Adam Mickiewicz

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Adam Mickiewicz

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Adam Mickiewicz, gravure d'un recueil de 1888

Nom de naissance Adam Bernard Mickiewicz
Naissance 24 décembre 1798
Zaosie ou Nowogródek,
Empire russe
Décès 26 novembre 1855
Constantinople, Empire ottoman
Activité principale
poète
Auteur
Langue d’écriture polonais
Mouvement Romantisme
Signature de Adam Mickiewicz

Adam Mickiewicz, né le 24 décembre 1798 à Zaosie ou à Nowogródek en Russie impériale (aujourd'hui en Biélorussie) et mort le 26 novembre 1855 à Constantinople, est un poète et écrivain polonais, considéré comme l'un des plus grand poètes romantiques.

Il a passé une grande partie de sa vie en France et a été professeur au Collège de France en même temps que Jules Michelet.

Présentation[modifier | modifier le code]

Adam Mickiewicz, c'est avant tout un immense créateur, l'un des plus grands poètes romantiques européens, intellectuel (ses cours au Collège de France étonnent par la fraîcheur de leur point de vue). Il est célébré dans son pays natal comme le père spirituel de la littérature polonaise moderne, un rôle qu'il partage avec les autres « bardes-prophètes » tels que de Zygmunt Krasiński, Juliusz Słowacki et Cyprian Kamil Norwid.

Contrairement aux « poètes maudits », sa vie est par la suite relativement douce. La seule fantaisie qu’il se soit permise, c'est d’interrompre le pape et de le saisir par la manche de sa soutane. Émigré en Russie, il ne connaît que des persécutions bénignes. Il surmonte les déceptions amoureuses ainsi que son veuvage précoce sans perdre la maîtrise de lui-même.

Sa vie a été sobre mais intense, sans atermoiements entre conscience et réalisation. Il sublime un amour malheureux en immortalisant « Maryla ». Le succès littéraire presque immédiat, son engagement politique, lui confèrent le rôle de chef moral reconnu par toute la nation polonaise.

Son œuvre littéraire n’occupe que quinze années de sa vie, mais cela a suffi pour le faire connaître comme l’un des plus grands poètes romantiques. Il puise son inspiration dans la tradition polonaise et catholique. Ballades et Romances (1822) est folklorique, Les Aïeux (1823) sortent de la terre lituanienne, et Conrad Wallenrod (1828) révèle son engagement patriotique.

Inventant une nouvelle fonction à la poésie, le « poète national », il a été surnommé à tort « Hugo polonais »[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Le blason du clan Poraj.
La ferme de Zavosse où est peut-être né Mickiewicz.
La maison des Mickiewicz à Navahroudak.

Adam Mickiewicz nait le 24 décembre 1798, peut-être à Nowogródek, dans ce qui est alors l'Empire russe (aujourd'hui Navahroudak en Biélorussie), ou peut-être au domicile de son oncle à Zaosie (Zavosse), une cinquantaine de kilomètres plus au sud. Nowogródek, qui se situe à la périphérie de la Lituanie propre, appartenait au grand-duché de Lituanie jusqu'au troisième partage de la République des Deux Nations en 1795[2],[3]. C'est une région qui fut habitée par des Lituaniens[4] mais qui, à la fin du XVIIIe siècle, est surtout peuplée de Biélorusses[4]. La classe aisée, dont fait partie la famille Mickiewicz, est d'origine polonaise ou a été polonisée[2]. Le père de Mickiewicz, Mikołaj, est un avocat, membre de la noblesse polonaise[5] (herb Poraj[6]). Sa mère se nomme Barbara Mickiewicz, née Majewska[7]. Adam est le second fils de la famille[7].

Mickiewicz passe son enfance à Nowogródek[4],[7]. Son éducation est d'abord assurée par sa mère et par des tuteurs privés. De 1807 à 1815, il étudie dans un établissement dominicain, où il suit l'enseignement établi par la défunte Commission de l'éducation nationale polonaise, considérée comme le premier ministère de l'éducation de l'Histoire[4],[7],[8] Mickiewicz est un élève médiocre mais qui prend une part active aux activités telles que compétitions et théâtre[4].

