Chios

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Chios
(el) Χίος
Carte topographique de l'île
Carte topographique de l'île
Administration
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Périphérie Égée-Septentrionale
District régional Chios
Dème Chios
Maire Lamprinoudis Polydoros
Code postal 82x xx
Indicatif téléphonique 227x0
Immatriculation XI
Démographie
Population 51 936 hab. (2001[1])
Densité 62 hab./km2
Géographie
Coordonnées 38° 24′ 00″ N 26° 01′ 00″ E / 38.4, 26.016667 ()38° 24′ 00″ Nord 26° 01′ 00″ Est / 38.4, 26.016667 ()  
Altitude 1 297 m
Superficie 84 228 ha = 842,28 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Grèce

Voir la carte administrative de Grèce
City locator 14.svg
Chios

Géolocalisation sur la carte : Grèce

Voir la carte topographique de Grèce
City locator 14.svg
Chios
Liens
Site web http://www.chios.gr

Chios ou Chio (cette deuxième forme, d'origine italienne, se prononce [ʃo], en grec ancien : Χίος / Khíos, en grec moderne : Χίος / Chíos, n. fém.) île et municipalité grecque de la mer Égée, proche de la Turquie dont elle est séparée par un détroit de 8 kilomètres seulement.

Avec l'île de Psara, elle forme le district régional de Chios, dont la capitale, également appelée Chios ou Chora, compte 23 779 habitants (2001).

Sa superficie est de 842,28 km2.

Les principaux revenus de l'île sont tirés du tourisme, surtout culturel : elle compte de nombreux vestiges grecs comme le temple d'Apollon à Phana, ainsi que des monuments byzantins, comme le monastère de Néa Moni. Le Sud produit également du mastic, tiré de la résine du lentisque.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le bombardement de Chio en 1681, par l'escadre française de Duquesne.
Le dème de Chios depuis la réforme Kallikratis (2010)

Histoire[modifier | modifier le code]

De l'Antiquité au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Chios est réputée pour être le lieu de naissance d'Homère. Cette tradition prend sa source dans le vers 172 de l'un des Hymnes homériques, l'hymne à Apollon délien où le poète dit de lui-même : « τυφλὸς ἀνήρ, οἰκεῖ δὲ Χίῳ ἔνι παιπαλοέσσῃ (c'est un aveugle, qui réside à Chios la rocailleuse). » De fait, Chios abrite ensuite la « confrérie des Homérides », un groupe de rhapsodes qui prétendent descendre spirituellement du Poète. Parmi les autres natifs célèbres de l'île, on peut citer Ion le tragique, le sophiste historien Théopompe, le sophiste Théocrite, le géomètre Hippocrate ou encore Métrodore.

Chios fait également partie de la confédération ionienne. Au moment de la conquête de Cyrus Ier en -546, elle est protégée par son statut insulaire. Elle se joint ensuite aux autres cités grecques lors de la grande révolte de -499 à l'origine des Guerres médiques, et envoie 100 trières pour la bataille de Milet. Soumise par les Perses en -494, elle entre dans la ligue de Délos à la fin des guerres médiques. En -424, sept ans après le début de la guerre du Péloponnèse, Athènes, suspectant une défection de Chios, force les citoyens à abattre leurs murs. En -412, Chios est ensuite parmi les premières cités ioniennes à effectivement faire défection. Athènes envoie un contingent qui ravage l'île et met le siège devant la ville. Malgré une révolte des esclaves, Chios ne tombe pas. Athènes, menacée par ailleurs en mer Égée et en Asie Mineure, lève alors le siège. Elle appartient ensuite à la seconde confédération athénienne, mais se révolte lors de la guerre sociale (-357).

Par la suite, nous n'avons que des faits épars :

L'ile demeure sous le contrôle de Byzance jusqu'au début du XIVe siècle. En 1304, après de fréquentes incursions turques, elle est occupée par la famille génoise Zaccaria, en théorie au nom de l'Empire byzantin. En 1329, l'empereur byzantin Andronic III Paléologue reprend le contrôle de l'île. En 1346, Chios devient possession de la République de Gênes qui doit la céder aux Ottomans en 1566.

En 1456, le 25 novembre, Jacques Cœur meurt de maladie ou d'une blessure sur l'île alors qu'il commande une flotte du pape Calixte III partie combattre les Turcs. Il est enseveli au milieu du chœur de l'église des Cordeliers de la ville de Chios, église qui sera, par la suite, détruite par les Turcs[2].

Le 23 juillet 1681, la Marine royale française poursuit et attaque les corsaires et la flotte barbaresque de Tripoli qui s'étaient réfugiés dans l’anse de Chio, incendiant également le fort et la ville.

Chios fut en Méditerranée une plaque tournante des échanges entre Orient et Occident.

Le massacre de Chios[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Massacre de Chios.

Le massacre de Chios fut perpétré par les Ottomans contre la population grecque de l’île de Chios en avril 1822. Il constitue un des épisodes les plus célèbres de la guerre d'indépendance grecque. L'île était une des plus riches de la mer Égée et les insurgés grecs tentèrent de la rallier à leur cause. L'Empire ottoman ne pouvait l'accepter. Il désirait faire un exemple qui impressionnerait ses sujets insoumis, voire aussi venger le massacre de Turcs par les Grecs lors du siège de Tripolizza. Après un débarquement d'un millier de partisans grecs, la Sublime Porte envoya près de 45 000 hommes avec ordre de reconquérir puis raser l'île et d'y tuer tous les hommes de plus de douze ans, toutes les femmes de plus de quarante ans et tous les enfants de moins de deux ans, les autres pouvant être transformés en esclaves. Le bilan est estimé à 25 000 morts tandis que 45 000 Grecs auraient été vendus comme esclaves. Seulement 10 000 à 15 000 personnes auraient pu s'enfuir et se réfugier principalement dans les autres îles de l'Égée. Ce massacre de civils par les troupes ottomanes marqua l'opinion publique internationale et participa au développement du philhellénisme.

Le rattachement à la Grèce[modifier | modifier le code]

La marine grecque libère l'île pendant la Première Guerre balkanique, en novembre 1912, lors dans une opération amphibie disputée mais brève. Le traité de Londres de mai 1913 prévoit que les grandes puissances occidentales règleront la situation des îles ottomanes de la mer Égée, et l'occupation grecque est validée rapidement après.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

L'actuelle municipalité de Chios, qui recouvre la totalité de l'île, a été créée par la réforme des collectivités de 2011 par la fusion de huit anciennes municipalités qui en devinrent des unités communales[3] :

La ville fait partie du GECT Amphictyony.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

  • La région de Mastichochoria, dont deux villages Pyrghi et Mesta ont un caractère médiéval marqué, doit son nom au mastic. Le mastic est un extrait d'un arbuste de la famille des pistachiers.
  • Chaque année, deux églises du village de Vrontados célèbrent Pâques d'une façon particulière : des milliers de feux d'artifices sont tirés par les deux églises l'une contre l'autre, l'objectif étant de toucher le clocher de l'église adverse pour gagner. Cette tradition remonte à 1889 ; à l'époque les Ottomans avaient confisqué les armes à feu utilisées habituellement pour tirer des salves d'honneur à Pâques.
  • Le poème L'Enfant de Victor Hugo, ainsi que le tableau Le massacre de Scio, d' Eugène Delacroix, décrivent tous deux le massacre de l'île par les turcs durant la guerre d’indépendance grecque.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]