Jean-Luc Godard

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le réalisateur. Pour le poète, voir Jean-Luc Godard (poète). Pour les autres homonymes, voir Godard.

Jean-Luc Godard

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Jean-Luc Godard à Berkeley, en 1968.

Nom de naissance Jean-Luc Godard
Naissance 3 décembre 1930 (83 ans)
Paris, France
Nationalité Drapeau de Suisse Suisse
Drapeau de France Français
Profession Réalisateur
Scénariste
Producteur
Films notables À bout de souffle
Le Mépris
Pierrot le fou
Sauve qui peut (la vie)
Histoire(s) du cinéma

Jean-Luc Godard est un cinéaste franco-suisse, né le 3 décembre 1930 à Paris. Auteur complet de ses films, il en est fréquemment à la fois réalisateur, scénariste, dialoguiste, et il en maîtrise le montage. Il y apparaît occasionnellement, parfois dans un petit rôle, parfois non comme acteur, mais comme sujet intervenant. Producteur et écrivain, il est aussi critique et théoricien du cinéma.

Comme Éric Rohmer, François Truffaut, Claude Chabrol ou encore Jacques Rivette, Jean-Luc Godard commence sa carrière dans les années 1950 comme critique de cinéma. Il écrit notamment dans la Gazette du cinéma, les Cahiers du cinéma et Arts. Parallèlement à cette activité, il tourne des courts métrages en 16 mm, Opération béton (1954), un documentaire sur la construction du barrage de la Grande-Dixence en Suisse, Tous les garçons s'appellent Patrick ou Charlotte et Véronique, un marivaudage écrit avec Éric Rohmer, Une histoire d'eau (1958), qu'il monte à partir d'images filmées par François Truffaut et enfin Charlotte et son jules (1958).

En 1959, il passe au long métrage avec la réalisation d'À bout de souffle. Le film rencontre un grand succès et devient un des films fondateurs de la Nouvelle Vague. Au cours des années 1960, il multiplie les projets et réalise plusieurs films par an. En 1960, il tourne ainsi Le Petit Soldat, un film sur la guerre d'Algérie et Une femme est une femme, un film hommage à la comédie musicale. Il réalise ensuite Vivre sa vie (1962), un film sur une jeune femme qui se prostitue, Les Carabiniers (1963), un nouveau film sur la guerre et Le Mépris (1963) un film sur l'univers du cinéma. Il poursuit en 1964 avec Bande à part et Une femme mariée. En 1965, il réalise Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution, son film de science-fiction puis Pierrot le fou, un road movie où nombre de spécialistes voient son chef-d'œuvre. Il réalise ensuite Masculin féminin, un film sur la jeunesse, Made in USA, Deux ou trois choses que je sais d'elle, dans lequel il traite à nouveau du thème de la prostitution, La Chinoise (1967) et Week-end (1967).

Godard est alors devenu un cinéaste de première importance, et un personnage de premier plan du monde artistique et de l'intelligentsia. En 1968, les événements de Mai pressentis par certains de ses films antérieurs, sont l'occasion de la rupture avec le système du cinéma. Godard se radicalise politiquement, et se marginalise. Il tente avec Jean-Pierre Gorin de faire un cinéma politique et signe ses films sous le pseudonyme collectif de Groupe Dziga Vertov. Durant cette période, ses films sont peu diffusés. À partir de 1974, il expérimente la vidéo avec sa compagne Anne-Marie Miéville, travaille pour la télévision et s'éloigne du cinéma.

Il revient au cinéma au tournant des années 1980 avec Sauve qui peut (la vie). Il retrouve alors la place centrale qu'il avait occupée au cours des années 1960.

À partir de la fin des années 1980, il se consacre à une série de films-essais intitulée Histoire(s) du cinéma qu'il achève en 1998 et qui tente de faire une histoire cinématographique du cinéma. Dans les années 2000, il poursuit son travail au cinéma avec Éloge de l'amour (2001), Notre musique (2004) et Film Socialisme (2010). Il monte aussi un projet d'exposition au centre Georges Pompidou à Paris. Le projet extrêmement ambitieux est finalement abandonné et donne lieu à une exposition intitulée Voyage(s) en utopie. À la recherche d'un théorème perdu. JLG 1945-2005 qui montre les maquettes de l'exposition prévue.

Jean-Luc Godard a obtenu l'Ours d'or au Festival de Berlin en 1965 pour Alphaville ainsi que deux Ours d'argent (meilleur réalisateur en 1960 pour À bout de souffle et Grand prix du jury en 1961 pour Une femme est une femme). Il a également reçu un Lion d'or d'honneur en 1982 à la Mostra de Venise et le Lion d'or du meilleur film pour Prénom Carmen en 1983. Par ailleurs, il s'est vu décerner le Prix du Jury au Festival de Cannes pour Adieu au langage en 2014 ainsi que deux Césars honorifiques, en 1987 et 1998, et un Oscar d'honneur en 2010 pour l'ensemble de sa carrière.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Jean-Luc Godard naît le 3 décembre 1930 au 2, rue Cognacq-Jay dans le 7e arrondissement de Paris. Il est le second d'une famille de quatre enfants. Sa sœur aînée, Rachel, est née le 6 janvier 1930[1],[2].

Son père, Paul Godard, naît le 1er juin 1899 dans une famille protestante originaire à la fois du Nord de la France (Cambrésis) et du Cher (Sancerre). En 1916, il déménage avec sa famille en Suisse par conviction pacifiste et s'installe à Vevey, puis à Genève. Il suit ensuite des études de médecine et soutient sa thèse en 1925 à Paris. Il travaille ensuite à la fois à Paris et en Suisse[3].

Sa mère, Odile Monod, appartient à une grande famille protestante française descendant du pasteur Jean Monod né à Genève en 1765 et du pasteur Adolphe Monod né en 1802. Le grand-père maternel, Julien Monod, a dirigé la Société financière d'Orient et est l'un des fondateurs de la Banque de Paris et des Pays-Bas. En 1924, il achète un appartement au 16 boulevard Raspail dans un immeuble construit par l'architecte Henri Sauvage. Il fréquente les écrivains et devient très proche de Paul Valéry qu'il rencontre en 1924. Grand admirateur du poète, il collectionne dans son appartement les livres, les manuscrits et la correspondance du poète dans une pièce de l'appartement dédié à Valéry dénommée le « valerianum »[4],[note 1].

Paul Godard épouse Odile Monod à l'oratoire du Louvre le 16 octobre 1928[5]. En 1933, Paul Godard trouve une place dans une clinique en Suisse et la famille Godard s'installe au bord du lac Léman entre Nyon et Rolle avant de déménager à Nyon en 1938 au 4, rue du Prieuré. Jean-Luc Godard va à l'école primaire à Nyon à partir de 1936. Son enfance est particulièrement sportive avec la pratique du football, du ski ou encore du basket-ball. Son enfance est aussi marquée par la religion protestante. Le jeune Jean-Luc Godard se passionne d'abord pour la peinture. Ses œuvres de jeunesse semblent inspirées de Paul Klee et d'Oskar Kokoschka. Il passe ses vacances dans la propriété de ses grands-parents maternels à Anthy-sur-Léman[6].

En juin 1940, Jean-Luc Godard est chez ses grands-parents à Paris au moment de l'invasion allemande. On l'envoie d'abord chez sa tante Aude en Bretagne où il commence l'année scolaire 1940 avant de traverser la France pour rejoindre la Suisse. La famille Monod est plutôt républicaine et de gauche, mais Julien Monod, son grand-père est plus conservateur, défend le maréchal Pétain et lit la presse collaborationniste. En revanche, les parents de Godard travaillent pour la Croix-Rouge et sont plutôt anglophiles[7].

Après la guerre, Jean-Luc Godard obtient son diplôme du collège à Nyon et est envoyé à Paris pour passer le baccalauréat au lycée Buffon. Il est alors éloigné de sa famille. Ses parents sont sur la voie de la séparation. Son père souffre de la maladie de Charcot et supporte mal l'attitude de la famille Monod à son égard tandis que sa mère supporte mal d'être éloignée de sa famille. Elle quitte le domicile familial pour emménager à Genève en 1949, puis à Lausanne en 1951 et le couple divorce en novembre 1952. Godard emménage alors rue d'Assas, juste en dessous de l'appartement de l'écrivain et éditeur Jean Schlumberger. Il se désintéresse des études et rate son baccalauréat en 1947. Il commence à fréquenter les ciné-clubs et la cinémathèque française[8]. Sa découverte du cinéma passe aussi par la lecture de textes critiques comme ceux de la Revue du cinéma dans laquelle il découvre notamment les textes de Maurice Schérer, plus connu aujourd'hui sous le nom d'Éric Rohmer[9].

Depuis son adolescence à Nyon, Jean-Luc Godard, qui vit pourtant dans une famille aisée, prend l'habitude de voler. Cette habitude devient une manie et Jean-Luc Godard vole aussi ses proches et ses amis. Il vole notamment des ouvrages dans la bibliothèque de Jean Schlumberger qu'il va revendre au Pont-Neuf. Il vole aussi dans la bibliothèque de son grand père des ouvrages de Paul Valéry qu'il revend à la librairie Gallimard située en face du domicile de son grand-père. Ce dernier découvre le larcin et Jean-Luc Godard devient le mouton noir de sa famille à l'âge de 17 ans. Plus tard, il vole aussi la caisse des Cahiers du cinéma en 1952 et la caisse du café de la Comédie près du Palais-Royal tenu par les parents de son ami Charles Bitsch. En rupture avec sa famille, Godard rédige en novembre 1947 un pamphlet contre sa famille intitulé Le Cercle de famille. Ou impressions d'ensemble[10].

Il rentre en Suisse en 1948 et prépare le baccalauréat au collège Lémania à Lausanne. Après avoir échoué une seconde fois, il l'obtient à la troisième tentative en 1949. À cette époque, Godard hésite encore entre la peinture, le cinéma et la littérature. Il rédige un premier scénario, intitulé Aline, d'après le roman de Charles-Ferdinand Ramuz[11].

