Alfred Sisley

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Alfred Sisley (né le 30 octobre 1839 à Paris et mort le 29 janvier 1899 à Moret-sur-Loing) est un peintre britannique du mouvement impressionniste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation (1839-1871)[modifier | modifier le code]

Sisley naît à Paris au n°19 rue des Trois-Bornes, le 30 octobre 1839[2] de parents anglais issus de la bonne bourgeoisie mais établis dans la capitale française pour affaires. Son père, William Sisley, dirige une affaire d'exportation de fleurs artificielles vers l'Amérique du Sud. Sa mère, Felicia Sell, est plutôt attirée par la musique et la vie de société.

Maison natale d'Alfred Sisley
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Il est baptisé en 1840 par le pasteur Athanase Coquerel en l'église réformée de Paris[3].

En 1857, ses parents l'envoient à Londres, à l’âge de dix-huit ans pour le destiner à une carrière commerciale[3]. Pendant ces années d'apprentissage (1857-1862), il passe plus de temps à visiter les musées qu'à sa formation commerciale, et admire particulièrement les œuvres de Constable et Turner. De retour en France en 1861, il obtient de ses parents l'autorisation d'abandonner les affaires et peut alors se consacrer à l’art.

En octobre, il entre à l’atelier de Charles Gleyre, à l'École des beaux-arts de Paris[1], où il s'initie à la pratique du dessin et fait la connaissance de Renoir, Monet et Bazille, à l'Académie Suisse. Très vite, ils se lient d'amitié. La conception du paysage de Gleyre diffère trop de la perception qu'il en a et les quatre amis quittent l’atelier du maître, dès mars 1863, pour travailler en plein air et planter leur chevalet dans la forêt de Fontainebleau, à Chailly-en-Bière, Barbizon, ou encore Marlotte. Cette première expérience de travail de groupe, renouvelée notamment en juillet 1865, soude les quatre artistes, les stimule et annonce, l’année même où s’ouvre le premier Salon des Refusés, leur combat prochain pour la nouvelle peinture impressionniste. Sa peinture de paysages délicats est influencée par Jean-Baptiste Camille Corot et Charles-François Daubigny[1].

Il commence à peindre dans les environs de Paris[3]. À partir de 1865, il va peindre les allées de châtaigniers à La Celle-Saint-Cloud avec Bazille, réalisant ses premières toiles sur le motif dans les bois de La Celle-Saint-Cloud[4]. Frédéric Bazille fit son portrait lors de l'hiver 1867-1868[3].

Pierre-Auguste Renoir, Portrait de Jeanne Sisley, sa fille, 1875, œuvre non localisée.

Il fait la connaissance de Marie-Louise Adélaïde-Eugénie Lescouezec[3], jeune parisienne originaire de Toul, dans la Meurthe, qu'il épouse en 1866. Renoir peignit en 1869 Les Fiancés - Le Ménage Sisley, supposé représenter Sisley et sa femme (Wallraf Richartz Museum, Cologne). Marie Bracquemond les peint en 1880 : La promenade en bateau. Sisley et sa femme et Sous la Lampe : le couple Sisley dînant chez les Bracquemond à Sèvres[3]. De leur union naîtront trois enfants, Pierre (né en 1867, il devint décorateur et antiquaire, resté célibataire il est mort en 1929 à Paris), Jeanne (née en 1869 qui deviendra Mme Diets, aussi écrit Dietsh, et fut peintre et aquarelliste, morte le 4 février 1919 à Paris) et Jacques né en 1871 mort la même année[5]. En 1871, Sisley peignit ses deux enfants, dans un salon, réalisant peut-être son seul portrait[3]. Grâce à la fortune de son père, il peut se consacrer à son art sereinement, n'ayant pas de problèmes financiers. Installé avec son épouse à Paris, il partage son temps entre le travail à l’atelier, les réunions informelles au café Guerbois, présidées par Édouard Manet, chef de file de la jeune génération de peintres, et où se retrouvaient des critiques ou des journalistes comme Louis Edmond Duranty, ou encore Émile Zola. Mais cette vie parisienne palpitante et source d’émulation, que Zola décrira très bien dans son roman L'Œuvre, inspirée volontairement de la vie des impressionnistes, Sisley la ponctuait inévitablement de séjours à la campagne, prétexte pour une peinture en plein air, dans les environs proches de Paris.

