Marseille antique

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Marseille est fondée comme colonie grecque par des Phocéens vers 600 avant notre ère sous le nom de Massalia. Dès le Ve siècle av. J.-C., elle devient, avec la phénicienne Carthage, l'un des principaux ports maritimes de la Méditerranée occidentale. Pendant toute la période hellénistique, elle est une alliée fidèle de Rome.

Devenue Massilia, cité romaine, au début de notre ère, elle conserve son rôle de creuset culturel et de port commercial sur les rives du Sud de la Gaule, bien que, ayant préféré Pompée à César, elle ait perdu son indépendance et sa suprématie marchande, notamment au profit d'Arelate (Arles). Mais les Romains n'ont jamais entamé son prestige culturel : il était bien plus facile d'y apprendre le grec que d'entreprendre un long et coûteux voyage vers la Méditerranée orientale.

Avec la fin de la période romaine, elle connaît une relative prospérité et donne jour à une fondation chrétienne, l’abbaye Saint-Victor de Marseille, appelée à un rôle majeur dans tout le sud-est de la France jusqu'au XIIe siècle.

Marseille avant Massalia[modifier | modifier le code]

Les traces d'un peuplement néolithique[modifier | modifier le code]

Panorama de la calanque de Morgiou, site de la grotte sous-marine Cosquer.
Article détaillé : Grotte Cosquer.

L'espace côtier de Marseille est occupé dès le Paléolithique supérieur par les hommes ainsi qu'en témoigne la découverte en 1991 de la grotte Cosquer, dans l'une des calanques de Marseille, à environ six kilomètres au sud de l'actuel site de la ville. L'occupation de ce qui pourrait être, selon Jean Clottes, un « sanctuaire » a eu lieu à deux périodes : vers -27 000 et de -19 000 à -17 000, comme l'atteste la datation des peintures pariétales[1]. D'autres vestiges du néolithique furent retrouvés aux XIXe et XXe siècles dans les grottes Riaux 1 et Riaux 2 du quartier de L'Estaque au nord de Marseille : des silex taillés (lames, grattoirs), des ossements d'animaux (bouquetins, lynx, ours, loup) et un collier en coquillages perforés[2].

Pour la période plus récente, et quant au site proprement dit de Marseille, des fouilles ont mis au jour des vestiges d'une implantation néolithique qui remonte à -6 000, près de la gare Saint-Charles, autour de la rue Bernard-Dubois[3].

En 2007, les archéologues ont dégagé ce qui pourrait être des murs en terre crue, des trous de poteaux, ainsi que des outils en silex et des objets en coquillages. Sur la colline Saint-Charles, les groupes néolithiques ont construit leurs habitations en briques crues ou en pains de terre modelée. La découverte d'une telle architecture de terre constitue un élément capital pour l'histoire de l'architecture de l'Ouest méditerranéen et une première en France[4]. Ces méthodes de construction pourraient confirmer les thèses de Jean Guilaine sur la diffusion de la culture néolithique par des populations migrant depuis le Proche-Orient à travers la Méditerranée[5].

D'autres vestiges datant du néolithique (période d'agriculture et élevage) ont été retrouvées par Max Escalon de Fonton dans les grottes de L'Estaque durant les années 1940 : une céramique décorée (datée de -6 000) ainsi que la sépulture d'un adolescent en position repliée[2]. À proximité, dans la grotte Crispine du quartier Les Riaux furent retrouvés un foyer, des poteries mésolithiques en terre noire, des petits grattoirs et de nombreux coprolithes de canidés (excréments fossiles)[6].

Les Ségobriges[modifier | modifier le code]

Implantation des Ségobriges au début de l’époque romaine.

Toute la région était occupée par les Ligures, peuple autochtone[Note 1] qui pourraient avoir connu des invasions celtes, dans le dernier millénaire avant notre ère. Dans son ouvrage de géographie rédigé au Ve siècle avant JC, Hécatée de Milet évoque : « Massalia, ville de la Ligustique, près de la Celtique, colonie des Phocéens[8]. » De même, les habitants de cette côte purent entrer en contacts avec des commerçants phéniciens, étrusques notamment, mais aussi ibères[9].

D'après les auteurs anciens, le terroir marseillais aurait été occupé par une tribu du peuple Ligure, celle des Ségobriges, qui se serait implantée dans les collines autour du site de Marseille[Note 2]. Si l'on n'a pas retrouvé de traces d'occupation permanentes ligures sur le site de Marseille, les fouilles sédimentaires ont montré que les rives du Lacydon (calanque qui se confond au début du XXIe siècle avec le Vieux-Port de Marseille) ont été utilisées à partir du IIe millénaire avant notre ère pour des activités saisonnières liées à la mer (consommation de fruits de mer) mais sans que l'on puisse détecter d'exploitation des sols (déforestation, cultures, décapages) avant la fondation de la ville grecque[10].

Massalia, cité grecque[modifier | modifier le code]

La fondation de la cité proprement dite remonte à 600 avant J.-C. ; elle est le fait de colons grecs venus de Phocée en Asie mineure. La date de fondation est donnée par différents auteurs antiques : Aristote dans sa Constitution des Marseillais (vers -350), et Justin dans une œuvre, l'Abrégé des histoires philippiques de Trogue Pompée, rédigée sans doute au IIIe siècle ; les découvertes archéologiques ne s'opposent pas à cette datation.

La colonisation phocéenne[modifier | modifier le code]

Site de l'ancienne Phocée et village actuel.

Les textes anciens donnent peu d'indications sur l'origine, les institutions et les cultes de Phocée, l'actuelle Foça, proche d'Izmir (Smyrne) en Turquie. Sa population aurait été composée d'Athéniens et de Phocidiens (habitants de Phocide, territoire sacré de la Grèce antique). Elle est membre de la Confédération ionienne, dodécapole de douze cités grecques d'Asie Mineure, cités prospères, dont la richesse augmenta avec le développement des relations avec les colonies qu'elles avaient créées autour de la Méditerranée.

La création des colonies[modifier | modifier le code]

L'historien romain Justin décrit ainsi l'action des Phocéens :

« À l'époque du roi Tarquin, des jeunes gens phocéens, venant d'Asie, arrivèrent à l'embouchure du Tibre et conclurent un traité d'amitié avec les Romains ; puis ils s'embarquèrent pour les golfes les plus lointains de Gaule et fondèrent Marseille, entre les Ligures et les peuplades sauvages de Gaulois (...). Et en effet, les Phocéens, contraints par l'exiguïté et la maigreur de leur terre, pratiquèrent avec plus d'ardeur la mer que les terres : ils gagnaient leur vie en pêchant, en commerçant, souvent même par la piraterie, qui était à l'honneur en ces temps-là. C'est pourquoi, ayant osé s'avancer en direction du rivage ultime de l'Océan, ils arrivèrent dans le golfe gaulois à l'embouchure du Rhône. »

— Justin, Abrégé des histoires philippiques, Livre XLIII, 3-6

Ainsi, au VIe siècle av. J.-C., Phocée devint la « métropole » (cité-mère) de la colonisation grecque en Méditerranée nord-occidentale. Les Phocéens fondent successivement Massalia (Marseille), Agathe Tychè (Agde), de part et d'autre du Rhône, Olbia (Hyères), Antipolis (Antibes) ou encore Nikaïa (Nice). Puis sont établies Alalia (actuelle Aléria), un comptoir sur la côte orientale de la Corse, face à l'Étrurie et Élée dans le Golfe de Salerne, ainsi que de puissantes colonies en Espagne, comme Emporion[Note 3] (Empúries).

