Incarnation (christianisme)

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L'Incarnation du Christ par Piero di Cosimo (1505).

L'Incarnation est le dogme chrétien selon lequel le verbe divin se serait fait chair en Jésus-Christ. Jésus, Dieu et le Saint-Esprit forment ainsi selon la théologie chrétienne la Trinité.

On le retrouve dans l'Église catholique qui voit dans l'Incarnation le fait que le Fils de Dieu ait assumé une nature humaine pour accomplir en elle le salut des hommes[1], mais aussi dans le protestantisme puisque Luther écrit : "Nous enseignons aussi que Dieu le Fils est devenu homme, né de la pure Vierge Marie, et que les deux natures, la divine et l'humaine, unies inséparablement dans une personne unique, constituent un seul Christ, qui est vrai Dieu et vrai homme."[2]

Cette idée est exprimée par saint Jean dans le Prologue de son évangile « le Verbe s'est fait chair » : Jean, 1, 14.

Dans le Christianisme[modifier | modifier le code]

En théologie chrétienne, l'« Incarnation » est donc le fait, pour Dieu[3], de s'être incarné en un homme, Jésus-Christ, en un temps (origine de l'ère chrétienne) et un lieu (Israël, plus précisément Bethléem en Galilée) donnés.

La tradition chrétienne le voit comme étant l’union parfaite et sans confusion de la nature divine de la Personne du Verbe et de la nature humaine issue de la Vierge Marie. Jésus est défini comme étant un vrai homme doué d’une volonté humaine, et le vrai Verbe de Dieu dont la volonté divine est commune avec celle de Dieu le Père.

Plus largement aujourd'hui, dans les théologies libérales avancées (voir en particulier l'oeuvre du pasteur et professeur André Gounelle) il y a incarnation quand l'Esprit de Dieu habite la chair, habite ce monde, notre monde.

La Rédemption[modifier | modifier le code]

Dieu étant Amour s'est incarné selon la théologie chrétienne par amour, pour racheter l'homme perdu après la Création par la faute originelle des griffes du démon et pour cela a pris la forme d'un homme semblable aux autres hommes : l'incarnation de Jésus prend tout son sens durant Sa Passion (du verbe patior, subir, souffrir) car étant incarné Dieu devait souffrir comme les autres hommes et ressentir la douleur et l'angoisse, après avoir durant vie humaine ressenti comme tout homme, joie ou tristesse, émotions, affections, fatigue, colère, sommeil, faim ou soif  : il a ainsi sauvé toute l'humanité en mourant sur la Croix.

Alpha et Omega peinture des catacombes

L'Incarnation se serait réalisée par l'action de l'Esprit Saint lorsqu'il s'est posé sur la Vierge Marie, puis par la naissance de Jésus à Bethléem. La naissance de Jésus est commémorée le jour de Noël par les chrétiens, qu'ils soient catholiques, protestants, ou orthodoxes.

Certains courants chrétiens des premiers siècles considéraient que l'incarnation du Verbe n'avait eu lieu qu'au moment du baptême par Jean-Baptiste dans le Jourdain, c'est-à-dire que le corps de Jésus aurait été adopté par Dieu à ce moment. L’Église catholique a d'abord condamné et combattu cette conception, appelée adoptianisme lors de divers synodes, mais ce n'est qu'au XIIe qu'elle fut définitivement considérée comme hérétique.

Le concept de l'incarnation est considéré comme un mystère. D'autres mystères sont ceux de la Trinité et de l'Immaculée conception.

Le culte du Sacré-Cœur dans l'Eglise catholique exprime le plus couramment la foi dans l'Incarnation du Verbe fait chair dans un cœur de chair, un cœur humain et divin à la fois. Alpha et Oméga, début et fin, le Christ incarné à Nazareth en Judée et mort crucifié à Jérusalem est présent comme le Verbe, auprès de Dieu, au début de toute chose lors de la Création, et le sera à la fin des temps lors de la Parousie pour juger vivants et morts lors de la Résurrection de la chair (Credo).

L'expression « ère de l'Incarnation » désigne la période qui succède à l'Incarnation de Dieu en Jésus-Christ. On l'appelle aussi ère chrétienne.