Jusqu'en 1870, il peint dans son atelier à Paris, puisant des sujets dans la capitale et ses environs[4].

Il présente deux paysages du Canal Saint-Martin au Salon de 1870 à Paris[6].

Au début de l'occupation prussienne, il réussit à fuir Paris assiégée et fait un premier séjour à Louveciennes. Il y peint notamment Premières neiges à Louveciennes, représentant la rue de Voisins dans le hameau où il réside. Il réalise également une série de toiles du haut de la côte du Cœur-Volant. La faillite et la mort de son père fin 1870 modifie dramatiquement ses conditions de vie[4]. En 1870, avec Monet et Pissaro, Sisley se réfugie à Londres[3]Camille Pissarro le met en relation avec Paul Durand-Ruel[4].

De retour en France, il quitte Paris en mars 1871 pour s’installer à Louveciennes à proximité de la maison de la famille de Renoir, où il loue une maison et reste, devant subvenir aux besoins de sa famille par les seuls moyens de son art, après la mort de son père, ruiné par la guerre. Alors que l'Ouest parisien vers Versailles est le siège d'opérations militaires prussiennes et versaillaises, Sisley réalisa un grand nombre paysages de Louveciennes, Marly et Bougival où ne figurent aucune trace de guerre[6].

Quand il revient s'installer au printemps 1871 dans le hameau de Voisins à Louveciennes route de la Princesse, il découvre que son atelier aurait été dévasté par les Prussiens. Cela explique le faible nombre de toiles antérieures à 1871 qui nous sont parvenues. Il s'installe à nouveau à proximité de la famille de Renoir, avec qui il travaille parfois en 1871[4].

Il se rend notamment dans la forêt de Marly le Roi en compagnie de Renoir[7].

Il reste à Louveciennes jusqu'à la fin de l’hiver 1874-1875, peignant nombre de paysages enneigés, donnant des reflets roses, jaunes et bleus à la neige. En 1875, il s'installe à Marly le Roi dans une maison près de l'Abreuvoir, y restant jusqu'à la fin de l’hiver 1877-1878, peignant d'autres paysages enneigés. Parmi ses sujets de prédilection, on trouve l'Abreuvoir de Marly-le-Roi, les routes fuyantes, les rives de la Seine et la Machine de Marly. Des inondations de 1876 à Port-Marly, il fait un sujet figurant des effets de surface miroitante et de ciel balayé par le vent[4].

Le Pont de Moret, effet d’orage, 1887, Musée d'art moderne André Malraux, Le Havre
Le Pont de Moret, effet d’orage, 1887, Musée d'art moderne André Malraux, Le Havre

De tous les Impressionnistes, Sisley séjourna le plus longtemps dans la boucle de la Seine, région aujourd'hui connue sous le label Pays des Impressionnistes, et y réalisa le plus grand nombre de tableaux[4].

En 1874, avec Claude Monet, Auguste Renoir, Camille Pissarro, Edgar Degas et Berthe Morisot, il fonda de la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs et participa aux trois premières expositions impressionnistes (la première dans les locaux du photographe Nadar en 1874, les suivantes en 1876 et 1877)[1].

Sous la Lampe, par Marie Bracquemond, le couple Sisley dînant chez les Bracquemond à Sèvres, 1887

En 1878, il part de Marly pour Sèvres[4] où il réside jusqu'en 1879[3], avant de s'installer dans la région de Moret-sur-Loing[4].

Période d’indépendance et de reconnaissance (1880-1895)[modifier | modifier le code]

La dernière maison de Sisley, où il emménage en avril 1892, au 19 rue Montmartre à Moret-sur-Loing.

