Shanghai

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Shanghai (fr)
上海 (zh)
Dans le sens des aiguilles d'une montre : Pudong, jardin Yuyuan, pavillon de la Chine, rue de Nankin et Bund.
Dans le sens des aiguilles d'une montre : Pudong, jardin Yuyuan, pavillon de la Chine, rue de Nankin et Bund.
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Statut administratif Municipalité autonome
Secrétaire du PCC Han Zheng
Maire Yang Xiong
Code postal 200000 - 202150[1]
Indicatif 021[1]
Démographie
Population 23 019 148 hab. (2010)
Densité 3 631 hab./km2
Population de l'agglomération 16 831 900 hab. (2008)
Géographie
Coordonnées 31° 13′ 56″ N 121° 28′ 09″ E / 31.232327, 121.46909531° 13′ 56″ Nord 121° 28′ 09″ Est / 31.232327, 121.469095  
Superficie 634 000 ha = 6 340 km2
Localisation

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Liens
Site web www.shanghai.gov.cn

Shanghai (chinois : 上海 ; pinyin : Shànghǎi ; littéralement : « sur la mer » prononciation ; shanghaïen : zanhe) est la ville la plus peuplée de Chine (en population urbaine). Elle constitue aussi l'une des plus grandes mégapoles du monde avec plus de 23,5 millions d'habitants (2012)[2]. Elle est située sur la rivière Huangpu près de l'embouchure du Yangzi Jiang, à l'est de la Chine.

L'émergence de la ville comme centre financier de l'Asie-Pacifique, au XIXe siècle et au XXe siècle, s'est faite dans la douleur, avec l'occupation étrangère de la ville pendant plusieurs décennies. Dans les années 1920 et 1930, Shanghai a été le théâtre d'un formidable essor culturel qui a beaucoup contribué à l'aura mythique et fantasmatique qui est associée à la ville depuis cette époque[3].

Après la fondation de la République de Chine et la guerre sino-japonaise (1937-1945), l'avènement de la République populaire de Chine a muselé la ville économiquement et culturellement, considérée comme un foyer de bourgeois et de dépravation, jusqu'à ce que Deng Xiaoping en 1992 décide de promouvoir le développement de la ville. Il semble aujourd'hui que la ville soit en passe de retrouver la place de centre financier de l'Asie qu'elle occupait auparavant. Sa croissance à deux chiffres, les 18,9 millions d'habitants de sa région urbaine[4], sa mutation cosmopolite et son essor culturel, l'appellent à devenir une métropole mondiale aux côtés de New York, Londres, Tokyo ou Paris. Elle a accueilli l'Exposition universelle de 2010.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La transcription « Shanghai » est souvent prononcée /ʃɑ̃.gaj/ ou /ʃɑ̃n.gaj/ en français (et on voit même les graphies Shangaï[5], Changaï et Chang-Hai[6]), mais en chinois mandarin le nom 上海 se prononce shàng hǎi /ʂɑŋ.xaɪ/ /avec tonèmes ʂɑŋ˥˩.xaɪ˨˩˦ /. En dialecte shanghaïen, le nom de la ville se prononce zanhe /zɑ̃he/.

Au temps de la concession française, le nom français de la ville s'écrivait « Changhaï »[7] en cohérence avec la transcription de l'EFEO.

Les deux sinogrammes dans le nom « Shanghai » (, shàng ; et , hǎi) signifient littéralement « sur, au-dessus de » et « mer » . La première apparition de cette dénomination remonte à la dynastie Song (XIe siècle), époque à laquelle il existe déjà une confluence et une ville à cet endroit. Il existe des différends sur la façon dont ce nom doit être interprété, mais l'histoire locale officielle a toujours dit que cela signifie « le cours supérieur de la mer ». À cause du changement du littoral, les historiens chinois ont conclu que, durant la dynastie Tang, Shanghai était littéralement sur la mer, d'où l'origine du nom[8]. Une autre lecture, en particulier en mandarin standard suggère également le sens de « aller sur la mer », qui est cohérent avec le statut de port de la ville. Un nom plus poétique pour Shanghai intervertit l'ordre des deux caractères, Hǎishàng (海上), et est souvent utilisé pour les termes liés à l'art et la culture de Shanghai.

Shanghai est communément abrégée en chinois par (). Ce caractère apparaît sur toutes les plaques d'immatriculation des véhicules provenant de la ville. Il est dérivé de Hu Du (沪渎), le nom de l'ancien village de pêche qui se tenait pendant la dynastie Tang au confluent de la rivière Suzhou et de la rivière Huangpu[8]. Le sinogramme Hu est souvent combiné avec le sinogramme Sōng () (de l'ancien nom de la rivière Suzhou) pour former le surnom Sōng Hù (淞沪). Par exemple, l'attaque japonaise de Shanghai en août 1937 est communément appelée la Bataille de Songhu. Un autre ancien nom pour Shanghai était Hua Ting (华亭), qui est maintenant le nom d'un luxueux hôtel de la ville[8]. Un autre surnom commun est Shēn () qui vient du nom de Chunshen Jun (春申君), un noble et héros local du royaume de Chu au cours du IIIe siècle av. J.-C., dont le territoire incluait Shanghai. Les équipes sportives et les journaux utilisent souvent le sinogramme Shēn () dans leurs noms. Shanghai est également appelée Shēnchéng (申城, « la cité de Shēn »). En Occident, Shanghai est également surnommée la « Perle de l'Orient » ou le « Paris de l'Orient ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Shanghai est située sur la rivière Huangpu, et se compose donc de deux parties distinctes, Puxi et Pudong (qui signifient respectivement à l'ouest et à l'est du Pu). La ville s'est développée tout d'abord exclusivement à Puxi mais depuis 1990[Quand ?], sous l'impulsion du gouvernement, Pudong est devenu une zone de construction de hautes technologies où les entreprises et autres gratte-ciels se multiplient.

L'avenue Nanjing (cinq kilomètres) fut autrefois la grande artère de la concession dite étrangère. Elle est considérée maintenant comme le vrai centre de Shanghai et elle offre souvent dans sa partie ouest, près du fleuve, le spectacle d'une indescriptible cohue de piétons.

