux Charentes, en passant par la bordure côtière des Pays-Bas, de la Belgique, de la France s'étend un climat océanique bien caractérisé, avec une faible amplitude entre l'hiver et l'été et une température moyenne qui augmente du nord vers le sud mais assez homogène par rapport à l'étalement en latitude. Dans cette zone, le flux océanique modère les températures, les pluies sont fréquentes et régulières en toutes saisons avec cependant un maximum d'automne au nord et d'hiver au sud. Le total des précipitations annuelles, plus modéré que dans le type précédent, est compris entre 700 mm et 1 000 mm sauf sur les massifs côtiers (Écosse, Pays de Galles, Cordillère Cantabrique) où ce total peut largement dépasser 2 000 mm. Les tempêtes automnales et hivernales sont fréquentes mais un peu moins que dans la zone précédente. En hiver, par rapport à la latitude, le gel et la neige sont relativement rares ainsi que les fortes chaleurs en été. Les étés sont tempérés avec une température moyenne qui dépasse 10 °C pendant plus de 4 mois, Cfb dans la classification de Köppen. Pour le mois le plus chaud la température est comprise entre 15 °C et 19 °C du nord au sud, celle du mois le plus froid de °C à 10 °C du nord-est au sud-ouest.

Climat océanique à continental[modifier | modifier le code]

Printemps à Szczecin, dans la partie nord-ouest de la Pologne

À l'est de cette zone, le climat, encore modéré par l'influence de l'océan, connaît une altération de ses caractéristiques quand on s'éloigne du littoral. La limite avec le domaine précédent est assez floue, cependant on peut considérer qu'à partir de quelques dizaines de kilomètres du littoral, dans la vaste zone de plaines ou de moyennes montagnes qui va du bassin parisien au sud de la Scandinavie, à l'ouest de la Pologne et limitée par les contreforts des Alpes suisses et autrichiennes au sud, le climat est assez homogène sur une grande étendue. Il se continentalise peu à peu tout en conservant des caractéristiques modérées par rapport à la latitude (comme précédemment Cfb selon Köppen), les pluies deviennent un peu moins régulières, leur volume diminue progressivement, entre 500 et 700 mm en plaine, 800 à 1 500 mm sur les reliefs. Les pluies sont réparties très uniformément tout au long de l'année avec un maximum pluviométrique qui tend à devenir plutôt estival. Les tempêtes automnales et hivernales voient leur importance diminuer au fur et à mesure que l'on s'éloigne de l'océan, mais ne sont pas exclues. L'amplitude entre l'hiver et l'été ainsi que la fréquence des épisodes de température extrêmes augmentent progressivement mais les moyennes restent modérées par rapport à la latitude. La température du mois le plus chaud est comprise entre 17 °C et 20 °C du nord au sud, celle du mois le plus froid de °C à −3 °C de l'ouest vers l'est. En France, cette zone correspond aux appellations traditionnelles de climat "parisien", "semi-océanique d'abri".

  • Un peu plus au sud, des Asturies à l'Aquitaine jusqu'à une partie des Balkans hormis la plaine du Pô, le climat est encore océanique ou semi-océanique (Cfb dans la classification de Köppen), mais se distingue par ses températures d'été plus élevées (moyenne de juillet de 19 °C à 22 °C) et par une multiplication des climats locaux du fait du relief beaucoup plus compartimenté. Les précipitations peuvent être importantes à proximité des reliefs exposés aux flux humides ou bien réduites dans les bassins abrités. Les étés sont plus orageux que dans le type précédent avec des précipitations plus irrégulières. Mais la chaleur moyenne de juillet reste en dessous de 22 °C et l'été connaît encore des périodes de rafraîchissement épisodiques, ce qui est un trait des climats océaniques. Les hivers restent doux à proximité de l'océan mais nettement plus froids vers l'Europe centrale. La température du mois le plus froid (janvier le plus souvent) est comprise entre °C et −3 °C de l'ouest vers l'est. En France, cette zone correspond aux appellations traditionnelles de climat "aquitain", "semi-océanique d'abri".

Climat continental[modifier | modifier le code]

À l'est des deux domaines précédents, à partir de la Pologne orientale, la façade orientale de la chaine scandinave et les confins de l'océan Arctique au nord jusqu'à l'Oural vers l'est, jusqu'à la mer Noire, le Caucase et la Caspienne au sud apparaît le climat continental. L'hiver est froid avec blocage fréquent du flux océanique par l'anticyclone continental générateur d'épisodes très froids et secs. La moyenne de janvier va de −3 °C de l'ouest à −20 °C vers le nord-est. L'été, l'anticyclone continental disparaît et le flux atlantique pénètre plus librement à l'intérieur du continent, l'été est encore frais au nord mais il est de plus en plus chaud vers le sud — 10 °C en juillet à la frontière du domaine polaire, jusqu'à 25 °C près de la mer Caspienne (au nord, où les étés sont frais, nous sommes dans le domaine Dfc de Köppen, Dfb plus au sud là où la moyenne dépasse 10 °C durant au moins 4 mois). Les saisons intermédiaires sont courtes. Les pluies sont plus irrégulières avec un maximum de printemps ou d'été. Au nord du domaine, les étés sont assez pluvieux et restent frais avec une évaporation modérée, la sécheresse d'été est modérée. Vers le sud, la chaleur augmente ainsi que l'irrégularité des pluies, la sécheresse relative d'été s'intensifie et les abords de la Caspienne connaissent un climat steppique (BSk selon Köppen).

Climat montagnard[modifier | modifier le code]

Les montagnes (Alpes, Pyrénées, Carpates, chaines balkaniques, Caucase, Alpes scandinaves) connaissent le climat montagnard qui correspondent à peu près à celui des plaines environnantes mais modifiés par l'altitude. Celle-ci provoque un abaissement de la température, en toutes saisons mais davantage en été qu'en hiver et une augmentation des pluies pour les versants exposés aux vents pluvieux. Les reliefs multiplient les climats locaux du fait des différences d'expositions au soleil et du fait de la modification du régime des vents qu'ils induisent.

Climat subtropical humide[modifier | modifier le code]

Dans la plaine du Pô et dans les Balkans bordant la mer Noire, les chaines de montagnes font barrage au flux océanique, la chaleur estivale s'accentue avec une température moyenne de juillet supérieure à 22 °C, les précipitations deviennent plus importantes en été. Selon la classification de Köppen, ce climat est appelé tempéré à étés chauds (Cfa). Les hivers sont assez variables, de assez doux comme sur les côtes occidentales de l'Adriatique, à assez froid (Bulgarie, Roumanie), mais toujours avec une température moyenne de janvier supérieure à -3 °C. La température du mois le plus froid est comprise entre °C et −3 °C de l'ouest vers l'est. Les influences océaniques concernent peu cette zone. Le cumul annuel des précipitations s'assèche progressivement vers l'est. Les pluies, encore réparties sur toute l'année, prennent cependant une importance estivale marquée, notamment sous forme d'orages.

