Gilbert Collard

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Gilbert Collard
Gilbert Collard au Salon du livre de Paris, en mars 2010.
Gilbert Collard au Salon du livre de Paris, en mars 2010.
Fonctions
Député de la 2e circonscription du Gard
En fonction depuis le 20 juin 2012
Groupe politique Non inscrits
Prédécesseur Étienne Mourrut
Biographie
Date de naissance 3 février 1948 (66 ans)
Lieu de naissance Marseille (France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Rassemblement bleu Marine
Diplômé de Université Panthéon-Assas (Paris II)
Profession Avocat

Gilbert Collard, né le 3 février 1948 à Marseille, est un écrivain, avocat et homme politique français.

Avocat médiatique, il plaide dans des affaires de premier plan. Président du comité de soutien de Marine Le Pen, candidate du Front national (FN) à l'élection présidentielle de 2012, il est ensuite élu député de la 2e circonscription du Gard lors des élections législatives qui suivent.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, famille et études[modifier | modifier le code]

Gilbert Collard grandit au sein d’une famille bourgeoise[1]. Né d’une mère héritière et d’un père notaire maurrassien (travaillant d'ailleurs pour la fille adoptive de Charles Maurras), ami de Léon Daudet[2] et membre des Camelots du roi avant de devenir communiste et résistant[3], il vit son enfance au château de la Madone, le domaine familial à proximité de Marseille, ainsi qu’à l’hôtel Métropole à Châtel-Guyon où est enterré un grand-père. Il fait ses études dès l'âge de 8 ans à l'Institution Sainte-Marie, à La Seyne-sur-Mer, puis à la faculté de droit d’Aix-en-Provence[réf. nécessaire] et à l'université Panthéon Assas (Paris II).

Marié, il est père de deux filles. Il a une sœur, Jehanne Collard, avocate spécialisée dans la défense des victimes d'accidents[4].

Carrière d'avocat et médiatique[modifier | modifier le code]

Gilbert Collard est avocat au barreau de Marseille depuis 1971[5]. Il devient secrétaire de la Conférence du stage en 1973. Il a quatre associés et une dizaine de collaborateurs, et ne traite qu'une infime partie des dossiers qu'il reçoit[6].

Il a défendu de nombreux clients célèbres : Laurent Gbagbo, Charles Pasqua, Marine Le Pen, Paul Aussaresses et Richard Virenque dans l’affaire Festina. Il fut aussi l'avocat de certaines parties civiles dans le procès Barbie, ainsi que aussi dans le procès Christian Rannucci[7]. Il a aussi plaidé dans plusieurs procès médiatiques tel que l'affaire de la profanation du cimetière juif de Carpentras, l'affaire Alègre, l'affaire AZF ou l'affaire VA-OM[8].

Il participe régulièrement à l’émission Les Grandes Gueules sur RMC.

Carrière politique et associative[modifier | modifier le code]

Jeunesse et premiers pas à gauche[modifier | modifier le code]

Franc-maçon depuis la fin des années 1960 en étant d'abord initié dans l'atelier marseillais des Vieux Amis de la GLDF (fréquentée par son père), il rejoint ensuite la Grande Loge nationale française[9].

Il adhère dès sa jeunesse au Parti socialiste[2]. En 1981, il entre au comité de soutien de François Mitterrand pour sa candidature à l'élection présidentielle[10].

En 1988, il soutient Pierre Boussel (candidat du Mouvement pour un parti des travailleurs) pour l'élection présidentielle[11]. Il déclare cependant qu'il n'a « jamais été trotskiste » et que c'est à la « demande d'un ami » qu'il a figuré dans un clip du MPPT[12].

En 1990, il est exclu du MRAP en même temps qu'il en démissionne, à la suite de son annonce de la défense de Bernard Notin (auteur, en 1989, d'un article controversé) dans un procès pour négationnisme avant la lettre (la loi Gayssot datant de juillet 1990), alors qu'il était membre du Secrétariat national du mouvement[13]. La même année, il soutient l’organisation des « Premières Assises en défense de l’immigration », montées par le CNDTI (Comité national pour la défense des travailleurs immigrés), et dénonce le « vocabulaire microbien » de Jean-Marie Le Pen[11].