Le paysage urbain se transforme rapidement depuis quelques années. Des quartiers entiers, comme celui de Dun Hui Fang, sont rasés pour être reconstruits. Les expulsions concernent des dizaines de milliers de personnes depuis le milieu des années 1990 et un total de 20 millions de mètres carrés d'habitations ont été démolis[9]. Les habitants reçoivent en échange de leur départ une compensation dérisoire et sont confrontés aux méthodes violentes et illégales des sociétés de démolition ou de la police[9].

Géologie[modifier | modifier le code]

Pudong
Vue du Musée des sciences et des technologies de Shanghai

Shanghai est situé dans un vaste delta, formé par l'embouchure du fleuve Yangzi Jiang qui se jette dans la mer de Chine orientale. Les basses terres qui se trouvent des deux côtés du fleuve sont composées de lœss d'alluvions, qui est formé par les sédiments du Yangzi. Construit de boue, sillonné de canaux et de barrages, le delta est l'une des zones les plus fertiles de Chine, et également son principal fournisseur de coton.

La formation de la terre est probablement due au remplissage d'une ancienne partie de la mer, et les nombreuses petites montagnes sur les îles de la région étaient à l'origine de vraies îles. La formation du delta a renvoyé Shanghai, une ville portuaire à l'origine construite sur la mer, à 30 km à l'intérieur des terres.

Climat[modifier | modifier le code]

Shanghai bénéficie d'un climat subtropical humide. Les étés sont très chaud et humides et les hivers sont doux mais peuvent être parfois froid. En été les températures peuvent facilement dépasser les 35°C avec un taux d'humidité très important qui donnera un ressenti indice de chaleur pouvant dépasser les 45°C de plus les température baissent peu la nuit. De fortes averses très chaudes peuvent se produire, combinées à des températures élevées. Le record de chaleur connu dans la ville est de 40.8°C le 7 août 2013, enregistré à l'aéroport international, et le record de froid est de -12.1°C le 19 Janvier 1893.

Relevé météorologique de Shanghai (période 1981-2010)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2,1 3,7 6,9 11,9 17,3 21,7 25,8 25,8 22,4 16,8 10,6 4,7 14,1
Température moyenne (°C) 5,1 6,9 10,4 15,7 21,1 24,8 29 28,7 25,2 19,9 14 7,9 17,4
Température maximale moyenne (°C) 8,1 10,1 13,8 19,5 24,8 27,8 32,2 31,5 27,9 22,9 17,3 11,1 20,6
Record de froid (°C) −10,1 −7,9 −5,4 −0,5 6,9 12,3 16,3 18,8 10,8 1,7 −4,2 −8,5 −10,1
Record de chaleur (°C) 22,1 27 29,6 34,3 35,5 37,5 39 39,9 38,2 34 28,7 23,4 39,9
Ensoleillement (h) 114,3 119,9 128,5 148,5 169,8 130,9 190,8 185,7 167,5 161,4 131,1 127,4 1 775,8
Précipitations (mm) 74,4 59,1 93,8 74,2 84,5 181,8 145,7 213,7 87,1 55,6 52,3 43,9 1 166,1
Nombre de jours avec précipitations 9,9 9,2 12,4 11,2 10,4 12,7 11,4 12,3 9,1 6,9 7,6 7,7 120,8
Humidité relative (%) 74 73 73 72 72 79 77 78 75 72 72 71 74
Source : China Meteorological Administration [10]

Subdivisions administratives[modifier | modifier le code]

La municipalité de Shanghai est un territoire administratif ayant le statut de province : elle comprend plusieurs villes dont Shanghai et compte environ 23 millions d'habitants dans son agglomération (en chinois : chengqu) d'après le recensement de 2010. Shanghai comptait 16,7 millions d'habitants en 2000[4]. La municipalité de Shanghai exerce sa juridiction sur dix-huit subdivisions : seize districts et un xian.

Huit districts sont situés dans le quartier de Puxi, zone urbaine centrale de Shanghai à l'ouest du Huangpu :

Un district gouverne le quartier de Pudong, à l'est du Huangpu :

  • le nouveau district de Pudong - 浦东新区 Pǔdōng Xīn Qū (xian de Chuansha avant 1992), qui a fusionné avec le district de Nanhui (南汇区 Nánhuì Qū, xian de Nanhui avant 2001) en 2009

Les sept districts restants correspondent à des banlieues, à des villes satellites et à des zones rurales éloignées du centre urbain :

L'île de Chongming, située dans l'estuaire du Yangzi Jiang (Chang Jiang), est gouvernée par un seul xian :

Ces districts et xian sont eux-mêmes divisés (en 2003) en 220 subdivisions de niveau canton, comprenant 114 bourgs, 3 cantons et 103 sous-districts.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

À l'origine port modeste et village de tisserands, Shanghai ne semblait pas promise à pareil essor cosmopolite.

Shanghai ne s'est pas toujours appelée Shanghai. Jusqu'à la dynastie Sui (581-618), c'était le village de Hua Ting(華亭鎮). Elle est devenue la préfecture de Huating avant de prendre son nom actuel sous la dynastie Song (960-1234).

Étant donnée sa situation stratégique à l'embouchure du Yangzi Jiang, au centre de la Chine, et la proximité avec des villes aux productions artisanales réputées (Suzhou, Hangzhou), Shanghai est devenue très tôt un centre d'échanges économiques importants.

Présence étrangère[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Concessions étrangères en Chine.
La rue de Nankin à la fin du XIXe siècle
Rue de Shanghai vers 1925

Cependant, ce n'est qu'après les guerres de l'opium et la présence étrangère que le développement économique de la ville a pris l'envergure qui a fait sa réputation. Pendant la première guerre de l'opium, les forces britanniques ont temporairement tenu la ville. Américains et Français suivront, précédant les Russes et les Japonais. La guerre a cessé en 1842 avec le traité de Nankin, établissant l'ouverture commerciale des ports chinois, dont Shanghai. Les Britanniques vainqueurs y aménagent l'un des cinq ports ouverts qui leur seront alors concédés. Avec le traité du Bogue, en 1843, et le traité sino-américain de Wangxia, en 1844, des nations étrangères ont eu le droit de s'établir sur le territoire chinois : c'est le début des concessions étrangères.

