Barbentane

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Barbentane
Vue de Barbentane
Vue de Barbentane
Blason de Barbentane
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Bouches-du-Rhône
Arrondissement Arles
Canton Châteaurenard
Intercommunalité Communauté d'agglomération Rhône Alpilles Durance
Maire
Mandat
Jean-Louis Ichartel
2014-2020
Code postal 13570
Code commune 13010
Démographie
Gentilé Barbentanaise, Barbentanais
Population
municipale
3 899 hab. (2011)
Densité 144 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 54′ 01″ N 4° 44′ 55″ E / 43.9002777778, 4.7486111111143° 54′ 01″ Nord 4° 44′ 55″ Est / 43.9002777778, 4.74861111111  
Altitude 51 m (min. : 12 m) (max. : 167 m)
Superficie 27,13 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.barbentane.fr

Barbentane est une commune française, située dans le département des Bouches-du-Rhône en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Barbentanais.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Géographiquement, Barbentane est située sur la rive sud de la Durance et à quelques kilomètres à l'est du Rhône.

Les communes les plus proches sont Rognonas, Saint-Pierre-de-Mézoargues, Boulbon et Graveson, dans les Bouches-du-Rhône, Aramon, Vallabrègues, dans le Gard, et Avignon, dans le Vaucluse. À proximité d'un plateau rocheux, la commune s'étend sur quelques kilomètres en une zone basse plate et des basses collines sur lesquelles les maisons sont situées.

Climat[modifier | modifier le code]

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

La commune est limitrophe d'Avignon, donc à proximité d'un échangeur avec l'A7. Situé sur la D35 qui longe le Rhône en direction de Beaucaire et Tarascon et le traverse par la D402 (direction Aramon), ainsi que la N570 qui se dirige vers Avignon.

Géologie[modifier | modifier le code]

D'un point de vue géologique, deux parties composent sa surface :

  • au nord et à l'est, face au village actuel, la grande plaine qui date du quaternaire récent. Elle est constituée par les alluvions modernes du Rhône et de la Durance. La nappe phréatique est située à un mètre de profondeur d'une terre très riche et intensément cultivée qui ne comporte ni galet, ni gravier ;
  • à l'ouest et au sud, le massif de la Montagnette est formé par deux soulèvements. Le premier datant du Néocomien (-70 millions d’années), l'autre du Miocène (10 de millions d’années environ).

Le point culminant se situe dans la Montagnette et jette son summum à 167 mètres. Barbentane occupe une superficie de 2 713 hectares, dont la moitié environ pour la Montagnette. Le massif total de la Montagnette couvre 6 000 hectares. C'est dans ces collines, largement cultivées aux siècles passés et maintenant intensément boisées, que poussent les champignons dit « rosés de Barbentane ».

Barbentane compte actuellement 3 711 habitants, assez diversement éparpillés entre la plaine et le village ; seule la Montagnette échappe à l'urbanisation malgré quelques essais sauvages.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

À l'origine, trois sites distincts d'habitation se trouvaient sur le territoire. Le plus ancien est Fretta, qui a disparu vers le VIe siècle, mais dont le nom a perduré sous la forme de Frigolet. Les deux autres sites, Bellinto et Barbentane, sont beaucoup mieux connus.

Aux abords du site de Fretta, des fouilles faites en 1957 ont permis de découvrir dans un puits funéraire un os humain de chasséen (pariétal droit, Ve millénaire av. J.-C.)) au milieu de divers silex et ossements d'animaux (près du quartier des Carrières).

Les Ligures sont le plus ancien peuple dont on a conservé le nom. Au fil du temps, ils s'associent avec les Celtes, qui donnent les Celto-Ligures. C'est de ces Celto-Ligures que vient le nom de Bellinto (Bel signifiant « bac » et linto « barque à fond plat ») à l'endroit où un bac permettait de franchir la Durance.

Ce nom de Bellinto est écrit pour la première fois en 333 sur l'itinéraire de Bordeaux à Jérusalem. Mais bien avant cette date, Bellinto existait déjà et il est probable que le plus illustre de ses occupants de cette période fut Marius. Ce général romain avait établi son camp dans la Montagnette avant d'aller écraser les Cimbres et les Teutons dans la plaine de Pourrières (près d’Aix-en-Provence) en 102 avant Jésus-Christ.

