Haïfa

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Haïfa
(he) חֵיפָה - (ar) حيفا
Blason de Haïfa
Héraldique
Drapeau de Haïfa
Drapeau
Image illustrative de l'article Haïfa
Administration
Pays Drapeau d’Israël Israël
District District de Haïfa
Maire Yona Yahav
Démographie
Population 268 200 hab. (2010)
Densité 4 470 hab./km2
Géographie
Coordonnées 32° 48′ 43″ N 34° 59′ 55″ E / 32.811918, 34.99874332° 48′ 43″ Nord 34° 59′ 55″ Est / 32.811918, 34.998743  
Altitude 0 - 425 m
Superficie 6 000 ha = 60 km2
Localisation

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Haïfa
Liens
Site web http://www.haifa.muni.il

Haïfa (חֵיפָה en hébreu ; حيفا - Haïfa en arabe) est une ville côtière d’Israël située sur les bords de la mer Méditerranée.

Considérée comme la capitale du nord d’Israël, Haïfa et son agglomération ont une population totale de l’ordre de demi-million d’habitants fin 2008. Elle est connue pour son important port en eau profonde ainsi que son importante industrie chimique. Elle accueille l'université du Technion.

Géographie[modifier | modifier le code]

Située au nord du pays et dans le district qui porte son nom, Haïfa est la troisième ville du pays et compte une population de 270 500 habitants[1],[2]. À l’instar d’Acre et de Jérusalem, à côté de la population juive, elle abrite une importante communauté arabe palestinienne (Arabes israéliens), approximativement 25 000 personnes, de confessions diverses. Logée en contrebas ainsi que sur les hauteurs du Mont Carmel, elle est une des villes portuaires les plus importantes du pays et abrite en son sein l’Université de Haïfa, et le célèbre centre polytechnique d'éducation et recherches Technion (Institut israélien de technologie).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le nom de cette cité est mentionné dans le Talmud au IIIe siècle avant l’ère chrétienne. Il s’agit alors d’une bourgade située aux environs de Shikmona, la principale ville juive de la région. Conquise et intégrée à l’empire byzantin, elle fut ensuite successivement placée sous la domination des Perses et de l’empire arabe. En 1100, les Croisés font le siège de la ville avant de l’intégrer dans la Principauté de Galilée. Ce furent les Mamelouks qui reprirent les lieux en 1265 avant qu’elle ne soit progressivement désertée et abandonnée jusqu’au XVIIe siècle.

En 1761, le souverain bédouin Daher El-Omar reconstruisit la cité en la ceinturant d’une muraille. Toutefois, la nouvelle cité fut déplacée de son lieu d’origine et située dans un lieu étroit entre la mer et les hauteurs du Mont Carmel. À l’exception de courtes périodes marquées par les tutelles de Bonaparte (1799) et de Mehemet Ali (1831), Vice-Roi d’Égypte, la tutelle ottomane perdurera jusqu’au démembrement de l’empire en 1918 (conséquences de la Première Guerre mondiale sur la géographie du Moyen-Orient).

En 1868, l’arrivée des membres de la Tempelgesellschaft (Société du Temple) bénéficia beaucoup au développement de la ville. Ces immigrants allemands bâtirent leurs maisons dans ce qui est maintenant connu comme la « colonie allemande ». Les templiers contribuèrent grandement à l’industrie et au commerce de Haïfa, et jouèrent un rôle important dans sa modernisation.

Rue Ha’Atzmaouth (rue de l’Indépendance), la voie principale de la Ville-Basse, le centre commercial et pendulaire de la métropole.

Placée sous tutelle du mandat britannique en Palestine, elle sera intégrée ultérieurement au territoire d’Israël lors de son indépendance. Au début du XXe siècle, elle était déjà un port industriel important avec une population de 20 000 habitants, dont 84 % de Musulmans, 12% de chrétiens, et 4 % de Juifs. Toutefois, eu égard notamment aux vagues successives de l’immigration juive en Palestine, la proportion de musulmans diminua (38 % pour 47 % de Juifs). Cette situation connut un tournant lors de la guerre d’indépendance d’Israël, lorsque quelque 60 000 citoyens arabes fuirent la région, dont la célèbre Leïla Khaled. Cette fuite est le résultat de l’opération Misparayim (Ciseaux) conduite par les unités juives des brigades Carmeli. Elle a consisté à pilonner au mortier les quartiers arabes situés en contrebas des quartiers juifs[3],[4],[5].