Cette migration de peuplement grecque a été confirmée récemment par une analyse génétique sur trois ans des dons du sang. Cette étude publiée en 2011 montre que 4 % des hommes dans la région marseillaise et 4,6 % de ceux de la région d'Aléria en Corse, autre destination des navigateurs phocéens, sont des descendants directs de ceux-ci[11]. Dans l'agglomération marseillaise comme dans le Var, des échantillons sanguins de donneurs réguliers de l'Établissement français du sang volontaires qui résidaient près de sites où ont été retrouvés des vestiges de l'occupation phocéenne et considérés comme des « Provençaux de souche », ont été étudiés pour savoir si leur chromosome Y portait le « signal phocéen ». En effet, en Grèce et dans ses anciennes colonies d'Asie Mineure, comme Phocée et Smyrne, où d'autres prélèvements ont été effectués, une mutation est apparue, le « marqueur E-V13 », caractéristique de la population locale. Ce pourcentage supérieur à 4 % du marqueur E-V13, compte tenu des 26 siècles écoulés, ainsi que des vagues de migration et de colonisation qui se sont succédé, est considérable. Ce marqueur « peut retracer l'impact démographique et socio-culturel de la colonisation d'environ un millier de personnes à partir de l'antique Marseille[12] ».

La légende de Gyptis et Protis[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mythe fondateur de Marseille.
Colonie grecque à Marseille. Peinture de Pierre Puvis de Chavannes (1868).

Les conditions exactes de la fondation font défaut à l'histoire de la ville, on ne retient aujourd'hui qu'une légende, reprise par Justin et par Athénée de Naucratis, qui dans le livre XIII des Deipnosophistes, œuvre rédigée au début du IIIe siècle et citant Aristote, en donne le récit[Note 4].

Les Phocéens recherchaient des emplacements susceptibles de devenir des emporia ou comptoirs sur la côte. Cette activité correspond à un effort de création d'un réseau commercial, bâti par des marins et servi par des bateaux rapides à rames, les pentécontères et non une colonisation de peuplement, ce qui facilitait les implantations, les « colonies » ne requérant que peu de terres. En naviguant par cabotage, ils auraient découvert la baie du Lacydon (l'actuel Vieux-Port de Marseille), une calanque profonde, large et bien orientée (est-ouest), abritée du vent dominant - le mistral - par des collines élevées, propice à un établissement commercial.

Justin poursuit son récit, en écrivant ceci :

« Les commandants de la flotte furent Simos et Protis. Ils vont ainsi trouver le roi des Ségobriges, appelé Nanus, sur les territoires duquel ils projetaient de fonder une ville. Il se trouva que ce jour-là le roi était occupé aux préparatifs des noces de sa fille Gyptis, qu'il se préparait à donner en mariage à un gendre choisi pendant le banquet, selon la coutume nationale. Et ainsi, alors que tous les prétendants avaient été invités aux noces, les hôtes grecs sont aussi conviés au festin. Ensuite, alors que la jeune fille, à son arrivée, était priée par son père d'offrir de l'eau à celui qu'elle choisissait pour époux, elle se tourna vers les Grecs sans tenir compte de tous les prétendants et offrit de l'eau à Protis qui, d'hôte devenu gendre, reçut de son beau-père un emplacement pour fonder la ville. Donc, Marseille fut fondée près de l'embouchure du Rhône, dans un golfe isolé, comme dans un recoin de la mer. »

— Justin, Abrégé des Histoires Philippiques, Livre XLIII, 8-10

Sur les rives du Lacydon, rivière qui débouchait au nord-est de la calanque[13], les Phocéens posent les fondations d'une ville qu'ils appelèrent Massalia (en grec ancien Μασσαλία). De nombreuses hypothèses sur l’origine de ce nom ont été formulées (bien que considérées comme fantaisistes par certains auteurs, comme Paul Mariéton[14]) une qui reflète l'opinion courante donne Mas-Salia, la résidence des Salyens. Mais, si le premier mot est provençal, le second est latin, ce qui semble écarter cette proposition.

Aussi, certains ont penché pour l'utilisation du mot grec Mασσα (Massa). En effet, les Phocéens avaient conservé la tradition d'Asie Mineure d'apposer le nom de Massa à des villes, à des châteaux, à des rivières, etc. On trouve par exemple plus de trente Massa en Italie, sachant que les mots Mαζα ou Mασα correspondent au latin Libum, une offrande de gâteaux sacrés. Quant à la finale λεις, il s'agirait d'un formatif des adjectifs, les Marseillais étant des sacrificateurs, et la ville, celle des sacrifices.

Massalia, nouvelle Phocée[modifier | modifier le code]

Le site primitif de la ville[modifier | modifier le code]

La topographie première du site de Marseille grecque est encore largement perceptible de nos jours, malgré les importantes modifications du XIXe siècle. Promontoire environné par la mer, il est dominé par trois buttes successives : la butte Saint-Laurent (26 mètres d'altitude en 1840), la butte des Moulins (42 mètres, associée à la butte de la Roquette, 38 mètres), et enfin la butte des Carmes (environ 40 mètres). Les cols entre ces hauteurs recueillaient les écoulements d'eau.

Dernier élément de topographie naturelle, la zone du Fort Saint-Jean présentait, jusqu'au remblaiement volontaire pour la construction du fort, une pente vers la mer au nord qui n'est plus perceptible maintenant[15].

Plusieurs talwegs se déversaient dans le port : l'un entre la butte des Carmes et la colline Saint-Charles, un second beaucoup plus important dans l'axe de la Canebière actuelle et enfin un troisième au sud (axe de la rue Breteuil, appelée vallée Fogaresse au Moyen Âge).

L'évolution de la cité grecque[modifier | modifier le code]

Le jardin des Vestiges, emplacement du premier port de la cité phocéenne, découvert en 1967.