En 1880 Sisley se fixe non loin de Moret-sur-Loing, conquis par cette campagne paisible et verdoyante auquel il restera fidèle jusqu'à la fin de sa vie. Le peintre australien John Peter Russell réalise le portrait de Mme Sisley sur les bords du Loing en 1887. À cette période le groupe des impressionnistes est dispersé, après le départ de Renoir, Sisley, Cézanne puis Monet en 1880 des expositions impressionnistes. Chacun cherche à tracer dorénavant sa propre voie. Les expositions personnelles demeurent alors le moyen privilégié pour ces peintres de se faire reconnaître. Sisley accepte sa première exposition personnelle en 1881 à la Vie Moderne avec 14 tableaux, et une autre en 1883 dans la galerie de Durand-Ruel après celles successives de Monet, Renoir et Pissarro. Mais le succès n’est toujours pas au rendez-vous et les envois de Durand-Ruel de ses œuvres à Londres, Boston, Berlin ou Rotterdam ne sont guère plus fructueux.

En 1882 se tient la septième exposition impressionniste, avec la reformation exceptionnelle du groupe impressionniste initial (Monet, Renoir, Sisley, Pissarro…). Mais cette réunion des peintres est la dernière. En effet, la dernière et huitième exposition impressionniste a lieu sans la présence de Sisley, Monet, Renoir et Cézanne.

Après s’être opposé à deux projets d’expositions de Durand-Ruel, Sisley contraint par ses soucis financiers, lui demande de l’aide en 1885 et lui accorde sa confiance pour deux expositions collectives organisées à New York en 1886. Celles-ci, remportant succès, seront alors les premiers signes avant coureurs de la reconnaissance tardive des impressionnistes. Durand-Ruel lui offre même une exposition particulière à New York début 1889 dans sa galerie qu’il a ouverte outre-Atlantique. Parallèlement Sisley s’ouvre à d’autres marchands comme Georges Petit avec qui il collabore dès 1886, à l’instar de Monet, et Boussod et Valladon (en) à partir de 1893. Ses tableaux remportent du succès lors de la deuxième exposition internationale de peinture et de sculpture chez Georges Petit. En 1890 Sisley est admis comme membre associé de la Société nationale des Beaux-Arts. Cette entrée lui assure alors une certaine pérennité puisqu’il y montrera ses œuvres tous les ans jusqu'à la fin de sa vie à l’exception de 1895 et 1896.

Après avoir été vivement critiqué par Octave Mirbeau dans la chronique du Figaro du 25 mai 1892 à laquelle il répondra pour se défendre, Adolphe Tavernier, un ami journaliste le déclara comme l’un des maîtres du paysage du XIXe siècle. En 1894, il reçoit Gustave Geffroy chez lui, qui racontera plus tard dans son livre ses souvenirs et impressions de cette journée : il dit avoir deviné « la tristesse sous l’apparence de la résignation et les paroles enjouées (…) cette journée si parfaite d’accueil et d’amitié est restée pour moi empreinte de ce sentiment deviné chez l’artiste vieillissant qui semblait pressentir que jamais de son vivant un rayon de gloire ne viendrait briller sur son art ». En effet Sisley ne connaît pas le succès rencontré des impressionnistes tels Renoir ou Monet ou Degas. Pissarro écrira à son fils Lucien dans une lettre de 1895 : « je reste, avec Sisley, comme une queue de l’impressionnisme. »

Fin de vie (1896- 1899)[modifier | modifier le code]

Monument à Sisley par Eugène Thivier, inauguré le 15 juillet 1911 à Moret-sur-Loing[8].

Pendant les dernières années de sa vie (1897-1899) la santé de Sisley décline : il souffre de crises de rhumatismes très douloureuses. En décembre 1896 Georges Petit organise une grande rétrospective de l’œuvre de Sisley dans sa galerie rue de Sèze. L’artiste s’emploie à rassembler un maximum d’œuvres provenant des collections d’amateurs. Au total l’exposition ouvrira avec 46 peintures et six pastels. Seuls Arsène Alexandre et Adolphe Tavernier parleront de l’exposition et aucune toile ne sera vendue. L’expérience est douloureuse pour Sisley.

