Provençal

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Page d'aide sur l'homonymie Le francoprovençal (ou arpitan) est une langue tout à fait indépendante et distincte du français comme du provençal.
Provençal
prouvençau (norme mistralienne)
provençau (norme classique)
Parlée en France, Monaco
Région Sud-est de la France
Nombre de locuteurs De 250 000 à 500 000
Typologie SVO
Syllabique
Classification par famille

 -  Langues indo-européennes
    -  Langues italiques
       -  Langues romanes
          -  Groupe occitano-roman
             -  Occitan
                -  Provençal

(Dérivée de la classification SIL)
Statut officiel et codes de langue
Langue officielle en
Régi par Félibrige
Consèu de l'Escri Mistralen (Conseil de l'écrit mistralien)
Conseu de la Lenga Occitana
ISO 639-1 oc
ISO 639-2 oci
ISO 639-3 (en) oci
type : L (langue vivante)
étendue : I (langue individuelle)
SIL OCI
Échantillon

Article premier de la Déclaration des Droits de l'Homme (voir le texte en français)

Declaracioun Universalo di dre de l’ome
1. Graphie mistralienne : Tóuti lis uman naisson libre. Soun egau pèr la digneta e li dre. An tóuti uno resoun e uno counsciènci. Se dèvon teni freirenau lis un 'mé lis autre.

2. Graphie classique : Totei leis umans naisson libres. Son egaus per la dignetat e lei drechs. An totei una reson e una consciéncia. Se devon tenir frairenaus leis uns ambé leis autres.

Voir aussi : langue, liste de langues, code couleur

Le provençal est une variété de la langue d'oc ou occitan. Il se parle essentiellement en Provence, mais aussi dans une partie de l'Ardèche, de la Drôme et du Gard.

Son nom en provençal est [pʀuveⁿsˈaw] noté prouvençau (graphie mistralienne) ou provençau (graphie classique).

Sommaire

[modifier] Répartition géographique

D'après Ronjat[1] et Bec[2], le dialecte provençal se parle:

Selon certains auteurs, le provençal s'étend à tous les parlers occitans des Alpes (dits alpins ou gavots), à savoir dans le nord de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (au nord de Digne) et dans les Vallées Occitanes voisines de l'Italie. Cependant, la majorité des classifications rangent les parlers des Alpes dans un dialecte à part, le vivaro-alpin et non dans le dialecte provençal. L'inclusion des parlers des Alpes dans le provençal s'explique plus par une référence à la grande Provence historique que par la classification linguistique.

Il existe des zones de transition entre le provençal et le vivaro-alpin (sud de la Drôme (dite Drôme Provençale), région de Digne, haut Pays Niçois). Les dialectologues les attribuent de préférence au vivaro-alpin.

[modifier] Classifications linguistiques

Le provençal général comprend plusieurs variétés dont font partie le rhodanien, le maritime et le gavot (vivaro-alpin). Le nissart est parlé dans l'ancien comté de Nice.

[modifier] Le rhodanien

Le provençal rhodanien (lo provençau rodanenc | lou prouvençau dòu Rose): dans l'est du Gard (de Nîmes au Rhône), le Vaucluse (vers Avignon, Orange) et l'ouest des Bouches-du-Rhône (Arles, la Camargue). On peut y distinguer des parlers locaux (le parler du Ventoux et du comtat vers Carpentras; le parler de la vallée du Rhône vers Nîmes, Arles, Avignon, Orange, Bollène; etc). Les "juifs du Pape", communautés juives d'Avignon et du Comtat Venaissin ont développé un dialecte judéo-provençal particulier.
Le provençal rhodanien a donc ses particularités : les pluriels sont réduits à -i; le tch et le dj se prononcent respectivement ts et dz; des r sont rajoutés quelques fois à la fin de certains mots et la conjugaison est dotée de spécificités.