La petite enclave française de Shanghai s'est établie sur une zone marécageuse en 1849. Elle fut à la fois un havre pour les réfugiés de toutes les nationalités et un lieu de culture et de plaisirs.

Avec la révolte des Taiping en 1850, Shanghai fut occupée par une triade associée au mouvement appelé Société des Petites Épées. La guerre faisant rage dans les campagnes, de nombreux Chinois se réfugièrent dans la ville, qui leur était théoriquement inaccessible : en 1854, de nouvelles lois permirent aux Chinois d'y acquérir des terrains, provoquant une inflation immobilière. Cette année-là eut également lieu la première réunion du conseil municipal de Shanghai, afin de gérer les concessions étrangères établies de facto. En 1863, les concessions américaine et britannique se rejoignirent pour former la Concession internationale, alors que les Français établirent leur propre concession.

En mars 1854, l'empire chinois a signé un accord avec les Européens présents dans les concessions leur demandant de construire rapidement de nombreux logements, une grande partie de la ville ayant été détruite par une révolte[11]. C'est ainsi que se construiront les lilongs, jusqu'en 1949.

Jeu, opium et prostitution sont alors les activités les plus lucratives de cette ville qualifiée alors de « plus grand bordel du monde ». Son parrain le plus connu, Du Yuesheng, menait ses trafics en collaborant étroitement avec la police de la concession française.

Après la guerre sino-japonaise de 1894-1895, le traité de Shimonoseki permit aux Japonais de s'ajouter aux forces occupantes. Ils établirent à Shanghai les premières usines de la ville.

Cette période d'occupation a profondément marqué l'identité culturelle de la ville, tout en contribuant dans les années 1920 et 1930 à l'essor des arts, cinéma, théâtre, et la naissance du premier groupe de jazz chinois. En 1920, on y recensait un million d'habitants, dont vingt six mille huit cents étrangers de nationalités diverses. Ils façonnèrent les rues à leur goût, mêlant les styles néogothique, classique, victorien, Art déco... La chanteuse et actrice Zhou Xuan, fille de Weiwei Wang, était sans doute la figure la plus emblématique de cette période. C'est aussi à Shanghai que fut créé le Parti communiste chinois en 1921 et qu'ont été organisées les premières grèves ouvrières. La plupart, coolies et ouvriers, demeurèrent dans la pauvreté et vinrent grossir les rangs du Parti communiste chinois. En 1927, dans le cadre de l'expédition du nord de pacification de la Chine, les ouvriers chinois, mobilisés par les communistes, prirent Shanghai aux seigneurs de la guerre avant même l'arrivée des troupes gouvernementales. Tchang Kaï-chek, inquiet de la mobilisation réussie par les communistes, décida de se retourner contre ses alliés et lança les triades contre les ouvriers, déclenchant le massacre de Shanghai, qui signa le début de la guerre civile chinoise.

Sous le régime de la République de Chine, Shanghai devint une ville spéciale en 1927, et une municipalité en mai 1930. Elle fut alors le centre financier de l'Asie, où les dollars mexicains par exemple s'échangeaient en masse après la crise boursière de 1929. La marine japonaise bombarda la ville le 28 janvier 1932, officiellement pour réprimer les protestations étudiantes ayant suivi l'incident de Mandchourie, déclenchant la « guerre de Shanghai ».

Enfant chinois pleurant dans les décombres après le bombardement de la ville par l'aviation japonaise, le 28 août 1937.

À compter du mois d'août 1937, à l'aube de la seconde guerre sino-japonaise, Shanghai fut soumise par la marine et l'armée nippones à une série de bombardements qui entraînèrent la mort et l'évacuation de plusieurs milliers de civils. Disposant de forces terrestres et navales bien supérieures à l'armée chinoise, les troupes impériales prirent possession de la ville en novembre (bataille de Shanghai), puis se dirigèrent vers Nankin où elles se livrèrent à un terrible carnage (massacre de Nankin).

Poste d'observation chinois durant la bataille de Shanghai.

Selon les travaux de l'historien Zhiliang Su, au moins 149 « maisons de confort » hébergeant des esclaves sexuelles furent établies à Shanghai pendant l'occupation nipponne[12].

En 1938, Shanghai fut considérée comme le cinquième port mondial[13]; les plus grandes firmes occidentales y étaient désormais représentées.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Shanghai devint temporairement un centre pour les réfugiés d'Europe : c'était alors la seule ville ouverte inconditionnellement aux Juifs. En 1941, sous pression de leurs alliés nazis, les Japonais reçurent les réfugiés juifs dans un ghetto, où les maladies pullulaient[14],[15]. L'immigration juive fut finalement stoppée par les Japonais le 21 août 1941.

Les Japonais prirent le contrôle total des concessions le 8 décembre 1941. Durant l'occupation japonaise, les citoyens des pays Alliés travaillant pour l'administration municipale demeurèrent à leur poste jusqu'en février 1943, date à laquelle ils furent internés.

Entre 1942 et 1945, sous l'effet combiné de la corruption du Gouvernement de Nankin et de l'occupation japonaise, le nombre de banques atteint 300, soit le double de celui de 1936[16].

Durant la guerre, le conseil municipal des concessions étrangères fut aboli deux fois, à quelques mois d'intervalle, par deux gouvernements ennemis. En février 1943, le gouvernement du Royaume-Uni signa avec la République de Chine un traité acceptant le principe d'une rétrocession. En juillet de la même année, les Japonais rétrocédèrent le conseil municipal au gouvernement collaborateur de Wang Jingwei. Après la guerre, une commission de liquidation fut mise en place pour gérer la rétrocession à la République de Chine.

Les huit années d'occupation, puis la victoire, en 1949, de Mao Zedong sur les troupes du général Tchang Kaï-chek précipitèrent le déclin de la ville.

Glaciation communiste[modifier | modifier le code]

Après la victoire des communistes, la ville a été considérée comme le symbole du capitalisme étranger, elle sommeillait, et le monde l'avait presque oubliée, avant d'être revalorisée à la suite du mouvement de réformes de Deng Xiaoping.

Autrefois tête de pont des puissances coloniales dans une Chine agonisante, Shanghai est devenue le premier centre industriel du pays, en même temps que l'une des plus grandes métropoles du monde.