Les fouilles archéologiques ont révélé les vestiges des premières traces de l'habitat grec directement au contact d'un sol vierge sur la partie la plus occidentale du site (butte Saint-Laurent). Dans l'état actuel de nos connaissances, la ville grecque ne semble pas avoir succédé à une occupation plus sommaire indigène. Très vite la ville s'agrandit et s'étend jusqu'au versant oriental de la butte des Moulins. Enfin, elle englobe la troisième butte (dite des Carmes) avant la fin du VIe siècle av. J.-C. Une dernière extension à l'époque hellénistique lui permet d'atteindre une surface d'environ 50 hectares, que la ville ne dépassera pas avant le XVIIe siècle

La fortification grecque de la fin du VIe siècle av. J.-C. a été retrouvée en deux points de la ville : au Jardin des Vestiges et sur la butte des Carmes, lors de fouilles d'urgence dans les années 1980. Une reconstruction a lieu à l'époque grecque classique, dans la seconde moitié du IVe siècle av. J.-C. Enfin, vers le milieu du IIe siècle av. J.-C., l'ensemble de la fortification est reconstruite en grand appareil de calcaire rose. Ce rempart est encore visible sur le Jardin des Vestiges (tour penchée et mur dit de Crinas)[16]. L'intérieur de la ville est découpé en îlots, avec des rues à angle droit qui constituent des ensembles cohérents, adaptés à la topographie naturelle du site. Ainsi le long du rivage les voies ont-elles des axes changeants, tandis que les pentes de buttes sont quadrillées de façon régulière[17].

Peu de monuments sont connus ; Strabon (Géographie IV, 1, 4) signale l'Ephésion (consacré à Artémis) et le sanctuaire d'Apollon Delphinios. Quelques découvertes archéologiques se rapportent à des édifices religieux : un chapiteau de la fin du VIe siècle av. J.-C. trouvé en remploi dans un mur moderne et des stèles avec déesses assises (provenant peut-être d'un sanctuaire à Cybèle)[18].

Jardin des Vestiges, plan des vestiges grecs avec les rives du port en jaune et les fortifications en rose.

Au pied de la place de Lenche, les caves de Saint-Sauveur sont le seul édifice conservé depuis l'antiquité dont la connaissance avait été gardée ; certains y voient une fontaine antique (F. Salviat), mais plus récemment on a proposé la fonction de grenier à blé ou d'arsenal (H. Tréziny). Dégagé par F. Benoit après la Seconde Guerre mondiale, ce monument n'a pas été gardé intact depuis et est aujourd'hui inaccessible. Cet édifice marquait la limite topographique entre une partie basse (au sud), proche du port et le col entre les buttes Saint-Laurent et des Moulins (au nord, matérialisé actuellement par la place de Lenche). On suppose que l'agora grecque se situait à l'emplacement du forum romain, soit au sud des Caves de Saint-Sauveur[19].

Les fouilles ont révélé par ailleurs un établissement thermal du IVe siècle av. J.-C. à la rue Leca[20] et de nombreux vestiges d'habitat et de rues (en particulier rue des Pistoles ou près de la cathédrale de la Major).

À l'extérieur des murs, les fouilles récentes ont mis en évidence une cadastration établie dès la fin du VIe siècle av. J.-C., ainsi que l'exploitation de carrières d'argile qui se trouvait abondamment dans le substrat géologique (site de l'Alcazar) ; par la suite se développe au même emplacement une culture de la vigne et probablement d'autres plantations[21]. Les nécropoles nous sont connues soit par des découvertes anciennes soit par la fouille, en 1990, du Parc Sainte-Barbe[22]. Ainsi se dessine un paysage suburbain varié, où le domaine des morts alternait avec celui des vivants.

Massalia et sa chora[modifier | modifier le code]

Les relations ne furent sans doute pas si harmonieuses entre les deux populations comme Justin l'indique, dans un autre passage de son Abrégé des histoires philippiques, narrant les tentatives des Ségobriges de conquérir la ville, sous la conduite du fils du Roi Nann, Comannus. Leur défaite permet aux Massaliotes[Note 5] d'agrandir leur terroir (la chora). Ils dominent la basse-vallée de l’Huveaune et jusqu’au massif de Marseilleveyre. Rapidement, vignes et oliviers sont plantés pour développer une production locale de ces produits de base et en développer l’exportation. En parallèle, les premières fabrications d’amphores de Massalia apparaissent.

La nouvelle Phocée[modifier | modifier le code]

Un demi-siècle après la fondation, fuyant les invasions de l'Asie mineure par les Perses conduits par Cyrus II en 546 av. J.-C. et la destruction de leur ville, de nombreux Phocéens rejoignirent leurs colonies dont Massalia, accentuant son caractère de cité grecque et lui donnant une nouvelle impulsion, ce que certains historiens ont appelé la « seconde fondation » de Marseille[23].

Massalia devient alors la principale ville grecque de la région et prend dans sa dépendance les autres colonies établies sur la côte. La fin du VIe siècle et le Ve siècle marquent le succès de l’expansion commerciale de Marseille sur le littoral et dans l’arrière-pays marseillais, puisque la domination semble aller jusqu’au pourtour de l’étang de Berre, au delta du Rhône, avec la création de places fortes comme Théliné (Arles) et Aoueniotès (Avignon).

La recherche de routes commerciales en Méditerranée occidentale[modifier | modifier le code]

Aires d'influence en Méditerranée occidentale en 509 av. J.-C.
  •      Carthaginois
  •      Étrusques
  •      Grecs
  •      Romains
Article détaillé : Bataille d'Alalia.

Le surgissement de Massalia et des colonies rattachées, cité puissante pouvant mettre en cause la domination de Carthage et des Phéniciens ainsi que des Étrusques sur les routes maritimes et commerciales conduit les Phocéens à l'affrontement avec les Phénico-puniques dont l'expansion est continue aux VIIIe ‑ VIe siècles[24].

La bataille d'Alalia s'insère dans la série de conflits impliquant Étrusques, Carthaginois et Grecs pour la délimitation des domaines d'influence en Méditerranée occidentale. Étrusques et Phéniciens puis Carthaginois avaient installé des colonies en Corse, Sardaigne et Espagne pour les premiers, en Sicile, en Afrique, en Sardaigne et en Espagne pour les seconds et pratiqué le commerce le long des côtes (par exemple, des céramiques étrusques datant de la première moitié du VIe siècle ont été retrouvées en Provence sur le site dit des Tamaris[25]). L'arrivée des Grecs, à partir de 750 av. J.-C., et le début de la colonisation avait bouleversé le statu quo. L'implantation simultanée de plusieurs colonies issues de différentes métropoles grecques inquiéta les Étrusques, mais ils ne purent les repousser. Jusque vers 650 av. J.-C., les Phéniciens ne s'opposèrent pas à cette implantation mais leur attitude changea quand les Phocéens atteignirent l'Espagne. Dès ce moment, Carthage assura l'essentiel de la résistance et commença à unifier les cités phéniciennes sous sa direction (ce qui fut achevé vers 540 av. J.-C.) et devint ainsi l'une des principales puissances méditerranéennes occidentales.

