Aire urbaine (France)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Illustration des termes de ville-centre, banlieue, couronne périurbaine, Unité urbaine et Aire urbaine d'après l'Insee

L'aire urbaine est une notion utilisée par l'Insee pour appréhender et décrire l'organisation urbaine de la France, et notamment le phénomène de la périurbanisation.

La notion d’aire urbaine est utilisée dans d’autres pays, mais avec une signification assez différente. Le terme d'aire métropolitaine peut également être utilisé, mais celui-ci désigne, en France, les plus grandes aires urbaines.

Notion[modifier | modifier le code]

Définition[modifier | modifier le code]

La notion d'aire urbaine repose sur celle d’unité urbaine, définie sur des critères morphologiques (continuité du bâti) et démographiques (taille minimale). On utilise pour l'aire urbaine également des critères de fonctionnement : le nombre d'emplois offerts et les déplacements domicile-travail.

Une aire urbaine est, selon la définition[1] de l'Insee, un ensemble continu et sans enclave formé par un pôle urbain (unité urbaine offrant plus de 10 000 emplois) et par sa couronne périurbaine, c'est-à-dire les communes dont 40 % de la population active résidente ayant un emploi travaille dans le pôle urbain ou dans une commune fortement attirée par celui-ci ; ces communes sont dites monopolarisées.

Cette définition a été élaborée entre 1994 et 1996 et appliquée pour la première fois en 1997 dans le cadre du recensement de 1990[2], en remplacement de la notion de zone de peuplement industriel et urbain (ZPIU), devenue trop peu discriminante. La taille minimale des pôles urbains était alors fixée à 5 000 emplois, elle a été portée à 10 000 lors de la révision en 2011. Cette révision s'est appuyée sur les données du recensement de la population 2008. La fréquence prévue pour les prochaines mises à jour est de 10 ans.

L'aire urbaine représente l'ensemble des habitants d'un même bassin d'emploi. Elle peut être considérée en particulier comme le bon cadre pour mettre au point des politiques de transport en commun. Ainsi, l'aire urbaine de Paris recouvre à peu près la superficie couverte par le réseau des transports en commun d'Île-de-France. Cependant, on constate souvent que les périmètres de transports urbains sont nettement plus petits que les aires urbaines[3], les habitants des zones périurbaines se trouvant ainsi mal desservis. La notion d'aire urbaine entre donc dans le cadre de la politique d'aménagement du territoire, tandis que l'unité urbaine ou agglomération concernera plutôt la politique de la ville.

Zonage en aires urbaines[modifier | modifier le code]

La définition de l'aire urbaine s'inscrit dans un zonage exhaustif du territoire de la France : le zonage en aires urbaines. Les unités urbaines offrant entre 5 000 et 10 000 emplois sont qualifiées de « moyens pôles », entre 1 500 et 5 000 de « petits pôles », qui forment avec leurs couronnes éventuelles les moyennes aires et les petites aires.

Les communes dont plus de 40 % des actifs travaillent dans plusieurs aires urbaines sans atteindre ce seuil avec une seule d'entre elles sont dites multipolarisées. On distingue les communes multipolarisées des grandes aires et les autres communes multipolarisées. Typiquement, il s'agit des espaces à l'interstice entre plusieurs aires urbaines.

Toutes les autres communes sont qualifiées de communes isolées hors influence des pôles[4].

Au total, le zonage définit donc 9 catégories :

  • Les grands pôles urbains (1)
  • La couronne des grands pôles urbains (2)
  • Les communes multipolarisées des grandes aires urbaines (3)
  • Les moyens pôles
  • La couronne des moyens pôles
  • Les petits pôles
  • La couronne des petits pôles
  • Les autres communes multipolarisées
  • Les communes isolées hors influence des pôles

Les catégories (1) et (2) forment les aires urbaines, les catégories (2) et (3) forment l'espace périurbain et les catégories (1), (2) et (3) forment l'espace des grandes aires urbaines[5].

Le département de l'Ain présente tous les types de communes[6] :

Notion d'aires urbaine et métropolitaine[modifier | modifier le code]

Dans une étude publiée en 2011[7], l'Insee introduit les notions d'aire métropolitaine et de grande aire urbaine. Les 41 plus grandes aires urbaines françaises ont été déterminées selon la « loi rang-taille », qui établit une relation entre la taille de la ville (pour chacune des trois variables suivantes : population, nombre d'emplois, nombre de cadres des fonctions métropolitaines) et son rang de classement. Les fonctions métropolitaines sont, selon l'Insee, celles qui assurent l'attraction et le rayonnement des plus grandes villes. Elles sont au nombre de cinq : celles qui sont liées aux prestations intellectuelles, à la conception-recherche, au commerce inter-entreprises, à la gestion ou à la culture et aux loisirs[8].