[modifier] Le maritime

Le provençal maritime et intérieur (lo provençau centrau | lou prouvençau de la mar e d'enfre-terro): dans l'est des Bouches-du-Rhône (vers Salon, Aix et Marseille), le Var (Toulon...) et l'ouest des Alpes-Maritimes (vers Cannes, Antibes, Grasse et Cagnes-sur-Mer). Il existe des différences locales minimes. Le sud des Alpes-de-Haute-Provence connaît une transition douce entre le provençal maritime et le vivaro-alpin, qui commence à Digne.
Ainsi, le provençal maritime et intérieur (ou "méditerranéen") a des règles linguistiques qui lui sont propre : les pluriels se forment en -ei; une chute très marquée de nombreuses consonnes est produite; les o sont souvent diphtongués et la conjugaison possède son lot de spécialités.

Pour exemple, traduisons la phrases "Les belles filles jouent tous les jours sur la colline :
-en provençal rhodanien, cela donne : "li bèli chatas jògan toti li jorns | Li bèlli chato jogon tòuti li jour dins la colo" (prononciation : li bèli tsatò dzògou'n touti li dzouR di'ng la kòlò).
-en provençal maritime, cela donne : "lei bèlei filhas jògan totei lei jorns dins la còla | Lei bèllei fiho juegon tòutei lei jou dins la couelo" (pronociation : lèy bèley fiyò djüègou'n toutèy lèy djou di'ng la kwèlò).

[modifier] Provençal et nissart

Le provençal niçois, appelé parfois en français nissart ([niˈsaʀt]). Il se parle dans le Pays Niçois (ou Comté de Nice) et à Monaco (aux côtés du ligure monégasque). Le vivaro-alpin est un dialecte distinct du provençal par ses traits nord-occitans (cha au lieu de ca, ja au lieu de ga...), l'attachement au provençal étant plus culturel que linguistique.

[modifier] Gavot, provençal alpin, vivaro-alpin...

Les populations concernées ignorent le nom savant "vivaro-alpin" et considèrent en général leurs parlers comme du provençal alpin, aussi appelé "gavot".

[modifier] Provençal et occitan

D'après l'ancien président de l'IEO Pierre Bec (1995), le provençal et le languedocien forment l'ensemble sud-occitan (ou occitan méridional), qui se distingue du nord-occitan (vivaro-alpin, auvergnat et limousin) et de l'occitan gascon. Il propose par ailleurs une autre classification, dans laquelle le provençal est inclus, avec tout le nord occitan, dans un ensemble arverno-méditerranéen caractérisé par le maintien de l'opposition b/v.

[modifier] Traits distinctifs

La plupart des caractéristiques linguistiques dont la somme est spécifique du provençal par rapport aux langues gallo-romanes, apparaissent vraisemblablement dès le moyen âge et se confirment à partir du XVIe siècle :

  • vocalisation des -l finaux en [w] : "soulèu/soleu" pour "soleil" alors que le latin populaire soliculus s'est souvent transformé en conservant le "l" final comme en français et en occitan central / "sau/sau" pour "sel"
  • diphtongaison des ò toniques dans une grande partie du domaine.

En provençal, les consonnes finales ne sont pas toutes prononcées. Notamment des marques grammaticales comme les -s du pluriel des noms et des adjectifs, qui disparaissent ou sont remplacées par des -(e)i contrairement à l'occitan central, au français ou à l'italien. (Exemple : "lei bèlei filhas / l(e)i bèll(e)i fiho", le -s final étant amuï).

[modifier] Entre reconnaissance et substitution

Panneau de rue rénové à Mons, Var

L'usage du provençal est vécu par une grande partie des Provençaux comme un élément de leur héritage patrimonial ; il jouit d’un certain soutien de la population et des collectivités locales et bénéficie d’un net regain dans la vie publique depuis quelques décennies (publicités, signalisation routière, festivals, théâtre, édifices...). Cependant, cette reconnaissance reste symbolique et n'a jamais été accompagnée d'une officialisation susceptible de développer le provençal de manière efficace. Le recul de l'usage du provençal est ancien. Il a cédé les fonctions courantes de communication au français (diglossie limitée).

