Front national (parti français)

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Front national
Image illustrative de l'article Front national (parti français)
Logo officiel
Présentation
Présidente Marine Le Pen
Fondation 5 octobre 1972
Siège 76-78 rue des Suisses

92000 Nanterre

Fondateur Président d'honneur Jean-Marie Le Pen
Vice-présidents Alain Jamet
Louis Aliot
Marie-Christine Arnautu
Florian Philippot
Jean-François Jalkh
Trésorier national Wallerand de Saint-Just
Secrétaire général Steeve Briois
Adhérents 22 403 (2011)[1]
50 000 revendiqués (2012)[2]
70 000 revendiqués (2013)[3]
Positionnement Extrême droite
Idéologie Nationalisme[4]
Conservatisme social[5]
Étatisme[6]
Souverainisme[7]
Populisme[8]
Euroscepticisme[9]
Anti-mondialisme[9]
[10]
Protectionnisme[5]
[11][réf. insuffisante]
Affiliation internationale Aucune
Affiliation européenne Alliance européenne pour la liberté
Coalition Rassemblement bleu Marine
Couleurs Bleu, blanc, rouge
Site web www.frontnational.com
Présidents de groupe
Assemblée Non-inscrits
Parlement européen Non-inscrits
Représentation
Députés
2 / 577
Sénateurs
0 / 348
Députés européens
23 / 74
Présidence de conseils généraux
0 / 101
Présidence de conseils régionaux
0 / 27

Le Front national (FN) est un parti politique français, généralement classé à l'extrême droite, fondé en 1972 par Ordre nouveau et présidé par Jean-Marie Le Pen à qui a succédé depuis le 16 janvier 2011 Marine Le Pen. À l'origine, son nom complet était « Front national pour l'unité française » (FNUF).

La plupart des observateurs politiques situent le parti à l'extrême droite, mais les représentants de ce parti récusent en général cette appartenance[12] pour lui préférer d'autres qualificatifs ou proposer d'autres façons d'envisager l'axe gauche-droite.

À l'issue du scrutin interne pour désigner son nouveau président en 2011, le parti comptait 22 403 adhérents[13]. En 2013, le Front national en revendique plus de 70 000[3].

Sommaire

Origines[modifier | modifier le code]

Article connexe : Chronologie du Front national.

Après sa création le 5 octobre 1972 sous les auspices du mouvement néo-fasciste[14] Ordre nouveau, puis sa prise de contrôle par Jean-Marie Le Pen en 1973, le Front national reste durant une dizaine d'années un mouvement marginal, au cours de ce qui est communément désigné par les historiens aussi bien qu'au sein du parti comme une « traversée du désert[15] » où la préoccupation majeure semble avoir été de conserver le maigre capital de militants nécessaires à la survie du parti[16]. François Duprat, ancien d'Ordre nouveau, joue un rôle moteur durant toute cette période[17].

1972-1973 : d'Ordre nouveau au Front national de Jean-Marie Le Pen[modifier | modifier le code]

La version « officielle » de la naissance du parti, telle qu'elle est décrite par celui-ci depuis les années 1980, privilégie le rôle fondateur unique de Jean-Marie Le Pen[18]. Celui n'a cependant joué qu'un rôle limité dans la création proprement dite du Front national, l'initiative en revenant au mouvement Ordre nouveau[19]. Comme le montre notamment le politologue Alexandre Dézé[20], « cette version officielle procède en réalité d'une réécriture des origines de l'histoire frontiste qui a notamment pour fonction d'occulter les conditions objectives de lancement du FN. Ce que dissimule, en effet, ce récit constitutif de la mythologie frontiste, ce n'est pas seulement la complexité et l'incertitude qui entourent la création du Front national, mais aussi le fait que les responsables du groupuscule néofasciste Ordre nouveau (ON) en sont les véritables instigateurs. Jean-Marie Le Pen n'est en réalité que l'une des pièces de la « stratégie de front national », conçue initialement par les dirigeants d'ON comme une étape électoraliste sur le chemin de la « Révolution nationaliste et populaire »[21]. »

Le rôle fondateur d'Ordre nouveau[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ordre nouveau (mouvement).

Dans la perspective des élections législatives de 1973, le mouvement Ordre nouveau entreprend à partir de la fin 1971[22] de constituer un « rassemblement de la droite nationale » allant des anciens poujadistes aux franges pétainistes ou néo-nazies les plus extrêmes[23]. Le nouveau parti, baptisé « Front national pour l'Unité française », puis plus simplement « Front national », est officiellement fondé le 5 octobre 1972.

Selon l'analyse d'Alexandre Dézé, la création du Front national obéit à une quadruple logique de la part du mouvement Ordre nouveau à l'aube des années 1970. Il s'agit en premier lieu, dans une « logique de compétition », d'occuper l'espace politique de l'extrême droite et s'affirmer comme la « concrétisation de l'unité du nationalisme français[24]. » Puis, dans une « logique de conversion » et particulièrement sous l'impulsion de François Duprat, Ordre nouveau redéfinit progressivement ses modes d'actions au bénéfice de la participation au système électoral, après un tout premier test en juin 1970 lors de législatives partielles suivi d'une participation aux municipales de mars 1971[25] : il s'agit alors en large partie de trouver des débouchés politiques aux jeunes cadres du mouvement[26]. S'y ajoute une « logique de collaboration » avec les notables de la frange « nationale », afin d'élargir les moyens politiques d'Ordre nouveau au-delà de ce seul mouvement[27]. On voit enfin à l'œuvre une « logique de rationalisation » dans le discours adressé aux militants, visant à montrer les limites de l'activisme et à convaincre du bien-fondé d'un mode d'action désormais strictement légaliste[28].

La flamme du Movimento sociale italiano (MSI), à l'origine de l'emblème du Front national. La flamme évoque également le logo de l'Union générale des travailleurs, syndicat créé par Ordre nouveau en 1971 et rappelle les trois flambeaux en faisceau du Rassemblement national populaire de Marcel Déat[29].

Les dirigeants d'Ordre nouveau, particulièrement François Duprat et Alain Robert, s'inspirent alors essentiellement du modèle du MSI, parti néo-fasciste italien fondé en 1946 par des proches de Mussolini qui vient alors de fusionner avec les monarchistes et d'adopter une ligne de « droite nationale » (Destra nazionale)[30] : le MSI est à cette époque le plus puissant parti d'extrême droite européen[31]. Comme le note Erwan Lecœur, Ordre nouveau « veut faire du rassemblement qui prend forme à la fin de cette année [1972] le pendant français de la réussite du Movimente Sociale Italiano (MSI) » ; de fait, « La flamme tricolore (sigle du Front national), comme une partie du programme sont copiées sur le MSI[32]. » Nicolas Lebourg et Joseph Beauregard soulignent de même que « le logotype de la flamme tricolore [...] témoigne à la fois du parallélisme modernisateur avec l'Italie (chacun sait qu'il s'agit du symbole du MSI, avec le code couleur idoine bien sûr), de la continuité légitimatrice avec ON (qui en use déjà pour la coquille vide qu'est son syndicat, l'Union générale du travail) » mais y ajoutent « la tradition historique avec le Rassemblement national populaire de Déat (dont les trois flambeaux ressemblaient fort à cette flamme)[33] ».

Alain Robert joue dans la genèse de ce mouvement unitaire un rôle clé grâce à la mobilisation de ses réseaux personnels issus de ses multiples engagements successifs (au sein de la Fédération des étudiants nationalistes, des comités Tixier-Vignancour, d'Occident, du Groupe Union Droit)[34]. L'initiative d'Ordre nouveau intervient à un moment où, après l'échec des « ultras de l'Algérie française » et le déclin qui s'en est suivi[35], l'extrême droite française est particulièrement fragmentée entre des groupuscules épars[36]. Outre Ordre nouveau où l'on retrouve en particulier François Duprat, Alain Robert et François Brigneau et qui est le mouvement dominant par le nombre[37], les groupes étroitement impliqués dans la création du Front national et dont différents membres y occuperont des postes clés sont Jeunesses Patriotes et Sociales (JPS) de Roger Holeindre (ancien de l'OAS et des comités Tixier-Vignancour), la revue Militant de Pierre Bousquet (ancien membre du Parti franciste puis de la division SS Charlemagne dans les années 1940) et le Groupe union défense (GUD) d'Alain Robert (tendance nationaliste-révolutionnaire). Alexandre Dézé souligne le caractère alors « hautement improbable » dans ce contexte de la création d'un parti regroupant ces diverses tendances en vue d'une participation à la compétition politique dans le cadre des institutions[36]. De fait, certains autres groupuscules préfèrent alors ignorer cette initiative : le GRECE qui poursuit depuis 1968 son entreprise de refondation idéologique, ainsi que les monarchistes de Restauration nationale[38]. Enfin, Georges Bidault et son mouvement Justice et Liberté, qui aurait apporté avec lui la caution d'un ancien président du Conseil national de la Résistance et d'un ancien Président du conseil de la IVe République, ne participe que brièvement aux tractations qui se déroulent à l'été 1972[39].

Jean-Marie Le Pen, une caution électorale[modifier | modifier le code]

Après le refus de Dominique Venner et de Jacques Susini d'assumer la fonction de Président du nouveau front[40], et notamment par l'intermédiaire de Roger Holeindre[41] et François Brigneau[42], les responsables d'Ordre nouveau se tournent vers Jean-Marie Le Pen avec lequel des contacts ont lieu depuis décembre 1971 ; celui-ci est alors en retrait de la vie politique après sa participation à la campagne de Jean-Louis Tixier-Vignancour[43]. Il rejoint le nouveau parti lors du second congrès national d'Ordre nouveau les 10 et 11 juin 1972 et obtient tout d'abord un premier accord mettant en place une présidence à trois têtes représentant les trois principales tendances : lui-même, François Brigneau pour Ordre nouveau et Guy Ribeaud, un proche de Georges Bidault[44]. Après le retrait de ce dernier, il obtient pour ses partisans une majorité des sièges au bureau politique, Ordre nouveau n'en occupant qu'un tiers et chaque responsable de la tendance Ordre nouveau y étant doublé d'un adjoint « lepéniste ». Le bureau initial du Front national est ainsi composé, outre Jean-Marie Le Pen (président) et François Brigneau (Ordre nouveau, vice-président), d'Alain Robert (Ordre nouveau, secrétaire général) et Roger Holeindre (secrétaire général adjoint) et de Pierre Bousquet (trésorier) et Pierre Durand (trésorier adjoint)[45].

Décrit par les dirigeants d'Ordre nouveau comme « une personnalité de premier plan, non seulement par son passé militant et combattant, notamment le fait d'avoir été député à deux reprises, mais surtout par son intelligence et sa clairvoyance politique[46] », Jean-Maris Le Pen « présente alors un profil plus légaliste et modéré que celui des dirigeants du mouvement nationaliste-révolutionnaire […] dans cette mesure, sa participation au FN doit avoir pour finalité de crédibiliser l'entreprise frontiste[47]. » Pour Jean-Yves Camus, il s'agit de tirer profit de ses atouts de « faire-valoir électoral sans lui confier la direction de l’appareil du mouvement[48]. » Il relève également que « l'expérience des « comités TV [Tixier-Vignancour] » est importante pour l'histoire future du FN : en effet, la nébuleuse tixiériste avait partiellement réussi à mobiliser ensemble des fractions aussi différentes que la droite conservatrice antigaulliste (P. Arrighi, A. de Lacoste-Lareymondie), le néo-fascisme d'Occident et le néo-paganisme « européaniste » de J. Mabire ou D. Venner. Oscillant sans cesse entre un nationalisme sans compromis et la tentation du ralliement au meilleur candidat antigaulliste, la campagne Tixier préfigurait largement les futures hésitations stratégiques du FN[49]. »

Par choix tactique, la quasi exclusivité de la représentation du nouveau parti est laissée à Jean-Marie Le Pen, désigné président du nouveau parti : outre le bénéfice recherché en termes de crédibilité, Ordre nouveau choisit de s'effacer publiquement pour permettre, le temps de la campagne des législatives, l'expression d'un discours unitaire[50].

Le programme du premier Front national[modifier | modifier le code]

Se revendiquant d'une « droite sociale, populaire, nationale », le nouveau parti se place explicitement au sein du jeu politique : l'opposition au régime « prend désormais plutôt la forme d'une critique populiste du système politique et des principales forces qui le composent (« contre la majorité usée, corrompue, impuissante » ; « contre le communisme ruineux, utopique, oppresseur », pour reprendre deux des mots d'ordre de la campagne électorale de 1973)[51]. »

Sous le titre « Défendre les Français », le programme publié le 11 novembre 1973 dans Le National et dont la partie économique a été rédigée par Gérard Longuet[52], aborde dans une optique conservatrice modérée, à la tonalité antilibertaire, anticapitaliste et antimarxiste[53], la plupart des thèmes sociétaux du moment (agriculture, économie, enseignement, service public, santé)[51] : le nouveau parti, aux thèmes déjà national-populistes[54], se veut être une « troisième voie entre lutte des classes et monopoles[55]. » Loin de reprendre les idées économiques interventionistes d'Ordre nouveau, il s'affiche comme une défense des intérêts corporatistes[56] tout en « réclamant, au contraire, la réduction au strict minimum du secteur public et nationalisé, ainsi que le confinement de l'État à son rôle d’arbitre des intérêts[57]. » Jean-Yves Camus souligne enfin les ambiguïtés de ce programme sur les questions de l'immigration, où le lien avec le chômage n'est pas encore établi, ainsi que la position sur la natalité où il « réclame… la révision de la loi de 1920 sur l'avortement, alors que la même mesure, prise par S. Veil, ouvrira la campagne frontiste sur le prétendu « génocide des enfants français[58]! »

Un parti sous tension[modifier | modifier le code]

Cette nouvelle orientation stratégique ne fait cependant pas l'unanimité, comme en témoignent les désaccords dès le congrès fondateur de juin 1972 entre les tenants « radicaux » du maintien de la référence à Ordre nouveau sous l'appellation « Front national pour un Ordre nouveau » (minorité menée par les membres du GUD[59]) et les « pragmatiques » qui insistent « sur la nécessité de jouer à fond la stratégie d'ouverture et de changement d'« image »[60] » et soutiennent le choix du nom de « Front national pour l'Unité française » (motion conduite par François Brigneau[40]). Le discours tenu en interne sur la distinction maintenue entre les programmes respectifs des deux mouvements[61] en est une autre illustration. De même, lors du congrès de 1972, alors qu'« [une] minorité « pose clairement la question : « Ne peut-on craindre de voir, éventuellement, ce Front national échapper au contrôle d'Ordre nouveau ? », [il] leur est répondu qu'ON continue à revendiquer le rôle dirigeant au sein du Front, qu'il doit en rester l'élément moteur, « l'ossature autour de laquelle s'ordonne tout le reste »[62] ». La multiplication des emprunts à Ordre nouveau dissimulés dans l'imagerie et les slogans du nouveau Front national est encore un moyen de « rassurer les militants sur les référents identitaires originels du parti[63] », ce qui n'empêche pas la scission menée par Patrice Janeau qui fonde par la suite le Groupe action jeunesse[64].

Jean-Yves Camus souligne que la difficulté, à l'époque, réside dans « l'existence au sein de la droite nationale de deux cultures idéologiques antagonistes : celle d'Ordre nouveau, nationaliste-révolutionnaire, et celle des nationaux, souvent issus du poujadisme et du mouvement pour l'Algérie française[65]. » La création du nouveau parti se fait « dans une ambiance réciproque de parfaite méfiance », lepénistes et Ordre nouveau mettant concurremment en place des sections locales et annonçant des meetings de lancement distincts ; les statuts du mouvement doivent être rédigés sans aucune référence idéologique ou politique, afin d'éviter les conflits[66]. Pour Grégoire Kauffmann, « le FN naît ainsi d'un malentendu - pour ne pas dire d'un marché de dupes. D'autant que Le Pen avait promis le renfort de nombreux militants rencontrés à l'époque du poujadisme et des « Comités Tixier ». Or la moisson s'avère très décevante. Ne répondent à l'appel que les maigres troupes du Front uni de soutien au Sud-Vietnam dirigé par Roger Holeindre et celles, non moins dérisoires, de Justice et Liberté, le groupuscule de Georges Bidault - figure de la Résistance passée à l'OAS. Dans les faits, c'est bien Ordre nouveau qui, incitant tous ses adhérents à rejoindre la nouvelle formation, fournit au FN le gros de ses effectifs[42] » ; à Paris, 20 des 31 candidats du Front aux élections législatives viennent ainsi d'Ordre nouveau[67].