Les aires métropolitaines sont les plus grandes aires urbaines, ayant au moins 500 000 habitants et concentrant au moins 20 000 cadres des fonctions métropolitaines (CFM), c'est-à-dire les cadres et chefs d'entreprise d'au moins dix salariés travaillant dans les fonctions métropolitaines. Elles sont au nombre de douze : Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux, Nice, Nantes, Strasbourg, Rennes, Grenoble et Montpellier.

Vingt-neuf autres aires urbaines de plus de 200 000 habitants concentrent, à un moindre degré (moins de 20 000 chacune), les cadres des fonctions métropolitaines, et figurent dans le classement des grandes aires urbaines : il s'agit de Toulon, Douai, Rouen, Metz, Clermont-Ferrand, Nancy, Valenciennes, Tours, Caen, Orléans, Angers, Dijon, Saint-Étienne, Avignon, Brest, Le Mans, Reims, Le Havre, Mulhouse, Perpignan, Amiens, Dunkerque, Limoges, Nîmes, Besançon, Pau, Bayonne, Poitiers et Annecy.

Au total, l'ensemble de ces quarante et une aires urbaines concentrait, au recensement de 2006, 68,1 % de la population des 355 aires urbaines françaises, 78,8 % de leurs emplois, 77,4 % des emplois des fonctions métropolitaines et 84,4 % des cadres des fonctions métropolitaines.

Données statistiques[modifier | modifier le code]

Carte de France présentant son découpage communal. Les couleurs utilisées indiquent le statut de ces communes du point de vue de l'organisation urbaine en 2010 :
  •       (rouge) communes des pôles urbains
  •       (orange) communes des couronnes urbaines
  •       (jaune) communes multipolarisées
  •       (blanc) communes non polarisées

Ces données statistiques concernent le zonage en aires urbaines 2010, et les recensements de population 2008, 2009[9] et 2010[10]. Le zonage reste inchangé avec la publication des populations légales 2009 et ne devrait changer que tous les 10 ans.

Population des différents espaces du ZAU en 2009[modifier | modifier le code]

Catégorie du ZAU 2010 Population (2009)
Commune appartenant à un grand pôle (10 000 emplois ou plus) 36 598 264
Commune appartenant à la couronne d'un grand pôle 11 719 267
Commune multipolarisée des grandes aires urbaines 3 245 115
Commune appartenant à un moyen pôle (5 000 à moins de 10 000 emplois) 1 758 122
Commune appartenant à la couronne d'un moyen pôle 352 877
Commune appartenant à un petit pôle (de 1 500 à moins de 5 000 emplois) 2 333 822
Commune appartenant à la couronne d'un petit pôle 168 505
Autre commune multipolarisée 3 347 708
Commune isolée hors influence des pôles 2 942 029
France métropolitaine 62 465 709

Grandes évolutions entre 1999 et 2008[modifier | modifier le code]

L'espace des grandes aires urbaines s'est étendu de 39 % entre 1999 et 2008[5]. Il occupe près de la moitié du territoire (46 %), et concentre 83 % de la population et 85 % de l'emploi. On y observe une concentration croissante de l'emploi dans les grands pôles (qui ont gagné 2 millions d'emplois lorsqu'ils ne gagnaient que 1,3 millions d'habitants), ce qui contribue à attirer des actifs des autres communes, surtout de la couronne périurbaine ou multipolarisées.

Catégorie
du zonage
Population
2008
(en %) Surface
2008
(en %) Densité Nombre d'emplois (en %) Évolution de la population
1999-2008
Évolution de
la surface
1999-2008
Évolution des
emplois
1999-2008
Grands pôles urbains (1) 36 513 532 58,8 43 362 8,0 842,1 17 945 057 70,0 8,8 21,7 16,8
Couronnes des grands pôles urbains (2) 11 566 682 18,6 155 817 28,6 74,2 2 856 676 11,2 39,1 41,5 48,5
Communes multipolarisées des grandes aires urbaines (3) 3 207 765 5,2 51 451 9,5 62,3 862 783 3,4 45,3 50,1 60,6
Espace périurbain (2+3) 14 774 447 23,8 207 268 38,1 71,3 3 719 459 14,5 40,4 43,5 51,2
Espace des grandes aires urbaines (1+2+3) 51 287 979 82,1 250 631 46,1 204,6 21 664 516 84,5 16,3 39,2 21,5
Autres catégories 10 846 887 17,4 293 316 54,0 37,0 3 931 413 15,4 -24,8 -19,4 -21,0

Les populations et le nombre d'emplois de ce tableau sont issus des recensements de la population 2008 et 1999.