À l'automne 1949, il s'inscrit en anthropologie à la Sorbonne à Paris, mais il se désintéresse assez vite de cette discipline. À la Sorbonne, il rencontre Suzanne Klochendler qui deviendra plus tard Suzanne Schiffman et qui collaborera avec Godard sur de nombreux films, et l'écrivain Jean Parvulesco. Il rédige un second scénario d'après La Fiancée de George Meredith intitulée La Trêve d'ironie, Claire[12]. À cette époque, il voit énormément de films. À la cinémathèque dirigée par Henri Langlois, il retrouve régulièrement Suzanne Klochendler, François Truffaut, Jean Gruault et Jacques Rivette[13]. Il fréquente aussi le ciné-club du quartier latin fondé par Frédéric Frœschel en 1947 où il rencontre Maurice Schérer, Paul Gégauff, François Truffaut, Claude Chabrol, Jean Gruault et Jacques Rivette[14]. Le groupe de ce ciné-club publie le Bulletin du ciné-club du Quartier latin qui devient à la fin de l'année 1949 une vraie revue intitulée la Gazette du cinéma. C'est dans cette revue que Godard publie à 19 ans ses premiers textes critiques. Il publie ainsi douze articles de juin à novembre 1950 sous son nom propre ou sous le pseudonyme de Hans Lucas, traduction en allemand de son prénom Jean-Luc[15]. En septembre 1950, il participe avec ses amis du ciné club du Quartier latin au festival du film maudit de Biarritz organisé par le ciné club Objectif 49 présidé par Jean Cocteau. Ce festival est un moment important dans l'affirmation de la jeune critique réunie autour de la Gazette du cinéma qui n'hésite pas à critiquer les choix de programmation de ses aînés[16].

En décembre 1950, son père, qui s'est séparé de sa femme, lui propose de l'emmener en voyage en Amérique. Il visite d'abord New York, puis rejoint Kingston en Jamaïque où son père achète une maison pour s'installer. Jean-Luc Godard part alors parcourir l'Amérique du Sud seul pendant plusieurs mois. Il passe notamment à Panama, au Pérou, en Bolivie et au Brésil avant de rentrer en France en avril 1951[17].

Les années Cahiers (1950-1959)[modifier | modifier le code]

En avril 1951, Jacques Doniol-Valcroze crée les Cahiers du cinéma. La revue, créée pour prolonger l'esprit de la Revue du cinéma, accueille des critiques de diverses obédiences dont Maurice Schérer qui tente alors de faire entrer ses amis de la Gazette du cinéma aux Cahiers. Godard publie son premier texte dans la nouvelle revue en janvier 1952 grâce à un article sur La Flamme qui s'éteint de Rudolph Maté. Il poursuit en avril 1952 par un éloge polémique de L'Inconnu du Nord-Express d'Alfred Hitchcock intitulé « Suprématie du sujet » puis attaque frontalement André Bazin en septembre de la même année avec un texte intitulé « Défense et illustration du découpage classique »[18].

Au printemps 1953, son père lui trouve un poste de cadreur à la télévision suisse à Zurich. L'expérience se termine mal. Godard vole à nouveau dans la caisse de la télévision. Il est alors dénoncé à la police et passe trois nuits en prison. Par ailleurs, pour ne pas partir en guerre en Indochine, Godard a préféré choisir la nationalité suisse à sa majorité, mais n'a pas satisfait à ses obligations militaires en Suisse et il est donc hors la loi. Son père le fait alors interner plusieurs semaines à l'hôpital psychiatrique de La Grangette à Lausanne. Après cet épisode, il ne revoit plus son père pendant dix ans. À sa sortie de l'hôpital, sa mère lui trouve un emploi sur le chantier du barrage de la Grande-Dixence dans le Valais. Godard y travaille pendant l'été 1953 et pendant toute l'année 1954 et passe son temps libre à Genève où il fréquente une bande de dandys désinvoltes[19]. Avec son ami Jean-Pierre Laubscher, il réalise un documentaire en 16 mm sur la construction du barrage. Dès ce premier film, intitulé Opération béton, Godard prête une attention toute particulière au son en cherchant à les enregistrer fidèlement. Il le revend ensuite à la Compagnie de la Grande-Dixence[20]. Le 21 avril 1954, sa mère meurt dans un accident de scooter, à l'âge de 45 ans[21]. Après la vente de son documentaire, Godard s'installe à Genève et réalise un second court métrage, Une femme coquette, tourné en novembre 1955 sur l'île Rousseau[22].

Il revient à Paris en janvier 1956 et renoue avec la bande de la Gazette du cinéma. Grâce à Claude Chabrol, il devient attaché de presse à la Fox où il travaille de manière irrégulière pendant deux ans. Il fait aussi son retour au Cahiers du cinéma. Pour son retour, il choisit de publier un texte sur un cinéaste hors du panthéon classique défendu par les autres jeunes turcs, Frank Tashlin. Grâce à François Truffaut, il rejoint aussi l'hebdomadaire Arts en février 1958[23]. En parallèle, il travaille aussi comme monteur pour le producteur Pierre Braunberger sous la direction de Myriam Borsoutsky[24].

En juin 1957, il tourne son premier court métrage professionnel, Tous les garçons s'appellent Patrick ou Charlotte et Véronique. Le film écrit avec Éric Rohmer et produit par Pierre Braunberger raconte l'histoire de deux jeunes filles coquettes et naïves qui se laissent tour à tour séduire par le même homme autour du jardin du Luxembourg. Le film est léger et rapide. Il est diffusé au cinéma au printemps 1958 en complément d'Un témoin dans la ville d'Édouard Molinaro[25].

En février 1958, l'Île-de-France est inondée à la suite de pluies torrentielles. Après une discussion avec Godard et Pierre Braunberger, François Truffaut part filmer l'histoire d'une jeune fille habitant en banlieue et souhaitant se rendre à Paris pendant ces inondations. Le film s'intitule Une histoire d'eau. Truffaut n'est pas satisfait des rushes et abandonne le projet mais Godard écrit un texte qu'il lit en voix off avec Anne Colette et monte le film. Ce dernier est finalement diffusé en mars 1961 en première partie de Lola de Jacques Demy[26].

Jean-Paul Belmondo a tourné dans Charlotte et son Jules, À Bout de souffle, Une femme est une femme et Pierrot le fou.

Godard tourne ensuite Charlotte et son Jules avec Jean-Paul Belmondo et Anne Colette. Le film, inspiré du Bel Indifférent de Jean Cocteau, est un long monologue d'un garçon devant sa petite amie, laquelle est simplement repassée le voir pour lui dire qu'elle le quittait et récupérer sa brosse à dent. Belmondo est absent pour la postsynchronisation et c'est finalement Godard lui-même qui double son personnage. Le film est lui aussi diffusé en même temps que Lola en mars 1961[27].

Les années Karina (1959-1967)[modifier | modifier le code]

Anna Karina épouse Jean-Luc Godard en 1961 avant de divorcer en 1964. Elle tourne avec lui sept longs métrages dont Une femme est une femme (1961), Alphaville (1965) et Pierrot le fou (1965) et un court métrage (Anticipation, ou l'Amour en l'an 2000, 1966).

Après le succès des Quatre Cents Coups de François Truffaut au festival de Cannes 1959, Godard a conscience qu'il ne faut pas rater la vague et cherche à réaliser lui aussi son premier long métrage[28]. Il reprend alors une idée de scénario de François Truffaut s'inspirant d'un fait divers et contacte le producteur Georges de Beauregard pour financer son film. À bout de souffle raconte l'histoire de Michel Poiccard, un jeune qui vole une voiture à Marseille pour aller retrouver une Américaine à Paris. En route, il est poursuivi par deux policiers et finit par en tuer un. Il retrouve finalement l'Américaine à Paris. Comme dans la tradition du film noir américain, le film est inspiré d'un fait divers réel. Le tournage a lieu entre août et septembre 1959 avec Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg dans les rôles principaux[29]. Si le tournage est relativement court, la matière est trop abondante et Godard est obligé de couper dans son film mais plutôt que de couper des plans entiers comme le veut la tradition, il coupe à l'intérieur des plans. Il suit ainsi le conseil de son ami Jean-Pierre Melville qui lui avait dit qu'ayant tourné un film impossible, il devait maintenant aller jusqu'au bout et le finir comme tel. Il crée ainsi des discontinuités dans son film qui lui donnent un rythme particulier[30]. Sorti en mars en 1960, le film remporte un grand succès auprès du public (2,2 millions d'entrées en France)[31],[32]. Le succès critique est aussi au rendez-vous et Godard reçoit notamment le soutien de critiques importants comme Georges Sadoul dans Les Lettres françaises[33].

Dès la sortie d'À bout de souffle, Godard se lance dans le tournage du Petit Soldat. Il prend ainsi le contre-pied de ceux qui accusaient le jeune cinéma de ne parler que de problèmes de coucheries et de ne pas traiter les problèmes plus actuels comme la guerre d'Algérie et la censure. L'action du film se déroule à Genève le 13 mai 1958, le jour où le général Massu prend le pouvoir à Alger. Le film raconte l'histoire d'un déserteur de l'armée française qui travaille pour un groupe terroriste d'extrême droite à Genève. Il souhaite arrêter mais il est pris en otage par le FLN et parvient à s'enfuir alors que sa petite amie est prise en otage par les terroristes d'extrême droite. Politiquement, le film est ambigu et la torture est aussi bien le fait de l'extrême droite que du FLN[34]. Le film est censuré par le ministre de l'information, Louis Terrenoire qui justifie ainsi son choix : « À un moment où toute la jeunesse française est appelée à servir et à combattre en Algérie, il paraît difficilement possible d'admettre que le comportement contraire soit exposé, illustré et finalement justifié[35]. ». Le film sort après la fin de la guerre d'Algérie en 1963[36].

Sur le tournage du film, il séduit l'actrice Anna Karina. Après l'avoir repérée dans une publicité à l'été 1959, il lui a proposé un rôle dans À bout de souffle qu'elle a refusé parce qu'elle ne voulait pas se déshabiller. Il lui propose ensuite le rôle principal dans Le Petit Soldat[37]. Anna Karina devient alors la muse de Jean-Luc Godard et tourne au cours des années 1960 sept films avec lui (Le Petit Soldat, Une femme est une femme, Vivre sa vie, Bande à part, Alphaville, Pierrot le fou et Made in USA). Il l'épouse le 3 mars 1961 à Begnins en Suisse puis à l'église protestante de l'avenue Marceau à Paris[38]. Néanmoins, leur couple ne fonctionne pas et Jean-Luc Godard et Anna Karina divorcent officiellement le 21 décembre 1964[39].

