Bataillon de marins-pompiers de Marseille

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Bataillon de marins-pompiers de Marseille
Image illustrative de l'article Bataillon de marins-pompiers de Marseille

Devise : « Honneur-Patrie-Valeur-Discipline »

Création 1939
Type Pompier
Siège Drapeau de la France Marseille
Budget 100 millions € (2013) (76 millions d'€ financés par la municipalité de Marseille, 24 million d'€ financés par les organismes avec lesquels la municipalité de Marseille a lié le BMPM par conventions.)
Effectifs 2 400 personnel (2012)
Commandant Vice-amiral Charles-Henri Garié
Affiliation(s) Logo of the French Navy (Marine Nationale).svg Marine nationale
Site web www.marinspompiersdemarseille.com

Le bataillon de marins-pompiers de Marseille, (BMPM) est une unité de la Marine nationale française qui constitue le corps des pompiers municipaux de Marseille, dans le département des Bouches-du-Rhône.

Il a pour rôle d'assurer les missions typiques des sapeurs-pompiers, comme n'importe quel autre service d'incendie et de secours français, à la différence que le bataillon est une unité de pompiers militaires, tout comme la brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), les unités d'instruction et d'intervention de la sécurité civile, les pompiers de l'air et les marins pompiers des bases navales et des bases de l'aviation navale.

Le BMPM fut créé par décret-loi, le 29 juillet 1939, à la suite de l'incendie des Nouvelles Galeries.

Histoire[modifier | modifier le code]

Naissance du Bataillon[modifier | modifier le code]

L'incendie des Nouvelles Galeries[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Incendie des Nouvelles Galeries.

Le bataillon de marins pompiers de Marseille a été créé par un décret-loi en date du 29 juillet 1939, à la suite de l'incendie des Nouvelles galeries, situées sur la Canebière, le 28 octobre 1938 et qui causa la mort de 73 personnes.

Les pompiers municipaux sont rapidement dépassés par l'ampleur de l'incendie. Leur chef, le Commandant Fredenucci, n'est pas présent car il a été blessé quelques jours plus tôt lors d'un autre incendie. C'est donc son adjoint, le Capitaine Durbec qui dirige les secours mais il sera blessé au début de l'intervention. Privés de chef, les « soldats du feu » marseillais sont désorganisés et souffrent de la vétusté de leur matériel. De plus, un employé d'une société des eaux suppose une fuite sur une canalisation à cause de la diminution de débit dans celle-ci du à l'action des nombreuses lances des pompiers et décide donc de couper l'alimentation de la conduite, privant d'eau les pompiers.

Face à l'ampleur de l'incendie, le contre-amiral Muselier, commandant la marine nationale à Marseille (dont les locaux se situent à proximité des Nouvelles Galeries) demande des renforts à l'amiral Mottet, major général de l'arsenal de Toulon.

Édouard Daladier, Président du Conseil, remarque le professionnalisme des marins-pompiers toulonnais et la qualité de leur matériel. Il décide alors de confier la sécurité de Marseille à une unité militaire. Le décret-loi du 23 juillet 1939 constitue l'acte de naissance du Bataillon de marins-pompiers de Marseille et commence par ceci :

«  Il est créé à Marseille une unité de marins pompiers. Ce bataillon et les services qui lui sont rattachés sont commandés par un officier supérieur de la marine… »

Les premiers marins-pompiers[modifier | modifier le code]

un matelot marin pompier

C'est dans le courant du mois d'août 1939, un groupe de 15 marins-pompiers de Toulon arrive à Marseille, en gare Saint Charles. C'est le premier élément de la nouvelle unité qui va se constituer sous les ordres du capitaine de frégate Orlandini.