L'ensoleillement en Europe (nombre d'heures par an)

Climat méditerranéen[modifier | modifier le code]

Les régions bordant la Méditerranée (majeure partie de l'Espagne, Sud-Est de la France, Italie hors les Alpes et la plaine du Pô, la Croatie, la Slovénie, l'Albanie, la Grèce et les îles méditerranéennes) connaissent un climat méditerranéen, Csa et Csb d'après Köppen. À l'écart du flux océanique humide du fait des montagnes et de la latitude, ce climat est caractérisé par une sécheresse estivale et un ensoleillement nettement plus importants que dans les domaines précédents. Les pluies ne sont pas souvent apportées par le flux atlantique mais la plupart du temps par des perturbations qui se développent sur place, alimentées par l'air méditerranéen, ces perturbations sont moins nombreuses que les perturbations océaniques mais les pluies qu'elles apportent sont copieuses et parfois excessives. Le total pluviométrique annuel des régions méditerranéennes est à peu près le même que pour les domaines précédents mais la répartition des précipitations est beaucoup plus irrégulière. L'été est à peu près sec surtout près des cotes et dans le sud, les pluies de printemps et d'automne sont prédominantes au nord du domaine méditerranéen et celles d'hiver au sud. Suivant les effets d'abris ou au contraire suivant les effets de couloir induits par les reliefs environnants, ce domaine est calme ou au contraire très venté (mistral, tramontane, bora, etc.). Les températures hivernales sont douces sauf en moyenne montagne, 5 à 11 °C en janvier, de l'intérieur vers la côte et du nord vers le sud. L'été est chaud 22 °C à 27 °C en juillet du nord vers le sud, à l'exception du domaine Csb dont les températures sont comprises entre 19 et 22 °C. Le domaine Csb (Galice, nord du Portugal) reste une source de débats. Certains auteurs veulent le rattacher au domaine océanique en raison d'étés modérément chauds. Cette zone conserve toutefois des traits méditerranéens marqués (une sécheresse d'été entraînant des feux de forêt réguliers, un ensoleillement élevé comparé aux régions océaniques…).

Fleuves et rivières[modifier | modifier le code]

L'Europe est assez bien arrosée par des fleuves et rivières, et pratiquement aucune zone n'est en stress hydrique.

Trois fleuves d'Europe, le Rhin, le Rhône, et le , prennent leur source dans les Alpes, quelquefois appelées pour cette raison le « château d'eau de l'Europe » (au moins de sa partie occidentale). Le Rhin se jette dans la mer du Nord, le Rhône dans la mer Méditerranée et le Pô dans la mer Adriatique. Le Danube prend sa source dans la Forêt-Noire et se jette dans la mer Noire. L'Elbe se jette dans la mer du Nord. La Vistule et l'Oder se jettent dans la mer Baltique. Le Dniepr, fleuve de plaine, se jette dans la mer Noire. La Volga et l'Oural se jettent dans la mer Caspienne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'Europe.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Carte représentant la diffusion des langues indo-européennes 4000 et 1000 av. J.-C. selon l'hypothèse kourgane.

Des fouilles réalisées ces dernières années en Géorgie puis en Bulgarie permettent de dire que le genre Homo existe en Europe depuis environ 1,5 million d'années. Il est en effet probable que ses représentants aient peuplé l'Europe depuis le Caucase en suivant la voie danubienne.

On appelle anténéandertaliens les populations qui ont vécu en Europe il y a 800 000 à 400 000 ans. Ils sont notamment représentés par l'homme de Tautavel (- 450 000 ans), le « Français le plus ancien ».

Les premières traces de peuplement néandertalien en Europe remontent à 300 000 ans. Cette espèce humaine, très spécialisée, semble n'avoir existé qu'en Europe et au Proche-Orient. Elle a disparu il y a près de 30 000 ans.

L'homme moderne (dont l'origine africaine fait remonter les premières traces à 120 000 ans en Afrique) apparaît en Europe il y a 40 000 ans, représenté notamment par l'homme de Cro-Magnon.

Vers 6900 avant J.-C., on assiste à la formation de la mer Baltique.

Vers 6000 avant J.-C, la Méditerranée pénètre l'actuel détroit des Dardanelles, puis celui du Bosphore. Il s'ensuit, vers 5500 avant J.C, la formation de la mer Noire qui auparavant était un lac d'eau douce dont le niveau était beaucoup plus bas que celui de la mer Noire actuelle.

Entre 5500 et 4800 ans avant J.-C., la première culture Indo-européenne est attestée dans la steppe pontique, au nord de la mer Noire: c'est la culture de Samara. Ces Proto-indo-européens propageront leur langue, leur culture, leurs croyances et leurs codes à travers toute l'Europe. Ils sont les premiers êtres humains à domestiquer le cheval ce qui facilita leur expansion.

Ils parlaient à l'origine une langue ancienne appelée indo-européen commun par les linguistes et qui a été partiellement reconstituée. C'est de cette langue que provient l'immense majorité des langues parlées aujourd'hui en Europe (Albanais, Baltes, Celtes, Germains, Grecs, Latins, Slaves, Arméniens).

Aux IVe et IIIe millénaires, la civilisation des mégalithes s’est développée (dolmens, menhirs). Elle conserve encore son mystère.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Reconstitution de l'Acropole d'Athènes à l'époque romaine.

Ce serait aux Grecs que l'on doit le mot Europe, attesté pour la première fois au VIe siècle av. J.-C. Il semble qu'il ait d'abord désigné pour eux la région continentale située au nord du golfe de Corinthe, puis les terres qu'ils découvraient peu à peu au nord du bassin méditerranéen.

Sur les rives de la mer Méditerranée, l'essor de la Grèce s’est produit ce que la tradition européenne appela ensuite le legs de la Grèce à l'Europe, « la source grecque » pour Simone Weil ou encore le miracle grec : « tout ce que les Grecs ont reçu des Barbares, ils ont chaque fois fini par le perfectionner », disait Platon. En effet, à travers leurs créations, ils ont marqué toutes les générations notamment avec l'Université, le conservatoire de nos connaissances qui remonte à l'académie de Platon, la politique avec l’éveil de la démocratie et le droit, puis développé la philosophie et la science, la littérature, la poésie, la peinture, la musique et l’ensemble des formes artistiques. La civilisation grecque antique qui a duré 12 siècles a durablement marquée les cultures européennes qui lui ont succédé.

Plus au nord se développent des civilisations protohistoriques, essentiellement les Celtes et les Germains.

Les Celtes s'installent primitivement sur les territoires contemporain de la Tchéquie, de la Slovaquie, de l’Autriche, du sud de l’Allemagne, de la vallée du Rhin, de l’est de la France et plus tard se prolonge vers la Grande-Bretagne, l’Irlande et l’Espagne. Civilisation du bronze, du fer et de l’or, ils apportent aussi leurs coutumes funéraires qui consistent à incinérer les cadavres et à conserver leurs cendres dans des urnes : « les champs d’urnes ». Mais « l’Europe celte » est au cours du VIIe siècle av. J.-C. submergée par les Germains en Europe centrale et les Romains jusqu’au mur d’Hadrien en Écosse. À l’aube du Moyen Âge, leur culture ne survit plus qu’en Cornouailles, au pays de Galles, en Irlande, en Écosse et en Bretagne. Cette culture a laissé des traces dans les mentalités, les tournures d’esprit et les modes de vie. Dans les régions épargnées par les invasions du IIIe au VIIe siècle, elle a permis de préserver l’érudition chrétienne (Irlande). Elle nous a laissé ses cycles épiques tels « le cycle d’Arthur au pays de Galles », avec les thèmes de la « quête » et de l’Enchanteur Merlin.

