Joseph Conrad

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Joseph Conrad

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Joseph Conrad en 1904.

Nom de naissance Józef Teodor Konrad Korzeniowski
Activités Écrivain
Naissance 3 décembre 1857
Berdytchiv, Gouvernement de Kiev
Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Décès 3 août 1924 (à 66 ans)
Bishopsbourne, Angleterre
Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni
Langue d'écriture Anglais britannique
Mouvement Littérature moderniste
Genres Roman

Œuvres principales

Monument dédié à Joseph Conrad à Gdynia (Pologne).

Joseph Conrad, de son vrai nom Teodor Józef Konrad Korzeniowski herb. Nałęcz, né le 3 décembre 1857 à Berditchev (Ukraine - Empire russe) et mort le 3 août 1924 à Bishopsbourne (Kent - Angleterre), d'origine polonaise, il est considéré comme l'un des plus importants écrivains anglais du XXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Joseph Conrad est né à Berdytchiv dans l'Empire russe (aujourd'hui en Ukraine), au sein d'une famille de la noblesse polonaise (Szlachta). Son père Apollo Korzeniowski, engagé dans la résistance polonaise, est arrêté en octobre 1861, et envoyé en exil d'abord dans des conditions difficiles au nord de la Russie, puis dans le nord-est de l'Ukraine à partir de 1863. Sa famille le suit, et la mère de Conrad meurt de la tuberculose en avril 1865. Gravement malade lui-même, Apollo Korzeniowski peut rentrer d'exil en 1868. Mais il meurt en mai 1869 à Cracovie, ville alors autrichienne, laissant Conrad orphelin à l'âge de onze ans.

Celui-ci est alors confié à son oncle maternel, Tadeusz Bobrowski, qui demeurait à Cracovie, et à qui il devait rester très attaché, entretenant avec lui une correspondance suivie jusqu'à la mort de ce dernier en 1894.

Carrière maritime[modifier | modifier le code]

À la fois pour raisons de santé, et parce qu'il est attiré par la carrière maritime, Conrad part en 1874 pour Marseille, où il s’embarque comme mousse sur un voilier. Il fait ainsi pendant près de quatre ans son apprentissage en France pour entrer ensuite dans la marine marchande britannique, où il va demeurer plus de seize ans. Il obtient son brevet de capitaine au long cours le 10 novembre 1886, prend la même année la nationalité britannique, sous le nom de Joseph Conrad et commence à écrire. Conrad parlait avec une égale facilité le polonais, l’allemand, le français et l’anglais ; mais il décida d’écrire dans la langue de sa nouvelle patrie.
En 1887, après un séjour à l'hôpital de Singapour pour une blessure reçue en mer, Conrad embarque comme second sur le Vidar et effectue au moins quatre voyages à Bornéo et des séjours à Berau.
En 1888, il embarque sur le voilier Otago qui est son premier et unique commandement comme capitaine. En 1890, recommandé auprès du capitaine Albert Thys, administrateur de la Compagnie du Commerce et de l'Industrie du Congo, il part travailler comme capitaine de steamer pour la Société du Haut-Congo officiant dans l'État indépendant du Congo. Il est engagé pour trois ans, mais ne réalise qu'un aller retour en steamer entre Stanley-Pool et Stanleyville avant d'être rapatrié en Europe pour dysenterie[1].
En 1891, après une hospitalisation à Londres et une convalescence à Champel en Suisse, il embarque, le 19 novembre, comme second sur le clipper Torrens pour l'Australie. Après un deuxième voyage à Adélaïde et une visite à son oncle Tadeusz Bobrowski en Pologne, il est rayé des rôles du Torrens et en novembre 1893 embarque sur le vapeur Adowa comme second, pour le Canada avec escale à Rouen. En janvier 1894, l'Adowa retourne à Londres où débarque Conrad. C'est la fin de sa carrière maritime[2].

Carrière littéraire[modifier | modifier le code]

Se consacrant désormais à son travail littéraire, Conrad achève La Folie Almayer qui paraît en avril 1895, écrit Un paria des îles publié en avril 1896. Désespérant de retrouver un commandement, il écrit à un ami « il ne me reste que la littérature comme moyen d'existence » et déclare clairement écrire pour l'argent… La même année, il épouse Jessie George et séjourne en Bretagne de mars à septembre — la vie est moins chère à Lannion et l'Île-Grande qu'à Londres — et y écrit certains de ses textes. De retour en Angleterre, il s'installe à Stanford-le-Hope, Essex, puis, en mars 1897, à Ivy Walls, Essex (publication du Nègre du Narcisse). Son fils Boris naît en 1898 (publication du recueil de nouvelles Inquiétude), et en octobre, installation de la famille Conrad à Pent Farm, Kent, maison louée par l'écrivain Ford Madox Ford.
En août 1906, après la naissance du deuxième fils, John, les Conrad séjournent à Montpellier, puis à Genève. - Publication du Miroir de la mer.
En juin 1910, Conrad, qui vient de souffrir d'une grave dépression nerveuse, quitte sa résidence d'Aldington, dans le Kent, où il s'est installé l'année précédente, pour Capel House, ferme isolée près d'Ashford, dans le même comté, pour près de dix ans cette fois - en octobre 1911, publication de Sous les yeux d'Occident.
En 1919, obligé de quitter Capel House, les Conrad s'installent provisoirement à Spring Grove (publication de La Flèche d'or), puis vont habiter à Oswalds où est achevé la rédaction de La Rescousse. Pour faciliter la rédaction de l'Attente, Jessie et Joseph Conrad effectuent en janvier 1921 un voyage en Corse puis Conrad, seul, une tournée aux États-Unis en 1923 (publication du roman Le Frère-de-la-Côte).
En 1924, après une crise cardiaque en juillet, Joseph Conrad meurt le 3 août à Oswalds. Il est enterré le 7 août à Cantorbéry.
En 1925, publication de Derniers Contes et du roman inachevé L'Attente.