Pendant la Révolution culturelle, Shanghai connut des troubles politiques et sociaux : à la fin décembre 1966, la municipalité fut renversée. Les plus importantes grèves de l'histoire de la ville[17] paralysèrent la vie économique. Les rebelles et les gardes rouges désiraient mettre en place un système semblable à la Commune de Paris. Le bilan de la Révolution culturelle fut considérable : 150 000 logements furent confisqués rien qu'à Shanghai[18]. Entre 1968 et 1976, un million de Shanghaiens furent ruralisés de force[19].

Renaissance de la « Perle de l'Orient »[modifier | modifier le code]

Vue de Pudong.

Au début des années 1990, en une décennie, la « perle de l'Orient » est redevenue un centre économique de première importance, qui compte en 2005 pour 20 % de la production industrielle nationale pour seulement 1,5 % de la population. Elle se destine aujourd'hui à devenir le centre financier de la Chine, grâce au quartier de Lujiazui.

Le 26 février 2002, Chen Liangyu (46 ans) a été élu maire de Shanghai par les délégués de la cinquième session du 11e Congrès du peuple de la Municipalité de la grande métropole de l'Est de la Chine. Il est ensuite devenu Secrétaire du Parti de la Municipalité autonome en octobre 2002, à la place de Huang Ju. Ce poste particulièrement important va habituellement de pair avec un siège au Bureau politique du Parti. C’est le cas pour Chen Liangyu depuis le XVIe Congrès du Parti communiste chinois. En septembre 2006, Chen Liangyu est limogé à la suite d'un scandale de corruption.

Avant cela, le 3 décembre 2002, la métropole chinoise a été désignée pour organiser l'Exposition universelle de 2010, qui se tient donc, pour la première fois depuis 151 ans, dans un pays en voie de développement. Depuis l'Exposition universelle de 2010, rien ne semble arrêter le développement de Shanghai. Parmi les grandes métamorphoses, le district de Pudong dont la superficie devrait doubler dans les cinq prochaines années, passant de 520 km² à 1 210 km². Avec la création d'un jardin digne de Central Park et un opéra prévu pour 2015, ce quartier d'affaires veut aussi devenir le poumon vert de la ville et un temple de la culture. Sur les dix nouvelles lignes de métro qui desserviront Shanghai en 2012, cinq passeront par ce district. Le réseau, 510 kilomètres au total, se hissera alors parmi les trois plus longs du monde.

En 2013 y survient l'apparition de l'influenzavirus A sous-type H7N9.

Le maire actuel de Shanghai s'appelle Yang Xiong[20].

Clique de Shanghai[modifier | modifier le code]

La clique de Shanghai est le nom donné à un groupe d’officiels du Parti communiste chinois qui ont dû leur promotion à leur appartenance à l’administration municipale de Shanghai sous l’égide de l’ancien maire de Shanghai et président Jiang Zemin[21].

Démographie[modifier | modifier le code]

La population de la municipalité de Shanghai est de 23 019 148 habitants[22]. D'après la population totale de la municipalité, Shanghai est la seconde plus grande municipalité de la République populaire de Chine, après Chongqing[23] et devant Pékin[24]. En RPC, une municipalité (直辖市 en pinyin: zhíxiáshì) est une ville avec un statut équivalent aux provinces chinoises. Le recensement de 2000 positionnait la population de Shanghai à 16,738 millions, dont 3,871 millions de migrants. Par rapport au recensement de 1990, la population totale avait augmenté de 3,396 millions d'individus, soit une croissance de 25,5 %. Les hommes représentent 51,4 % et les femmes 48,6 % de la population. 12,2 % des Shanghaïens sont âgés de 0 à 14 ans, 76,3 % entre 15 et 64 et 11,5 % ont plus de 65 ans.

Selon le Bureau municipal des statistiques de Shanghai, la ville comptait 133 340 étrangers en 2007[25]. On compte également un nombre important d'habitants de Taïwan qui résident à Shanghai pour les affaires (entre environ 350 000 et 700 000). En 2009, les communautés sud-coréennes à Shanghai atteignaient 70 000 ressortissants[26].

En 2006, l'espérance de vie était de 80,97 ans (78,67 pour les hommes et 82,29 pour les femmes)[27]. Le revenu moyen annuel des résidents de Shanghai, basé sur les trois premiers trimestres de 2009, est de 21 871 yuans[28].

Économie[modifier | modifier le code]

Shanghai la nuit
Shanghai la nuit

Histoire économique[modifier | modifier le code]

La ville a longtemps été l'un des principaux centres de production textile de la République populaire de Chine. Les autres secteurs manufacturiers importants comprennent la fabrication de produits chimiques et pharmaceutiques, les véhicules (notamment des navires), les machines, l'acier, le papier et les produits d'impression. En outre, la ville produit à grande échelle des systèmes électriques et électroniques ainsi que des équipements tels que les ordinateurs, les radios et les appareils photo.

Avec le début de réformes économiques chinoises au début des années 1980, Shanghai a d'abord été dépassé par certaines provinces du sud, telles que Guangdong. Avec le début des années 1990, grâce à l'action du gouvernement par l'intermédiaire de Jiang Zemin, les investissements ont fortement augmenté à Shanghai, dans le but d'établir un nouveau centre économique en Asie orientale.

Hong Kong constitue le principal rival de Shanghai dans le titre honorifique de plus grand centre économique en Chine. Hong Kong possède l'avantage d'une plus grande expérience, notamment dans le secteur bancaire. Shanghai a des liens plus étroits avec l'arrière-pays chinois et le gouvernement central de Pékin. De plus, Shanghai possède plus de terrains pour accueillir les nouveaux investissements, alors qu'à Hong Kong, l'espace est très limité.

Fondée en 1990 à Shanghai, la Bourse de Shanghai représente aujourd'hui la bourse la plus importante en Chine continentale. Depuis 1991, la croissance économique à Shanghai est à deux chiffres. La ville est donc la seule région de Chine dans ce cas sur une telle durée. La croissance économique annuelle à Shanghai est actuellement d'environ 12 %. Le PIB pour 2006 s'élève à 1,03 billions de yuans (environ 128,8 milliards de dollars). Le PIB par habitant était d'environ 7 000 dollars (la moyenne chinoise se situe à 1 800 dollars) et constitue le troisième plus élevé du pays, derrière Hong Kong et Macao. En 2010, le PIB par habitant est prévu à 10 000 dollars[29].