En septembre 1815, il entre à l'université impériale de Vilnius[7], où il étudie pour devenir enseignant. Son diplôme en poche, et conformément aux termes de sa bourse d'étude, il enseigne dans le secondaire à Kaunas entre 1819 et 1823[7].

En 1818, il publie son premier poème, Zima miejska (« L'Hiver en ville »), dans l'hebdomadaire de langue polonaise Tygodnik Wileński[9]. Les années qui suivent voient son style gagner en maturité, passant du sentimentalisme et du néoclassicisme au romantisme. Cette transition s'opère dans ses premières anthologies poétiques, publiées à Vilnius en 1822 et 1823, qui incluent le poème Grażyna, ainsi que dans les premières parties publiées (la deuxième et la quatrième) de son œuvre majeure, Les Aïeux[9]. Dès 1820, il achève un autre poème romantique de premier ordre, L'Ode à la jeunesse, mais qui ne paraitra que des années plus tard, car considéré comme trop patriotique et révolutionnaire[9].

Autour de l'été 1820, Mickiewicz rencontre l'amour de sa vie, Maryla Wereszczakówna. Mais les origines relativement modestes du poète lui interdisent d'épouser la jeune femme. Elle est du reste déjà promise au conte Wawrzyniec Puttkamer, qu'elle épouse en 1821[9],[10].

Emprisonnement et exil[modifier | modifier le code]

Mickiewicz fréquente à Moscou le salon de la princesse Zinaïda Volkonskaïa.

En 1817, alors qu'il est encore étudiant, Mickiewicz fonde avec Tomasz Zan et d'autres amis une organisation secrète, les Philomates[9]. Il s'agit avant tout d'une démarche d'autoformation, mais le groupe lie aussi des liens avec une autre organisation plus radicale, les Philarètes, qui se positionne clairement pour une Pologne indépendante[9]. Une enquête menée au sein de ces organisations par Nikolaï Novossiltsev à partir de début 1823 conduit à l'arrestation de nombreux étudiants et anciens étudiants. Parmi eux, Mickiewicz est emprisonné au monastère basilien de Vilnius fin 1823 ou début 1824 (les sources se contredisent sur la date exacte)[9]. Après une enquête approfondie sur ses activités politiques, et notamment sur son appartenance aux Philomates, Mickiewicz est exilé en Russie centrale[9]. Dans les heures qui suivent la réception de sa sentence le 22 octobre 1824, il écrit un poème dans un album appartenant à Salomea Bécu, la mère de Juliusz Słowacki[11]. Ce poème sera mis en musique en 1975 par le compositeur russe David Toukhmanov[12]. Mickiewicz franchit la frontière russe le 11 novembre 1824 et arrive à Saint-Pétersbourg quelques jours plus tard[9]. Il passe les cinq années suivantes à Saint-Pétersbourg et Moscou, à l'exception en 1825 d'un séjour de dix mois à Odessa et en Crimée, qui lui inspire de nombreux sonnets, dont les Sonnets de Crimée publiés l'année suivante[9],[13],[14].

Mickiewicz est accueilli dans les principaux cercles littéraires de Saint-Pétersbourg et Moscou, où il rencontre un franc succès grâce à ses manières impeccables et à son talent extraordinaire pour l'improvisation poétique[14]. L'année 1828 voit la parution de son poème Conrad Wallenrod[14]. Novossiltsev, qui y perçoit contrairement à la censure moscovite le message patriotique et subversif, tente sans succès d'en saboter la publication et de nuire à la réputation du poète[6],[14].

À Moscou, Mickiewicz fait la connaissance du journaliste polonais Henryk Rzewuski et de la compositrice et pianiste virtuose Maria Agata Szymanowska, dont il épousera des années plus tard la fille Celina à Paris. Il se lie également d'amitié avec le poète russe Alexandre Pouchkine[14], et avec les leaders décabristes, dont Kondrati Ryleïev[13]. C'est grâce à l'influence de ses nombreux amis qu'il lui est finalement accordé un passeport, et la permission de quitter la Russie pour se rendre en Europe de l'Ouest[14]

Voyages en Europe[modifier | modifier le code]

Mickiewicz par Walenty Wańkowicz (1828).