Vient ensuite l'époque de la Pax Romana, qui dure quatre siècles, et dont il reste de nombreux vestiges (sarcophages, fondations dans le haut du village, etc.)

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Dessin et descriptif de la Tour Anglica, construite au XIVe siècle à Barbentane sur ordre du cardinal Anglic de Grimoard, frère d'Urbain V, Archives départementales de Vaucluse

À ce temps de paix succède celui des invasions. Les Alamans, les Vandales, les Wisigoths, les Burgondes, les Ostrogoths, les Francs, les Lombards, Normands et les Sarrasins se succèdent.

C'est à partir du IXe siècle que l'on trouve les premières traces écrites de Barbentane. Malgré son apparition tardive, ce nom très ancien signale probablement une source au pied d'une barre rocheuse. Déjà chez les Ligures, la syllabe ar désigne l'eau et tan, la falaise ; de plus les préfixes barva ou borvo sont très répandus dans toute l'Europe. L'étymologie de Barbentane serait donc à rapprocher des villes thermales telles que La Bourboule, Barbotan-les-Thermes, etc.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, l'orthographe était Barbantane, avec un "a" ; aujourd'hui on écrit Barbentane avec un "e".

1133 signale le premier seigneur connu, Guillaume de Barbentane, dont le descendant direct, le marquis Henri de Puget de Cabassole du Réal de Barbentane, est toujours barbentanais. Ce Guillaume habitait la maison des Chevaliers qui fut terminée en 1178. Terre frontalière, Barbentane est alternativement fief du royaume de France et du Saint-Empire romain germanique. Elle en profite également car c'est un lieu de passage : un bac permettant de traverser la Durance est attesté en 1178[1]. Il fusionne avec celui de Rognonas vers 1450[2].

La papauté, en s'installant à Avignon au XIVe, permet de clarifier la situation. Outre tous les avantages qu'ils peuvent tirer de la situation, allègement ou exemption pure et simple des charges et des taxes, ils bénéficient d'un embellissement architectural du village. Fortifications rehaussées, agrandissement de l'église datant de la même époque que la maison des Chevaliers, construction de la tour Anglica en 1364-1365. Cette tour, du nom de l'évêque Anglic de Grimoard, qui n'était autre que le frère du pape Urbain V, fut érigée pour la modique somme de 4 000 florins[réf. nécessaire].

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Révolution française[modifier | modifier le code]

Lors de la Révolution française, le curé de Barbentane, qui était jureur, fut jeté pieds et poings liés dans la Durance lors de la Terreur blanche de 1795.

De la Révolution datent de solides traditions politiques familiales, qui sont républicaines ou monarchistes/conservatrices. Ce n'est que depuis la fin des guerres coloniales que les Barbentanais peuvent s'exprimer politiquement à titre individuel sans pour cela se faire bannir de leur famille[réf. nécessaire].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Barbentana selon la norme classique et Barbentano selon la norme mistralienne.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Barbentane anciennes

Blasonnement :

Armes anciennes : « De gueules, à une tour d'argent, maçonnée de sable. »[3]


Armes de Barbentane actuelles

Blasonnement :

Armes actuelles : « De gueules à une tour d'argent maçonnée de sable, parti d'azur à une salamandre contournée d'or hors de sa patience, la tête couronnée et grimpante contre un F de même tourné à dextre. »

Ce blason remonte à la première moitié du XVIe siècle. Le F est l'initiale du roi François Ier et la salamandre son emblème personnel.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
mars 2001 en cours Jean-Louis Ichartel    

Jumelages[modifier | modifier le code]

Barbentane est jumelée avec Drapeau de la Suisse Saillon (Suisse).

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 899 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 309 2 005 2 212 2 475 2 700 2 926 2 955 3 053 3 051
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 210 3 132 3 213 3 148 2 947 2 851 2 884 2 797 2 787
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 681 2 619 2 607 2 404 2 511 2 581 2 432 2 425 2 427
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
2 616 2 795 2 864 3 201 3 273 3 643 3 660 3 711 3 791
2011 - - - - - - - -
3 899 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Distinctions culturelles[modifier | modifier le code]

Barbentane fait partie des communes ayant reçu l’étoile verte espérantiste, distinction remise aux maires de communes recensant des locuteurs de la langue construite espéranto.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Les deux grands pôles économiques de Barbentane furent, dès l'origine, l'agriculture et les carrières de pierres.

