Honoré Daumier

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Honoré Daumier

Naissance 26 février 1808
Marseille
Décès 10 février 1879 (à 70 ans)
Valmondois
Nationalité Français
Profession(s) graveur, peintre, sculpteur

Honoré Daumier (26 février, 1808 - 10 février, 1879), était un graveur, caricaturiste, peintre et sculpteur français, dont les nombreuses oeuvres commentaient la vie sociale et politique en France au 19e siècle. Dessinateur prolifique, auteur de plus de 4000 lithographies, il est surtout connu pour ses caricatures d'hommes politiques et ses satires du comportement de ses compatriotes. La valeur de sa peinture a aussi été reconnue, bien qu’à titre posthume seulement. [1]

Sommaire

[modifier] Biographie

Daumier est né à Marseille de Jean-Baptiste Louis Daumier et de Cécile Catherine Philippe. Son père Jean-Baptiste était un vitrier dont les aspirations littéraires, l'ont amené à monter à Paris en 1814, pour tenter de faire publier ses poésies. [2] En 1816, le jeune Daumier et sa mère ont suivi Jean-Baptiste à Paris. Daumier a montré dans sa jeunesse une irrésistible inclination pour la profession d’artiste, vocation dont son père a vainement tenté de le détourner, en le plaçant d'abord chez un huissier, où il a travaillé comme garçon de course, et plus tard, chez un libraire. En 1822, il devient le protégé d’Alexandre Lenoir, un ami de Daumier père qui était un artiste et un archéologue. L'année suivante, Daumier entre à l’Académie Suisse. Il a également travaillé pour un lithographe et éditeur nommé Belliard, et a fait ses premiers pas dans le domaine de la lithographie. Après avoir maîtrisé les techniques de la lithographie, Daumier a commencé sa carrière artistique par la production de plaquettes pour les éditeurs de musique, et d’illustrations pour des publicités. Il a continué en travaillant dans l'anonymat pour les éditeurs, en imitant le style de Charlet et a fait preuve d'un grand enthousiasme pour la légende de Napoléon.

[modifier] Caricatures politiques

Buste de Daumier par Geoffroy-Dechaume

En 1828, Daumier réalise ses premières lithographies pour le journal La Silhouette. En 1830, durant le règne de Louis-Philippe,lorsque Charles Philipon lance le journal humoristique, La Caricature, Daumier rejoint son équipe, qui comptait des artistes puissants comme Achille Devéria, Auguste Raffet et Grandville, et commence sa campagne de dessins satiriques, en prenant pour cible les faiblesses de la bourgeoisie, la corruption des magistrats et l'incompétence du gouvernement. C’est entre 1830 et 1835 qu’Honoré Daumier réalise une série de bustes en terre cuite colorée caricaturant les principaux personnages politiques (et pas seulement des parlementaires) du début de la Monarchie de Juillet. Ces bustes servaient à l’artiste à réaliser ses lithographies destinées à être publiées dans la Caricature. On ne connaît pas le nombre exact de bustes-charges réalisés par Daumier. 36 seulement sont parvenus jusqu’à nous, et sont conservés au musée d’Orsay à Paris. L'impudence, alliée à un art consommé du dessin, apporte aux caricatures de Daumier une immédiate célébrité, elle lui vaut également des ennuis avec la justice. Sa caricature du roi représenté en Gargantua conduit Daumier à la prison de Ste pélagie pour une peine de six mois de détention en 1832. Peu de temps après, La Caricature cesse de paraître, mais Philipon offre un nouveau champ d’action à Daumier en fondant Le Charivari, journal qui joue un rôle important dans la vie politique de l'époque, et est spécialement dirigé contre Louis-Philippe. Daumier produit pour Le Charivari des caricatures sociales, dans lesquelles il tourne en ridicule la société bourgeoise personnifiée par la figure de Robert Macaire, héros d'un mélodrame populaire. Dans une autre série, L'histoire ancienne, il s’en prend au pseudo-classicisme de l'art pendant cette période. En 1848, Daumier lance une nouvelle campagne politique, toujours par l’intermédiaire du journal Le Charivari, qu'il quitte en 1860, avant d’y revenir en 1864.