En 1992, il quitte le Parti socialiste lors de l'entrée au gouvernement de Bernard Tapie[2]. L'année suivante, il devient le président du comité de soutien à Hervé Fabre-Aubrespy, adversaire RPR de Bernard Tapie aux élections législatives dans la dixième circonscription des Bouches-du-Rhône[14].

Candidat centriste à Vichy[modifier | modifier le code]

Alors qu'il avait déclaré au Midi libre en 1997 : « Je veux bien courtiser la politique, mais pas coucher avec elle », il est candidat à la mairie de Vichy en 2001, se disant investi par Démocratie libérale, le Parti radical valoisien (PR) et le RPF[15]. Il est battu par Claude Malhuret (maire sortant disposant de l'investiture Démocratie Libérale (dont il est secrétaire national) - PR - RPR - UDF[15]) et Gérard Charasse, de 350 voix ; mais il est élu au conseil municipal, où il choisit finalement de ne pas siéger[16] pendant les sept années de son mandat.

En 2005, il déclare à France-Soir être « radical et chiraquien » et « rejeter les extrêmes »[2].

À nouveau candidat à Vichy sous l'étiquette Nouveau Centre lors des élections municipales de 2008[11], il arrive troisième. Il ne se maintient pas au second tour et appelle à voter pour la liste conduite par Gérard Charasse (Parti radical de gauche), qu'il avait qualifié de « vrai baudet à mandats » lors de la campagne de 2001[15].

Gilbert Collard, au soir du premier tour de l'élection présidentielle, le 22 avril 2012, au quartier général de campagne de Marine Le Pen.

Soutien de Marine Le Pen[modifier | modifier le code]

Proche de Marine Le Pen depuis la défense de sa mère Pierrette Le Pen pour son divorce avec Jean-Marie Le Pen[2], il se rapproche du FN par l'intermédiaire de Louis Aliot[17]. Il préside le comité de soutien à Marine Le Pen dès 2011, et se déclare « mariniste » et favorable au principe de la préférence nationale défendue par le Front national, en mai 2011[18]. Il est le symbole de la « délepénisation » du FN entreprise depuis l'accession au pouvoir de Marine Le Pen ; le vice-président du parti, Louis Aliot, affirme même qu'il s'agit de sa « plus belle prise de guerre ». « Il a contribué à accélérer la banalisation du FN sans jamais y adhérer, faisant venir au FN des gens comme Jacques Clostermann, fils d'un Compagnon de la Libération, ou encore Denis Seznec. Se contentant d'être un “mariniste de la première heure” »[19].

Député RBM de la deuxième circonscription du Gard[modifier | modifier le code]

Gilbert Collard, à Aimargues le 3 mars 2013, à l'occasion de l'hommage à Fanfonne Guillierme.

Il annonce sa candidature aux élections législatives dans la deuxième circonscription du Gard le 15 janvier 2012[20]. Le Gard est le seul département à avoir placé Marine Le Pen en tête au premier tour de l'élection présidentielle[21]. Il arrive en tête au premier tour avec 35,47 % des suffrages exprimés[22]. Le 17 juin 2012, il est élu au second tour avec 42,82 % des voix lors d'une triangulaire face à la candidate socialiste Katy Guyot (41,56 %) et au candidat UMP Étienne Mourrut (15,63 %)[23],[24].

Il est membre de la commission des lois. Il installe sa permanence à Aimargues, et ce jusqu'en janvier 2014.

Il devient secrétaire général du Rassemblement bleu Marine (RBM) lors de sa création officielle, en septembre 2012.