Sa grande plaine alluvionnaire permet une agriculture intense et de grande qualité, essentiellement basée, aux temps historiques, sur une culture autarcique (blé, fèves, etc.). Puis vient l’époque de la culture de la garance, première vraie culture industrielle. Il faut 1 000 Barbentanais et 600 travailleurs immigrés pour récolter cette plante. Sa culture est de courte durée et s’effondre en quelques années à l’apparition des colorants chimiques. Toutefois, la construction de la ligne impériale de chemin de fer reliant Paris à Marseille via Lyon (le PLM) dans les années 1840 permet de remplacer la garance par les « primeurs ». En effet, les terres ayant été aplanies et irriguées, il ne reste plus qu’à planter des cyprès pour se protéger du mistral et se lancer dans la culture de ces nouveautés. L’ensoleillement méditerranéen conjugué à la présence d'une eau à très faible profondeur et en quantité abondante, et l’irrigation avec l’eau du canal des Alpines, ont fait naître une agriculture variée de fruits (pommes, poires, pêches, etc.) et de légumes (haricots, aubergines, tomates, courgettes, etc.). La gare ferroviaire de Barbentane, point de jonction avec la ligne de chemin de fer venant de Plan-d'Orgon (Bouches-du-Rhône), est pendant assez longtemps la première gare primeurs de France. Les agriculteurs, en pratiquant un assolement triennal, continuent leur activité l'hiver avec la cueillette des olives et des amandes dans la Montagnette, et la culture des salades, des choux et des épinards dans la plaine.

Une variété d'aubergine porte le nom d'« aubergine longue et violette dite de Barbentane » ; une variété de figue rustique mais succulente est dite « noire de Barbentane » ; il existe aussi une rose, de couleur rouge cerise, qui porte le nom de « comtesse de Barbentane ».

L'éperon rocheux sur lequel est juché le village est exploité par les carriers depuis longtemps. La pierre de Barbentane a été utilisée par la construction du village et des éléments architecturaux d'Avignon et des villages environnants.

Les immenses vides laissés par cette extraction au sein du village même, ont été économiquement utilisés par les habitants. Barbentane possède donc deux quartiers presque exclusivement troglodytes encore entièrement habités de nos jours.

Ces deux activités économiques sont grandes utilisatrices de main-d'œuvre et, à celle d'autochtones, s'est ajoutée une forte immigration latine (Italie, Espagne) depuis des temps très anciens et a perduré jusqu'aux années 1960. Depuis cette époque, l'immigration est essentiellement d'origine maghrébine.

L'intégration sociale de tous ces étrangers est assez notable pour être relatée. Lors de leur arrivée, les nouveaux venus s’installent au plus haut du village dans le quartier le plus ancien (datant du Bas Moyen Âge) aux habitats des plus rustiques. Au fur et à mesure de leur intégration, ils descendent vers les habitations techniquement plus modernes, situées dans la plaine. Au passage, ils entretiennent et rénovent constamment cette partie du village. Actuellement, ce sont des nouveaux immigrés venus de France métropolitaine (Paris, Nord de la France, etc.), qui arrivent.

Aujourd'hui, les carrières de pierre ont complètement disparu et l'agriculture a perdu de sa primauté dans l'activité principale du village. La culture provençale, elle, reste bien vivante.

Comme ailleurs, il était d’usage courant de donner des surnoms (lieu de résidence, métier, action remarquable, etc.) pour différencier les gens qui avaient souvent le même nom de famille. Les Barbentanais étaient surnommés Li Broument, mot provençal signifiant « beaucoup » et utilisé seulement à Barbentane.