Ces tensions s'avivent après l'échec aux législatives. Jean-Marie Le Pen avait annoncé 400 candidats, mais le parti ne parvient à en présenter que 105[68]. Alors que l'objectif et le seuil de viabilité du mouvement avaient été fixés à 3 % des voix[40], le nouveau parti n'obtient que 108 000 voix[69], soit 1,3 % des suffrages exprimés au niveau national et 2,3 % dans les circonscriptions où il était présent[70]. Seul Jean-Marie Le Pen dépasse les 5 % à Paris[42]. Lors du troisième congrès d'Ordre nouveau en avril 1973, puis du premier congrès du Front national en juin, les dirigeants d'ordre nouveau affirment une double stratégie, d'une part de maintien des objectifs nationalistes révolutionnaires du mouvement afin de conserver sa base militante, et d'autre part d'engagement maintenu dans la voie légaliste, c'est-à-dire dans le Front national où Ordre Nouveau revendique cependant son autonomie politique[71].

Éclatement du premier Front national et prise de contrôle par Jean-Marie Le Pen (1973)[modifier | modifier le code]

La reprise de l'action militante et violente lors des congrès de juin 1973 conduit finalement à la dissolution d'Ordre nouveau par le gouvernement le 28 juin, en même temps que celle de la Ligue communiste[72], à la suite d'une nuit d'affrontement dans les rues parisiennes le 21 juin[73]. Alain Robert tente alors de conserver le capital politique et organisationnel acquis grâce à la création du Front national, tout d'abord en exigeant la majorité des sièges au bureau politique du parti[42], puis au travers d'une revue baptisée Faire front lancée en octobre 1973 et sous-titrée « Journal du Front national », amorce d'un « Front national bis ». Mais cette tentative se solde par un échec : Jean-Marie Le Pen désigne Victor Barthélemy au poste de secrétaire administratif et Dominique Chaboche au poste de secrétaire général, puis obtient par décision de justice « non seulement l’interdiction pour Faire front d'utiliser la mention « Front national » mais aussi l'usage exclusif du sigle frontiste[74] » Il peut alors « imposer un bureau politique tout à sa dévotion[75]. »

Tandis qu'Alain Robert va fonder le Parti des forces nouvelles qui sera le principal concurrent du Front national tout au long des années 1970, Jean-Marie Le Pen se retrouve cependant alors « à la tête d'une organisation non seulement endettée mais également amputée d’une partie substantielle de sa base militante[76] » : la scission de Faire front entraîne la perte d'un tiers des dirigeants et de la majorité des cadres et militants[77]. Le Front national ne compte plus que quelques centaines d'adhérents[78].

Pour Alexandre Dézé, cette première scission illustre une constante de l'histoire du Front national, partagé entre « une logique électorale de conquête du pouvoir et une logique doctrinale d’affirmation identitaire[79] »

1974-1982 : la traversée du désert[modifier | modifier le code]

Jusqu'au début des années 1980, le parti, alors fortement concurrencé par le Parti des forces nouvelles, ne décolle pas tant du point de vue du nombre d'adhérents que des résultats électoraux. Cependant, comme le soulignent Nicolas Lebourg et Jonathan Preda, « plus jamais le néo-fascisme français ne parviendra à tenir la rue et faire l’actualité comme au temps d'Ordre Nouveau. Alors que les nationalistes [révolutionnaires] étaient persuadés qu'il fallait un parti monolithique de révolutionnaires professionnels pour ressusciter l'extrême droite française, c’est finalement le national Jean-Marie Le Pen, seul maître du Front National après l’été 1973, qui sera en position de relever ce défi[80]. »

Le rôle moteur de François Duprat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : François Duprat (homme politique).

En concurrence avec le Parti des forces nouvelles[modifier | modifier le code]

Fondé en 1974 par les tenants de Faire Front, le Parti des forces nouvelles est le principal concurrent du Front national tout au long des années 1970[81].

L'époque Jean-Marie Le Pen[modifier | modifier le code]

Les années 1980[modifier | modifier le code]

Aux élections cantonales de 1982, Jean-Pierre Stirbois crée la surprise en obtenant 12,6 % à Dreux. Le Front national obtient son plus gros score sur le plan national le 17 juin 1984 avec 10,95 % des suffrages exprimés lors des élections européennes. Ce score lui permet d'avoir dix élus au Parlement européen. Le 16 mars 1986, après le passage au scrutin proportionnel pour les législatives, promesse de campagne de François Mitterrand permettant opportunément d'atténuer une défaite programmée[82], le Front national entre à l'Assemblée nationale et obtient 35 sièges.

Décrit par Bruno Mégret comme un « parti artisanal », « sans cohérence politique ni idéologique », et « constitué de multiples chapelles issues de l'extrême droite et d'une masse de militants et de cadres nouveaux, venus pour beaucoup du RPR », le Front national rassemble des personnalités hétéroclites et des courants parfois antagonistes[83]. En 1988, Bruno Mégret devient le délégué général du FN, devenant ainsi le rival de Jean-Pierre Stirbois au sein du FN, d'autant plus qu'il devient l'un des leaders du FN dans la région PACA. Après la mort accidentelle de Jean-Pierre Stirbois en 1988, l'exécutif du FN voit arriver de nouvelles têtes autour de Bruno Mégret, comme Carl Lang ou Bruno Gollnisch. Aux élections municipales de 1989, le FN voit élire le premier maire de l'histoire du parti, Charles de Chambrun, à Saint-Gilles (Gard)[84].

Entre 1989 et 1993, Marie-France Stirbois est la seule élue frontiste à siéger à l’Assemblée nationale.

1995-1998 : l'apogée, puis la scission[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990, le FN prend une place de plus en plus importante dans la vie politique française. Ses campagnes s'axent sur la dénonciation de la corruption qui toucherait les grands partis français comme le PS ou le RPR. Le FN vise ainsi les déçus des partis ayant gouvernés les décennies précédentes.

Succédant à une campagne présidentielle où Jean-Marie Le Pen dépasse les 15 % de suffrages exprimés (4,3 millions des électeurs), les élections municipales des 11 et 18 juin 1995 donnent au Front national ses premiers maires dans plusieurs grandes villes de Provence-Alpes-Côte d'Azur : à Marignane, avec Daniel Simonpieri, à Orange, avec Jacques Bompard, et à Toulon, avec Jean-Marie Le Chevalier. Cette progression du frontisme municipal est suivie, en février 1997, par l'élection de Catherine Mégret à la municipalité de Vitrolles, contre un adversaire socialiste, dans le cadre d'une élection partielle. Cette victoire supplémentaire marque la progression, au sein du FN, de son mari, alors numéro deux du mouvement : Bruno Mégret.

En décembre 1998, Bruno Mégret quitte le parti pour fonder ce qui deviendra temporairement le Front national-Mouvement national (FN-MN), puis le Mouvement national républicain (MNR) l'année suivante. Avec lui, partent 50 % des élus FN et 40 % des secrétaires départementaux. C'est la « scission ». Elle aboutit à la mise en place d'un congrès extraordinaire, organisé les 23 et 24 janvier 1999 à Marignane, dans la ville du maire ex-FN Daniel Simonpiéri, rallié à Bruno Mégret. Ce congrès réunit deux mille personnes, et élit Bruno Mégret à la présidence du nouveau parti scissionniste, qui reprend à son compte la flamme symbolique et le programme de gouvernement du Front national, en vue de la préparation des élections européennes de juin suivant.

Logo du FN lors de la campagne présidentielle de 2002.

Le 21 avril 2002[modifier | modifier le code]

En 2002, Jean-Marie Le Pen accède au second tour de l'élection présidentielle avec 16,86 % au premier tour (soit 4 804 713 voix). Après de nombreux appels (et manifestations) à voter pour Jacques Chirac, son adversaire, de tous les bords politiques (à l'exception notable de certains partis d'extrême gauche dont Lutte ouvrière, qui ne donnent aucune consigne), il obtient le plus faible score jamais atteint dans un second tour d'une élection présidentielle de la Ve République : 17,79 % (soit 5 525 032 voix).

En 2004, les opposants de Le Pen au sein du bureau national comme Jacques Bompard et Marie-France Stirbois sont mis à l'écart. En 2006, Louis Aliot est désigné secrétaire général du parti. Le 20 décembre 2006, renonçant à se présenter lui-même, Bruno Mégret se rallie à la candidature de Jean-Marie Le Pen.

2007-2009 : un reflux électoral historique[modifier | modifier le code]

À partir de 2007, le FN subit une importante érosion de son influence électorale. Jean-Marie Le Pen n'obtient que 10,44 % des suffrages exprimés lors de l'élection présidentielle de 2007 (soit plus de 6 points de moins qu'en 2002), arrivant en quatrième position derrière Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou. Le FN s'effondre ensuite à 4,3 % lors des élections législatives ayant eu lieu dans la foulée (moins 7 points par rapport au scrutin précédent). Une seule candidate, Marine Le Pen, se maintient au second tour dans sa circonscription et est battue. Ce sont les plus mauvais résultats du FN lors d'élections nationales depuis la fin des années 1980. Cet effondrement est confirmé l'année suivante lors des élections municipales, au cours desquelles les candidats du FN, qui éprouvent souvent des difficultés financières à constituer des listes, obtiennent des résultats extrêmement faibles (0,93 % des suffrages exprimés au premier tour, 0,28 % au second et seulement une soixantaine de conseillers municipaux). Le FN ne conserve une présence que dans trois conseils municipaux de villes de plus de 100.000 habitants : Mulhouse, Perpignan et Toulon. Le bilan des cantonales ayant eu lieu simultanément apparaît moins désastreux mais confirme lui aussi une nette tendance à la baisse (4,85 % des suffrages exprimés au niveau national au premier tour, contre 12,13 % lors du scrutin précédent, en 2004). Cette baisse d'influence s'accompagne de problèmes financiers importants qui ont notamment conduit à la vente du siège du Front national à Saint-Cloud[85],[86].

Le Front national doit par ailleurs faire face à la concurrence que lui oppose le MPF de Philippe de Villiers, qui défend des idées proches et qui a vu le rejoindre quelques anciens membres du FN, notamment les deux seuls maires affiliés au parti, tels Jacques Bompard, maire d'Orange, mais dont les deux fédérations corses ont rejoint le FN.

Fin 2008, le parti se retrouve en difficulté financière avec une dette de 8 millions d'euros et en grande perte de vitesse électorale sur fond de succession difficile à sa tête[87]. En octobre 2008, le parlementaire européen Jean-Claude Martinez, vice-président du Front national, fait dissidence : il annonce sa décision de présenter en juin 2009 dans la circonscription Sud-Ouest sa propre liste « MVL-Maison de la vie et de la liberté » face à celle du FN et de présenter une liste MVL dans toutes les autres circonscriptions. Un autre parlementaire européen, Fernand Le Rachinel, se rallie aussitôt à cette initiative. Le 13 novembre 2008, le député européen Carl Lang annonce qu'il monte sa propre liste dans la circonscription Nord-Ouest face à Marine Le Pen investie par le parti. Carl Lang crée le Parti de la France.

Le 8 septembre 2009, lors de la réunion de son parti, Jean-Marie Le Pen confirme son intention de prendre sa retraite après les régionales de 2010, où il sera candidat en PACA[88].

Depuis 2010, regain électoral et nouvelle direction[modifier | modifier le code]

Élections régionales de 2010[modifier | modifier le code]

Nombre et proportions d'élus par région
Région Sièges
Alsace
5 / 47
Aquitaine
0 / 85
Auvergne
0 / 47
Basse-Normandie
0 / 47
Bourgogne
6 / 57
Bretagne
0 / 83
Centre
7 / 77
Champagne-Ardenne
6 / 49
Corse
0 / 51
Franche-Comté
4 / 43
Guadeloupe
0 / 41
Guyane
0 / 31
Haute-Normandie
6 / 55
Île-de-France
0 / 209
Languedoc-Roussillon
10 / 67
Limousin
0 / 43
Lorraine
10 / 73
Martinique
0 / 41
Midi-Pyrénées
0 / 91
Nord-Pas-de-Calais
18 / 113
Pays-de-la-Loire
0 / 93
Picardie
8 / 57
Poitou-Charentes
0 / 55
Provence-Alpes-Côte d'Azur
21 / 123
La Réunion
0 / 45
Rhône-Alpes
15 / 156
Total
116 / 1 879

Lors des élections régionales de 2010, où l'abstention n'a jamais été aussi forte, le parti rebondit. Avec 11,42 % des voix au premier tour, il se maintient au second tour dans douze régions, dont quatre seront remportées par la gauche sans majorité absolue des suffrages exprimés. Comparativement aux régionales de 2004, le parti perd des voix globalement, mais progresse dans toutes les régions où ses listes restent en lice et atteint 17,5 % des voix au second tour, avec notamment 18,4 % pour la liste conduite par Thierry Gourlot en Lorraine, 19,3 % pour Michel Guiniot en Picardie, 19,4 % pour France Jamet en Languedoc-Roussillon, 22,2 % pour Marine Le Pen dans le Nord-Pas-de-Calais et 22,9 % pour Jean-Marie Le Pen en Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Élection interne de 2011 (Congrès de Tours)[modifier | modifier le code]

Les candidats à la présidence du FN : Marine Le Pen et Bruno Gollnisch.

Le 12 avril 2010, le bureau politique désigne les 15 et 16 janvier 2011 pour le prochain congrès du Front national. Il aura pour but de désigner le nouveau président du parti puisque Jean-Marie Le Pen a indiqué qu'il ne serait pas candidat à sa succession. Deux candidats sont déclarés : Marine Le Pen et Bruno Gollnisch, tous deux vice-présidents exécutifs du parti et députés européens.

Marine Le Pen est, parmi les deux candidats, celle recueillant le plus de signatures de secrétaires départementaux : soixante-huit (contre trente pour son concurrent, Bruno Gollnisch) Une campagne interne en préalable au XIVe Congrès se tient, du 1er septembre au 15 décembre 2010, chacun des deux candidats en lice se déplaçant dans les différentes fédérations départementales. Les réunions de soutien à Marine Le Pen sont, le plus souvent, celles recueillant le plus de participants (jusqu'à huit cents à Paris en novembre 2010).

Lors du congrès de Tours le 16 janvier 2011, Marine Le Pen devient la présidente du parti, avec un taux de participation de 76,45 %, recueillant 67,65 % des voix[89],[90]. Jean-Marie Le Pen devient lui président d’honneur du parti. À l'issue du scrutin interne pour désigner son nouveau président, le parti compte 22 403 adhérents[13].

L'époque Marine Le Pen[modifier | modifier le code]

L'arrivée de Marine le Pen à la tête du parti se traduit pour le Front national par des scores importants sur plusieurs élections de suite, au point qu'elle affirme avoir bouleversé le paysage politique français en un « tripartisme[91]. » Cette analyse est partagée par d'autres responsables politiques, de droite comme de gauche[92] (et notamment par le premier secrétaire du Parti Socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, qui estime que « le FN s'est mis au centre de la vie politique et va être l'enjeu des prochaines élections[93]. »).

Stratégie de normalisation poursuivie par Marine Le Pen[modifier | modifier le code]

La « dédiabolisation »[modifier | modifier le code]

Depuis son arrivée à la tête du Front national, Marine Le Pen a rapidement progressé dans les enquêtes d’opinion[94]. Selon plusieurs universitaires, ceci s'explique par une stratégie de crédibilisation et normalisation (ou pour reprendre le terme du Front national, de « dédiabolisation ») poursuivie par Marine Le Pen. Celle-ci consiste à adopter un discours plus « respectable » en s'éloignant des positions et déclarations les plus controversées de Jean-Marie Le Pen[95] concernant l'antisémitisme[96], l'immigration[97] ou l'avortement, au profit de problématiques plus sociales. Cela passe également par l'exclusion de membres parmi les plus radicaux[98],[99].

En février 2013, un article du quotidien Le Monde constate que le Front national « se banalise aux yeux des Français[100] » d'après les résultats d'un sondage réalisé à intervalles réguliers par l'institut TNS Sofres[101], ce qui attesterait de la « réussite de la stratégie dite de « dédiabolisation » voulue et portée par Marine Le Pen[100] ». L'universitaire Alexandre Dézé indique cependant que ces résultats sont à manier avec précaution car, selon lui, « bien d’autres résultats du baromètre 2013 montrent que le FN est encore loin d’être perçu comme un parti « normal » par la population[102] ».