Fin juillet 1939, le capitaine de frégate Orlandini, devient le premier commandant du BMPM. Il est secondé par l'officier principal des équipages Godart qui commandait le détachement des 32 marins-pompiers de Toulon, intervenu lors de l'incendie des Nouvelles galeries. Devant la nécessité, dans un premier temps, de trouver un local pour loger les marins pompiers, le contre amiral Muselier, commandant la marine nationale à Marseille réquisitionne une usine désaffectée, rue de Lyon puisque la caserne de Strasbourg est toujours occupée par les sapeurs pompiers municipaux. Cette usine deviendra la caserne de Lyon et accueillera les premiers détachements de marins pompiers avec leur nouveau matériel et provisoirement l’état major de l'unité.

Dès son arrivée à Marseille, le commandant se rendit bien compte qu’il ne pouvait se substituer du jour au lendemain aux sapeurs pompiers municipaux étant donné que ses effectifs en hommes et en matériels étaient encore trop faibles et, surtout, l’état major se trouvait dans l’ignorance totale de la ville (topographie, ressource en eau, risques potentiels…). Il était hors de question de faire opérer des hommes encore mal préparés, dans une ville inconnue. Dans ce contexte il conserva en la maintenant dans sa mission la 3e Compagnie des sapeurs-pompiers (la compagnie du port). Les marins pompiers prendraient peu à peu la place des sapeurs pompiers, au fur à mesure de l’implantation de l’infrastructure nécessaire au nouveau bataillon.

Ainsi, le 1er octobre 1939, avec la mise en service de la caserne provisoire de Lyon et de la caserne de Louvain, les marins-pompiers prenaient en charge les secteurs nord et sud de la ville et en mai 1940, avec l'ouverture de la caserne Saint-Pierre, le secteur est. Le 1er juin 1940, un bombardement allemand causait la mort de 32 marseillais et en blessait une soixantaine, le jour même où le "Bataillon" prenaient possession de la caserne du boulevard de Strasbourg où il installa son état major. Enfin, en juillet 1940, la compagnie du port cédait sa place aux marins pompiers.

La seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le bataillon de marins pompiers fut cité à l'ordre de l'armée: « Unité qui dès sa création en 1939 est confrontée au second conflit mondial, tout au long duquel elle mène de front ses missions de protection civile et une importante activité de résistance. Lors de la libération de Marseille, le Bataillon éteint de nombreux sinistres, sauve et soigne des centaines de victimes. Prenant part à l'action militaire, il compte de nombreuses pertes dans ses rangs ».

De nombreux marins-pompiers s'engagèrent dans la résistance et jouèrent un rôle important dans la lutte contre l'occupant. Leur mission de vérifier et d'assurer la sécurité des installations techniques, industrielles et portuaires leur permettait d'avoir accès à de nombreux sites normalement interdits. Aussi purent ils communiquer aux alliés des renseignements précieux. Ils effectuèrent aussi des sabotages pour désorganiser les troupes ennemies. Certains rejoindront l'organisation de résistance de l'armée (ORA) et les maquis, tel celui du Pilon du roi.

Les marins pompiers prendront une part active aux combats de la libération de Marseille et feront tout pour protéger les installations portuaires et leur matériel d'intervention, dont le bateau pompe « l'Alerte », miraculeusement épargné.

Après la libération, Marseille, se vit décorée de la Croix de guerre avec palme en 1950 et citée à l'ordre de l'armée pour la « vaillance de sa résistance ».

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

Dès sa création, le service incendie lui a été confié en totalité, associé à la commande d'un important matériel moderne, à l'établissement d'un programme de casernes et postes et l'amélioration du réseau des bouches d'incendie.

Dans les années 1984/1985, le poste Mirabeau (MRB) qui s'est substitué au poste de La Madrague (LMG) a été remplacé par celui de Saumaty en 2003.

En 1995, la 6e compagnie, celle des Chartreux (CHX) à vocation d'atelier de réparation, quitte ses locaux vétustes pour intégrer un ancien garage Renault, mitoyen du centre d'incendie et de secours (CIS) de Plombières. Le tout est devenu la base Plombières, siège des ateliers de réparation, tuyaux, appareils respiratoires, magasin général incendie, habillement, infrastructures… Le centre technique Plombières occupe une surface couverte de 6 000 mètres carrés, 110 hommes et femmes y sont affectés dont 10 de garde journellement.