Après un exil de cinq ans en Russie, Mickiewicz reçoit en 1829 la permission de se rendre à l'étranger. Le 1er juin, il arrive à Weimar[14]. À partir du 6 juin, il est à Berlin, où il assiste à des conférences du philosophe Hegel[14]. En février 1830, il visite Prague, puis retourne à Weimar, où il est reçu cordialement par l'écrivain, scientifique et homme d'État Goethe[14].

Mickiewicz poursuit ensuite son périple à travers l'Allemagne jusqu'en Italie, où il entre par le col du Splügen[14]. Accompagné de son vieil ami, le poète Antoni Edward Odyniec, il visite Milan, Venise, Florence et Rome[14][15]. En août 1830, il se rend à Genève, où il rencontre un autre des « trois bardes » polonais, Zygmunt Krasiński[15]. Au cours de ses voyages, il a une brève relation avec Henrietta Ewa Ankwiczówna, mais une fois de plus ses origines modestes l'empêchent de se marier[15].

Finalement, autour du mois d'octobre 1830, il s'installe à Rome, qu'il considère être « la plus agréable des villes étrangères »[15]. Peu après, il a vent de l'Insurrection de novembre 1830 qui agite la Pologne, mais il reste à Rome jusqu'au printemps 1831[15].

Le 19 avril 1831, Mickiewicz quitte Rome pour Genève et Paris, avant de traverser l'Allemagne avec un faux passeport, rejoignant Posen le 13 août via Dresde et Leipzig[15]. Il est possible qu'il ait à cette occasion transmis des messages des Carbonari aux mouvements clandestins français, et livré des documents et de l'argent aux activistes polonais à Paris, mais les informations crédibles sur ces activités sont peu nombreuses[15][16]. Il ne se rend pas en Pologne russe, où se déroule l'essentiel de l'insurrection, préférant rester en Grande-Pologne, où la noblesse polonaise lui ouvre grand ses portes[15]. Il a à cette occasion une brève liaison avec la femme de lettres Konstancja Łubieńska[15]. À partir de mars 1832, il passe plusieurs mois à Dresde[15][17], où il compose la troisième partie de son poème Les Aïeux[17].

Émigré à Paris[modifier | modifier le code]

Buste d'Adam Mickiewicz par le sculpteur David d'Angers (1835).

Le 31 juillet 1832, Mickiewicz arrive à Paris en compagnie de son ami Ignacy Domeyko, ancien membre comme lui des Philomates, et futur géologue au Chili[17]. Là, il devient actif au sein de la diaspora polonaise et publie des articles dans le périodique Pielgrzym Polski (« Le Pèlerin polonais »)[17]. L'automne 1832 voit la parution à Paris de la troisième partie des Aïeux, qui est distribuée clandestinement en Pologne, et du Livre de la Nation et du pèlerinage polonais, publié à compte d'auteur[17]. Un autre de ses chefs-d'œuvre, le poème épique Messire Thadée, parait en 1834[18].

Messire Thadée, sa plus longue œuvre poétique, marque la fin de la période la plus prolifique de sa vie[18],[19]. Il sera encore l'auteur d'autres œuvres remarquables, comme les Lyriques de Lausanne (1839-1840) et les Pensées et Remarques (1934-1840), mais ni l'une ni l'autre ne connaitront le succès de ses œuvres précédentes. Son relatif silence littéraire, qui commence au milieu des années 1830, a été interprété de façons diverses : peut-être a-t-il perdu son talent, ou peut-être souhaite-t-il se consacrer à l'enseignement et à la politique[20].

Le 22 juillet 1834, il épouse à Paris Celina Szymanowska, fille de la compositrice et pianiste Maria Agata Szymanowska[18]. Ils auront six enfants : deux filles, Maria et Helena, et quatre fils, Władysław, Aleksander, Jan and Józef [18]. Celina souffrira plus tard de troubles mentaux, probablement de dépression majeure[18]. En décembre 1838, Mickiewicz tentera de se suicider en raison de ses problèmes conjugaux[21]. Celina mourra le 5 mars 1855[18].