Les 50 plus grandes aires urbaines[modifier | modifier le code]

L'Insee a publié, le 18 octobre 2011, le nouveau zonage 2010 des aires urbaines[11]. Les douze premières aires urbaines sont désormais, dans l'ordre décroissant, Paris, Lyon, Marseille - Aix-en-Provence, Toulouse, Lille (partie française), Bordeaux, Nice, Nantes, Strasbourg (partie française), Rennes, Grenoble et Rouen. Dans ce classement de tête Toulouse, Bordeaux, Nantes et Rennes remontent alors que Grenoble, Nice et Toulon descendent.

Les 50 plus grandes aires urbaines françaises en 2008, 2009[9], 2010[10], et 2011[12] avec le zonage de 2010[13] :

# Aire urbaine Population (2008) Densité (2008) (hab/km²) Population (2009) Densité (2009) (hab/km²) Population (2010) Densité (2010) (hab/km²) Population (2011)
1 Paris 12 089 098 704 12 161 542 708 12 223 100 712 12 292 895
2 Lyon 2 118 132 352 2 142 732 356 2 165 785 360 2 188 759
3 Marseille-Aix-en-Provence 1 715 096 540 1 714 828 540 1 718 281 541 1 720 941
4 Toulouse 1 202 889 224 1 218 166 226 1 232 398 228 1 250 251
5 Lille (partie française)[14] 1 150 530 1 243 1 154 861 1 248 1 158 306 1 253 1 159 547
6 Bordeaux 1 105 257 197 1 114 857 199 1 127 776 201 1 140 668
7 Nice 1 005 230 389 1 000 275 387 1 001 295 387 1 003 947
8 Nantes 854 807 259 862 111 261 873 133 264 884 275
9 Strasbourg (partie française)[15] 757 609 345 759 868 346 761 042 346 764 013
10 Rennes 654 478 175 663 214 177 671 845 178 679 866
11 Grenoble 664 832 254 666 372 254 669 595 255 675 122
12 Rouen 649 291 274 651 278 275 652 898 276 655 013
13 Toulon 607 050 508 607 681 508 606 947 508 606 987
14 Montpellier 536 592 321 542 867 324 549 491 328 561 326
15 Douai-Lens 544 143 802 543 591 801 542 918 801 542 946
16 Avignon 507 626 244 508 604 244 511 277 246 515 123
17 Saint-Étienne 506 655 300 508 176 301 508 847 301 508 548
18 Tours 473 226 149 475 600 149 477 438 150 480 378
19 Clermont-Ferrand 459 250 190 460 759 190 463 891 191 467 178
20 Nancy 434 202 183 434 290 184 434 948 184 434 565
21 Orléans 415 471 135 416 978 135 419 211 135 421 047
22 Caen 396 959 220 397 960 220 399 471 220 401 208
23 Angers 392 940 167 394 710 168 397 435 169 400 428
24 Metz 389 603 242 389 851 242 389 686 242 389 529
25 Dijon 371 798 111 373 574 112 373 734 112 375 841
26 Valenciennes (partie française) 366 781 570 366 990 571 367 941 574 367 998
27 Béthune 365 513 413 366 813 414 367 402 415 367 924
28 Le Mans 338 404 168 338 981 168 341 080 169 343 175
29 Pointe-à-Pitre - Les Abymes 311 857 279 312 149 279 314 524 281 316 599
30 Reims 313 818 132 314 201 132 314 175 132 315 480
31 Brest 311 735 313 312 743 314 313 686 315 314 239
32 Perpignan 296 104 302 300 221 306 302 185 308 305 546
33 Amiens 292 047 138 292 667 138 293 145 138 293 646
34 Le Havre 293 851 433 293 361 432 292 515 431 291 579
35 Genève-Annemasse (partie française) 262 822 224 269 360 230 276 912 237 284 525
36 Bayonne (partie française) 275 250 220 277 778 222 280 538 225 283 571
37 Limoges 280 119 121 281 180 122 282 873 122 282 876
38 Mulhouse 281 520 553 281 692 554 281 006 553 282 714
39 Dunkerque 259 566 328 259 175 328 258 554 328 257 887
40 Nîmes 246 344 318 248 805 321 251 791 324 256 205
41 Poitiers 249 196 108 251 156 109 252 381 109 254 051
42 Besançon 243 363 128 244 449 129 245 092 129 245 178
43 Pau 240 262 162 240 365 162 240 696 162 240 898
44 Annecy 209 859 273 212 543 276 217 260 283 219 470
45 Chambéry 209 535 262 210 130 262 213 251 266 216 528
46 Lorient 212 317 270 213 117 271 213 189 271 214 066
47 Saint-Nazaire 207 559 238 208 287 239 210 574 242 211 675
48 La Rochelle 200 296 199 201 529 201 204 418 202 205 822
49 Saint-Denis (La Réunion) 197 464 686 198 013 688 197 394 686 197 883
50 Troyes 188 320 93 189 700 93 189 811 93 190 179

