Claude Joseph Vernet

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Joseph Vernet

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Portait de Joseph Vernet par Élisabeth Vigée Le Brun, 1778, musée du Louvre, Paris

Nom de naissance Claude Joseph Vernet
Naissance 14 août 1714
Avignon
Décès 3 décembre 1789 (à 75 ans)
Paris
Nationalité Royaume de France Royaume de France
Profession Peintre

Joseph Vernet[1], né à Avignon le 14 août 1714 et mort à Paris le 3 décembre 1789, est un peintre, dessinateur et graveur français, célèbre pour ses marines.

Sommaire

Biographie[modifier]

Un réseau de sociabilité cosmopolite et efficace[modifier]

Joseph Vernet est formé dans le Sud de la France. On lui donne comme maître Adrien Manglard et Philippe Sauvan. En 1734, Vernet part pour Rome pour y étudier le travail des précédents paysagistes et peintres de la marine comme Claude Gellée, dont on retrouve le style et les sujets dans les tableaux postérieurs de Vernet. Il s'assure un solide réseau international à l'occasion de ce voyage, et par la suite à Paris via les salons, l'Académie royale et les loges maçonniques[2].

Les sociabilités cosmopolites que ce réseau suscite lui permettent de déployer ses talents de société pour lancer, délibérément comme le montre son livre de raison, la mode des marines à travers l'Europe, notamment en exploitant habilement le retentissement produit par la plus grande commande royale de peinture du règne de Louis XV, celle, en 1753, de 24 tableaux des ports de France[2].

Dès lors, Vernet peut vendre avantageusement ses marines, « au poids de l'or » si l'on en croit Pierre-Jean Mariette[2]. De fait, la liste de ses commanditaires est aussi variée et internationale que prestigieuse, comme par exemple Catherine II de Russie[2].

Les Ports de France[modifier]

En 1753, le marquis de Marigny, futur directeur des Bâtiments de Louis XV, lui commande 24 tableaux de ports de France pour informer de la vie dans les ports, mais seuls quinze tableaux seront réalisés de 1753 à 1765 (Marseille, Bandol, Toulon, Antibes, Sète, Bordeaux, Bayonne, La Rochelle, Rochefort et Dieppe), certains ports étant représentés plusieurs fois. On lui avait demandé de représenter au premier plan de chaque tableau les activités spécifiques à la région. Ces peintures sont donc de véritables témoignages de la vie dans les ports il y a 250 ans qui font de lui un des plus grands peintres de la marine. Ils lui vaudront une reconnaissance de son vivant de la plupart des nobles les plus attachés à la marine, comme le marquis de Laborde.

Style[modifier]

Admirateur de Poussin, Vernet parvint néanmoins à créer, à force de travail, son propre style.

Il représente en général la nature en accordant beaucoup de place au ciel (les deux tiers du tableau) et les personnages et scènes de la vie quotidienne qui animent les lieux.

Son fils, Carle Vernet, son petit-fils Horace Vernet[3] et son arrière-petit-fils Émile Vernet-Lecomte furent également peintres. Un peintre anglais, Gabriel Mathias[4], fut un courtier de Joseph Vernet pour la Grande-Bretagne.

Œuvres[modifier]

  • Vue de Naples, vers 1748
  • Intérieur du port de Marseille, 1754
  • Paysage de montagne avec tempête, 1775
  • Littoral, 1776
  • Le Port De Bordeaux, 1758

Expositions publiques[modifier]

L'Entrée du port de Marseille (1754).
  • Au Havre, le Musée André Malraux présente Le Port de La Rochelle.
  • À Avignon, la fondation Calvet présente au musée Calvet plusieurs de ses œuvres.
  • À Paris, le musée de la Marine présente, déposés par le musée du Louvre en 1943, treize tableaux de la série des 15 ports de France peints à la demande du roi Louis XV. Le Musée du Louvre expose de cette série L'Entrée du port de Marseille et La Ville et la rade de Toulon.
  • À Toulon, le musée d'art possède Le Torrent, huile sur toile, 76,5 × 103 cm, œuvre non datée.
  • À Bruges, le Groeningemuseum expose le Naufrage, de 1759, huile sur toile, 96 × 134,5 cm.
  • À Philadelphie, le Museum of Art expose six toiles : villa à Caprarola, naufrage sur une côte, deux marines, orage sur une côte et une scène côtière, ainsi qu'une gouache représentant des pêcheurs attribuée à Vernet Philadelphia Museum of Art.
  • À Bordeaux, Vue sur le port de Bordeaux, huile sur toile, 2,63 × 1,65 m, 1758.
  • À Quimper, musée des beaux-arts, Marine, Clair de lune, 1772, 32,5 × 46 cm et Le Pêcheur à la ligne, 40,5 × 32,3 cm, 1788.