Barbentane possède sa spécialité culinaire, « les Tirettes ». Faites en pâte spéciale, elles se dégustent au déjeuner des dimanches et des jours de fêtes.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Paysage[modifier | modifier le code]

La Montagnette est le nom d'une colline de l’ère secondaire (néocomien, soit 70 millions d’années), d'une superficie d'environ 6 000 hectares, dont les 2/3 sont couverts de pins d’Alep. Un quart environ est sur la commune de Barbentane mais c’est sur la commune de Boulbon que se trouve son point culminant qui jette son sommet à 167 mètres d'altitude au « mont de Raous » à environ 800 mètres à l’ouest de l'abbaye Saint-Michel de Frigolet. Sur sa partie est, dans la commune de Graveson, au ras de la ligne de chemin de fer, se trouve l’oppidum de la Roque, qui date du VIe siècle av. J.-C.. Au pied de cet éperon rocheux on a retrouvé récemment de nombreuses traces d’occupations anciennes ainsi qu’un cimetière longuement utilisé.

Face au nord-ouest, on peut entrevoir le miroitement du Rhône à travers les allées de cyprès. Ce fleuve servit de voie de communication et de commerce depuis la Préhistoire.

Les grandes plaines alluvionnaires du Rhône et de la Durance (16 mètres d’altitude moyenne) ont été et restent encore le témoignage du passé agricole de Barbentane. Avec une absence complète de cailloux, elles ont permis l'installation des hommes sur les contours de la Montagnette. Plaines, certes fertiles, mais o combien sensibles aux inondations plus que fréquentes de ces cours d'eau aux éléments parfois furieux et toujours ravageurs.

Le vieux village[modifier | modifier le code]

