Raymond VII de Toulouse

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Raymond de Toulouse

Raymond VII (IX)[1] de Toulousejuillet 1197 à Beaucaire – † 27 septembre 1249 à Millau), est un comte de Toulouse, de Saint-Gilles, duc de Narbonne, marquis de Gothie et de Provence de 1222 à 1249. Il était fils de Raymond VI, comte de Toulouse, de Saint-Gilles, marquis de Gothie et de Provence et duc de Narbonne et de Jeanne d'Angleterre. Par sa mère, il était petit fils du roi Henri II d'Angleterre, neveu des rois d'Angleterre Richard Cœur de Lion et Jean Sans Terre et par conséquent cousin du roi Henri III d'Angleterre.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1215, le concile de Latran dépossède son père Raymond VI de tous ses États pour les donner à Simon IV de Montfort, ne laissant que le marquisat de Provence à Raymond VII, si sa conduite montrait sa droiture religieuse. Profitant de la présence de Simon de Montfort en Île-de-France pour rendre hommage au roi Philippe Auguste, les deux Raymond débarquent à Marseille en mai 1216, prennent Beaucaire et assiègent le château, tenu par une garnison de Montfort. Raymond VI se rend ensuite en Aragon, tandis que Raymond VII est assiégé par les troupes de Montfort. Pour sauver la garnison du château, Simon de Montfort est obligé de livrer le château et de lever le siège de la ville le 24 août : c’est la première défaite d’importance de Simon de Montfort en Occitanie. Et la révolte commence à poindre. Profitant d’un moment où Montfort guerroie dans le Valentinois, Raymond VI reprend Toulouse, bientôt rejoint par son fils. Simon de Montfort est alors tué au cours du siège qui suit.

Bulle de l'empereur Frédéric II donnant à Raymond VII, comte de Toulouse, le Comtat Venaissin et diverses autres terres, 8 septembre 1234. Archives nationales AE/I/1 n°1

Pour éviter que la lutte ne s’envenime religieusement, Raymond VI, excommunié depuis dix ans, reste en retrait, tandis que Raymond VII mène la lutte contre Amaury VI de Montfort et regagne le terrain perdu. Raymond VI meurt en août 1222 et Raymond VII lui succède, sans qu’Amaury de Montfort ne puisse s’y opposer, mais qui le place automatiquement sous le coup de l'excommunication. Raymond VII, allié au comte Raymond-Roger de Foix, puis à son fils Roger Bernard II continue la lutte contre Montfort et reconquiert l’ensemble du « Grand Languedoc ». Amaury, à qui il ne reste que la ville de Carcassonne, doit renoncer en janvier 1224, se retire en Île-de-France et cède tous ses droits sur ses terres occitanes au roi Louis VIII.

À l'occasion des conciles de Montpellier (25 août 1224) et de Bourges (30 novembre 1225), Raymond VII prend l'engagement de se soumettre et de lutter contre les cathares, mais ces promesses n'empêchent pas l'organisation d'une nouvelle « croisade » contre lui[2]. Louis VIII intervient au sud, prend Avignon, reconquiert les trois vicomtés Trencavel[3] qu’il rattache à la Couronne et transforme en sénéchaussées, soumet le Toulousain, mais meurt au retour, à Montpensier. Blanche de Castille, la régente, envoie Humbert V de Beaujeu pour restaurer l’autorité royale en Languedoc. Après deux ans de guérilla, Raymond se résigne à signer le traité de Paris en 1229, par lequel il cédait les anciennes vicomtés Trencavel au roi de France et accordait Jeanne, sa fille et unique héritière, à Alphonse de Poitiers, frère du roi Louis IX.

Cette soumission instaure une véritable dépendance à la Couronne, et le pape Grégoire IX crée bientôt, en 1233, l’Inquisition pour lutter contre le catharisme. Des magistrats, envoyés de Paris, fondent une université à Toulouse. Le comte et les consuls de Toulouse réussiront avec le temps à noyauter cette université.

Raymond VII se soumettant au roi de France Louis IX

Pour se débarrasser de la tutelle royale, Raymond entre, en 1241, dans une coalition dirigée contre le roi Louis IX de France et son frère Alphonse de Poitiers, qui est devenu gendre de Raymond. Cette coalition est formée du roi d’Angleterre, du comte de Foix et des seigneurs poitevins, parmi lesquels Hugues X de Lusignan, dont il épouse la fille. Cette coalition doit susciter des révoltes simultanées dans le Poitou et le Languedoc, mais des imprudences de Lusignan la font révéler prématurément, et les conjurés, vaincus en juillet 1242 à la bataille de Taillebourg, doivent faire leur soumission. Raymond attaque le comte de Foix, son vassal, en janvier 1243 car ce dernier avait quitté la coalition avant même le début des hostilités. Finalement, le comte Raymond doit rendre hommage au roi de France Saint Louis en 1243 et rendre les terres conquises au comte de Foix. Par prudence, il n’aidera pas la révolte de Raimond II Trencavel cette même année.

En 1248, le roi Louis IX part en croisade, accompagné d’une grande partie de son ost. Raymond reste en France, espérant profiter de son absence pour reconquérir ses domaines, mais la maladie le prend alors qu’il se trouve à Millau où il meurt en septembre 1249 à l'âge de 52 ans. Son gendre devient comte de Toulouse et, après la mort de ce dernier en 1271, le comté est annexé par la Couronne de France.

Mariages et enfant[modifier | modifier le code]

En 1211 il avait épousé Sancie d'Aragon (1186-1242), fille du roi troubadour Alphonse II et de Sancha de Castille. Elle donne naissance à :

Comme celle-ci ne lui a laissé qu’une fille promise en mariage à un capétien, et qu’il espère un fils permettant d’annuler les clauses du traité de Paris, Raymond répudie Sancie en 1241 et négocie avec le comte Raimond Bérenger IV de Provence son mariage avec Sancie de Provence, mais ce mariage nécessite l’accord du pape. Or Célestin IV vient de mourir et il n’y aura pas d’élection de pape avant un an. Lassé d’attendre, le comte de Provence marie Sancie avec Richard de Cornouailles et Raymond épouse en 1243 Marguerite de Lusignan (1228 † 1288), fille d’Hugues X de Lusignan, comte de la Marche et d’Angoulême. Mais le mariage est annulé en 1245 par sentence des juges délégués par le pape pour des raisons de consanguinité.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Florence Ferrari, Le dernier comte cathare, Monaco, LiberFaber, 2013
  • Jean-Luc Déjean, Les comtes de Toulouse (1050-1250), Paris, Fayard, 1979 (réimpr. 1988), p. 329-392
  • Foundation for Medieval Genealogy : Raymond VI et Raymond VII, comte de Toulouse

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon la généalogie traditionnelle des comtes de Toulouse faite par les Bénédictins dans l’Histoire générale de Languedoc, il serait Raymond VI, mais des études critiques ont établi que deux comtes du prénom de Raymond avaient été omis. Il serait donc Raymond VIII : voir Christian Settipani, La Noblesse du Midi Carolingien, Oxford, Linacre College, Unit for Prosopographical Research, coll. « Prosopographica et Genealogica »,‎ 2004, 388 p. (ISBN 1-900934-04-3), p. 28-35.
  2. (de) Charles Joseph Hefele (trad. Dom H. Leclercq), Histoire des conciles d’après les documents généraux, vol. 5,‎ 1863 (réimpr. 1912), p. 1141-3
  3. Albi, Béziers et Carcassonne
  4. la date de 1241 est également proposée pour le mariage de Jeanne de Toulouse

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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