Zonage de 1990[modifier | modifier le code]

Zonage de 1999[modifier | modifier le code]

Nombre[modifier | modifier le code]

Carte du département de la Loire-Atlantique présentant son découpage communal selon les critères définis en 1999. Les couleurs utilisées indiquent le statut de ces communes du point de vue de l'organisation urbaine :
  •       (rouge) communes des pôles urbains
  •       (orange) communes monopolarisées
  •       (jaune) communes multipolarisées
  •       (blanc) communes non polarisées
  • Les limites des six aires urbaines du département, formées par les communes des pôles urbains et les communes monopolarisées, sont indiquées par un trait gras.
    Noter que cette carte ne fait pas figurer les communes hors de la Loire-Atlantique, or certaines aires urbaines sont à cheval sur plusieurs départements. En particulier il n'y figure qu'une seule commune sur les neuf de l'aire urbaine de Redon au nord-ouest.

Au recensement de 1999, l'Insee a délimité 354 aires urbaines en France. Elles sont toutes situées en métropole, la notion d'aire urbaine n'étant pas définie outre-mer[16].

Nombre d'aires urbaines par tranche de population :

Population
(2006)
Nombre
Plus de 1 000 000 7
500 000 à 999 999 10
200 000 à 499 999 28
100 000 à 199 999 36
50 000 à 99 999 59
20 000 à 49 999 119
10 000 à 19 999 92
Moins de 10 000 6
Total 354

354 aires urbaines de 1999[modifier | modifier le code]

Au total, en 1999, les aires urbaines de France métropolitaine regroupaient 45 047 359 habitants (77 % de la population) sur 176 293 km2 (32 % du territoire) et 13 905 communes (38 % du total). Le reste de la population était situé dans l'une des 4 121 communes multipolarisées n'appartenant pas spécifiquement à une unique aire (2 911 628 habitants, 47 840 km2) ou l'une des 18 525 communes à dominante rurale (10 552 994 habitants, 319 891 km2).

Zonage de 2010[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Définition sur le site de l'Insee : [1]
  2. Pôles urbains et périurbanisation - Le zonage en aires urbaines T. Le Jeannic et J. Vidalenc [2]
  3. L'adaptation de l'offre de transports en commun aux territoires vécus - CERTU - D.Dubois, S.Rabuel
  4. Le nouveau zonage en aires urbaines : 95 % de la population vit sous l’influence des villes[3]
  5. a et b Le nouveau zonage en aires urbaines 2010 - Poursuite de la périurbanisation et croissance des aires urbaines - INSEE J.M.Floch et D.Levy
  6. Zonage en aires urbaines
  7. Insee - Un maillage du territoire. 12 aires métropolitaines, 29 grandes aires urbaines
  8. Insee - Répartition géographique des emplois. Les grandes villes concentrent les fonctions intellectuelles, de gestion et de décision
  9. a et b Mise à jour à partir des populations légales 2009, disponibles sur [4]
  10. a et b Mise à jour à partir des populations légales 2010, disponibles sur [5]
  11. Insee - Territoire - Le nouveau zonage en aires urbaines de 2010
  12. populations légales Insee 2011
  13. fichier Excel (Tableau complémentaire 3)
  14. Plus de 2 000 000 avec la partie belge, voir Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai
  15. 1 175 125 avec la partie allemande
  16. Définition : Espace urbain, sur le site de l'Insee.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]