Mickiewicz et sa famille vivent dans une relative pauvreté, leur principale source de revenus étant la publication irrégulière de ses œuvres – une activité guère lucrative[22]. Ils reçoivent le support financier d'amis et de mécènes, mais cela ne suffit pas à changer significativement leur condition[22]. Bien qu'il passe l'essentiel du reste de sa vie en France, Mickiewicz n'obtient jamais la citoyenneté française, et ne reçoit aucun soutien du gouvernement français[22]. À la fin des années 1830, ses écrits se font plus rares, et il est moins actif politiquement au sein de la diaspora polonaise[18].

Mickiewicz photographié par Jan Mieczkowski.

En 1838, il devient professeur de littérature latine à l'université de Lausanne en Suisse[22]. Ses cours sont bien accueillis[22], et lorsqu'en 1840, une chaire de langues slaves est créée au Collège de France, Mickiewicz est choisi pour l'occuper[22],[23]. Il quitte la Suisse, mais est nommé professeur honoraire de l'université de Lausanne[22].

Mickiewicz n'enseigne au Collège de France qu'un peu plus de trois ans, sa dernière conférence ayant lieu le 28 mai 1844[22]. Très populaires, ses cours attirent, en plus de ses étudiants réguliers, une foule nombreuse, et font même l'objet d'articles dans la presse[22]. Certains feront encore parler d'eux des décennies plus tard : sa seizième conférence, sur le théâtre slave, « devient une sorte de gospel pour les metteurs en scène de théâtre polonais du XXe siècle »[24].

Mais il s'enfonce de plus en plus dans le mysticisme religieux après être tombé sous l'influence du philosophe polonais Andrzej Towiański, rencontré en 1841[22],[25]. Ses conférences se transforment en un mélange de religion et de politique, ponctuées d'attaques à l'encontre de l'Église catholique, et il fait les frais de la censure du gouvernement français[22],[25]. Ses propos messianiques entrent en conflit avec les enseignements de l'Église, qui place certaines de ses œuvres sur une liste d'ouvrages interdits. Mickiewicz et Towiański se rendent pourtant régulièrement à la messe catholique et encouragent leurs disciples à en faire de même[25],[26].

En 1846, Mickiewicz coupe tout lien avec Towiański à la suite de la montée du sentiment révolutionnaire en Europe, qui se manifeste notamment par le soulèvement de Cracovie en février 1846[27]. Mickiewicz reproche à Towiański sa passivité et s'en retourne vers l'Église catholique[27]. En 1847, il se lie d'amitié avec la journaliste et critique américaine Margaret Fuller, également militante des droits de la femme[28]. En mars 1848, il fait partie d'une délégation polonaise reçue en audience par le pape Pie IX, à qui il demande de soutenir les nations opprimées et la révolution de 1848[27]. Peu après, en avril 1848, il organise une unité militaire pour venir en aide aux insurgés, avec l'espoir de libérer la Pologne et les autres pays slaves[23],[27]. La « légion Mickiewicz », n'atteint toutefois jamais une taille suffisante pour jouer un rôle plus que symbolique, et à l'automne 1848 Mickiewicz est de retour à Paris, où il reprend ses activités sur la scène politique[28].

En décembre 1848, il se voit proposer un poste à l'université Jagellonne de Cracovie, alors située dans l'Empire d'Autriche, mais l'offre est rapidement retirée sous la pression des autorités autrichiennes[28]. Durant l'hiver 1848-1849, le compositeur Frédéric Chopin, alors au crépuscule de sa vie, rend visite à Mickiewicz, qu'il apaise en s'installant au piano[29]. Une douzaine d'années auparavant, Chopin avait mis en musique deux poèmes de Mickiewicz[30].

Dernières années[modifier | modifier le code]

Au soir de sa vie.
Tombe provisoire de Mickiewicz au sous-sol de son immeuble à Constantinople. On y trouve aujourd'hui un musée à sa mémoire.

