Gaby Deslys

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Gaby Deslys

Marie Elise Gabrielle Caire, dite Gaby Deslys, née à Marseille le et morte à Paris le , est une chanteuse française, artiste de music-hall, véritable star internationale.

Origine familiale[modifier | modifier le code]

Gabrielle Caire est née le 4 novembre 1881 au 63 de la rue de la rotonde à Marseille ; elle est la fille d’Hippolyte Caire, négociant en tissus dans la rue Tapis vert, et d’Eudoxie Terrasse. Un oncle paternel, François Caire, a été président du Conseil Général en 1894[1]. Sur les six enfants du couple, seules trois filles atteindront l’âge adulte : Gabrielle, la future Gaby Deslys et deux de ses sœurs, Marie Jeanne Mathilde, épouse Émile Garcin, et Aimée Valérie, épouse Joseph Adolphe Fleury.

Le mariage de ses deux sœurs est célébré le même jour le par le maire de Marseille en personne, Siméon Flaissières[2].

À partir de 1899, Gabrielle Caire suit les cours du conservatoire de Marseille, où elle obtient un premier prix de solfège et un deuxième prix de chant. En mai 1900, année de l’exposition universelle, elle part tenter sa chance à Paris, en compagnie d’un jeune journaliste, Jean Samat, riche fils de famille.

Une rapide ascension[modifier | modifier le code]

Elle adopte très vite le nom de scène de Gaby Deslys et fait des débuts discrets dans les concerts parisiens, mais sait se faire connaître et gravit les échelons qui la mènent progressivement mais sans discontinuité de la figuration à la célébrité. Elle suit des cours de danse et de chant tout en jouant dans différentes pièces.

Gaby Deslys à New York en 1911

En 1904, elle joue dans la pièce À fleur de peau avec Joseph Gabin, père de Jean Gabin. En février 1906, elle joue à l’Olympia dans Paris fêtard, où elle chante la chanson La Kraquette. En septembre 1906, sur invitation d’un britannique, Georges Edward, elle se rend en Angleterre, où elle rencontre immédiatement un énorme succès. En mars 1907, elle revient à Paris avec suffisamment d’argent pour acheter un hôtel particulier au 3 de la rue Henri-de-Bornier. En mars 1908, elle se produit au Moulin Rouge dans la revue Son altesse l’amour.

Une liaison tapageuse[modifier | modifier le code]

Après un voyage en Angleterre, le roi du Portugal, Manuel de Bragance, arrive à Paris le . Il devient l’amant de Gaby Deslys et lui offre des bijoux. Il la fait venir début 1910 au Portugal et l’installe au palais de Das Necessidades. Bien que discrète, cette liaison entraîne de nombreux commentaires, ce qui oblige Gaby Deslys à rentrer à Paris.

Le , Gaby Deslys se trouve à Londres où elle se produit dans la pièce Les Caprices de Suzette. Manuel de Bragance va à Londres pour assister aux obsèques du roi d’Angleterre Edouard VII, décédé le , et en profite pour revoir Gaby Deslys. De retour au Portugal, il se retire à Boussaco, fait de nouveau venir Gaby Deslys en toute discrétion et l’héberge dans le château au Bois dormant. Tout finissant par se savoir, l’opinion publique désapprouve la présence de la comédienne, qui est obligée de quitter le Portugal fin août 1910 pour rentrer à Paris. Peu de temps après, le , Manuel doit quitter son pays et se réfugier en Angleterre. Gaby Deslys, contrairement à ce que certains ont pu affirmer, n’a aucune responsabilité dans cette abdication car le pouvoir royal était très contesté depuis longtemps.

Une vie de star[modifier | modifier le code]

De retour à Paris, Gaby Deslys doit être la vedette de la prochaine revue de Bannel, directeur des Folies Bergère. En novembre 1910, elle répète avec Maurice Chevalier, qui parlera d’elle dans ses mémoires, mais une maladie l’empêche de jouer la pièce avec lui. Après un court voyage début 1911 aux États-Unis, elle revient à Paris, où elle reprend au théâtre des Capucines la revue Le Midi bouge. La première, qui a lieu le , a un immense succès.

Sur invitation de Lee Shubert, elle se rend aux États-Unis, où elle arrive le . Elle devient l’ambassadrice du charme parisien, avec ses toilettes extravagantes, ses animaux de compagnie et une publicité savamment orchestrée. Le , elle quitte New York pour l’Europe en compagnie de Harry Pilcer et débarque à Liverpool pour se rendre à Londres puis à Paris. Le , elle présente un nouveau numéro La Danse de l’ours, où elle triomphe.

Après un séjour à Vienne en Autriche, le couple Pilcer-Deslys revient à Paris, puis en Angleterre, où ils jouent en août 1912 la pièce Une journée à Trouville. Après une nouvelle tournée aux États-Unis (novembre 1913 – mars 1914), elle est de retour à Paris, où elle achète un immeuble de six étages au 37 rue Cortambert dans le XVIe arrondissement. Le , elle joue à Londres dans la pièce Rosy Rupture, spécialement créée pour elle par J. M. Barrie, le créateur de Peter Pan. Début 1916, elle est à nouveau aux États-Unis, puis rentre en Angleterre le .

