Église grecque-catholique ukrainienne

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Église grecque-catholique ukrainienne
Nom local Українська Греко-Католицька Церква
Union à Rome 1595-1596
(Union de Brest)
Primat actuel Sviatoslav Schevchuk
Siège Kiev, Ukraine
Territoire primaire Ukraine
Extension territoriale Pologne, États-Unis, Canada, Brésil, Argentine, Australie, Europe occidentale
Rite byzantin (var. ukrainiennne)
Langue(s) liturgique(s) slavon
Population estimée 4 269 000 (2005)


Nouvelle cathédrale en construction à Kiev

L'Église grecque-catholique ukrainienne est une des Églises catholiques orientales. Le chef de l'Église porte le titre d'Archevêque majeur de Kiev et de Galicie, avec résidence à Kiev.

L'Église grecque-catholique est, par la taille, la troisième Église d’Ukraine avec près de 8 % de la population. Il existe deux autres Églises catholiques en Ukraine : l'Église catholique de rite latin et l'Église grecque-catholique ruthène, toutes unies à Rome.

Sommaire

[modifier] Nom

L'Église grecque-catholique ukrainienne est également connue sous d'autres noms :

  • Église gréco-catholique ukrainienne
  • Église catholique ukrainienne de rite byzantin
  • Église catholique ukrainienne
  • Église catholique kiévienne
  • Église catholique de Kiev

[modifier] Histoire

[modifier] Union avec Rome

Article détaillé : Union de Brest.

[modifier] Période contemporaine

1595-1596, Union de Brest : Décision de la Métropole de Kiev de rompre ses relations avec l'Église de Constantinople pour se placer sous la juridiction de Rome. La Ruthénie (actuelle Ukraine) faisait alors partie de la République des Deux Nations (Pologne catholique). Établissement de l'Église grecque-catholique ukrainienne.

1646, Union d'Užhorod : Décision de 63 prêtres orthodoxes de Ruthénie subcarpatique de se placer sous la juridiction de Rome. La Ruthénie subcarpatique faisait alors partie du royaume de Hongrie. Établissement de l'[Église grecque-catholique ruthène].

1698, Synode d'Alba Iulia : Union à Rome des Roumains orthodoxes de Transylvanie alors sous la domination directe des Habsbourg. Établissement de l'Église grecque-catholique roumaine.

1945 Rattachement forcé des Églises grecques-catholiques ukrainienne et ruthène à l'Église orthodoxe russe (en URSS). l'Église continue d'exister dans la diaspora (et clandestinement en Ukraine). L'opération d’annexion de l'Église grecque catholique ukrainienne par l'Église orthodoxe russe en 1945 a été dirigée par Staline. Une lettre de décembre 1945 de Nikita Khrouchtchev à Joseph Staline, récemment découverte, prouve que les dirigeants soviétiques ont été directement impliqués dans la liquidation de l'Église catholique uniate d'Ukraine. "Lorsque j'étais à Moscou, je vous ai informé sur le travail accompli en vue de la destruction de l'Église uniate et sur l'intégration des religieux dans l'Église orthodoxe", écrit Nikita Khrouchtchev, alors chef du PC d'Ukraine, dans cette lettre datée du 17 décembre 1945 et issue des archives du Parti communiste de l'Union soviétique.

Ces écrits confirment les thèses défendues par de nombreux historiens sur le sort subi par l'Église uniate, ou grecque-catholique, implantée principalement dans l'ouest de l'Ukraine.

Les évêques de cette Église avaient été arrêtés simultanément le 11 avril 1945 et condamnés aux travaux forcés, sous prétexte de collaboration avec les forces allemandes pendant l'occupation.

En 1946, sous l'impulsion d'un "comité pour la réunification de l'Église grecque-catholique avec l'orthodoxie" le clergé a été intégré de force à l'église orthodoxe moscovite, résiliant le lien avec Rome datant de 1596. Le 9 décembre 1946, 204 prêtres grecs-catholiques abjurèrent "l'hérésie latine".

Les prêtres perpétuèrent leur culte clandestinement, et d'autres prirent le chemin de l'exil.

1948 Rattachement forcé de l'Église grecque-catholique roumaine à l'Église orthodoxe roumaine (en Roumanie). L'Église uniate continue d'exister dans la diaspora (et clandestinement en Roumanie).