  • Le vieux village a conservé de son enceinte fortifiée la porte Calendale et la porte Séquier. La Maison des Chevaliers, du XIIe siècle, possède une façade Renaissance composée d'une tourelle et de deux grandes arcades surmontées d'une galerie à colonnes. En face, l'église du XIIe siècle a été souvent remaniée. La tour Angelica, donjon du château féodal disparu, domine le village.
  • La Grand-Rue était l’artère principale du village au XXe siècle. On y trouvait tous types de commerce : boulangeries, boucheries, marchands de chaussures, bazar, épicerie, etc. À 50 mètres et sur sa droite se trouve une des plus belles et plus anciennes maisons du village. Son toit à quatre pentes est terminé à chaque angle par une gargouille en pierre sculptée. Elle est surmontée d'un solarium. Toujours à main droite, dans l'impasse Matheron se trouvait un des nombreux puits de l'espace intra-muros. Il avait 42 mètres de profondeur avec une hauteur d’eau de 12 mètres. Cette rue offre une très belle vue sur la tour Anglica.
  • La rue du Séquier date du Bas Moyen Âge ; elle possède quelques façades avec fenêtres à meneaux. Au début de la rue, à main gauche, on trouve dans une cour une ancienne tour.
  • Le Cours est actuellement la place principale du village. Appelé au XVIIIe siècle « le jeu de balle », il doit son étymologie actuelle au verbe « se courser » (courir l’un derrière l’autre). Ombragée de magnifique platanes, il reste « la place » du village avec la mairie, la poste, les cafés, etc.
  • La rue du Four, qui possède l’ancien four banal du village depuis au moins le XIVe siècle (cité le 9 novembre 1318 dans les archives du Vatican). C’est toujours une boulangerie (numéro 12).
  • Le Planet est un quartier qui était la propriété de la lignée de Mondragon. Cette famille, incommodée par les détours faits pour monter le fourrage à leurs écuries, fit percer une nouvelle porte dans les remparts, la « Porte neuve ».
  • La rue de la Croix-Rouge, dont le nom vient des anciennes confréries. On peut remarquer dès le début de cette rue, de nombreuses maisons avec courettes fermées avec des porches très esthétiques qui sont plus proches des mas que de maisons de villes. Elles étaient la propriété des Mondragon qui préféraient avoir des fermes dans le village à l’abri des inondations de la plaine.
  • La rue Porte-Neuve est un quartier bourgeois du XIXe siècle aux façades typiques très stylées.
  • La rue du Paty est une ancienne rue qui permettait de sortir du village par son côté ouest vers la Montagnette (endroit où l'on faisait paître les troupeau ou Pàti). La trouée de la route « du pont de Guyot » n’a été faite qu’au milieu du XIXe siècle. Il fallait donc pour sortir du village prendre le chemin de Canade et passer au ras de l’entrée des communs (avec leurs deux poivrières) du château de Barbentane.
  • Les passages sous le Parc d’Andigné : c’est vers 1850 que le parc d'Andigné a été élaboré. Mais comme deux rues se trouvaient dans son enceinte, un compromis a été trouvé par le percement de deux passages souterrains. Le premier, de dimensions très modestes, presque entièrement creusé dans la roche, file vers l’ouest et le second axé nord/sud est plus important. Il est nommé « la Pousterle » et servait d’abri aux plus démunis au début du XXe siècle.
  • La place du Séquier, où se trouve une maison troglodyte en haut du village. Comme ce quartier date du haut Moyen Âge, il a servi, de par sa rusticité, de premier habitat pour les immigrés qui, dès le milieu du XIXe siècle, sont venus s'installer dans le village. En effet, si depuis des temps très anciens les gavots venaient de façon périodique et temporaire faire les moissons, à partir de la construction de la ligne de chemin de fer c’est en vagues successives et selon les besoins de main-d’œuvre où des situations politiques que des hommes et des femmes des États voisins sont venus s'installer de façon plus ou moins durable dans le village. La récolte de la garance a utilisé pendant une période plus de 1 000 hommes du village et 600 immigrés. Lorsque cette culture disparut, la récolte des fruits et légumes qui la remplaça fut tout aussi utilisatrice de ces hommes et femmes. Ce quartier abritait, en particulier, les immigrés d’origine italienne.
  • La rue de la Clastre : cette ruelle ne pouvait être emprunté que par des ânes. Près de son issue au nord, on peut admirer sur une façade à main droite les armoiries de la ville de Barbentane. À l'origine, ces armoiries ne comportaient qu’une tour ronde que l'on peut encore voir à l'angle de la maison des Consuls sur la place de l'église. François Ier, en février 1516, de retour de Marignan, fit d’abord une étape à Manosque. Dans cette ville, les habitants chargèrent la belle Honnorade (ou Peronne) de Voland de lui présenter les clefs de la ville. Comme le roi s'intéressa de trop près à la jouvencelle, celle-ci se vitriola le visage d'où le surnom de « Manosque la pudique ». Un ou deux jours après, ce même François Ier, qui allait fêter carnaval à Avignon, « passa une excellente nuit à Barbentane… ». En souvenir, il fit don de son emblème, la salamandre, à la cité. Les Barbentanais s'empressèrent de jumeler celle-ci à la tour, et surmontèrent le tout de la couronne royale (aujourd'hui, couronne murale).
  • À main gauche, la maison des Templiers qui servit de cure pendant des années et qui a donné son nom à la rue (le Clastrum ou cour fermé).
  • La rue Pujade est un nom ancien qui voulait dire en latin « donner de la peine ». Car, c’est par cette rue abrupte que les habitantes de la cité allaient chercher l’eau à la source au quartier bien nommé de « la Fontaine » grâce à une poterne qui perçait les remparts.

On peut toujours s’apercevoir que les soubassements des maisons sont directement posés sur le rocher et celui-ci est même creusé pour former les caves.

Le château[modifier | modifier le code]

Le château de Barbentane, dit « le Petit Trianon de la Provence », fut bâti en 1674 par Paul-François Ier de Puget, co-seigneur de Barbentane. Pierre-Mignard II en fut l’architecte. Il est remodelé par Paul-François II, fils du précédent, en 1741 (voûtes plates et surbaissées qui illustrent sa gloire). L'intérieur est embelli au XVIIIe siècle par Joseph Pierre Balthazar de Puget, co-seigneur de Barbentane, fils de Paul-François II, ambassadeur de Louis XV de France en Toscane, à l'âge de 20 ans. Il fut sauvegardé pendant la Révolution car Hilarion Paul François Bienvenu (de) Puget, co-seigneur de Barbentane, ancien officier du roi, accepta de devenir général de la République.

De par sa construction, il est à l'origine des premiers faubourgs du village. Du perron de sa façade sud , il offre une vue remarque sur la tour de Barbentane, le village et la Montagnette. Il est classé monument historique en 1949[6] ; son parc sur une terrasse, du début du XVIIIe siècle, est lui aussi classé[7].