Le provençal est logiquement reconnu comme langue menacée par l’UNESCO[3]. Les raisons de son déclin sont complexes. Pour la partie provençale qui a été rattachée à la France en 1483, on accuse souvent l'action centralisatrice des rois de France qui a écarté le provençal des actes juridiques (progression du français dans les élites sociales dès le XVe siècle, puis Ordonnance de Villers-Cotterêts du 10 août 1539 instituant le français comme la langue des documents administratifs). Cela n'est pas possible pour le pays niçois, le Comtat Venaissin ou Avignon qui n'étaient pas français alors. Au XIXe siècle, l'école royale, impériale puis républicaine n'a jamais donné au provençal un statut spécifique dans l'enseignement. Le provençal a été marginalisé dans les mass-médias.

Le provençal demeure cependant une langue de culture possédant une littérature dynamique et brillante depuis le Moyen Âge, dont la réputation internationale a notamment été couronnée par le prix Nobel de littérature de Frédéric Mistral en 1904 et poursuivie par de grands écrivains aux XXe et XXIe siècles, dont le plus renommé est probablement le poète Max-Philippe Delavouët.

Il existe spécifiquement pour le provençal des grammaires, des dictionnaires, des méthodes d’enseignement, des maisons d’édition et des centres de recherche. Le provençal est enseigné de la maternelle à l’université en France, dans de nombreux cours associatifs et étudié dans de très nombreuses universités étrangères.

Des mouvements provençaux (comme le Collectif Prouvenço) demandent une reconnaissance officielle du provençal comme une langue d'oc à part entière[4].

[modifier] Codification, standardisation, graphies

Nom de rue en provençal maritime et en graphie mistralienne
Idem avec diphtongue

Le provençal connaît deux "normes" concurrentes qui diffèrent par l'orthographe et parfois, par les formes orales qu'elles induisent. Pour cette raison, on parle souvent de deux différentes graphies même s'il serait plus exact de parler de normes différentes (incluant chacune une orthographe et des formes orales).

  • La norme mistralienne s'appuie sur une orthographe qui essaye de limiter les distorsions entre l'écrit et l'oral. Elle a été initialement promue par les écrivains Frédéric Mistral et Joseph Roumanille dans les années 1850. Elle a été adoptée officiellement par le mouvement du Félibrige dès sa fondation en 1854, ainsi que par des mouvements plus récents comme Parlaren et l'Unioun Prouvençalo. Elle est utilisée par une grande partie des écrivains, des chanteurs, des enseignants, des institutions locales (affichage public, etc.) et constitue « une véritable norme orthographique socialisée en Provence »[5]. Depuis 2006, un Consèu de l'Escri Mistralen (Conseil de l'écrit mistralien), suscité par le Félibrige mais indépendant de ce dernier, a pour tâche de compléter l'oeuvre lexicographique de Mistral[6][7]. Il est animé par Bernard Giély, le directeur de Prouvènço aro. On assimile souvent la norme mistralienne à une transcription du rhodanien mais les travaux de Pierre Vouland[8] ont montré de nombreuses différences morphophonologiques entre le rhodanien parlé et le provençal écrit.
  • La norme classique a été codifiée à partir du languedocien en 1935 par Louis Alibert (Gramatica Occitana segon los parlars lengadocians). L'usage de la graphie classique pour écrire le provençal a tout de même nécessité des adaptations pour tenter de mieux rendre compte du provençal moderne. Elle a été fixée, dans sa variété provençale, par Robert Lafont (1951, 1972) de l'Institut d'Estudis Occitans et complétée, depuis 1996, par le Conseu de la Lenga Occitana (CLO) qui émane de l'IEO. La norme classique propose une écriture convergente pour tous les dialectes occitans (gascon, limousin, provençal, etc). Elle s'appuie sur certains usages médiévaux tout en reconnaissant aux dialectes leurs spécificités. La norme classique est utilisée par des intellectuels (écrivains, chanteurs et enseignants). L'Institut d'Estudis Occitans et sa section provençale (le C.R.E.O.-Provença) publie des lexiques pour la diffuser et "enraciner l'occitanisme culturel"[9]en Provence. Elle est aussi utilisée dans les écoles Calandretas.