Futur[modifier | modifier le code]

Un CIS est en construction dans le quartier Est de Marseille La Valbarelle. Les travaux ont débuté en 2013 pour une livraison courant 2014. Deux autres projets de construction seront réalisés à plus long terme : les CIS de Mazargues et des Trois Lucs.

Organisation et fonctionnement[modifier | modifier le code]

Organisation territoriale (avant 2008)[modifier | modifier le code]

Un camion citerne feux de forêt (CCFF), sur châssis Mercedes-Benz « Unimog ».

Au fil des décennies et du développement économique et de l'urbanisation de la ville et jusqu'en 2008, le BMPM s'était structuré en 5 secteurs opérationnels intra-muros comprenant une caserne commandée par un lieutenant de vaisseau et un ou plusieurs postes, commandés par un major. Chaque secteur opérationnel constituait une compagnie :

  • 1er secteur (1re Cie): caserne d'Endoume (END), postes de St Lazare (SLZ) et Canebière (CNB),
  • 2e secteur (2e Cie) : caserne de Louvain (LVN), postes de Pointe Rouge (PTR) et Luminy (LMY),
  • 3e secteur (3e Cie) : caserne de St Pierre (STP),postes de St Just (SJT), St Menet (SMT) et la Rose (LRS).
  • 4e secteur (4e Cie) : caserne de Plombière (PLB), postes de St Antoine (STA) et Malpassé (MLP),
  • 5e secteur (5e Cie) : caserne de La Bigue (LBG), postes de Saumaty (SMY) et Frioul (FRL).

Il arme également des casernes et postes et des détachements :

  • À l'aéroport de Marseille-Provence à Marignane (MGN) avec environ 65 personnels.
  • Au sein de l'entreprise Eurocopter[1] (ERC) avec 45 personnels.
  • À l'intérieur du périmètre des bassins de raffinage, où l'on trouve la caserne de Port de Bouc (PDB) (armant le « Louis Colet », le bateau Pompe le plus puissant d'Europe), les postes de Lavéra (LVR) et Fos Pétrole (PPF), ainsi que la caserne de La Fossette (LFS), le tout avec un effectif voisin de 130 personnels.
  • À l'Hôpital Nord (NRD) ainsi qu'à celui de la Timone (TIM), dont l'effectif atteint pour chacun de ces détachements, environ 35 personnels.
  • Le BMPM dispose aussi d'un groupement de soutien, d'un groupement de santé et d'un pôle entrainement.

L'état-major est implanté dans la caserne de Strasbourg (STB), au numéro 9 du boulevard éponyme. Il assure le fonctionnement de plusieurs divisions opérationnelles et administratives ainsi que les services sociaux. C'est là que se trouve le COSSIM 3 (Centre Opérationnel des Services de Secours et d'Incendie de la ville de Marseille de 3ème génération, inauguré le 26 mai 2014) où sont traités les appels au "18" de la cité phocéenne.

Organisation territoriale (depuis 2008)[modifier | modifier le code]

Le BMPM arme depuis mai 2014, 21 centres de d'incendie et de secours (CIS) et 2 détachements.

Pour une optimalisation des effectifs et des moyens, en 2008, le concept de secteurs avec leurs "casernes mères" et leurs "postes satellites" a été abandonné pour s'articuler autour de 2 groupements opérationnels. Le groupement nord (caserne de Plombières) et le groupement sud (caserne de Saint Pierre) qui sont commandés chacun par un officier supérieur, ont repris les taches administratives des casernes. Les autres casernes (Louvain, Endoume et La Bigue), ainsi que les postes (Saint Lazare, Canebière, Pointe Rouge, Luminy, Saint Juste, Saint Menet, Château Gombert, Saint Antoine, Malpassé, Saumaty et le Frioul) sont tous devenus des CIS (Centre d'Interventions et de Secours) et ne se consacrent plus qu'aux interventions.