À la fin de l'année 1960, Godard tourne avec Jean-Paul Belmondo, Jean-Claude Brialy et Anna Karina son troisième long métrage intitulé Une femme est une femme. Le film raconte l'histoire d'une femme, Angela (Anna Karina), qui souhaite avoir un enfant dans les 24 heures. Comme son compagnon, Émile (Jean-Claude Brialy), refuse, elle le menace de faire un enfant avec Alfred (Jean-Paul Belmondo)[40],[41]. Comme les précédents, le film divise la critique et polarise l'attention des journaux. Il obtient un prix spécial du jury au festival de Berlin en juin 1961 et Anna Karina reçoit le prix d'interprétation féminine. En revanche, le succès public est en deçà des espérances de la production (550 000 entrées en France)[42],[43].

Dans Vivre sa vie (1962), Godard fait le portrait d'une femme qui se livre à la prostitution[44]. Le film est présenté au festival de Venise en août 1962 et remporte le prix spécial du jury et le prix de la critique. Il sort à Paris le 20 septembre et réunit 148 000 spectateurs en première exploitation parisienne, ce qui semble un succès par rapport au budget du film et l'accueil critique est unanime à l'exception de Positif, Cinéma 62 et du Figaro[45].

La même année, Godard apparaît avec Anna Karina dans Cléo de 5 à 7, film d'Agnès Varda qui insère dans une scène un très court film burlesque en noir et blanc en hommage au cinéma muet intitulé les fiancés du pont MacDonald.

Toujours en 1962, il adapte Les Carabiniers du dramaturge italien Beniamino Joppolo. Le film est une description de la guerre et de ses dérapages à travers l'histoire de deux paysans, Ulysse et Michel-Ange, qui partent à la guerre et découvrent avec joie que tout leur est permis. À leur retour, il leur est impossible de retrouver une vie normale et quand ils entendent au loin le bruit des canons, ils repartent à la guerre et se font fusiller. Pour ce film, Godard choisit volontairement des acteurs inconnus et une qualité d'image proche de l'amateurisme. Il veut montrer la guerre comme elle est sans la glorifier et sans héroïsme. Le film, qui sort à Paris en mars 1963, est un échec commercial (20 000 spectateurs en exclusivité parisienne) et la réaction de la presse est aussi très négative[46].

À l'inverse du film précédent, Le Mépris (1963) est un film à gros budget avec l'une des actrices les plus célèbres du moment, Brigitte Bardot. Le film est une adaptation du roman du même nom du romancier italien Alberto Moravia. Il raconte l'histoire de Paul Javal (Michel Piccoli), écrivain de théâtre, marié à Camille (Brigitte Bardot), qui se rend à Cinecitta pour y négocier un contrat avec le producteur Jeremy Prokosch pour remanier le scénario d'un film sur l'Odyssée mis en scène par Fritz Lang, qui joue son propre rôle dans le film[47]. Godard renoue avec le succès auprès du public (1,5 million d'entrées)[48]. Sur le moment, Le Mépris ne suscite pas l'enthousiasme des critiques mais le film devient par la suite un des grands classiques de son auteur. Le film est néanmoins loué par des critiques célèbres comme Jean-Louis Bory (Arts) et Jean Collet (Télérama) et surtout par l'écrivain Louis Aragon dans Les Lettres françaises[49].

Après un premier rôle marquant dans les Quatre Cents Coups de François Truffaut, Jean-Pierre Léaud joue dans sept films de Jean-Luc Godard, dont Masculin féminin (1966), La Chinoise (1967) et Détective.

Au printemps 1964, il tourne Bande à part. Le film, inspiré d'un roman de la série noire intitulé Pigeon vole, raconte l'histoire de deux amis, Franz et Arthur, qui manipulent une jeune femme, Odile Monod (Anna Karina) pour voler l'argent de sa tutrice[50]. La scène où Odile, Franz et Arthur traversent la grande galerie du Louvre en courant pour battre un record de vitesse et la scène où les trois personnages dansent le madison dans un café sont restées célèbres[51].

Une femme mariée montre la vie d'une femme parisienne partagée entre son amant et son mari jusqu'à ce qu'elle tombe enceinte. Godard montre froidement des instants de la vie de cette femme en « filmant les sujets comme des objets ». Le film est réalisé en quatre mois entre mai, date à laquelle Godard propose un premier projet à son producteur, et le festival de Venise en septembre. Fin septembre, le film est interdit par la commission de contrôle des films qui juge d'une part que le titre initial, La Femme mariée, outrageux pour l'ensemble des femmes et que la mise en scène de la sexualité est trop suggestive. Cette interdiction provoque un scandale dans la presse. Finalement, Godard accepte de changer le titre et de remanier quelques scènes pour que son film soit diffusé[52].

En janvier 1965, Godard tourne Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution un film de science-fiction qui a la particularité d'être tourné dans Paris en décors réels plutôt qu'en studio. Ce parti pris esthétique vient de l'idée que le futur est déjà là et qu'en 1965, Paris et ses habitants sont déjà devenus des machines. L'atmosphère particulière du film tient en grande partie au choix de tourner la nuit et sans éclairage avec une pellicule très sensible, ce qui donne un noir et blanc très contrasté et une impression crépusculaire. Le film obtient l'Ours d'or au festival de Berlin en juin 1965[53].

Après Alphaville, Godard tourne Pierrot le fou. Le film est un road-movie à travers la France. Ferdinand (Jean-Paul Belmondo) et Marianne (Anna Karina) fuient Paris, et cette société qui les ennuie, vers le sud de la France. L'intrigue criminelle qui constitue la trame du film est traitée avec désinvolture. Le film est présenté à la mostra de Venise en 1965 et suscite des réactions controversées mais Godard reçoit des soutiens importants, avec notamment un texte de Louis Aragon dans Les Lettres françaises intitulée « Qu'est-ce que l'art, Jean-Luc Godard ? ». Aragon apprécie l'art du collage chez Godard et voit dans son œuvre la continuation du cubisme[54]. À l'inverse, le critique Bernard Dort attaque vivement Godard dans Les Temps modernes et voit en lui un réactionnaire nostalgique[55],[56]. Le film fait 1,3 million d'entrées[57].

Pierrot le fou constitue une sorte d'aboutissement dans l'œuvre de Godard et il se doit maintenant de commencer autre chose. À la fin de l'année 1965, il tourne Masculin féminin, un film adapté de deux nouvelles de Guy de Maupassant, Le Signe et La Femme de Paul avec Jean-Pierre Léaud, Chantal Goya, Marlène Jobert. Il s'agit d'un film-enquête sociologique sur la jeunesse des années 1960. Le personnage de Jean-Pierre Léaud, appelé Paul Doinel, ressemble à Antoine Doinel, le personnage de François Truffaut. Comme lui, il est inadapté au monde social et amoureux malheureux[58].

Au cours des années 1960, Godard bascule à gauche. La censure d'Une femme mariée (1964) constitue un moment important dans son évolution politique. Quand en 1966, le ministre de l'Information interdit Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot de Jacques Rivette, Godard attaque publiquement André Malraux en publiant dans Le Nouvel Observateur un texte intitulé « Lettre ouverte à André Malraux, ministre de la Kultur ». Malraux autorise finalement la projection de La Religieuse au festival de Cannes de la même année[59],[60].

Durant l'été 1966, il tourne deux films à la suite. Made in USA est réalisé dans l'urgence à la demande du producteur Pierre Braunberger qui a besoin d'un nouveau projet pour sa société de production. Le film montre la vie d'une reporter, Paula Nelson, qui enquête sur la mort de son ami Richard Politzer mais la plupart des commentateurs ont souligné l'incohérence du récit[61]. Godard enchaîne avec le tournage de Deux ou trois choses que je sais d'elle en août 1966. Le film raconte une journée de la vie d'une jeune femme, Juliette Janson (Marina Vlady), qui vit dans les grands ensembles et se livre à la prostitution occasionnelle pour s'acheter des robes ou aller chez le coiffeur. Dans sa démarche, Godard s'inspire ouvertement du structuralisme et cherche à faire une « enquête sociologique » de la société française[62].

Les années Mao (1967-1973)[modifier | modifier le code]

Jean-Luc Godard épouse Anne Wiazemsky, la petite-fille de l'écrivain François Mauriac, le 21 juillet 1967. Elle joue dans La Chinoise (1967).

Jean-Luc Godard rencontre Anne Wiazemsky, petite-fille de François Mauriac, sur le tournage d'Au hasard Balthazar de Robert Bresson en août 1965. Après avoir refusé ses avances, elle lui écrit une lettre d'amour en juin 1966[63]. Anne Wiazemsky vient de passer le baccalauréat et entre à l'université de Nanterre et c'est grâce à elle que Godard découvre le milieu étudiant qui lui sert de toile de fond pour La Chinoise[64]. Il épouse Anne Wiazemsky le 21 juillet 1967[65],[note 2]. Le couple se sépare en octobre 1970[66].

Durant l'année 1967, Godard tourne La Chinoise et Week-end. Le premier raconte la vie d'un groupe de jeunes maoïstes au moment même où ce mouvement émerge en France[67]. Le film est présenté au festival d'Avignon en août 1967 dans la cour du palais des Papes puis à la mostra de Venise en septembre et sort à Paris au même moment. Godard est alors au sommet de sa notoriété et le film est très attendu mais n'est pas très bien reçu. La critique cinématographique est plutôt positive mais les militants maoïstes sont très virulents contre le film et y voient une provocation et s'indignent qu'on représente les maoïstes comme de jeunes bourgeois qui jouent à la révolution[68].

Dans Week-end, Godard montre un couple partant en week-end chez une belle-mère en espérant récupérer son héritage. Le week-end dégénère rapidement avec des personnages dépourvus de toute humanité et devient vite apocalyptique. Godard anticipe lui-même que son film déplaira au public et le définit comme un film « méchant, grossier et caricatural ». Après ce film, Godard prévoit d'arrêter le cinéma, du moins tel qu'il l'a pratiqué depuis le début des années 1960 et conseille à ses principaux collaborateurs, Raoul Coutard, Suzanne Schiffman et Agnès Guillemot, de travailler avec d'autres cinéastes[69].