Début octobre 2013, il annonce sa candidature sous les couleurs du Rassemblement bleu Marine aux élections municipales de 2014 à Saint-Gilles, première ville à avoir élu un maire frontiste, en 1989 (Charles de Chambrun)[25]. Gilbert Collard, qui possède une propriété dans la commune limitrophe de Vauvert, y a obtenu 48 % des suffrages au premier tour des législatives. Dans cette municipalité ancrée à droite depuis plusieurs décennies, des dissensions personnelles ont conduit à l'éclatement de la majorité UMP en 2010 et à l'arrivée d'une majorité socialiste de façon totalement inattendue. L'ancien maire UMP Olivier Lapierre a annoncé son soutien à l'avocat marseillais au printemps 2013, avant de revenir sur ses propos[21]. Ce dernier promet d'arrêter son activité professionnelle s'il est élu[26]. En ballottage favorable à la sortie du premier tour (42,57 %), il est finalement battu par l'UMP Eddy Valadier à la suite de la constitution d'un « front républicain » avec le retrait d'Alain Gaido, tête de liste de l'union de la gauche. Le politologue Jean-Yves Camus estime également que « l'échec de Collard est lié à un coefficient personnel »[27],[28]. Depuis sa défaite, il siège comme conseiller municipal d'opposition et conseiller communautaire de Nîmes Métropole[29].

En novembre 2014, il s'oppose au projet de résolution pour la reconnaissance de la Palestine déposé à l'Assemblée nationale par Benoît Hamon et Élisabeth Guigou, et ce à l'encontre de la ligne du FN[30].

Affaires médiatiques[modifier | modifier le code]

Politique[modifier | modifier le code]

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Sport[modifier | modifier le code]

Autre[modifier | modifier le code]

Distinction[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • 1981: Le psychiatre, le juge et son fou
  • 1983: En danger de justice
  • 1989: Jobic, le prétexte
  • 1991: La prière des juifs
  • 1992: Constance
  • 1993: J’irais plaider sur vos tombes
  • 1994: Le désordre judiciaire
  • 1994: Voltaire, l’affaire Calas et nous
  • 1996: Un cimetière sous la Lune
  • 1996: Carpentras secrets d’État
  • 1997: Grandes erreurs judiciaires du passé
  • 1997: Vérités d’hier, erreurs d’aujourd’hui
  • 1997: Familles en danger de justice
  • 1998: Les contes immoraux du rapport de la Cour des comptes
  • 1999: L'art de s’exprimer en toutes circonstances et les mots grossiers à utiliser (1999)
  • 1999: Cent mille éclairs dans la nuit (avec Gilles van Grasdorff, préface de Harry Wu)
  • 2000: Peut-on rire de tout ?
  • 2001: Le meilleur des perles de la justice
  • 2001: La Loi de 1901 racontée aux Français
  • 2002: Affaires médicales, la vérité
  • 2002: L’Affaire Aussaresses et la torture
  • 2002: Assasaint : Jacques Fesch : l'histoire du bon larron moderne
  • 2004: Sœur Emmanuelle la chiffonnière du ciel
  • 2004: Vos gueules les mouettes
  • 2005: L'étrange Affaire Allègre
  • 2006: J’ai rencontré la nièce de Jack l’éventreur
  • 2007: Les états généraux de la justice
  • 2008: Aimer une ville (chanson de Gérard Berliner) DVD