Aujourd’hui, Haïfa est une cité multiculturelle et multiconfessionnelle, où coexistent des citoyens israéliens Juifs, Musulmans, Chrétiens et Druzes. Elle abrite aussi le Centre mondial baha'i (comprenant le mausolée du Báb, les jardins en terrasses et des bâtiments administratifs sur le flanc nord du mont Carmel), qui est un site administratif et de pèlerinage important pour les adeptes du bahaïsme, ainsi qu’une attraction touristique visitée[6]. D'autres lieux saints du bahaïsme se trouvent à Acre.

Les jardins en terrasses du mausolée du Báb, dont le pont enjambant l'avenue Haziyonuth.
La baie de Haïfa depuis le mont Carmel. Au premier plan, les jardins en terrasses du mausolée du Báb.
Haifa - le mont Carmel en bord de mer.

Le petit cimetière d’Haïfa abrite également la tombe de Mike Brant, un chanteur de variété qui fit une courte carrière en France dans le début des années 1970. Au désespoir de ses nombreux fans, il mit fin à ses jours le 25 avril 1975.

Économie[modifier | modifier le code]

Hormis son port industriel, la ville de Haïfa est également le terminal de l’oléoduc d’Eilat (traitement annuel de 9 millions de tonnes de brut dans ses raffineries) ainsi qu’une composante essentielle de l’économie israélienne du fait du Technion dont les travaux de recherche alimentent les start-up et les parcs technologiques répartis dans la périphérie de Tel Aviv-Jaffa jusqu’à la Galilée. Elle constitue également un centre de communication régionale et internationale sur le plan du transport aérien (Eilat), routier, ferroviaire (Tel Aviv-Jaffa) et maritime (Chypre).

La ville accueille le siège social d'un grand nombre d'entreprises industrielles, telles d’Israel Electric Corporation (CA : 17,6 milliards de dollars en 2006[réf. souhaitée]) qui fournit une grande partie de l’électricité en Israël, Intel Israël le premier exportateur privé du pays, ou encore ZIM, la compagnie israélienne de fret maritime.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Haïfa est une ville touristique importante de par son statut de capitale culturelle du Nord d’Israël et sa localisation côtière. En 2005, Haïfa abritait 13 hôtels qui disposaient de 1,462 chambres[7]. De plus elle dispose de 17 km de plages dont 5 kilomètres sont équipés de stations touristiques, la plupart de ses stations proposent des sports aquatiques[7].

Transports[modifier | modifier le code]

Une curiosité de Haïfa est le Carmelit, une ligne de métro souterrain conçu comme un funiculaire et comptant six arrêts. Celui-ci gravit les pentes du Mont Carmel.

L'autoroute reliant Acre a Tel Aviv traverse Haïfa. Un tunnel-autoroute à péage, construit sous forme dePPP au sud de la ville près du mont Carmel, permet aux véhicules de rejoindre les côtés sud ouest et est de la ville sans passer par le centre-ville ou de gravir le mont Carmel (en:Carmel Tunnels). Le temps de parcours est passé de 30-50 minutes à 6 minutes.

Société[modifier | modifier le code]

Haïfa abrite le Centre du Mont Carmel de formation communautaire pour les pays en voie de développement[8].

Politique[modifier | modifier le code]

La municipalité est gérée par le travailliste Yona Yahav depuis 2003. Il fut élu comme candidat d’une liste soutenue par les partis Shinouï, les Verts et Ishud Haschchunot.

Défense[modifier | modifier le code]

Sur le plan militaire, la ville abrite également une importante base navale de Tsahal pour ses opérations en Mer Méditerranée. La flotte stratégique de nouveaux sous-marins de classe Dolphin y trouve son port d’attache.

Personnes célèbres nées à Haïfa[modifier | modifier le code]

Vue panoramique.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)Jewish Agency.
  2. (en)Urbaneconomics.
  3. Pappé, Ilan (1992). The Making of the Arab Israeli Conflict 1947-1951. I B Tauris, p.72
  4. Morris, Benny (2001). "Revisiting the Palestinian exodus of 1948," in The War for Palestine: Rewriting the History of 1948 (pp. 37-59). Cambridge
  5. Pappe, Ilan. The Ethnic Cleansing of Palestine, p. 96, citing Zadok Eshel, "The Carmeli Brigade in the War of Independence", p. 147.
  6. (en) Hossein Amanat, « Haifa », Encyclopædia Iranica, Costa Mesa, Mazda, vol. 11,‎ 2002 (lire en ligne)
  7. a et b (en) Statistiques municipales [PDF].
  8. site du Centre

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]