En 1897, il est invité en Angleterre à Londres puis à Penarth près de Cardiff. Ce séjour est le dernier moment de grande création de l’artiste : il peint les falaises, les énormes rochers, les vagues… De retour à Moret, en novembre 1897 il souhaite se faire naturaliser français, et demande son aide à son ami Adolphe Tavernier. Mais la perte de certains papiers officiels ne lui permirent pas de réaliser rapidement son vœu de devenir citoyen français. Paradoxalement, celui des impressionnistes qui peignit le mieux les paysages de la Seine, du Loing et la douceur angevine allait s'éteindre anglais[9].

Il vit à la limite de la misère. Son épouse tombe malade et meurt le 8 octobre 1898. Il est affecté et rien ne vient éclipser son découragement. Atteint d’un cancer de la gorge, son état empire. Il montre une forme de courage dans sa résignation. Des lettres à son docteur permettent de retracer jour après jour la fin de sa vie. Il écrit le 13 janvier : « Je suis rompu par la douleur... Je n’ai plus l’énergie de combattre... »[10]. Il fait appeler Monet, lui recommande ses enfants et lui dit adieu. Il décède le 29 janvier 1899 dans sa maison à Moret-sur-Loing et est enterré au cimetière de Moret le 1er février par un temps gris et froid. Renoir, Monet et Adolphe Tavernier sont venus de Paris.

Après sa mort[modifier | modifier le code]

En 1900, un an après seulement sa mort lors de la vente Adolphe Tavernier, le comte Isaac de Camondo achète l’inondation à Marly[11] pour la somme considérable à l’époque de 43 000 francs[12], vendue par l’artiste à l’origine 180 francs. En 1911 il est le premier artiste impressionniste à recevoir l’hommage d’un monument commémoratif dans sa ville de Moret.

Un nombre impressionnant de faux Sisley ont été découverts. Sisley a produit quelques 900 huile sur toiles, 100 pastels et de nombreux autres dessins, bien qu'il ne vécu que 59 ans[13].

L'art de Sisley[modifier | modifier le code]

Sisley est aujourd’hui considéré comme l’impressionniste même: l’essentiel de son inspiration c’est le paysage. Les personnages dans ses peintures ne sont que des silhouettes ; en outre les portraits de ses proches (femme et enfants) et les quelques natures mortes sont rares. Selon Gustave Geffroy, l’un des ses premiers historiographes, Sisley vouait en effet un amour instinctif au paysage. Pour lui il n’y avait dans la nature rien de laid dès lors qu’il s’agissait du rapport entre le ciel et la terre. Sisley écrivit : « toutes les choses respirent et s’épanouissent dans une riche et féconde atmosphère qui distribue et équilibre la lumière, établit l’harmonie »[14]. Pour le critique d'art Raymond Cogniat, « l'espace de Sisley respecte les trois dimensions et la troisième, en exprimant la fuite vers le lointain, en suggérant des prolongements à droite et à gauche, crée bien cette impression de fenêtre ouverte par laquelle on a parfois défini l'Impressionnisme »[15].

Inspiration[modifier | modifier le code]

Sisley choisit inlassablement pour sujet de ses toiles le ciel et l’eau animés par les reflets changeants de la lumière dans ses paysages des environs de Paris, la région de Louveciennes et de Marly-le-Roi. La région de Moret-sur-Loing eut notamment une incidence toute particulière sur l'œuvre de Sisley, comme en témoigne Un soir à Moret. Fin d'octobre, peint en 1888. Il s’inscrit dans la lignée de Constable, Bonington et Turner. S’il subit l’influence de Monet, il s’éloigne de son ami par sa volonté de construction qui lui fait respecter la structure des formes.

Se montrant sensible à l’écoulement des saisons, il aimait à traduire le printemps avec les vergers en fleurs ; mais ce fut la campagne hivernale et enneigée qui attira particulièrement Sisley dont le tempérament réservé préférait le mystère et le silence à l’éclat des paysages ensoleillés de Renoir.