Les 7 sections opérationnelles spécialisées (SOS) et l'UMIMM[modifier | modifier le code]

Dans le but de répondre aux risques spécifiques, le BMPM s'est progressivement pourvu depuis sa création, de 7 « sections opérationnelles spécialisées »[2], les SOS et d'une unité médicale d'intervention en milieu maritime (UMIMM).

  • La SOS GRIMP (groupe d'intervention en milieux périlleux): fruit de difficultés rencontrées lors d'un accident d'avion survenu le 15 janvier 1946 dans le massif des calanques, a vu le jour en 1950. Forte d'environ 85 personnels et disposant de 4 engins, elle effectue environ 100 interventions annuelles.
  • La SOS SD (sauvetage-déblaiement): créée en 1958 avec 10 marins-pompiers. Ses effectifs ont augmenté au gré des décennies pour atteindre aujourd'hui environ 135 personnels et une dizaine de chiens. Avec 7 engins, son taux de sollicitation annuel avoisine les 10 sorties, auxquels il faut rajouter environ 30 départs pour les équipes cynophiles. Elle constitue un DICA (détachement d'intervention catastrophe aéromobile) qui peut être engagé en France et à l'étranger.
  • La SOS AQUA (sauvetage aquatique): créée voici un peu plus de 40 ans, qui comprend 80 personnels environ, est constituée de plongeurs et sauveteurs nautiques. Elle dispose de 3 engins dont la vedette de 1re classe de la SNSM, « La Bonne Mère de Marseille », de moyens flottants à coque rigide ou semi-rigide et effectue annuellement environ 600 interventions.
  • La SOS RT (risques technologiques): existe depuis 1964. Composée d'une cellule mobile d'intervention chimique (CMIC) et d'une autre d'intervention radiologique (CMIR), elle fait face aux différents risques qu'apportent toutes les matières dangereuses qu'elles soient chimiques, bactériologiques ou radioactives. Son effectif voisin de 60 personnes effectue environ 50 interventions annuelles et possède des véhicules de reconnaissance, des berces spécialisées et un engin d'intervention.
  • La SOS HELI: s'est constituée en 1964. Sa première vocation est de projeter des marins-pompiers (par groupes de 11 appelés « sticks) » sur des zones inaccessibles aux moyens terrestres classiques, notamment dans le cadre de la lutte contre les feux de forêts. Elle met en œuvre l'attaque de sinistre à partir de citernes souples et matériels héliportés par des appareils légers, moyens ou lourds. Elle est aussi capable de réaliser des établissements de grandes longueurs au moyen de paniers à tuyaux élinguables sous l'hélicoptère. Forte de 90 personnels environ, elle dispose de 6 engins. Le BMPM développe actuellement l'utilisation de cette section pour les feux de navires en mer dans le cadre de l'action de l'État en mer (AEM) placée sous la responsabilité du préfet maritime Méditerranée. La compétence des marins pompiers pour la lutte contre les feux de navire (FDN) y est associée à son savoir-faire en matière de déploiement héliporté par treuillage ou aérocordage (descente en corde lisse). Cette section d'intervention en milieu maritime peut être complétée selon le besoin par un binôme RT ou un binôme sanitaire (1 médecin + 1 infirmier).
  • La SOS DEPOLL (dépollution): constituée au lendemain de la catastrophe du pétrolier Amoco Cadiz, en mars 1978. Forte de 160 personnels, elle utilise des moyens adaptés de confinement, récupération, analyse et stockage de produits polluants.
  • La SOS IT (interventions techniques): composée d'une centaine de personnels, tous issus du centre technique (les ateliers de maintenance), elle intervient sur le théâtre d'accidents de la circulation nécessitant désincarcération, apporte son soutien logistique et technique sur les interventions importantes. Elle emploie une dizaine d'engins adaptés à ses missions (véhicules ateliers, dépanneuses, porte-autos, fourgons de désincarcération, camions de ravitaillement en carburants…). Elle réalise en moyenne 3 interventions quotidiennes.
  • L'UMIMM (unité médicale d'intervention en milieu maritime): c'est le fruit d'une convention tripartite entre la marine nationale française, le service de santé des armées et la ville de Marseille. Cette unité aérotransportable intervient en mer dans le cadre de l'action de l'État en mer (AEM) placée sous la responsabilité du préfet maritime Méditerranée. Modulable selon le besoin et le vecteur aérien disponible, elle peut mettre en œuvre au maximum 9 personnels du SMUR BMPM soit 4 médecins, 3 infirmiers et 2 marins pompiers équipés de 12 caisses de matériels sanitaires.

