Acre (Israël)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Crystal Clear app fonts.svg Cette page contient des caractères spéciaux ou non latins. Si certains caractères de cet article s’affichent mal (carrés vides, points d’interrogation…), consultez la page d’aide Unicode.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Acre et Akka.
Acre
(he) עַכּוֹ – (ar) عكّا
Blason de Acre
Héraldique
Image illustrative de l'article Acre (Israël)
Administration
Pays Drapeau d’Israël Israël
District District nord
Région historique Galilée
Maire Shimon Lankry (1998–)
Démographie
Population 46 300 hab. (2008)
Densité 3 421 hab./km2
Géographie
Coordonnées 32° 55′ 39″ N 35° 04′ 54″ E / 32.927585, 35.08160332° 55′ 39″ Nord 35° 04′ 54″ Est / 32.927585, 35.081603  
Superficie 1 353,3 ha = 13,533 km2
Divers
Date de création env. 1948
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Israël

Voir la carte administrative d'Israël
City locator 14.svg
Acre

Géolocalisation sur la carte : Israël

Voir la carte topographique d'Israël
City locator 14.svg
Acre
Liens
Site web http://www.akko.org.il/
Le tunnel des Templiers.
Un canon à l'entrée de la vieille ville.
Jardin de la mosquée ottomane.
Vladimir Jabotinsky dans la prison d'Acre.
Monument commémorant l'assaut de la prison d'Acre.
Le port de Saint-Jean-d’Acre.

Acre (en hébreu עַכּו Akko ; en arabe عكّا ʿAkkā ; appelée Ptolémaïs dans l'Antiquité ; aussi connue dans le monde chrétien sous le nom de Saint-Jean-d’Acre) est une ville d’Israël, située au nord de la baie de Haïfa, sur un promontoire et dotée d'un port en eaux profondes.

Acre est située à 152 km de Jérusalem et dépend administrativement du district nord. Cette ville côtière donne son nom à la plaine d'Acre qui comporte plusieurs villages. Son ancien port de commerce florissant dans l'Antiquité, est devenu une zone de pêche et de plaisance de moindre importance.

Lieux remarquables[modifier | modifier le code]

En raison notamment du prestige de l'héritage historique légué par les différentes civilisations qui se succédèrent dans cette cité, Acre est membre de l'Organisation des villes du patrimoine mondial (UNESCO).

Il est notamment possible d'observer :

  • des vestiges datant de l'époque des Templiers dont un tunnel conduisant à une forteresse du XIIIe siècle et qui aurait permis d'évacuer une partie de la ville lorsqu'elle tomba en 1291 aux mains des Mamelouks ;
  • les fortifications successives de la ville ;
  • la mosquée Al Jezzar ;
  • la citadelle, face au large, a été ravagée en 1291 et les Ottomans ont achevé de la démanteler au XVIIIe siècle, réemployant toutes les pierres pour construire la muraille maritime ;
  • certains lieux saints du bahaïsme.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Cette ville de Galilée connaît une présence humaine continue depuis 1500 av. J.-C. Sur le plan historique, elle fut mentionnée pour la première fois sous le règne du pharaon Thoutmosis III (-1479/-1425 av. J.-C.) et son nom apparaît également plus tard dans la Bible hébraïque sous le nom de Akko (Juges 1, 31), ainsi que dans le Nouveau Testament dans les Actes des Apôtres (21, 7a – Voyage de saint Paul vers Jérusalem).

En l’an 700 avant l’ère chrétienne, elle est dominée par les Assyriens avant d'être intégrée, trois siècles plus tard, aux territoires conquis par Alexandre le Grand, puis au IIIe siècle av. J.-C. par Ptolémée II, souverain d’Égypte qui débaptisa son nom en Ptolémaïs. Ce nom sera conservé jusqu’au Moyen Âge.

Vers 52-54, elle devient colonie romaine sous le nom de Colonia Claudii Caesaris[1].

Conquête arabe et croisades[modifier | modifier le code]

Dans la continuité de l'Empire romain, la ville d'Acre fait partie de l'empire byzantin avant d'être conquise en 638 par les arabes. Cette domination s'achève avec Baudouin Ier, le 26 mai 1104, lorsque la ville tombe aux mains des croisés. Reprise par le sultan Saladin, le 9 juillet 1187, elle est reconquise par les rois Philippe-Auguste et Richard Cœur-de-Lion durant la troisième croisade en juillet 1191. Elle devient au XIIIe siècle la capitale du Royaume de Jérusalem et le principal port de Terre sainte. Au moins dès le XIIe siècle, des hommes s'inspirant du prophète Élie vivent en ermites dans les grottes du mont Carmel. Albert Avogadro, patriarche latin de Jérusalem, leur donne vers 1209 une règle de vie centrée sur la prière. L'appellation officielle de ce très ancien institut est celle d'Ordre de Notre Dame du Mont-Carmel, mais on les appelle habituellement en français les Grands Carmes.