Le commencement des Germains se situe vers le deuxième millénaire en Suède méridionale, au Danemark et en Allemagne du Nord entre la Weser et l’Oder. À partir du Ve siècle avant notre ère, ils habitent toute l’Allemagne et l’Europe centrale jusqu’à l’Ukraine. Ils se morcèlent en trois groupes : le nordique, celui des Scandinaves ; l’Osique, celui des Goths, des Vandales, des Burgondes, etc. ; enfin les Westiques (occidentaux), celui de l’Allemagne, du Jutland et des Pays-Bas. Ils ont transmis oralement la grande épopée des Nibelungen, les légendes des Elfes et des nains de Blanche-Neige qui ont fasciné et fascinent encore aussi bien les enfants que les adultes.

Plus au Sud, vient celui de la civilisation romaine, héritière de l’influence de l’hellénisme. Les Romains sauront emprunter dans cette richesse, l’adapter et construire à leur tour : « Les Romains se sont inspirés des textes grecs mais ils les ont peu traduits. Ils adaptent, repensent, réécrivent dans le cadre de leurs références culturelles (Rémi Brague dans voie romaine). » Horace écrivait que « la Grèce captive captiva son farouche vainqueur et introduisit les arts dans le rustre Latium ». Les Romains ont été défini l'humain à partir de l'homme avec Cicéron, ce qui sera le propre de l’humanisme, mais à partir de la divinité des dieux puis christianisée avec Constantin et Théodose. L’avènement du christianisme et son implantation progressive de Rome sur toute l’Europe mettront fin au paganisme antique. La constitution de l'Empire romain marqué par « Rome, Athènes et Jérusalem permettent une unité européenne dont le centre politique et économique est la Méditerranée, et dont les langues administratives sont le latin et le grec.

La lente désagrégation de cet empire et son incapacité à résister face aux incursions répétées des peuples germaniques entraînent sa dislocation puis l'effondrement de sa moitié occidentale. Divers peuples germaniques accaparent alors le pouvoir dans de nouvelles entités territoriales aux frontières mouvantes, préludes à la création des actuels États européens de l'Ouest.

À l'est, l'Empire romain d'Orient, qui a pour capitale Constantinople, subsiste et se métamorphose en un empire chrétien d'Orient où les habitants s'éternisent à se considérer « Romains ». « La romanité a aussi été revendiquée par Byzance, en tant que continuation de l’Empire romain, et seconde Rome[14]. Et c'est ainsi que les Romains sont devenus les souverains de l'Europe.

Enfin, les peuples germaniques font émerger une « nouvelle Europe » au Moyen Âge : l’Europe carolingienne qui seconde aussi l'Empire romain. Les peuples germaniques insufflent l’esprit démocratique par leurs assemblées « d’hommes libres »[15] ou les Francs qui a été un modèle d’unité et de droit pour le Moyen Âge.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Charlemagne, le « Père de l'Europe[16]. »

D'abord dominée par l'Empire romain, l'Europe occidentale connait une première unité politique. Mais sa lente déliquescence la livre à la désunion et à l'émergence de nations parfois éphémères, au gré des invasions et conquêtes, alors que les liens entre places commerciales européennes émergent.

Poursuivant la politique de conquête de ses prédécesseurs francs, Charlemagne étend son royaume. Sa politique d'expansion rejoint le désir de la papauté romaine d'asseoir la christianisation de l'Europe et la prépondérance de l'évêque de Rome par rapport aux patriarches coptes et orthodoxes. Le jour de Noël de l'an 800, Charlemagne est couronné empereur des Romains par le pape Léon III, à Rome, en la basilique Saint-Pierre. Cette union entre pouvoir temporel et religieux vise à réunir l'Europe sous un empire chrétien qui rappelle l'unité de l'Empire romain. De son vivant, Charlemagne se fait appeler Pater Europae (« père de l'Europe »), et parfois Europa vel regnum Caroli (l'Europe, ou le royaume de Charles).

L'Europe de Charlemagne est d'abord franco-germanique et chrétienne, mais le rôle de Rome y est essentiellement religieux, la capitale de ce nouvel empire devenant Aix-la-Chapelle. L'Empire romain y est une source d'inspiration forte, et la langue latine y est privilégiée. Charlemagne tente une réunification avec l'Empire byzantin vers l'an 800 mais il échoue, et, au cours des siècles, les relations avec Constantinople se détériorent jusqu'au schisme religieux.

L'empire d'Occident se désagrège rapidement après la mort de Charlemagne. En 962, Otton Ier crée le Saint-Empire romain germanique, mais celui-ci ne peut s'étendre, contrecarré par la permanence de royaumes anciennement constitués, la France et l'Angleterre surtout, par ses luttes avec la papauté, puis par le développement de l'Empire ottoman lors de l'époque moderne.

L'Empire byzantin, chrétien mais de culture essentiellement grecque, connaît d'importantes fluctuations de sa force et par conséquent de l'emprise de son territoire. Celui-ci s'étendra à son apogée sur une grande partie du rivage méditerranéen, d'abord sous Justinien, puis sous les empereurs macédoniens, du IXe au XIe siècle.

La montée en puissance des musulmans, puis le schisme de 1054 entre le catholicisme et l'orthodoxie - suivi d'une croisade dirigée en 1202 à son encontre - affaiblissent l'Empire d'Orient. Il est dépecé morceau par morceau par l'Empire ottoman avant de disparaître lors de la chute de Constantinople en 1453.

C'est le terme de Chrétienté qui, durant quelques siècles, unit culturellement plusieurs monarchies européennes catholiques, via les croisades, alors que le mot "Europe" disparaît des propos et des esprits.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Article connexe : Époque moderne.

L'axe européen Bruges/Venise est déplacé à la fin du Moyen Âge. À l'époque où l'Empire byzantin s'effondre, la Reconquista espagnole touche à sa fin. L'année 1492 est celle de l'Espagne, avec la reconquête du dernier royaume maure (Grenade) en péninsule ibérique et le premier voyage de Christophe Colomb, sous l'égide des Rois catholiques qui va ouvrir la voie à l'établissement des hégémonies européennes.

Le rêve d'un grand empire européen renaît au XVIe siècle lors de l'affrontement entre François Ier et Charles Quint, qui tous deux se disputent le trône du Saint-Empire. Grâce à l'appui des banquiers Fugger, Charles Quint l'emporte, se retrouvant à la tête d'un domaine très vaste, mais aussi très morcelé. Les diverses guerres menées contre la France ne donnent aucun résultat : durant deux siècles, le découpage de l'Europe va évoluer au gré des alliances matrimoniales et des guerres entre États. C'est face à la montée en puissance de l'Empire ottoman qu'une union des États chrétiens d'Europe apparaît : « Nous tenons de Gadès à l’Isler, une zone qui s’étend entre les deux mers et qui est la très courageuse et la très puissante Europe. Là, si nous nous unissions, nous ne serions pas seulement égaux à la Turquie, mais supérieurs à toute l’Asie » (Luis Vives).