Jean-Luc Godard à l'université de Berkeley en 1968.

L'année 1968 est une année charnière dans la carrière de Godard qui s'éloigne du cinéma classique qu'il a pratiqué jusqu'ici, s'engage dans les différentes luttes politiques du moment (l'affaire Langlois, l'engagement contre la guerre du Viêt Nam et à sa manière mai 68) et cherche de nouvelles manières de faire du cinéma à travers le didactisme du Gai Savoir ou les ciné-tracts de mai 68[70].

En janvier, il tourne pour la télévision française Le Gai Savoir avec Jean-Pierre Léaud et Juliet Berto. Par son didactisme, le film prolonge La Chinoise. Monté en août de l'année après les événements de 68, il est refusé par l'ORTF et interdit au cinéma par la commission de contrôle[71].

En février 1968, le ministre de la culture, André Malraux, entreprend de faire élire un nouveau directeur artistique à la cinémathèque française en remplacement d'Henri Langlois. Comme ses camarades de la Nouvelle Vague, Godard a découvert la cinéphilie à la cinémathèque grâce à Langlois et ne peut supporter l'idée que le gouvernement veuille le remplacer. Avec d'autres cinéastes et cinéphiles, il participe aux manifestations le 12 février rue d'Ulm et le 14 février au palais de Chaillot et crée le Comité de défense de la cinémathèque française. Langlois est finalement réintégré le 22 avril 1968[72].

Avec d'autres cinéastes comme Philippe Garrel et Chris Marker, il participe aux événements de mai 68 en suivant et filmant les manifestations d'une part, en participant aux États généraux du cinéma français à l'École technique de photographie et de cinéma de la rue de Vaugirard et à l'IDHEC et enfin en exigeant avec François Truffaut, Alain Resnais, Claude Lelouch, Louis Malle et d'autres, l'arrêt du festival de Cannes en « solidarité avec les étudiants »[73]. Avec Chris Marker, il participe à la confection de cinétracts, de courts films de 3 minutes mêlant des slogans révolutionnaires avec des images des manifestations ou des détournements d'images publicitaires[74]. Mais mai 68 c'est aussi le moment d'une déception pour Godard qui se détache du mouvement des cinéastes et ne participe pas à la création de la Société des réalisateurs de films. Enfin, c'est aussi le moment où Godard remet en cause sa notoriété et souhaite redevenir anonyme. Il remet aussi en cause la notion d'auteur qu'il avait défendue quand il était critique au Cahiers du cinéma[75],[76].

Après mai 68, il part à Londres filmer les Rolling Stones en train d'enregistrer Sympathy for the Devil. Dans son film, initialement intitulé One + One, Godard juxtapose les répétitions filmées des Rolling Stones et des scènes sans rapport apparent avec les enregistrements, mettant en scène entre autres les Black Panther. Le film montre les Stones au travail et déconstruit ainsi le mythe du génie créateur[77],[note 3]. En juillet, Godard tourne en France Un film comme les autres dans lequel il fait dialoguer des étudiants de Nanterre et des ouvriers de l'usine Renault de Flins sur les enseignements de mai 68. Le film est volontairement antispectaculaire et le film est peu diffusé[78].

À l'automne 1968, Richard Leacock et Don Alan Pennebaker proposent à Godard de venir tourner un film aux États-Unis sur l'état de l'Amérique. Après près d'un mois de tournage à travers l'Amérique, Godard abandonne le projet. Il est très déçu par les rushes et n'aime pas la manière de filmer de Pennebaker. Finalement, Pennebaker et Leacock utilisent ces rushes pour faire un film intitulé One Parallel Movie[79]. Il entreprend ensuite avec Jean-Henri Roger, un étudiant maoïste de 20 ans, British Sounds (1969), un film sur l'état de la Grande-Bretagne pour la chaîne de télévision britannique LWT puis ils partent à Prague pour réaliser Pravda, un film sur la Tchécoslovaquie un an après le printemps de Prague[80].

À l'été 1969, Godard entreprend de tourner à Rome avec Marc'O et Daniel Cohn-Bendit, qu'il connaît grâce à Anne Wiazemsky depuis 1967, un « western d'extrême gauche » intitulé Vent d'est. Au départ, il s'agit d'un projet utopique dans lequel tous les participants seraient payés à parts égales et surtout dans lequel le scénario et le plan de travail sont élaborés collectivement lors d'assemblées générales. Assez rapidement, l'équipe se divise et les amis anarchistes de Cohn-Bendit n'arrivent pas à s'entendre avec les amis maoïstes de Godard. Certains comme Marc'O abandonnent le projet. Godard fait alors appel à son ami Jean-Pierre Gorin pour l'aider à reprendre en main le film. Après le tournage, Godard et Gorin travaillent seuls pendant quatre mois au montage du film. Finalement, Vent d'est constitue l'acte de naissance du groupe Dziga Vertov, un pseudonyme collectif constitué essentiellement par Godard et Gorin en référence au réalisateur soviétique Dziga Vertov. Godard et Gorin cherchent à faire « politiquement du cinéma politique ». Avec ce groupe, Godard cherche aussi à faire oublier son statut d'« auteur »[81],[82]. Ils réalisent ensuite pour la RAI Luttes en Italie en s'inspirant essentiellement des écrits de Louis Althusser puis partent en Palestine avec Armand Marco et Elias Sanbar pour réaliser Jusqu'à la victoire. Le film reste inachevé mais les images et les sons enregistrés sont réutilisés plus tard dans Ici et ailleurs (1974)[83],[84]. Après l'échec du film palestinien, le groupe Dziga Vertov réalise Vladimir et Rosa en s'inspirant du procès des 8 de Chicago. Pour la première fois Godard est aussi acteur et s'essaie au burlesque[85].

À l'initiative du producteur Jean-Pierre Rassam, Godard et Gorin reviennent à une forme de cinéma plus classique avec Tout va bien en travaillant à nouveau avec des acteurs connus (Yves Montand et Jane Fonda). Le film, sorti en avril 1972, coûte 2,5 millions de francs et ne rassemble à Paris que 78 000 spectateurs[86],[87].

Le 9 juin 1971, pendant la préparation de Tout va bien, Jean-Luc Godard est victime d'un grave accident de moto dans lequel son bassin est fracturé et il reste une semaine dans le coma. Il doit subir de nombreuses opérations et reste plus de six mois à l'hôpital et doit faire des séjours réguliers en hôpital pendant trois ans. C'est à ce moment-là qu'il se lie avec Anne-Marie Miéville, qu'il a rencontrée quelques mois plus tôt à Lausanne. À sa sortie de l'hôpital en novembre 1971, il s'installe avec elle et lui propose de travailler avec lui sur Tout va bien comme photographe de plateau[88].

Après Tout va bien, Jean-Pierre Gorin cherche à réaliser son propre film L'Ailleurs immédiat mais rencontre de nombreuses difficultés et ne se sent pas soutenu par Godard et cela marque la fin de leur collaboration. Gorin quitte la France au début de l'année 1973 pour aller vivre au Mexique puis en Californie[89]. Quelques mois plus tard, c'est François Truffaut qui rompt définitivement avec Godard. À la sortie de La Nuit américaine, Godard écrit une lettre à François Truffaut dans laquelle il critique vivement le film tout en demandant de l'argent pour financer son prochain film. Truffaut lui répond violemment en l'accusant de ne pas faire attention aux autres, de « n'aimer les gens que théoriquement » et de se comporter comme une diva[90],[91],[note 4].

Les années vidéo (1973-1979)[modifier | modifier le code]

Au début de l'année 1973, après la dissolution du groupe Dziga Vertov, Godard a le projet de réaliser un film sous forme de confession autobiographique intitulé Moi Je. Pour la première fois, il envisage d'abandonner la pellicule de cinéma traditionnelle pour réaliser son film entièrement en vidéo et il investit tout l'argent obtenu auprès du CNC pour le film dans le matériel vidéo afin de pouvoir devenir complètement autonome. C'est à ce moment-là qu'il rencontre Jean-Pierre Beauviala, un ingénieur grenoblois, inventeur de la Paluche, une caméra ultra-légère, et directeur de la société Aäton qui l'invite à venir s'installer à Grenoble à la fin de l'année 1973. Godard quitte brutalement Paris avec Anne-Marie Miéville et reconstitue son studio vidéo à Grenoble où il crée une nouvelle société de production dénommée Sonimage[92]. Il fait venir à Grenoble Gérard Teissèdre, spécialiste en vidéo, photographie et automatique, pour assurer la mise en place et les innovations du studio vidéo.

Avec Anne-Marie Miéville, ils travaillent à partir des images tournées en Palestine pour Jusqu'à la victoire en 1970 et les analysent de manière critique pour composer un nouveau film Ici et ailleurs (1974). Godard et Miéville découvrent alors que certains combattants palestiniens avaient peur de l'armée israélienne et n'avaient pas confiance dans leurs leaders. Le film sort sur les écrans le 15 septembre 1976 dans une relative indifférence mais fait scandale a posteriori à cause du parti-pris radicalement pro-palestinien du film et du rapprochement par le montage d'une photo de Golda Meir, premier ministre d'Israël de 1969 à 1974 et d'Adolf Hitler[93],[94].

Le producteur Georges de Beauregard propose ensuite à Godard de réaliser un remake d'À bout de souffle. Godard s'éloigne de la commande et réalise un film intitulé Numéro deux dans laquelle il montre la vie quotidienne de trois générations, un jeune couple, leurs deux enfants et leurs parents à Grenoble. Le film, sorti à Paris en septembre 1974, est un échec commercial mais divise de nouveau la critique comme à l'époque de Pierrot le fou[95],[96]. La particularité technique de ce film est son tournage en vidéo suivi d'un transfert sur film argentique.

En juin 1976, l'Institut national de l'audiovisuel lui commande une série de six fois deux films d'une heure pour la chaîne de télévision française FR3 à réaliser dans un délai très bref de deux mois. Godard avait déjà nourri depuis longtemps le projet de faire de la télévision et est heureux d'en avoir enfin la possibilité. La série, intitulée Six fois deux / Sur et sous la communication, est diffusée le dimanche soir du 25 juillet au 29 août 1976[97].