Il existe des controverses complexes entre les partisans des deux normes. L'utilisation d'une graphie particulière n'est pas toujours l'indice d'une prise de position dans le débat sur la reconnaissance de la langue provençale ou du provençal comme dialecte occitan. Evidemment, malgré ces oppositions, il y a aussi des actions unitaires.

Pour chacune des deux normes, il existe, d'une part, des attitudes favorables à la stabilité de la norme et, d'autre part, des attitudes qui encouragent un usage flottant et individualiste (en rupture avec la norme). On trouve aussi des partisans de la standardisation (standards régionaux) et des partisans du localisme.

[modifier] Comparaisons entre les différentes normes

[modifier] Orthographe identique, forme orale identique

français En graphie mistralienne En graphie classique Prononciation (API)
ciel cèu cèu [ˈsɛw]
grand grand grand [ˈgʀaⁿ]

[modifier] Orthographes différentes, forme orale identique

français En graphie mistralienne En graphie classique Prononciation (API)
avril abriéu [aˈbʀiew] abriu [aˈbʀiw, aˈbʀjew]
boire béure beure [ˈbewɾe]
eau aigo aiga [ˈajgɔ]
femme femo [ˈfemɔ] femna [ˈfeⁿnɔ, ˈfemɔ]
feu fiò / fue fuòc / fuec [ˈfjɔ] [ˈfɥe]
honneur ounour onor [uˈnuʀ]
hommes (pl.) ome òmes [ɔme]
jour jour jorn [ˈdʒuʀ, ˈdzuʀ]
ligne ligno linha [ˈliɲɔ]
manger manja manjar [maⁿˈdʒa]
Mireille Mirèio [miˈrɛjɔ] Mirèlha [miˈrɛjɔ]
Nice Niço (Niça, Nissa) [ˈnisɔ (ˈnisa)] Niça [ˈnisɔ (ˈnisa)]
occitan óucitan [u(w)siˈtaⁿ] occitan [uksiˈtaⁿ, u(w)siˈtaⁿ]
Occitanie Óucitanìo [u(w)sitaˈniɔ] Occitània [uksiˈtanjɔ, u(w)siˈtanjɔ, ‑ni]
petit pichoun pichon [piˈtʃuⁿ]
Provence Prouvènço Provença [pʀuˈvɛⁿsɔ]
provençal prouvençau provençau [pʀuveⁿsˈaw]
terre terro tèrra [ˈtɛʀɔ]
taille taio talha [ˈtajɔ]

[modifier] Orthographes différentes, formes orales différentes

français En graphie mistralienne, prononciation (API) En graphie graphie classique, prononciation (API)
août avoust [avust] agost [agust] ou aost[10] [aust]
janvier janvié [dʒaⁿˈvie] genier [dʒeˈnje]
juillet juliet [dʒyˈlje] julhet [dʒyˈje]
machine machino [maˈtʃinɔ] maquina [maˈkinɔ]
particulier particulié [paʀtikyˈlje] particular [paʀtikyˈlaʀ]
service service [seʀˈvise] servici [seʀˈvisi]
téléphone telefone [teleˈfɔne] telefòn [teleˈfɔⁿ]

[modifier] Noms de lieux

français provençal (graphie mistralienne) provençal (graphie classique)
Aigues-Mortes Aigo-Morto Aigas Mòrtas
Aix (z-)Ais (z-)Ais
Antibes Antibo Antíbol
Arles Arle Arle
Apt Ate Ate
Aubagne Aubagno Aubanha
Ollioules Ouliéulo Oliulas
Orange Aurenjo Aurenja
Avignon Avignoun Avinhon
Barcelonnette Barcilouno, Barcilouneto Barcilona, Barciloneta
Briançon Briançoun Briançon
Brignoles Brignolo Brinhòla
Cannes Cano Canas
Cavaillon Cavaioun Cavalhon
Digne Digno Dinha
Draguignan Draguignan Draguinhan
Forcalquier Fourcauquié Forcauquier
Fréjus Frejus, Freju Frejús
Grasse Grasso Grassa
Hyères Iero Ieras
La Ciotat La Ciéutat, La Cióutat La Ciutat
Manosque Manosco Manòsca
Marseille Marsiho Marselha
Martigues Lou Martegue Lo Martegue
Menton Mentoun, Mentan Menton
Montélimar Mounteleimar Montelaimar
Mougins Mougin Mogins
Nice Nissa Niça
Nîmes Nime Nimes
Saint-Rémy Sant-Roumié Sant Romieg
Saint-Tropez Sant-Troupez Sant Tropetz
Salon-de-Provence Seloun Selon
Sisteron Sisteroun Sisteron
Toulon Touloun Tolon
Valence Valènço Valença

[modifier] Expressions

Voici quelques expressions usuelles (graphie mistralienne/graphie classique):

  • Bono annado, bèn granado e bèn acoumpagnado / Bòna annada, ben granada e ben acompanhada. En français : bonne année, bien prospère, et bien accompagnée (de santé).
  • Se fai pas lou civié avans d'avé la lèbre. / Se fai pas lo civier avans d'aver la lèbre. En français, littéralement : On ne fait pas le civet avant d'avoir le lièvre. Soit l'équivalent du proverbe français : il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué (Jean de La Fontaine, livre 5, fable 20 L'ours et les 2 compagnons).

[modifier] Mots français d'origine provençale

De nombreux mots d'origines provençales ont migré vers le français. Il est souvent difficile de savoir précisément quels sont ces termes car les philologues et leurs dictionnaires étymologiques emploient souvent le terme de provençal, en lui donnant le sens de langue d'oc, pour qualifier l'origine d'un mot.

Quelques exemples :

  • balade et ballade : balado/balada (danse)
  • fadaise : fadeso/fadesa
  • s'esclafer : esclafa/esclafar (éclater)
  • mascotte : mascoto/mascòta (sortilège)

Dans le domaine maritime :

  • cale : cala/calar (abaisser les voiles)
  • bastinguage : bastengo/bastenga (toile matelassée)
  • gabarit : gabarrit/gabarrit
  • ressac : ressaco/ressaca
  • nonnat : nounat/nonat (petit poisson bon pour la friture).
  • supion : sepioun/sepion (petite seiche)
  • murène : mouréno/morena (la murène est un des poissons utilisés pour la bouillabaisse)

Les mots ayant une relation à la nourriture:

  • anchoiade : anchouiado/anchoiada
  • bouillabaisse :bouiabaisso/bolhabaissa
  • tian (terrine qui a donné son nom au plat de légumes passés au four) : tian

Le domaine de la faune et de la flore méditerranéenne :

  • bosquet : bousquet/bosquet (petit bois)
  • garriga : garriga/garriga (végétation sur sol calcaire)
  • maquís : maquis/maquís (végétation sur sol siliceux)
  • dorade : daurado/daurada

De nombreuses expressions :

  • quedale : que d'alo/que d'ala (que de l'aile)
  • qu'es aquò (à l'orthographe fluctuante par méconnaissance de son origine exemple: kézaco) : qu'es acò ?/qu'es aquò ? (qu'est-ce que c'est ?)

[modifier] Les sens de provençal, langue d'oc et d'occitan

Le sens du mot provençal est contingent à la période historique dans laquelle il est employé. Selon le contexte ou l'époque, il signifie langue d'oc ou l'idiome parlé en Provence. Ainsi, dans le premier cas l'auvergnat ou le limousin sont du provençal mais pas dans le second.

