The Washington Post

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The Washington Post
Image illustrative de l'article The Washington Post

Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Langue Anglais
Périodicité Journalier
Format Grand format
Genre Généraliste
Diffusion 838 014 ex.
Date de fondation 1877
Éditeur The Washington Post Company
Ville d’édition Washington

Propriétaire Jeff Bezos
ISSN 0190-8286
Site web www.washingtonpost.com

The Washington Post est un journal américain dont le siège est situé à Washington. Le centre de gravité était plutôt de centre-gauche avant la mort de sa propriétaire Katharine Graham. Depuis, sous la direction de son fils, Donald E. Graham, le journal se rapproche du centre-droit mais la ligne éditoriale reste centriste.

Recherche de la vérité, indépendance : la publication des rapports secrets du Pentagone sur la guerre du Viêt Nam ou les révélations sur le scandale du Watergate ont démontré que le Washington Post vivait selon certains principes, au premier rang desquels la protection des sources d'information des journalistes.

Le Post est sorti de l'anonymat dans les années 1930 grâce à la ligne éditoriale — toujours suivie — et la politique commerciale agressive mises en place par son directeur Eugene Meyer, futur président de la Banque mondiale. Premier quotidien à paraître sept jours sur sept (en 1880) et à charger un médiateur de veiller sur l'indépendance du journal (dès 1970), le Post a toujours su évoluer pour devenir l'un des journaux mondiaux les plus influents. Depuis 1999, la couleur a fait son apparition.

Histoire[modifier | modifier le code]

Premier siège du Washington Post, en 1948.
« Eagle a atterri » : édition du The Washington Post parue le 21 juillet 1969, au lendemain des premiers pas sur la Lune des astronautes d'Apollo 11.

Le Washington Post est fondé en 1877 par Stilson Hutchins, journaliste favorable au Parti démocrate américain. Les premiers numéros comprennent quatre pages et coûtent trois cents. En 1889, Hutchins vend le quotidien à Frank Hatton et Beriah Wilkins, lesquels créent The Washington Post Company, aujourd’hui propriétaire de Newsweek, de chaînes de télévision, de réseaux câblés et, jusqu'en 2003, de la moitié du capital de l’International Herald Tribune, publié à Paris. John R. McLean, patron du Cincinnati Enquirer, rachète la publication en 1905 : il l’agrémente de dessins humoristiques en couleurs et lui donne une orientation « sensationnaliste », mettant l’accent sur les faits divers et les scandales. Son fils, Edward McLean, lui succède en 1916, mais la révélation du Teapot Dome, présenté comme un scandale alors qu’il n’en est rien, et portant sur la concession de champs de pétrole nationaux à des exploitants privés, le conduit devant les tribunaux et détruit la réputation de son journal, dont les ventes et les recettes publicitaires s’effondrent, causant ainsi sa faillite.

En 1933, un banquier d’affaires, Eugene Meyer, rachète le Post au cours d’une vente aux enchères. S’il n’a pas d’expérience de journaliste, il ne manque pas, en revanche, d’idées sur la façon de gérer un organe de presse. Sous sa direction en effet, le tirage triple en dix ans. En 1946, lorsque Meyer est nommé premier président de la Banque mondiale, il passe la main à Philip Graham, son gendre, avant de lui céder, ainsi qu’à sa fille, Katharine Meyer Graham, la propriété du journal, en 1948.

Philip Graham crée des bureaux à l’étranger. En 1954, il fait l’acquisition du Washington Times Herald et prend aussi une participation dans le capital du Los Angeles Times, afin de fonder une agence de presse destinée à vendre les mêmes articles à ces journaux. Par ailleurs, le groupe diversifie ses prises d’intérêts, notamment avec l’achat de stations de radio et de chaînes de télévision. En 1961, il acquiert Newsweek, et en 1967, le Post et le New York Times lancent conjointement l’International Herald Tribune.

Dans les années 1970 et 1980, le groupe vend ses dernières stations de radio et acquiert de nouvelles chaînes de télévision. Il investit dans la télévision câblée en achetant Legi-Slate, un service en ligne qui fournit des informations générales et juridiques. Il devient également propriétaire de Kaplan Educational Centers, une école qui assure, entre autres, un soutien scolaire et délivre des conseils en matière de recherche d’emploi.

Siège du Washington Post jusqu'en 2013.

En 1993, le groupe crée Digital Ink Company, destinée à gérer le développement des services d’information électronique du Post, accessibles essentiellement sur Internet. Les 160 millions de pages vues mensuellement en témoignent, ce site d'information est l'un des plus complets dans son secteur. Mise en ligne du journal du jour, suivi de l'actualité, dossiers thématiques… Le site, créé en 1996, attire de nombreux internautes de l'étranger. Seules les archives de plus d'une semaine sont payantes.

Depuis 1999 le journal n'est plus imprimé à Washington, au siège du journal, mais dans la banlieue de la capitale fédérale[1].

En août 2013, Jeff Bezos, fondateur d'Amazon.com achète le Washington Post (alors propriétaire du groupe Graham Holdings) pour un montant de 250  millions de US dollars[2]. En novembre de la même année, Graham Holdings vend le siège historique du journal, qui était resté sa propriété. Le bâtiment, situé sur la 15e Rue, près de la Maison-Blanche, est acheté par le groupe immobilier Carr Properties pour 159 millions de dollars ; celui-ci compte le détruire pour construire à la place un hôtel ou un immeuble mi-résidentiel, mi-commercial. Malgré son histoire, l'ancien siège du quotidien n'est en effet pas classé « site historique ». Les journalistes devraient commencer à quitter les lieux lorsqu'un nouveau site sera trouvé, à Washington.

Un grand journal d'investigation[modifier | modifier le code]

En 1971, sa rédaction publie des extraits des Pentagon Papers, qui dévoilent les mensonges dont le gouvernement américain s’est rendu responsable durant la guerre du Viêt Nam.

En 1972, deux journalistes du Post, Bob Woodward et Carl Bernstein, révèlent le scandale du Watergate. Ce scandale conduit le président Richard Nixon à la démission et entraîne la condamnation de plusieurs de ses collaborateurs. L’article qui a déclenché ce scandale vaudra l’attribution du prix Pulitzer au journal et la célébrité à ses auteurs.

Une indépendance éditoriale qui fait débat[modifier | modifier le code]

Le rachat du journal par le milliardaire Jeff Bezos a suscité des inquiétudes jusqu'au sein de la rédaction du journal, au point que le nouveau propriétaire s'est fendu d'une lettre ouverte dans laquelle il affirme qu'il « ne dirigera pas le Washington Post au jour le jour »[3].

Dans un article paru dans le mensuel Extra!, de l'association Fairness and Accuracy in Reporting, en mars 2014, Keane Bhatt dénonce un possible conflit d'intérêt entre Jeff Bezos, propriétaire d'Amazon et la CIA, cette dernière ayant payé environ 600 millions dollars à Amazon, pour des contrats demeurés secrets[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre-Yves Dugua, « Le Washington Post va quitter son immeuble historique », in Le Figaro, encart « Économie », vendredi 29 novembre 2013, page 24.
  2. « Le fondateur d'Amazon Jeff Bezos rachète le Washington Post pour 250 millions de dollars » , L'Expansion.com avec AFP, édité le 6 août et mis à jour le 7 août 2013
  3. The Washington Post, 5 août 2013
  4. Keane Bhatt Jeff Bezos and the Imperial Paper Fairness and Accuracy in Reporting, 1er mars 2014.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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