En 1976, lassé de sa vie grenobloise, il fait vider les locaux de la société Sonimage sans en prévenir le personnel en place[réf. nécessaire][98]. Sonimage sera condamnée par la suite pour ces faits[99]. Godard s'installe au printemps 1977 avec sa compagne Anne-Marie Miéville à Rolle en Suisse, tout près de la ville de Nyon où il a passé son enfance[100]. À l'occasion du centenaire de la publication du Tour de la France par deux enfants, la chaîne de télévision française Antenne 2 souhaite en réaliser une adaptation pour la télévision sous forme de série de douze épisodes de 26 minutes et finit par confier la commande à Godard. Comme à son habitude, il détourne la commande originelle et réalise une série intitulée France tour détour deux enfants dans lequel il filme le quotidien de deux enfants dans la France contemporaine. Antenne 2 se désintéresse de cette série et ne la diffuse qu'en avril 1980[101],[102].

Le retour au cinéma (1980-1988)[modifier | modifier le code]

Après les années vidéo, Jean-Luc Godard tente de revenir au circuit classique du cinéma. En mai 1979, il contacte Jean-Paul Belmondo qui a acheté les droits d'adaptation de la biographie Jacques Mesrine mais Belmondo se méfie de Godard et refuse de coopérer à nouveau craignant que ce dernier tourne un film trop expérimental. Godard envisage alors de réaliser un film aux États-Unis avec Francis Ford Coppola. Avec le scénariste Jean-Claude Carrière, il rédige un scénario intitulé The Story à partir du livre du journaliste américain Henry Sergg sur le mafieux Bugsy Siegel. Le projet s'enlise et Godard finit par y renoncer, notamment après que l'actrice Diane Keaton a refusé de jouer dans le film[103].

C'est finalement avec Sauve qui peut (la vie) (1980) que Godard revient au cinéma. Le film ouvre une nouvelle période dans son œuvre avec sept longs métrages en sept ans. Il dresse le portrait de trois personnages en quatre épisodes séparés. Godard, qui se méfie des scénarios écrits, innove en envoyant une cassette vidéo à la commission d'avance sur recettes du CNC. Plutôt bien accueilli par le public (620 000 entrées[104]), il divise de nouveau la critique. Dans la revue Cinéma 80, Gérard Courant voit dans Sauve qui peut (la vie) « un film génial fait par un génie du cinéma »[105],[106].

Le film suivant, Passion (1982), naît du désir de tourner avec Hanna Schygulla, la muse de Rainer Werner Fassbinder. Le film montre à la fois, un film en train de se faire dans lequel le réalisateur cherche à reproduire des peintures célèbres, l'hôtel dans lequel est hébergée l'équipe du film avec la patronne (Hanna Schygulla) et son mari (Michel Piccoli), directeur d'usine et enfin Isabelle (Isabelle Huppert), une jeune ouvrière en grève dans l'usine du mari. Si l'accueil critique est bon, le nombre de spectateurs est nettement moins élevé que pour le précédent film (207 000)[107],[108].

Godard tourne ensuite Prénom Carmen, une adaptation de Carmen transposée dans le monde contemporain et dans laquelle il substitue à la musique de Georges Bizet les quatuors à cordes de Beethoven. Au départ, le film doit être tourné avec Isabelle Adjani mais celle-ci quitte le tournage après quelques jours, ne supportant pas la manière dont Godard la filmait. Elle est remplacée par Maruschka Detmers. Prénom Carmen est aussi le premier film dans lequel Godard se donne un rôle important depuis Vladimir et Rosa et donc la première fois que le grand public découvre son jeu d'acteur à l'écran[note 5]. Le film remporte le Lion d'or à la Mostra de Venise en 1983 et un grand succès auprès du public (395 000 entrées)[109],[110].

Sur le tournage de Passion, Godard rencontre Myriem Roussel, une jeune actrice dont il devient proche et avec laquelle il envisage plusieurs projets de films dont Dora et Freud, un film sur la relation de Sigmund Freud et sa première patiente et L'Homme de ma vie, un film sur l'inceste. Godard lui accord un rôle important dans Prénom Carmen mais c'est avec Je vous salue, Marie (1985) que leur collaboration aboutit[111]. Godard revisite l'histoire de Marie en s'inspirant du livre de Françoise Dolto L'Évangile au risque de la psychanalyse et en la transposant dans le monde contemporain. Parallèlement, Anne-Marie Miéville tourne son propre film sur le même sujet intitulé Le Livre de Marie et présenté comme une préface du film de Godard. Le film de Godard provoque un immense scandale et suscite l'indignation des catholiques en France d'abord mais aussi en Amérique latine. Le public est de nouveau au rendez-vous (350 000 entrées en France)[112],[113],[114],[115].

Pour finir Je vous salue, Marie dont le tournage est plus long que prévu, Godard s'engage à réaliser Détective qui est présenté comme un polar de Godard. Pour ce film réalisé à l'initiative du producteur Alain Sarde, Godard rassemble Johnny Hallyday, Nathalie Baye, Claude Brasseur, Jean-Pierre Léaud, Alain Cuny et Laurent Terzieff. Le film, tourné en septembre 1984, est présenté au festival de Cannes en 1985. L'accueil de la presse est mitigé mais le film est de nouveau un succès en salle (380 000 entrées en France)[116],[117].

En février 1986, il tourne pour la télévision Grandeur et décadence d'un petit commerce de cinéma avec Jean-Pierre Mocky dans le rôle d'un producteur et Jean-Pierre Léaud dans le rôle d'un réalisateur[118]. Il enchaîne avec le tournage de Soigne ta droite, une comédie burlesque avec Jacques Villeret, Dominique Lavanant, Michel Galabru et les Rita Mitsouko, dans laquelle il se donne à lui-même un rôle burlesque de cinéaste idiot. Le film, sorti en décembre 1987, ne rassemble que 130 000 spectateurs en France[119],[120]. En 1985, il signe un contrat avec le producteur Menahem Golan pour réaliser aux États-Unis une adaptation du Roi Lear de William Shakespeare. Néanmoins, la réalisation du projet est difficile. Godard demande un scénario à l'écrivain américain Norman Mailer puis rejette son scénario. Il tourne finalement en février 1987 au bord du lac Léman avec Peter Sellars, Burgess Meredith, Molly Ringwald, Julie Delpy et Leos Carax puis présente le film au festival de Cannes de la même année. Le producteur est scandalisé par le travail de Godard et notamment par le fait que ce dernier ait utilisé leurs conversations privées dans le film. Le film n'est pas diffusé en France et ne reste à l'affiche que cinq jours aux États-Unis. Distribué en France en 2002, il fait à 9 000 entrées[121],[122].

Les Histoire(s) du cinéma (1988-2000)[modifier | modifier le code]

De 1988 à 1998, il entreprend Histoire(s) du cinéma, vaste fresque philosophico-esthétique constituée de collages, de citations à la manière du Musée imaginaire d'André Malraux. Il publie une version sous forme de livre aux éditions Gallimard. Le projet est achevé en 1998. Dans ses Histoire(s) du cinéma, Godard se sert du cinéma comme un moyen de penser. Dans l'entretien qu'il accorde aux Inrockuptibles en 1998, il explique : « J’ai fait une échographie de l’Histoire par le biais du cinéma. De par sa matière, qui est à la fois du temps, de la projection et du souvenir, le cinéma peut faire une échographie de l’Histoire en faisant sa propre échographie. Et donner une vague idée du temps et de l’histoire du temps. Puisque le cinéma, c’est du temps qui passe. Si on se servait des moyens du cinéma – qui est fait pour ça –, on obtiendrait un certain mode de pensée qui permettrait de voir les choses[123]. » Cet essai cinématographique pose des problèmes complexes de droits d'auteur. Godard reprend en effet des extraits de films pour les insérer dans ses Histoire(s) du cinéma, mais au cinéma, il n'existe pas de droit de citation comme il en existe en littérature, ce qui rend la sortie du film difficile[123].

En parallèle de son travail sur les Histoire(s) du cinéma, Godard continue de tourner. Il réalise Nouvelle Vague (1990) avec Alain Delon. La trame raconte l'histoire d'un homme abandonné par sa femme lors d'une noyade qui la retrouve, la séduit et la sauve à son tour de la noyade avant qu'elle ne le reconnaisse. Le film est présenté au festival de Cannes en mai 1990. Le succès en salles est mitigé (140 000 entrées en France)[124],[125]. Il tourne ensuite Allemagne 90 neuf zéro avec collaboration de son ancien assistant Romain Goupil[126]. Il tourne aussi de courts essais comme L'Enfance de l'art pour l'Unicef, Pour Thomas Wainggai pour Amnesty International et (Parisienne People)s, une publicité réalisée avec Anne-Marie Miéville pour la marque de cigarette Parisienne puis un film plus ambitieux, Les Enfants jouent à la Russie[127].

Il tourne Hélas pour moi (1993) avec l'acteur Gérard Depardieu. Le film remporte peu de succès (80 000 entrées en France)[128],[129]. Il réalise ensuite pour Gaumont un autoportrait intitulé JLG/JLG. Autoportrait de décembre[130]. À l'occasion des célébrations du centième anniversaire du cinéma, il réalise avec Anne-Marie Miéville Deux fois cinquante ans de cinéma français dans lequel le cinéaste s'amuse à mettre Michel Piccoli, le président des célébrations du centenaire, à l'épreuve en l'interrogeant sur la signification de ces célébrations[131].

En 1996, il réalise For Ever Mozart. Le film fait 56 000 entrées dans l'ensemble de l'Union européenne[132], [133]. Lui-même juge le film assez sévèrement. Il considère que les acteurs ne sont pas assez bons et que le film reste trop théorique[134].

Anne-Marie Miéville l'engage comme acteur pour son film Nous sommes tous encore ici (1996) en remplacement d'un autre acteur qui s'est désisté au dernier moment puis l'engage à nouveau pour Après la réconciliation (1999)[135].

Années 2000[modifier | modifier le code]

Le projet Éloge de l'amour naît en 1996 mais la gestation du film est particulièrement longue et Godard réécrit le scénario au moins quatre fois. Le tournage est lui aussi assez long et s'étale tout au long de l'année 1999 et le montage dure encore quinze mois. Le film, sorti en 2001, reçoit un accueil critique relativement froid et rencontre un faible succès auprès du public (75 000 entrées en France)[136],[137].