Début 1849, Mickiewicz fonde à Paris un journal en langue française, La Tribune des Peuples, avec le soutien d'un riche émigré polonais, Xavier Branicki[28]. Mickiewicz écrit plus de 70 articles dans les colonnes du journal, dont l'existence se révèle éphémère : il ne parait qu'entre le 15 mars et le 10 novembre 1849, date à laquelle il est contraint de fermer par les autorités[28],[31]. Dans ses articles, Mickiewicz soutient la démocratie et le socialisme, ainsi que les idéaux issus de la Révolution française et de l'époque napoléonienne, même s'il ne se fait guère d'illusions sur l'idéalisme de la famille Bonaparte[28]. Il se prononce en faveur du rétablissement de l'Empire. En avril 1852, il perd son poste au Collège de France, qu'il avait conservé malgré l'interdiction d'enseigner[22],[28]. Le 31 octobre 1852, il est embauché à la bibliothèque de l'Arsenal[28],[31]. Il y reçoit la visite d'un autre poète polonais, Cyprian Kamil Norwid, qui relate cette rencontre dans le poème Czarne kwiaty (« Fleures noires »).

Mickiewicz se réjouit du déclenchement de la guerre de Crimée, en laquelle il voit les prémisses d'un nouvel ordre européen pouvant conduire à l'indépendance de la Pologne[28]. Son dernier poème est une ode en latin composée en l'honneur de Napoleon III à l'occasion de la victoire des forces franco-britanniques à Bomarsund[28]. Les activistes polonais de l'hôtel Lambert le persuadent de reprendre ses activités politiques[28],[32]. Se voyant confier par la France une mission diplomatique[32], il quitte Paris le 11 septembre 1855 et rejoint Constantinople onze jours plus tard[32]. Là, il travaille avec Michał Czajkowski (Mehmet Sadyk Pacha) à l'organisation de troupes polonaises destinées à combattre avec les Ottomans contre la Russie[31],[32]. Avec son ami Armand Lévy, il envisage aussi la création d'une légion juive[31],[32]. Mais il revient malade de la visite d'un camp militaire, et décède à son domicile de la rue Yenişehir dans le quartier de Pera (aujourd'hui Beyoğlu) le 26 novembre 1855[32],[33]. Bien qu'entre autres Tadeusz Boy-Żeleński ait spéculé sur un possible empoisonnement de Mickiewicz par ses ennemis politiques, cette hypothèse n'est étayée par aucun élément matériel, et il est vraisemblable que Mickiewicz soit mort du choléra[31],[32],[34].

La dépouille de Mickiewicz est ramenée en France à bord d'un navire qui quitte Constantinople le 31 décembre 1855. Il est enterré à Montmorency le 21 janvier 1861. En 1890, son corps est transféré à Cracovie, et placé dans une crypte de la cathédrale de Wawel. Il y rejoint de nombreuses figures illustres de l'histoire et de la culture polonaise[32].

L’œuvre de Mickiewicz[modifier | modifier le code]

Musée Adam Mickiewicz à Istanbul.

Conrad Wallenrod a donné naissance à deux opéras, I Lituani d'Amilcare Ponchielli et Konrad Wallenrod de Władysław Żeleński. Après la publication des Aïeux (Dziady), Mickiewicz chercha à convaincre Frédéric Chopin de la mettre en musique. Finalement, la cantate Widma (Les Fantômes) fut composée par Stanisław Moniuszko.

Les œuvres majeures de Mickiewicz restent les Aïeux et Messire Thadée où Mickiewicz ne cache pas qu'il avait péché contre sa religion et sa nation. Dans les Aïeux il pressent qu'il aura des comptes à rendre à Dieu.

Teraz duszą jam w moję ojczyznę wcielony,
Ciałem połknąłem jej duszę,
Ja i ojczyzna to jedno.
Nazywam się Milijon - bo za milijony
Kocham i cierpię katusze.
Patrzę na ojczyznę biedną,
Jak syn na ojca wplecionego w koło;
Czuję całego cierpienia narodu,
Jak matka czuje w łonie bole swego płodu.
Cierpię, szaleję - a Ty mądrze i wesoło
Zawsze rządzisz,
Zawsze sądzisz,
I mówią, że Ty nie błądzisz!

Le fragment des Aïeux en traduction de George Sand : Mon âme est incarnée dans ma patrie ; j'ai englouti dans mon corps toute l'âme de ma patrie !... Moi, la patrie, ce n'est qu'un. Je m'appelle Million, car j'aime et je souffre pour des millions d'hommes. Je regarde ma patrie infortunée comme un fils regarde son père livré au supplice de la roue ; je sens les tourments de toute une nation, comme la mère ressent dans son sein les souffrances de son enfant. Je souffre ! je délire !... Et toi, gai, sage, tu gouvernes toujours, tu juges toujours, et l'on dit que tu n'erres pas !... .