Les fortifications[modifier | modifier le code]

Les remparts, ou Bàrri, sont construits au IXe siècle. Percés historiquement de deux portes, au nord la porte Calendrale ou Sarrasine et au sud la porte du Séquier. Percés aussi de deux poternes, à l'ouest la poterne Pujade et à l'est la poterne Pousterle. Ils furent embellis et rehaussés au XIVe siècle en même temps que la construction de la tour Anglica. Leurs particularités de « remparts creux » a fait que dès qu'a cessé leur utilisation militaire, ils se sont immédiatement transformés en maisons d'habitation. Ils restent très visibles encore aujourd’hui.

La porte Calendale ou Sarrasine est construite au IXe siècle en même temps que les premiers remparts. Elle fut reconstruite et certainement rehaussée au XIVe. En 1660, il y a eu un essai de maison commune, ce fut un échec malgré la destruction de la tour supérieure. Ses herses, de style sarrasin, étaient fermées par le capitaine de la ville en cas de danger et lui ont donné son autre nom de « porte Sarrasine ». L’ensemble des herses a été vendu au début du XVIIIe siècle à un maréchal-ferrant de Tarascon et elle a failli être entièrement démolie à cette même époque. Récemment rénovée, elle est le plus beau passage pour accéder au village médiéval.

La porte du Séquier date du IXe siècle. Porte sud des anciens remparts, elle possédait le blason de Barbentane qui fut martelé à la Révolution. Elle a été restaurée récemment. À l'origine, c'est dans cet espace que l'on séchait les divers légumes ou fruits avant de les entreposer, d'où son nom.

Tour Anglica.

À l'ouest et au-dessus de l'Hospice, se trouve la tour Caradone qui est encore visible sur la partie ouest du village, offre une vue remarque des étapes de la construction des remparts barbentanais, avec un premier étage de construction en petit appareillage suivi d’un rehaussement en gros appareillage datant du XIVe. Un troisième étage en briques rouges y a été ajouté par un astronome amateur.

Tour Anglica[modifier | modifier le code]

La tour Anglica se trouve sur l’emplacement probable d’un oppidum. Un château y fut construit par l'évêque d’Arles (898). La tour elle-même fut bâtie en seulement deux ans (1364/65) par Anglic de Grimoard (frère du pape Urbain V), elle était la propriété du fief de Barbentane. Elle servait de défense avancée pour la cité papale d’Avignon. Cette tour a 28 mètres de haut et 10 mètres de côté. Elle se termine par une tourelle ronde, ou Tourillon, surmontée d'un pavillon avec pour devise « Più forte nell' aversità » (« Plus fort dans l'adversité ») et les armoiries papales (tiare, plumet, clés). Elle est classée monument historique sous le nom de "Tour du Cardinal Grimaldi" (du nom du cardinal-archevêque d'Aix de 1648 à 1685).

Frédéric Mistral l'a chantée dans son poème Lis Isclo d'Or en 1875, ce qui lui valut le prix Nobel de littérature en 1904 (avec Echegaray, écrivain basque espagnol). Elle a servi d’observatoire à Cassini qui était chargé par le roi Louis XV de cartographier la France au milieu du XVIIIe siècle.

La légende veut qu'il existe un souterrain qui irait de cette tour au palais des Papes. Il recèlerait un des trésors du Vatican, et les Allemands y ont entrepris des fouilles durant les années 1943-1944. Elle est située dans le parc privé du château d'Andigné, et reste le symbole des Barbentanais.

Il y a un puits, dit « puits du Seigneur ». Il alimentait en eau la tour Anglica et l'avoisinait sur l'arête qui supporte la tour. Marius Girard, félibre de Saint-Rémy, lui a consacré un beau poème Le Puits du Seigneur.