Une nouvelle vague de Phocéens étant arrivée après 546 av. J.-C. à Alalia, cela accrut son potentiel de centre commercial d'importance qui pouvait exercer une menace éventuelle sur les colonies étrusques voire carthaginoises[26]. La piraterie pratiquée par les Phocéens fut, d'après Hérodote, le prétexte qui déclencha une réaction de Carthage. Celle-ci s'allia pour la circonstance aux Étrusques pour affronter les Phocéens lors d'une bataille navale au large d'Alalia, vers -540[27].

Les Phocéens de Massalia armèrent 40 navires qui vinrent renforcer ceux d'Alalia et livrèrent bataille à la flotte carthagino-étrusque. Ils furent défaits et Alalia passa aux Carthaginois. Cependant, les Massaliotes se sentirent vainqueurs en ce qu'ils se virent reconnaitre de facto le contrôle de la côte ligure de l'Est avec des katoikia jouant le rôle de places fortes comme Olbia (Hyères) ou des comptoirs comme Antipolis (Antibes), jusqu'à l'ouest avec Emporion. Ils bâtirent le Trésor des Marseillais à Delphes pour célébrer cette victoire. Les conflits de Massalia avec les Carthaginois vont durer tout au long du Ve siècle. Ils consolident l'alliance de Marseille avec Rome contre l'ennemi commun.

Au cours de ce siècle, Marseille connut une grande prospérité grâce à la paix en Méditerranée Occidentale due à la défaite carthaginoise à Himère en Sicile en 480 avant J.-C., suivie peu après par la déroute qu'infligea en -474 Hiéron de Syracuse aux Étrusques au large de Cumes. Cette défaite sonna le glas du dynamisme des cités étrusques méridionales. Les routes commerciales au large de la Campanie passèrent sous le contrôle de Syracuse. Pendant près de soixante-dix ans les navires massaliotes purent sillonner tranquillement la mer tyrrhénienne avant que le conflit reprenne à la fin du siècle entraînant la région dans un conflit qui devait durer un demi-siècle dans toute la Grande Grèce.

Les IVe et IIIe siècles avant notre ère semblent être plus difficile. Les Carthaginois restent des concurrents redoutables tant en Méditerranée Occidentale qu'Orientale. La chute d'Athènes, les problèmes politiques et économiques que connaissent la Sicile et Syracuse en particulier, ont alors affecté le commerce maritime massaliote. Cela a sans doute déterminé une certaine récession économique, que n'a pu compenser l'expansion du rôle de Marseille dans le commerce gaulois.

Massalia et la Gaule[modifier | modifier le code]

Un carrefour commercial majeur[modifier | modifier le code]

Statue de Pythéas, explorateur originaire de Massalia, sur une façade du Palais de la Bourse à Marseille. Œuvre de Auguste Ottin.
Statue d'Euthymènes, sur une façade du Palais de la Bourse à Marseille. Œuvre de Auguste Ottin.

Grand port maritime ouvert sur toute la Méditerranée, Marseille abrita de nombreux marins et explorateurs renommés.

Au Ve siècle, le Massaliote Euthymènes quitte la cité pour explorer au-delà des colonnes d'Hercules, les côtes de l’Afrique jusqu'à l'embouchure du fleuve Sénégal. Il a constaté et fait connaître aux Grecs l'existence des marées.

Un siècle plus tard, vers 340-325 avant J.-C., l’explorateur et géographe Pythéas effectue un voyage dans les mers du nord de l'Europe et atteint l’Islande et le Groenland et approche du cercle polaire. Longtemps considéré comme un affabulateur, en particulier selon l'opinion du géographe grec Strabon, la véracité de son périple est aujourd'hui reconnue.

Marseille, comme le retracent les découvertes archéologiques, connaît une forte croissance et devient une cité prospère, vivant des relations commerciales fortes avec la Grèce, l'Asie Mineure puis Rome et l'Égypte. À cette époque, Massalia compte entre 30 000 et 40 000 habitants, ce qui en fait le plus grand centre urbain de Gaule. Sa prospérité est entièrement fondée sur le commerce.

Sachant que les principales routes commerciales entre le Nord et l'Ouest de l’Europe et l’Orient empruntent les fleuves (en particulier Rhône et Saône) de ce que Strabon nomme « l’isthme gaulois », Massalia occupe une place stratégique. L’ambre, l’étain descendent le Rhône quand remontent le vin et les articles de luxe comme céramique, vaisselle. On a pu dire que le renommé cratère de Vix était une manifestation du rôle de Massalia dans le trafic de transit et peut-être un don des marchands massaliotes au prince gaulois qui contrôle le seuil de Bourgogne[28].

C'est aussi probablement par la cité phocéenne que furent introduits en Gaule les premiers vignobles[29]. Les fouilles de 2006 et 2007 sur la colline Saint-Charles ont ainsi mis au jour les vignobles les plus anciens de France. Pas moins de trois niveaux de traces agraires liées à l'exploitation de la vigne à partir du IVe siècle avant notre ère y ont été découverts[4]. Un vin renommé produit sur place rend nécessaire la fourniture de nombreuses amphores.

Loin de se limiter à l’import-export des biens d’origine grecque, la ville développe les productions locales, et surtout la céramique et les amphores. L’étude des céramiques a permis d’établir que jusqu’en 535 av. J.-C., Massalia importe la vaisselle courante de Phocée et jusqu’à 500 av. J.-C., la céramique de luxe d’Athènes. Après ces dates, les produits locaux se substituent aux importations[30].

Enfin, Massalia fut à l’origine de la monnaie dans la région en émettant des pièces pour le commerce local dès 490 av. J.-C., puis des oboles d’argent vers 450 av. J.-C., enfin des drachmes d’argent au début du IVe siècle av. J.-C., ces monnaies portant le nom de la ville.

Massalia, interface culturelle entre la Gaule et le monde grec[modifier | modifier le code]

Colonie grecque rayonnante, Marseille fut le point de départ de la diffusion de la civilisation hellénistique et de l'écriture chez les peuples gaulois, qui ont appris à transcrire leur propre langue en caractères grecs. L'historien Jean-Louis Brunaux remarque que les druides furent les principaux bénéficiaires de cette éducation mais n'utilisèrent l'écriture que pour les échanges commerciaux et les notations scientifiques. D'après Varron, qui écrit au Ier siècle avant notre ère : à Massalia, on parle le grec, le latin et le gaulois[31].

La Constitution de Marseille[modifier | modifier le code]

Tétrobole massaliote en argent (200-150 av. J.C.) représentant Artémis et un lion avec l'inscription « MAΣΣA-ΛIΗTΩ[N] ».