Mais ce ciment du christianisme catholique, qui donnait un semblant d'union à cette Europe, éclate en morceaux avec la Réforme (ou plutôt les Réformes), dont l'impact politique est considérable, permettant néanmoins la formation des Provinces-Unies et de la Confédération suisse. Les guerres de religion, la guerre de Trente Ans, les guerres de Louis XIV rythment les XVIe et XVIIe siècles. Les traités de Westphalie (1648) et celui du traité des Pyrénées en 1659, redessinent durablement la carte politique de l'Europe et l'équilibre des forces en présence.

L'Époque moderne est marquée par un renforcement des nationalismes en tous genres. C'est aussi l'époque où l'Europe s'étend très loin de ses frontières par la constitution des premiers empires coloniaux sur le continent américain, puis en Inde.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Article connexe : Époque contemporaine.
Carte de l'Europe de 1843 montrant la multitude d'États issus du Congrès de Vienne

La Révolution française inaugure un bouleversement politique très important : les idées démocratiques apparaissent sur le devant de la scène et les campagnes de Napoléon Ier puis le Congrès de Vienne vont remodeler profondément la carte de l'Europe et les mentalités. Honoré de Balzac a cette déclaration optimiste dans Le Bal de Sceaux, (1830) : « Le seizième siècle n'a donné que la liberté religieuse à l'Europe, et le dix-neuvième lui donnera la liberté politique[17]. »

À la fin d'un long processus, le XIXe siècle voit se réaliser l'unité de l'Italie (de 1861 à 1870) et de l'Allemagne (en 1871), ainsi que la constitution de plusieurs nouveaux pays dans les Balkans, issus du démembrement de l'Empire ottoman, appelé alors « l'homme malade de l'Europe ».

C'est aussi l'apparition de nouveaux mouvements politiques prônant plus d'égalité (socialismes), voire le démantèlement du pouvoir des États (anarchismes). Ces idées se diffuseront par la suite, et avec plus ou moins de retard, largement hors des frontières de l'Europe.

La domination politique et économique de l'Europe sur le reste du monde s'est affirmée après qu'elle a bouleversé son économie lors des révolutions industrielles, développant sa productivité et amorçant une forte explosion démographique. Leur avance technologique, et notamment militaire, permit aux pays européens, en concurrence les uns contre les autres, d'étendre leur emprise sur les autres continents. Cette colonisation connut son apogée au début du XXe siècle (cet apogée s'achève en 1914), avant que les deux guerres mondiales ne bouleversent l'ordre établi.

La Seconde Guerre mondiale et la domination nazie laissent l'Europe exsangue. Alors que la suprématie des pays européens occidentaux disparaît au profit de deux nouvelles superpuissances (les États-Unis et l'Union soviétique), des rébellions se développent dans les colonies, aboutissant à l'indépendance de nombreux pays, notamment au cours du troisième quart du XXe siècle.

Parallèlement, alors que l'excédent démographique de l'Europe était tel qu'elle constituait un réservoir d'émigration massive tout au long du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les pays du continent furent confrontés à une stabilisation, voire une régression démographique à partir de la Première Guerre mondiale. Cela, combiné au développement continu de l'économie, dont principalement l'industrie de production et de transformation, provoqua un appel de main d'œuvre qui transforma l'Europe en une terre d'immigration, notamment au cours des Trente Glorieuses. Au même moment, la construction de l'Union européenne crée un marché commun entre États européens et une grande stabilité sur le continent.

Démographie[modifier | modifier le code]

Population[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Européens.
Évolution de la population européenne[réf. nécessaire]
Année Population
1150 50 000 000
1300 73 000 000
1400 45 000 000
1750 140 000 000
1800 187 000 000
1850 266 000 000
1900 420 000 000
1950 549 043 000
2000 729 105 000
2010 740 308 000
2013 742 452 000

En 2005, le Conseil de l'Europe soulignait que depuis quelques décennies l’UE doit sa croissance démographique à l'immigration qui, dans les années 2000 est devenue le premier, puis le seul facteur d’augmentation de la population totale de l’UE. Ainsi deux millions de personnes sont venues s'installer en Europe en 2004 alors que l'accroissement naturel était négatif de 63 000 personnes.

L’Europe est au début du XXIe siècle le troisième foyer de peuplement derrière la Chine et l'Inde, avec des densités de populations parmi les plus élevées au monde dans certaines zones des Pays-Bas, de la Belgique, du Royaume-Uni, de l’Allemagne ou de l'Italie, d’autant que l’exode rural s’est renforcé ainsi que l’attractivité des littoraux avec des populations de plus en plus urbaines. En 2007, 70 millions de personnes, soit 16 % de la population de l'UE, résident dans des communes côtières[18].

Histoire démographique récente[modifier | modifier le code]

Évolution démographique des pays européens (2009).

Malgré les dizaines de millions de morts des deux guerres mondiales, l’Europe a connu une période d’explosion démographique aux XIXe et XXe siècles, qui s’est accompagnée d’une forte pression sur l’environnement et les ressources non renouvelables (cf. empreinte écologique, empreinte énergétique, pression urbanistique, pollutions, etc.). Depuis quelques décennies, la population européenne tend à se stabiliser, à la suite d'une forte diminution de la natalité, qui reste toutefois encore largement compensée par la natalité de certains pays, par le recul de l’âge auquel les femmes font leurs premiers enfants, et surtout par une immigration régulière.

L'immigration est le premier moteur de la croissance dans une Union européenne à la population vieillissante. Le boom économique des années 1950-1960 avait poussé l'Europe à faire appel à une immigration massive, souvent issue de ses ex-colonies. Les Chinois, Indiens et Africains constituent l'un des principaux flux d'immigrants non originaires de l'UE. Après les Turcs, les Marocains forment le plus gros contingent[19].

Les études prospectives pour 2050 varient d’une population diminuant de 3 % (dans l'hypothèse d'un ISF remontant à 2,34), à -22 % voire -50 %. Les experts parlent alors de retournement démographique[20] ou d'hiver démographique. Que la diminution soit due à la natalité est un phénomène inédit jusqu'à nos jours dans le monde. Ces chiffres ci-dessus doivent tous être utilisés avec prudence, la prospective démographique ayant toujours été prise en défaut et pouvant elle-même influer en retour sur les comportements individuels et collectifs et sur les politiques de soutien à la natalité ou à l’immigration. Pour d'autres, la population de l'Union européenne (UE) serait de 470 millions de personnes en 2050 selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), et 506 millions en 2060 selon Eurostat. La population de l'UE dépasserait ainsi celle des États-Unis (468 millions de personnes en 2060 selon le Centre américain d'études sur l'immigration)[21].

Disparités géographiques[modifier | modifier le code]

Toutefois, la situation démographique diffère pour chaque pays européen. Les pays de l'Europe de l'Est se sont inquiétés des évolutions démographiques dès les années 1960 et ont mis en place des politiques d'encouragement à la natalité. Cependant, les moyens utilisés, comme l'interdiction de l'avortement, n'auraient pu être acceptés au même moment en Europe de l'Ouest. Ces mesures n'ont d'ailleurs généralement pas produit d’effet satisfaisant ; et si la Pologne a maintenu sa population au cours de la période communiste, l'influence de l'Église catholique, qui imprègne la société polonaise, a sans doute été plus efficace que la politique nataliste.