Divers[modifier | modifier le code]

La Coquille est un élément architectural assez rare, mais nous ne possédons aucune information sur sa construction et encore moins son origine.[précision nécessaire]

Le château d'Andigné est de construction récente (1850 environ). Il possède deux tours carrées donnant sur une cour d'honneur. À l'origine, il était la demeure du marquis de Robin de Barbentane. Son histoire est très peu connue et il est probable que ses soubassements soient très anciens. Sur sa façade est incorporé le dessus d’un sarcophage romain (IIe ou IIIe siècle) trouvé lors de la construction de la ligne de chemin de fer du PLM aux alentours de 1840. Cette incrustation paléochrétienne représenterait le « banquet de l’immortalité » ou bien le « taurobole », le sacrifice du taureau.

Un très beau parc ombragé par des cèdres plus que centenaires et remplis de toutes les essences de la forêt méditerranéenne monte jusqu'à une chapelle du XIXe siècle. Il a la particularité de renfermer une crypte servant de tombeau à la famille d'Andigné, descendants des marquis Robin de Barbentane.

La maison des Consuls est au nord de la place de l’église… (voir le livre de Denis Martin, Chronique communale de Barbentane au XVIIe siècle 1690-1790).

L'église Notre-Dame-des-Grâces et le clocher, probablement située sur l'emplacement d'un édifice plus ancien (temple romain, chapelle ?). C'est, à l'origine, une église romane plein cintre du XIIe siècle sur les deux premières travées. Elle fut agrandie une première fois à l'époque du cardinal Grimoard, frère du pape Urbain V au XIVe par l'ajout de deux travées gothiques et d’une abside en 1324. Différentes chapelles lui ont été ajoutées :

  • au XVe siècle, la chapelle Sainte-Croix ;
  • au XVIe siècle la chapelle Neuve ;
  • au XVIIe siècle, la chapelle Mondragon ;
  • au XIXe siècle, la chapelle du Midi (1867) en style néo-gothique par l'architecte marseillais Caramagnole. Le porche en forme de manteau de cheminée pour les réunions date du XVe, il est classé monument historique ainsi que le clocher en 1921[8].

Le clocher fut élevé sur la chapelle Sainte-Croix entre 1486 et 1492. Il est haut de 21 mètres et il est surmonté d'une flèche de 7 mètres détruite à coups de boulets sous la Révolution française en 1794. Toutes ses cloches, sauf une, furent expédiées à Marseille pour « fabriquer des armes contre les ennemis de la Nation ». Cette flèche a été reconstruite en 1983.

La maison des Chevaliers de Malte est une ancienne maison du XIIe siècle (1133), appartenant au marquis de Barbentane. Les arcades du rez-de-chaussée et les colonnettes du 1er étage date du XVIe siècle. L'ensemble a été restauré en 2000. L'aile nord servit de mairie de 1670 à 1888. C’est la plus belle maison du village. Sa tour d’angle et l'escalier qu'elle contient, datant du Moyen Âge, sont inscrits à l'inventaire supplémentaires des monuments historiques en 1999[9].

Le puits de la place ou Grand puits existait déjà en 1370. Entièrement taillé dans le roc, il a 36 mètres de profondeur et 6 mètres de profondeur d’eau. Il servait pour l'alimentation en eau de tout le haut du village.

L'Hôtel Dieu, probablement construit au XIVe siècle. Il s’appelait en 1407 « Hôpital des Pauvres du Christ de Barbentane ». Il fut agrandi au XVIe siècle et s'appela Hôtel Dieu, sous l’invocation de l’archange Raphaël. Il possède une chapelle construite en 1732. Transformé dernièrement en maison de retraite municipale « La Raphaële », il est encore en activité.

La prison est construite dans l'épaisseur des anciens remparts, elle a été restaurée très récemment. C’est une simple salle au sol taillé dans le roc.

L'hôtel des barons de Chabert est une maison de style Louis XIII, bâtie au début du XVIIe siècle. Ce bâtiment est le siège de la mairie depuis 1888. Son intérieur est visitable lors des journées du patrimoine. Il possède une statue de la Vierge en pierre. Son beffroi en fer forgé supporte la cloche de l’horloge qui pèse 250 kg. Louis XIV, enfant, y aurait séjourné une nuit.