[modifier] Autres lithographies

A la suite de l'adoption des lois sur la censure en 1835, Daumier renonce à la satire politique pour se tourner vers la caricature de mœurs, genre dans lequel il excelle (Les Gens de Justice, Les Bons Bourgeois). Il se fait aussi le témoin de certains événements tragiques ou de scènes fortes se déroulant à Paris (Rue Transnonain, 15 avril 1834, Le Ventre législatif).

Dès la parution de l'édition Furne de La Comédie Humaine en 1845, il participe à l'illustration des romans d'Honoré de Balzac, notamment Le Père Goriot, Ferragus. Il avait déjà collaboré avec Grandville et Henri Monnier à l'illustration de la revue La Chronique de Paris (1836), créée par Balzac.

[modifier] Sculptures

Daumier n'est pas seulement lithographe, dessinateur et peintre, il a également produit des sculptures qui, modelées en terre, sont pour la plupart des éléments de travail pour ses gravures. Comme pour Degas et Meissonier entre autres, l'édition de ces œuvres en bronze est posthume car le caricaturiste ne se considérait pas comme sculpteur. Ces sujets qui sont en fait des esquisses, étaient d'ailleurs "inéditables" au milieu du XIXe siècle. Ils le deviennent à la fin du XIXe et surtout au début du siècle suivant ; d’où les éditions posthumes du Ratapoil et des Émigrants, puis de la série des 36 Célébrités du juste milieu, soit donc 38 modèles reconnus de sa main aujourd’hui.[3]

Oeuvres sculptées de Daumier:

[modifier] Peintures

En plus de sa prodigieuse activité dans le domaine de la caricature - la liste des planches de lithographies réalisées par Daumier et compilée en 1904 ne comporte pas moins de 3958 numéros - il était également peintre. Excepté par sa conception de la recherche de la vérité et la puissance créative de son pinceau, il serait difficile de reconnaître le créateur de Robert Macaire, des Bas bleus, des Bohémiens de Paris, et des Masques, dans les tableaux du Christ et ses Apôtres (Rijksmuseum d’Amsterdam) ou, dans son Bon Samaritain, son Don Quichotte et Sancho Panza, son Christ moqué, ni même dans les esquisses de la collection Ionides de South Kensington.

Comme peintre, Daumier, un des pionniers du naturalisme, n'a rencontré aucun succès jusqu'à l’année qui a précédé sa mort, en 1878, lorsque Paul Durand-Ruel a accueilli ses oeuvres dans ses galeries pour démontrer l'étendue du talent de l'homme qu’on a appelé le "Michel-Ange de la caricature". Au moment de l'exposition, Daumier était aveugle et vivait avec sa femme à Valmondois dans une jolie maison, au centre du village, que Corot avait mis à sa disposition en 1865, sur l’insistance d’un de ses amis, le sculpteur Adolphe-Victor Geoffroy-Dechaume, alors qu'il connaissait de graves difficultés financières. C'est là qu'il meurt en 1879.

Un an plus tard, son corps est exhumé du cimetière de Valmondois pour être transféré à Paris au cimetière du Père-Lachaise, où il repose aux côtés de ses amis Jean-Baptiste Camille Corot et Charles-François Daubigny, dans la 24e Division. La ville de Marseille lui a rendu hommage en érigeant au pied de l'Hôtel Dieu un buste en bronze.

[modifier] Œuvres majeures

Entre 1830 et 1835, il réalisa environ 1 000 gravures sur bois et 4 000 lithographies, principalement pour des journaux libertaires, dont les plus connues sont :

[modifier] Héritage

Baudelaire a dit de lui qu’il était : l'un des hommes les plus importants, je ne dirai pas seulement de la caricature, mais encore de l'art moderne.