Dans le Credo, les paroles « Et Incarnatus est  » rappellent ce mystère : autrefois les catholiques s'inclinaient en chantant ce verset, suivent aussitôt les paroles «  De Maria Virgine », de la Vierge Marie.

Dans les églises non-trinitaires[modifier | modifier le code]

Les églises non-trinitaires utilisent moins souvent le terme « incarnation », et plus souvent les mots de Jean 1:14 « le Verbe s'est fait chair ». Les concepts non-trinitaires varient selon le point de vue concernant la préexistence du Christ. Pour les Témoins de Jéhovah, et d'autres groupes qui acceptent l'existence du Christ avant sa naissance, l'idée de l'incarnation ressemble en plusieurs points à la croyance orthodoxe. Pour les groupes qui soutiennent la théologie socinienne, et qui nient la préexistence du Christ, par exemple, les Christadelphes[4], ils considèrent que l'expression « le Verbe s'est fait chair » indique seulement que le « plan de Dieu » s'est fait homme. Christ est l'incarnation d'une idée, et non pas d'un être qui existait déjà sous une autre forme.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Le Verbe, quand il s'incarna, passa de l'ubiquité à l'espace, de l'éternité à l'histoire, de la félicité illimitée au changement et à la mort » (Jorge Luis Borges, Fictions) .
  • « Dieu s'est fait homme parce qu'il est plus difficile d'être un homme que d'être Dieu. » (Voltaire)
  • « Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu. » (Irénée de Lyon)

Représentation dans les arts[modifier | modifier le code]

Le thème iconographique est peu répandu par sa complexité picturale. L'œuvre la plus significative est celle de Piero di Cosimo (L'Incarnation du Christ - 1505 - Galerie des Offices) qui, dans une représentation principale de Marie surmontée de la colombe de l'Esprit-Saint et accompagnée de figures saintes, se voit entourée, dans la continuité paysagère, de scènes de l'Annonciation, de la Nativité, de la Fuite en Égypte.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Catéchisme de l'Église catholique, p. 102
  2. Confession d'Augsburg, article 3
  3. « L'éternité de l'essence divine absolue est contredite par l'incarnation du Christ, mais c'est seulement dans un troisième moment qu'elles sont réconciliées dans le Savoir absolu sous la forme du concept. La chute de l'esprit dans le temps est alors corrigée ; l'éternité est rétablie ; elle n'est plus abstraite, mais vivante. »; Jean-Louis Vieillard-Baron , Les paradoxes de l’éternité chez Hegel et chez Bergson, in Les études philosophiques n°59, éd. Puf, 2001/4, article en ligne
  4. Hayward A. Le seigneur Jésus Christ est-il vraiment descendu du ciel ? 1979
  5. Joseph Malègue, Augustin ou le Maître est là VIIIe Partie, chapitre III, Jacob et l'ange, Spes, paris, 1966, p. 787.
  6. Le Pape François cite Malègue et cette phrase dans un récent recueil de conversations publié en 2010 : il se souvient de « un diálogo entre un agnóstico y un creyente del novelista francés Joseph Malègue. Es aquel en que el agnóstico decía que, para él, el problema era si Cristo no fuera Dios, mientras que para el creyente consistía en qué pasaría si Dios no se hubiera hecho Cristo » Traduction française : « un dialogue entre un agnostique et un croyant du romancier français Joseph Malègue. Dans lequel l'agnostique dit que le problème pour lui serait que le Christ ne serait pas Dieu, tandis que pour le croyant la question serait de savoir ce qui se passerait si Dieu ne s'était pas fait Christ » EL JESUITA. Conversaciones con el cardenal Jorge Bergoglio Ediciones B, Buenos Aires, 2010,p. 40. [1]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Mystère de l'Incarnation sur Castelluna
  • Le Verbe s’est fait chair, Chœur des moines de l'Abbaye Sainte-Anne de Kergonan (La Schola des moines de l'abbaye Sainte-Anne de Kergonan), Studio SM D3101, 2011. 26 titres.

Bibliographie[modifier | modifier le code]