Œuvres[modifier | modifier le code]

Statue d'Adam Mickiewicz sur la place du marché à Cracovie.
  • Ballades et romances (1822)
  • Grażyna (1823)
  • Les Aïeux (2e et 4e parties, 1823)
  • Les Sonnets de Crimée (1826)
  • Conrad Wallenrod (1828)
  • Livre de la Nation et du pèlerinage polonais (1832)
  • Les Aïeux (3e partie, 1832)
  • Messire Thadée (1834)
  • Cours de littérature slave ; L’église officielle et le messianisme, (texte original français, 1845)
  • Les Slaves, (texte original français, 1849)
  • Les Slaves, Cours du Collège de France 1842, édition de Philippe-Joseph Salazar, Paris, Klincksieck, 2005, 248 p. ISBN 978-2-252-03516-0
  • Les Aïeux, (1re partie 1861, posthume)
  • Adam Mickiewicz. Dzieła poetyckie. Wydał i objaśnił Tadeusz Pini. Wydanie zupełne, z portretami i podobiznami autografów poety. Nakładem Komitetu Mickiewiczowskiego. Nowogródek 1933. Édition polonaise des œuvres poétiques d'Adam Mickiewicz réalisée à Nowogródek en 1933, (482 p.)

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Pan Tadeusz [Messire Thaddée]. Traduction, introduction et notes par Paul Cazin. Paris, Garnier, [1936].
  • Pan Tadeusz [Messire Thaddée]. Traduction recommandée : Roger Legras, Éditions L'Age d'Homme. [1992] En alexandrins souples, rigoureusement concordants avec l'original, et de surcroît d'une grande beauté de langue.
  • Sonnets de Crimée. Traduits du polonais par Feliks Konopka. Cracovie, Wydawnictwo Literackie, 1973.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Le monument à Mickiewicz d'Antoine Bourdelle