La ville jalouse de son indépendance s'administre librement. La constitution marseillaise se référait à celles des cités ioniennes. Elle est citée par Aristote comme un exemple d'oligarchie modérée et de régime stable :

« Quant aux causes extérieures qui renversent l'oligarchie, elles peuvent être fort diverses. Parfois, les oligarques eux-mêmes, mais non pas ceux qui sont au pouvoir, poussent au changement, lorsque la direction des affaires est concentrée dans un très petit nombre de mains, comme à Marseille, à Istros, à Héraclée et dans plusieurs autres États. Ceux qui étaient exclus du gouvernement s'agitèrent jusqu'à ce qu'ils obtinssent la jouissance simultanée du pouvoir, d'abord pour le père et l'aîné des frères, ensuite pour tous les frères plus jeunes. Dans quelques États, en effet, la loi défend au père et aux fils d'être en même temps magistrats; ailleurs, les deux frères, l'un plus jeune, l'autre plus âgé, sont soumis à la même exclusion. À Marseille, l'oligarchie devint plus républicaine ; à Istros, elle finit par se changer en démocratie. »

— Aristote, Politique, Livre VIII, chapitre 5-2

La ville était gouvernée par un directoire de 15 « premiers » choisis parmi une boulè de 600 sénateurs. Trois d’entre eux avaient la prééminence et l’essentiel du pouvoir exécutif. Aristote avait également analysé la Constitution de Marseille, comme en témoigne Athénée[32], et, citant l'ouvrage d'Aristote, il évoque une famille aristocratique, les Protiades, descendant des premiers fondateurs, qui possédait une influence souveraine. Le gouvernement de Marseille était encore oligarchique au temps où Strabon écrivait, au début du Ier siècle[33].

« Les Massaliotes ont un gouvernement aristocratique, et il n'y en a pas dont les lois soient meilleures : ils ont établi un conseil de six cents membres qui gardent cette dignité toute leur vie et qu'on appelle timouques. Ce conseil est présidé par quinze membres à qui est attribuée l'administration des affaires courantes : les Quinze sont à leur tour présidés par trois d'entre eux qui ont la plus grande puissance, sous la direction d'Un seul. Nul ne peut être timouque s'il n'a pas d'enfants, et si le titre de citoyen n'est pas dans sa famille depuis trois générations. Les lois sont celles de l’Ionie : elles sont exposées en public. »

— Strabon, Géographie, Livre IV, 1,5

Massalia, alliée de Rome[modifier | modifier le code]

Les zones d'influence au IIIe siècle av. J.-C.

Les relations de Rome avec les « États indépendants » sont relativement complexes. Rome a eu des relations amicales avec Massilia depuis au moins le Ve siècle av. J.-C.[34].

En -396, après leur victoire contre la cité Étrusque de Véies, les Romains déposent un cratère d’or dans le Trésor des Marseillais à Delphes. En -389, récompense de sa participation à la rançon versée aux Gaulois lors de la prise de la ville par Brennus l'année précédente, un traité « sur pied d'égalité », foedus aequo jure percussum, comme le précise Justin, est signé entre les deux cités qui nouent une alliance formelle. Les visiteurs massaliotes à Rome se voient reconnaitre certains privilèges, comme le droit à l'hospitalité publique, un privilège honorifique (un emplacement pour assister aux spectacles parmi les sénateurs) et l'immunitas (la possibilité de commercer à Rome sans payer de taxes).

Ainsi, pendant des centaines d'années, Marseille conserve son indépendance nominale, bien que vivant sous une sorte de protection. L'alliance formelle dure de -389 à -49, avec le début de la guerre civile de César.

Des relations tumultueuses avec les peuples celto-ligures[modifier | modifier le code]

La croissance forte de Marseille et du réseau des colonies massaliotes est citée comme l'une des raisons qui provoquent la création de la fédération des Salyens à la fin du IIIe siècle av. J.-C., à partir de la réunion des « Celto-ligures » de Provence, entre le Var et le Rhône, autour de centres proto-urbains. Les voisins les plus proches des Salyens, en effet, étaient les Massaliotes au sud (les Cavares[Note 6] et les Albiques[Note 7] occupaient quant à eux les territoires situés au nord des Salyens).

La fédération salyenne s'avéra être un voisin « encombrant » pour les Massaliotes, ce qui avait provoqué de nombreuses tensions économiques et sans doute culturelles, dont rendent compte les auteurs antiques (notamment Tite-Live et Strabon). Dans un premier temps, de telles tensions avec les indigènes avaient entraîné plusieurs interventions militaires des Grecs dans l'arrière-pays marseillais : celles-ci sont attestées par l'archéologie, notamment à travers la destruction violente de sites comme l'oppidum de L'Arquet.

Sur la côte, les pirates ligures obligent parallèlement la cité grecque à renforcer constamment la protection de ses lignes commerciales maritimes par la création de places coloniales de défense (épiteichismata). L'archéologie montre les traces des interventions militaires terrestres autour de l'Étang de Berre dès les alentours de -200. Ce sentiment d'insécurité est provoqué par « les Gaulois salluviens qui pillent le territoire » (Tite-Live, Epit. 60) et qui « exercent leur brigandage sur terre et sur mer… » (Strabon, Géographie, IV, 6, 3). Massalia vit ainsi avec une grande méfiance vis-à-vis des étrangers et à se doter d'un puissant arsenal. Danger permanent très bien souligné par l'historien et poète latin Silius Italicus qui dépeint les Marseillais de la fin du IIIe siècle avant notre ère « entourés de tribus arrogantes et terrifiés par les rituels sauvages de leurs voisins barbares » (Punica, XV, 169-172).

À partir de -181, Marseille commence à faire appel aux armées de Rome, devenue la grande puissance méditerranéenne, pour l'aider à mettre fin aux pillages des celto-ligures et à défendre ses colonies.

Massalia et la Gaule transalpine[modifier | modifier le code]

Avide d'affirmer son emprise dans la région pour des raisons économiques et stratégiques, Rome prétend répondre à l'appel de Massalia et accapare presque intégralement le vaste arrière-pays massaliote, après quelques campagnes menées entre -125 et -121, notamment par le consul puis pronconsul Sextius Calvinus et les consuls Gnaeus Domitius Ahenobarbus et Fabius Maximus Allobrogicus. Aquae Sextiae (Aix-en-Provence) est une colonie fondée en -122 par les légionnaires commandés par Sextius Calvinus, elle succède à l'ancienne capitale voisine des Salyens Entremont, détruite l'année précédente par les armées romaines.

La région conquise porte le nom de Gaule transalpine. Cnaeus Domitius, qui y est nommé proconsul, s'efforce de -120 à -117 de créer une liaison terrestre, la Via Domitia entre les territoires ibériques, c'est-à-dire l'Espagne actuelle et la Gaule cisalpine. Il fonde une colonie romaine à Narbonne en -118[Note 8].