Pour les pays d'Europe de l'Ouest, personne ne se risque, entre autres en Allemagne, à mettre sur la place publique l'évolution de la population sur la longue durée. Pour les responsables, tout passe par la politique d'immigration. Ils ne veulent pas toucher au tabou de la politique familiale en faveur de la fécondité, compte tenu du poids de la mauvaise conscience des années hitlériennes. La situation démographique empire en Europe pourtant : un rapport annuel sur la situation démographique des pays membres demandé autrefois par les autorités communautaires a été abandonné depuis 2000, désormais remplacé par un « Rapport social », où l'on communique à propos de chômage et de pauvreté sans jamais plus effleurer la dimension démographique. Autrement dit, l'UE s'interdit de voir la situation démographique de ses pays membres[22].

La croissance démographique s’est globalement poursuivie pour les 28 États membres de l'Union européenne, mais la population décroît dans certains pays, notamment en Europe de l'Est. Ce déclin démographique semble plus important et plus rapide dans les ex-pays de l’Est, dans quelques pays où la pauvreté et le renforcement des inégalités ont suivi l’effondrement du communisme, et aussi dans les régions touchées par la catastrophe de Tchernobyl (la Biélorussie qui a reçu 70 % environ des retombées d'iode et de césium radioactifs et connaît depuis 20 ans le plus fort taux d’avortement et le taux d’abandon d’enfants y est élevé).

Langues[modifier | modifier le code]

Avec plus de 720 millions d'habitants et sur une surface réduite pour une moyenne d'une langue pour 4,3 millions d'habitants, l'Europe bénéficie d’une grande richesse ethnoculturelle et une pluralité de langues. Les cultures germaniques, slaves, latines et finno-ougrienne sont traduites par la diversité des langues parlées : 128 langues et dialectes ont des racines indo-européennes ; latines et grecques au sud, germaniques au nord et au nord-ouest ; slaves à l'est et en Europe centrale, seul le groupe des langues finno-ougriennes (regroupant le finnois, estonien et le hongrois) et la langue basque ne font pas partie des langues indo-européennes.

Administrativement, l’allemand, l’anglais, le russe, le français, l'espagnol et l’italien dominent mais l’Europe est linguistiquement beaucoup plus riche puisque les 50 États européens (tous souverains, hormis Gibraltar) de la grande Europe géographique regroupent 35 langues officielles, enrichies de 225 langues secondaires non officielles. À tel point qu'Umberto Eco dit : « la langue de l'Europe, c'est la traduction ». Andreas Kaplan décrit l'Europe comme "offrant un maximum de diversité culturelle en un minimum de distance géographique"[23]. Ces précédents chiffres peuvent paraître élevés, mais ils ne représentent que 3 % du total des langues vivantes encore parlées sur la planète.

En Europe de l’Ouest (France, l’Espagne, Royaume-Uni, Italie, etc.) les langues vernaculaires sont souvent régionales et minoritaires, parfois au bord de l’extinction, mais certaines (breton, alsacien, basque, flamand, le dernier étant un dialecte du néerlandais, sont plus reconnues, et enseignées en France, plutôt à l’Université, mais parfois dès l’enfance : école Diwan en Bretagne). En Espagne, c’est le cas du basque, du catalan et du galicien. Pour le Royaume-Uni, c’est le gallois, le gaélique écossais, le scots et l’irlandais. Le français est reconnu en Italie dans le Val d’Aoste, comme le sont le féroïen aux îles Féroé, ou le frison aux Pays-Bas, etc.

Une langue unique n’est officiellement parlée que dans 3 petits États[réf. nécessaire] : l’Islande (où l’on parle islandais), le Liechtenstein (où l'on parle allemand), et la République de Saint-Marin (où l'on parle italien). L'État de la Cité du Vatican (plus petit État européen) est un cas à part : l’italien y est la langue véhiculaire, le latin (réputé langue morte) y est la langue juridique, le français y est la langue diplomatique (le Vatican se fait enregistrer comme État francophone auprès des organisations internationales), et l'allemand est la langue en usage dans l'armée (la Garde suisse). - Les autres États comptent tous plusieurs langues vernaculaires, tant dialectes que langues à part (plus ou moins reconnues et souvent non enseignées) et jusqu’à plus de 10 pour l'Allemagne (21 langues), l'Azerbaïdjan (13), la Bulgarie (11), l'Espagne (14), la France (25), l'Italie (33), la Roumanie (14), le Royaume-Uni (12). La vaste Russie regroupe à elle seule 43 langues à statut officiel sur son territoire.

Certaines langues régionales, sans statut officiel (bien que doublant parfois les noms de communes ou de rues) persistent et sont parfois protégées et enseignées, souvent avec le soutien de collectivités locales ou régionales (breton, corse, occitan en France, sarde en Italie, lapon en Scandinavie).

Les systèmes d'écriture en Europe reposent sur l'alphabet latin (sous diverses variantes), l'alphabet grec, l'alphabet cyrillique (sous diverses variantes).

Aux langues originaires des pays d’accueil s’ajoutent les langues maternelles des populations circulantes (Roms), migrantes ou réfugiées, et tout particulièrement l'arabe, le berbère, le turc, l'hindî, etc.

L'Europe a été confrontée au cours de son histoire aux besoins de langues véhiculaires. Ainsi la lingua franca, langue composite (mélange d'arabe, de français, portugais, espagnol, italien), a été utilisée au XIXe siècle par les marins et dans les ports de la Méditerranée. De nombreux projets de langues construites sont apparus en Europe, avec notamment la création de l'espéranto en 1887, seule langue construite devenue langue vivante.

Religions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Religion en Europe.
Répartition des religions majoritaires en Europe, parmi les croyants

Sur une population totale d'environ 730 millions d'habitants en 2010, l'Europe compte environ 255 millions de catholiques (35 %)[24], 197 millions d'orthodoxes (27 %)[24], 102 millions de protestants (14 %)[24] et 44 millions de musulmans (6 %)[25]. Les personnes n'ayant pas de religion ou pratiquant une autre religion sont environ 132 millions (18 %). Selon l'historien Geert Mak il existe au moins quatre communautés de culture et de traditions en Europe : la protestante du Nord, la catholique latine, la grecque orthodoxe et l'ottomane musulmane[26].

Le christianisme est la religion dominante en Europe et y est divisée en trois grandes confessions, (protestantisme, orthodoxie et catholicisme), réparties géographiquement de la façon suivante :

Les catholiques sont majoritaires dans 23 pays[24], les orthodoxes dans 13 pays[24], les protestants dans 9 pays[24], les musulmans dans 5 pays (Albanie, Azerbaïdjan, Bosnie-Herzégovine, Kosovo et Turquie)[25], les "sans religion" dans 2 pays (République tchèque et Pays-Bas).

Il existe des minorités religieuses à l'intérieur de ces grands ensembles dont la plus importante est l'islam avec 44 millions de musulmans soit près de 6 % de la population européenne totale[25] :

Politique[modifier | modifier le code]

Les pays qui ont tout ou partie de leur territoire en Europe ou sont culturellement rattachés à l'Europe (selon les limites géographiques définies plus haut) sont au nombre de 51 :

  • 44 pays ont tout leur territoire en Europe :

Albanie, Allemagne, Andorre, Autriche, Belgique, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Kosovo, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Malte, Moldavie, Monaco, Monténégro, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Saint-Marin, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Ukraine et Vatican.