Le programme économique[modifier | modifier le code]

Le programme économique du Front national s'est déporté sur la gauche pour favoriser une approche beaucoup plus antimondialiste et étatiste du protectionnisme social[103]. Par cette évolution, le Front national souhaite adopter une position plus classique et crédible et répondre plus directement aux inquiétudes économiques des classes populaires[104]. Le sociologue Sylvain Crépon fait cependant remonter ce tournant plus avant, aux années 1990 et à la thématique « ni droite ni gauche… Français » : il s'agirait, selon cet auteur, d'un renouement avec les fondements de la doctrine de l'extrême droite des années 1930, incarnée alors en partie par le Parti populaire français de Jacques Doriot[105].

Alors que Jean-Marie Le Pen défendait un programme issu du poujadisme de défense des classes moyennes et des artisans opposés à l'État, Marine Le Pen, dans le contexte de mondialisation a « gauchi » le discours libéral de son père, proposant notamment une augmention de 200 euros pour les rémunérations en dessous de 1,4 SMIC ou encore le maintien de la retraite à 60 ans, s'adressant par ce biais à la France des « petits », victimes, selon elle, de l'ultralibéralisme et de l'Europe. Concurrençant le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon, elle projette de prélever 15 % des profits des 50 plus grands groupes économiques, une taxe de 33 % sur les délocalisations et la nationalisation temporaire des banques[106].

Le politologue Christophe de Voogd, professeur à l'IEP de Paris note que le discours économique de Marine Le Pen a permis l'« attraction », sinon l'« hégémonie » du FN sur les ouvriers, les jeunes sans emploi, les retraités modestes ainsi que les agents publics paupérisés. Il relève ainsi un double phénomène depuis plusieurs années : « le passage des thèmes étatistes et égalitaristes de la gauche radicale au Front national, en même temps que celui-ci radicalisait son anti-européisme, jusqu'à prôner une sortie non seulement de l'euro mais, dans les faits, de l'Union »[107].

La question des mœurs[modifier | modifier le code]

Une évolution notable a également lieu sur les questions de société liées au féminisme et à l'homosexualité. En réponse à l'évolution des mœurs et afin de ne pas se couper radicalement de la nouvelle génération militante, le discours sur le congé parental ou l'avortement rompt avec la ligne idéologique historique du parti, qui, dans la tradition d'« un projet nationaliste qui veut que la femme permette la perpétuation du corps national en mettant au monde des garçons susceptibles de le défendre par les armes », relègue la femme « dans la sphère privée du foyer, le pouvoir, qui s’exerce dans l’espace public, revenant "naturellement" aux hommes ». Cette adaptation nécessaire ne constitue cependant pas un ralliement au progressisme féministe, mais s'inscrit plutôt dans une logique idéologique propre où l'ethnocentrisme et la question identitaire jouent toujours un rôle majeur : tandis que les anciennes générations du parti rejetaient le féminisme comme une atteinte aux valeurs françaises « traditionnelles », c'est au nom de celles-ci et en opposition aux cultures supposées « archaïques » et « patriarcales » de l'islam que les nouvelles générations opèrent ce retournement[108].

La formation des candidats et des cadres[modifier | modifier le code]

La normalisation passe également par la formation des cadres du parti et une présence locale accrue, avec la création, en septembre 2012, d'une délégation nationale aux actions de proximités, confiée au conseiller régional du Languedoc-Roussillon Julien Sanchez, et sur la ruralité, l'agriculture et l'environnement, questions désormais gérées par Leif Blanc[109], ancien journaliste au Figaro Magazine et Paris Match. D'autre part, le Front national relance une dynamique de formation interne interrompue depuis la scission mégretiste, avec la mise en place de la formation Campus bleu Marine (CBM) en janvier 2013, sous la direction de Louis Aliot. Celle-ci propose des modules consacrés aux élections municipales (avec l'objectif de réaliser plus de 600 formations de candidats et de constituer 500 listes pour le printemps 2014), à la communication et aux actions de terrain, prolongés par des ressources en ligne. Si les contenus ne diffèrent pas fondamentalement de ceux mis en place dans les années par Carl Lang via le Secrétariat général du Front dans les années 1990, cette nouvelle stratégie de formation s'en distingue par l'origine des formateurs eux-mêmes, le plus souvent étrangers à l'extrême droite radicale[110]. Cependant, il existe une tension entre d'une part ce souci de formation des cadres à une culture de gouvernement qui fait défaut, associé au nouveau courant technocratique représenté par Florian Philippot, contesté au sein du parti, et d'autre part le discours populiste sur le thème « nous sommes composés de gens populaires ancrés dans la vraie vie » qui est l'une des particularités du Front national[111].

Les relations avec la nébuleuse des droites extrêmes[modifier | modifier le code]

À partir de 2011, sous l'entreprise de normalisation de Marine Le Pen, le Front rompt plus ouvertement avec les mouvances des droites extrêmes qui poursuivent avec lui de longue date des stratégies d'alliances ou d'entrisme, au moins dans la mesure où il s'agit des plus voyantes dans les media. On voit ainsi les jeunesses nationalistes révolutionnaires de Serge Ayoub ou d'une manière générale « toute personne ayant un look crane rasé » être exclues du défilé emblématique du 1er mai, notamment via des instructions adressées aux secrétaires départementaux du Front[112].

Les limites de l'évolution idéologique[modifier | modifier le code]

Cette évolution est par ailleurs limitée : l'universitaire Nicolas Lebourg estime que « [la] vision du monde [de Marine Le Pen] correspond à la structure profonde du national-populisme, le courant structurant de l’extrême droite française […] Pour ce courant, il faut privilégier le rapport direct entre le sauveur et le peuple, par-delà la trahison d’élites fatalement corrompues. Il est l’apologiste d’un nationalisme fermé recherchant une unité nationale mythique et altérophobe. Il joint des valeurs sociales de gauche et des valeurs politiques de droite (ordre, autorité, etc.)[113]. » Pour l'historien Stéphane François, « Marine Le Pen reste quand même dans la continuité de son père, notamment lorsqu’elle cherche à se présenter comme la protectrice des classes populaires […] La rupture est plutôt à chercher dans le style de Marine le Pen, qui rompt réellement avec celui de son père[114]. » Le politologue Jean-Yves Camus souligne pour sa part que « les exclusions de militants trop marqués par le néo-fascisme, la reconnaissance par Marine Le Pen de la Shoah comme d’une "abomination", son rejet sincère du négationnisme et du nazisme, ont également pour limite la persistance au sein du FN de noyaux militants radicaux dont la vision du monde a pour base la nécessité de répudier toutes les idées fondatrices de la démocratie libérale, avec une fixation particulière contre l’antiracisme, l’égalitarisme et l’universalisme[115]. » De même que Sylvain Crépon[116], il considère que cette stratégie de normalisation se heurte au besoin du Front national de rester une force « anti-système » pour conserver sa crédibilité auprès de ses militants : à trop se normaliser, le Front national courrait le risque de se couper de sa base historique[115]. De fait, dans une étude comparée des discours électoraux de Jean-Marie et Marine Le Pen, Marion Ballet montre que « les marqueurs affectifs de la culture frontiste demeurent invariables sur la période étudiée, de 1988 à 2012, et ne se trouvent pas affectés par le changement de leadership au FN » : loin de se rapprocher du discours des partis de gouvernement, celui du Front national reste caractéristique d'un parti hors système, les thèmes de l'indignation et de la peur y étant toujours les plus présents et « la passion nationale fortement sollicitée, tandis que les appels à l’espoir demeurent peu nombreux et dirigés vers un avenir lointain[117]. »

Élections cantonales de 2011 : 400 seconds tours avec le FN, mais très peu d'élus[modifier | modifier le code]

Aux élections cantonales de mars 2011, analysées comme un gain dans les places fortes de l'UMP et des DVD[118], le FN se maintient dans 402 cantons sur les 1 400 qu'il concourrait, sous le slogan « Contre le système UMPS : la vague bleu Marine ». La tactique du front républicain est utilisée au second tour, seulement deux conseillers généraux sont donc élus, dans le Var et le Vaucluse.

Élection présidentielle de 2012 : le FN comme troisième force, avec 17,90 %[modifier | modifier le code]

La candidature de Marine Le Pen à l'élection présidentielle de 2012 est validée à l'unanimité par le bureau politique du FN le 16 mai 2011[119]. Dans le même temps, les intentions de vote en sa faveur diminuent et elle est à nouveau donnée troisième dans l'optique du premier tour[120].

Le 19 novembre 2011, salle Équinoxe à Paris, à la fin du Banquet des Mille qui réunit un millier de sympathisants, Marine Le Pen fait un discours d'une heure pour présenter son projet présidentiel. Il s'agit d'un programme de politique générale pour la France qui donne les grandes orientations. Il s'agit de fermer la parenthèse de l'hyper-libéralisme et du mondialisme, et de redonner à la France son indépendance en matière diplomatique, monétaire, économique, commerciale, industrielle, sociale, démographique, culturelle, de défense, d'éducation et d'organisation institutionnelle. Le but étant de mettre en place une politique qui inverse le mouvement de désindustrialisation et de délocalisation afin de revenir au plein emploi, à l'équilibre de la balance commerciale et du budget de l'État. La France, qui est encore la cinquième puissance économique du monde, doit aussi sortir de l'OTAN et redevenir une puissance d'équilibre avec sa propre politique étrangère, sa politique de défense et de coopération[121]. À l'issue du discours, Marine Le Pen annonce qu'elle donnera en janvier 2012 un chiffrage des différentes mesures de son programme, ainsi qu'un budget prévisionnel de désendettement de l'État en cinq ans.

Le 12 janvier 2012, elle présente à la presse un plan de désendettement de la France et le chiffrage de son programme sur cinq ans. Les mesures phares étant, du côté des recettes, la sortie de l’euro et le retour à une monnaie nationale, l’instauration de taxes sur les marchandises et les services importés, la baisse de la contribution française au budget communautaire, une réduction importante de l'immigration et le rapatriement de tous les clandestins, la lutte contre la fraude fiscale et sociale, et du côté des dépenses une augmentation importante des budgets de la fonction publique de l'État (justice, police, défense nationale, recherche fondamentale), de la formation professionnelle, des budgets d'investissements d'infrastructures (SNCF) et de recherche pour les énergies alternatives, une aide au financement et à l'installation des TPE et des PME, l’augmentation de 200 euros net de tous les salaires inférieurs à 1,4 fois le SMIC par une exonération des cotisations sociales, l'augmentation de la prise en charge de santé pour les plus pauvres (régime de base), pour les zones rurales (soins de proximité), pour la lutte contre les maladies de Parkinson et d'Alzheimer (recherche), et une réévaluation de l'allocation adulte handicapé (AAH)[122],[123].

Selon son directeur de campagne, Marine Le Pen peine à obtenir les 500 signatures d'élus nécessaires pour être candidate à l'élection présidentielle de 2012. Le 11 janvier 2012, le bureau du FN affirmait qu'elle avait obtenu moins de 300 promesses de parrainages, ce qui serait moins que son père à la même période en 2007[124]. En décembre 2011, Marine Le Pen a saisi le Conseil d’État afin d'obtenir l'anonymat des parrainages, car les élus seraient selon elle soumis à des pressions, et le système actuel de parrainage « inconstitutionnel »[125]; le Conseil constitutionnel, saisi, dans le cadre de cette procédure, d'une question prioritaire de constitutionnalité, a cependant déclaré conforme à la Constitution la disposition législative qu'elle contestait[126]. Des élus qui avaient accordé leur signature à son père pour l'élection précédente déclarent refuser désormais de « parrainer » Marine Le Pen en raison des pressions et des représailles qu'ils auraient subies[127],[128],[129]. Certaines personnes mettent cependant en doute l'importance des difficultés que rencontrerait la candidate pour obtenir les signatures, tel ce maire qui déclare avoir « été harcelé par tous les partis, sauf le FN »[130]; les déclarations de Marine Le Pen sur ses difficultés sont parfois présentées comme un « bluff » qui aurait pour objectif de faire parler d'elle dans les médias[131],[132],[133]. Jean-Claude Colliard révèle ainsi dans les Nouveaux cahiers du Conseil constitutionnel que, contrairement à ce qu'affirme Marine Le Pen, le Front national n'avait pas déposé 507 parrainages en 2007, mais 566, 554 d'entre eux ayant été validés[134],[135]. Le 13 mars 2012, Marine Le Pen obtient finalement les 500 signatures nécessaires[136].

Marine Le Pen en meeting, le 25 mars 2012 à Bouguenais (Loire-Atlantique).

Durant sa campagne présidentielle, Marine Le Pen adopte un rythme hebdomadaire de meetings qui s'accélère après l'entrée en campagne officielle du président sortant Nicolas Sarkozy, et la conduit à se rendre dans de nombreuses villes de France, avec parfois la constitution d'un « parlement des invisibles » donnant la parole aux participants. La candidate FN y est écoutée par un public généralement moins nombreux que pour ses challengers, entre 1200 et 6500 participants. Des difficultés de financement de sa campagne, dans le cadre difficile de la recherche de parrainages d'élus, l'empêchent par ailleurs de tenir meeting en outre-mer, à Auxerre et Clermont-Ferrand comme prévu[137]. Marine Le Pen doit également abandonner l'idée d'une seconde convention présidentielle à Lyon, les 7 et 8 avril 2012, au profit d'un simple meeting régional, le 7 avril.

Totalisant 17,90 % des voix (6 421 426 voix) au premier tour[138], Marine Le Pen termine troisième de cette élection présidentielle, réalisant des résultats supérieurs à ceux de l'ancien président du FN, son père Jean-Marie Le Pen, de 16,86 % en 2002, record du parti à l'époque et 10,44 % en 2007.

Dans un entretien publié dans le no 176 de la revue Le Débat, Marcel Gauchet et Jean-François Kahn notent, qu'après cette élection, le FN est devenu l'opposant universel à la gauche, mais aussi à la droite. Le remplacement du discours ultralibéral de Jean-Marie Le Pen par celui, étatiste et social de sa fille, « a renoué avec le ressort d'une des alliances les plus fortes dans le champ politique français, celle de l'aspiration nationale et de l'aspiration sociale », sans toutefois que le parti puisse pour l'instant participer au pouvoir, les auteurs concluant : « impossible de gouverner sans lui, impossible de gouverner avec lui »[139].

Élections législatives de 2012 et pré-lancement du Rassemblement bleu Marine (RBM)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rassemblement bleu Marine.

En vue du scrutin législatif, Marine Le Pen annonce, le 24 mars 2012 - en pleine campagne présidentielle - la constitution d'une coalition de mouvements et de personnalités souverainistes et patriotes, de droite et de gauche, sous une bannière commune, le Rassemblement bleu Marine (RBM), avec le Front national comme aiguillon moteur, et la participation d'autres structures (SIEL, Entente républicaine…) ainsi que de candidats indépendants (notamment l'avocat Gilbert Collard et Jean-Yves Narquin, frère de l'ancienne ministre de la Santé, Roselyne Bachelot). Pour présenter au niveau national la campagne du Rassemblement bleu Marine, Marine Le Pen tient meeting le 1er juin 2012 dans le 15e arrondissement de Paris, salle Équinoxe, où le Front national organise couramment ses réunions.

L'appellation de « Rassemblement bleu Marine » pour désigner cette plateforme législative est à ce titre perçu comme un éventuel changement de nom par certains commentateurs ; Marine Le Pen et différents cadres du Front national (Florian Philippot, Louis Aliot…) précisant qu'une réflexion peut éventuellement être engagée après l'élection législative, mais qu'il n'est pas temps, et que cela dépend de toute manière de l'avis des militants frontistes ; Jean-Marie Le Pen - fondateur du FN - insistant pour sa part sur son refus de principe de tout changement en la matière.

Marine Le Pen se présente aux élections législatives de 2012 dans la onzième circonscription du Pas-de-Calais, qui couvre notamment Hénin-Beaumont, ville dans laquelle le Front national est bien implanté (47,6 % à l'élection municipale partielle de juillet 2009). Dans le cadre de sa candidature, Marine Le Pen obtient le ralliement du parti souverainiste Souverainetés, Indépendance et Libertés (SIEL) et de Jacques Peyrat (ancien sénateur-maire UMP de Nice, président de l'Entente républicaine). Dans le cadre de cette élection, Marine Le Pen se présente notamment face à Jean-Luc Mélenchon, ancien candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle de 2012 (11,1 % de suffrages).