La colonie grecque de Massalia, alliée, et son arrière-pays réduit forment une enclave libre au sein de la Gaule transalpine.

En -109, les Gaules cisalpine et transalpine sont ravagées par les Cimbres, les Teutons, les Ambrons durant l'épisode de la guerre des Cimbres, jusqu'à leur écrasement en -102 par Caius Marius à la bataille d'Aix.

Massilia, ville romaine[modifier | modifier le code]

La fin de l'indépendance[modifier | modifier le code]

Cliente de Rome, Marseille refuse officiellement de prendre parti entre Pompée et de Jules César en -49, mais accueillant la flotte de Pompée, dirigée par Ahenobarbus, elle affiche clairement sa préférence. Assiégée par trois légions pendant deux mois par César puis par son légat Trebonius, elle est prise[35] après deux batailles navales, au large de Marseille puis de Tauroentum (l’actuel Saint-Cyr-sur-Mer ou la baie du Brusc, à Six-Fours-les-Plages), place-forte des Marseillais, qui s'achèvent par la destruction de sa flotte de guerre. Elle est privée ensuite de ses colonies et doit se soumettre à Rome.

Cependant, ainsi que le précise Strabon :

« César et les princes, ses successeurs, en souvenir de l'ancienne alliance de Rome avec Massalia, se sont montrés indulgents pour les fautes qu'elle avait commises pendant la guerre civile, et lui ont conservé l'autonomie dont elle avait joui de tout temps, de sorte qu'aujourd'hui elle n'obéit pas, non plus que les villes qui dépendent d'elle, aux préfets envoyés de Rome pour administrer la province »

— Strabon, Géographie, I,5

.

Les Romains la rattachent à la province Narbonnaise. Arles, colonie fondée à la suite de cette crise, devient la principale ville romaine de la région.

L'influence romaine sur la ville[modifier | modifier le code]

Nouvel élan sous le Haut-Empire[modifier | modifier le code]

À l'époque d'Auguste, la ville connaît une nouvelle grande phase de construction. L'agora-forum est reconstruit comme en témoignent les fragments de dallages découverts par F. Benoit au sud des Caves de Saint-Sauveur. Le forum était bordé à l'ouest par un autre grand édifice, le théâtre, dont quelques gradins ont été conservés jusqu'à nos jours dans l'enceinte du collège du Vieux-Port[36].

Des thermes sont installés le long du port également à la même époque. Les vestiges, remontés sur la place Villeneuve-Bargemon, sont visibles quasiment à leur emplacement d'origine derrière la Mairie.

Dalles de la voie romaine dans le jardin des Vestiges

Pendant le Haut Empire romain, la zone portuaire s'étend considérablement[37]. Elle s'étend sur la rive nord du port, suit la corne du port (Jardin des Vestiges) dont le quai est reconstruit à l'époque flavienne, et se prolonge au fond du Vieux-Port actuel. Dans cette zone, les fouilles de la place Général-de-Gaulle ont dégagé une grande esplanade empierrée qui peut correspondre à des salines aménagées. De nombreux entrepôts à dolia sont connus. Une partie de l'un d'entre eux est exposé au rez-de-chaussée du Musée des docks romains[38].

Des fouilles archéologiques menées entre 1995 et 2010 ont montré la vitalité économique de la ville. Cependant, contrairement à bien des cités de Narbonnaise comme Arles, Vaison-la-Romaine ou Nîmes, aucun monument romain d'envergure ne subsiste aujourd'hui.

Les deux premiers siècles témoignent d'une certaine opulence économique du fait de l’excellent réseau commercial maintenu autour de la Méditerranée. Mais en plus Marseille prend une réelle importance culturelle en entretenant la culture grecque. de nombreux romains viennent à Marseille suivre les cours de ses fameuses écoles de rhétorique.

Déclin dans l'Antiquité tardive[modifier | modifier le code]

Avec les troubles politiques qui marquent le début du IVe siècle et de manière croissante le Ve siècle de l'Empire romain, la ville semble entrer dans une période de stagnation.

En 309 ou 310[39], Maximien a été dépêché au sud d'Arles avec une partie de l'armée de l’empereur Constantin pour contrer les attaques de Maxence dans le sud de la Gaule. À Arles, il annonce la mort de Constantin et prend la pourpre impériale. En dépit des pots-de-vin qu'il offre à tous ceux qui voudraient le soutenir, la majeure partie de l'armée de Constantin lui demeure fidèle, et Maximien est contraint de s'éloigner. Constantin reçoit bientôt la nouvelle de cette révolte, abandonne ses actions militaires contre les tribus franques, et progresse rapidement vers le sud pour affronter Maximien qui fuit à Massilia, car la ville est plus adaptée pour résister à un long siège qu'Arles. Mais cela joue peu en sa faveur car soit les citoyens marseillais demeurés loyaux, soit les soldats de Maximien, lui ouvrent les portes. Maximien est fait prisonnier, dépouillé de son titre pour la troisième et dernière fois[40],[41],[42],[43], mais Constantin lui fait grâce de vie[39].

La christianisation de Marseille[modifier | modifier le code]

Les signes d'un culte chrétien dès le IIIe siècle[modifier | modifier le code]

D'après Grégoire de Tours, les débuts de la mission chrétienne en Gaule remontent au milieu du IIIe siècle. Les travaux les plus récents des historiens confirment cette présence active des chrétiens à partir du IVe siècle à Marseille, et placent les citations de la venue de Marie-Madeleine, de Lazare ou des martyrs des Ier et IIe siècles au rang des légendes[44],[45].

Les martyrs de Marseille[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Victor de Marseille.

À l'époque grecque puis romaine, sur la rive sud du Vieux-Port, s'est établi un lieu de sépultures s'étendant sur une zone assez vaste et qui devient le troisième lieu de sépultures de la ville[46]. Le nom de la rue Sainte conserve le souvenir de cette implantation[47]. Sur cette vaste nécropole est établie une fondation paléochrétienne en partie rupestre qui aurait pu recevoir les corps de martyrs[48].

L'épitaphe de Volusianus et Fortunatus se trouve dans les cryptes de l'Abbaye Saint-Victor de Marseille.

Le dépôt lapidaire dans la crypte de l'abbaye Saint-Victor contient une plaque de marbre retrouvée en 1839[49] sur laquelle figure une inscription renommée. Incomplète sur ses deux bords, celle-ci fait l’objet d'une controverse depuis de nombreuses années, car elle peut, selon l'interprétation qu'on lui donne, démontrer l'ancienneté du martyrologe marseillais.

Dans ce cimetière paléochrétien aurait aussi pu être enterré saint Victor. Ce personnage, aussi notable que mal connu, serait un officier chrétien mis à mort vers 290 sur ordre de l'empereur Maximien[49]. Certains repoussent la date de son martyre au 21 juillet 303 ou 304[50].