En 1984, à Anhui, une coentreprise avec le constructeur automobile Volkswagen constitue la première usine automobile construite avec une marque occidentale. Volkswagen Shanghai représente une part de marché d'environ 60 % sur les véhicules étrangers en Chine, ce qui est en baisse constante en raison d'une concurrence accrue. Les droits d'importation élevés sur les voitures étrangère les rendent encore plus chères. Ainsi, après l'adhésion à l'OMC de la République populaire de Chine, la conférence de l'APEC en 2001 a réduit progressivement les droits à l'importation.

Programme économique officiel[modifier | modifier le code]

Shanghai traduit l'envol économique de la Chine. Un dollar sur vingt du PIB chinois provient de cette ville et 1/5 des exportations du pays - qui ont augmenté de 500 % en valeur réelle entre 1992 et 2008 - transite par sa zone portuaire.

Le 5 août 2002, le nouveau maire de Shanghai, Chen Liangyu a déclaré qu'il voulait « faire de sa ville, dans les trois années à venir, le centre du marché financier intérieur, des circulations des capitaux et de gestion de fonds, et l'un des centres financiers internationaux les plus importants pour une durée de dix à vingt ans. »

Cela dépend directement de la réforme du système financier chinois, encore très archaïque, mené par les autorités centrales de Pékin.

Présence étrangère[modifier | modifier le code]

Actuellement, on compte plus de 50 000 étrangers dans la métropole chinoise, en plus d'environ 300 000 Taiwanais. Ces travailleurs étrangers sont principalement originaires du Japon, des États-Unis, de la Corée du Sud, de Singapour, de l'Allemagne, de la France et du Canada. La plupart d'entre eux travaillent dans des sociétés à capital permanent à l'étranger ou dans le cadre de missions à l'étranger.

Immobilier[modifier | modifier le code]

Un technicien sur l'un des nombreux gratte-ciel de Shanghai.

Une maquette géante de la ville est visible au musée de l'urbanisme sur la Place du Peuple. Elle donne une idée de la valeur de prestige accordée au développement immobilier à Shanghai.

Il y aurait actuellement 5 000 tours, dont 120 gratte-ciels de plus chaque année, et 20 000 chantiers permanents[réf. nécessaire]. Le World Financial Center, en est l'exemple le plus éclatant, avec ses 492 mètres de hauteur, il est le plus haut bâtiment de Chine. En 2006, un appartement de la Tomson Riviera, située à Pudong, s'est vendu pour 190 millions de yuans, soit environ 19 millions d'euros[9].

Toutefois, il convient d'ajouter un bémol face à cet engouement spéculatif. Le taux d'occupation des bureaux est très bas dans la ville. Certains analystes redoutent une bulle immobilière comparable à la bulle japonaise des années 1980. En Chine, l'immobilier est une des activités les plus opaques, ce qui explique la fragilité du secteur qui pourrait éclater si la croissance économique montre des signes de ralentissement. Enfin, la multiplication des gratte-ciel fait peser un danger sur le sol de la ville. Les spécialistes constatent que depuis 1921, le sol de la métropole s'affaisse[30] à une vitesse estimée à 1,5 cm par an[31]. Un tiers des affaissements des constructions dans le centre-ville est dû à ces grandes tours, d'après le Bureau de la planification de la ville de Shanghai[30].

Limites du développement économique[modifier | modifier le code]

Shanghai est également un centre important de raffineries de pétrole. La plus grande aciérie de Chine, et l'une des plus modernes, se situe à Baoshan, en bord de mer. La ville est donc sujette à une pollution importante sous la forme de nuages de fumée de soufre que les usines émettent en permanence. Environ quatre millions de tonnes d'eaux usées industrielles et domestiques non filtrée sont versées quotidiennement dans la rivière Huangpu, la principale source d'eau potable de la ville, et dans le canal de Suzhou dont les eaux sont fréquemment noires et nauséabondes. Un autre problème est le chômage, qui est supérieur à Shanghai par rapport à d'autres grandes villes du pays.

Enseignement[modifier | modifier le code]

L'Université Fudan est l'une des universités de premier plan en République populaire de Chine. Elle a été fondée par le jésuite Joseph Ma Xiangbo en 1905 sous le nom de Collège catholique Fudan. Ma Xiangbo lui donne ce nom d'après une citation des classiques confucéens. En 1917, elle est transformée en université privée. Au début de la guerre anti-japonaise en 1937, l'université est transférée à Chongqing, à l'intérieur de la Chine. Elle prend son nom actuel en 1946 quand elle revient à Shanghai. Elle fusionne avec l'université l'Aurore en 1952, après le départ des jésuites.

L'École normale supérieure de l'Est de la Chine, ou plus simplement ECNU, est l'une des plus prestigieuses universités en Chine. Fondée en 1951 à Shanghai, elle fut la première école normale supérieure de la République populaire de Chine. Le premier établissement sino-américain d'enseignement supérieur - Université de New York à Shanghai (NYU Shanghai) – a été cocréé par l'Université de New York et l'ECNU.

L'Université Tongji est l'une des plus célèbres universités chinoises de Shanghai. Elle a été fondée en 1907 à l'initiative du Consul Général allemand Wilhelm Knappe comme une école allemande médicale et dirigée par le médecin Erich Paulun. En 1923, elle devient une université et en 1937 elle est déménagée à cause de la guerre, d'abord dans la province de Zhejiang. Lorsque le front approche, elle déménage vers la province de Jiangxi, puis Yunnan, et plus tard même pour le Sichuan. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle revient de nouveau à Shanghai, en 1946.

L'Université des études internationales de Shanghai est une institution importante dans le pays. Elle est issue de l'Institut des langues étrangères de Shanghai, fondé en 1949. Depuis 1983, l'Université entretient une coopération active avec l'Université de Heidelberg. Depuis 2002 il existe un programme allemand des affaires, qui a été conçu conjointement avec l'Université de Bayreuth.