Godard réalise ensuite Notre musique. Le film, sorti en 2004, rencontre un très faible écho auprès du public (28 000 entrées en France)[138],[139].

En 2006, Dominique Païni a donné une carte blanche à Jean-Luc Godard pour organiser une exposition au Centre Georges-Pompidou initialement intitulée Collage(s) de France. Archéologie du cinéma. Il a proposé un projet financièrement irréalisable et l'exposition fut présentée au public inachevée sous le titre Voyage(s) en utopie. À la recherche d'un théorème perdu. JLG 1945-2005[140].

Cette expérience d'une exposition impossible est le point de départ d'un film d'Alain Fleischer consacré à Jean-Luc Godard et intitulé Morceaux de conversations avec Jean-Luc Godard. Le film montre Godard au travail à Rolle, des rencontres avec des étudiants du Fresnoy, des discussions avec Jean-Marie Straub, Danièle Huillet et André S. Labarthe[141],[142].

En 2008, il réalise une bande annonce pour le festival de Vienne intitulée Une catastrophe[143]. En 2010, après la mort d'Éric Rohmer, Godard réalise un film hommage de min 26 s. Le film reprend les titres des articles de Rohmer dans les années 1950 tandis que Godard en voix off évoque des souvenirs communs avec Rohmer[144].

Années 2010[modifier | modifier le code]

En 2010, Godard réalise Film Socialisme. Le film est sélectionné au festival de Cannes 2010 dans la section « Un certain regard ». Avant la diffusion de son film, il diffuse sur internet des versions condensées de son film où l'on peut voir l'ensemble des images du film en accéléré[145]. Le film est composé d'un ensemble de saynètes collées ensemble[146]. Le film totalise 38 000 entrées dans l'ensemble des pays de l'Union européenne[147].

En novembre 2010, Jean-Luc Godard reçoit un oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière[148]. Lors de la remise de son Oscar en novembre 2010, le scénariste Phil Alden Robinson a déclaré : « Godard a changé la façon d'écrire, de réaliser, de tourner et de monter. Il n'a pas seulement bouleversé les règles. Il les a écrasées en voiture avant de repasser dessus en marche arrière pour être sûr qu'elles étaient bien mortes »[149],[150]. À cette occasion surgit une polémique sur son éventuel antisémitisme[148]. La polémique américaine commence le 6 octobre 2010 quand le The Jewish Journal (en) titre « Jean-Luc Godard est-il antisémite ? »[151]. Au même moment, Alain Fleischer aborde cette question dans un ouvrage intitulé Réponse du muet au parlant et souligne des propos troubles sur la question[152]. Daniel Cohn-Bendit dans le journal Le Monde et Antoine de Baecque dans Rue89 considèrent que l'antisionisme de Godard ne peut pas être assimilé à de l'antisémitisme[82],[153].

Après Film Socialisme, Jean-Luc Godard expérimente le cinéma en 3D. Il tourne un court métrage, Les Trois Désastres, présenté à la semaine de la critique du festival de Cannes 2013 dans un triptyque commun avec Peter Greenaway et Edgar Pêra intitulé 3x3D, et un long métrage, Adieu au langage, sélectionné en compétition au festival de Cannes 2014. Godard ne va pas à Cannes pour présenter son film mais envoie une « lettre filmée à Gilles Jacob et à Thierry Frémaux », un court métrage de 8 minutes pour expliquer son geste[154],[155],[156],[157]. Malgré son désir de ne recevoir aucun prix[158], il se voit décerner sa première récompense cannoise après huit sélections : le Prix du jury[159],[160].

Méthodes de travail[modifier | modifier le code]

Titres[modifier | modifier le code]

Godard choisit généralement le titre de son prochain film avant de savoir à quoi ressemblera le film. Dans un entretien avec Serge Kaganski en 2004, il explique : « le titre vient toujours avant. Le seul titre que j’ai trouvé après le film, c’est À bout de souffle, et je ne l’aime pas du tout. Pour le suivant, j’ai eu l'idée d’un titre, Le Petit Soldat, avant même de savoir à quoi ressemblerait le film. Les titres sont devenus des panneaux indicateurs artistiques. Le titre me dit dans quelle direction je dois chercher[161]. »

Godard et l'art de la citation[modifier | modifier le code]

Les films de Godard sont peuplés de citations, qu'elles soient picturales, musicales, littéraires, philosophiques, historiques ou cinématographiques. Dans la conférence de presse qu'il donne au festival de Cannes en 1990 au moment de la sortie de Nouvelle Vague, Godard se définit comme l'« organisateur conscient du film » plutôt que comme l'auteur et explique son rapport aux citations : « Pour moi, toutes les citations - qu'elles soient picturales, musicales, littéraires - appartiennent à l'humanité. Je suis simplement celui qui met en relation Raymond Chandler et Fedor Dostoïevski dans un restaurant, un jour, avec des petits acteurs et des grands acteurs. C'est tout[162]. »

Éléments autobiographiques[modifier | modifier le code]

Jean-Luc Godard ne fait pas de films autobiographiques. Néanmoins, on peut retrouver dans certains de ses films quelques éléments à caractère autobiographique. Par exemple dans À bout de souffle, la scène dans laquelle Michel Poiccard vole de l'argent à son amie Liliane pendant qu'elle s'habille rappelle l'habitude du jeune Jean-Luc Godard de voler de l'argent à ses proches[163]. Dans Le Petit Soldat, on voit une jeunesse adepte de provocations politiques, de belles voitures et de drague obsessionnelle, vraisemblablement assez proche du milieu que Godard a fréquenté à Genève en 1953 et 1954[164]. Dans Prénom Carmen, Godard joue lui-même le personnage de l'oncle Jean, un cinéaste interné en hôpital psychiatrique. Godard a lui-même fait un séjour en hôpital psychiatrique en 1953, interné à la demande de son père pour échapper à la prison après un vol[165].

Analyses de l’œuvre[modifier | modifier le code]

Portrait de Jean-Luc Godard

Construction des films[modifier | modifier le code]

Godard explique : « J'ai fait plutôt des films, comme deux ou trois musiciens de jazz : on se donne un thème, on joue et puis ça s'organise. »[166]. À des degrés divers et selon les époques, le cinéaste rompt avec la dimension narrative du cinéma classique ainsi qu'avec l'idée de personnages. Toutefois, ses premiers films sont influencés par la série B, le polar et le film noir qu'ils cherchent à transcender par une relecture critique des genres au détriment d'un récit traditionnel[159]. Alphaville revisite, quant à lui, l'anticipation. Son œuvre joue du faux raccord et déconnecte l'image du son qui deviennent deux entités à part entière[159]. Par ailleurs, Godard mêle indistinctement fiction, documentaire, militantisme, peinture, sociologie, musique et art vidéo[159]. Il n'y a pas forcément de scénario, ni de dialogues préétablis, mais une suite de collages ou une mosaïque de fragments visuels et des notes éparses, assemblées selon des liens plastiques et sonores. Dans ses réalisations, le sens à donner aux images appartient au spectateur : la signification naît après la vision et non avant[159].

Montage[modifier | modifier le code]

Pour le philosophe Gilles Deleuze, l'art du montage chez Godard est construit sur l'usage du ET, de l'entre-deux pour montrer le no man's land des frontières : « Ce qui compte chez lui, ce n'est pas 2 ou 3, ou n'importe combien, c'est ET, la conjonction ET. L'usage du ET chez Godard, c'est l'essentiel. C'est l'important parce que notre pensée est plutôt modelée sur le verbe être, EST. [...] Le ET, ce n'est ni l'un ni l'autre, c'est toujours entre les deux, c'est la frontière [...] Le but de Godard : « voir les frontières », c'est-à-dire faire voir l'imperceptible »[167].

Jeux de mise en abyme sur le cinéma[modifier | modifier le code]

Le cinéma intervient très souvent dans ses films dans des jeux de mise en abyme. Exemples : Détective où l'on voit une caméra JVC qui filme. À un moment elle se tourne vers l'oncle (Terzieff), se tournant en réalité vers la caméra qui la filme, créant un effet de mise en abîme similaire à celui de l'ouverture du Mépris.

Le cinéaste fait aussi souvent allusion à du matériel vidéo : le néon AGFA dans Détective, les VHS et le vidéoclub dans Hélas pour moi

La mise en abyme est très présente par le biais des activités des personnages qui :

  • vont au cinéma (À bout de souffle, Vivre sa vie, Masculin/féminin, Pierrot le fou, les Carabiniers, Éloge de l'amour où une scène se passe à l'Espace Saint-Michel) ;
  • tournent un film (Le Mépris, Passion, Prénom Carmen, For Ever Mozart) ;
  • parlent longuement de films (le scénariste, le producteur et Fritz Lang dans Le Mépris)

Des affiches d'autres films apparaissent parfois. Exemples : dans Éloge de l'amour, on voit l'affiche de Matrix. Dans le Mépris et 2 ou 3 choses, on voit l’affiche de Vivre sa vie.

Références à des scènes de films[modifier | modifier le code]

Références à des réalisateurs : le cinéma de Godard, extrêmement référentiel, fourmille d'hommages à ses pairs, et il serait fastidieux de tous les référencer. Quelques exemples : dans Le Petit soldat, Anna Karina interprète le personnage de Veronika Dreyer dans ce qui semble être un hommage à l'un des réalisateurs favoris de Godard, Dreyer. Elle est bouleversée au cinéma, dans Vivre sa vie par le visage de Falconetti, la Jeanne d'Arc de Dreyer. Fritz Lang joue son propre rôle dans Le Mépris, dans ce qui est un hommage de Godard à l'un de ses maîtres. De façon plus générale, il y a presque toujours un réalisateur mis en abyme dans les œuvres de Godard : dans Le Mépris c'est Lang, dans Pierrot le fou c'est Fuller, dans La Chinoise c'est lui-même, dans Tout va bien c'est Montand, Dans Sauve qui peut (la vie) c'est Dutronc, dans Passion c'est Djerzy, dans Prénom Carmen c'est lui, dans Soigne ta droite, King Lear et Notre musique aussi.