Structuration de l'Église à Marseille[modifier | modifier le code]

L'Église marseillaise se structure au tout début du IVe siècle ainsi qu'en témoigne la présence d'un évêque de Marseille, Oresius, au Concile d'Arles en mars 314.

Premier évêque connu de Marseille, nous ne connaissons ni ses prédécesseurs ni ses successeurs immédiats. On sait seulement qu'il assiste au grand concile convoqué par l'empereur Constantin pour examiner la cause des donatistes. De nombreux représentants d'églises y assistent, ainsi que quatre clercs envoyés par le pape Sylvestre Ier et l'évêque de Marseille Oresius accompagné du lecteur Nazareus[51]. Il est cité dans le document qui nous est parvenu en tête de la liste des évêques de Gaule[52].

Cette première attestation d'une communauté chrétienne laisse penser qu'elle est à cette date déjà bien organisée.

Les vestiges d'un important baptistère datant du Ve siècle sur le site de la cathédrale Sainte-Marie-Majeure de Marseille au cœur de la cité, retrouvés lors des fouilles effectuées au XIXe siècle et décrites par François Roustan en 1905, attestent de la présence d'une communauté chrétienne significative dans la ville.

Fondation de l'abbaye Saint-Victor[modifier | modifier le code]

L'un des premiers évêques, Proculus ou Procule (380-430), construit un bâtiment constitué par l'actuelle chapelle Notre-Dame de la Confession et l'Atrium et qui sera transformé au XIe siècle en crypte par l'édification de l’église abbatiale. L'axe général de cette construction est nord-sud, donc perpendiculaire à l'orientation est-ouest de l'église supérieure actuelle[53].

Proculus veut ainsi affirmer le rôle prééminent de Marseille face à Arles pourtant principale place religieuse de la province Viennoise, au sein du duché de Bourgogne. Cette rivalité religieuse et politique entre Marseille et Arles va marquer l'histoire de Saint-Victor jusqu'à l'intégration de la Provence dans le royaume de France au XVe siècle, à la mort du roi René.

Selon la tradition, le monastère est fondé par Jean Cassien. Après un long séjour auprès des moines anachorètes d'Égypte, il débarque à Marseille en 416, amené par Lazare, évêque d'Aix qu'il aurait rencontré l'année précédente en Palestine au concile de Diospolis.

Cassien reste à Marseille jusqu'à sa mort entre 433 et 435. Il rassemble des disciples et écrit d'importants ouvrages qui servent de règle de vie et de base de réflexion à ceux qu'attire le monachisme. Ainsi les Instructions cénobitiques ou les Conférences des pères[54]. Ses œuvres connaissent un tel retentissement qu'elles sont recommandées par saint Benoît à ses disciples[Note 9].

Il aurait fondé à Marseille deux monastères : un pour les femmes, l’abbaye Saint-Sauveur qui se situait au sud de la place de Lenche, l'autre pour les hommes au sud du Vieux-Port, l’abbaye Saint-Victor[55]. Pour certains historiens, l'emplacement exact de ces monastères n'est pas connu[56] ; ces installations sont possibles mais pas prouvées. En revanche, ce qui est certain, c'est l'élévation au Ve siècle sur le site de Saint-Victor d'un bâtiment de pèlerinage[57].

Marseille, haut lieu spirituel et intellectuel[modifier | modifier le code]

Leur vocation urbaine, leur visibilité, en ont rapidement fait des lieux de formation importants et prestigieux, contribuant à la renommée de la vie spirituelle de Marseille au Ve siècle. Les positions doctrinales, inspirées par le semi-pélagianisme, ont contribué à créer une véritable école des prêtres de Marseille et susciter de nombreux débats théologiques[58]. La richesse spirituelle de la ville, le retentissement de ses débats qui après les discussions soulevées par Cassien, portent sur les doctrines de Salvien de Marseille.

Ceci se produit au cœur d'une cité qui continuera à se développer alors que se succèdent les invasions, tout au long du VIe siècle.

Historiographie[modifier | modifier le code]

Sources antiques et modernes[modifier | modifier le code]

Marseille n'a conservé pratiquement aucun monument de sa longue histoire antique. Ainsi, l'histoire de ses premiers temps a relevé pendant de long siècles des seuls extraits de rares sources d’auteurs antiques. Les premières Histoires de Marseille se fondaient quasi exclusivement sur les sources littéraires, comme l'Histoire de la ville de Marseille d'Antoine de Ruffi, publiée en 1642. En revanche, en 1773, Jean-Baptiste Bernard Grosson présente les connaissances archéologiques de l'époque dans son ouvrage Recueil des Antiquités et Monuments Marseillois.

Les apports décisifs de l'archéologie[modifier | modifier le code]

Mais c'est pendant les XIXe et XXe siècles que le développement de l'archéologie a profondément renouvelé la connaissance du premier millénaire de la ville.

La publication de Massalia, histoire de Marseille dans l'Antiquité par Michel Clerc en 1929 fait le point sur un siècle de découvertes occasionnées par les fouilles entreprises pendant les travaux de rénovation urbaine entre 1850 et 1910.

Une synthèse actualisée des découvertes sera réalisée par Fernand Benoit dans le fascicule V de la Carte archéologique de la Gaule romaine, éditée en 1936. Puis, après-guerre, celui-ci se consacrera à des fouilles de la nécropole chrétienne sur le site de Saint-Victor avant de fouiller sur l'emplacement des immeubles dynamités par l'armée allemande sur la rive nord du Vieux-Port, mettant à jour les docks romains, ce qui lui donnera l’occasion de créer le Musée des docks romains.

C'est avec les rénovations urbaines des années soixante et soixante-dix que la connaissance de Marseille antique va être totalement changée. La plus grande période prolifique en matière archéologique sera la restructuration du centre et en particulier la mise à jour du port grec sur l'emplacement de la Bourse entre 1967 et 1976.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En 1999, Danièle et Yves Roman défendent le principe d'incursions celtes en Gaule méridionale au moins dès le VIe siècle av. J.-C. et considèrent les Ligures comme un peuple autochtone dans leur ouvrage Histoire de la Gaule[7].
  2. Sont cités le village de Saint-Marcel où se trouvent les traces d'un oppidum gaulois, les collines de Marseilleveyre et vers le village actuel d'Allauch.
  3. En grec, le mot « emporion » désignait une place de commerce maritime.
  4. Aristote raconte une aventure similaire dans sa Constitution de Marseille :

    « Les Phocéens, qui fondèrent Marseille, étaient des commerçants venus d’Ionie. Un jour, le roi Nannos – tel était son nom – accueillit Euxène de Phocée. Or, le jour même de l’arrivée de ce dernier, Nannos célébrait les noces de sa fille : de fait, Euxène fut invité à participer au banquet nuptial.