Voici une liste des autres principaux institut et universités présentes à Shanghai :

Culture[modifier | modifier le code]

Langue[modifier | modifier le code]

La langue officielle de Shanghai, comme dans l'ensemble de la Chine est le mandarin. Cependant, la langue parlée est, dans le delta du Yangzi Jiang (长江) et les régions environnantes, le wu. La variété parlée à Shanghai est le shanghaïen. Les campagnes de promotion du mandarin et la scolarité effectuée exclusivement en mandarin conduisent à un recul progressif de l'usage du dialecte. Celui-ci reste cependant largement utilisé dans la communication informelle. Il est à noter dans le domaine de la communication informelle le basculement du shanghaïen vers le mandarin chez la jeune génération de Shanghaïens, qui ne maîtrise guère plus la langue locale, ou de façon erratique.

Monuments célèbres[modifier | modifier le code]

Dans le centre de Shanghai, près de l'hôtel de ville et de la rue de Nankin se trouvent le Musée de Shanghai, l'opéra de Shanghai et le Centre d'exposition de la planification urbaine de Shanghai.

Au cœur de la vieille ville, le jardin Yuyuan (ou jardin du madarin Yu) est le plus beau jardin chinois traditionnel de Shanghai.

Le long de la rivière Huangpu se trouve le Bund d'où l'on peut voir le quartier d'affaires de Pudong et ses gratte-ciels dont les plus hauts sont la Perle de l'Orient, la Jin Mao Tower et le Shanghai World Financial Centre. La Tour Shanghai, qui devrait ouvrir au public en 2015, est le plus haut gratte-ciel de Chine.

Maison du thé (Lao Shanghai)

En ce qui concerne les religions asiatiques, on trouve trois principaux temples : le temple de Jing'an, le temple du Bouddha de jade et le temple du dieu de la ville, ce dernier se situant près du jardin Yuyuan.

Vue de la cathédrale Saint-Ignace

Plusieurs églises catholiques sont situées à l'intérieur de la ville, comme la cathédrale Saint-Ignace, l'église Saint-Joseph, l'église Saint-François-Xavier, l'église orthodoxe Saint-Nicolas et l'église Saint-Pierre mais également assez loin en dehors de l'agglomération, avec la basilique de She Shan. Shanghai est la ville où l'on voit le plus d'églises catholiques. Notre-Dame-de-Lourdes est l'une des cent dix églises catholiques de Shanghai. Construite en 1897 dans l'est de la ville par les jésuites, elle a été rénovée récemment (2010).[réf. nécessaire]

Mosquée Xiaotaoyuan

Shanghai comporte également plusieurs mosquées, dont la plus ancienne est probablement la Mosquée Songjiang de Shanghai (松江清真寺). On peut également citer les mosquées Xiaotaoyuan (上海小桃园清真寺), Huxi (上海沪西清真寺), Pudong (上海浦东清真寺), Route Fuyou (上海市福佑路清真寺)[32].

Enfin, certains ponts sont remarquables, comme le pont de Nanpu et le pont de Yangpu, qui se situent parmi les plus longs du monde avec respectivement plus de 400 m et plus de 600 m de portée. Le pont de Lupu, quant à lui, est le deuxième plus long pont en arc du monde, avec 550 m de portée.

Spécialités culinaires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cuisine shanghaienne.

La cuisine de Shanghai est en en partie tournée vers les fruits de mer et les poissons d'eau douce, du fait de sa position géographique. Ainsi, le crabe poilu de Shanghai (shàng hǎi máo xiè, 上海毛蟹) est une célèbre spécialité délicate, prisée pour les qualités aphrodisiaques des ovaires du crabe femelle.

Cette cuisine se caractérise par l'utilisation du vin de cuisine qui sert à mariner les poissons ou le poulet. Une fois saoulée, la viande est cuite rapidement ou servie crue. Une autre particularité de la cuisine dans cette région est l'utilisation à quantité presque égale du sucre et de la sauce soja. Bien qu'abondamment utilisé, le sucre ne donne pas de goût particulièrement sucré aux plats, mais sert à rehausser le goût, comme par exemple dans les « travers de porc en sauce aigre-douce » 'táng cù páigǔ, 糖醋排骨).

La cuisine de Shanghai est également réputée pour la cuisson « braisée en rouge » (hóng shāo, 紅燒), qui consiste à faire cuire à feu doux viandes et légumes. L'utilisation de sauce soja ou de sucre permet alors d'obtenir la fameuse couleur rouge.

Bouchées à la vapeur (小笼包 / 小籠包, xiǎo lóng bāo)

Les habitants de la ville de Shanghai sont réputés pour manger de petites portions. Par exemple, les bouchées à la vapeur (小笼包 / 小籠包, xiǎolóng bāo) sont beaucoup plus petites que leurs cousines baozi (包子) que l'on trouve ailleurs en Chine.

Voici une liste de spécialités de la cuisine de Shanghai :

  • Le « pigeon braisé de Huangshan » (huángshān dùn gēzi, 黄山炖鸽子)
  • Le « porc en forme de tête de lion » (shīzi tóu, 狮子頭)
  • Le « poulet du mendiant » (jiào huà jī, 叫化鸡) est un plat réputé où un poulet est enveloppé dans des feuilles de lotus et cuit au four dans un pain d’argile
  • Le « gâteau de nouvel an » (nián gāo, 年糕) est servi pour le Nouvel an chinois
  • Le petit déjeuner (cí fàn tuán, 糍饭团) est parfois consommé avec du lait de soja.
  • Les nouilles tirées (拉面 / 拉麵, lā miàn) à la technique de confection spectaculaire, proviennent originellement de la minorité musulmane Hui de Lanzhou, chef-lieu de la province du Gansu.
  • Les pains farcis à la pâte dure remplie de porc (shēng jiān mán tóu, 生煎饅頭) : bouchées garnies à la vapeur, remplies de soupe
  • Poisson entier à la vapeur (dòu chǐ zhēngyú, 豆豉蒸魚)
  • Crevettes aux noix (hétáo xiārén, 核桃虾仁)
  • Boulettes de porc en forme de « perles » (zhēnzhū ròuwàn, 珍珠肉丸)
  • Feuilletés farcis salées ou sucrées (蟹壳黄)
  • Le gâteau aux noix glacé (核桃冰糕)
  • Le gâteau glutineux aux pâtes de sésame et sucre (双酿团)