Marine Le Pen à la tribune d'un meeting à Paris, le 1er juin 2012.

Au premier tour des élections législatives de 2012, les candidats du FN obtiennent 3 528 663 voix, soit 13,6 % des suffrages exprimés, en net recul par rapport à l'élection présidentielle du mois précédent, mais en forte progression par rapport au premier tour des élections législatives de 2007. 61 candiats FN se maintiennent au second tour[140], et deux sont élus députés dans des triangulaires face à des candidats PS et UMP. Ainsi émerge sur la scène politique nationale la petite-fille du fondateur et la nièce de la présidente, Marion Maréchal-Le Pen, qui gagne son siège dans la 3e circonscription du Vaucluse, autour du Sud de Carpentras. L'avocat médiatique Gilbert Collard, apparenté FN, est élu dans la 2e circonscription du Gard. C'est le retour du FN à l'Assemblée nationale, après la période 1986-1988 (l'élection remportée en 1997 ayant été invalidée). En revanche, le porte-parole de campagne de Marine Le Pen, Florian Philippot, dont l'élection était envisagée en Moselle, échoue contre le candidat du PS, avec 46,5 % des suffrages exprimés au second tour.

Marine Le Pen, pour sa part, obtient le meilleur résultat des candidats son parti au premier tour, obtenant 42,4 % des suffrages exprimés, loin devant le candidat socialiste Philippe Kemel (23,5 %), pour qui tous les candidats éliminés appellent à voter. Au second tour, elle est battue d'une centaine de voix et dépose un recours auprès du Conseil constitutionnel, qui sera rejeté[141]. À la suite de cette élection, elle est attaquée en justice par Jean-Luc Mélenchon, qui l'accuse d'être à l'origine de la distribution, pendant la campagne, d'un faux-tract d'appel à voter pour le candidat du Front de gauche, en infraction au code électoral[142].

Campagne municipale de 2014[modifier | modifier le code]

Florian Philippot à la Rabattelière (Vendée), le 15 septembre 2012.

Le 12 juillet 2012, Florian Philippot et Jean-François Jalkh deviennent vice-présidents du parti, chargé de la stratégie et de la communication pour le premier (qui fait également pour la première fois son entrée au bureau exécutif), et chargé des affaires juridiques et des élections pour le second[109]. Le FN compte désormais cinq vice-présidents au total avec Louis Aliot, Marie-Christine Arnautu et Alain Jamet[109]. À cette occasion, la délégation générale est supprimée, et Louis Aliot passe de la vice-présidence chargée du projet à celle chargée de la formation et des manifestations[109]. L'historien Nicolas Lebourg et le documentariste Joseph Beauregard notent que Florian Philippot a « peu ou prou obtenu ce que n’avait eu aucun numéro deux, la fusion sous son autorité de prérogatives relevant de la présidence, du secrétariat général et de la délégation générale »[143].

Début 2013, Marine Le Pen entame une série de déplacements à travers la France : conçu par le Front national comme une « campagne de proximité » pour aller à la rencontre des « invisibles » et des « gens normaux » des zones rurales et urbaines, ce « tour de France des oubliés » vise à renforcer l'implantation locale du parti et à préparer les élections municipales françaises de 2014[144].

Le Front national annonce en octobre 2012 la constitution de listes « Bleu Marine » - listes d'union dans le cadre du Rassemblement bleu Marine dans plusieurs villes ; plusieurs centaines de têtes de listes FN et/ou RBM sont d'ores et déjà investies par la commission nationale d'investiture du mouvement :

  • Paris : La tête de liste FN à Paris pour les élections municipales de 2014 est Wallerand de Saint-Just, conseiller régional et trésorier du FN. Il est investi le 1er décembre 2012.
  • Marseille : La tête de liste FN à Marseille pour les élections municipales de 2014 est Stéphane Ravier[109], conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur et membre du bureau politique du Front national.
  • Lyon : Pressenti comme tête de liste FN aux élections municipales de 2014 à Lyon depuis l'hiver 2011, Christophe Boudot, secrétaire départemental du mouvement dans le Rhône, confirme sa candidature le 16 mars 2013 sur le site Lyon capitale. Quelques semaines plus tôt, la fédération FN du Rhône met en place un site se voulant le « Cahier de doléances virtuel des Lyonnais, Les Lyonnais parlent aux Lyonnais », voulant recueillir l'avis des habitants de Lyon sur le bilan du maire sortant, le socialiste Gérard Collomb.

Les sondages à l'approche du scrutin des élections municipales de 2014 prédisent une percée du parti. Pour Le Figaro, cela s'explique par la nouvelle stratégie du FN visant à nationaliser son implantation et présenter le maximum de candidats, ce qui n'était pas le cas auparavant ; d'autre part, cela se conjugue avec l'évolution de la sociologie de ses électeurs, conquérant des parts dans les milieux populaires, ruraux et, fait nouveau, dans les zones périurbaines. Toujours distancé par le PS et l'UMP, il ambitionne en 2014 de se maintenir au second tour dans de grandes villes en provoquant des triangulaires[145].

Au bilan, il obtient 1 544 postes de conseillers municipaux[146], et plusieurs communes dont Hénin-Beaumont (Steeve Briois) dés le premier tour, Fréjus (David Rachline), le Septième secteur de Marseille (Stéphane Ravier), Beaucaire (Julien Sanchez), Villers-Cotterêts, Hayange, Le Pontet, Le Luc, Cogolin, Mantes-la-Ville. À Béziers, la liste de Robert Ménard, soutenue par le FN, emporte le second tour[147], de même qu'à Camaret-sur-Aigues.

Élections européennes de 2014 : le FN en tête[modifier | modifier le code]

En vue de constituer un groupe au Parlement européen à la suite des élections européennes de 2014, le Front national lance un certain nombre de négociations avec des partis politiques des États membres de l'Union susceptibles de partager ses positions. En janvier 2014, une alliance est ainsi conclue avec la Ligue du Nord[148].

À l'issue du scrutin, le FN arrive en tête, avec 24,86 % des voix et remporte 24 sièges[149]. Il s'agit dans son histoire de la première élection nationale où le FN arrive en première position[150]. En réaction à sa victoire, quelques manifestations d'étudiants ont lieu, mais elles mobilisent bien moins qu'après le premier tour des élections présidentielles de 2002, qui avait vu Jean-Marie le Pen se qualifier pour le second tour[151].

Programme, propositions et idées du Front national[modifier | modifier le code]

Priorité nationale[modifier | modifier le code]

Toute personne de nationalité française, indépendamment de son origine, aurait la priorité sur les logements, les aides sociales et les emplois (à compétences égales) par rapport aux étrangers[152].

Exemples d'application de la priorité nationale[153] :

  • Les allocations familiales seraient réservées aux familles dont un parent au moins est français ou européen.
  • Si un Français et un étranger sont tous deux candidats à une même offre d'emploi, et que ces deux personnes ont un diplôme et des compétences a priori relativement équivalentes, l'entreprise devrait engager le Français ou justifier que l'étranger serait plus performant[154].

Laïcité[modifier | modifier le code]

  • Inscription dans la constitution du texte suivant : « La République ne reconnaît aucune communauté »[155],[156].
  • Création d'un ministère de l’Intérieur, de l’Immigration et de la Laïcité[155].
  • Interdiction de toutes pratiques racistes, sexistes et discriminatoires, en particulier dans les lieux publics[155]. Par exemple, le hallal serait interdit dans les cantines scolaires[157] tout comme les horaires séparés dans les piscines municipales[158].
  • Interdiction d'attribuer des subventions publiques aux associations estimées communautaristes[155],[159].

Immigration[modifier | modifier le code]

Concernant l'immigration, le Front national a la position suivante[160] :

  • Réduction en 5 ans de l’immigration légale de 200 000 entrées par an à 10 000 entrées par an (division par 20)
  • Suppression du regroupement familial
  • Remise en cause des accords de Schengen sur la libre circulation des personnes

Économie[modifier | modifier le code]

  • Sortie de l'euro et retour au franc[161]
  • Instaurer le « patriotisme économique » en privilégiant les entreprises établies en France, notamment lors des appels d'offres publics

Internet[modifier | modifier le code]

Concernant Internet, le Front national a la position suivante[162] :

Réforme constitutionnelle[modifier | modifier le code]

Le Front national entend, dès son accession au pouvoir, soumettre à référendum une révision de la Constitution portant sur les aspects suivants[165] :

Positionnement[modifier | modifier le code]

Sur l’axe gauche-droite[modifier | modifier le code]

Une part importante des historiens, des philosophes et des politologues classent le Front national comme un parti d’extrême droite ou le situent à la « droite de la droite »[167][réf. insuffisante]. Est également évoqué le rattachement à une famille particulière de « l'extrême droite » ; le qualificatif de « national-populisme » ayant été utilisé[168],[169].

Michel Winock et Pascal Perrineau le classent sous cette appellation dans Histoire de l’extrême droite en France (1994), en distinguant le FN des mouvements habituellement classés sous cette catégorie (GUD, Jeunesses identitaires, etc.). Dans La France politique : XIXe-XXe siècles (1999), Michel Winock définit le FN comme la conjonction de toutes les familles de l’extrême droite française : contre-révolutionnaire, pétainiste, fasciste, OAS. À l'inverse de René Rémond, Michel Winock, s'appuyant sur diverses déclarations[réf. nécessaire], considère que le FN est radicalement hostile à l’essentiel de l’héritage légué par la Révolution française et à ses valeurs (exprimées par le droit de l'hommisme, qui était violemment dénoncé par Jean-Marie Le Pen).

En 2014, l'universitaire français Grégoire Kauffmann, enseignant à Sciences Po et spécialiste des droites radicales, rejette la classification du Front national à l'extrême droite, distinguant plusieurs différences entre ce parti et les mouvements d'extrême droite historique : le FN, contrairement aux ligues des années 1930, refuse l'usage de la violence politique ; l'extrême droite s' « autodiabolise », tout au contraire du FN qui cherche son intégration pleine et entière dans le paysage politique français ; enfin, il estime que le FN est une force politique républicaine, car participant aux élections et respectant les institutions démocratiques[170]. Il affirme également que le FN a politiquement évolué, notamment sur la question de l'antisémitisme, Marine le Pen se distinguant profondément de l'héritage laissé par Jean-Marie le Pen, connu pour ses « saillies » dans ce domaine[170]. Grégoire Kauffmann classe quant à lui le FN comme étant de « droite radicale »[170].

La classification à l' « extrême droite » est contestée par les dirigeants du Front national[12]. En 1996, Jean-Marie Le Pen rejette le qualificatif d'extrême droite car « ce mot reste subliminalement attaché à une certaine violence »[171]. En octobre 2013, Marine Le Pen affirme que « le fait d'affubler le Front national de ce terme volontairement péjoratif d'extrême droite est une faute déontologique de la part des journalistes, un acte de militantisme et une bavure intellectuelle »[172] et qu'il s'agit d'« une manière de mener une guerre sémantique contre le FN [...] pour l'enfermer dans un amalgame avec des comportements ou d'autres mouvements qui sont éminemment critiquables »[173]. Elle annonce aussi son intention de poursuivre en justice ceux qui continueraient à utiliser cette expression pour qualifier le FN[173],[174]. À la suite de ces déclarations, un sondage de l'institut YouGov indique que 57 % des 936 personnes interrogées considèrent que le FN est un parti d'extrême droite et que 32 % des sympathisants du FN sont d'accord avec ce qualificatif[175].

Jean-Marie Le Pen a défini son parti comme appartenant à ce qu’il appelle la « droite nationale » ou la « vraie droite ». C’est dans cette logique que sa première délégation au Parlement européen était celle du Groupe des droites européennes. Dans ses discours, en revanche, Jean-Marie Le Pen prétend que le FN n'est « ni de droite ni de gauche » ou encore qu’il est « socialement de gauche et économiquement de droite »[176]. Marine Le Pen affirme elle aussi que le Front national n'est « ni de droite, ni de gauche »[177]. Les membres du FN ont par ailleurs tendance à remettre en cause l'axe gauche-droite, notamment en critiquant la proximité et l'interchangeabilité des partis de gouvernement, à travers des expressions comme « La Bande des quatre » ou « UMPS ».

Selon le politologue Laurent Bouvet, le FN reprend certaines thématiques morales et économiques de la gauche, comme la lutte contre la mondialisation, la sortie de l'Europe libérale ou l'égalité des sexes, pour continuer un combat d'extrême droite[178].

Néanmoins, les alliances ou volontés d'alliance du FN ou de ses membres avec d'autres partis ou personnalités politiques concernent, à quelques exceptions près, des partis ou personnalités issus de la droite. De la même manière, les personnalités du FN laissent souvent entendre qu'ils sont prêts à accueillir les déçus de partis de droite (par exemple lors de la crise de la présidence de l'UMP entre Jean-François Copé et François Fillon en 2012), chose qu'ils suggèrent moins lorsqu'il s'agit de partis de gauche[réf. souhaitée].

Le géographe social Christophe Guilluy, tout comme le sociologue Sylvain Crépon[179], mettent en avant le rôle déterminant des effets négatifs de la mondialisation sur le vote des milieux populaires, où, selon eux, la bipolarisation droite-gauche n'existerait plus. Si Christophe Guilly souligne que « bien évidemment, le Front national ne capte pas toutes les classes populaires. La majorité se réfugie dans l'abstention », il relève cependant que « la sociologie du FN est une sociologie de gauche. Le socle électoral du PS repose sur les fonctionnaires tandis que celui de l’UMP repose sur les retraités, soit deux blocs sociaux qui sont plus protégés de la mondialisation. La sociologie du FN est composée à l’inverse de jeunes, d’actifs et de très peu de retraités. » Il insiste sur ce qu'il estime être un diagnostic majoritaire, « rationnel [et] pertinent » des classes populaires sur la mondialisation et le multiculturalisme, et sur le fait que « le regard porté sur les électeurs du FN est scandaleux. On les pointe toujours du doigt en rappelant qu’ils sont peu diplômés. Il y a derrière l’idée que ces électeurs frontistes sont idiots, racistes et que s'ils avaient été diplômés, ils n’auraient pas voté FN »[180].

Autres qualificatifs[modifier | modifier le code]

Le qualificatif « populiste » est assez unanimement utilisé par les historiens et politologues de l’Institut d'études politiques de Paris[181], mais est critiqué par les membres du laboratoire de Michel Dobry, professeur à l’université Paris-I[réf. nécessaire]. Ainsi dès 1984, Pierre-André Taguieff parle de « national-populisme » pour qualifier le Front national. En 1988, René Rémond reprend ce qualificatif et parle de « résurgence du populisme »[182]. Néanmoins, dans l’actualisation de son œuvre de référence Les Droites en France, il reprend l’expression « extrême droite » pour dire qu’elle est en France principalement représentée électoralement par le Front national qui se présente « comme la seule vraie droite », reprochant aux autres d’avoir trahi leurs valeurs, trompé leurs électeurs, et d’être de connivence avec la gauche (la « bande des quatre »). Dans son interview donnée le 6 octobre 2005 au journal Le Figaro, René Rémond confirme que le Front national « s’inscrit dans le cadre de la démocratie représentative », « ne se confond pas non plus avec celles des droites qui rejettent l’héritage de 1789 », qualifiant au passage Jean-Marie Le Pen de « fils de la Révolution » et réaffirme que « l’appellation qui est proposée de populiste me convient assez bien » car « si elle ne définit pas l’idéologie de cet “extrémisme de droite”, elle caractérise sa stratégie et désigne sa sociologie ».

Quant à l’épithète de « tribunitienne », René Rémond rappelle qu’elle est aussi appropriée, car il s’agit là d’une « fonction critique exercée par une démagogie qui exploite tous les sujets de mécontentement ». Il note par ailleurs que cette épithète a été introduite dans le vocabulaire politique par Georges Lavau à propos du Parti communiste français.

Les représentants du Front national définissent leur mouvement en utilisant des qualificatifs comme patriote[183],[184], populiste[185] ou encore souverainiste[186].

Rapport au fascisme[modifier | modifier le code]

Pour autant, l’historien Pierre Milza, spécialiste du fascisme, et Guy Antonetti, professeur d’histoire contemporaine à Paris II, ne classent pas le FN parmi les partis fascistes[187]. Michel Dobry, professeur à Paris I, est plus enclin à qualifier le FN de parti « fascisant » que de parti fasciste[188].