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François-Xavier Coquin, Le verbe et l'histoire : Mickiewicz, la France et l'Europe, MSH,‎ 2002, p. 233
  2. a et b Tomas Venclova, « Native Realm Revisited: Mickiewicz's Lithuania and Mickiewicz in Lithuania », dans Lituanus, vol. Volume 53, no 3,‎ automne 2007 (lire en ligne).
  3. (en) Yad Vashem Studies, Wallstein Verlag,‎ 2007 (ISSN 0084-3296, lire en ligne), p. 38.
  4. a, b, c, d et e (en) Czesław Miłosz, The History of Polish Literature, University of California Press,‎ 1983 (ISBN 978-0-520-04477-7, lire en ligne), p. 208.
  5. (lt) Vytautas Kubilius, Adomas Mickevičius: poetas ir Lietuva, Lietuvos rašytojų sąjungos leidykla,‎ 1998 (ISBN 9986-39-082-6), p. 49.
  6. a et b (en) Roman Robert Koropeckyj, Adam Mickiewicz : The Life of a Romantic, Cornell University Press,‎ 2008 (ISBN 978-0-8014-4471-5, lire en ligne), p. 93–95.
  7. a, b, c, d, e et f (pl) Kazimierz Wyka, « Mickiewicz, Adam Bernard », dans Polski Słownik Biograficzny, vol. XX,‎ 1975, p. 694.
  8. (en) Kenneth R. Wulff, Education in Poland: Past, Present, and Future, University Press of America,‎ 1992 (ISBN 978-0-8191-8615-7, lire en ligne), p. 7.
  9. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (pl) Kazimierz Wyka, « Mickiewicz, Adam Bernard », dans Polski Słownik Biograficzny, vol. XX,‎ 1975, p. 695.
  10. (en) Czesław Miłosz, The History of Polish Literature, University of California Press,‎ 1983 (ISBN 978-0-520-04477-7, lire en ligne), p. 210.
  11. (ru) Adam Mickiewitch, Poems, Moscou,‎ 1979, p. 122, 340.
  12. (ru) Аркадий Петров, « Давид Тухманов »
  13. a et b (en) Czesław Miłosz, The History of Polish Literature, University of California Press,‎ 1983 (ISBN 978-0-520-04477-7, lire en ligne), p. 218.
  14. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (pl) Kazimierz Wyka, « Mickiewicz, Adam Bernard », dans Polski Słownik Biograficzny, vol. XX,‎ 1975, p. 696.
  15. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (pl) Kazimierz Wyka, « Mickiewicz, Adam Bernard », dans Polski Słownik Biograficzny, vol. XX,‎ 1975, p. 697.
  16. (en) Czesław Miłosz, The History of Polish Literature, University of California Press,‎ 1983 (ISBN 978-0-520-04477-7, lire en ligne), p. 222.
  17. a, b, c, d et e (pl) Kazimierz Wyka, « Mickiewicz, Adam Bernard », dans Polski Słownik Biograficzny, vol. XX,‎ 1975, p. 698.
  18. a, b, c, d, e, f et g (pl) Kazimierz Wyka, « Mickiewicz, Adam Bernard », dans Polski Słownik Biograficzny, vol. XX,‎ 1975, p. 699.
  19. (en) Czesław Miłosz, The History of Polish Literature, University of California Press,‎ 1983 (ISBN 978-0-520-04477-7, lire en ligne), p. 227.
  20. (en) Czesław Miłosz, The History of Polish Literature, University of California Press,‎ 1983 (ISBN 978-0-520-04477-7, lire en ligne), p. 229.
  21. (pl) Twórczość, RSW Prasa-Książa-Ruch,‎ 1998, p. 80.
  22. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l (pl) Kazimierz Wyka, « Mickiewicz, Adam Bernard », dans Polski Słownik Biograficzny, vol. XX,‎ 1975, p. 700.
  23. a et b (en) Czesław Miłosz, The History of Polish Literature, University of California Press,‎ 1983 (ISBN 978-0-520-04477-7, lire en ligne), p. 230.
  24. (en) Czesław Miłosz, The History of Polish Literature, University of California Press,‎ 1983 (ISBN 978-0-520-04477-7, lire en ligne), p. 223.
  25. a, b et c (pl) Kazimierz Wyka, « Mickiewicz, Adam Bernard », dans Polski Słownik Biograficzny, vol. XX,‎ 1975, p. 701.
  26. (en) Robert E. Alvis, Religion and the rise of nationalism: a profile of an East-Central European city, Syracuse University Press,‎ 2005 (ISBN 978-0-8156-3081-4, lire en ligne), p. 101
  27. a, b, c et d (pl) Kazimierz Wyka, « Mickiewicz, Adam Bernard », dans Polski Słownik Biograficzny, vol. XX,‎ 1975, p. 702.
  28. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (pl) Kazimierz Wyka, « Mickiewicz, Adam Bernard », dans Polski Słownik Biograficzny, vol. XX,‎ 1975, p. 703.
  29. (pl) Zdzisław Jachimecki, « Chopin, Fryderyk Franciszek », dans Polski słownik biograficzny, vol. III, Cracovie, Polska Akademia Umiejętności,‎ 1937, p. 424.
  30. (pl) Zdzisław Jachimecki, « Chopin, Fryderyk Franciszek », dans Polski słownik biograficzny, vol. III, Cracovie, Polska Akademia Umiejętności,‎ 1937, p. 423.
  31. a, b, c, d et e (en) Czesław Miłosz, The History of Polish Literature, University of California Press,‎ 1983 (ISBN 978-0-520-04477-7, lire en ligne), p. 231.
  32. a, b, c, d, e, f, g et h (pl) Kazimierz Wyka, « Mickiewicz, Adam Bernard », dans Polski Słownik Biograficzny, vol. XX,‎ 1975, p. 704.
  33. Guide du musée Adam Mickiewicz d'Istanbul. Édité par le ministère turc de la Culture et du Tourisme et par le ministère polonais de la Culture et du Patrimoine. 26 novembre 2005.
  34. (en) Christopher John Murray, Encyclopedia of the romantic era, 1760–1850, Volume 2, Taylor & Francis,‎ 2004 (ISBN 978-1-57958-422-1, lire en ligne), p. 742

Liens externes[modifier | modifier le code]

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