Intentions artistiques[modifier | modifier le code]

Il semble admis par Gustave Geffroy, notamment, que Sisley jouit d’une reconnaissance établie de peintre impressionniste dès le lendemain de sa disparition : « Au jour ou fut annoncé la mort de Sisley après tant de souffrances volontairement et fièrement dissimulées, il y eut un tressaillement dans tout le public renseigné. Les toiles possédées par ceux qui attendaient par le monde le caprice des amateurs furent immédiatement recherchées ».

Aujourd’hui certains historiens s’accordent à penser que l’artiste est le représentant le plus pur de l’impressionnisme dans l’esprit et dans la forme, par ses choix de paysage, son traitement des variations atmosphériques, la délicatesse de ses touches et de ses couleurs. Mais on lui reproche parallèlement son manque d’évolution dans sa peinture et ses recherches picturales et de motifs. Pour François Daulte, qui est à l’origine de son catalogue raisonné, cette critique facile de monotonie apparente des tableaux dissimule la caractéristique essentiel de Sisley : « Sisley a vu la nature plus en profondeur qu’en surface (…) il a toujours considéré que l’expression spatiale était l’essentiel du programme pictural, la part qui lui revient en propre et qui ne doit point lui être ôtée. C’est pour cette raison sans doute que Sisley ne s’est pas lassé de peindre tout au long de sa carrière des chemins bordés d’arbres qui disparaissent peu à peu dans le lointain ». Ainsi les routes et les rivières fuyantes sont ses motifs préférés qu’il répète à l’infini.

Le ciel est une autre composante essentielle de son art qu’il traite avec ce même souci de vérité spatiale. Il occupe le plus souvent les trois quart de la toile. Sisley le considère en effet comme quelque chose « qui ne peut pas n’être qu’un fond. Il contribue au contraire non seulement à donner de la profondeur à ses plans (car le ciel a des plans comme les terrains), il donne aussi le mouvement par sa forme, par son arrangement en rapport avec l’effet ou la composition du tableau ». Car Sisley en bon artiste impressionniste ne néglige pas non plus l’instant et le mouvement chers à tous ses confrères. Il a aimé peindre les saisons, les variations atmosphériques, les heures du jours… Peintre des routes, il est davantage encore le peintre de l’eau, des rivières aux cours paisibles et des berges aux feuilles mobiles. C’est souvent une impression de calme et de sérénité qui se dégage de ses œuvres. Geffroy résumera ainsi : « Sisley a vécu de la vie désintéressée et profonde du paysagiste amoureux de nature, éloigné de la vie sociale… On peut espérer qu’il connut la sérénité et le bonheur exprimés par son œuvre de vérité et de lumière. »

Évolution artistique[modifier | modifier le code]

Œuvres de jeunesse[modifier | modifier le code]

Il peint un petit nombre de tableaux dans une gamme sombre faite de bruns et de verts profonds. D’un aspect sévère, Sisley révèle son admiration pour Camille Corot ou Gustave Courbet, ses premiers maitres, en affirmant un goût pour les valeurs et l’espace. C’est à partir de 1870 que sa palette s’éclaircit notamment dans ses paysages nombreux représentant les rives de la Seine et les canaux parisiens. Ce motif des bords de l’eau sera un des sujets favoris de Sisley jusqu'à la fin de sa vie.

Les séries[modifier | modifier le code]

À partir du début des années 1890 Sisley fort d’une certaine reconnaissance, entreprend à l’instar de Monet, un ensemble de séries, suites de tableaux représentant le même thème à des heures différentes (les vieilles maisons de Saint-Mammès, des sentiers aux sablons, des allées du Loing…). Sa manière s’affirme et s’élargit aux dépens d’une vision moins spontanée, cependant selon les termes de Claude Roger-Marx « on retrouve le timbre angélique d’autrefois. » Insistant sur ce qu’il appelait tendrement « le coin aimé du tableau. »

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Son séjour à Penarth dans le pays de Galles à partir de en juillet 1897 lui offre l’occasion de représenter une nature grandiose sur plusieurs marines, étudiant surtout les effets de lumière sur le sable et l'eau. Il peint les falaises de Langland, les énormes rochers contre lesquels se brisent des vagues vertes empanachées d'écume[16].