Le 27 octobre 2007, l'ancien Premier ministre Lionel Jospin déclare : « Pendant toutes les années du mitterrandisme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste, donc tout antifascisme n’était que du théâtre. Nous avons été face à un parti, le Front national, qui était un parti d’extrême droite, un parti populiste aussi, à sa façon, mais nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, et même pas face à un parti fasciste. »[189].

En octobre 2013, le Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, fait écho à ces considérations en rejetant le qualificatif de « fasciste » pour le Front National[190].

Au contraire, Jean-Luc Mélenchon n'a lui pas hésité à qualifier de « fasciste » Marine le Pen, celle-ci l'ayant attaqué en justice pour injure, une procédure déboutée par le tribunal correctionnel de Paris[191].

Thématiques[modifier | modifier le code]

En 2011, dans le domaine de la politique économique, le Front national prétend défendre notamment la sortie de la France de la zone euro, l'instauration de protections douanières, la nationalisation de certains secteurs stratégiques[192],[193]. Par ailleurs, le Front national souhaite la réduction massive de l'immigration[194], et que la France sorte de l'OTAN[195]. Les critiques pointent notamment le flou et le caractère inachevé du programme de Marine Le Pen, le recyclage opportuniste des idées d'autres partis ou celles d'intellectuels opposés au Front national, et l'irréalisme de certaines propositions[196],[197].

Le sociologue Sylvain Crépon montre, pour ce qui est du militantisme au sein de ce mouvement dans les années 2000 et 2010, la permanence du « vieux fond nationaliste de l'extrême droite française, dont l'une des principales caractéristiques idéologiques consiste à se montrer hermétique aux valeurs universalistes des droits de l'homme », et surtout celle de la question identitaire qui « constitue, aujourd'hui encore, la pierre angulaire de l'idéologie du nouveau lepénisme[198] ».

Controverses[modifier | modifier le code]

Un scandale éclate le 13 septembre 1987, lorsque le président du FN, Jean-Marie Le Pen, déclare au Grand Jury RTL-Le Monde face à Alain Duhamel, à propos de la contestation, par des négationnistes, de l'utilisation par les nazis de chambres à gaz homicides : « Je n'ai pas étudié spécialement la question mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale ». Face à la réaction du journaliste, il répond : « Non, la question qui a été posée, c'est de savoir comment ces gens ont été tués ou non ». Son argumentation reposera plus tard, notamment lors de la conférence de presse du 18 septembre à l'Assemblée nationale, sur le fait que ces chambres à gaz ne sont pas le seul lieu où des gens ont perdu la vie pendant la Seconde Guerre mondiale et, qui plus est, ne sont pas mentionnées dans les Mémoires sur la Seconde Guerre mondiale de Winston Churchill (Plon, 1953), point qu'il n'avait pas mentionné sur le moment. Plus tard, à l'occasion du cinquantième anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz, il exprimera ses regrets pour avoir blessé lors de sa précédente déclaration, puis, le 31 janvier 1995, il fit, à la demande de Florence Belkacem, un instant de silence à la mémoire des victimes juives du nazisme[199]. Ces propos seront pourtant réitérés en 1997 en Bavière (pour lesquels il sera à nouveau condamné), en 2008 dans le magazine Bretons[200], puis en séance du Parlement européen le 25 mars 2009[201] qui avait antérieurement levé son immunité parlementaire le 6 octobre 1998 pour les propos de 1997[202].

En 2004, Bruno Gollnisch tient des propos controversés lors d'une conférence de presse au sujet de la 2e guerre mondiale et du « rôle des historiens » concernant la Shoah. Le 18 janvier 2007, Bruno Gollnisch a été condamné en première instance pour « contestation de l'existence de crime contre l'humanité », condamnation confirmée en appel. Le 23 juin 2009, la Cour de cassation annule cette condamnation. Bruno Gollnisch a par ailleurs été exclu 5 ans de l'université Lyon III pour ces propos.

En 2005, Jean-Marie Le Pen déclenche une nouvelle polémique, avec ses déclarations à l'hebdomadaire Rivarol[203].

Place dans le paysage politique français[modifier | modifier le code]

Du milieu des années 1980 à 2007, selon les types d'élections, le Front national représentait entre 11 et 18 % de l'électorat français au niveau national, dépassant 30 % dans certaines villes et régions, ce qui en a souvent fait le troisième parti de France. À plusieurs reprises, le Front national a été annoncé comme déclinant (scission des mégrétistes en 1998, mauvais score à l'élection présidentielle de 2007), mais a pu rebondir (présence au second tour de l'élection présidentielle de 2002, bon score aux élections cantonales de 2011, à l'élection présidentielle de 2012 et aux élections législatives de 2012 - 2013).

Élus[modifier | modifier le code]

Du fait du mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours lors des élections législatives et du faible nombre d'élus locaux pour les élections sénatoriales, le Front national a rarement été représenté au Parlement. Lorsqu'un candidat du Front national se qualifie pour le second tour d'une élection, les électeurs de gauche ou de droite dont le candidat a été battu au premier tour, ont tendance à reporter leurs voix sur l'adversaire du candidat du Front national ou à s'abstenir. Le Front national n'a eu des députés à l'Assemblée nationale qu'à l'issue des élections législatives de 1986, alors que le mode de scrutin a été ponctuellement modifié. Le mode de scrutin proportionnel a alors permis au Front national d'avoir 35 députés, dont Jean-Marie Le Pen, Jacques Bompard, Bruno Gollnisch, Roger Holeindre, Jean-Claude Martinez, Bruno Mégret, Jacques Peyrat, Yann Piat et Jean-Pierre Stirbois. Lors des élections législatives de 1997, le Front national a réalisé son meilleur score (14,94 %) dans une élection de ce genre, mais seul un de ses candidats, Jean-Marie Le Chevallier, à Toulon, a finalement été élu. Son élection a toutefois été invalidée en février 1998 pour des infractions à la législation sur le financement des campagnes électorales, et il n'a pu se faire réélire[204].

Au niveau municipal, le FN a cogéré la ville de Dreux avec la droite (RPR) de 1983 à 1989. Il dirige seul pour la première fois, la ville de Saint-Gilles, de 1989 à 1992. En 1995, il réalise une percée remarquée en remportant trois villes en Provence. Jean-Marie Le Chevallier devient le maire de Toulon, Jacques Bompard celui d'Orange, et Daniel Simonpieri celui de Marignane. Depuis, Le Chevallier a été battu en 2001, Bompard a quitté le FN pour le MPF, puis la Ligue du Sud, et Simonpieri a lui aussi quitté le Front, d'abord pour le MNR, puis pour l'UMP. Jacques Peyrat, ex-député du FN en 1986, a été par la suite maire de Nice, mais après avoir quitté le FN, sous l'étiquette RPR puis UMP[204]. Lors des municipales de 2014, 15 mairies sont remportées par le FN, sans compter les 5 villes où le FN a accordé son soutiens au candidat sorti vainqueur. Steeve Briois remporte la mairie de Hénin-Beaumont dès le premier tour, David Rachline celle de Fréjus, Cyril Nauth celle de Mantes-la-Ville.

Le FN a eu plusieurs conseillers généraux élus lors des élections cantonales. C'est le cas en 1985 à Marseille-Notre-Dame-du-Mont (réélu en 1991) ; en 1988 à Canisy (réélu en 1994) ; en 1989 à Salon-de-Provence ; en 1992 à Nice-14 ; en 1994 à Dreux-Ouest et Toulon-6 ; en 1997 à Mulhouse-Nord ; en 1998 à Toulon-5, Noyon et Marignane ; en 2002 à Orange-Ouest en 2004 à Orange-Est ; et en 2011 à Carpentras-Nord et à Brignoles[204].

Louis Aliot, vice-président du FN, et élu local en Languedoc-Roussillon.

Du fait du mode de scrutin proportionnel pour les élections régionales, le Front national a eu un nombre significatif d'élus dans plusieurs conseils régionaux. Aux élections régionales de 1986, 137 candidats du FN deviennent conseillers régionaux dans 21 régions. Le soutien de ces élus permet à la droite d'obtenir la présidence de six régions (Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Franche-Comté, Picardie, Haute-Normandie). Le Front national obtient, lui, des postes de vice-présidents de Région en Provence-Alpes-Côte d'Azur où il détient la majorité relative, en Languedoc-Roussillon, Picardie et Haute-Normandie. Aux élections régionales de 1992, le Front national fait élire 239 conseillers régionaux dans les 22 régions métropolitaines. Aux élections régionales de 1998, 275 candidats du FN sont élus. Le Front national fait élire des présidents de droite en Picardie, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes et Bourgogne[205]. En 2004, le nombre d'élus régionaux du FN décroit pour la première fois, puisqu'ils ne sont plus que 156 dans 17 régions. Cette tendance se poursuit en 2010, 118 conseillers FN étant élus dans seulement 12 régions[204].

Les élections européennes sont également propices à l'élection de membres du Front national. En 1984, 10 d'entre eux entrent au Parlement européen. En 1989, ils obtiennent le même nombre. En 1994, ils sont 11 députés européens. En 1999, seuls 5 candidats frontistes font leur entrée à Strasbourg. En 2004, ils sont crédités de 7 sièges de députés. En 2009, le FN ne conserve que trois députés au Parlement européen : Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen et Bruno Gollnisch[204].

Récapitulatif des élus FN, au 31 mai 2014

De droite à gauche : Marine Le Pen, Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch au Parlement européen de Strasbourg le 10 décembre 2013.
Marion Maréchal-Le Pen, députée FN, à Livré (Mayenne), le 1er septembre 2012

Géographie électorale[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1980, le Front national réalise ses meilleurs scores dans le Nord-Est, l'Est et le Sud-Est de la France. Au premier tour de l'élection présidentielle de 1988, Jean-Marie Le Pen est arrivé devant les candidats de droite (Jacques Chirac et Raymond Barre) dans trois régions (Provence-Alpes-Côte d'Azur, Languedoc-Roussillon et Alsace)[208]. En 2002, les 20 départements dans lesquels Jean-Marie Le Pen dépasse les 20 % des voix, au premier tour de l'élection présidentielle, sont situés dans dix régions : Languedoc-Roussillon (Pyrénées-Orientales, Hérault, Gard), Provence-Alpes-Côte d'Azur (Bouches-du-Rhône, Var, Alpes-Maritimes, Vaucluse), Rhône-Alpes (Ain, Haute-Savoie), Franche-Comté (Haute-Saône, Territoire de Belfort), Alsace (Bas-Rhin, Haut-Rhin), Lorraine (Moselle, Vosges, Meuse), Bourgogne (Yonne), Champagne-Ardenne (Aube, Haute-Marne, Ardennes), Picardie (Oise) et Midi-Pyrénées (Tarn-et-Garonne)[209].

Initialement, les zones de forte présence électorale du FN recouvrent le plus souvent des régions touchées par la désindustrialisation, à fortes proportions de population d'origine immigrée, d'implantation des rapatriés pieds-noirs, et confrontées à des changements démographiques importants (héliotropisme ou périurbanisation)[210].

Dans une note publiée en 2013, Jérôme Fourquet distingue deux familles parmi l'électorat frontiste : celui du nord et du nord-est, plutôt populaire et attaché à des valeurs de gauche, et celui de la vallée du Rhône et de la côte méditerranéenne, davantage sensible aux questions fiscales et aux valeurs de droite[211].

Alliances électorales[modifier | modifier le code]

Des arrangements locaux entre droite et FN ont eu lieu entre 1977 et 2004. Le RPR a condamné les alliances en septembre 1988, le Parti républicain a fait de même en 1991. Des sanctions internes ont été prises contre des élus de droite s'alliant au FN à partir de 1992.

Aux élections cantonales de 1994, Ernest Chénière, député RPR de l'Oise, battu au premier tour à Creil, s'allie au candidat FN encore en lice, avec l'accord de Jean-François Mancel, secrétaire général du RPR, et la bénédiction de Jean-Marie Le Pen. En 1998, Philippe Séguin démet de ses fonctions partisanes Jean-François Mancel, qui a passé une alliance avec le FN pour conserver la présidence du conseil général de l'Oise. De même, en Bourgogne, Jean-Pierre Soisson remporte la région au troisième tour de scrutin après une alliance avec le Front national.

Marine Le Pen refuse l'idée d'une alliance avec l'UMP, estimant que « nous ne pouvons pas faire d'accords électoraux, d'alliances politiciennes, alors que nous avons des divergences si profondes avec l'UMP. Ce n'est pas une différence de degré que nous avons avec l'UMP, c'est une différence de nature »[212].

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Résultats[modifier | modifier le code]

Année Type d'élection Voix  % Élus  %
1973 Législatives 122 000 1,33 0 0
1974 Présidentielle 190 921 0,75 - -
1978 Législatives 82 743 0,29 0 0
1981 Législatives 44 414 0,18 0 0
1984 Européennes 2 210 299 10,95 10 12,34
1986 Législatives 2 703 442 9,65 35 5,54
1988 Présidentielle 4 376 742 14,38 - -
1988 Législatives 2 359 280 9,66 1 0
1989 Européennes 2 129 668 11,73 10 12,34
1993 Législatives 3 152 543 12,42 0 0
1994 Européennes 2 050 086 10,52 11 12,64
1995 Présidentielle 4 571 138 15,00 - -
1997 Législatives 3 785 383 14,94 1 puis 0** 0
1998 Régionales 3 273 549 15,01 275
1999 Européennes 1 005 225 5,69 5 5,75
2002 Présidentielle 1er tour : 4 804 713
2nd tour : 5 525 032
1er tour : 16,86
2nd tour : 17,79
- -
2002 Législatives 2 862 960 11,34 0 0
2004 Européennes 1 684 868 9,8 7 8,97
2004 Régionales 1er tour : 3 564 059
2nd tour : 3 199 392
1er tour : 14,70
2nd tour : 15,10*
156 8,3
2007 Présidentielle 3 834 530 10,44 - -
2007 Législatives 1 116 005 4,29 0 0
2009 Européennes 1 091 681 6,34 3 4,17
2010 Régionales 1er tour : 2 223 800
2nd tour : 1 943 307
1er tour : 11,42
2nd tour : 17,81*
118 6,28
2012 Présidentielle 6 421 426 17,90 - -
2012 Législatives 1er tour : 3 528 373
2nd tour : 842 684
1er tour : 13,60
2nd tour : 31,70*
2 0,35
2014 Municipales 1er tour : 1 046 603
2nd tour : 675 268
1er tour : 4,76
2nd tour : 6,75
1 498 0,69
2014 Européennes 4 711 339 24,85 24 32,42

(*) Pourcentage calculé sur l'ensemble des circonscriptions électorales (communes, régions ou circonscriptions législatives) où le FN est présent au second tour.
(**) En 1997, Jean-Marie Le Chevallier a été élu mais son élection a été invalidée moins d'un an après, puis la candidate FN n'est pas élue lors de l'élection législative partielle de 1998.

Analyses[modifier | modifier le code]

Selon la géographe Catherine Bernié-Boissard (coauteur du livre Vote FN, pourquoi ?), « le vote FN exprime un désarroi, un sentiment de déclassement. Les scores les plus élevés, on les retrouve dans des communes où le taux de diplômés et le niveau d’éducation sont les plus faibles, où la présence des services publics est moindre »[213]. Pour Guillaume Perrault, « les bastions de Marine Le Pen se trouvent désormais, pour la plupart, dans les villes petites et moyennes de la France périurbaine »[214].

La communication du Front national[modifier | modifier le code]

Le Front national recourt depuis les années 1980 à divers moyens de « communication directe » avec l'opinion, de manière à court-circuiter les médias de la part desquels il se dit victime de « désinformation » et de « censure » : téléphonie avec les services audiotel Le Pen infos et radio Le Pen, minitel avec les 3615 FN et 3615 LEPEN, puis enfin site Web avec front-nat.net à partir de 1994, et par la suite frontnational.com[215].

De l'atelier de propagande (APFN) au Pôle de communication[modifier | modifier le code]

Sur le Web[modifier | modifier le code]

Parmi les partis politiques français, le Front national est un précurseur sur le Web : il est le premier à ouvrir son site en 1994 (et également le premier à créer en 2006 un bureau virtuel sur Second life)[215].