L'installation de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et la fondation de l'Hôpital apportent à la ville un nouveau nom, celui de Saint-Jean-d'Acre. Jusqu'en 1291, la ville sera un grand centre intellectuel, non seulement chrétien mais aussi juif. En effet, de nombreux Juifs, souffrant de persécutions en Occident, se rendent en Terre sainte. Le rabbin Yehiel de Paris y fonde une yeshiva qui sera connue au-delà de la Terre Sainte. Nahmanide, grand kabbaliste d'Espagne le remplacera. En 1291, la ville est prise par les mamelouks. Cette date marque la fin du royaume latin de Jérusalem et de la présence occidentale en Terre Sainte.

Durant les croisades, la vieille ville d'Acre était divisée en quartiers contrôlés par des marchands venus de tout le pourtour méditerranéen, notamment vénitiens, pisans, gênois, français et germaniques.

Dans l'empire ottoman[modifier | modifier le code]

Durant cette période, de nombreux ordres religieux s'installent à l'intérieur de la ville, notamment les ordres mendiants, c'est-à-dire les Franciscains ainsi que les Dominicains. La ville compte un grand nombre d'églises, ces dernières pouvant être paroissiales ou bien au service d'un ordre particulier. En plus des églises, les ordres monastiques possédaient des bibliothèques dans lesquelles étaient conservées les manuscrits enluminés de l'atelier d'Acre. D'après Folda, c'est le roi Louis IX qui aurait fondé cet atelier lors de son séjour dans la ville.

La ville fera son retour au cœur de l'actualité du monde lorsque, le 20 mai 1799, le général Napoléon Bonaparte commence le siège de Saint-Jean-d'Acre. Du côté des assiégés, les Turcs sont commandés par Djezzar Pacha et une flotte britannique est commandée par l'amiral William Sidney Smith. Un Français émigré est à leurs côtés, Antoine Le Picard de Phélippeaux. Les Français n'ont ni artillerie ni provisions. Après huit assauts, ils doivent renoncer.

C'est dans cette ville que fut exilé et mourut Mirza Husayn Ali Nuri (1817-1892), surnommé Bahá'u'lláh et fondateur du Bahaïsme, dont Acre abrite plusieurs lieux saints aux côtés de Haïfa.

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1918, après la Première Guerre mondiale et dans le contexte du démembrement de l'empire ottoman, cette ville passe au sein du mandat britannique en Palestine.

Sa citadelle est connue en Israël et à l'étranger, pour avoir été un centre de détention britannique avant la création de l'État hébreu. Parmi ses plus célèbres prisonniers, Vladimir Jabotinsky, le père de la droite politique israélienne, ainsi que Shlomo Ben Yosef, un activiste de l'Irgoun, qui y fut exécuté.

En 1948, la ville compte 12,000 habitants. Le Plan de partage de la Palestine a prévu son incorporation à l'État arabe d'autant que la ville ne comptait aucun habitant juif. Le 13 mai la Haganah lance l’opération Ben-Ami dans l’ouest de la Galilée visant à la conquête d'Acre et de toute la plaine côtière jusqu'à la frontière libanaise. La brigade Carmeli prend la ville le 17 mai. À leur entrée, la ville a été ravagée et les 5 000 habitants restant sont pour la plupart des réfugiés venant de Haïfa. Les mois qui suivirent, les autorités sionistes débattirent de l’option du transfert de ces gens vers Jaffa, voire de leur expulsion mais rejetèrent cette option[2].

Personnalités nées à Saint-Jean-d'Acre[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Moshe Sharon, Near and Middle East, BRILL,‎ 1997 (ISBN 9789004108332, présentation en ligne)
  2. Benny Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, Oxford University Press, 2003, pp.229-232.
  3. La vocation maritime d’Akko et ses points communs avec La Rochelle ont permis un Jumelage dès 1972.
  4. http://www.ville-larochelle.fr/decouvrir-la-ville/villes-jumelles/israel-akko.html
  5. http://www.israel-francophone.com/index.php?option=com_content&view=article&id=383:un-jumelage-en-route&catid=15:akko&Itemid=5
  6. Signature du jumelage entre Saint-Mandé et Acre

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :