Grand Siècle (histoire de France)

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Le Grand Siècle est le XVIIe siècle en France, l'une des périodes les plus riches de l'histoire de ce pays. D'abord employé pour désigner le règne de Louis XIV (1643-1715), l'historiographie l'applique aujourd'hui à une période plus longue qui englobe tout le XVIIe siècle et qui court du règne de Henri IV, qui voit le rétablissement de l'autorité royale et la fin des guerres de religion jusqu'à la mort de Louis XIV, soit de 1589 à 1715. Pendant cette période marquée par l'absolutisme monarchique, le grand royaume de France domine ou, à défaut, marque durablement l'Europe, et même le monde, grâce à son expansion militaire mais aussi et surtout par son influence culturelle de plus en plus importante : en effet, toutes les cours d'Europe en quête de rayonnement, qu'elles soient princières ou royales, prendront pour modèle celle du « Roi Soleil » et ses attributs, comme la langue, l'art et la littérature française.

Versailles, modèle pour l'Europe[modifier | modifier le code]

Toutes les modes semblent avoir été « dictées » aux souverains depuis Versailles, résidence de Louis XIV, palais qui sera d'ailleurs copié sur tout le Vieux Continent car chaque roi voulait son Versailles (Caserte pour le roi de Naples, Sans-Souci à Potsdam pour le roi de Prusse, Peterhof pour le tsar de Russie, etc.)

Arts[modifier | modifier le code]

Nicolas Poussin, L'enlèvement des Sabines, 1637-38, Paris, musée du Louvre.

C'est pendant cette période que s'épanouissent en France les arts dans tous les domaines, dans un contexte de paix retrouvée après les guerres de religion de la fin du XVIe siècle et d'affirmation du pouvoir absolu du roi. Si le baroque italien influence les artistes français, le XVIIe siècle voit la naissance d'un vocabulaire artistique proprement français emprunt de classicisme et de références à l'antique, style qui va avoir une influence à l'échelle européenne. À partir de la seconde moitié du XVIIe siècle, Paris remplace Rome comme capitale artistique de l'Europe, rôle qu'elle ne quittera plus jusqu'au XXe siècle. Les modèles français se diffusent dans toute l'Europe du Nord à la fin du siècle, par exemple l'hôtel particulier entre cour et jardin, qui se développe réellement à partir de Paris tout au long du siècle, les jardins à la française mis au point par André Le Nôtre, l'ameublement de style Louis XIV ou encore les grandes résidences royales des cours européennes, bâties sur le modèle du château de Versailles.

Le Dôme des Invalides à Paris, exemple d'architecture classique française.

Tout au long du siècle, les arts en France sont incarnés par de grandes figures dans tous les domaines artistiques : souvent au service du roi ou de grands mécènes issus de la noblesse ce sont les peintres Simon Vouet, Nicolas Poussin, Claude Lorrain, Georges de La Tour, les Frères Le Nain, Philippe de Champaigne, Charles Le Brun et Hyacinthe Rigaud, les sculpteurs Jacques Sarazin, François Anguier, Pierre Puget, François Girardon et Antoine Coysevox, les architectes Jacques Lemercier, François Mansart, Jules Hardouin-Mansart et Louis Le Vau, le dessinateur de jardins André Le Nôtre, qui créa le jardin à la française qui se diffusa dans toute l'Europe, l'ébéniste André-Charles Boulle mais aussi de nombreux dessinateurs et graveurs comme Jacques Callot ou Abraham Bosse ainsi que des orfèvres renommés dans toute l'Europe, qui confectionnèrent notamment pour Louis XIV sa Grande Argenterie, malheureusement fondue quelques années plus tard pour couvrir les frais des guerres du roi. L'art de la tapisserie connaît un essor nouveau en France au XVIIe siècle, grâce à la création de la manufacture royale des Gobelins. L'académie royale de peinture et de sculpture est fondée en 1648 et permet de centraliser la création artistique dans le royaume, sanctionnant une évolution du statut des peintres et sculpteurs, perçus non plus comme de simples artisans mais comme de véritables praticiens des arts libéraux, à l'égal des hommes de lettres ou des scientifiques. Dans la deuxième moitié du siècle, Paris remplace Rome comme le cœur des débats artistiques européens, et en architecture le modèle palatial versaillais et celui de l'hôtel particulier à la française, notamment pour le décor intérieur, ont une influence durable en Europe.

Certaines des réalisations architecturales les plus célèbres du Grand Siècle sont le château de Versailles, le château de Vaux-le-Vicomte, le complexe des Invalides, la place des Vosges, la place Vendôme, la cour carrée et la colonnade du Louvre ainsi que le Pont Neuf à Paris. L'architecture militaire est incarnée par les innovations de Vauban, qui fortifie les côtes et les frontières du pays grâce à un réseau de citadelles et de forts conçus de manière rationnelle selon un plan en damier.

Littérature et philosophie[modifier | modifier le code]

Portrait de Molière par Nicolas Mignard (1658).

La littérature française connaît une exceptionnelle vivacité durant tout le XVIIe siècle. Le théâtre notamment, peu développé à la Renaissance, connaît ses grandes heures avec les tragédie de Pierre Corneille et Racine, les comédies de Molière et la création de la Comédie-Française. La poésie fleurit surtout dans la première partie du siècle avec Agrippa d'Aubigné, Théophile de Viau et François de Malherbe. Le roman connaît un grand succès avec La Princesse de Clèves de Madame de La Fayette mais aussi L'Astrée de Honoré d'Urfé et les œuvres comiques de Paul Scarron. Le règne de Louis XIV est marqué par des auteurs dont les écrits les plus célèbres sont depuis considérés, chacun dans leur genre, comme des classiques de la langue et de la littérature françaises : La Fontaine et ses Fables, Bossuet et ses oraisons funèbres, Nicolas Boileau et son Art poétique qui définit l'idéal classique du siècle, Racine, qui porte la tragédie classique à son plus haut degré de perfection, Molière pour la comédie et Charles Perrault avec ses contes qui fixent la tradition orale française. Parmi les mémorialistes qui ont livré le portrait de l'époque on trouve le Cardinal de Retz, Madame de Sévigné et Saint-Simon. Les moralistes les plus célèbres sont La Bruyère avec ses Caractères et La Rochefoucauld avec ses Maximes. La philosophie française prend une place prépondérante en Europe grâce au renouveau de la pensée cartésienne. Outre Descartes, c'est l'époque de Pascal, Mersenne, Gassendi et Pierre Bayle.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Bluche (sous la direction de), Dictionnaire du Grand Siècle, Fayard, 1990.

Articles connexes[modifier | modifier le code]