En 2011, le groupe Facebook de Jean-Marie Le Pen compte 30 000 internautes et celui de Marine Le Pen 25 000, ce qui les place respectivement à la 4e et à la 6e position parmi les personnalités politiques sur ce réseau virtuel, après Nicolas Sarkozy, Rama Yade, Ségolène Royal et Jacques Chirac ; pour l'historien spécialiste de la communication politique Christian Delporte, « [cette] fréquentation des pages Facebook ne détermine pas – encore – la hiérarchie de la popularité des hommes politiques. Elle relève plutôt de l'attachement personnel des fidèles, témoignant de la charge affective qui pèse dans le lien noué entre les internautes et leur champion[216]. » Christian Delporte souligne également le rôle de l'« activisme » de militants du Front national qui investissent les sites d'information générale ouverts aux commentaires, réagissent rapidement via ceux-ci sans pour autant mettre en avant leur étiquette politique, de manière à « avancer sans l'étiquette FN, qui peut faire fuir, et […] prétendre traduire un bon sens populaire en train de monter », afin de susciter l'adhésion des internautes indécis et créer ainsi une dynamique[217].

La coordination de l'ensemble de la présence du Front national sur les réseaux sociaux, et, au-delà, Internet, est assurée par une délégation spéciale du mouvement, créée au lendemain de l'élection à la présidence du FN de Marine Le Pen, le 20 janvier 2011 : le secrétariat national à la communication numérique (SNCN). Il compte deux secrétaires nationaux, Julien Sanchez, chef de projet Internet du FN depuis 2006, et David Rachline, ancien coordinateur national du FNJ (2009-2011). Mais c'est avant tout à ce dernier que revient la tâche de l'administration principale des pages Facebook et Twitter du Front national, Julien Sanchez étant principalement sollicité pour les éditions hebdomadaires du Journal de bord de Jean-Marie Le Pen.

Lors de la campagne présidentielle de 2012, plusieurs initiatives sont instaurées, comme la Toile bleu Marine (toilebleumarine.fr), recensant l'ensemble des sites de soutien à la candidature de Marine Le Pen, ou encore l'opération « Sarkozy : carton rouge » lancée sur les réseaux sociaux.[pertinence contestée]

Relations internationales[modifier | modifier le code]

Au Parlement européen, le Front national n'appartient à aucun groupe et est enregistré parmi les non-inscrits, à l'instar, lors de la septième législature (2009-2014), des partis nationalistes et d'extrême droite Vlaams Belang (Belgique), Partidul România Mare (Roumanie), British National Party (Royaume-Uni), Freiheitliche Partei Österreichs (Autriche), Jobbik Magyarországért Mozgalom (Hongrie), et Partij voor de Vrijheid (Pays-Bas).

Du 11 au 19 août 2010, Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch et Thibaut de la Tocnaye, prennent part à Tokyo pour le Front national à la première Conférence internationale des mouvements patriotiques, rassemblement euro-japonais des droites radicales initié par l’association extraparlementaire japonaise Issuikai. Une délégation de mouvements nationalistes du continent européen, pays membres de l'Alliance européenne des mouvements nationaux (fondée fin 2009 par Bruno Gollnisch) les y accompagne afin de renforcer des liens politiques éventuels et préfigurer une alliance internationale future face au « Nouvel ordre mondial américanisé » : des représentants de Belgique, du Royaume-Uni (British National Party), d’Autriche (Freiheitliche Partei Österreichs), d’Italie, d’Espagne, du Portugal (PNR), de Bulgarie (Ataka), de Hongrie (Jobbik) et d’Ukraine. Le 7 novembre 2013, Jean-Marie Le Pen déclare que Bruno Gollnisch et lui ont quitté l'AEMN fin octobre, expliquant : « Nous obéissons à Marine Le Pen » ; cela, notamment pour ne plus être associé à des partis que la présidente du FN juge extrémistes[218].

Depuis octobre 2011, ayant décidé une nouvelle approche concernant les relations extérieures et les affaires européennes et internationales du mouvement, Marine Le Pen est membre à titre individuel de l'Alliance européenne pour la liberté (AEL)[219]. L'AEL, qui fait campagne pour une Union européenne non-centralisée, transparente et sous contrôle démocratique et qui rejette tout développement menant à un super-État fédéraliste, a pour but d'être un lieu de contact, de réflexion et de dialogue « entre des élus "euro réalistes" issus des mouvements sérieux et à la pointe du combat souverainiste »[réf. nécessaire].

Dénominations du parti[modifier | modifier le code]

Le Front national, fondé en 1972 sous le nom de « Front national pour l'unité française » (FNUF), a immédiatement cessé de faire usage de ce nom officiel pour se désigner comme « Front national » (affiches électorales dès 1973, etc.). À une date inconnue entre 1990 et 1997, le nom du parti est statutairement devenu « Front national ».

Lors de la crise « mégrétiste », la veille du jour (28 janvier 1999) où Bruno Mégret, délégué général exclu du parti, allait faire déposer, en sous-préfecture de Boulogne-Billancourt, une déclaration de changement d'intitulé d'association, visant à renommer le parti en « Front national-Mouvement national » (déclaration considérée comme nulle par la justice en mai 1999), Jean-Marie Le Pen, président du parti, faisait déposer, le 27 janvier 1999, une déclaration de création d'association « Front national pour l'unité française », peut-être par précaution contre la volonté du camp mégrétiste de s'emparer du parti.

Parallèlement, les services du FN restés au « Paquebot » (surnom courant du siège du FN au 8, parc de Montretout à Saint-Cloud) avaient commencé à faire usage, pour leurs envois postaux, d'un cachet « F.N.U.F. » (sigle de la nouvelle association) avec l'adresse du FN (même bâtiment mais avec des entrées dans deux rues différentes).

Le cachet « F.N.U.F. » a continué de rester en usage (même à la fin de l'année 2005) après que la justice française, en mai 1999, eut déclaré nuls et non avenus le « congrès de Marignane » (23-24 janvier 1999) et les réunions ayant abouti à sa convocation (« conseil national » du FN du 13 décembre 1998). L'usage continu du cachet « F.N.U.F. » a contribué à faire croire que le FN avait, sinon conservé, du moins retrouvé son intitulé complet d'origine.

D'autre part, les militants et les électeurs du Front national sont usuellement appelés « frontistes ».

Organisation interne actuelle[modifier | modifier le code]

Bureau exécutif (au 12 juillet 2012)[modifier | modifier le code]

20 janvier 2011-12 juillet 2012

Bureau politique[modifier | modifier le code]

Secrétariats nationaux[modifier | modifier le code]

D'une manière plus informelle, le Front national s'organise en secrétariats nationaux « thématiques » qui ne figurent pas nécessairement sur les organigrammes successifs. Ces structures ont le plus souvent des fonctions d'encadrement du mouvement et le développement de son implantation.

Secrétariats nationaux du FN (au 1er décembre 2012)

  • Secrétaire nationale aux élus : Sophie Montel
  • Secrétaires nationaux aux fédérations et à l'encadrement (SNFE) : Nicolas Bay, Louis-Armand de Béjarry et Nathalie Pigeot
  • Secrétaire national aux Français de l'étranger : Patrick Hays
  • Secrétaire national aux adhésions : Sandrine Leroy
    • Assistants : Marie-Céline Lauret et Rachel Sembach

Conseil national[modifier | modifier le code]

Il se réunit deux à trois fois par an et réunit le comité central du FN, d'une centaine de membres. Les derniers conseils nationaux du Front national se sont tenus le 1er mai 2012 à Paris, sous la forme d'un conseil étendu à l'ensemble des candidats du Rassemblement bleu Marine (RBM) aux élections législatives, le 22 septembre 2012 à La Baule, dans le cadre de l'université d'été du FN, et le 8 décembre 2012 à Sèvres, en vue de la préparation des élections municipales.
Composition : membres du Comité central et du Bureau politique, élus nationaux et régionaux, secrétaires départementaux, personnalités nommées en raison de leurs compétences ou de services rendus.
Il débat de l'orientation générale du parti[220].

Congrès[modifier | modifier le code]

Composé de centaines de cadres et militants, il se réunit tous les trois ans. Il élit le Comité central et le président du parti. Il élabore également les plates-formes électorales du Front national[221].

Dans une interview donnée à l'émission Mardi Politique, donnée sur RFI et France 24 le 19 septembre 2012, Marine Le Pen indique que « le prochain Congrès du FN se tiendra en 2014, ou 2015 ».

Manifestations traditionnelles[modifier | modifier le code]

Le cortège FNJ au sein défilé du FN, le 1er mai 2012 à Paris
  • Le défilé du 1er-Mai, fêtant Jeanne d'Arc et les travailleurs français, chaque 1er mai à Paris, réunissant en général quelques milliers de partisans. Occasionnellement, ce rendez-vous prend une coloration plus « politique » et moins commémorative, ainsi, la dénomination de « Printemps social » par Marine Le Pen, dans le cadre du défilé du 1er mai 2011.
  • Les universités d'été (ou de rentrée), appelées familièrement « UDT », organisées annuellement à la fin de l'été. Après l'échec de la campagne présidentielle de 2007, le Front national n'organise pas cette année là d'université d'été les années suivantes, sauf en 2008, à Evian-les-Bains. Dans le cadre de la campagne présidentielle de 2012, cette manifestation est remplacée par les « Journées d'été de Marine Le Pen », organisées en septembre 2011 à Nice, fortement personnalisées autour de la candidate et présidente du mouvement. La dernière université d'été du Front national en date s'est tenue les 22 et 23 septembre 2012 à La Baule, où le FN avait déjà tenu une manifestation similaire, en 1994.
Julien Rochedy, directeur national du FNJ, le 22 septembre 2012 à La Baule

Mouvement de jeunesse[modifier | modifier le code]

Le FN Jeunesse (FNj), ex-Front national de la jeunesse est le mouvement de jeunesse du Front national. Créé en 1973 par Jean-Marie Le Pen, sa présidente statutaire est, depuis janvier 2011, Marine Le Pen, et son directeur, depuis août 2012, Julien Rochedy. Il revendique dix mille adhérents âgés de 16 à 30 ans (16 à 25 jusqu'en février 2011).

Durant ses dernières campagnes présidentielles, le Front national a pris l'habitude de dédoubler son mouvement de jeunesse habituel avec une structure purement consacrée à la campagne, et centralisée sur le candidat, plutôt que le mouvement : ainsi, les "Jeunes avec Le Pen", créés en 2006, par David Rachline, et les "Jeunes avec Marine", créés en 2011, par Julien Rochedy.

Organisations liées[modifier | modifier le code]

La pertinence de cette section est remise en cause, considérez son contenu avec précaution. En discuter ? (août 2013)
Membres du Front national collectant de l'argent dans un drapeau tricolore géant, au défilé du parti en l'honneur de Jeanne d'Arc, le 1er mai 2007 à Paris (méthode empruntée au Club des Cordeliers).

Comme la plupart des partis, des membres du Front national ont créé des cercles de réflexion ; un certain nombre d'organisations ou associations y sont liées ou en sont directement une émanation :

  • L'Action sociale et populaire (ASP) du pasteur Blanchard, association caritative basée en Île-de-France, avec des relais provinciaux ;
  • Association pour la suppression de l'impôt sur le revenu et la réforme fiscale (ASIREF) ;
  • Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (AGRIF)[223] ;
  • Cercles des amitiés protestantes ;
  • Cercle chasse pêche et nature ;
  • Cercle des Français résidant à l'étranger ;
  • Cercle national des automobilistes ;
  • Cercle national des agriculteurs de France ;
  • Cercle national de la banque ;
  • Cercle national des combattants ;
  • Cercle national du corps de santé ;
  • Cercle national de défense des handicapés ;
  • Cercle national de défense de la vie, de la nature et de l'animal ;
  • Cercle national des femmes d'Europe ;
  • Cercle national des Français Juifs ;
  • Cercle national des rapatriés ;
  • Cercle national des préretraités et retraités ;
  • Cercle national des taxis ;
  • Collectif Racine, association d'enseignants proches du Front National ;
  • Fraternité française ;
  • Front anti-chômage ;
  • Ligue pour la vie ;
  • Mouvement pour un enseignement national ;
  • SOS Égalité d'Alain Sulzer (2009 -) pour la défense de la laïcité et de l'égalité ;
  • SOS Enfants d'Irak ;
  • Rassemblement national des Corses ;
  • Union des Français juifs (UFJ), successeur du Cercle national des Français juifs, demeuré en sommeil, et créée en octobre 2011 par Michel Ciardi, un militant de Riposte laïque. L'UFJ prend toutefois ses distances avec la présidente du FN, Marine Le Pen, à l'automne 2012.

Syndicat patronal proche du Front national, la Fédération nationale entreprise moderne et liberté se compose de trois secteurs :

  • la coordination nationale des commerçants et artisans de France ;
  • la coordination nationale des PME-PMI ;
  • la coordination nationale des professions libérales.

Son objectif est d'être présent dans toutes les assemblées socioprofessionnelles : chambres de commerce et d'industrie, chambres de Métiers, Prud'hommes, conseils économiques et sociaux, tribunaux de commerce, etc.

Le Département protection sécurité (DPS) est le service d'ordre du Front national, il fait également office de service de renseignement interne.

Le Front national tente également de pénétrer l'univers du syndicalisme, notamment avec les syndicats Front national dans les années 1990 puis la présentation aux élections de 2011 de quelques candidats issus de syndicats. Devant les difficultés rencontrées dans ce domaine, le Cercle national de défense des travailleurs syndiqués (CNDTS) a été créé.