Arts[modifier | modifier le code]

  • L'École de Shanghai désigne un vaste mouvement de renouveau culturel qui s'est développé à Shanghai de 1840 à 1920, dans un contexte d'ouverture au reste du monde mais aussi imprégné de références aux cultures anciennes. Ces pratiques artistiques, « caractérisées par la libération du trait et l’irruption de la couleur » [33], ont servi de diverses manières au mouvement moderne chinois [34].
  • Parallèlement à Pékin, Shanghai est un foyer d'activités culturelles de plus en plus proche de standards occidentaux : la Biennale de Shanghai, les galeries d'art contemporain comme Shanghart, Eastlink, Island6, Artscene Warehouse, M50, the MD Gallery en sont quelques exemples.
  • Opéra de Shanghai

Et aussi : musée national de Shanghai, Musée de Shanghai, musée des Beaux-Arts de Shanghai, centre de sculpture de Shanghai, musée Lu Xun de Shanghai (dans le parc Lu Xun), le Mémorial du siège du 1er Congrès du Parti communiste chinois de Shanghai.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Shanghai est le lieu de naissance de l'industrie cinématographique du cinéma chinois[35].

Shanghai, ville de cinéma, a inspiré les cinéastes. Quelques films où le décor de Shanghai à diverses époques joue un rôle majeur.

Sports[modifier | modifier le code]

Shanghai possède d'importantes infrastructures sportives. Le Stade de Shanghai peut ainsi accueillir 80 000 personnes et constitue le troisième plus grand stade en Chine[36]. Il a été utilisé au cours des jeux olympiques d'été de 2008 pour accueillir plusieurs matchs du tournoi de football. Le stade de Hongkou compte quant à lui 31 000 places.

En 2005, la SMP subventionne un vaste chantier pour construire le plus grand Skate Park au monde: le SMP Park (ou SMP Skate Park). Ce dernier, d'une superficie totale de 13 700 m2 regroupe 4 zones de glisse dont une zone de compétition vaste de 2 000 m2 visant à accueillir des compétitions internationales.

La ville organise également chaque année les Masters de Shanghai, une compétition de tennis masculin, qui fait partie des Masters 1000 de l'ATP World Tour depuis 2009, au même titre que les Masters de Madrid, Masters de Monte-Carlo ou encore Masters de Paris-Bercy. Chaque année, les meilleurs joueurs de tennis mondiaux se retrouvent donc en octobre pour s'affronter dans la salle du Qizhong Forest Sports City Arena.

Depuis 2010, Shanghai accueille également la seconde étape de la Ligue de diamant avec le meeting Shanghai Golden Grand Prix. Cette ligue réuni les meilleurs athlètes du monde qui, au cours de 14 meeting dans le monde, s'affrontent pour engranger le plus de points possibles et gagner en fin de saison un diamant de 4 carats d'une valeur d'environ 80 000 dollars.

La ville possède également plusieurs clubs sportifs professionnels qui évoluent dans les principales compétitions sportives du pays :

Transports[modifier | modifier le code]

Le métro de Shanghai comprend en 2010 12 lignes (lignes 1 à 11 et ligne 13 ; il n'y a pas encore de ligne 12) en fonctionnement, complet ou partiel, qui sont en service pour l’Exposition universelle de 2010 qui se tient dans la ville.

Volkswagen Santana Taxi à Shanghai

Shanghai s'enorgueillit de son métro flambant neuf mais aussi de ses 650 km de routes à grande vitesse.

Deux lignes de chemin de fer se croisent à Shanghai : Pékin-Shanghai (京滬) et Shanghai-Hangzhou (滬杭).

Depuis le 1er janvier 2004, une ligne de Transrapid, un train à sustentation magnétique, relie la ville au nouvel aéroport international de Pudong[37]. Ce train est ainsi la ligne commerciale la plus rapide au monde (431 km/h).

La 2e compagnie aérienne chinoise est basée sur cet aéroport : China Eastern Airlines.

L'aéroport international de Shanghai-Hongqiao qui se trouve à Puxi (l'Ouest du Pu), dans le quartier de Hongqiao, autrefois principal aéroport, aujourd'hui majoritairement consacré aux vols intérieurs et aux vols internationaux avec les villes voisines : Séoul, Tokyo etc. Il est relié à l'aéroport international de Pudong[37] par la ligne 2 du métro qui le dessert depuis 2010.

Le 1er décembre 2005 a été inauguré le plus long pont du monde, le pont de Donghai qui relie la ville au nouveau port en eau profonde sur les îles Yangshan.

Un moyen de transport très répandu à Shanghai est le taxi. En effet, la ville est remplie de milliers de taxis et les chauffeurs sont adeptes d'un modèle en particulier, la Volkswagen Santana. Elle est robuste et très facile d'entretien. Cependant, la production de ce modèle va s'arrêter en 2012 et les Santana Taxi de Shanghai seront peu à peu remplacées par un autre modèle, la Volkswagen Lavida.

En 2010 a été inauguré le pôle Hongqiao (le premier pôle multimodal de transports au monde), comprenant le terminal 2 de l'aéroport international de Shanghai Hongqiao et la gare de Honqiao, où se croiseront les lignes de TGV CRH Shanghai-Pékin, Shanghai-Hangzhou, Shanghai-Nankin et Shanghai-Chengdu (en construction). Cette nouvelle gare de Hongqiao est une des principales gares desservant la métropole de Shanghai, avec la gare de Shanghai, la gare sud de Shanghai et la gare ouest de Shanghai.

Depuis le 31 décembre 2009, Shanghai possède également un tramway.

Port[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Port de Yangshan.

Après avoir dépassé le port de Rotterdam en 2003, celui de Hong Kong en 2004, et celui de Singapour en 2005, Shanghai est devenu le port le plus actif du monde, aussi bien en termes de tonnage total traité qu'en nombre de conteneurs[38]. Le port est très engorgé, malgré l'ouverture de l'avant-port de Yangshan, avec une croissance annuelle de son trafic de 30 % : en 2008, Shanghai enregistrait un trafic de 508 millions de tonnes, contre 650 millions de tonnes en 2010. La croissance du trafic conteneurisé a été plus faible avec 28 millions d'EVP (Équivalent Vingt Pieds) en 2008 contre 29 millions en 2010.