Blason du clan Nałȩcz

Une écriture[modifier | modifier le code]

En 1896, il publia son premier livre, La Folie Almayer, où il dépeint la perdition d’un Occidental en Malaisie. Dès lors paraissent régulièrement d’autres livres, toujours plus remarqués par les lettrés. Mais Conrad ne connut que tardivement le succès commercial (avec Chance en 1913), chose dont il eut toujours du mal à comprendre la raison, sans doute la trop grande complexité de son œuvre. Toute sa vie d'auteur, il a affirmé vouloir écrire pour le grand public, et laisse une œuvre considérable, notamment Le Nègre du Narcisse, Lord Jim, Jeunesse, Au cœur des ténèbres, Typhon, Nostromo, Le Miroir de la mer, Sous les yeux d'Occident, L'Agent secret, Victoire.

Il a été classé parfois comme auteur de « romans de mer », mais c'est aussi restrictif que cela le serait pour Herman Melville sous prétexte que celui-ci est surtout connu pour Moby Dick. De fait, Au cœur des ténèbres, Lord Jim, Nostromo, L'agent secret, Sous les yeux d'Occident, Victoire, sont de grands, sombres et profonds romans, mais ne se passent pas, ou peu, en mer...

Certains regardent Conrad comme un précurseur de l'existentialisme ; ses personnages sont faillibles, désenchantés, mais ne renoncent jamais à affronter la vie.

Conrad parlait couramment le français, mais, détail amusant, il le parlait avec un accent marseillais, après son séjour dans la cité phocéenne. André Gide fut son intercesseur dans le milieu littéraire français. Il traduisit lui-même Typhon. Une des nouvelles du recueil A set of six, intitulée Un Anarchiste, est située en Guyane avec pour personnage principal un jeune Parisien.

Évocation Littéraire[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage biographique Mon éducation - Un livre des rêves, l'écrivain William S. Burroughs se souvient ou rêve du « passage de l'orage », et cite un passage : « ...dans toute cette troupe d'hommes transis et affamés, qui attendaient avec lassitude une mort violente, on n'entendit aucune voix ; ils restaient muets et sombrement pensifs, écoutaient les horribles imprécations de la tempête ... »[3] Dans le même rêve, il lit Jeunesse.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Recueil de nouvelles[modifier | modifier le code]

Textes[modifier | modifier le code]

Mémoires[modifier | modifier le code]

Biographies de Joseph Conrad[modifier | modifier le code]

  • 1914 : Joseph Conrad, a study, de Richard Curle
  • 1916 : Joseph Conrad, de Hugh Walpole
  • 1922 : Joseph Conrad and his Romantic Realism, de Ruth M. Sauffer
  • 1923 : Joseph Conrad, an appreciation, d'E. Rendz
  • 1924 : Joseph Conrad, de G. de Voisins (in no 1er mars de la Revue de Paris)
  • 1924 : NRF, numéro de décembre 1924 consacré à Joseph Conrad
  • 1929 : Joseph Conrad, l'homme et l'œuvre, de Maurice David (Éditions de la Nouvelle Revue Critique)
  • 1968 : "Les années de mer de Joseph Conrad " de Jerry Allen (Denoël)
  • 1987 : Joseph Conrad, Trois vies, de Frederik R. Karl traduit de l'anglais par Philippe Mikriammos (Éditions Mazarine)
  • 1992 : Joseph Conrad, Biographie, de Zdzislaw Najder traduit de l'anglais par Christiane Cozzolino et Dominique Bellion(Éditions Criterion)
  • 2001 : Joseph Conrad, a biography, de Jeffrey Meyer (Cooper Square Press)
  • 2003 : Conrad, l'étrange bienfaiteur, d'Alain Dugrand (Fayard)
  • 2003 : Joseph Conrad et le Continent, de Claudine Lesage (Houdiard)
  • 2003 : La ligne d’ombre de Conrad, article paru dans L'Humanité (édition du 5 juin 2003)
  • 2011 : Conrad, le Voyageur de l'inquiétude, d'Olivier Weber (Arthaud-Flammarion)

Sur...[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

À la télévision[modifier | modifier le code]

En littérature[modifier | modifier le code]

  • Sven Lindqvist s'inspire de la nouvelle Au cœur des ténèbres et du contexte dans lequel Joseph Conrad l'a rédigée pour son livre Exterminez toutes ces brutes ! (expression qui conclut le rapport de Kurtz dans la nouvelle de Conrad).

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

  • Kongo : le ténébreux voyage de Josef Teodor Konrad Korzneniowski, scénario de Christian Perrissin, dessin de Tom Tirabosco (Futuropolis, 2013). Roman graphique (plus un dossier explicatif) basé sur le voyage de Joseph Conrad au Congo, qui lui inspirera notamment Un avant-poste du progrès et Au coeur des ténèbres.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André-Bernard Ergo, Congo Belge la colonie assassinée, ed L'Harmattan, page 14-31
  2. Joseph Conrad aura passé un peu moins de 10 ans à naviguer effectivement, dont seulement 10 mois comme capitaine. Voir dans le blog Diacritiques : Conrad mis en abyme
  3. trad. par Sylvie Durastanti, parue chez Christian Bourgois éditeur (2007) (ISBN 978-2-267-01882-0)
  4. http://vincentthe1.blogspot.com/2007/02/alien-scott.html
  5. Aurora Marion

Liens externes[modifier | modifier le code]

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