Depuis l'opération de « dédiabolisation » entreprise par le FN sous la présidence de Marine Le Pen, le parti frontiste engrange le soutien de plusieurs personnalités publiques, comme l'acteur Alain Delon[224], l'actrice Brigitte Bardot[225], l'humoriste Jean Roucas[226] ou encore le géopolitologue Aymeric Chauprade[227].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « À l'issue du scrutin interne pour élire son nouveau président en 2011, le parti comptait 22 403 adhérents. Cependant, au début de 2012, le Front national revendique plus de 50 000 adhérents à jour de cotisation, mais reste secret pour permettre toutes les vérifications sur ces chiffres » ; Emmanuel Nkunzumwami, La montée de l'extrême droite en France: le cas du département de la Somme, L'Harmattan, 2012257 p. (ISBN 978-2336005768) p. 16.
    Voir également à propos du chiffre de plus de 20 000 adhérents en 2011 David Doucet, « Portraits-robots des militants du Front national », slate.fr, 12 janvier 2011, citant Jean-Yves Camus : « l'ampleur de cette augmentation du nombre d'adhérents en l'espace d'un an semble impossible. [...] De toute évidence, ils ont gagné des adhérents mais pas dans cette proportion. Ça ne correspond d'ailleurs pas à la réalité du terrain. ».
  2. « Le nombre d'adhérents annoncé en janvier 2012 atteindrait 50 000, un chiffre jamais égale et qui représente un doublement en un an »; Birgitta Orfali, La banalisation de l'extrémisme à la veille de la présidentielle: Radicalisation ou dé-radicalisation ?, L'Harmattan, 2012, 170 p. (ISBN 978-2296490031)p. 130.
  3. a et b Nathalie Mauret, « Municipales : 100 jours pour convaincre », sur Dernières Nouvelles d'Alsace.fr,‎ 13 décembre 2013 (consulté le 5 janvier 2014).
  4. (en) « Parties and Elections in France », sur Parties and Elections in Europe (consulté le 26 juillet 2014)
  5. a et b « Depuis 2011, le FN est devenu «protectionniste au sens large» », sur Liberation.fr (consulté le 26 juillet 2014)
  6. « "The Front National: A Rough Guide" », sur Craig Willy (consulté le 29 juillet 2014)
  7. « "Marine Le Pen,entre souverainisme et identitarisme" », sur Enquete-débat.fr (consulté le 26 juillet 2014)
  8. « Parties and Elections in France », sur Parties and Elections in Europe (consulté le 26 juillet 2014)
  9. a et b « Qu'est-ce qui fait échouer le Front de gauche ? », sur Marianne.net (consulté le 26 juillet 2014)
  10. « Marine Le Pen, entre souverainisme et identitarisme », sur Enquete-débat.fr (consulté le 26 juillet 2014)
  11. « "Avec Marine Le Pen, le discours sur l'islam a changé" », sur Lemonde.fr (consulté le 26 juillet 2014)
  12. a et b Voir par exemple « Jean-Marie Le Pen au journal télévisé de la nuit sur TF1, le [[15 janvier |15]] [[janvier 1982 |janvier]] [[1982|1982]] », sur ina.fr (consulté le 12 avril 2011)
  13. a et b Guillaume Perrault, « Marine Le Pen élue présidente du Front national », Le Figaro,‎ 16 janvier 2011 (consulté le 16 janvier 2011)
  14. « À la fin de 1969, le néo-fascisme est en pleine crise et ne rassemble plus que quelques centaines de nostalgiques et d'activistes. C'est alors que se constitue (novembre 1969) le mouvement Ordre nouveau, lequel va représenter par son agressivité et sa présence sur le terrain le fer de lance du néo-fascisme français. » Pierre Milza, Les Fascismes, Seuil, 1991, 603 p. (ISBN 978-2020128636) p. 510. Cet auteur précise par ailleurs que « les dirigeants et militants d'Ordre nouveau ne représentent pas la tendance la plus radiale du néo-fascisme français. Ils peuvent toujours dire qu'ils ne sont pas maître des réactions de leur public, comme des représailles exercées par les escouades armées agissant sous le label de la croix celtique, et c'est parfois vrai [...] Il n'en reste pas moins que celui-ci draine bon nombre de nostalgiques de l'ordre hitlérien et de la croisade antibolchevique — sans pour autant partager le délire des authentiques néo-nazis —, qu'il se démarque de ce que ses propres dirigeants considèrent comme "l'extrême droite traditionnelle" et qu'il se proclame "révolutionnaire" et subversif », dans Milza 2002.
  15. Lecœur 2003 [EPUB] note 1, emplacement 472 sur 5464, ainsi que, pour l'histoire « officielle » du Front national, 20 ans au Front, Damien Bariller, Franck Timmermans, l'histoire vraie du Front national (1972-1992), Éditions nationales, 1993, 170 pages (ISBN 978-2909178141), p. 11 et suiv.
  16. Selon l'analyse d'Alexandre Dézé, « la « survie » du parti passe alors moins par une logique de participation aux élections (qui s'avère coûteuse) que par la constitution dune base militante permettant de préserver a minima son existence. » Voir Dézé 2012, p. 55.
  17. Lecœur 2003 [EPUB] emplacement 638 et suiv. sur 5464.
  18. Selon la biographie de Jean-Marie Le Pen publiée sur le site du Front national, « En 1972, il fonde le Front National et continue « le combat pour la France » », « Jean-Marie Le Pen », sur frontnational.com. Voir également par exemple Damien Bariller, Franck Timmermans, 20 ans au Front: l'histoire vraie du Front national (1972-1992), Éditions nationales, 1993, 170 p. (ISBN 978-2909178141)
  19. « Les véritables inspirateurs et fondateurs de la « Fédération nationaliste unitaire » qui sera baptisée d'abord « Front national pour l'unité française », puis plus simplement « Front national » furent les dirigeants de l'organisation Ordre nouveau (ON), qui avait succédé au groupe Occident à partir de 1968 », Lecœur 2003 [EPUB] emplacement 478 sur 5464. Voir également Jean-Yves Camus, « Origine et formation du front national (1972-1981) », dans Mayer et Perrineau 1996 [EPUB] emplacement 188 et suiv. sur 7257 et Dézé 2012, p. 31 et suiv.
  20. Voir les analyses plus synthétiques d'Erwan Lecœur dans Lecœur 2003, de Jean-Yves Camus dans Mayer et Perrineau 1996, de Sylvain Crépon dans Crépon 2012.
  21. Dézé 2012, p. 31.
  22. Grégoire Kauffmann indique que « le changement de cap est officialisé lors d'un meeting en décembre 1971. « Nous sommes en train de préparer pour les élections législatives de 1973 un front national avec la quasi-totalité des personnalités de l'opposition nationale », assure alors François Duprat, qui est avec Alain Robert la véritable tête pensante d'Ordre nouveau. » Voir Kauffmann 2011.
  23. Lecœur 2003 [EPUB] emplacement 527 et suiv. sur 5464. Voir également Camus 1997, p. 23.
  24. Pour un ordre nouveau, n ° 6, décembre 1971, p. 4, cité par Dézé 2012, p. 37.
  25. Ordre nouveau présente en juin 1970 une candidate à l'élection législative partielle dans le XIIe arrondissement et un candidat à Bordeaux. Le mouvement obtient 19 259 voix aux municipales à Paris en 1971. Voir Ariane Chebel d'Appollonia, L'extrême-droite en France: De Maurras à Le Pen, Vol. 1, Complexe, 1998, 519 p. (ISBN 978-2870277645), p. 316.
  26. Selon Alexandre Drézé, « un des motifs rarement soulignés de la constitution du FN [est] l'urgence éprouvée de reconvertir l'organisation de jeunesse que représente encore Ordre nouveau en une « organisation adulte », c'est-à-dire en une structure capable d'offrir des débouchés de carrière à ses membres » ; voir Dézé 2012, p. 38 et 41.
  27. Dézé 2012, p. 39
  28. Dézé 2012, p. 40
  29. Dézé 2012, p. 43 ainsi que Lebourg et Beauregard 2012, p. 147.
  30. Lecœur 2003 [EPUB] emplacement 572 sur 5464.
  31. Le MSI « fait l'objet dune véritable admiration de la part de certains dirigeants d'ON – dont François Duprat, qui lui consacre un ouvrage hagiographique et l'impose avec Alain Robert comme modèle pour ON », Dézé 2012, p. 40-42. Voir également Jean-Yves Camus, « Origine et formation du front national (1972-1981) », dans Mayer et Perrineau 1996 [EPUB] emplacement 197 sur 7257.
  32. Lecœur 2003 [EPUB] emplacement 567 et suiv. sur 5464, ainsi que Dézé 2012, p. 47 qui relève également que « les premières affiches du FN seront même éditées en Italie par l'imprimeur du MSI, qui entend ainsi, en apportant son soutien, favoriser la constitution d'un rassemblement des « mouvements nationaux européens » »
  33. Lebourg et Beauregard 2012, p. 147
  34. Myriam Aït-Aoudia, Alexandre Dézé, « Contribution à une approche sociologique de la genèse partisane », Revue française de science politique, no 4, vol. 61, 2011, p. 631-657.
  35. Lecœur 2003 [EPUB] emplacement 492 sur 5464
  36. a et b Dézé 2012, p. 32
  37. Ordre nouveau compte environ 5000 adhérents à son apogée. Voir Lecœur 2003 [EPUB] emplacement 564 sur 5464.
  38. Lecœur 2003 [EPUB] emplacement 563 sur 5464.
  39. Kauffmann 2011 et Lebourg et Beauregard 2012, p. 156. Le Front national était censé initialement avoir trois coprésidents : Jean-Marie Le Pen, Georges Bidault et Guy Ribeaud, proche de ce dernier. Nicolas Lebourg et Jospeh Beauregard se bornent à constater que le départ de Georges Bidault aurait eu lieu « selon les nationalistes à cause de Jean-Marie Le Pen, selon ce dernier à cause des nationalistes… ». Pour son biographe Jacques Dalloz, « Bidault ne veut pas être phagocyté par l'extrême-droite ». Voir Jacques Dalloz, Georges Bidault: Biographie politique, L'Harmattan, 2000, 470 p. (ISBN 978-2738416797), p. 432.
  40. a, b et c Lebourg et Beauregard 2012, p. 153
  41. Roger Holeindre avait été avec Pierre Sergent à l'origine d'une précédente tentative, infructueuse, d'unification des extrêmes droites en mai 1969 : les rencontres avaient lieu au Cercle du Panthéon, club privé appartenant à Jean-Marie Le Pen. Voir Lebourg et Beauregard 2012, p. 122-123.
  42. a, b, c et d Kauffmann 2011.
  43. Dézé 2012, p. 38.
  44. Albertini et Doucet 2013, p. 35 et Lebourg et Beauregard 2012, p. 155
  45. Voir Jean-Yves Camus, « Origine et formation du front national (1972-1981) », dans Mayer et Perrineau 1996 [EPUB] note 4, emplacement 534 sur 7257.
  46. Pour un ordre nouveau, juin 1973, supplément spécial congrès, p. 21, cité par Dézé 2012, p. 39.
  47. Dézé 2012, p. 39.
  48. Camus 1997, p. 21.
  49. Jean-Yves Camus, « Origine et formation du front national (1972-1981) », dans Mayer et Perrineau 1996 [EPUB] emplacement 210 sur 7257.
  50. « Ce privilège ne résulte pas d'une prise de contrôle de l'appareil partisan par Le Pen mais bien d'un choix tactique décidé par les par les responsables d'Ordre nouveau. » Voir Dézé 2012, p. 44.
  51. a et b Dézé 2012, p. 43
  52. Albertini et Doucet 2013, p. 37-38. Gégard Longuet déclare à ce propos « [Alain Robert] m'a amicalement demandé d'écrire un "programme économique solide" [...] À l'époque, Ordre nouveau n'avait pas 50 énarques sous la main. Comme il ne m'a donné aucune orientation, j'ai fait ce que je voulais et j'ai rédigé une plaquette libérale qui est devenue le programme économique du FN : ouvert à l'économie d'entreprise et à l'économie de marché », et ajoute : « je savais que Robert [Alain Robert] et lui [Jean-Marie Le Pen] étaient sur deux planètes différentes : le premier, totalement dénué d'ego, voulait créer un parti de droite musclé ; le second n'avait pas d'idées affirmées, mais un ego surdimensionné. »
  53. Lecœur 2003 [EPUB] emplacement 577 sur 5464.
  54. Jean-Yves Camus, « Origine et formation du front national (1972-1981) », dans Mayer et Perrineau 1996 [EPUB] emplacement 227 sur 7257
  55. Cité par Jean-Yves Camus, « Origine et formation du front national (1972-1981) », dans Mayer et Perrineau 1996 [EPUB] emplacement 229 sur 7257.
  56. Camus 1997, p. 22.
  57. Jean-Yves Camus, « Origine et formation du front national (1972-1981) », dans Mayer et Perrineau 1996 [EPUB] emplacement 232 sur 7257.
  58. Jean-Yves Camus, « Origine et formation du front national (1972-1981) », dans Mayer et Perrineau 1996 [EPUB] emplacement 238 sur 7257.
  59. Lebourg et Beauregard 2012, p. 154
  60. Dézé 2012, p. 45
  61. Dézé 2012, p. 46
  62. Francis Bergeron, Philippe Vilgier, De Le Pen à Le Pen. Une histoire des nationaux et des nationalistes sous la cinquième République, Dominique Martin Morin, 1985, 214 p. (ISBN 9782856520840) p. 112-113, cité par
  63. Alexandre Dézé relève parmi les emprunts du nouveau Front national à Ordre nouveau les slogans « Chassez les voleurs ! » et « Avec nous avant qu’il ne soit trop tard », ce dernier étant initialement emprunté au MSI italien. Voir Dézé 2012, p. 46
  64. Michel Winock, Jean-Pierre Azéma, Histoire de l'Extrême droite en France, Seuil, 1994, 324 p. (ISBN 9782020232005) p. 244.
  65. Camus 1997, p. 21. Voir également Dézé 2012, p. 50-51.
  66. Nicolas Lebourg et Joseph Beauregard précisent à propos des statuts du Front national que « la suspicion est telle que Pierre Bousquet accompagne Jean-Marie Le Pen lors de leur dépôt à la préfecture »; Voir Lebourg et Beauregard 2012, p. 155-156
  67. Milza 2002 [EPUB] emplacement 2858 sur 10314.
  68. Lebourg et Beauregard 2012, p. 161.
  69. Lecœur 2003 [EPUB] emplacement 602 sur 5464
  70. Dézé 2012, p. 49
  71. Dézé 2012, p. 50-51.
  72. Dézé 2012, p. 52
  73. Lecœur 2003 [EPUB] emplacement 607 sur 5464.
  74. Dézé 2012, p. 53.
  75. Kauffmann 2011
  76. Dézé 2012, p. 54
  77. Dézé 2012, p. 56
  78. Lecœur 2003 [EPUB] emplacement 630 sur 5464.
  79. « le coût identitaire de cette opération finit cependant par l'emporter sur les gains obtenus, réactivant la ligne de partage entre ceux qui entendent agir dans le respect des fondements doctrinaux originels et ceux pour qui l'obtention de profits politiques reste un objectif prioritaire. Or, sans que l'on puisse l'imaginer à l'époque, c'est bien cette même dynamique complexe entre logique doctrinale et logique électorale qui ne va jamais cesser par la suite de travailler le FN »Dézé 2012, p. 24 et 54.
  80. Nicolas Lebourg, Jonathan Preda, « Ordre Nouveau : fin des illusions droitières et matrice activiste du premier Front National», dans Studia Historica.Historia Contemporánea, Université de Salamanque, no 30, 2012, p. 205-230.
  81. Lecœur 2003 [EPUB] emplacement 623 sur 5464.
  82. Jean-Jacques Becker, Nouvelle Histoire de la France contemporaine : Crises et alternances, 1974-2000, Paris, Seuil,‎ 2002, 944 p. (ISBN 2-02-052439-2), p. 352
  83. « Les numéros deux du Front national (3/4) : Bruno Mégret, le technocrate », lemonde.fr, 27 juillet 2011.
  84. « Municipales : Collard candidat à Saint-Gilles (Gard) », in Le Figaro, mercredi 6 novembre 2013, page 6.
  85. « FN - Le Pen vend le "Paquebot" », lci.fr, 10 janvier 2008.
  86. « FN : actifs et passifs à céder », C dans l'air, 5 mai 2008.
  87. « Au FN, «Marine» à la peine pour retenir élus et militants », Libération, 14 octobre 2008.
  88. « Jean-Marie Le Pen livrera son dernier combat aux régionales en Paca », Le Courrier des maires.
  89. Marine Le Pen devient officiellement présidente du Front national Dans Le Monde avec Reuters le 16.01.11 à 10h43
  90. Marine Le Pen succède à son père à la tête du FN Sur le site France2 Publié le 17/01/2011 à 11:40
  91. « La poussée du FN aux municipales, un séisme politique ?», Le Monde
  92. Après la victoire du FN à Brignoles, Jean-Christophe Cambadélis (PS) et Thierry Mariani (UMP) estiment que la France passe au "tripartisme", Europe 1
  93. Cambadélis : "Le tripartisme est en marche", TF1 News
  94. « Replacé dans le contexte européen, le phénomène n’entérine pas seulement une évolution du discours. Il témoigne d’une stratégie de recentrage en vue de nouer des alliances électorales mais aussi d’une banalisation des extrêmes qui touche les médias et tente la droite classique. » Michel Marian, La résistible ascension de Marine Le Pen, Esprit, 2011/5 (mai), (ISBN 9782909210964).
  95. « En 2012, elle tend néanmoins à gommer de son logiciel les thèmes, fréquents chez Jean-Marie Le Pen, de l’antisémitisme et de la trivialisation de la seconde guerre mondiale, dont sa fille a compris qu’ils ne mobilisaient ni les électeurs ni, aujourd’hui, les militants. Outre les questions sociales, elle insiste donc sur ce qui fonde l’insécurité culturelle d’une partie de la population : le sentiment de désagrégation de la cohésion nationale, sous le poids de l’immigration de masse mais surtout de la supposée islamisation du pays. » Jean-Yves Camus, « Le Front national français : entre projet de normalisation démocratique et positionnement anti-système », dans Anuari del conflicte social 2012, Observatori del conflicte social, 2012, p. 501-507