Références à la peinture[modifier | modifier le code]

L'œuvre de Godard comporte de nombreuses références à la peinture[note 6] :

Les jeux de renvois entre les films de Godard[modifier | modifier le code]

La cinématographie de Godard a une forte dimension autoréférentielle, ses films se renvoyant les uns aux autres :

  • Dans Une femme est une femme, Belmondo parle d'À bout de Souffle.
  • On peut voir une affiche italienne de Vivre sa Vie dans le décor du Mépris.
  • Chantal Goya parle de Pierrot le fou dans Masculin/Féminin.
  • Marie regarde Le Mépris dans Le Livre de Marie.
  • Dans Pierrot le fou, on voit une affiche de Le Petit Soldat dans l'appartement de Marianne.
  • Dans Hélas pour moi, un personnage au vidéoclub reprend la formule de Belmondo dans À bout de Souffle : « tu te le rappelles, et non pas tu t'en rappelles ».
  • Eddie Constantine, dans Allemagne année 90 neuf zéro, reprend la formule des Carabiniers : « Un soldat salue un artiste ». Sa présence en tant qu'agent secret Lemmy Caution, constitue déjà en soi un renvoi à Alphaville.

Prises de positions[modifier | modifier le code]

Jean-Luc Godard a pris des positions pro-palestiniennes depuis les années 1970, notamment avec certains films (Ici et ailleurs, Notre musique, etc). Il s'est prononcé contre la corrida[168], en défense de Roman Polanski lors de son arrestation en 2009[169], contre la loi Hadopi[170].

Points de vue critiques[modifier | modifier le code]

Depuis À bout de souffle, Godard n'a cessé de cliver la critique. Il est à la fois adoré par certains et détesté par les autres[171].

À l'occasion de la sortie de Deux ou trois choses que je sais d'elle, François Truffaut, coproducteur du film, justifie sa participation : « Jean-Luc Godard n'est pas le seul à filmer comme il respire, mais c'est lui qui respire le mieux. Il est rapide comme Rossellini, malicieux comme Sacha Guitry, musical comme Orson Welles, simple comme Pagnol, blessé comme Nicholas Ray, efficace comme Hitchcock, profond, profond, profond comme Ingmar Bergman et insolent comme personne ». Dans le même texte, il n'hésite pas à comparer Godard à Picasso : « [...] les années qui passent nous confirment dans la certitude que À bout de souffle aura marqué dans l'histoire du cinéma un tournant décisif comme Citizen Kane en 1940. Godard a pulvérisé le système, il a fichu la pagaille dans le cinéma, ainsi que l'a fait Picasso dans la peinture, et comme lui il a rendu tout possible... »[172].

Jean-Luc Godard reste un cinéaste controversé. Certains détestent son œuvre. Ainsi, le romancier américain Philip Roth juge l'œuvre de Godard insupportable : « À l'exception d'À bout de souffle, qui a eu une importance indubitable, son travail me semble insupportable[173],[174]. »

Jacques Lourcelles, dans son Dictionnaire des films, est particulièrement critique à l'égard de l'œuvre de Godard, qui selon lui « se consacrera à dépeindre, non sans complaisance, la confusion mentale de sa génération, ample matière à des dizaines de films ». Il lui reproche également, ainsi qu'à d'autres cinéastes de la Nouvelle vague, l'arrogance de leurs propos : « personne avant eux n'avait osé dire autant bien de soi et autant de mal des autres », citant Godard : « Entre un de nos films et un film de Verneuil, Delannoy, Duvivier et Carné, il y a vraiment une différence de nature[175]. »

Postérité[modifier | modifier le code]

Au mitan des années 1960, plusieurs jeunes cinéastes sont directement influencés par Godard. Parmi eux, on trouve Jean Eustache dont le moyen-métrage Le Père Noël a les yeux bleus (1966) a été financé en partie grâce à Godard, Jean-Michel Barjol, Francis Leroi, Luc Moullet, Romain Goupil et Philippe Garrel[176]. Godard apprécie particulièrement le travail de ce dernier et se dit très impressionné par les films que Garrel, alors âgé de vingt ans, réalise en mai 68[74].

À la même époque, Godard influence également une génération de cinéastes américains nés dans les années 1940 comme Peter Bogdanovich, Paul Schrader, Monte Hellman, Martin Scorsese, George Lucas, Francis Ford Coppola et Brian De Palma[177].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Filmographie de Jean-Luc Godard.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Très souvent récompensé[178], on le remarque surtout avec ses huit films en sélection officielle à Cannes, ses six films en compétition pour le Lion d'or à la Mostra de Venise, ou encore ses nombreuses participations à la Berlinale, festival de Berlin. C'est grâce à la diversité de ses films, ou par son originalité que les sélectionneurs le remarqueront souvent. Voici une liste des prix qu'il a gagnés.

Berlinale[modifier | modifier le code]

Festival de Cannes[modifier | modifier le code]

César du cinéma[modifier | modifier le code]

Oscar du cinéma[modifier | modifier le code]

Mostra de Venise[modifier | modifier le code]

Autres distinctions[modifier | modifier le code]

Exposition[modifier | modifier le code]

Livres, écrits et ouvrages de Jean-Luc Godard[modifier | modifier le code]

Scénarios et découpages de films[modifier | modifier le code]

  • Jean-Luc Godard, 2 ou 3 choses que je sais d'elle : Découpage intégral, Paris, Seuil/Avant scène, coll. « Points/Films »,‎ 1971, 127 p. (ISBN 978-2020006439)
  • Jean-Luc Godard et François Truffaut, À bout de souffle, Paris, Éditions Balland, coll. « Bibliothèque des classiques du cinéma »,‎ 1974, 235 p. (ISBN 978-2715800106)
  • Jean-Luc Godard, For ever Mozart : phrases, Paris, P.O.L., coll. « Poésies Théâtre »,‎ 1996, 101 p. (ISBN 978-2867445392)
  • Jean-Luc Godard, Bande à part, de Jean-Luc Godard, Crisnée, Belgique, Yellow Now Éditions, coll. « Long métrage »,‎ 1993 (ISBN 978-2873400903)
  • Jean-Luc Godard, Les Enfants jouent à la Russie, Paris, P.O.L., coll. « Poésies Théâtre »,‎ 1998, 64 p. (ISBN 978-2867446245)
  • Jean-Luc Godard, 2 fois 50 ans de cinéma français, Paris, P.O.L., coll. « Poésies Théâtre »,‎ 1998, 45 p. (ISBN 978-2867446276)
  • Jean-Luc Godard, Allemagne neuf zéro, Paris, P.O.L., coll. « Poésies Théâtre »,‎ 1998, 81 p. (ISBN 978-2867446320)
  • Jean-Luc Godard, JLG/JLG : Phrases, Paris, P.O.L., coll. « Poésies Théâtre »,‎ 1999, 80 p. (ISBN 978-2867445408)
  • Jean-Luc Godard, Éloge de l'amour, Paris, P.O.L., coll. « Fiction »,‎ 2001, 125 p. (ISBN 978-2867448416)
  • Jean-Luc Godard, Film socialisme : Dialogues avec visages auteurs, Paris, P.O.L., coll. « Fiction »,‎ 2010, 97 p. (ISBN 978-2818004883)

Essais et recueils d'articles[modifier | modifier le code]