  • 5 pays sont en partie en Europe, en partie en Asie :

Azerbaïdjan, Géorgie, Kazakhstan, Russie et Turquie.

  • 2 pays sont culturellement rattachés à l'Europe, bien que situés en Asie :

Arménie et Chypre.

Les pays en Europe.

Évolution du nombre d'États européens depuis 1789[modifier | modifier le code]

Le nombre d'États souverains en Europe, qui s'élevait à plus de trois cents en 1789, était encore d'une soixantaine en 1815, au lendemain du congrès de Vienne. Après l'unification de l’Italie et de l’Allemagne, ce nombre était tombé à 19 en 1871 (20 avec la Turquie, qui contrôlait encore la majeure partie de la péninsule des Balkans). Il passa à 22 en 1878, lorsque le congrès de Berlin reconnut l'indépendance de la Roumanie, de la Serbie et du Monténégro. S'y ajoutèrent ensuite la Norvège (1905), la Bulgarie (1908) et l’Albanie (1912).

En 1914, l'Europe comptait donc 25 États généralement reconnus comme indépendants, non compris le Saint-Siège, l'Ordre de Malte et le territoire neutre de Moresnet : Albanie, Allemagne, Andorre, Autriche-Hongrie, Belgique, Bulgarie, Danemark, Espagne, France, Grèce, Italie, Liechtenstein, Luxembourg, Monaco, Monténégro, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni, Russie, Saint-Marin, Serbie, Suède, Suisse. La forme de gouvernement la plus répandue était la monarchie, puisque qu'on ne dénombrait alors que quatre républiques (la France, le Portugal, la Suisse et Saint-Marin) - huit en tenant compte des villes libres de Brême, Hambourg et Lübeck, inféodées à l'Empire allemand, et de la république monastique du mont Athos, placée sous le protectorat politique de la Grèce.

À la fin de l'année 1945, le nombre d'États était passé à 31 : Albanie, Allemagne, Andorre, Autriche, Belgique, Bulgarie, Danemark, Irlande, Espagne, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Islande, Italie, Liechtenstein, Luxembourg, Monaco, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni, Saint-Marin, Suède, Suisse, Tchécoslovaquie, URSS, Vatican, Yougoslavie. Plus de la moitié d'entre eux (19 sur 31) étaient encore des monarchies, y compris l'Albanie, la Bulgarie, l'Espagne, la Grèce, la Hongrie, l'Irlande, l'Italie et la Roumanie qui vivaient alors sous un régime transitoire. Depuis 1975, le nombre de monarchies s'est maintenu à douze, à savoir sept royaumes, un grand-duché, trois principautés et un État pontifical.

Parmi les nombreux États qui connurent une existence éphémère au lendemain des deux guerres mondiales, on peut citer les républiques autonomes de Rhénanie et du Palatinat (1923/1924), les villes libres de Dantzig (1920/1939), de Fiume (1920/1924), de Memel (1920/1923) et de Trieste (1947/1954), ainsi que le territoire de la Sarre, qui bénéficia d'un statut particulier de 1920 à 1935 et de 1947 à 1957.

Le nombre d'États européens parut se stabiliser à 34 avec l'accession à l'indépendance de Chypre (1960) et de Malte (1964). Il devait se maintenir à ce niveau jusqu'à la chute du mur de Berlin, en 1989. Après la réunification de l'Allemagne et l'éclatement des anciennes fédérations communistes (URSS, Yougoslavie, Tchécoslovaquie), puis avec la séparation de la Serbie et du Monténégro, le nombre d'États européens officiellement reconnus comme indépendants s'élevait à 45 en 2006 (50 avec l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Géorgie et tout ou partie de la Turquie et du Kazakhstan). Encore ce chiffre ne prend-il pas en compte les nombreux pays ou territoires dont le statut est contesté (Abkhazie, Chypre du Nord, Haut-Karabagh, Kosovo, Ossétie du Sud, Saugeais, Sealand, Seborga, Tchétchénie, Transnistrie)…

Par ailleurs, Israël fait partie de nombreuses associations européennes culturelles ou sportives (UEFA par exemple). L'Algérie, l'Égypte, Israël, le Liban, la Libye, le Maroc, la Syrie et la Tunisie font partie de l'Union européenne de radio-télévision. Le Maroc a participé au Concours Eurovision de la chanson en 1980 et Israël y participe depuis 1973. Ainsi, pour Pierre Beckouche, l’Europe est d’ores et déjà partie prenante d’un vaste ensemble macro-régional, appelé « Euroméditerranée », qui va de la Russie au Maroc en passant par le Moyen-Orient et qui est traversé de flux économiques, culturels et migratoires plus intenses qu'imaginé[30].

L’unité européenne, rêve et réalité[modifier | modifier le code]

L'Europe n'a jamais connu d'unité politique totale. Certaines périodes d'une durée variable ont cependant été marquées par la domination d'une vaste partie du continent par un pouvoir unique, qui s'est en général imposé par la force. Ce fut ainsi le cas de l'Empire romain, de l'empire carolingien, de l'empire napoléonien et du IIIe Reich. Certaines familles royales ont également, par le biais de relations dynastiques, gouverné un grand nombre de pays européens, au premier rang desquelles la famille des Habsbourg[31].

Victor Hugo, des siècles après Andrés Laguna de Segovia, qui, lui se lamentait sur la pauvre Europe déchirée et exsangue, déjà en 1543, a souvent rêvé qu'un jour existeraient les « États-Unis d'Europe », faisant le pendant aux États-Unis d'Amérique. Son discours prononcé le 21 août 1849, à l'occasion de l'ouverture du Congrès de la Paix à Paris, est resté célèbre. Il y évoque une Europe enfin pacifiée, unie sous un même gouvernement. La suite de l'Histoire prouva qu'il s'agissait d'une vision prophétique en avance sur son temps, avec la guerre de 1870 et les deux guerres mondiales.

Mais la "mystique européenne"[32] fut vivement réactivée après la Première Guerre mondiale qui se chargea de démontrer, si besoin était, à un grand nombre d'intellectuels à quel point la guerre était absurde. Seule une Europe unie pouvait éviter le retour de l'horreur. Conscient du déclin de celle-ci face à l'Amérique (Albert Demangeon - 1920), ils cherchent la voie la plus sûre pour unifier le continent.

L'héritage culturel grec, le droit romain et l'unité chrétienne sont conçues par Paul Valéry[33] comme les trois piliers de l'Europe, lors d'une conférence donnée à l'université de Zurich (l'un des premiers adhérents à son mouvement est le jeune maire de Cologne, Konrad Adenauer). Il trouve aussi le soutien de Louis Loucheur et Aristide Briand (qui sera d'ailleurs nommé président d'honneur du mouvement), mais dans l'ensemble les politiques ne le suivent pas et on le soupçonne parfois de travailler pour l'Allemagne. Quoi qu'il en soit le mouvement Pan-Europe est fondé et survivra jusqu'à nos jours (Un membre de la famille des Habsbourg en est aujourd'hui le président). Le même Aristide Briand, alors président du Conseil, pourra s'appuyer sur ce mouvement pour appeler à la création d'une « sorte de lien fédéral » devant l'assemblée de la Société des Nations (SDN) en 1929.