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Avocat de l'impossible. Entretiens avec Christian-Louis Eclimont, Hors Collection (2010)
  • Frédéric-Joël Guilledoux et Laurent d'Anconna, Le Vrai Gilbert Collard. Mission : "casse-couilles démocratique", Fayard,‎ 11 septembre 2013, 300 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Baptiste Malet, Gilbert Collard ou l'élégance de la veste réversible », Golias Hebdo, 28 juin 20120
  2. a, b, c, d, e et f « Marine Le Pen, le nouveau combat de Gilbert Collard », L'Express, 22 juin 2011.
  3. « Gilbert Collard, député FN et ami de Marine Le Pen », France 3 Languedoc-Roussillon, 18 juin 2012.
  4. « Victimes, défendez-vous ! », L'Est Républicain, 26 février 2007.
  5. « Gilbert Collard, avocat de l'extrême », Europe 1, 12 mai 2011.
  6. Que vaut vraiment le « célèbre avocat » Gilbert Collard ?, Rue89, 10 janvier 2013
  7. http://www.grands-avocats.com/avocats/gilbert-collard/
  8. http://www.lepoint.fr/tags/gilbert-collard
  9. « Le Pen et ses “frères” francs-maçons », L'Express, 6 janvier 2012.
  10. « ENQUETE. Gilbert Collard : comment il est tombé au Front », Le Nouvel Observateur, 20 septembre 2011
  11. a, b et c « Comment Collard est passé du trotskisme au marinisme », Marianne, 18 janvier 2012
  12. Interview de Gilbert Collard par Yann Barte dans Le Courrier de l'Atlas, n° 62, septembre 2012, p. 46.
  13. Bulletin d'information du MRAP n°13 de mai-juin 1990, édité par la Fédération des Bouches-du-Rhône du MRAP
  14. « Marseille : le coup d'éclat permanent », L'Express, 23 septembre 1993.
  15. a, b et c « À Vichy, Gilbert Collard se fait l'avocat des démagos », Libération, 3 mars 2001
  16. Archives municipales.
  17. Nicolas Lebourg et Joseph Beauregard, Dans l'ombre des Le Pen : Une histoire des numéros 2 du FN, Paris, Nouveau Monde,‎ novembre 2012, 390 p., p. 350.
  18. a et b « L'avocat Gilbert Collard se rallie à Marine Le Pen », Le Figaro, 11 mai 2011.
  19. Raphaël Stainville, « La benjamine et l'aventurier », in Le Figaro Magazine, n°21 116 et 21 117, 22 juin 2012, pages 42-44.
  20. « Législatives : Gilbert Collard, soutien de Marine Le Pen, candidat dans le Gard », Le Monde, 15 janvier 2012
  21. a et b Municipales 2014 : victoire assurée pour Gilbert Collard à Saint-Gilles ?, Le Point, 24 décembre 2013
  22. Résultats des élections législatives des 10 et 17 juin 2012
  23. « Élu dans le Gard, Gilbert Collard veut être un "casse-couilles démocratique" », Le Monde, 17 juin 2012
  24. L'avocat Gilbert Collard (FN) élu dans le Gard
  25. « Municipales : Collard candidat à Saint-Gilles (Gard) », in Le Figaro, mercredi 6 novembre 2013, page 6.
  26. Olivier Beaumont, VIDEO. Municipales : Collard et Roucas font leur show, Le Parisien, 11 janvier 2014
  27. Gilbert Collard (FN) battu par l'UMP à Saint-Gilles, Le Monde, 30 mars 2014
  28. Alexandre Sulzer, Poussée du FN: le Front républicain n'a fait que limiter la casse, L'Express, 31 mars 2014
  29. Les élus - Nîmes Métropoles, consulté le 8 juin 2014
  30. Marc de Boni, La reconnaissance de la Palestine divise les députés FN, Le Figaro, 20 novembre 2014
  31. "Des petites gens pour une grande cause, histoire de l'académie Berbère 1966-1978", Mohand Arab Bessaoud, page 165.
  32. « Gilbert Collard, possible député FN, ex-avocat de gauche », Rue89, 11 juin 2012
  33. « Convoqué au siège de la CGT, un syndicaliste frontiste chahuté », sur lemonde.fr,‎ 28 mars 2011 (consulté le 1er avril 2011).
  34. « Double infanticide », 20 minutes, 27 juin 2011
  35. http://www.dailymotion.com/video/xfdsre_chateauroux-conference-de-presse-maitre-collard-affaire-marletta_news
  36. « Un crime raciste en procès », L'Express, 4 juin 1998
  37. « Une Française condamnée à l'étranger », Le Figaro, 27 février 2009
  38. Disparition d'un SDF: 20 ans de réclusion en appel pour une aubergiste, Le Parisien, 29 septembre 2010
  39. Enquêtes criminelles : le magazine des faits divers : "L'auberge rouge: L'affaire Hourdin"
  40. La dépèche

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]