  • Jean-Luc Godard et Jean Narboni (dir.), Jean-Luc Godard par Jean-Luc Godard, Belfond, coll. « Cahiers du cinéma »,‎ 1968
    Recueil de textes (critiques et entretiens) réunis par Jean Narboni
  • Jean-Luc Godard, Introduction à une véritable histoire du cinéma, t. 1, Paris, Éditions Albatros, coll. « Ça-cinéma »,‎ 1980, 266 p. (ISBN 978-2715800106)
  • Jean-Luc Godard et Alain Bergala (dir.), Jean-Luc Godard par Jean-Luc Godard : 1950-1984, t. 1, Cahiers du cinéma, éditions de l'Étoile,‎ 1985, 638 p.
  • Jean-Luc Godard et Alain Bergala (dir.), Jean-Luc Godard par Jean-Luc Godard : 1984-1998, t. 2, Cahiers du cinéma,‎ 1998, 511 p.
  • Jean-Luc Godard, Histoire(s) du cinema, 4 vol., Gallimard, Paris 1998
  • Jean-Luc Godard et Youssef Ishaghpour, Archéologie du cinéma et mémoire du siècle : Dialogue, Tours, Farrago,‎ 2000, 118 p. (ISBN 978-2844900494)
  • Jean-Luc Godard et Alain Bergala, Godard par Godard, Paris, Flammarion, coll. « Champs »,‎ 2002, 186 p. (ISBN 978-2080815170)
  • Jean-Luc Godard, Histoire(s) du cinéma, Paris, Gallimard, coll. « Hors série connaissance »,‎ 2006, 314 p. (ISBN 978-2070779949)
  • Jean-Luc Godard, Les années Cahiers, Flammarion, coll. « Champs »,‎ 2007
    Recueil d'articles de Jean-Luc Godard réunis par Alain Bergala
  • Jean-Luc Godard, Les années Karina, Flammarion, coll. « Champs »,‎ 2007
    Recueil d'articles de Jean-Luc Godard réunis par Alain Bergala
  • Jean-Luc Godard, Des années Mao aux années 80, Paris, Flammarion, coll. « Champs »,‎ 2007 (1re éd. 1989), 183 p. (ISBN 978-2081203020)
    Recueil d'articles de Jean-Luc Godard réunis par Alain Bergala
  • Jean-Luc Godard et Marcel Ophüls, Dialogues sur le cinéma, Lormont, Le Bord de l'eau, coll. « Ciné-politique »,‎ 2011, 100 p. (ISBN 978-2356871329)
    Transcriptions de deux débats entre Jean-Luc Godard et Marcel Ophüls au cinéma Le Méliès en 2002 et au Théâtre Saint-Gervais à Genève en 2009.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (en) Richard Roud, Jean-Luc Godard, Londres,‎ 1962
  • Jean Collet, Jean-Luc Godard, Paris, Seghers, coll. « Cinéma d'aujourd'hui »,‎ 1963 (OCLC 246193526)
  • Michel Vianey, En attendant Godard, Grasset,‎ 1967
  • Barthélémy Amengual sous la direction de, Jean-Luc Godard au-delà du récit, Lettres modernes, Paris 1967
  • (en) Colin Miles MacCabe, Jean-Luc Godard, Images, Sounds, Politics, Bloomington, Indiana University Press,‎ 1980
  • Alain Bergala (dir.), Jean-Luc Godard par Jean-Luc Godard, Paris, Cahiers du cinéma,‎ 1985
  • Marc Cerisuelo, Jean-Luc Godard, Paris, Lherminier,‎ 1989
  • Jean-Luc Douin, Godard, Paris, Rivages,‎ 1989
  • Jean-Louis Leutrat, Des traces qui nous ressemblent, Comp'Act,‎ 1990
  • Raymond Bellour (dir.) et Mary Lea Bandy (dir.), Jean-Luc Godard, son + image 1974-1991, New York, Museum of Modern Art,‎ 1992
  • Marc Cerisuelo sous la direction de, Jean-Luc Godard au-delà de l'image, dans "Études cinématographiques", 1993, n. 194-202, 1993
  • (en) Kaja Silverman et Harun Farocki, Speaking About Godard, New York, New York University Press,‎ 1998, 243 p. (ISBN 0-8147-8066-0)
  • Alain Bergala, Nul mieux que Godard, Paris, Cahiers du cinéma,‎ 1999
  • Jacques Aumont, Amnésies : fictions du cinéma d'après Jean-Luc Godard, P.O.L,‎ 1999
  • (en) David Sterritt (dir.), Jean-Luc Godard : Interviews, Roundhouse Publishing Ltd, coll. « Conversations with Filmmakers »,‎ 1999, 246 p.
  • (en) David Sterritt, The Films of Jean-Luc Godard : Seeing the Invisible, Cambridge University Press, coll. « Cambridge Film Classics »,‎ 1999, 314 p.
  • Alberto Farassino, Jean-Luc Godard (1974), Il Castoro Cinema, Milan 2002
  • Suzanne Liandrat-Guigues et Jean-Louis Leutrat, Godard simple comme bonjour, L'Harmattan,‎ 2004
  • (en) Colin MacCabe, Godard: A Portrait of the Artist at Seventy, New York, Farrar, Strauss, and Giroux,‎ 2004
    Biographie
  • (en) James S. Williams, Michael Temple et Michael Witt, For Ever Godard, Black Dog,‎ 2004, 461 p. (ISBN 9781901033694)
  • Roberto Chiesi, Jean-Luc Godard, Rome, Gremese,‎ 2004 (ISBN 9788873015840)
  • (en) Douglas Morrey, Jean-Luc Godard, Manchester University Press, coll. « French Film Directors »,‎ 2005, 304 p.
  • Michel Marie, Comprendre Godard : Travelling avant sur À bout de souffle et Le Mépris, Paris, Armand Colin,‎ 2006
  • Alain Bergala, Godard au travail, Cahiers du cinéma, coll. « Beaux livres »,‎ 2006, 382 p.
    Analyse des films de la première période de Godard (1959-1967)
  • Céline Scemama, Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard : La force faible d’un art, L’Harmattan,‎ 2006
  • François Nemer, Godard : (Le cinéma), Gallimard,‎ 2006 (ISBN 2070307808)
  • Nicole Brenez (dir.), Voyage(s) en utopie, Jean-Luc Godard, 1946-2006, Centre Georges Pompidou,‎ 2006, 447 p. (ISBN 9782844262998)
  • Raoul Coutard, L'impériale de Van Su, Ramsay,‎ 2007 (ISBN 978-2-841114-866-0[à vérifier : isbn invalide])
  • Frédéric Hardouin, Le cinématographe selon Godard : Introduction aux Histoire(s) du cinéma ou réflexion sur le temps des arts, L'Harmattan, coll. « Champs visuels »,‎ 2007, 158 p.
  • Nicole Brenez, David Faroult, Michael Temple, James E. Williams et Michael Witt, Jean-Luc Godard: Documents, Paris, Centre Georges Pompidou,‎ 2007 (ISBN 9782844262998)
  • (en) Richard Brody, Everything Is Cinema: The Working Life of Jean-Luc Godard, New York, Metropolitan Books,‎ 2008
    Biographie
    • Traduction : Richard Brody (trad. Jean-Charles Provost), Jean-Luc Godard, tout est cinéma, Presses de la Cité,‎ 2011, 770 p. (ISBN 978-2258080812)
  • Antoine de Baecque, Godard : Biographie, Fayard/Pluriel, coll. « Grand Pluriel »,‎ 2011 (1re éd. 2010), 960 p. (ISBN 978-2818501320)
    Biographie francophone de référence
  • Jean-Luc Douin, Jean-Luc Godard: Dictionnaire des passions, Stock, coll. « Essais - Documents »,‎ 2010, 1e éd., 462 p. (ISBN 978-2234061439)
  • Louis-Albert Serrut, Jean-Luc Godard, cinéaste acousticien : Des emplois et usages de la matière sonore dans ses œuvres cinématographiques, L'Harmattan,‎ 2010
  • Maurice Darmon, La question juive de Jean-Luc Godard / Filmer après Auschwitz, Le Temps qu'il fait,‎ 2011
  • (en) Daniel Morgan, Late Godard and the Possibilities of Cinema, University of California Press,‎ 2012, 322 p. (ISBN 9780520273337)
  • (en) Huner Vaughan, Where Film Meets Philosophy : Godard, Resnais, and Experiments in Cinematic Thinking, Columbia University Press, coll. « Film and Culture Series »,‎ février 2013, 264 p. (ISBN 978-0-231-53082-8, lire en ligne)
  • (en) Douglas Morrey (dir.), Christina Stojanova (dir.) et Nicole Côté (dir.), The Legacies of Jean-Luc Godard, Wilfrid Laurier University Press, coll. « Film and Media Studies »,‎ janvier 2014, 235 p. (ISBN 978-1-55458-920-3, présentation en ligne)
  • Anne Marquez, Godard, le dos au musée : Histoire d'une exposition, Presses du réel,‎ 2014

Articles[modifier | modifier le code]

Dossiers et numéros spéciaux[modifier | modifier le code]

  • Dossier « Jean-Luc Godard : le génie de la Nouvelle Vague » dans Transfuge no 39, avril 2010
  • (en) Dossier « Godard Is » dans Vertigo no 30, printemps 2012, lire en ligne

Rétrospectives[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par la famille de sa mère, Jean-Luc Godard est le neveu de Théodore Monod et le cousin de Jérôme Monod. (de Baecque 2011, p. 37)
  2. Anne Wiazemsky raconte sa rencontre avec Jean-Luc Godard sur le tournage de Au hasard Balthazar dans Jeune Fille (2007) et leur vie commune dans Une année studieuse (2012).
  3. Dans son autobiographie Keith Richard, le guitariste des Rolling Stones donne son avis sur le film et Godard : « Que cela nous plaise ou pas, la politique s'est chargée de venir à nous en la personne de Jean-Luc Godard, le grand révolutionnaire du cinéma. (...) Je suis content qu'il ait filmé ces répètes, mais Godard quel numéro ! Je n'en croyais pas mes yeux : on aurait dit un employé de banque français ! Il n'avait aucun plan précis (...) Le film est un tissu de conneries. (...) Jusque-là, ses films étaient maîtrisés, presque hitchcockiens, mais c'était une année où on faisait tout et n'importe quoi, avec pas mal de n'importe quoi. Je veux dire que, bon, quel besoin avait-il de s'intéresser à la petite révolution hippie en cours chez les Anglais pour essayer de montrer que c'était quelque chose d'autre ? Mon explication, c'est que quelqu'un avait mis de l'acide dans son café et qu'il a passé cette année foireuse en surchauffe idéologique permanente. » dans (en) Keith Richard, Life, Robert Laffont,‎ 2010, p. 295- 297
  4. Voir le film Deux de la vague (2011) réalisé par Antoine de Baecque et Emmanuel Laurent.
  5. Vladimir et Rosa n'a quasiment pas été distribué.
  6. Cette référence à la peinture, fréquente chez Jean-Luc Godard, est évoquée dans le documentaire réalisé par Céline Gailleurd et Olivier Bohler en 2012, Jean-Luc Godard, le désordre exposé.

Références[modifier | modifier le code]

  1. de Baecque 2011, p. 19
  2. de Baecque 2011, p. 23
  3. de Baecque 2011, p. 20-21
  4. de Baecque 2011, p. 21-24
  5. de Baecque 2011, p. 24
  6. de Baecque 2011, p. 25-29
  7. de Baecque 2011, p. 29-31
  8. de Baecque 2011, p. 31-33
  9. de Baecque 2011, p. 47
  10. de Baecque 2011, p. 33-35
  11. de Baecque 2011, p. 36
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  15. de Baecque 2011, p. 56
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  17. de Baecque 2011, p. 38-40
  18. de Baecque 2011, p. 64-67
  19. de Baecque 2011, p. 41-43
  20. de Baecque 2011, p. 71-73
  21. de Baecque 2011, p. 44
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  23. de Baecque 2011, p. 74-80
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  89. de Baecque 2011, p. 510-513
  90. de Baecque 2011, p. 514-516
  91. Frodon 2010, p. 438-439
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  93. de Baecque 2011, p. 526-533
  94. Frodon 2010, p. 563-564
  95. de Baecque 2011, p. 533-537
  96. Frodon 2010, p. 564-565
  97. de Baecque 2011, p. 538-543
  98. cf. Gérard Teissèdre[réf. nécessaire]
  99. jugements du Tribunal des Prud'hommes de Grenoble des 12 avril 1978 et 11 juin 1979 (N°178/78]
  100. de Baecque 2011, p. 546
  101. de Baecque 2011, p. 550-555
  102. Gérard Courant, « France, tour, détour, deux enfants de Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville », Cinéma 79, no 247/248,‎ juillet/août 1979 (lire en ligne)
  103. de Baecque 2011, p. 564-570
  104. « Sauve qui peut (la vie) », sur jpbox-office.com (consulté le 11 décembre 2012)
  105. Gérard Courant, « Sauve qui peut (la vie) de Jean-Luc Godard », Cinéma 80, no 263,‎ novembre 1980 (lire en ligne)
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