Surabaya

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Surabaya
Administration
Pays Drapeau de l'Indonésie Indonésie
Type kota
Province Java oriental
maire Tri Rismaharini
Date de création 31 mai 1293
Démographie
Population 3 123 914 hab. (2012)
Densité 8 345 hab./km2
Langue(s) javanais, madurais
Groupes ethniques Chinois, Javanais, Madurais
Géographie
Superficie 374,36 km2
Situation de Surabaya dans la province de Java oriental
Vue de Surabaya

Surabaya est la seconde plus grande ville d'Indonésie avec une population de plus de 3,1 millions d'habitants (5,6 millions dans la métropole urbaine) et la capitale de la province de Java oriental. Située sur la côte nord de Java (le Pasisir) à l'embouchure de la rivière Mas (en) (Kali Mas) et le long du détroit de Madura. Sa superficie est de 326 km².

Du fait des réformes orthographiques de l'indonésien, Surabaya a été écrit Soerabaja jusqu'en 1947 et Surabaja de 1947 à 1972. Pour certains indonésiens, elle est connue comme la « ville des héros » à cause de l'importance de la bataille de Surabaya (1945) dans la galvanisation indonésienne et le soutien international à l'indépendance du pays lors de la Révolution nationale indonésienne. Surabaya est la ville de naissance du président Sukarno, premier président de l'Indonésie.

Tanjung Perak, le port de la ville, est le premier port d'Indonésie. Il abrite également le commandement de la flotte orientale de la marine indonésienne.

Surabaya a le statut de kota (municipalité) et est dirigée par un walikota élu par l'assemblée municipale, elle-même élue au suffrage direct.

Géographie[modifier | modifier le code]

Administration[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Emblème de la ville
Plan de Surabaya tiré d'un Guide rédigé en anglais datant de 1897. Noter la graphie Soerabaja.

La date officielle de fondation de la ville, établie par les autorités, est l'année 1293.

L'étymologie populaire veut que le nom de Surabaya vienne de suro, « requin » en langue javanaise), et buaya, « crocodile ». La légende raconte que ces deux animaux se seraient battus pour devenir l'animal le plus puissant de la région. Ils sont représentés tous les deux sur l'emblème de la ville entourant le monument de la ville : le Tugu Pahlawan.

Tomé Pires, un apothicaire portugais qui de 1512 à 1515 réside à Malacca sur la péninsule Malaise, visitant Java, note que les princes de la côte nord de l'île, sauf dans la partie occidentale, jusqu'à Surabaya sont musulmans. Dans les années 1530, Surabaya reconnaît la suzeraineté du royaume musulman de Demak.

Le début du XVIIe siècle est marqué par l'émergence d'une nouvelle puissance dans le centre de Java : Mataram. Surabaya apparaît comme son principal ennemi.

Un document de la VOC (Compagnie néerlandaise des Indes orientales) daté de 1620 décrit Surabaya comme un État riche et puissant. La principauté était suzeraine de celle de Gresik au nord et du royaume de Sukadana (dans l'actuelle province de Kalimantan occidental). Les navires de Surabaya mouillaient alors dans tous les ports de l'archipel, de Malacca aux Moluques. Au XVe et XVIe siècle, Surabaya était un sultanat puissant sur le plan politique et militaire dans la région de Java-Est. En 1625, un conflit éclata entre le sultanat de Surabaya et celui de Mataram alors sous l'égide du sultan Agung. Mataram remporta la victoire après la conquête des villes alliées à Surabaya -Sukadana et Madura- et le siège de la ville. Ceci permet à Mataram de contrôler presque tout Java à l'exception du sultanat de Banten et de la colonie hollandaise de Batavia.

En novembre 1743, c'est la Compagnie néerlandaise des Indes orientales qui prit la ville qui devint alors un centre de commerce majeur sous gouvernance hollandaise et l'un des plus grands ports de leurs colonies.

Paysage de bord de rivière à Surabaya à la fin du XIXe siècle

La residentie de Soerabaja[modifier | modifier le code]

La demeure du resident de Surabaya (vers 1917)

En 1917, une révolte éclata entre marins et soldats mais fut finalement lourdement réprimée.

Une avenue de Surabaya dans les années 1930

Durant la Seconde Guerre mondiale, Surabaya fut capturée par les Japonais en 1942 jusqu'à ce que les Alliés bombarde la ville en 1944. Dès lors, elle fut reprise par les nationalistes indonésiens. La jeune nation se retourna alors contre les Alliés hollandais qui contrôlait le pays.