    Le mariage devait se dérouler de la façon suivante : après le repas, la jeune fille devait entrer dans la salle des cérémonies et offrir une coupe de vin mélangé à celui qui deviendrait son époux.

    Quand la jeune fille entra, elle donna la coupe, soit par hasard, soit pour une raison qui ne tient qu’à elle, à Euxène. La jeune fille se nommait Petta.

    La chose une fois faite, le père, croyant que cette offrande correspondait à la volonté divine, consentit à cette union. Euxène prit donc pour femme Petta et vécut avec elle, non sans avoir changé son nom contre celui d’Aristoxène.

    Il existe encore à Marseille une famille qui descend de cette femme : il s’agit des Protiades, Protis étant le fils d'Euxène et d'Aristoxèné. »

  5. C'est le nom des habitants grecs de Marseille (Massalia).
  6. C'était probablement une autre fédération de peuples gaulois établie dans la plaine de la Durance.
  7. C'était une fédération de peuples établie dans le pays d'Apt (nord-Luberon) qui a donné son nom au plateau d'Albion.
  8. Narbonne, colonie romaine intégrale avec son capitole, son forum, son port et ses horrea ou entrepôts, atteindra 50 000 habitants. La région agrandie par César aux dépens de la Gaule chevelue conquise en -51, puis dénommée Narbonnaise par Auguste, s'étendra de Tolosa (Toulouse) à Vienne, des lacs des Pyrénées jusqu'au Lac Léman.
  9. Saint Benoît y fait allusion dans le dernier chapitre de sa règle : «… quel est le livre des saints Pères catholiques qui ne nous enseigne le droit chemin pour parvenir à notre Créateur ? Et de même, les Conférences des Pères, leurs Institutions et leurs Vies… ». (Règle de saint Benoît, ch.73, v. 4 & 5)

Références[modifier | modifier le code]

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  4. a et b INRAP, « Marseille avant Massalia, la première architecture de terre néolithique en France », INRAP,‎ août 2009 (consulté le 30 juillet 2011) (communiqué officiel de l'INRAP)
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    Actes de la table ronde de Budapest, 17-18 juin 2005
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  13. Hermary, Hesnard et Tréziny 1999, p. 37-39
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  21. M. Bouiron, « Le Site de l'Alcazar de la fondation à nos jours », Archéologia, no 435,‎ juillet-août 2006, p. 41
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  24. Michel Gras, « Marseille, la bataille d'Alalia et Delphes », Dialogues d'histoire ancienne, vol. 13, no 1,‎ 1987, p. 161-181
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  32. Athénée, Deipnosophistes [détail des éditions] [lire en ligne], VIII, 516.
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  34. Comme en témoignent Strabon dans sa Géographie, Livre 5.1.4 et Justin dans Abrégé des histoires philippiques, 43.5
  35. Bellum Civile, livre I, 34-36
  36. Une fouille menée en 2009 et liée à l'agrandissement du collège du Vieux-Port en a retrouvé des traces, voir INRAP, « Collège du Vieux-Port », Sites archéologiques, INRAP,‎ 5 octobre 2009 (lire en ligne)
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Annexes[modifier | modifier le code]

Sources antiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles
  • « Marseille, de la grotte Cosquer à la grande peste, 27 000 ans d'histoire », Archéologia, no 435,‎ juillet-août 2006, p. 18-75
    Dossier spécial dans Archéologia.
  • Sophie Collin-Bouffier, « Marseille et la Gaule méditerranéenne avant la conquête romaine », Pallas, no 80,‎ 2009
Ouvrages
  • Bruno Bizot, Xavier Delestre, Jean Guyon, Manuel Molinier et Henri Tréziny, Marseille antique, Paris, Éditions du Patrimoine, coll. « Guide archéologiques de la France » (no 42),‎ 2007 (ISBN 978-2-85822-931-4)
  • Antoine Hermary, Antoinette Hesnard et Henri Tréziny, Marseille grecque. la cité phocéenne (600-49 av. J.-C.), Paris, Errance,‎ 1999 (ISBN 2-8777-2178-7)
  • Roger Duchêne et Jean Contrucci, Marseille, 2 600 ans d'histoire, Paris, Fayard,‎ 1998 (ISBN 2-213-60197-6)
  • Emile Temime, Histoire de Marseille, Marseille, Editions Jeanne laffitte,‎ 2006 (ISBN 978-2-86276-449-8)
  • Jean-Louis Brunaux, Alésia, Paris, Gallimard,‎ 2012 (ISBN 978-2-07-012357-5)
  • Dominique Garcia, La Celtique méditerranéenne, Paris, Errance,‎ 2004 (ISBN 2-87772-286-4)
  • Régis Bertrand, Le Christ des Marseillais, Marseille, La Thune,‎ 2008 (ISBN 978-2-913847-43-9), p. 12
  • Michel Armand Edgar Anatole Clerc, Massalia: Histoire de Marseille dans l'antiquité des origines à la fin de l'Empire romain d'occident (476 ap. J.-C.), Éd. A. Tacussel,‎ 1927
  • Marc Bouiron (dir.) et Henri Tréziny (dir.), Marseille : trames et paysages urbains de Gyptis au Roi René, Marseille, Édisud, coll. « Études massaliètes » (no 7),‎ 2001 (ISBN 2-7449-0250-0)
    Actes du colloque international d'archéologie tenu à Marseille les 3-5 novembre 1999
  • Marc Bouiron et Philippe Mellinand, Quand les archéologues redécouvrent Marseille, Gallimard,‎ 2013 (ISBN 2070142132)
  • Danièle Roman et Yves Roman, Histoire de la Gaule, Fayard,‎ 1997, 791 p. (ISBN 978-2213598697)
  • Charles Seinturier, Marseille chrétienne dans l’histoire, son Église dans un cheminement vingt fois séculaire, Marseille, éditions Jeanne Laffitte,‎ 1994
  • Luc Poussel, Malheur aux vaincus! Marseille ennemie de l'Europe 600 à 49 av J.-C., Marseille, éditions Cheminements,‎ 2004
  • François Herbaux, Nos ancêtres du Midi, Marseille, Éditions Jeanne-Laffitte,‎ 2005
  • Antoine Hermary (dir.) et Henri Tréziny (dir.), Les Cultes des cités phocéennes, Marseille, Édisud, coll. « Études massaliètes » (no 6),‎ 2000 (ISBN 2-7449-0229-2)
    Actes du colloque international Aix-en-Provence/Marseille
  • (en) T. G. Elliott, The Christianity of Constantine the Great, Scranton, Pennsylvania, University of Scranton Press,‎ 1996 (ISBN 0-940866-59-5)
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    ISBN 0-415-17485-6 pour la version reliée. ISBN 0-415-38655-1 pour la version brochée
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    ISBN 0-415-10057-7 pour la version reliée. ISBN 0-415-10058-5 pour la version brochée

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]