Diaspora arménienne en France

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Arméniens de France

Populations significatives par région
Population totale 600 000 (2013)
Autres
Langues

français, arménien

Religions

Christianisme, surtout apostolique arménien, ainsi que arménien catholique, arménien évangélique et protestants divers.

Les Arméniens de France (en arménien Ֆրանսահայ) sont les personnes d'origine arménienne vivant en France.

Comme c'est souvent le cas dans la diaspora arménienne, la plupart des Arméniens de France a immigré après le génocide arménien de 1915. Il y avait environ 600 000 Arméniens en France en 2011 (dont 400 000 nés en France) selon des estimations du Comité de défense de la cause arménienne (CDCA) et du Centre de recherches sur la diaspora arménienne (CRDA), mais le président du CRDA déclarait en même temps que "Tout recensement précis est impossible dans ce domaine". Hratch Varjabedian, directeur du Bureau français de la cause arménienne, parlait à la même époque de 400 000 électeurs français d'origine arménienne[1],[2].

Selon l'INSEE, en 2008, il y avait en France métropolitaine 14 732 personnes nées en Arménie[3] ainsi que 1 704 enfants de moins de 18 ans nés en France et d'origine arménienne[4].

La communauté est concentrée principalement à Marseille (principale ville de débarquement des Arméniens après le génocide), Lyon, Valence, Paris et sa banlieue (principalement à Arnouville, Alfortville, Clamart et Issy-les-Moulineaux).

Histoire[modifier | modifier le code]

Il faut remonter au XVe siècle pour voir des marchands arméniens présents dans le port de Marseille. Cette communauté arménienne, par ses liens avec l'Orient, est la première à importer des indiennes et à initier des artisans locaux à leur reproduction, avec des peintures colorées.

Leur présence amène Jean-Baptiste Colbert à créer en 1669 le port franc de Marseille des Arméniens. Ruinés par la chute de Candie, ils rejoignent la ville[5]. Appelés chofelins[6], ils apprennent aux maîtres cartiers marseillais à peindre les cotonnades de façon différente. Ils maîtrisent en effet la technique des « indiennes de Masulipatnam », appelée aussi Machilipatnam.

Mais ce sont essentiellement les immigrations de la fin du XIXe et du début du XXe siècle qui amenèrent à Marseille la majorité de sa population arménienne actuelle[7].

Cette communauté dispose notamment d'une publication en langue arménienne, Nor Haratch.

Organisations[modifier | modifier le code]

Les organisations communautaires arméniennes en France sont très nombreuses sur le plan religieux, culturel, social, sportif et politique.

Chacune des trois Églises arméniennes dispose de sa propre organisation, trois diocèses (Lyon, Marseille, Paris) dépendant du Catholicossat de tous les Arméniens (apostolique), l'Éparchie Sainte-Croix-de-Paris des Arméniens (catholique) et l'Union des Églises évangéliques arméniennes de France (protestante).

Dans les communes à forte implantation arménienne, on compte des associations à vocation culturelle comme la Maison de la culture arménienne de Décines (près de Lyon) ou la radio AYP FM (région parisienne), sociale comme la Maison des étudiants arméniens à Paris, sportive comme l'Union de la jeunesse arménienne d'Alfortville et l'Union Sportive de la Jeunesse d'Origine Arménienne de Valence (clubs de football), ou catégorielle comme l'Association nationale des anciens combattants et résistants arméniens ou l'Association des gays et lesbiennes arméniens de France[8].

Les équivalents arméniens les plus proches du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN), du Collectifdom ou du Conseil représentatif des associations asiatiques sont le Forum des associations arméniennes de France, créé en 1991[9], et le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France, nouvelle dénomination en 2001 du « Comité du 24 avril »[10].

Le Comité de défense de la cause arménienne (C.D.C.A), créé en 1965, milite principalement pour la reconnaissance du génocide et la lutte contre le négationnisme.

Reconnaissance du génocide arménien[modifier | modifier le code]

En 2001, le Parlement français vote une loi reconnaissant le génocide arménien[11]. En 2006, une proposition de loi est adoptée par l'Assemblée nationale, qui vise à rendre sa négation punissable de cinq ans de prison et de 45 000 euros d'amende[12]. Le 4 mai 2011, une exception d'irrecevabilité à la proposition de loi, est présentée au Sénat par Jean-Jacques Hyest et est adoptée[13],[14] : cela implique que la proposition de loi ne sera pas, elle-même, soumise au vote au Sénat.

Le 22 décembre 2011, l'Assemblée nationale vote une nouvelle proposition de loi[15] condamnant la négation d'un génocide, y compris celui des Arméniens, et prévoyant une peine d'emprisonnement d'un an et 45 000 euros d'amende[16]. Cette proposition de loi est adoptée à son tour par le Sénat le 23 janvier 2012[17]. Elle est néanmoins jugée contraire à la constitution par le Conseil constitutionnel le 28 février 2012[18].

Personnalités françaises d'origine arménienne[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. AFP, "Les Arméniens en France", Le Point, 22 décembre 2011
  2. Lucie Tourette, « Turcs et Arméniens de France, qui sont-ils ? », sur http://www.la-croix.com/,‎ 24 janvier 2012 (consulté le 5 mars 2012).
  3. Tableau CD-MF2 - Immigrés selon le sexe, la catégorie de population et le pays de naissance détaillé - France, Insee 2008
  4. Tableau MF34 bis - Enfants de moins de 18 ans vivant dans une famille immigrée selon le sexe, le lieu de naissance et la nationalité de l'enfant, et le pays de naissance de la personne de référence de la famille ou du conjoint - France, Insee 2008
  5. Les belles de mai : deux siècles de mode à Marseille : collections textiles du Musée du Vieux-Marseille (XVIIIe ‑ XIXe siècles), Marseille, Alors Hors Du Temps, 2002 (ISBN 978-2951793217), p. 35 [lire en ligne].
  6. « Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) et les Arméniens », sur ADIC (consulté le 30 mars 2011).
  7. « Être Arménien... loin de l’Ararat : Arméniens de Marseille », sur http://www.armeniens.culture.fr/ (consulté le 30 mars 2011).
  8. Liste des associations arméniennes de France, Netarménie
  9. Diaspora en France - Les Associations, site de l'Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée
  10. Statuts du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France, liste des organisations membres du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France
  11. « Loi n° 2001-70 du 29 janvier 2001 relative à la reconnaissance du génocide arménien de 1915 » [lire en ligne (page consultée le 8 novembre 2011)]
  12. « Proposition de loi complétant la loi n° 2001-70 du 29 janvier 2001 relative à la reconnaissance du génocide arménien de 1915 », Assemblée nationale, 12 avril 2006 [lire en ligne (page consultée le 8 novembre 2011)].
  13. Scrutin n° 200 - séance du 4 mai 2011
  14. Interview du sénateur Serge Lagauche
  15. « Proposition de loi portant transposition du droit communautaire sur la lutte contre le racisme et réprimant la contestation de l’existence du génocide arménien », Assemblée nationale, 18 octobre 2011 [lire en ligne (page consultée le 26 décembre 2011)].
  16. AFP, Damien Meyer, « Loi sur le génocide: la Turquie rappelle son ambassadeur », L'Express,‎ 22 décembre 2011 (consulté le 22 décembre 2011).
  17. « Génocide arménien : la loi adoptée », sur Le Figaro,‎ 23 janvier 2012 (consulté le 23 janvier 2012).
  18. « Décision n° 2012-647 DC du 28 février 2012 », sur http://www.conseil-constitutionnel.fr/ (consulté le 28 février 2012).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]