Café de Flore

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Café de Flore
Image illustrative de l'article Café de Flore
La terrasse du café.
Présentation
Coordonnées 48° 51′ 15″ N 2° 19′ 57.5″ E / 48.85417, 2.33263948° 51′ 15″ Nord 2° 19′ 57.5″ Est / 48.85417, 2.332639  
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Adresse 172, boulevard Saint-Germain
6e arrondissement de Paris
Fondation 1887
Site web www.cafedeflore.fr
Géolocalisation sur la carte : Paris
Café de Flore
Café de Flore

Le Café de Flore est un café du quartier Saint-Germain-des-Prés, dans le 6e arrondissement de Paris, au croisement du boulevard Saint-Germain et de la rue Saint-Benoît.

Historique[modifier | modifier le code]

Il fait son apparition quelques années après les débuts de la Troisième République, sans doute en 1887. Il doit son nom à une sculpture de la déesse mythologique Flore située de l'autre côté du boulevard. Joris-Karl Huysmans et Rémy de Gourmont font partie de ses premiers habitués. À la fin du XIXe siècle, Charles Maurras, installé au premier étage, y rédige son livre Au signe de Flore. C'est aussi à cet étage que la Revue d'Action française voit le jour en 1899 et que Maurras rencontre Jacques Bainville, en 1900, invité ce jour là à une conférence de Lucien Moreau, ami de Maurras, au Procope, sur l'empirisme organisateur, par Maurice Barrès avant qu'Henri Vaugeois l'entraîne au Café de Flore.

Vers 1913, un voisin, Guillaume Apollinaire, investit les lieux. Il transforme le rez-de-chaussée en salle de rédaction avec son ami André Salmon. Plus tard, la revue Les Soirées de Paris y est créée. Apollinaire y a ses habitudes, à tel point qu'il y fixe ses rendez-vous à heures fixes. En 1917, la terrasse du Flore le voit en grande discussion avec André Breton et Louis Aragon : le mot surréaliste est alors inventé.

Dans les années 1930, le Café de Flore est le lieu de prédilection de toute une famille d'auteurs, tout le Paris littéraire s'y rassemble : Georges Bataille, Robert Desnos, Léon-Paul Fargue, Raymond Queneau, Michel LeirisDerain, les frères Giacometti, Zadkine ou encore Picasso y viennent aussi. Il y règne alors une atmosphère particulière. Le monde du cinéma n'y est pas non plus indifférent. Le réalisateur Marcel Carné y croise l'acteur Serge Reggiani. Le metteur en scène Jean-Louis Barrault débarque souvent avec sa troupe après les représentations.

En 1939, un bougnat, Paul Boubal, rachète le Flore. Il y attire une élite intellectuelle qui sonnera l’âge d’or du café[1]. Le couple Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir en font leur siège :

« Nous nous y installâmes complètement : de neuf heures du matin à midi, nous y travaillions, nous allions déjeuner, à deux heures nous y revenions et nous causions alors avec des amis que nous rencontrions jusqu'à huit heures. Après dîner, nous recevions les gens à qui nous avions donné rendez-vous. Cela peut vous sembler bizarre, mais nous étions au Flore chez nous. »

— Jean-Paul Sartre

Une ligue de penseurs roumains fréquente aussi le lieu, par exemple : Emil Cioran (n'abordant jamais Jean-Paul Sartre et le considérant comme entrepreneur d'idées), Eugène Ionesco et l'essayiste Benjamin Fondane, qui sont à cette époque-là les fréquentations principales d'Emil Cioran.

En 1984, Miroslav Siljegovic rachète le Café de Flore et la Closerie des Lilas.

Le café est évoqué dans les paroles des chansons :

Le Flore accueille chaque année au mois de novembre depuis 1994, le jury du Prix de Flore créé par Frédéric Beigbeder, qui récompense un jeune auteur au talent jugé prometteur.

Il sert de décor au film L'amour dure trois ans, de Frédéric Beigbeder (2012).

Ce site est desservi par la station de métro Saint-Germain-des-Prés.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christophe Durand-Boubal, Café de Flore : Mémoire d'un siècle, Paris, Indigo & Côté femmes, coll. « Prémices »,‎ 1993, 174 p. (ISBN 2-907883-66-6)
  • Christophe Boubal, Café de Flore : L'esprit d'un siècle, Fernand Lanore, coll. « Littératures »,‎ 2004, 204 p. (ISBN 2-85157-251-2)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. l'ouvrage de son petit-fils Christophe Durand, sous le nom de Christophe Boubal : Christophe Boubal, Café de Flore : L'esprit d'un siècle, Fernand Lanore, coll. « Littératures »,‎ 2004, 204 p. (ISBN 2-85157-251-2)