Strabon

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Strabon

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Strabon d'Amasée, gravure du XVIe siècle

Activités géographe, historien
Naissance vers 64 av. J-C.
Amasée
Décès entre 21 et 25 ap. J.-C.
Genres Écrits scientifiques

Œuvres principales

  • Géographie
  • Histoire (perdue)

Strabon (en grec ancien Στράϐων / Strábôn, « qui louche », en latin Strabo), né à Amasée dans le Pont (actuelle Amasya en Turquie) vers 64 av. J.-C.[1], mort entre 21 et 25 après J.-C., est un géographe grec.

Biographie[modifier | modifier le code]

Peu de choses de sa vie sont connues. Sa famille habite à Amasée, une ville dans la région du Pont-Euxin. Strabon lui-même dit qu'il a étudié auprès d'Aristodème de Nysa, précepteur des enfants de Pompée, en Carie. Ensuite, il s'installe à Rome et étudie auprès de Tyrannion, géographe et grammairien. En 25 ou 24 av. J.-C., il accompagne le préfet romain Ælius Gallus dans un voyage en Égypte, le long du Nil. Après de nombreux autres voyages, il retourne à Amasée, et entreprend de rédiger une Histoire (Ἱστορικὰ Ὑπομνήματα / Historika Hypomnếmata), qui tient en 47 volumes, et qu'il voulait être la continuation de l'œuvre de l'historien Polybe. Aucun des volumes de cet ouvrage de Strabon ne nous est parvenu. Il commence ensuite une Géographie (Γεωγραφικά / Geôgraphiká), conçue comme complémentaire de l’Histoire, en 17 volumes, dont ne manquent que quelques parties du livre VII. Le but de Strabon était d'offrir à un lectorat aussi large que possible un livre agréable et instructif, qui pût être lu d'affilée. Selon Suzanne Saïd, « techniquement, Strabon appartient à la période hellénistique, mais, par son propos, on peut déjà le rattacher à la période romaine[2] ». Cependant, elle écrit dans un autre ouvrage : « Strabon d'Amasée (64/63 av. J-.C. - 24/25 ap. J.-C.), un Grec originaire du Pont, à un moment où cette région est déjà tombée sous la coupe de Rome, après l'échec de Mithridate[note 1], connut à la fois la tourmente des guerres civiles et l'ordre nouveau instauré par Auguste, dont il fit un vibrant éloge[3] ». Il n'est dès lors pas convaincant de le voir comme un poète de l'époque hellénistique, même « techniquement ».

La Géographie[modifier | modifier le code]

L'Europe telle que la voyait Strabon
Carte du monde vu par Strabon

La Géographie de Strabon est divisée comme suit :

  • les livres I et II constituent une longue introduction à l'ouvrage, où Strabon entend prouver que le géographe Ératosthène a eu tort de rejeter l'œuvre d'Homère d'un point de vue géographique ;
  • les livres III à X décrivent l'Europe, et plus particulièrement la Grèce (livres VIII-X) ;
  • les livres XI à XIV décrivent l'Asie mineure ;
  • les livres XV et XVI décrivent l'Orient ;
  • le livre XVII décrit l'Afrique (Égypte et Libye).

Contenu[modifier | modifier le code]

Strabon pensait que la fortune de la Grèce était partiellement due à sa situation maritime, et esquissait une corrélation intéressante entre l'avancement d'un peuple en matière de civilisation et son contact avec la mer. En même temps, il insistait sur le fait que la géographie ne pouvait à elle seule expliquer la grandeur d'un peuple, et affirmait que la civilisation grecque reposait sur l'intérêt de ses citoyens pour les arts et la politique.

Si son œuvre reprend parfois des textes antérieurs de plusieurs siècles à la période où il a vécu, néanmoins sa connaissance du droit romain des différentes cités en fait aussi une source essentielle pour décrire les débuts de la romanisation en Gaule et dans la Péninsule Ibérique. Il montre ainsi, dans les livres III et IV notamment, le développement d'une nouvelle culture dans ces régions, à la suite de l'acculturation partielle des populations. Il décrit aussi quelques éléments de paysage et vie commune, dont la forme des maisons, qui par exemple en Gaule Belgique étaient selon lui des « bâtiments isolés et de forme ronde, formés d'ais et de claies d'osier, et surmontes d'un toit fort élevé et probablement termine en pointe »[4]. Strabon situe formellement les Séquanes à l'Est de la Saône. Il consacre quelques lignes (Géographie, 4,2,3) aux événements en Gaule lors de la révolte des Gaulois et confirme l'importance des effectifs qui furent rassemblés par Vercingétorix. Il souligne l'identité topographique des deux sites de Gergovie, où César subit une défaite, et d'Alésia : Gergovie "sur une haute montagne", Alésia "aussi sur une éminence élevée, mais entourée de montagnes et de deux rivières"[5]

L'œuvre de Strabon resta dans l'ombre sous l'Empire romain, malgré le vœu de son auteur.