Postérité[modifier | modifier le code]

L’unité de son travail tant dans son inspiration que sa manière de peindre marque la personnalité du peintre. Il a été attaché profondément à l’aspect naturel des choses sans chercher à créer un style ou une théorie particulière. C’est ce qui explique son isolement et donc aussi l’inexistence de suiveurs ou d’adeptes. Sisley a été tellement personnel dans sa retranscription de ses impressions, qu’il est une fin en soi et qu’il ne peut avoir d’imitateurs[17] ne reconnaît pas en lui ce quelque chose qui tiendrait du prophète comme chez Monet ou Cézanne, pour lui la sérénité de Sisley n’appelle pas à ce genre de rayonnement. Son observation des choses sert à des fins individuelles et se rapproche de la méditation.

Expositions[modifier | modifier le code]

Reproduction de L'Inondation à Port-Marly sur un parcours du Pays des Impressionnistes.

La première rétrospective importante consacrée aux œuvres d'Alfred Sisley a été présentée au musée d'Orsay d'octobre 1992 à janvier 1993. Cette exposition fut présentée à la Royal Academy of Arts à Londres de juillet à octobre 1992 et à la Walters Art Gallery à Baltimore de mars à juin 1993[18].

A partir de 1994 le syndicat intercommunal à vocations multiples des Coteaux de Seine regroupant neuf communes des Yvelines connu sous le label Pays des Impressionnistes a reproduit certains de ses tableaux en plein air à l'emplacement de leur création, jouxtant ceux d'autres peintres. Les sujets de Sisley mettent l'accent sur une nature vierge de toute présence humaine[19]. Un des circuits pédestres porte le nom de Sisley[20].

De septembre 2011 à janvier 2012, la première rétrospective consacrée à Alfred Sisley en Allemagne a été présentée au Von der Heydt Museum à Wuppertal[21]

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Alfred Sisley, La Seine au point du jour, 1877, Musée d'art moderne André Malraux - MuMa, Le Havre

Galerie : œuvres de Sisley[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres,sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 12, éditions Gründ,‎ janvier 1999, 13440 p. (ISBN 2-7000-3022-2), p. 855-860