Galerie d'images[modifier]

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Postérité[modifier]

Références dans la littérature[modifier]

Dans son Salon de 1767, Denis Diderot commente longuement sept tableaux de Vernet à travers un texte connu sous le titre de Promenade Vernet. Il a imaginé être un personnage des tableaux, mais un personnage mobile, qui se promène dans les paysages, accompagné d’un abbé, de quelques élèves et leur instituteur. Cette promenade comporte sept sites, qui sont autant de tableaux – dont certains ont disparu. Il est quelquefois difficile de lire des considérations sur la peinture sans voir celles qui les ont inspirées. Les images nous manquent, mais les descriptions sont très précises, il mélange les sensations des promenades avec des considérations philosophiques.

Dans La Maison du chat-qui-pelote de Balzac, Monsieur Guillaume, marchand drapier, juge sévèrement cet artiste et tous les artistes en général, mettant ainsi dans le même sac peinture, danse, art dramatique : « Ils sont trop dépensiers pour ne pas être toujours de mauvais sujets. J'ai fourni feu M. Joseph Vernet [Claude-Joseph Vernet], feu M. Lekain, et M. Noverre). Ah ! Si tu savais combien de tours ils ont joué à ce pauvre monsieur Chevrel ! Ce sont de drôles de corps. (…)[5] »

Dans Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, le Nautilus est décoré de peintures dont des Vernet : « Les diverses écoles des maîtres anciens étaient représentées par une madone de Raphaël, une vierge de Léonard de Vinci, une nymphe du Corrège, une femme du Titien, une adoration de Véronèse, une assomption de Murillo, un portrait d’Holbein, un moine de Vélasquez, un martyr de Ribeira, une kermesse de Rubens, deux paysages flamands de Teniers, trois petits tableaux de genre de Gérard Dow, de Metsu, de Paul Potter, deux toiles de Géricault et de Prud'hon, quelques marines de Backuysen et de Vernet. » (chap. IX)

Gérard de Nerval fait aussi référence à Joseph Vernet dans son Voyage en Orient. C'est à propos des impressions suscitées par la « beauté, grâce ineffable des cités d'Orient bâties aux bords des mers », qu'intervient la référence à l'artiste : « On coudoie avec surprise cette foule bigarrée, qui semble dater de deux siècles, comme si l'esprit remontait les âges [...]. Suis-je bien le fils d'un pays grave, d' un siècle en habit noir et qui semble porter le deuil de ceux qui l'ont précédé ? Me voilà transformé moi-même, observant et posant à la fois, figure découpée d'une marine de Joseph Vernet[6] ».

Peintres de marines inspirés par Vernet[modifier]

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Graveurs ayant réalisé des estampes d'après Vernet[modifier]

Les estampes d'après Vernet sont nombreuses, surtout celles de la série des ports de France qui sont encore très populaires, comme auteurs on citera :

  • Antoine de Marcenay de Ghuy (1721-1811).

Notes et références[modifier]

  1. Né Claude Joseph Vernet.
  2. a, b, c et d Charlotte Guichard, « Les circulations artistiques en Europe (années 1680-années 1780) », in Pierre-Yves Beaurepaire et Pierrick Pourchasse (dir) Les circulations internationales en Europe, années 1680-années 1780, Presses Universitaires de Rennes, 2010, p. 391
  3. Né le 30 juin 1789, peu de temps avant la mort de son grand-père.
  4. Voir le texte de Léon Lagrange, sur la page Gabriel Mathias.
  5. La Maison du chat-qui-pelote, Flammarion GF, 1985, p. 62-63.
  6. Gérand de Nerval, Voyage en Orient, Préface d'André Miquel, texte établi et annoté par Jean Guillaume et Claude Pichois et présenté par Claude Pichois, Paris, Gallimard, 1984, p. 404.

Voir aussi[modifier]

Sources et bibliographie[modifier]

  • Léon Lagrange, Joseph Vernet et la peinture au XVIIIe siècle, Paris, 1864 (2e édition), Lire en ligne.
    Les documents et pièces justificatives publiés sont des références essentielles.
  • Florence Ingersoll-Smouse, Joseph Vernet, Peintre de marine, Étude critique et catalogue raisonné..., Paris, 1926, deux volumes.
    Ouvrage ancien, mais indispensable.

Articles connexes[modifier]

Liens externes[modifier]

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