Chasseur-cueilleur

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La chasse, la pêche et la cueillette sont les premiers modes de subsistance de l'espèce humaine et consistent en un prélèvement de ressources directement dans la nature. Les chasseurs-cueilleurs qui le pratiquent correspondent principalement à la société paléolithique. Ils sont contraints de s'adapter à leur environnement naturel et ne sont pas en mesure de le modifier au contraire d'une société basée sur l'agriculture et l'élevage dans laquelle les hommes chercheront à produire les ressources plutôt qu'à les prélever. Le chasseur-cueilleur peut devenir nomade lorsque les ressources naturelles viennent à manquer. Il chasse les animaux sauvages pour les manger, utilise leurs os pour fabriquer des outils et s'habille de leurs peaux. Il pêche grâce à des ressources également prélevées, comme les harpons fabriqués en corne. Il cueille des fruits et des plantes pour se nourrir et se soigner. La société de chasseurs-cueilleurs est caractérisée par l'absence de domestication animale ou végétale dans un but de production de ressources (viande, lait, laine, cuir...). Le chien, unique animal domestique des chasseurs-cueilleurs paléolithiques[1], n'est qu'un outil de prélèvement de ressources dans la nature. Il est en effet domestiqué comme auxiliaire de chasse et non pour la production de viande.

Certains peuples sont encore aujourd'hui chasseurs-cueilleurs. Ils sont toutefois très minoritaire et vivent tous au contact et sous la domination politique de sociétés agricoles et industrielles. De manière générale l'ensemble de l'Humanité était formée de chasseurs-cueilleurs jusqu'à ce que l'on nommait encore récemment la révolution néolithique et que l'on tend désormais à qualifier de processus de «néolithisation» allant du Mésolithique au Néolithique. L'homme passa alors d'une logique de prélèvement de ressources dans la nature à une logique de production de ressources par l'agriculture et l'élevage. Ce processus s'est accompagné d'une profonde mutation des sociétés humaines qui abouti aux différentes civilisations pré-industrielles.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Autrefois, les termes de chasseur-trappeur ou de fermier-trappeur concurrençaient celui de chasseur-cueilleur. Venue de Scandinavie, cette dénomination supposait une économie paléolithique et définissait mal les chasseurs-cueilleurs contemporains. Aujourd'hui, on trouve des cueilleurs-chasseurs en Arctique, dans les forêts tropicales humides où les autres formes de subsistance sont impossibles. La plupart de ces groupes n'ont pas toujours été cueilleurs-chasseurs et vivent au contact de sociétés agricoles avec lesquelles ils commercent et on des liens familiaux. De nombreux chasseurs-cueilleurs contemporains ont des eu des ancêtres fermiers qui ont été repoussés dans des zones périphériques au cours de migrations et de guerres. On estime que ces communautés disparaîtront d'ici à quelques décennies.

Mode de vie[modifier | modifier le code]

Baies sauvages de la forêt de Sumatra.

Les humains n'utilisaient que des matériaux disponibles dans la nature pour construire des abris, tout en préférant des abris naturels qui n'avaient besoin que de peu d'aménagements. Ces abris protégeaient des intempéries et des prédateurs. La plupart des établissements de chasseurs-cueilleurs furent désertés quand le climat, qui s'était réchauffé, se refroidit durant 1 200 ans. Vers 9 600 avant Jésus-Christ, les températures augmentèrent de nouveau et les villages réapparurent.

Même si ces humains ont pu pratiquer une forme embryonnaire d'agriculture sur des lopins de terre, les plantes sur lesquelles ils veillaient restaient sauvages.

La grande majorité des sociétés de chasseurs-cueilleurs sont nomades. Habituellement, les ressources d'une région sont rapidement épuisées, rendant impossible l'établissement pérenne des groupes humains. Il y a toutefois des exceptions : comme les Haida de la Colombie-Britannique qui ont pu se sédentariser dans une région suffisamment riche.

Densité de population[modifier | modifier le code]

Les populations de chasseurs-cueilleurs sont très peu denses : Dans les régions qui permettent l'agriculture, la campagne peut nourrir de 60 à 100 fois plus de population que le mode de vie de chasse et de cueillette sur la même surface (grâce au développement de l'agriculture, la population du continent européen est progressivement passée de 300 000 chasseurs-cueilleurs à 30 millions d'habitants).

Structures sociales[modifier | modifier le code]

Certains peuples avaient encore jusque récemment un mode de vie de chasseur-cueilleur. Alain Testart, ethnologue français, publia en 1979 un article sur Les Sociétés de Chasseurs-cueilleurs[réf. insuffisante]. Il y développe deux problématiques : la première traite des ressemblances entre le modèle de vie des sociétés de chasseurs-cueilleurs contemporaines et celui des sociétés du paléolithique. La seconde redéfinit la révolution néolithique en attribuant le passage vers un mode agro-pastoral à la découverte de techniques de stockage.

Les sociétés de chasseurs-cueilleurs tendent à ne pas avoir de structures sociales hiérarchiques, mais ce n'est pas toujours le cas. Étant nomades, elles n'ont la plupart du temps pas la possibilité de stocker des surplus alimentaires. Elles ne peuvent donc pas entretenir des dirigeants, artisans ou fonctionnaires à plein-temps. On peut cependant diviser les sociétés de chasseurs-cueilleurs en deux tendances selon le mode de redistribution :

  • les sociétés égalitaires, avec une redistribution immédiate ;
  • les sociétés inégalitaires, avec une redistribution différée.

Les premières consomment leur production en un jour ou deux ; les autres stockent leurs surplus.

Dans ces sociétés égalitaires, les systèmes familiaux sont différents des sociétés de cultivateurs, d'éleveurs ou des sociétés industrielles.

Peuples chasseur-cueilleurs[modifier | modifier le code]

Chasseurs-cueilleurs et sociétés agricoles[modifier | modifier le code]

La colonisation et l'industrialisation poursuivent ce processus.

Si le XIXe siècle a posé un regard un peu méprisant sur ce mode de vie jugé primitif, on se rend compte aujourd'hui qu'outre le fait qu'il nous renseigne sur les débuts de l'humanité, il s'avérait peu contraignant et permettait de développer une vie culturelle en harmonie avec l'environnement. Certains idéalisent même ce mode de vie.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Testart, Essais sur les fondements de la divisions sexuelle du travail chez les chasseurs-cueilleurs Cahiers de l'homme no 25, Éditions de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales, Paris 1986, 102 p. Source: recension par Chantal Collard dans Anthropologie et Sociétés, vol.11, no 1, 1987

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. About.com - Archaeology - Dog History How were Dogs Domesticated? By K. Kris Hirst - Dog history has been studied recently using mitochondrial DNA, which suggests that wolves and dogs split into different species around 100,000 years ago...
    Plus anciens restes confirmés vieux de 31 700 ans : Germonpré M., Sablin M.V., Stevens R.E., Hedges R.E.M., Hofreiter M., Stiller M. and Jaenicke-Desprese V., 2009. Fossil dogs and wolves from Palaeolithic sites in Belgium, the Ukraine and Russia: osteometry, ancient DNA and stable isotopes. - Journal of Archaeological Science 2009, vol. 36, no2, pp. 473-490