Commandement[modifier | modifier le code]

Le bataillon est placé sous la direction du maire de Marseille et commandée par un officier général de marine. Depuis le 1er juillet 2014 c'est le vice-amiral Pierre-Henri Garié qui est son 26ème commandant.

Le BMPM relève du ministère de la défense pour tout ce qui concerne le commandement militaire, l'organisation, la discipline, l'avancement, les récompenses et l'administration interne. À ce titre, il est placé sous le commandement du préfet maritime de la Méditerranée.

Comme tous les corps de sapeurs pompiers départementaux, le BMPM est également placé sous les ordres du ministère de l'intérieur et de la direction générale de la sécurité civile pour tout ce qui est du domaine opérationnel hors Marseille. Il est chargé, sous la direction et d'après les ordres du maire de Marseille, des secours tant contre l'incendie que contre les périls ou accidents de toutes natures menaçant la sécurité publique sur le territoire de la commune et dans le grand port maritime de Marseille, ainsi que dans les établissements hospitaliers de la Timone et Nord.

Exception marseillaise, le BMPM est la seule unité militaire française directement aux ordres d'un maire et possède les mêmes prérogatives qu'un SDIS pour la ville de Marseille.

En outre, il assume les mêmes fonctions, sous la direction du préfet des Bouches-du-Rhône dans l'aéroport Marseille Provence, sur la commune de Marignane. Il y détache à cet effet une partie de ses effectifs. Depuis 2008 ces fonctions sont également assurées au sein de la société Eurocopter mais en tant que pompiers d'entreprise

Budget[modifier | modifier le code]

En 2013, le budget de fonctionnement annuel du BMPM, s'élevait à 100 millions d'euros, financé par la ville de Marseille. Les organismes liés à la municipalité par conventions (grand port maritime de Marseille, chambre de commerce et d'industrie, assistance publique - Hôpitaux de Marseille…)[3]lui reversent 24% pour la participation de "Bataillon" à la sécurité de leurs installations et de leurs personnels ainsi qu'à leurs activités.

Le temps de travail[modifier | modifier le code]

Le régime de travail était de 72 heures de garde consécutives pour 24 heures de repos jusqu'au début des années 1970 pour s'abaisser à 48 heures de garde pour 24 heures de repos après 1975, puis 48/36 et 36/36 par la suite.

Désormais, depuis la restructuration, le nouveau régime se base sur un découpage du temps par sixièmes, permettant une mise en adéquation des effectifs avec l'activité opérationnelle. Cette disposition améliore également le repos du personnel. En régime été, le rythme est de 24 heures de garde et 24 heures de repos, puis 24 heures de garde suivies de 24 heures d'astreinte à domicile ou de renfort en caserne, suivies de 48 heures de repos. En régime hiver, le rythme est de 24 heures de garde suivies de 24 heures de repos, puis 24 heures de garde suivies de 72 heures de repos.