Le 1er mai 1930, en accord avec les instances dirigeantes de la SDN, il remet aux autres gouvernements européens un mémorandum sur « l'organisation d'un régime d'Union fédérale européenne ». Il essuie un refus poli: c'est un échec[34].

La crise et la montée en puissance des totalitarismes étouffent progressivement tout espoir de construction européenne. L'Allemagne nazie conçoit l'Europe selon une vision pangermaniste, raciste et centrée autour d'une grande Allemagne. L'Europe n'est plus qu'un réservoir de matières premières et de main d'œuvre, destinée à nourrir la machine de guerre nazie.

Mais la résistance pense aussi l'Europe, et tandis qu'elle mène le combat intérieur partout en Europe contre le fascisme et le nazisme, ses membres les plus éminents se réunissent afin de dessiner les contours d'une Europe post-seconde guerre mondiale[35]. Après la guerre Churchill appelle à son tour de ses vœux à l'unité européenne et crée un mouvement qui fusionne très peu de temps après avec celui de Coudenhove-Kalergi. Devant ce qui est perçu comme le danger soviétique, les États-Unis lancent un vaste programme de reconstruction de l'Europe avec le plan Marshall. Celui-ci conditionne la formation d'une Europe financière appuyée sur des politiques monétaires concertées (création de l'OECE - Organisation Européenne de Coopération Économique). Il faut désormais attendre la déclaration Schuman du 9 mai 1950 pour assister à la relance du vieux projet d'union européenne, cette fois lancée par étape, en commençant par l'un des secteurs économiques phares pour les Français comme pour les allemands, l'industrie de la houille et de la sidérurgie. En plaçant ces productions sous la houlette d'une Haute Autorité, c'est le consentement prudent mais définitif d'un abandon de souveraineté qui transparaît. La CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier) née le 1er avril 1951 par la signature du Traité de Paris, elle réunit 6 états européens : le Luxembourg, la Belgique, les Pays-Bas, l'Italie, la RFA et la France. L'Europe est en marche[36].

Ainsi, depuis la seconde moitié du XXe siècle, un mouvement d'union politique est en construction, avec pour particularité une mise en place pacifique et démocratique (Même si on l'accuse souvent de s'être faite à l'insu des peuples). La forme actuelle de ce nouveau pouvoir qu'est l'Union européenne n'est cependant pas encore entièrement arrêtée. Il est encore laissé aujourd'hui une grande liberté politique aux pays membres, de plus en plus nombreux. L'Union européenne comprend maintenant 28 États membres, dont 18 faisant partie de la zone euro, zone de souveraineté monétaire commune.

Avec l'Asie, l’Europe est le continent comptant le plus de monarchies (une monarchie pour trois républiques) ; les monarchies européennes sont aujourd'hui toutes de type parlementaire, les souverains n'ayant le plus souvent qu'un rôle symbolique ou un rôle politique non déterminant : ce sont les premiers ministres ou chefs de gouvernement, issus d'une majorité parlementaire, qui sont investis du véritable pouvoir politique[réf. nécessaire].

Organisations supranationales d'États européens[modifier | modifier le code]

Association européenne de libre-échange (AELE) Euroïsation par accord avec l'UE Espace Schengen Espace économique européen Accord de libre-échange centre-européen (ALECE) Conseil de l'Europe Union européenne Zone euro Union douanière de l'Union européenne Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan Union de la Russie et de la Biélorussie Suisse Islande Liechtenstein Norvège Kosovo (UNMIK) Albanie Bosnie-et-Herzégovine Macédoine Monténégro Serbie Moldavie Organisation pour la démocratie et le développement (GUAM) Ukraine Géorgie Azerbaïdjan Kazakhstan Biélorussie Russie Arménie Vatican Saint-Marin Monaco Andorre Turquie Croatie Bulgarie Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord Roumanie Tchéquie Danemark Hongrie Lituanie Pologne Suède Chypre Irlande Autriche Belgique Estonie Finlande France Allemagne Grèce Italie Luxembourg Lettonie Malte Pays-Bas Portugal Slovaquie Slovénie Espagne
Diagramme d'Euler cliquable montrant les relations entre divers accords et organisations multinationaux européens.vdm

→ Pays membres de la zone euro (18 membres) :

→ Pays non-membres de la zone euro (10 membres) :

→ 4 pays non-membres de l'Union européenne, mais ayant signé des accords spécifiques avec celle-ci au sein de l'Union douanière de l'Union européenne :

La Biélorussie et le Vatican sont les deux seuls États européens souverains et indépendants à n'être membres d'aucune organisation supranationale européenne. Cependant, Le Vatican dispose d'un statut d'observateur au Comité des ministres du Conseil de l'Europe et fait également partie de la zone euro, tandis que la Biélorussie est candidate à l'adhésion au Conseil de l'Europe depuis 1993.

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de l'Europe.

L'Europe, ou plus précisément l'Union européenne, est le plus important des pôles de la triade (États-Unis, Union européenne et Japon). Ces pôles centralisent 70 % de la richesse pour 14 % de la population.

Environnement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Biodiversité en Europe.
Exemple de représentation d'une évaluation, ici pour l'Europe, pour ses habitats naturels[37].
Autre exemple d'évaluation, ici pour l'Europe, et pour les espèces.

L'Europe regroupe plusieurs zones biogéographiques et une grande variété d'écosystèmes terrestres et marins, qui ont souvent été intensivement exploités, fragmentés et pollués.

L'Europe a été motrice pour de nombreux états-membres en matière de Droit de l'environnement avec notamment les directives Habitats et Oiseaux, bien que certains états membres (dont la France) les aient tardivement et incomplètement appliquées. Une directive cadre sur l'eau est en cours d'application, des directives sur le sol et la mer sont en projet, et le 1er janvier 2005 est entrée en vigueur la nouvelle norme européenne pour limiter la pollution atmosphérique : les agglomérations de plus de 250 000 habitants de l'Union européenne ne doivent pas dépasser certaines valeurs limites : 50 microgrammes (0,05 mg) de particules par mètre cube d'air ambiant doit être le seuil maximum pour 35 jours par an, et la valeur moyenne annuelle ne doit pas aller au-delà de 40 microgrammes. Cependant, les normes anti-pollution déjà en vigueur n'étaient déjà pas respectées : en 2002, 11 pays sur 15 ont dépassé la marge autorisée.

Depuis 1996, le conseil de l'Europe invite les états à construire ensemble un Réseau écologique paneuropéen et ils doivent appliquer, comme toutes les collectivités la directive 2003/4 concernant l'accès du public à l'information en matière d'environnement, la directive INSPIRE (Infrastructure d’information spatiale en Europe). Un futur Réseau européen de données d'observation et de surveillance (EMODNET / European Monitoring Observation. Data Network) est en construction.

Pour mesurer l'état de l'environnement, les pressions et les réponses, l'UE s'est dotée d'une Agence européenne pour l’Environnement (AEE) qui applique maintenant la méthodologie LEAC (Land and Ecosystem Accounting - Comptabilité des écosystèmes et du territoire). Le système Corine Landcover et d'autres permettent d'harmoniser les cartes européennes de données environnementales.