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Jean Clay, L'impressionnisme, Hachette, 1971, (ISBN 9782851083395), p. 313
  2. Cf. acte de naissance ici
  3. a, b, c, d, e, f, g, h et i Société de l'histoire du protestantisme français, Bulletin. Études, documents, chronique littéraire, 1974, p. 463 : « Alfred Sisley. Né à Paris, 19, rue des Trois-Bornes, 30-10-1839, et baptisé, 31-10-1840, par le pasteur Athanase Coquerel en l'église réformée de Paris (paroisse non précisée au registre, mais presque certainement l'Oratoire du Louvre). Demeuré de nationalité anglaise. Séjourne à Londres en 1857 pour s'initier au commerce. Commence à peindre autour de Paris. Ami du peintre protestant Frédéric Bazille qu'il a connu dans l'atelier de Gleyre et qui fit son portrait pendant l'hiver 1867-1868. Fuyant l'invasion, Sisley se réfugie à Londres en 1870 avec Monet et Pissaro ; il y retournera un peu en 1874 et en 1897. Il habite Sèvres de 1875 à 1879. Mort à Moret-sur-Loing, 19, rue Montmartre, 29-1-1899. Il épouse Marie-Louise Adélaïde-Eugénie Lescouezec, née à Toul vers 1840, morte à Moret, 19, rue Montmartre, 8-10-1898, (fille de Jean-Marie Lescouezec et de Colson). Renoir a peint en 1869 le couple Sisley (Wallraf Richartz Museum, Cologne). Marie Braquemond a peint en 1880 « La promenade en bateau. Sisley et sa femme » ; on lui doit aussi « Sous la Lampe » (Sisley et sa femme dînant chez les Braquemond à Sèvres). Les Sisley ont eu deux enfants : 1 Pierre Sisley. Né vers 1868. Décorateur en 1899, à Paris, 24, rue Popincourt. 2 Jeanne Sisley. Vit en 1899. Sisley a peint ses deux enfants, dans un salon, en 1871, seul portrait connu peint par lui. »
  4. a, b, c, d, e, f, g, h et i Anthony Lacoudre, Ici est né l'impressionnisme: guide de randonnées en Yvelines, préface Claude Bonin-Pissarro, Éd. du Valhermeil, 2003, (ISBN 2913328415 et 9782913328419), p. 127-129
  5. François Daulte, Sisley: Les Saisons, Editions La Bibliothèque des Arts, 1992, (ISBN 2850471844 et 9782850471841), « Pierre Sisley Né le 19 juin 1867 à Paris, au N° 27 de la Cité-des-Fleurs, aux Batignolles. Décorateur et antiquaire, demeuré célibataire, Pierre Sisley meurt à Paris en 1929, 24 rue Popincourt, dans le XIe arrondissement. 2. Jeanne Sisley Née le 30 janvier 1869 à Paris, au N° 27 de la Cité-des-Fleurs, aux Batignolles. Peintre et aquarelliste, Jeanne Sisley meurt le 4 février 1919, à l'âge de 49 ans, à Paris, en son domicile 26 rue Vivienne ... Elle épouse le 23 juillet 1908 Louis-Georges-Fernand DlETS Joaillier-bijoutier, Fernand Diets meurt le 17 février 1919, à Paris, en son domicile 26 rue Vivienne... Jacques Sisley Né le 26 novembre 1871, 41 rue Nallet, à Paris. Décédé la même année. »
  6. a et b Bertrand Tillier, La Commune de Paris, révolution sans images?: politique et représentations dans la France républicaine (1871-1914), Éditions Champ Vallon, 2004, (ISBN 2876733900 et 9782876733909), p. 83
  7. François Daulte, Sisley: Les Saisons, Éditions La Bibliothèque des Arts, 1992, (ISBN 2850471844 et 97828504718411992[à vérifier : isbn invalide]) : « Il y loua une petite maison au N° 2 de la rue de la Princesse, non loin de celle habitée par Renoir et son frère Edmond, avec lesquels il ira souvent peindre dans la forêt de Marly, près de l'aqueduc ».
  8. Ségolène Le Men, Aline Magnien, La statuaire publique au XIXe siècle, 2004, p. 31 « Buste de Sisley par Eugène Thivier. inauguré à Moret-sur-Loing le 15 juillet 1911. »
  9. François Daulte, Sisley Les Saisons, p. 80
  10. Raymond Cogniat, Sisley. Flammarion, 1992 (ISBN 9782080115669), p. 55-56
  11. http://www.musee-orsay.fr/fr/collections/catalogue-des-oeuvres/notice.html?no_cache=1&nnumid=581&cHash=c03f83e228
  12. Raymond Cogniat, Sisley. Flammarion, 1992 (ISBN 9782080115669), p. 57
  13. Alfred Sisley, page 82, François Daulte, Alfred Sisley, Cassell, 1988. ISBN 978-0-304-32222-0
  14. Alfred SISLEY, musée des Beaux-Arts de Nantes
  15. François Daulte, Sisley Les Saisons, p.
  16. François Daulte, Sisley Les Saisons, p. 78
  17. Cogniat
  18. Musée d'Orsay: Sisley
  19. Élisabeth Bouvet, Au pays des impressionnistes, Radio France internationale, 5 janvier 2009
  20. Circuit des impressionnistes
  21. Alfred Sisley
  22. (fr) « Notice de l'œuvre », sur www.musee-orsay.fr
  23. Route de Louveciennes

Liens externes[modifier | modifier le code]

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