Une bonne partie du trafic s'effectue avec l'intérieur du pays, par les 5 000 kilomètres navigables du Yangzi Jiang : les bateaux peuvent aller de Shanghai jusqu'à Chongqing.

Ne pouvant plus s'étendre, en 2000/2001, il fut décidé de construire un nouveau port en eau profonde sur les îles Yangshan au large de Shanghai. Ce nouveau port devant être relié au quartier de Guoyuan par un pont gigantesque — le pont de Donghai — le plus long du monde ondulant en pleine mer sur pas moins de 32,5 kilomètres avant d'atteindre son objectif, afin de suivre les hauts-fonds capables de soutenir les fondations.

S'il s'agit d'un pont, pas moins de 470 piliers, et 15 portuaires, ont été posés dont certains à cent mètres de profondeur, d'un coût de 14 à 15 milliards d'euros.

Selon le quotidien financier The Financial Times, daté du 3 juillet 2006, l'opérateur public du port de Shanghai, le Shanghai International Ports Group, voudrait à présent s'étendre à l'étranger, via des acquisitions en Europe, en Asie et aux États-Unis. L'un des responsables de son conseil d'administration a cependant reconnu que les projets pourraient se heurter à des oppositions politiques.

Relations internationales[modifier | modifier le code]

Shanghai est jumelée avec les villes suivantes :

Shanghai a des partenariats avec les villes ou régions suivantes :

Galerie photographique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Codes postaux et téléphoniques de la municipalité de Shanghai, (en) China Zip Code/ Telephone Code, ChinaTravel
  2. http://www.populationdata.net/index2.php?option=pays&pid=43&nom=chine
  3. « Chine Informations, Shanghai ».
  4. a et b Yves Guermond, La Chine, Paris, Belin,‎ 2007 (ISBN 9782701139807), p. 67.
  5. Shangaï est la transcription anglaise selon le système « Wade-Giles » du nom chinois.
  6. Voir par exemple le Petit Larousse illustré
  7. « présence policière et militaire française à Changhaï » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-26
  8. a, b et c (en) Eric N. Danielson, Shanghai and the Yangzi Delta,‎ 2004, p. 8-9.
  9. a, b et c Brice Pedroletti, « Shanghaï : les dessous sales du capitalisme rouge », dans Le Monde du 23/10/2006, [lire en ligne]
  10. http://cdc.cma.gov.cn/dataSetLogger.do?changeFlag=dataLogger
  11. Pascal Amphoux, Lilongs de Shanghai, Institut de Recherche sur l'Environnement construit, Lausanne, 1987 disponible en ligne [PDF]
  12. « 149 comfort women houses discovered in Shanghai », Xinhua, 16 juin 2005.
  13. The Unwanted: European Refugees from the First World War through the Cold War, Michael Robert Marrus, Temple University Press, 2002, p. 180
  14. Exposition : Les Juifs réfugiés à Shanghai, 2005, Fondation pour la Mémoire de la Shoah
  15. Les réfugiés juifs polonais dans le ghetto de Shanghai, United States Holocaust Memorial Museum
  16. Passivity, Resistance, and Collaboration: Intellectual choices in Occupied Shanghai, Poshek Fu, Stanford University Press, 1993, p. 125
  17. Marie-Claire Bergère, La Chine de 1949 à nos jours, Paris, Armand Colin, 2000, p.127
  18. Collectif, Le Livre noir du communisme, Paris, Robert Laffont, 1998, p.615
  19. Collectif, Le Livre noir du communisme, Paris, Robert Laffont, 1998, p.628
  20. http://french.peopledaily.com.cn/Chine/8117916.html
  21. Marie-Claire Bergère Histoire de Shanghai.
  22. (en) « Chiffres clés du recensement de la population en 2010, Bureau national de statistique »
  23. (en) « Chongqing Municipal Government - Demographics »
  24. (en) « Beijing's population exceeds 22 million » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-26
  25. (en) « Expat Evolution: Is Shanghai's full-package expat going extinct? », sur City Weekend Guide (consulté le 31 mai 2010).
  26. (zh) « 在华居住韩国人达百万 北京人数最多达二十万 », sur Xinhuanet.com,‎ 2009 (consulté le 31 mai 2010).
  27. (en) « Shanghai Basic Facts », sur Shanghai Municipal Statistics Bureau (consulté le 31 mai 2010).
  28. (en) « Average income hits 21,871 yuan » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-26.
  29. (en) China Daily: Shanghai 2006 GDP exceeds 1 trillion yuan
  30. a et b « Shanghai croule sous le poids des gratte-ciel », dans Courrier international du 09-01-2009, [lire en ligne]
  31. Pierre Gras, Le temps des ports. Déclin et renaissance des villes portuaires (1940-2010), Tallandier,‎ 2010 (ISBN 978-2-84734-675-6), p.236
  32. (en) « Mosques in Shanghai », Shanghai highlights (consulté le 12 mai 2014)
  33. Expression empuntée au dossier de presse de l'exposition L'École de Shanghai, du Musée Cernuschi en 2013.
  34. Exposition au Musée Cernuschi 8 Mars - 30 Juin 2013, dossier de presse en ligne, catalogue.
  35. Le cinéma de Shanghai
  36. (en) « World Stadiums - Stadiums in China » (consulté le 9 mai 2010).
  37. a et b Site web de l'aéroport de Pudong
  38. (en) « Shanghai Surpasses Singapore as World's Busiest Port as Trade Volumes Jump », Bloomberg News,‎ 08 janvier 2011 (consulté le 14 décembre 2011)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rachel Delcourt, Shanghai l'ambitieuse : Portrait de la capitale économique chinoise, éditions de l'Aube,‎ 2010, 58e éd. (ISBN 9782815900577).
  • Sous la direction de Nicolas Idier, Shanghai : histoire, promenades, anthologie et dictionnaire, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ 2010, 1e éd., 1536 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]