Ce ne fut qu'à partir du Ve siècle qu'elle commença à être citée, et que Strabon devint même l'archétype du géographe.
Au XVe siècle l'érudit italien Guarino Veronese traduisit la totalité de l'œuvre de Strabon, contribuant ainsi à sa redécouverte. Les historiens classiques comme Wilamowitz ont reconnu l'intérêt de son œuvre, ainsi que ses talents littéraires, qui lui permettaient de décrire un lieu où il n'était pas allé mieux que Pausanias, qui y était allé.

Strabon, grâce à ses nombreux voyages, participe également à l'élaboration de la liste des sept Merveilles du monde. Il affirme notamment :

« Babylone est située [...] dans une plaine. Ses remparts ont 365 stades[6] de circuit, 32 pieds d'épaisseur[7] et 50 coudées[8] de hauteur dans l'intervalle des tours, qui elles-mêmes sont hautes de 60 coudées. Au haut de ce rempart on a ménagé un passage assez large pour que deux quadriges puissent s'y croiser. On comprend qu'un pareil ouvrage ait été rangé au nombre des Sept Merveilles du monde »

— Géographie [détail des éditions] [lire en ligne], XVI, 1, 5 (« L'Assyrie, l'Adiabène et la Mésopotamie »).

Strabon indique dans le tome VII de son ouvrage Géographie que le chronologiste Apollodore d'Athènes rappelle que grâce au récit d'Élien nous connaissons l'existence d'une île-continent situé à l'ouest de l'océan Atlantique, dénommée Méropide par Théopompe. Ce dernier décrit Méropide dans le tome VIII de ses Philippiques : "L'Europe, l'Asie et la Libye étaient autant d'îles autour desquelles circulait l'Océan; en dehors de ce monde existait un continent unique d'une immense étendue, peuplé de grands animaux; les hommes qui l'habitaient, les Méropes, avaient une stature double de la nôtre, et la durée de leur vie s'allongeait dans la même proportion. On trouvait chez eux de grandes et nombreuses cités, des fleurs particulières, et des lois tout différentes de celles qui nous régissent"[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Vaincu par Pompée en 66 av. J.-C., mort en 63.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Concernant la date de naissance de Strabon : W. Aly, Strabonis geographica, iv. Strabon von Amaseia. Untersuchungen uber Text, Aufbau und Quellen des Geographie antiquas 1. Reihe v, Bonn, 1957, p. 11 (propose les dates 63-62). D. Dueck, Strabo of Amasia. A Greek man of letters in Augustan, Rome, Londres et New-York, 2000, p. 2 (propose une période entre 64 et 50). S. Pothecary, « The expression ‘our times’ in Strabo’ Geography », in CPh, 1997, 92, p. 235-246 (propose les dates de 65-63).
  2. Suzanne Saïd, La littérature grecque d'Alexandre à Justinien, coll. « P.U.F. »,‎ 1990, pp. 31-32.
  3. Suzanne Saïd, Monique Trédé et Alain Le Boulluec, Histoire de la littérature grecque, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Premier Cycle »,‎ 1997 (ISBN 2130482333 et 978-2130482338), p. 413. « QUATRIÈME PARTIE, L'Empire romain, d'Actium à la fondation de Constantinople »
  4. edit. de Siebenkees, Lips. 1798, 11,58
  5. Géographie, 4,2,3.
  6. 365 stades : soit entre 65 et 70 km de circonférence, c'est-à-dire de l'ordre de deux fois la longueur du boulevard périphérique parisien !
  7. 32 pieds : environ 9 m.
  8. 50 coudées : plus de 20 m.
  9. Strabon, Géographie, livre VII, p. 35

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Éditions[modifier | modifier le code]

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Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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