  96. Sergiu Miscoiu, De l’antisémitisme foncier à la normalisation stratégique, le Front National à l’époque de Marine Le Pen, Holocaust Studii si cercetari, 2012, no 1-5.
  97. Michaël Fœssel, Marine Le Pen ou la captation des « invisibles », Esprit, 2012/2 (février), (ISBN 9791090270046).
  98. « Dérapages racistes : le FN exclut trois candidats », leparisien.fr, 3 décembre 2012.
  99. « FN : Gabriac bel et bien exclu », lejdd.fr, 27 avril 2011.
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  101. [PDF] Baromètre d'image du Front national, TNS Sofres, janvier 2013.
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  103. Jocelyn Evansa, Gilles Ivaldi, Forecasting the FN presidential vote in 2012, Macmillan Publishers Ltd, French Politics, 2012, Vol. 10-1, p. 44-67 ainsi que Gilles Ivaldi, « Vers un nouveau chauvinisme du welfare ? La transformation du programme économique du Front national (1984-2012) », dans Nouveau Front national en question 2013.
  104. Jérôme Fourquet et Alain Mergier (Fondation Jean-Jaurès), Enquête sur les ressorts du vote FN en milieux populaires, Le Monde, 26 octobre 2011.
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  106. François de Closets, interviewé par Patrice de Méritens, « Le programme du FN ? "Un catalogue clientéliste" », in Le Figaro Magazine, semaine du 27 décembre 2013, p. 28-31.
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  109. a, b, c, d et e Abel Mestre, Caroline Monnot, « Un nouveau «Monsieur ruralité» au Front national », Droites extrêmes, dans lefigaro.fr, 12 juillet 2012. Consulté le 12 juillet 2012.
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  116. Sylvain Crépon, « On s’approche du Front national sans Jean-Marie Le Pen », Fragments sur les temps présents, 10 mai 2013.
  117. Marion Ballet, « "Nouveau" FN, nouveaux affects ? Analyse émotionnelle comparée des discours électoraux de Jean-Marie et de Marine Le Pen » dans Nouveau Front national en question 2013.
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  119. « La candidature Le Pen validée par le FN », dépêche AFP reprise par Le Figaro, 16 mai 2011.
  120. « Sondages : Le Pen baisse mais ne s'inquiète pas », Le Journal du dimanche, 25 mai 2011.
  121. Marine Le Pen a présenté à Paris son projet présidentiel vidéo LCP Public Sénat.
  122. Marine Le Pen présente le plan de désendettement de la France et le chiffrage du projet vidéo
  123. « Marine Le Pen chiffre son projet présidentiel, l'Europe et l'immigration dans le viseur », Le Monde, 12 janvier 2012.
  124. « Marine Le Pen à la chasse aux signatures », L'Express, 12 janvier 2012.
  125. « Marine Le Pen saisit le Conseil d’État sur les parrainages », Le Point, 12 janvier 2012.
  126. Conseil constitutionnel, décision no 2012-233 QPC du 21 février 2012, Mme Marine Le Pen [Publication du nom et de la qualité des citoyens élus habilités ayant présenté un candidat à l'élection présidentielle]
  127. Rachida El Azzouzi, Michaël Hajdenberg, Mathilde Mathieu, Marine Turchi, « Parrainer le FN : des maires disent « plus jamais » », Mediapart, 23 janvier 2012
  128. « Parrainages : pourquoi le Front national rame autant »
  129. « "Je ne parrainerai plus jamais le FN !" », 6 février 2012, rmc.fr
  130. Propos d'un maire du Tarn-et-Garonne, cités par Laureline Dupont dans Marianne du 26 novembre au 2 décembre 2011
  131. Ph. M. et D.M., « Signatures de Marine Le Pen : UMP et PS croient à un bluff », 31 janvier 2012, Le Parisien
  132. LeParisien.fr avec AFP, « Parrainages : le PS opposé « à modifier la loi en cours de route » », 6 février 2012
  133. S.C., « Parrainages: Baroin veut que Le Pen "se débrouille toute seule" », France-Soir, 5 février 2012
  134. Jean-Claude Colliard, « Les parrainages à l'élection présidentielle par Jean-Claude Colliard », Les Nouveaux cahiers du Conseil constitutionnel, no 34,‎ janvier 2012
  135. Julien Martin, « FN : les vrais chiffres des parrainages », Le Nouvel Observateur, no 2468,‎ du 23 au 29 février 2012, p. 18
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  137. Faute de moyens, Marine Le Pen, candidate du Front national, annule son meeting d'Auxerre, lyonne.fr, 29 février 2012
  138. Décision Déclaration premier tour présidentielle 2012 du 25 avril 2012, consulté le 26/04/2012.
  139. Françoise Fressoz, « Les quatre failles d'une présidence », in Le Monde, mardi 1er octobre 2013, page 6.
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  141. « Hénin-Beaumont : rejet du recours de Marine Le Pen », Guillaume Perrault et Sophie de Ravinel pour Le Figaro, 7 juillet 2012
  142. « Procès des faux tracts: jugement le 3 avril prochain », L'Humanité, 6 février 2014
  143. Joseph Beauregard et Nicolas Lebourg, Dans l'ombre des Le Pen : Une histoire des numéros 2 du FN, Paris, Nouveau Monde, 396 p. (ISBN 978-2365833271)
  144. Pour préparer 2014, Marine Le Pen part à la conquête des "oubliés", Le Monde, 21 février 2013
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  146. Municipales : le FN à 6,75% selon les chiffres définitifs du second tour
  147. Municipales : ces 11 villes qui tombent aux mains du Front national
  148. AFP, « Européennes : FN et Ligue du Nord ensemble », sur Le Figaro.fr,‎ 24 janvier 2014 (consulté le 25 janvier 2014).
  149. Résultats des élections européennes 2014, Ministère de l'Intérieur (France)Ministère de l'Intérieur
  150. Européennes 2014 : le triomphe du FN, la claque de l'UMP, l'effondrement du PS, Le Nouvel Observateur, 25 mai 2014
  151. Pourquoi la manifestation anti-FN a timidement mobilisé, Le Monde
  152. « Le Pen défend sa «priorité nationale» », sur liberation.fr,‎ 22 février 2013 (consulté le 24 octobre 2013)
  153. Article du Monde : http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2011/11/20/le-fn-etablit-un-projet-global-autour-de-la-priorite-nationale_1606696_1471069.html
  154. Marine Le Pen : la "priorité nationale", c'est quoi au juste ? : http://www.linternaute.com/actualite/politique/marine-le-pen-la-priorite-nationale-c-est-quoi-au-juste-0213.shtml
  155. a, b, c et d Programme du FN concernant la laïcité : http://www.frontnational.com/le-projet-de-marine-le-pen/refondation-republicaine/laicite/
  156. MARINE LE PEN: «SI J'ÉTAIS PRÉSIDENTE» : http://www.parismatch.com/Actu/Politique/Marine-Le-Pen-presidentielle-153990
  157. Propositions de Marine Le Pen ayant des conséquences pour les musulmans : http://www.questionhalal.com/les-propositions-de-marine-le-pen-pour-la-communaute-musulmane/2012/02/17
  158. Marine Le Pen voit dans l'absence d'Aubry "un règlement de comptes" : http://www.lepoint.fr/politique/gouvernement-marine-le-pen-voit-dans-l-absence-d-aubry-un-reglement-de-comptes-16-05-2012-1462031_20.php
  159. Le Pen revendique un parti "professionnalisé" : http://www.lejdd.fr/Politique/Le-Pen-revendique-un-parti-professionnalise-628670
  160. Programme du FN concernant l'immigration
  161. Programme du FN concernant l'euro
  162. a, b et c Programme de Marine Le Pen : http://www.marinelepen.fr/wp-content/pdf/Programme.pdf
  163. Déclaration le 21 octobre à propos de l'espionnage américain : http://www.marinelepen.fr/2013/10/revelations-sur-lespionnage-americain-apres-des-annees-de-passivite-enfin-agir/
  164. Le Pen et Mélenchon défendent la licence globale : http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/le-pen-et-melenchon-defendent-la-licence-globale_282988.html
  165. « Démocratie, institutions et morale publique : Réformer la Constitution pour le retour de la démocratie », sur Front national.com,‎ 2013 (consulté le 25 décembre 2013).
  166. Geoffroy Clavel, « Le référendum d'initiative « populaire » voté mais toujours inapplicable », sur Le Huffington Post,‎ 21 novembre 2013 (consulté le 25 décembre 2013) : « Si tant est que le processus soit enclenché par les élus, les chances de réunir les signatures nécessaires sont « quasiment impossibles », tranche le constitutionnaliste Pascal Jan. La Constitution exige en effet qu'un électeur inscrit sur les listes électorales sur dix appuie une initiative pour qu'elle s'impose au Parlement. Soit… 4,5 millions de signatures. »
  167. Voir par exemple les ouvrages suivants : * L'extrême-droite en France: De Maurras à Le Pen, Volume 1, Ariane Chebel d'Appollonia, éditions Complexe, 1999. *Jean-Philippe Roy (politologue), « Programme économique et social du FN en France », in L'extrême droite en France et en Belgique (collectif), éditions Complexe, 1999. * Sylvain Crépon, La nouvelle extrême droite : enquête sur les jeunes militants du Front national, L'Harmattan, 2006. * Béatrice Giblin, L'extrême droite en Europe, La découverte, 2014. Citation : « La montée électorale, dès le début des années 1980, du Front national avait fait de la France une exception en Europe. Depuis, des États comme l’Autriche et la Belgique ont aussi connu la percée de partis politiques d’extrême droite ».
  168. Nicolas Lebourg, Marine Le Pen est-elle d'extrême droite ?, Le Nouvel Observteur, 2 mai 2012 « Malgré leur divergences, les Le Pen fille et père se rattachent au même courant interne de l'extrême droite : celui du national-populisme. »
  169. Nicolas Lebourg, Joël Gombin, Stéphane François, Alexandre Dézé, Jean-Yves Camus et Gaël Brustier, Le FN, un national populisme, Le Monde, 7 octobre 2013 , « La dynastie Le Pen incarne un courant bien spécifique de l’extrême droite : le national-populisme, qui s’est cristallisé lors de la vague boulangiste (1887-1889) et constitue depuis la tendance la plus classique de l’extrême droite en France »
  170. a, b et c Interview avec Grégoire Kauffmann, publiée dans L'Express n° 3283 du 4 juin 2014 (lire en ligne une retranscription)
  171. « Le FN est bien d'extrême droite... Quarante hommes politiques affirment qu'ils continueront d'utiliser cet épithète. », Libération,‎ 19 juin 1996 (lire en ligne)
  172. « Marine Le Pen : "Le fait d'affubler le FN du terme d'extrême droite est une bavure intellectuelle" », sur rtl.fr,‎ 3 octobre 2013 (consulté le 12 octobre 2013)
  173. a et b « Pour Marine Le Pen, le FN n'est pas d'extrême droite », sur leparisien.fr,‎ 3 octobre 2013 (consulté le 12 octobre 2013)
  174. « Marine Le Pen conteste l'étiquette «extrême droite» accolée au FN », sur lefigaro.fr,‎ 2 octobre 2013 (consulté le 12 octobre 2013)
  175. « Le FN est-il d'extrême droite? 57 % des Français pensent que oui selon un sondage YouGov », sur huffingtonpost.fr,‎ 8 octobre 2013 (consulté le 12 octobre 2013)
  176. Jean-Guy Prévost, L’extrême droite en Europe : France, Autriche, Italie, Montréal, Éditions Fides,‎ 2004, 134 p. (ISBN 978-2762125993), p. 28
  177. « Marine Le Pen, la présidentielle et le brin de muguet », Le Point, 1er février 2011.
  178. Gaétan Supertino, « Le Pen a raison, elle n'est pas d'extrême gauche », sur lexpress.fr,‎ 2 février 2012 (consulté le 31 mai 2013)
  179. « En parvenant à se frayer un chemin dans la mémoire ouvrière locale, en dénonçant avec virulence le « capitalisme sauvage mondialisé », l'Europe « passoire » incapable de freiner les délocalisations et l'immigration, en proposant de troquer une solidarité ethnique contre l'ancienne solidarité de classe, le FN parvient à capitaliser adroitement le vote des perdants de la mondialisation. » Crépon 2012 [EPUB] emplacement 5390 sur 5611.
  180. Christophe Guilluy, interviewé par Albert Zennou, « Guilly : la bipolarisation droite-gauche n'existe plus en milieu populaire », in Le Figaro, samedi 20 / dimanche 21 juillet 2013, page 20.
  181. Reynié : Le Pen peut atteindre 30 % de Dominique Reynié sur lejdd.fr du 9 avril 2011
  182. Notre siècle, 1988, Fayard
  183. « Marine Le Pen : "Le FN est le parti patriote" », sur rtl.fr,‎ 13 octobre 2013
  184. « Marine Le Pen : dites Front national ou "parti patriote" », sur videos.tf1.fr,‎ 13 octobre 2013.
  185. « Pour M. le Pen, “le populisme vaincra le pipolisme” de M. Sarkozy », Le Monde, 14 janvier 2008.
  186. Jean-Marie Le Pen, dans son discours à l'université d'été 2004 du Front national, affirme que son parti est « souverainiste depuis le jour même de sa création en 1972 »
  187. « Entretien avec Pierre Milza », Outre-Terre 2/2003 (no 3), p. 15-17
  188. Brian Jenkins (éd.), France in the Era of Fascism. Essays On The French Authoritarian Right, Berghahn Books, 2005, p. 201.
  189. Lionel Jospin, 27 octobre 2007, Émission Répliques, France culture.
  190. Cambadélis : le FN n'est pas "fasciste", RTL, 9 octobre 2013
  191. Mélenchon relaxé après avoir traité Marine Le Pen de « fasciste », Le Monde, 10 avril 2014
  192. « Le FN a présenté les grandes lignes de son programme économique pour 2012 », Le Parisien,‎ 8 avril 2011 (lire en ligne)
  193. « Le Pen : protections aux frontières et sortie de l'euro », Le Figaro,‎ 8 avril 2011 (lire en ligne)
  194. http://www.frontnational.com/le-projet-de-marine-le-pen/autorite-de-letat/immigration/
  195. « Le FN, de l'admiration pour Reagan à la dénonciation de la toute-puissance américaine », Le Monde,‎ 1er novembre 2011 (lire en ligne)
  196. « Marine Le Pen patauge encore dans l'économie », Marianne,‎ 8 avril 2011 (lire en ligne)
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  205. Droite, extrême-droite, les amitiés particulières Sur le site mediatheque.territoires-memoire.be
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  216. Christian Delporte, Une histoire de la séduction politique, Flammarion, 2012, 380 p. (ISBN 9782081276918) [EPUB] (ISBN 9782081283176), emplacement 3300 sur 5611.
  217. Christian Delporte précise : « Je ne dis pas qu'il s'agit d'un mot d'ordre du Front national. Mais c'est le fait de groupes d'activistes, qui sont extrêmement réactifs. À la moindre actualité politique, ils sont immédiatement les premiers à laisser un commentaire, et cela n'a rien d'un hasard. » Cité par Pauline de Saint Remy, Comment le Front national tisse sa toile, lepoint.fr, 10 mars 2011.
  218. AFP, « FN : Jean-Marie Le Pen "obéit" à sa fille et quitte le parti pan-européen », sur http://www.rtl.fr/, RTL,‎ 7 novembre 2013 (consulté le 9 novembre 2013)
  219. Emmanuel Daniel, « Le Front national veut partir à la conquête de l'Europe », sur slate.fr,‎ 21 juin 2012 (consulté le 5 novembre 2012)
  220. Conseil national du Front National
  221. Congrès du Front national
  222. Emmanuel Galiero, « Un groupe à Strasbourg et un congrès en novembre », Le Figaro, no 21710,‎ 25 mai 2014, p. 5 (lire en ligne)
    « La prochaine étape importante se déroulera à Lyon en novembre. « Après les élections européennes, nous entrons dans une nouvelle phase, celle de notre XVe congrès », explique Marine Le Pen. »
    La version mise en ligne sur le site Lefigaro.fr est titrée « Les nouveaux horizons du FN : un groupe à Strasbourg et un congrès en novembre ».
  223. Camus 1997, p. 252, ainsi qu'Erwan Lecoeur (dir.), Dictionnaire de l'extrême droite, Paris, Larousse, 2007 (ISBN 978-2035826220), p. 50.
  224. Émilie Cabot, « Alain Delon lâché par les siens », in lejdd.fr, 10 octobre 2013.
  225. « Brigitte Bardot votera Marine Le Pen qui "a dédiabolisé" le FN », in nouvelobs.com, 19 avril 2013.
  226. « Soutien au FN : Roucas se dit victime de «discrimination» professionnelle », in leparisien.fr, 19 octobre 2013.
  227. « Exclusif. Le “coming out” d’Aymeric Chauprade au FN », in valeursactuelles.com, 13 septembre 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie sur le Front national ou sur ses membres
Voir aussi les bibliographies mentionnées dans les articles sur Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen.
Bibliographie sur la droite ou l'extrême droite

Filmographie[modifier | modifier le code]

Films dont tout ou partie du sujet concerne le Front national :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie dédiée à ce sujet : Front national.

Liens externes[modifier | modifier le code]