Films tournés à Barbentane[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie sur Barbentane[modifier | modifier le code]

  • Livres :
    • Sébastien Fontaine, Histoire pittoresque de la ville de Barbentane et de ses environs, Tarascon, imprimerie d’Antoine Aubanel fils aîné, 1854
    • H. Bout de Charlemont, Notice historique sur Barbentane, Paris, imprimerie Lucien Duc, 1869.
    • Denys Marie Turrier, Essai sur les origines de la paroisse de Barbentane et de sa vie religieuse depuis son origine jusqu'à nos jours, Cavaillon, imprimerie Mistral, 1939.
    • Garbeto de Nouvé ‘que se canton a Barbentano au tèms de Calendo’, recueil de chants de Noël en provençal qui se chantent lors de la messe de minuit le 24 décembre, Avignon, imprimerie Barthélemy, 1940.
    • René Jarno et Henri Linsolas, Histoire de Barbentane, Nîmes, imprimerie les Presses du Castellum, 1981.
    • Barbentane, le temps retrouvé de Monsieur Joseph Rey, imprimerie Lienhart d’Aubenas en 1993.
    • Patricia Santouchi et Charles Bertaud, Barbentane, Les commerces et l’artisanat du début du siècle jusqu’aux années 1960, Avignon, imprimerie Arts et Systèmes, 2000.
    • Denis Martin, Chronique communale de Barbentane au XVIIIe siècle 1690-1790, Cavaillon, imprimerie Rimbaud, 2004.
    • Denys Turrier et Maurice Courdon, Terre Barbentanaise, Avignon, imprimerie Authia, 2004.
    • Denis Martin, Chronique communale de Barbentane -Révolution et XIXe siècle, Avignon, imprimerie Ruldder, 2007.
  • Journaux barbentanais :
    • L'Écho de Barbentane. D'octobre 1905 à août 1956, journal mensuel (à l'origine) de la paroisse de Barbentane (archives dispersées).
    • Du Haut de la Tour. De 1957 à 1972, journal communal à parution discontinu, créé pour informer les soldats en Algérie/Maroc/Tunisie (archives dispersées).
    • Barbentane Provence. De 1973 à janvier 1983, journal communal à parution discontinue (archives dispersées).
    • Du Haut de la Tour. Depuis mai 1983, reprise du titre de l'ancien journal communal à parution trimestrielle (archives en mairie).
  • Autres documents (disponibles en mairie) :
    • Patrick Biancone, Un exemple de la résistance royaliste au temps de la République : Barbentane (1880-1920). Mémoire de maîtrise, 1996.
    • Christine Leclerc, Structures, économie et société à Barbentane au XIXe siècle. Mémoire de maîtrise, 1981.
    • Denis Martin Les de Mondragon de Barbentane XVIe-XVIIIe. Extraits des mémoires de l'académie de Vaucluse, 1993.
    • Jean Louis Ichartel, Confréries et associations dans la région de Barbentane. Mémoire de maîtrise.
  • Ouvrages sur la patrimoine
    • Charles-Laurent Salch et Anne-Marie Durupt, Nouvel Atlas Châteaux et fortifications des Bouches-du-Rhône (13), Strasbourg, Châteaux-forts d'Europe,‎ 2008, 156 p. (ISSN 1253-6008)
      N°46/47/48, 2008 Barbentane, p. 24 à 26
    • Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et fortifications de la France au Moyen Âge, Strasbourg, éditions Publitotal,‎ 1978, reprint 1991 (ISBN 2-86535-070-3)
      Une vision d’ensemble de l’architecture castrale. Barbentane : Page 103

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Catherine Lonchambon, « D'une rive à l’autre de la Durance : d’étranges bateaux », in Guy Barruol, Denis Furestier, Catherine Lonchambon, Cécile Miramont, La Durance de long en large : bacs, barques et radeaux dans l’histoire d’une rivière capricieuse, Les Alpes de lumière no 149, Forcalquier 2005, ISBN 2-906162-71-X, p. 55
  2. Catherine Lonchambon, op. cit., p. 54
  3. Louis J S. de Bresc, Armorial des communes de Provence, Librairie Bachelin-Deflorenne, Paris,‎ 1866 (lire en ligne)
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  6. Fiche de la base Mérimée
  7. Fiche de la base Mérimée
  8. Fiche de la base Mérimée
  9. Fiche de la base Mérimée