1989 Rétablissement des Églises grecques-catholiques ukrainienne et roumaine, mais les autorités de ces deux pays à majorité orthodoxe refusent de leur restituer les biens confisqués (monastères, églises, écoles) et attribués aux Églises orthodoxes. L'église grecque-catholique revendique aujourd'hui plus de cinq millions de fidèles en Ukraine répartis dans plus de 3.300 paroisses.

Jean-Paul II est connu pour avoir été le grand défenseur de la communauté grecque-catholique ukrainienne. La sortie des catacombes de cette Église fut l'un des moments les plus émouvants de son pontificat.

[modifier] Transfert du siège à Kiev

Le 21 août 2005, le siège de l'Église a été officiellement transféré de Lviv à Kiev la capitale. Le titre du primat a évolué d'Archevêque majeur de Lviv à Archevêque majeur de Kiev et de Galicie.

Le changement de siège est devenu une nouvelle source de tension entre l'Église orthodoxe russe[1] et l'Église catholique romaine.

L’Église orthodoxe d'Ukraine (Patriarcat de Moscou) a demandé au pape Benoît XVI d’annuler ce transfert.

[modifier] Organisation

Ukraine (organisation antérieure au changement de siège)

Cathédrale grecque-catholique de Lviv
  • Archéparchie majeure de Lviv
    • Éparchie de Stryi
    • Éparchie de Sambir-Drohobych
    • Éparchie de Ternopil
    • Éparchie de Sokal
    • Éparchie d'Ivano-Frankivsk
    • Éparchie de Buchatska
    • Éparchie de Kolomiya-Chernivtsi
    • Exarchat de Kyiv-Vyshhorod
    • Exarchat de Donetsk-Kharkiv

Russie

  • Quelques paroisses

Pologne

France

Allemagne

Grande-Bretagne

Canada

Église Saint-Jean-le-Baptiste à Ottawa (Canada)

États-Unis

  • Archéparchie métropolitaine de Philadelphie
    • Éparchie de Chicago
    • Éparchie de Stamford
    • Éparchie de Parma

Brésil

  • Éparchie de Kurytyb

Argentine

  • Éparchie d'Argentine

Australie

  • Éparchie d'Australie, de Nouvelle-Zélande et d'Océanie

[modifier] Relations avec les autres Églises

Une minorité de tendance traditionaliste a fondé la Société sacerdotale Saint-Josaphat [1] [2] de rite byzantin avec l'appui de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. Elle confère les Ordres majeurs dans le rite ruthène. [3]. Les tensions sont vives avec l'Église grecque-catholique ukrainienne. [4]

[modifier] Relations avec l'Église catholique romaine

Un mouvement existe au sein de l'Église grecque-catholique ukrainienne (clergé et fidèles) pour sa reconnaissance par Rome en tant qu'Église patriarcale ([5] et [6]).

[modifier] Relations avec les Églises orthodoxes

Les relations avec les Églises Orthodoxes, particulièrement le Patriarcat de Moscou, sont tendues, du fait que l'Église grecque-catholique ukrainienne occupe de force 1 300 églises appartenant à l'Église Orthodoxe en Ukraine, l'écrasante majorité du temps sans y avoir droit[2].

[modifier] Références

  1. www.risu.org.ua
  2. http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/eh/f/cause/lectures/Russie_Uniates.htm

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens internes

[modifier] Liens externes

[modifier] Bibliographie

  • Antoine Arjakovsky, Entretiens avec le cardinal Lubomyr Husar : vers un christianisme post-confessionnel, Parole & Silence, Paris, 2005 (ISBN 2845733119)

[modifier] Filmographie

Dans le film Les souliers de saint Pierre (1968), l'acteur Anthony Quinn incarne l'archevêque métropolite grec-catholique ukrainien de Lviv, Kiril Pavlovich Lakota, libéré d'un goulag soviétique pour être envoyé à Rome et y devenir peu de temps après pape. Un film marquant qui aurait inspiré le président Richard Nixon dans sa stratégie à l'égard de Pékin. Un film prémonitoire aussi, 10 ans avant l'élection de Karol Wojtyla au trône pontifical.

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