Grotte Cosquer

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Grotte Cosquer
Image illustrative de l'article Grotte Cosquer
Panorama des calanques de Morgiou et Sugiton
Coordonnées 43° 12′ 10″ N 5° 26′ 57″ E / 43.202736, 5.44908543° 12′ 10″ Nord 5° 26′ 57″ Est / 43.202736, 5.449085  
Pays Drapeau de la France France
Région française Provence-Alpes-Côte d'Azur
Localité voisine Cap Morgiou
Protection Logo monument historique Classé MH (1992)

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Grotte Cosquer

Géolocalisation sur la carte : Bouches-du-Rhône

(Voir situation sur carte : Bouches-du-Rhône)
Grotte Cosquer

La grotte Cosquer est une grotte ornée paléolithique située dans la calanque de la Triperie, à Marseille, près du Cap Morgiou.

Il s'agissait peut-être d'un sanctuaire fréquenté, d'après les datations des peintures, entre -27 000 et -19 000 avant le présent. La grotte comporte plus de 200 figurations pariétales correspondant à deux phases d'occupation, l'une gravettienne et l'autre épigravettienne ou solutréenne. Son entrée est aujourd'hui à 37 m sous le niveau de l'eau. Elle porte le nom d'Henri Cosquer, le plongeur qui l'a signalée en 1991.

Avec plusieurs autres cavités de ce même secteur sensible du massif des calanques, dont la grotte de la Triperie, la grotte du Figuier et la grotte du Renard, elle fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 2 septembre 1992[1].

Historique de la découverte[modifier | modifier le code]

Henri Cosquer, scaphandrier professionnel à Cassis, découvrit l'entrée de la grotte en 1985. Il l'explora progressivement et la visita à plusieurs reprises. Après la mort accidentelle de trois plongeurs dans le couloir d'accès, il déclara la grotte au Quartier des affaires maritimes de Marseille le 3 septembre 1991.

Le dossier fut transmis à la Direction des recherches archéologiques sous-marines (DRASM) puis au Service régional de l'archéologie dépendant du Ministère de la Culture[2],[3].

Une expertise eut lieu du 18 au 20 septembre, avec le concours du navire de la DRASM, l'Archéonaute. Elle fut conduite notamment par Jean Courtin, préhistorien et plongeur confirmé, et par Jean Clottes, spécialiste de l'art pariétal.

La grotte n'est pas ouverte au public et son entrée a été barrée par des blocs de béton afin de la préserver et de prévenir les accidents.

En juin 1992, une nouvelle mission permit notamment le tournage d'un film Le Secret de la grotte Cosquer[4].

En 2002 et 2003, une autorisation pour une opération de recherche et d'inventaire fut accordée à Luc Vanrell[5].

Description de la cavité[modifier | modifier le code]

Profil de la grotte

Il y a 20 000 ans, lors de la dernière glaciation, une grande quantité d'eau était mobilisée sous forme de calottes glaciaires et le niveau de la mer était de cent dix à cent vingt mètres plus bas qu'aujourd'hui. Le rivage de la Méditerranée se situait alors à plusieurs kilomètres de l'emplacement de la grotte. Lorsque le niveau de la mer s'est élevé progressivement au début de l'Holocène, l'entrée de la grotte a été submergée.

La grotte n'est aujourd'hui accessible que par un tunnel long de 175 mètres, dont l'entrée se trouve à 37 mètres au-dessous du niveau actuel de la mer[6]. Elle comporte plusieurs parties :

  • Les parties émergées :
    • La Salle Nord
    • La Grande Salle
    • La « Plage »
    • L'Arche
    • Le Chaos
    • La Salle du Félin
  • Les parties immergées, en tout ou en partie :
    • Le Petit Puits noyé
    • La Salle Basse
    • Le Grand Puits noyé
    • La Galerie d'accès

L'art de la Grotte Cosquer[modifier | modifier le code]

Grotte Cosquer, reproduction d'une main humaine, datée de 27 000 ans avant notre ère
Musée d'archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye

Cette grotte abrite plusieurs dizaines d'œuvres peintes et gravées du Paléolithique supérieur. Ces œuvres correspondent à deux phases d'occupation distinctes :

  • une phase ancienne comportant des mains négatives et des tracés digitaux, datant d'environ - 27 000 ans BP (Gravettien)[7]. La grotte compte 65 mains négatives, 44 noires et 21 rouges, réalisées par la technique du pochoir[3] ;
  • une phase plus récente comportant des signes ainsi que des peintures et des gravures figuratives essentiellement animales, datant d'environ - 19 000 ans BP (Solutréen ou Épigravettien). Les animaux figurés durant cette deuxième phase sont classiques pour la plupart : les chevaux sont les animaux les plus représentés avec 63 spécimens, suivis de 28 bouquetins, 17 cervidés, 10 bisons et 7 aurochs. On note aussi la présence originale de 16 animaux marins, comme 9 phoques, 3 grand pingouins, des méduses, des poissons ou des cétacés. En tout, 177 animaux ont été recensés[3]. Une gravure a été interprétée comme une représentation du thème de l'« homme blessé ». De très nombreux signes (216) dont huit représentations sexuelles (2 masculins et 6 féminins) complètent cet inventaire.

Fréquentation de la grotte[modifier | modifier le code]

Que ce soit pour la première ou la deuxième phase de fréquentation, les hommes n'ont pas habité la grotte. L'absence d'ossements, la rareté des outils et des indices d'activités quotidiennes laissent penser à des incursions brèves liées à la réalisation des dessins et éventuellement à des cérémonies[8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00081518 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Clottes, J., Beltrán, A., Courtin, J. et Cosquer, H. (1992) - « La Grotte Cosquer (Cap Morgiou, Marseille) », Bulletin de la Société préhistorique française, t. 89, 4, pp. 98-128.
  3. a, b et c Clottes, J., Courtin, J. et Vanrell, L. (2007) - « La grotte Cosquer à Marseille », in: Grottes ornées en France, Les dossiers d'archéologie, n° 324, pp. 38-45.
  4. Réalisation : Bernard Rebatel et Gilles Sourice, Production : Fanny Broadcast, Durée: 26 min.
  5. « BILAN DU MANDAT 2003-2006 », COMMISSIONS INTERRÉGIONALES DE LA RECHERCHE ARCHÉOLOGIQUE,‎ 2009, p. 29 (lire en ligne)
  6. « Une grotte unique au monde », sur culture.gouv.fr (consulté le 1er septembre 2010)
  7. Clottes, J., Courtin, J., Valladas, H., Cachier, H., Mercier, N. et Arnold, M. (1992) - « La Grotte Cosquer datée », Bulletin de la Société Préhistorique Française, t. 89, 8, pp. 230-234.
  8. « La grotte Cosquer, sanctuaire paléolithique sous la mer à Marseille », sur futura-sciences.com,‎ 26 avril 2005 (consulté le 2 septembre 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Joseph Blanc, Les grottes du Massif des Calanques (Marseilleveyre, Puget, Archipel de Riou). Canevas tectonique, évolution et remplissages [The caves into the « Massif des Calanques » (Marseilleveyre, Puget, Riou archipelago). Tectonic framework, evolution and fillings] , In: Quaternaire - Volume 11 - Numéro 1 - 2000. pp. 3-19.
  • Jean Clottes, Jean Courtin, La grotte Cosquer, Éd. du Seuil, 1994, (ISBN 2020198207)
  • Jean Clottes, Jean Courtin, Luc Vanrell, Cosquer redécouvert, Éd. du Seuil, 2005, (ISBN 2020655500)

Liens externes[modifier | modifier le code]