On remarque la contrainte du service d'été qui s'explique par le fait que le risque feux de forêts, très présent et très consommateur de potentiel humain, vient se superposer à l'activité opérationnelle journalière déjà soutenue avec en plus les armements des détachements d'intervention préventifs (DIP) et des groupes intervention feux de forêt (GIFF).

Les jeunes marins-pompiers ont été soumis à un régime différent durant les 5 mois qui suivent leur sortie de cours. Basé sur un cycle par 6 sur une base de garde 12 heures de 10 heures à 22 heures, il comprend 4 jours de garde de 12 heures suivies de 2 jours de repos avec exemption de travail le dimanche. Ce régime de travail pour les nouvelles recrues a pris fin en octobre 2010.

Drapeau et devises[modifier | modifier le code]

Le 30 avril 1982, le BMPM s'est vu remettre son drapeau par le ministre de la Défense de l'époque, M. Charles Hernu, en présence de M. Gaston Defferre, ministre de l'intérieur et maire de Marseille de l'époque. Ce drapeau, 9e de la marine nationale, conférait au BMPM ses lettres de noblesse en rappelant que depuis 1939, 35 de ses marins pompiers avaient trouvé la mort en mission.

Le bataillon de marins pompiers de Marseille possède deux devises accolées : « Honneur-Valeur-Patrie-Discipline », devise de la marine nationale et « Courage et Dévouement », celle des sapeurs pompiers français. On peut même y ajouter une troisième, moins officielle, mais qui a un sens très fort et que le BMPM utilise souvent dans sa communication : « Si des vies vous sont chères, pour nous, elles le sont toutes ».

Personnel[modifier | modifier le code]

Avec ses 2 400 hommes et femmes (100 officiers de marine et médecins militaires et contractuels, 1 900 marins pompiers de Marseille, 300 marins de la flotte dont les compétences variées permettent à l'unité de fonctionner tant dans les domaines administratif que logistique et opérationnels (manœuvriers, mécaniciens et électriciens navals, secrétaires, fourriers, commis aux vivres, photographes...) et 100 agents civils de la ville de Marseille. Le BMPM est l'unité de la marine nationale dont l'effectif est le plus important. Une profonde restructuration opérationnelle et administrative a été mise en place en 2008.

Matériel[modifier | modifier le code]

Véhicules[modifier | modifier le code]

Fourgon d'incendie (FI) du « Bataillon »

Pour accomplir ses différentes missions, le BMPM dispose de 700 véhicules et engins divers ou flottants. Environ 70 véhicules de secours d'assistance aux victimes (VSAV) et ambulances de réanimation (AR), dont une dizaine à l'école des marins pompiers de la marine (EMPM), 65 camions citernes feux de forêt (CCF), 8 échelles pivotantes semi-automatiques (EPSA), 9 véhicules de première interventions (VPI) (remplaçant les Fourgons pompe-tonne légers) et 16 fourgons d'interventions (FI), qui remplacent les FPT (Fourgon pompe-tonne). À cela s'ajoutent les véhicules de servitude et d'appui nécessaires à la vie de l'unité et à l'accomplissement de ses différentes compétences technico-administratives, 35 moyens flottants dont 2 bateaux pompes, le Louis Colet, à port de Bouc et le Lacydon au CIS de la Bigue.

Deux hélicoptères bombardiers d'eau (HBE) sont loués pendant la campagne feux de forêts, de la mi-juin à la fin septembre et stationnés aux CIS La Bigue et Pointe Rouge.

En 2001, le BMPM s'est doté de 2 engins « rail/route » dont le Véhicule d'extinction et de sauvetage (VES) et le Véhicule sanitaire de transport de personnel (VSTP) destinés aux opérations de secours dans le tunnel TGV de Marseille, long de 8 km. Il arme également un véhicule laboratoire de spectrométrie de masse (le tout premier de France à l'époque en 1997) permettant l'analyse de fumées ou produits toxiques.