Le terme proensales est utilisé au XIIIe siècle par les écrivains italiens désignant la langue parlé dans la moité sud de la France, faisant référence aux provinciæ romana de l'Empire romain qui désignait la Gaule méridionale. D'autres appellations sont employées ensuite, le limousin par les catalans, la langue d'oc par Dante, le catalan par les savants du XVIIe siècle, ou celle très peu usitée de mondin inventée à Toulouse[11].

Au XIXe siècle les romanistes à la suite de Raynouard et jusqu'à Anglade, reprennent le terme provençal par généralisation pour, à la fois désigner l'occitan des troubadours en tant qu'« ancien provençal », et l'occitan moderne dans son ensemble, comme dans le petit dictionnaire provençal-français d'Émil Levy publié en 1903. Mais ce terme introduisait une ambiguité avec le parler de la Provence, l'occitan troubadouresque étant apparu dans les régions nord-occitanes et non en Provence, ayant des analogies avec le languedocien ou le limousin.

Lorsque Frédéric Mistral publie Lou Tresor dóu Felibrige, dictionnaire de la langue d'oc moderne en deux volumes, il comprend le terme provençal comme une acception du terme langue d'oc ; en sous-titre du dictionnaire, il précise : Dictionnaire provençal-français, embrassant les divers dialectes de la langue d'oc moderne, soit, comme il est mentionné dans la note 1, tous les mots usités dans le Midi de la France. Il y écrit qu'óucitan (qu'il traduit par occitain ou occitanien) est synonyme de «languedocien» ou de «méridional», voire (« à la rigueur ») de langue d'oc [12].

L'usage des linguistes contemporains est d'utiliser le mot provençal spécifiquement pour la variante parlée en Provence et la formule langue d'oc ou occitan pour parler de la langue dans son ensemble.

[modifier] Corpus

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens internes

[modifier] Références

  1. RONJAT, J., Grammaire istorique des parlers provençaux modernes, Montpellier, Société des Langues Romanes, 1930-41
  2. BEC, P., Manuel pratique d'occitan moderne, Picard, 1983
  3. UNESCO, Atlas des langues en péril dans le monde, p.29. La partie européenne de cet atlas, réalisée par le linguiste finlandais Talpani Salminen, individualise les différents dialectes de la langue d'oc, à l'instar du Summer Institute of Linguistics (SIL) dans son Ethnologue. Tant l'UNESCO, dans ses publications plus récentes, que le SIL, dans la norme ISO 639-3, reconnaissent l'unité de la langue d'oc dans sa diversité.
  4. Les plus connus sont l'Union provençale et le Collectif Provence.
  5. Philippe Blanchet: « Usages actuels du provençal dans la signalétique urbaine en Provence : motivations, significations et enjeux sociolinguistiques », Revue de l’Université de Moncton, vol. 36, n° 1, 2005, pp. 255–287
  6. Annonce dans Prouvènço d'aro
  7. Page sur le site du Félibrige
  8. Pierre Vouland, Du provençal rhodanien parlé à l'écrit mistralien, précis d'analyse structurale et comparée, Aix-en-Provence, Edisud, 2005, 206 pages.
  9. MARTIN Guy, & MOULIN Bernard (2007) Grammaire provençale et atlas linguistique, Aix-en-Provence: Comitat Sestian d’Estudis Occitans / Centre Regionau d’Estudis Occitans-Provença / Edisud [1e éd. 1998], citation de la page 5.
  10. Elie Lebre, Guy Martin, Bernard Moulin, Dictionnaire de base français-provençal, CREO-IEO-Provença, 2004, page 10
  11. Pierre Bec, La langue occitane p. 63-64
  12. Lou Tresor dóu Felibrige p. 431 du volume 2

[modifier] Bibliographie

[modifier] Ouvrages généraux sur le provençal

  • BLANCHET Philippe, Le provençal, essai de description sociolinguistique et différentielle, Institut de Linguistique de Louvain, Louvain, Peeters., 1992
  • DALBERA Jean-Philippe, Les parlers des Alpes Maritimes: étude comparative, essai de reconstruction [thèse], Toulouse: Université de Toulouse 2, 1984, édité en 1994, Londres, Association Internationale d’Études Occitanes.
  • VOULAND Pierre, Du provençal rhodanien parlé à l'écrit mistralien, précis d'analyse structurale et comparée, Aix-en-Provence, Edisud, 2005, 206 pages.