En octobre 1917, Gaby Deslys relance le Casino de Paris, qui a été acheté par Léon Volterra. Elle est la vedette de la revue Laissez-les tomber de Jacques Charles. La première représentation a lieu le et marque le triomphe des rythmes américains avec les frères Pilcer : Harry pour la danse et Murray pour la musique avec son jazz-band. C’est la fin de la belle époque, la musique des noirs d’Amérique va se répandre dans le monde. Gaby Deslys inaugure sur la scène du Casino de Paris la traditionnelle descente de l’escalier qui sera reprise par Mistinguett et Cécile Sorel. En parallèle, elle accepte de devenir marraine du 69ème bataillon de chasseurs à pieds. Épuisée par le rythme effréné de ses tournées et sa toux reprenant, elle décide d’arrêter cette représentation ; elle sera remplacée par Maurice Chevalier et Mistinguett. Elle va se reposer à Marseille, sa ville natale, et achète aux enchères le pour 500 000 francs une somptueuse villa, située au 299 de la corniche Kennedy, qui appartenait à l’industriel Jean-Baptiste Rubaudo.

Léon Volterra rénove le théâtre du Chatelet aux allées de Meilhan à Marseille, qui deviendra plus tard le cinéma Capitol sur la Canebière[3]. Dans cette salle a lieu le la première reprise de Laissez les tomber avec Gaby Deslys, les frères Pilcer et leur jazz-band. Après une centaine de représentations, Gaby Deslys repart pour Paris. Elle tourne deux films, Bouclette et Le Dieu du hasard, mis en scène par Henri Pouctal.

Son décès[modifier | modifier le code]

Fin 1919, Gaby Deslys va en Italie et à New York afin de signer des contrats pour le tournage de plusieurs films. Elle retourne à Paris où elle assiste à la générale de La Vierge folle le . Le 19 décembre, elle entre en clinique, victime d’une pleurésie purulente, suite d’une grippe.

Tombe de Gaby Deslys au cimetière Saint-Pierre

Elle décède le dans son hôtel particulier parisien de la rue Henri de Bornier ; elle n’a pas encore 40 ans. Après une cérémonie religieuse en l’église Notre-Dame de Grâce de Passy, le corps de la défunte est transféré à Marseille pour y être inhumé au cimetière Saint-Pierre dans le caveau familial. Au milieu d’une foule immense, le maire de Marseille, Siméon Flaissières, assiste aux obsèques de celle qui fut la première star du music-hall et qui légua une grande partie de sa fortune à la ville de Marseille, dont sa somptueuse villa de la corniche.

Il est bon de souligner que la famille se bat depuis des années contre la ville de Marseille qui n'a pas respecté le testatement de Gaby Deslys. Cette dernière avait exigé que cette fameuse villa accueille des enfants. Aujourd'hui la ville s'en sert pour accueillir des médecins de passage.

L’artiste repose dans un caveau de marbre blanc près de la tombe d’Edmond Rostand. Le sculpteur Carli devait exécuter sa statue, mais sa famille trouve le devis trop élevé et ne fait réaliser qu’un médaillon sculpté par Louis Botinelly représentant l’artiste de profil.

Une rue de Marseille porte son nom.

La revendication posthume de sa fortune[modifier | modifier le code]

Gaby Deslys avait une certaine ressemblance avec une Hongroise, Edwige Navratil, née le à Mostevice. À la mort de l’artiste, la famille Navrátil revendique l’héritage en prétendant que Gaby Deslys était Edwige Navratil. Aucune preuve ne put être apportée, d’autant plus que l’acte de naissance de Gaby Deslys démontrait sa naissance à Marseille et qu’Hedvika Navrátilová elle-même déclare ne pas être Gaby Deslys[4]. Si Gaby Deslys avait été hongroise, elle n’aurait pas laissé sa fortune à la ville de Marseille et à la famille Caire, et ne se serait pas fait enterrer à Marseille.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Noes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Masson (dir.), Encyclopédie départementale des Bouches-du-Rhône, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille, 17 vol., 1913-1937, tome XI, p. 108.
  2. Jean-Jacques Sirkis, Les Années Deslys, éditions Jeanne Laffitte, Marseille, 1990 (ISBN 2-86276-210-5), p. 23.
  3. Adrien Blès, La Canebière dans le temps et dans l’espace, éditions Jeanne Laffitte, Marseille, 1994, p. 94 (ISBN 2-86276-250-4)
  4. Jean-Jacques Sirkis, Les Années Deslys, éditions Jeanne Laffitte, Marseille, 1990, p. 195-204 (ISBN 2-86276-210-5)

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