Il possède également 2 véhicules mousse grande puissance (VMOGP), pourvus d'une réserve d'eau de 12 000 litres et une de liquide émulseur de 3 000 litres. Ces véhicules sont basés aux centres d'incendie et de secours de Saint-Pierre et Château-Gombert.

Tenues[modifier | modifier le code]

Après la combinaison en coton remplacée par un treillis, les traditionnelles bottes et vestes de cuir, en 2003, le BMPM s'oriente vers l'acquisition des tenues textiles bleu marine. Assez rapidement, on s'aperçoit que la couleur de cette tenue ne correspond pas vraiment aux besoins de l'unité. Les conditions climatiques estivales, les feux de forêts et de navires incitent le Bataillon à s'orienter sur l'achat d'une tenue de couleur rouge coquelicot, (donc beaucoup plus visible que le bleu) munie d'un silhouettage bicolore. Le casque F1 de couleurs différentes selon les fonctions du personnel, a remplacé le casque Adrian à partir de 1985.

Le service mobile d'urgence et de réanimation (SMUR)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : SMUR en France.

Le SMUR de Marseille qui constitue la 11e Cie, a été concédé au BMPM en 1969. Dans les années 1975/1980, il possédait 3 véhicules radio médicalisés (VRM), armés chacune par un médecin et un conducteur. Il s'est progressivement étoffé et comprend en 2008 une quarantaine de médecins et une trentaine d'infirmiers. Il dispose désormais de 10 ambulances de réanimation (AR), armées par un conducteur, un infirmier et un médecin ; 4 véhicules médicaux de soutien (VMS), 70 véhicules de secours à victimes (VSAV), dont une dizaine affectée à l'école des marins-pompiers de la marine (EMPM), pour la formation.

Du côté des secours spécialisés, il s'est récemment équipé de 4 postes médicaux avancés pour 30 personnes (PMA 30), de 2 unités médicales mobiles de décontamination (UMMD) pouvant traiter 100 à 150 personnes en 3 heures et d'une berce « Evatox » contenant 580 cagoules de fuite.

Formation[modifier | modifier le code]

L'école des marins pompiers de la marine (EMPM)[modifier | modifier le code]

Le bataillon possède une compagnie uniquement dédiée à l'instruction et à la formation: la 8e Cie.

Depuis 1997, l'école des marins pompiers relève de la marine nationale. Elle assure depuis, non seulement la formation des marins pompiers de Marseille, mais aussi celle de tous le personnels des marins pompiers destinés à servir au sein des bases navales ou de l'aéronautique navale, soit annuellement environ 800 élèves, dont environ 250 pour les besoins du Bataillon. Outre les nouvelles recrues, elle a également la charge du perfectionnement des connaissances et de la formation continue des marins pompiers qui se destinent à des fonctions ou grades supérieurs.

Implantée sur 2 sites, « La Parette » et « La Rose », elle fonctionne avec quotidiennement près de 200 élèves, encadrés par une cinquantaine de formateurs et environ 25 personnels dits « de soutien ». La formation technique est réalisée avec une dizaine d'engins d'incendie affectée à l'école, qui dispose en outre de plusieurs bus, véhicules légers et engins divers.

Les jeunes marins-pompiers intègrent une équipe de garde dès la sortie de leur cours.

Le centre d'entraînement aux techniques incendies et de survie[modifier | modifier le code]

Le BMPM dispose aussi depuis fin 2004 d'un site de formation unique en Europe : le CETIS (centre d'entraînement aux techniques incendies et de survie) qui dispose d'agréments sécurité civile pour la formation feux de navire (FDN) de niveaux 1, 2 et 3. Il comprend 2 types d'activités particulières :

  • l'incendie, avec trois aires de feu en milieux clos, et sur plusieurs niveaux, qui simulent feux de navire, industriels et urbains ;
  • la simulation et la survie en mer aménagés de manière à coller au plus près de la réalité (immersion et retournement d'habitacle d'hélicoptère ou d'avion).