Une exposition de ses œuvres a eu lieu à l’École des beaux-arts en 1900.

Aujourd'hui, on retrouve les oeuvres de Daumier dans la plupart des grands musées d'art, y compris le Louvre, le Metropolitan Museum of Art et le Rijksmuseum. Il est célèbre pour une série d'œuvres, comprenant un grand nombre de peintures (29) et de dessins (49), illustrant la vie de Don Quichotte, un thème qui l’a fasciné pendant la dernière partie de sa vie.

Le 200e anniversaire de Daumier a été célébré en 2008 par un certain nombre d'expositions en Asie, en Amérique, en Australie et en Europe.

[modifier] Galerie

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[modifier] Annexes

Un timbre postal, d'une valeur de 0,45 + 0,10 franc et représentant Daumier, a été émis le 23 mai 1961, avec une oblitération Premier jour le 20 mai à Marseille.[4]
Un timbre-poste français a été émis le 12 décembre 1966 reproduisant la peinture «Crispin et Scapin».[5]
Un timbre-poste français a été émis le 10 novembre 2008 reproduisant la gravure «Un guichet de théâtre».[6]

[modifier] Bibliographie

  • DAUMIER raconté par lui-même et par ses amis - Lausanne - (1945) 309p
  • N.-A. Hazard & Loys Delteil, Catalogue raisonné de l'oeuvre lithographié de Honoré Daumier, Orrouy-sur-Oise, 1904.
  • Jean-Claude Romand, Daumier sculpteur, Les bustes des Parlementaires, Galerie Sagot-Le Garrec,Les Presses Artistiques, Paris, 1979.
  • Marcel Lecomte, Daumier sculpteur, Les figurines et autres sculptures, Les Presses Artistiques, Paris, 1979.
  • Monographie DAUMIER, 1808-1879, Réunion des Musées Nationaux, 1999.
  • Maurice Gobin, Daumier sculpteur, Ed. Pierre Cailler, 1952.

[modifier] Notes

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu d’une traduction de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Honoré Daumier  ».
  1. Honoré Daumier: A Finger on the Pulse
  2. Rey, page 10.
  3. Alors qu'il y a depuis 1904 un catalogue raisonné sur les estampes de Daumier qui fait autorité, le Loys Delteil (N.A. Hazard & Loys Delteil, Catalogue raisonné de l'oeuvre lithographié de Honoré Daumier, Orrouy-sur-Oise, 1904), il faut attendre 1952 pour que soit publié un premier ouvrage sur les sculptures de l'artiste avec le catalogue de Maurice Gobin (ed. Pierre Cailler). Puis en 1979, s'ajoutent deux catalogues simultanés et complémentaires, le premier de la Galerie Sagot-Le Garrec qui inventorie 36 bustes des Célébrités du Juste Milieu, et le second par la Galerie Marcel Lecomte, pour les petites figurines auxquelles s'ajoutent le Ratapoil et les Émigrants. Parmi ces trois ouvrages, le premier et le dernier ont été récemment infirmés dans leurs conclusions sans faire de polémique, puisque dans la plus récente et la plus importante monographie jamais publiée sur le caricaturiste (Daumier, 1808-1879, RMN, 1999), ne sont retenues comme étant du sculpteur que les 36 bustes-charges, le Ratapoil et Les Émigrants. Les autres sont écartées, car on ne peut en trouver trace dans la littérature, les inventaires et les catalogues d'expositions d'époque. Parfois signées "hd" contrairement aux précédentes, elles surgissent "ex nihilo" au cours du XXe siècle, sans recherche de paternité sérieuse sinon que de les identifier dans les estampes. Elles semblent d'ailleurs d'une veine différente, ressemblant davantage à des retours sur des estampes, qu'à des études pour celles-ci. Enfin et surtout, elles font penser aux esquisses telles qu'on pouvait les faire dans la première moitié du XXe siècle.
  4. Le timbre
  5. le timbre
  6. le timbre

[modifier] Liens externes

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