Othon Friesz

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Achille-Émile Othon Friesz, dit Othon Friesz, né le au Havre et mort le à Paris, est un peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Atelier d'Othon Friesz rue Notre-Dame-des Champs à Paris de 1914 à 1949.

Fils d’un capitaine, Friesz est, avec Georges Braque et Raoul Dufy, l’élève de Charles Lhuillier à l’École municipale des beaux-arts du Havre[1]. Une bourse lui permet d’entrer à l’École des beaux-arts de Paris dans l'atelier de Léon Bonnat en 1897[2], mais il préfère se former en fréquentant le musée du Louvre[3].

D’abord influencé par les impressionnistes[4], puis par Vincent van Gogh et Paul Gauguin[5], quelques-unes de ses toiles sont exposées, au Salon d'automne de 1905[6], avec des œuvres d'Henri Matisse, Albert Marquet et Henri Manguin. Les aplats de couleurs éclatantes et la nervosité du dessin donnent la sensation au spectateur de pénétrer dans une « cage aux fauves[7] ». C’est le début du fauvisme dont il va devenir l’un des représentants[8].

À l’été 1906, il effectue un séjour à Anversavec Georges Braque, travaillant sur les mêmes sujets[9], puis, l’année suivante, à l’Estaque et La Ciotat, transposant sur leurs toiles la lumière du Midi[10]. De retour à Paris, tandis que Braque élabore avec Pablo Picasso qu’il vient de rencontrer, les fondements du cubisme[11], Friesz poursuit un naturalisme influencé par Cézanne[12] et réalise des paysages, des natures mortes et des marines plus traditionnels, tout en conservant de sa période fauve l’énergie du trait et le goût affirmé pour la couleur et les contrastes forts.

En 1912, il ouvre son premier atelier en Normandie[13] puis, de retour à Paris en 1919, il voyage dans le Jura et en Italie et commence à enseigner le dessin à l'Académie de la Grande Chaumière en 1921[14]. En 1937, il réalise la décoration du Palais de Chaillot avec Dufy[15].

Outre ses peintures, il produit un grand nombre de dessins, de gravures et de lithographies. Il a eu, entre autres, pour élèves Jacques Bouyssou, Jacques Busse, Jean Cortot et Michaël Loew à l’Académie de la Grande Chaumière[16].

De 1914 à son décès en 1949, il occupe un atelier au no  73 rue Notre-Dame-des-Champs à Paris.

Othon Friesz est inhumé au cimetière du Montparnasse à Paris (27e division)[17]. Sa tombe est ornée de son portrait en médaillon en bronze par Paul Belmondo.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

Élèves[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gilberte Martin-Méry, Évelyne Baroux, Béatrice Touton, Raoul Dufy 1877-1953 : exposition, Galerie des Beaux-Arts, Bordeaux, 2 mai-1 septembre 1970, Bordeaux, Galerie des Beaux-Arts, 1970, 73 p.
  2. Bruno Gaudichon, Joséphine Matamoros, Annette Haudiquet, Othon Friesz‬ : le fauve baroque, 1879-1949 : exposition présentée du 17 février au 20 mai 2007, à Roubaix, à la Piscine-musée d’art et d’industrie André Diligent, du 23 juin au 30 septembre 2007 ; à Céret, au Musée d’art moderne, du 20 octobre 2007 au 27 janvier 2008 ; au Havre, au Musée Malraux, Paris, Gallimard, 2007, 295 p., p. 24, (ISBN 9782070118762).
  3. Maïthé Vallès-Bled, Dufy en Méditerranée, Souyri, Éditions Au fil du temps ; Sète : Musée Paul Valéry, 2010, 211 p., p. 172, (ISBN 9782918298038).
  4. Maïthé Vallès-Bled, Dufy en Méditerranée, Souyri, Éditions Au fil du temps ; Sète : Musée Paul Valéry, 2010, 211 p., p. 172, (ISBN 9782918298038).
  5. Jean Jacques Lévêque, Les Années de la Belle Époque‬ : 1890-1914, Courbevoie, ACR Édition, 1991, 725 p., p. 474, (ISBN 9782867700484).
  6. Nathalia Brodskaya, Les Fauves, New York, Parkstone International, 2012, 200 p., p. 125, (ISBN 9781780427843).
  7. Maximilien Gauthier, Othon Friesz ‬: avec une biographie, une bibliographie et une documentation complète sur le peintre et son œuvre, Genève, P. Cailler, 1957, 160 p., p. 140, (OCLC 3569190).
  8. Sylvie Douche, Correspondances inédites à des musiciens français‬ : 1914-1918, Paris, L'Harmattan, 2012, 304 p., p. 213, (ISBN 9782296996885).
  9. Isabelle Monod-Fontaine, Braque ‬: ‪œuvres de Georges Braque, 1882-1963, Paris, Centre Georges Pompidou, Musée National d'Art Moderne, 1982, 223 p., p. 18, (ISBN 9782858501489).
  10. Suzanne Pagé, Le Fauvisme ou « l'épreuve du feu » : éruption de la modernité en Europe, Paris, Musée d'art moderne de la ville de Paris, Éditions des musées de la Ville de Paris, 1999, 491 p., p. 18, (ISBN 9782879004631).
  11. Nicole Worms de Romilly, Georges Braque, Jean Laude, Braque, le cubisme : fin 1907-1914, Paris, Maeght, 1982, 308 p., p. 34, (OCLC 9283561).
  12. René Huyghe, Germain Bazin, Histoire de l’art contemporain : la peinture, New York, Arno Press, 1968, 536 p., p. 167, (OCLC 1143644).
  13. Jean Cathelin, Gabrielle Gray, Hommes et cités de Normandie, Paris, Éditions du Sud et A. Michel, 1965, 264 p., p. 227, (OCLC 491376272).
  14. Russell T. Clement, Les Fauves, Westport, Greenwood Publishing Group, 1994, 683 p., p. 561, (ISBN 9780313369551).
  15. Marc Gaillard, Paris, les années folles au temps de Colette, Étrepilly, Presses du village, 2004, 216 p., p. 146, (ISBN 9782914700160).
  16. Adrian M. Darmon, Autour de l’Art Juif, Encyclopédie des peintres, photographes et sculpteurs, Carnot, 2003, p. 258, 336 p.
  17. Marie-Laure Pierard, Le Cimetière Montparnasse : son histoire, ses promenades, ses secrets, Paris, M. Dansel, 1983, 286 p., p. 220, (ISBN 9782903547103).

Articles connexes[modifier | modifier le code]