[modifier] Ouvrages lexicographiques sur le provençal

  • MISTRAL Frederic (1879-1886) Lou Tresor dóu Felibrige: Dictionnaire provençal-français, Aix en Provence: Remondet-Aubin [rééd. 1932, Paris: Delagrave] [rééd. 1968, Aix en Provence: Edicioun Ramoun Berenguié] [rééd. 1979, Aix en Provence: Edisud, 2 vol.]
  • CALVINO Jean-Baptiste, 'Nouveau dictionnaire niçois-français, Nice: Imprimerie des Alpes Maritimes, 1905 [rééd. 1993 sous le titre: Dictionnaire niçois-français, français-niçois, Nîmes: Lacour]
  • CASTELLANA Georges, Dictionnaire niçois-français, 1947 [rééd. 2001, Nice: Serre]
  • CASTELLANA Georges, Dictionnaire français-niçois, 1952 [rééd. 2001, Nice: Serre]
  • LÈBRE Élie, & MARTIN Guy, & MOULIN Bernard, Dictionnaire de base français-provençal / Diccionari de basa francés-provençau, Aix-en-Provence: CREO Provença / Edisud, 2004 (1e éd. 1992)
  • RONJAT Jules (Jùli), L’ourtougràfi prouvençalo, Avignon: Vivo Prouvènço!, 1908.
  • COUPIER Jules, (collab. Philippe Blanchet) Dictionnaire français-provençal / Diciounàri francés-prouvençau, Aix en Provence: Association Dictionnaire Français-Provençal / Edisud, 1995.
  • LAFONT Robert, Phonétique et graphie du provençal: essai d’adaptation de la réforme linguistique occitane aux parlers de Provence, Toulouse: Institut d’Études Occitanes, 1951 [rééd. 1960]
  • LAFONT Robèrt, L’ortografia occitana, lo provençau, Montpellier: Universitat de Montpelhièr III-Centre d’Estudis Occitans, 1972.
  • FETTUCIARI Jòrgi, & MARTIN Guiu, & PIETRI Jaume, Dictionnaire provençal-français / Diccionari provençau-francés, Aix-en-Provence: Edisud / L’Escomessa / CREO Provença, 2003.

[modifier] Grammaires / manuels

  • BARTHÉLÉMY-VIGOUROUX Alain, & MARTIN Guy (2000), Manuel pratique de provençal contemporain, Aix-en-Provence, Édisud
  • COMPAN André (1965) Grammaire niçoise [rééd. 1981, Nice: Serre]
  • MARTIN Guy, & MOULIN Bernard (2007) Grammaire provençale et atlas linguistique, Aix-en-Provence: Comitat Sestian d’Estudis Occitans / Centre Regionau d’Estudis Occitans-Provença / Edisud [1e éd. 1998]
  • RONJAT Jules (Jùli) (1930-1941), Grammaire istorique [sic] des parlers provençaux modernes, 4 vol. [rééd. 1980, Marseille: Laffitte Reprints, 2 vol.]
  • TOSCANO Reinat (1998) Gramàtica niçarda, sl.: Princi Néguer

[modifier] Ouvrages sur le provençal et sa place dans les langues romanes

  • BEC Pierre, La langue occitane, coll. "Que sais-je ?", n° 1059, Paris, Presses Universitaires de France, 1995 (1e édition 1963)
  • CAMPROUX Charles, Les Langues romanes, Paris, Presses universitaires de France, 1974, 126 pages.

[modifier] Liens externes

Voir « provençal » sur le Wiktionnaire.

Wikibooks propose un ouvrage abordant ce sujet : le provençal.

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