Le CETIS accueille par conventions financières, de nombreux partenaires venant se former à ces techniques (Michelin, Sanofi, Cogéma, Total, CEA Cadarache ainsi que plusieurs SDIS).

Relations internationales[modifier | modifier le code]

Le BMPM reçoit régulièrement des délégations étrangères venues parfaire leur formation et acquérir des techniques spécifiques. Il assure également des missions de formation dans bon nombre de domaines, de conseils et d'audits au bénéfices de diverses entités nationales ou internationales, dans le cadre du ministère de l'intérieur ou des affaires étrangères, sous la bannière de la sécurité civile ou de celle de la marine nationale.

C'est ainsi qu'en 2008 une dizaine de missions a été conduite à travers le monde. En Jordanie pour une formation sauvetage/déblaiement, aux Seychelles pour une formation feux de navires, ainsi qu'une trentaine de formations en Italie, au Chili, en Algérie, au Maroc, à Cuba, au Cameroun, en Égypte, en Suisse.

Engagement hors de France[modifier | modifier le code]

Le bataillon a déjà été appelé à de nombreuses reprises lors de missions en France et à l'étranger (Italie, Mexique, Algérie, Arménie, Haïti…). Ses compétences couvrent le prompt secours aux personnes, la lutte contre les incendies urbains et les feux de forêts, les incendies industriels et les feux de navires, la lutte contre les pollutions, les risques chimiques et radiologiques.

L'amicale des anciens marins pompiers de Marseille[modifier | modifier le code]

Créée en mars 1965 et d'abord réservée aux « anciens » de l'unité, elle s'est rapidement ouverte aux marins pompiers d'active, dès janvier 1966.

Depuis sa création, plus de 3 200 personnes y ont adhéré. Elle compte aujourd'hui près de 900 membres cotisants, anciens du bataillon ou marins pompiers en activité, ainsi que des sympathisants.

Elle contribue au devoir de mémoire et perpétue le souvenir des « anciens » en participant aux cérémonies militaires et patriotiques et en programmant tous les ans la « journée des retrouvailles ». Cette fraternité organise des repas de cohésion, des randonnées pédestres, des excursions et des voyages, mais aussi des visites du « Bataillon » au profit d'associations extérieures.

En plus de ses nombreuses activités de loisirs, l'amicale des marins pompiers de Marseille joue également un rôle social. Elle est à l'origine de la prise en compte de la prime de feu dans le calcul des retraites, tant pour les marins pompiers en activité que pour ses "anciens" ayant au moins accompli 15 ans de service.

Elle publie une revue trimestrielle, le BIL (bulletin d'information et de liaison) tiré à 1 300 exemplaires. Son local est situé dans la base de Plombières, sur le boulevard éponyme.

Statistiques[modifier | modifier le code]

En 2009, le BMPM a effectué 118 000 interventions et en 2010, 108 000. En 2011, il en a effectué 111 700, soit en moyenne 285 par jour, c'est-à-dire une toutes les 5 minutes, plus des deux tiers concernant le « secours à victimes ».

Autres[modifier | modifier le code]

La revue « Marins du Feu »[modifier | modifier le code]

Le service communication du BMPM édite une revue trimestrielle Marins du Feu dont le nom témoigne de son appartenance à la marine nationale. En plus de la vie de l'unité, tant humaine qu'opérationnelle, Marins du feu publie des dossiers techniques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Note: L'entrepriese dispose des moyens et du personnel d'un CIS mais, réglementairement, n'est qu'un centre de secours de pompiers d'entreprise, le SDIS13 étant territorialement compétent sur ce site.
  2. Les sections opérationnelles spécialisées (SOS)
  3. http://www.defense.gouv.fr/marine/organisation/les-forces/marins-pompiers/le-bataillon-de-marins-pompiers-de-marseille-bmpm/(language)/fre-FR#SearchText=pompiers de marseille#xtcr=2

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]