La bataille de Surabaya[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Surabaya.
De jeunes nationalistes indonésiens descendent le drapeau néerlandais à l'hôtel "Oranje"

La bataille de Surabaya est un des moments les plus dramatiques de ce que les Indonésiens appellent la Revolusi, c'est-à-dire la période de confrontation militaire et diplomatique avec l'ancienne puissance coloniale. Elle commença après l'assassinat du général britannique A. W. S. Mallaby dans un attentat à la voiture piégée le 30 octobre 1945 près de Jembatan Merah (« le Pont Rouge »). Les Alliés donnèrent alors un ultimatum aux indépendantistes indonésiens demandant leur reddition. Celle-ci fut refusée. La bataille s'acheva le 10 novembre. La ville redevint occupée par les Hollandais.

En août 1949, sous la pression de la communauté internationale, les Hollandais consentirent finalement à rendre sa souveraineté à la colonie. Surabaya fut immédiatement incorporée à l'Indonésie en décembre 1949 et reconstruite.

Lieux de culte[modifier | modifier le code]

La cathédrale de Surabaya

Une curiosité de Surabaya est la mosquée Cheng Hoo, c'est-à-dire Zheng He, le grand amiral chinois musulman qui est venu plusieurs fois à Java durant ses voyages de 1405 à 1433. Inaugurée en 2007, la mosquée témoigne d'une volonté de présenter sous un nouveau jour le rôle des Chinois d'Indonésie dans l'histoire du pays, notamment dans l'introduction et la diffusion de l'islam dans l'archipel. Elle a été construite par une organisation de Chinois musulmans, la Pembina Iman Tauhid Islam ou PITI ("superviseur de la théologie et de la foi musulmane").

A Surabaya se trouve la seule synagogue d'Indonésie[1]. Selon le Beth-Hatefutsoth, la communauté juive de la ville se monterait à environ 20 personnes[2] . Le miniane (quorum de dix hommes adultes nécessaire à la récitation des prières les plus importantes de tout office ou de toute cérémonie juive) ne pouvant être atteint, la synagogue n'est pas active.

La ville est le siège du diocèse de Surabaya.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le Gedung Negara Grahadi

Surabaya a gardé quelques exemples d'architecture de l'époque hollandaise, notamment des bâtiments administratifs et des églises.

Dolly[modifier | modifier le code]

La ville abrite le quartier de Dolly qui est souvent considéré comme le plus grand quartier de prostitution d'Asie[3]. Le quartier tient son nom de Dolly, une ancienne mère maquerelle[3] À l'été 2014, le maire Tri Rismaharini, a décidé de le faire fermer et d'y construire un nouveau quartier[3].

Transports[modifier | modifier le code]

Routier[modifier | modifier le code]

Surabaya est située sur la Grande Route que fit construire gouverneur général Herman Willem Daendels (1808–1811) sur ordre du roi de Hollande Louis Bonaparte (1806 à 1810), qui relie Anyer sur la côte occidentale de Java à Banyuwangi à l'extrémité orientale de l'île, en passant notamment par Bandung, Cirebon et Semarang. La ville est par ailleurs reliée à l'île de Madura par le pont Suramadu.

Ferroviaire[modifier | modifier le code]

La gare de Surabaya Gubeng
La gare de Surabaya Kota
La gare de Surabaya Pasar Turi

Surabaya a quatre gare de chemin de fer :

  • Gubeng, la plus importante, qui dessert la ligne du sud qui passe notamment par Surakarta et Yogyakarta,
  • Surabaya Kota, terminus de la ligne du sud,
  • Pasar Turi, qui dessert la ligne du nord qui passe notamment par Semarang et Jakarta, et
  • Wonokromo, qui dessert Java oriental et notamment Banywangi et Malang.

Maritime[modifier | modifier le code]

Tanjung Perak à l'époque des Indes néerlandaises

Le port de Tanjung Perak.

Aérien[modifier | modifier le code]

L'aéroport international de Surabaya Juanda est le 2e d'Indonésie en termes de trafic. Il est relié aux principales villes d'Indonésie et aux destinations internationales suivantes :

  • Brunei
  • Hong Kong
  • Johor, Kuala Lumpur (Malaisie)
  • Singapour
  • Taipei (Taiwan).

La liaison Surabaya-Jakarta est la 5ème route aérienne la plus fréquentée au monde, avec 780 vols hebdomadaires.

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Surabaya est jumelée avec[4] :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Jews of Surabaya, by Jessica Champagne and Teuku Cut Mahmud Aziz.
  2. Beth-Hatefutsoth : The Synagogue of Surabaya, Indonesia
  3. a, b et c Bruno Philip, « Surabaya la rebelle », Le Monde, no 21608,‎ 9 juillet 2014, p. 19.
  4. Sister City

Sur les autres projets Wikimedia :