Bilan : malgré des efforts importants, comme dans la plupart des autres régions du monde, la biodiversité qui y fait l'objet d'évaluations[38] périodiques.
est globalement en recul (sauf pour certaines les espèces plutôt généralistes et banales). Les espèces invasives continuent à gagner du terrain.
Les objectifs européens en matière de lutte contre le changement climatique, et limitation des émissions de gaz à effet de serre, dont celui de -25 % pour 2020 semble difficile à tenir (pour les transports et l'agriculture notamment[39]), la Pologne s'y opposant même[39] avant que le 21 juin 2011, les ministres de l'environnement européens (en Conseil environnement) examinent un nouveau projet de feuille de route pour 2050 (économie européenne bas carbone) présentée par la Commission européenne le 8 mars 2011, confirmant l'objectif du Conseil d'octobre 2009 de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80 à 95 % en 2050 (par rapport à 1990), avec un calendrier de -40 % par rapport à 1990 en 2030, -60 % en 2040 et -80 % en 2050 (un pays s'est encore opposé à ces objectifs)[40].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme culturel tient une place singulière en Europe, elle est une des clés de l'avenir permettant d'assurer une puissante force d'attraction pour l'Europe. Elle touche essentiellement l'audience des musées, des monuments et des évènements culturels. Et donne lieu à des déplacements vacanciers. Par conséquent, elle est une mine de recette considérable pour les pays européens. L'activité touristique s'est notablement enrichie depuis une vingtaine d'années, et les modes de visite des touristes ont beaucoup évolué. Le tourisme étranger en France en est une vivante illustration.

Lieux et monuments célèbres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L’Europe et son mythe : à la poursuite du couchant » de Michael Barry, Revue des deux Mondes, novembre-décembre 1999 (ISBN 978-2-7103-0937-6).
  2. Dictionnaire Anatole Bailly page 854 colonne II : "ευρυς".
  3. Dictionnaire Anatole Bailly, page 2193 colonne III : "οψ".
  4. Ekrem Akurgal et Max Hirmer dans leur ouvrage The art of the Hittites
  5. De Lingua Latina, 5, 31.
  6. a et b Citation tirée de L'idée d'Europe au XXe siècle: des mythes aux réalités, d'Élisabeth Du Réau, Edition Complexe, Paris 2001, page 18 et suivantes, également cité par le dictionnaire étymologique en ligne Etymologie Français Latin Grec Sanskrit[1]
  7. Pierre Riché, Patrick Périn, Dictionnaire des Francs. Les Mérovingiens et les Carolingiens, éd. Bartillat, 2013, p. 234.
  8. http://wikilivres.info/wiki/La_Crise_de_l’esprit
  9. Gilles Boëtsch et Jean-Noël Ferrié, Identité politique, identité raciale : L'impossible construction des frontières de l'Europe, Hermès, nº 23-24, 1999, p. 195
  10. Marc Sauter, Les Races de l'Europe (1952), Payot, 1952, p. 179-180
  11. Kottek et al. 2006
  12. Buchot 2011
  13. a et b Les climats d'Europe d'après la classification de Köppen (voir page 3) http://www.schweizerbart.de/resources/downloads/paper_free/55034.pdf
  14. Rémi Brague, dans Europe, la voie romaine)»
  15. Jacques de Saint Victor, Les racines de la liberté : Le débat français oublié, 1689-1789, 2007
  16. Charlemagne : père de l'Europe, Histoire de France.org
  17. Maximilien de Longueville au Comte de Kergarouët dans Le Bal de Sceaux, édition du Furne de 1845, vol.I, p. 117
  18. Christiane Galus, « L'érosion touche plus du quart du littoral français » Le Monde du 12 aout 2007
  19. National Geographic France N° de mars 2012 p. 22
  20. Jean-Claude Chenais, Que sais-je ?, PUF, Paris[réf. incomplète]
  21. Union européenne : le défi du vieillissement, Le Monde, 2 septembre 2008
  22. Géopolitique de l'Eurasie : le point du vue du démographe, par Jean-Claude Chesnais, Entretien avec Pierre Verluise [lire en ligne]
  23. « Andreas Kaplan: European Management and European Business Schools: Insights from the History of Business Schools, European Management Journal, 2014 »
  24. a, b, c, d, e et f (en)The Pew Forum - Global Christianity
  25. a, b et c (en)The Pew Forum - The Future of the Global Muslim Population
  26. Geert Mak, Voyage d'un Européen à travers le XXe siècle, éd. Gallimard, 2004, Épilogue, p. 956
  27. variable selon les cantons, protestant ou catholique
  28. In Europa leben gegen­wärtig knapp 53 Millionen Muslime, Zentralinstitut Islam-Archiv-Deutschland, 2007
  29. Histoire de l'expulsion des Juifs de Sicile, 1492 / Isidoro La Lumia ; trad. de l'italien par Michel Valensi. - Paris : Allia, 1992. - 73 p. ; 22 cm. ISBN 978-2-904235-53-5
  30. Pierre Beckouche, et Yann Richard, Atlas d’une nouvelle Europe, Ed.Autrement, 2004[réf. incomplète]
  31. Cyrille Debris « Tu, felix Austria, nube ». La dynastie de Habsbourg et sa politique matrimoniale à la fin du Moyen Âge (XIIIe - XVIe siècles), Turnhout, Brepols, « Histoires de famille. La parenté au Moyen Âge », 2005, 674 p. 
  32. Retour sur image : Retrouver une « mystique européenne », par Pierre Moscovici (Forum Libération), 14 novembre 2011
  33. [2]
  34. [3]
  35. Laurent Jalabert, Michel Catala et Nadine Vivier (dir.), Penser et construire l’Europe (1919-1992), Bréal, coll. « Amphi »,‎ 14 novembre 2007, 206 p. (ISBN 978-2-7495-0727-9, présentation en ligne, lire en ligne)
  36. Sylvie Guillaume (dir.), Penser et construire l'Europe de 1919 à 1992, Ellipses, coll. « Capes / Agrégation »,‎ septembre 2007 (ISBN 2-7298-3508-3)
  37. Synthèse Rapport "État de conservation des espèces et des habitats naturels de l'Union européenne" voir p. 19, ou Rapport de synthèse de la commission ; Rapport technique de l’article 17 (en anglais) ; ; Synthèses par habitat (en anglais) ; Synthèses par espèce (en anglais)
  38. BENSETTITI F., COMBROUX I., DASZKIEWICZ P. – 2006 – « Évaluation de l’état de conservation des Habitats et Espèces d’intérêt communautaire 2006-2007 : Guide méthodologique », Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris : 59 p.
  39. a et b Filet Actu-environnement, Feuille de route bas carbone : l'UE mise sur un secteur électrique zéro carbone en 2050 ; 17 février 2011
  40. Council of the european union EN EU Biodiversity Strategy to 2020 - Council conclusions - 3103rd Environment Council meeting Luxembourg, 21 juin 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Histoire :

  • Le Continent des Ténèbres – Résumé du livre de Mark Mazower Le Continent des ténèbres retraçant les grandes lignes de l'histoire politique du continent au XXe siècle
  • L'Europe avant les Celtes – Par Venceslas Kruta, directeur d’études de protohistoire de l’Europe à l’École pratique des hautes études

Cartes: