Chilpéric Ier (roi des Francs)

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Chilpéric Ier
« Chilpéric roy de France » par Jean Dassier (1676-1763). Buste du roi à gauche ceint d'une couronne. Bibliothèque nationale de France.
« Chilpéric roy de France » par Jean Dassier (1676-1763). Buste du roi à gauche ceint d'une couronne. Bibliothèque nationale de France.
Titre
Roi de Soissons
561584
Prédécesseur Clotaire Ier
Successeur Clotaire II
Roi de Paris
567584
Prédécesseur Caribert Ier
Successeur Gontran
Biographie
Titre complet Roi de Soissons (561-584)
Roi de Paris (567-584)
Dynastie Mérovingiens
Date de naissance 525-527[1]
Date de décès
Lieu de décès Chelles (France)
Père Clotaire Ier
Mère Arnegonde
Conjoint Audovère
Galswinthe
Frédégonde
Enfant(s) Thibert (v. 552-575)
Mérovée (553/556-577)
Basine (555/564-?)
Clovis (v. 557-580)
Clodebert (565/570-580)
Rigonde (v. 569-589)
Samson (575-577)
Dagobert (580)
Thierry (582-584)
Clotaire II (584-629) Red crown.png
Résidence Soissons, Rouen, Paris, Cambrai

Chilpéric Ier[2], né entre 525 et 527[1], ou en 534, mort entre les 20 et 28 septembre 584 à Chelles[3], est un roi franc de la dynastie des Mérovingiens, petit-fils de Clovis, roi des Francs, fils de Clotaire Ier, roi de Soissons de 561 à 584. Surnommé par Grégoire de Tours "Le Néron et l'Hérode de notre temps"

À la mort de Clotaire Ier, le royaume des Francs, réunifié[note 1] en 558, est partagé entre ses quatre fils : Sigebert, Gontran, Caribert et leur demi-frère Chilpéric, qui reçoit le royaume de Soissons. Une grande partie du règne de Chilpéric est occupé par des conflits avec ses frères, mais surtout avec Sigebert à partir de 570 environ.

Chilpéric a été marié trois fois, mais son nom est particulièrement associé à ceux de Galswinthe, sa seconde épouse, morte assassinée, et surtout de Frédégonde, sa troisième épouse. Le conflit entre Chilpéric (assassiné en 584) et Sigebert (assassiné en 575) se double du conflit entre Frédégonde et Brunehilde (Brunehaut), épouse de Sigebert et sœur de Galswinthe : cette période de guerre entre rois et reines, la "faide royale", ne prendra fin qu'en 613 avec la victoire de Clotaire II (584-629), fils de Chilpéric et Frédégonde, sur Brunehilde et ses descendants.

Chilpéric a été l'un des derniers rois mérovingiens à régner en monarque absolu sur ses sujets[4], avant que le pouvoir ne s'effrite, capté par une noblesse ambitieuse.

Sommaire

Introduction[modifier | modifier le code]

Les sources[modifier | modifier le code]

Son règne est connu principalement grâce aux Dix livres d'Histoire (ou Histoire des Francs), chronique universelle[5] écrite par l'évêque Grégoire de Tours. Les six derniers livres sont consacrés aux rois mérovingiens, présentés du point de vue d'un évêque comme des « bons » ou des « mauvais » rois, selon leur relation avec l'Église. Il affirme la supériorité du pouvoir spirituel (auctoritas) exercé par les évêques sur le pouvoir temporel (potestas) exercé par les rois[6].

Pour cette raison, Grégoire de Tours s'oppose à l'autorité de Chilpéric lorsque celui-ci juge les évêques, dont la dignité serait supérieure[7].

Chilpéric apparaît aussi dans l'œuvre d'un contemporain de Grégoire de Tours, Venance Fortunat, évêque de Poitiers.

La société en Gaule franque au VIe siècle[modifier | modifier le code]

La société se compose d'hommes et de femmes libres (ingenui) formant la plus grande partie du peuple franc. Ils ont l'obligation de servir dans l'armée du roi, avec le droit de prendre part à la justice publique, et sont commandés par l'intermédiaire des ducs et des comtes. Il existe également des populations dépendantes comme les esclaves locataires d'une ferme (servi casati), les esclaves domestiques, et les esclaves travailleurs agricoles sur les grandes propriétés[8]. Les esclaves ne peuvent pas servir dans l'armée, ce privilège étant réservé aux hommes libres. Ils appartiennent à la famille du propriétaire, qui peut être un ingenui ou un aristocrate. Les Francs libres devenus trop pauvres pour servir dans l'armée devenaient non libres, en perdant leur identité juridique, pour devenir dépendants du propriétaire d'une terre sur laquelle ils travaillaient. Les paysans romains ont été intégrés comme dépendants non-libres des Francs. Les esclaves peuvent être affranchis par leurs maîtres de deux façons : l'affranchissement relatif, conférant à l'affranchi le statut de libertus ou lide lui permettant de jouir des droits juridiques et de sa liberté, mais restant redevable de prestation en service ou en argent ; l'affranchissement absolu, qui confère à l'affranchi liberté, droits juridiques et la garantie de ne plus être redevable envers son ancien maître[9]. Il existe également une catégorie d'hommes semi-libres, nommée coloni. Un colon exploite une terre par contrainte et doit payer des redevances au maître. Il peut ensuite exploiter la terre pour son profit personnel[10]. De même, en 517, le concile d'Epao interdit aux abbés d'affranchir les esclaves sur les propriétés qu'ils ont reçues des laïcs, « parce qu'il est injuste que les esclaves jouissent de la liberté alors que les moines travaillaient la terre nuit et jour[11] ». Cependant, les terres ecclésiastiques et des petites propriétés et fermes romaines continuent d'exister. Des comtes francs s'installent dans les cités aquitaines, mais celles-ci conservent leurs langues et coutumes du fait de la faible influence que les Francs exercent sur la population[12]. De manière générale, le sud de la Gaule reste romanisé tandis qu'au nord, la culture franque remplace la culture romaine. Les noms germains prédominent[13], les hommes originaires de la région sont rarement considérés comme romains. Le dialecte roman reste cependant parlé par la population[14].

Le mariage chez les Francs[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Mariage morganatique et Morganatique.

Les Francs, comme les autres peuples germains, pratiquent l'endogamie[15] au sein de la Sippe ou clan (groupe de parenté étendu). Le mariage y prend plusieurs formes. Le père est le chef de la famille et exerce son autorité (mundium ou munduburdium) sur ses femmes, ses enfants, ses esclaves[16]. Il a le pouvoir d’accepter ou de refuser les mariages de chaque membre de sa familia[17]. Les jeunes nobles francs pratiquent une éducation sentimentale auprès des esclaves de leur familia ou des filles de leurs proches. Il en résulte souvent plusieurs mariages avec ses épouses de jeunesse (friedelfrau), qualifiées d’épouses de second rang ou d’épouses morganatiques. Ce type de mariage, la friedelehe, est généralement hypergamique et est conclu de façon privée entre le mari et la femme[18]. Le chef de famille peut décider d’établir pour les jeunes francs arrivés à maturité, des mariages avec des épouses prestigieuses dites de premier rang. Ce type de mariage, célébré en public, permet le rapprochement des familles, assurant une alliance diplomatique[19]. Cette polygynie entraîne la confusion chez les chrétiens traditionnellement monogames, qui appliquent naturellement le droit matrimonial romain et qualifient à tort ces épouses de concubines ou de maîtresses, croyant leurs enfants illégitimes[note 2]. Or, les enfants issus des différents mariages sont tous égaux en matière de succession[note 3]. Le père garde cependant le droit d’écarter de sa succession les enfants de son choix[20].

La dynastie mérovingienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mérovingiens.

Chilpéric Ier naît au sein d'une des familles princières franques, issue de Mérovée et surtout de Clovis, fondateurs de la dynastie mérovingienne. Les Mérovingiens constituèrent la première dynastie qui régna sur la majorité des territoires actuellement français et belge, ainsi que sur une partie du sud de l’Allemagne et de la Suisse du Ve siècle jusqu’au VIIIe siècle, après la fin des invasions barbares dans les provinces romaines occidentales, dont la Gaule. Ils sont issus des Francs saliens qui étaient établis au Ve siècle dans les régions de Cambrai et de Tournai, en Belgique.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'enfance de Chilpéric[modifier | modifier le code]

Naissance et baptême[modifier | modifier le code]

Chilpéric est le fils de Clotaire Ier et de sa seconde épouse, la reine Arnegonde, alors que ses trois frères sont les fils d'Ingonde, d'ailleurs sœur d'Arnegonde.

La date de naissance de Chilpéric n'est pas clairement établie. Certains auteurs la placent aux alentours de 540[note 4].

Il n'a sans doute été baptisé qu’à l’âge de trois[réf. nécessaire] ans, âge minimal[réf. nécessaire] requis pour recevoir le baptême. La mortalité infantile est à l’époque si importante que les nouveau-nés ne reçoivent pas immédiatement de nom.

Le choix du nom de « Chilpéric » a probablement été influencé par la reine Clotilde (465-545), épouse de Clovis, étant donné qu'il avait précédemment été porté par deux rois burgondes, son grand-oncle et son père[21].

Il se peut donc que le baptême ait eu lieu à Tours, ville qui appartenait alors à Clotaire, et où résidait Clotilde, ainsi que les évêques burgondes Procule, Théodore et Diffinus, chassés par les Ariens[22].

Le nom de Chilpéric : étymologie[modifier | modifier le code]

« Chilpéric » est la forme française d’un nom francique, transcrit en latin Chilpericus[23] ou Hilpericus[24]. Le nom francique n’est pas attesté par des textes, mais peut être reconstitué de la façon suivante : */χilp rik/, où χ représente un k palatalisé[note 5], formé de /χilp/ (aide : cf. allemand Hilfe, anglais help) et /rik/ (puissant, riche : cf. reich, rich)[25]. Venance Fortunat utilise à propos de Chilpéric une expression, adjutor fortis (auxiliaire courageux)[26], qui est en fait un équivalent latin de Chilpéricus.

Contrairement à d’autres noms germaniques, celui-ci n’a pas été utilisé après l’époque mérovingienne. Il n’existe donc pas de doublet plus moderne, comme dans le cas de Theodoricus, qui en français donne aussi bien « Théodoric » que « Thierry ».

L'éducation d'un prince franc[modifier | modifier le code]

Il reçoit probablement une bonne éducation, que Venance Fortunat évoque ainsi : « Sur vous, douce tête, se penchèrent tous les soins de votre père[27] ». Elle comprend l'apprentissage du maniement des armes et l’équitation, mais aussi une instruction littéraire : Chilpéric, outre le francique, parle le latin, et a peut-être des notions de grec[28] et d’hébreu, grâce au contact des juifs de sa cour.

Il apprend l’art de la guerre au cours de parties de chasse qui lui permettent de pratiquer les bases du combat, le préparant ainsi à ses futures batailles[29].

Premières campagnes et premier mariage[modifier | modifier le code]

À partir de sa majorité, à l’âge de quinze ans, il participe à plusieurs campagnes, ce qu'évoque Fortunat de façon poétique : « Devant vous tremblent le Gète[note 6], le Vascon, le Danois, l’Euthion[note 7], le Saxon, le Breton ; il est notoire qu’avec votre père vous les avez domptés en bataille rangée[30]. ».

Au printemps 542, il accompagne son père et son oncle Childebert Ier[31], ainsi que deux de ses demi-frères, dans une campagne en Espagne contre les Wisigoths. Les Francs s’emparent alors de Pampelune et assiègent Saragosse, puis doivent battre en retraite et quitter le pays.

Entre 542 et 552, il épouse Audovère « sa première reine[32] », peut-être de condition modeste[citation nécessaire][33].

Vers 555, Chipéric et Sigebert, accompagnent leur père dans une campagne contre les Saxons[réf. nécessaire]. Après une bataille meurtrière pour les Francs et les Saxons, une paix est négociée[réf. nécessaire], puis Clotaire se dirige vers la Thuringe, afin de châtier ses habitants qui ont soutenu les Saxons. Lors de son retour, les Saxons coalisés avec les Thuringiens, et probablement les Frisons[note 8], les Danois et les Jutes rentrent en territoire franc le long de la rive droite du Rhin jusqu’à Deutz. Clotaire et Chilpéric rejoignent Sigebert, qui a été posté pour garder la frontière et repoussent ces envahisseurs[26].

En novembre ou décembre 560, il participe également[réf. nécessaire] à l’attaque contre Chramn et le comte Conomor de Domnonée[26],[34].

La succession de Clotaire Ier[modifier | modifier le code]

Clotaire Ier avait réunifié le royaume franc de Clovis Ier, mais n'avait pas partagé le royaume avant sa mort, qui survint en 561. Ses fils allèrent l'enterrer à Soissons, dans la basilique Sainte-Marie[35] qu'il avait commencé à faire construire sur le tombeau de saint Médard[36].

Dans la tradition germanique, le mode de succession des rois sur le trône, la tanistry (nom celtique désignant la succession par le cadet et non par le fils), se fait entre frères, de l'aîné au benjamin, puis aux oncles et aux neveux[37]. N'étant pas issu de la même union que les autres princes[38], ce système aurait défavorisé Chilpéric au moment du partage voulu par la loi salique. Contrairement au mode de succession par primogéniture qui régit la succession au trône du père au fils aîné, comme sous la dynastie capétienne, le royaume est divisé entre autant de fils que le roi possède, afin que chacun puisse régner. La division du Regnum Francorum engendre des sous-royaumes (teilreiche) distincts de celui-ci, permettant à chaque prince d'exercer une royauté complète dans le sous-royaume attribué, plutôt que de diviser l'exercice du pouvoir avec les autres princes sur l'ensemble du territoire[39].

Le coup d'État de Chilpéric[modifier | modifier le code]

Chilpéric Ier s'acquiert la grâce des puissants. Manuscrit du XVe siècle. Grandes chroniques. Paris, BNF

À l'aide d'antrustions (guerriers d'élite formant la garde privilégiée du roi, liés par un serment particulier[note 9]), Chilpéric s'empare du trésor de la villa Brennacum - palais de Berny[note 10]. Par la force, il peut accéder aux richesses que son père a accumulées et entasse le trésor sur des chariots[35]. Il en profite pour acheter la fidélité de certains grands seigneurs et occupe Paris, en prenant possession du château de son oncle Childebert Ier avec la portion du royaume associée[40].

Néanmoins, ses demi-frères l'obligent à respecter le partage.

Le deuxième partage du Regnum Francorum (561)[modifier | modifier le code]

Partage du royaume de Clotaire Ier entre ses quatre fils. La scène se situe dans l'île de la Cité. Grandes Chroniques de France, enluminées par Jean Fouquet, Tours, vers 1455-1460. BNF

Le royaume est donc à nouveau divisé en quatre suivant « un partage régulier » et le sort (destin ou partage[note 11]) attribue à Chilpéric le territoire ancestral des Mérovingiens, le « royaume de Clotaire » avec pour capitale Soissons[41] et un territoire situé entre Tournai et la Picardie.

Le royaume de Soissons se compose probablement des cités de Thérouanne, Tournai, Arras, Cambrai, Amiens et Noyon. Ce teilreich, le plus pauvre en fisc (terre, forêt ou mine appartenant à la couronne[42]), n'a ni ressources importantes ni frontières actives offrant des perspectives de conquête[43]. La cité de Laon a peut-être été acquise par Sigebert[réf. nécessaire], mais celle d'Amiens est peut-être revenue, car elle avait été attribuée en 511 à Childebert Ier[note 12].

Augustin Thierry affirme que le partage était égal, non en superficie, mais en nombre de cités[44]. Il affirme également que chacun des frères possède des enclaves dans les autres teilreich. Chilpéric aurait ainsi reçu Nantes et Rouen. Cependant, il ne reçoit ni Tours ni Poitiers qui constituaient l'enclave aquitaine de son père dès 511[45]. De plus, le royaume de Paris, revenu à Caribert, cinq fois plus grand que celui de Chilpéric, possédant de nombreuses cités en Aquitaine, dans la vallée de la Loire, doit posséder plus de villes que Chilpéric, qui reçoit un territoire peu romanisé et ayant subi beaucoup de destructions, du fait des invasions barbares[46]. Le critère déterminant la valeur d'une part peut ne pas prendre seulement en compte la superficie, mais aussi la nature du patrimoine. Comme Chilpéric reçoit le royaume de son père, la capitale des Gaules et la terre patrimoniale des Mérovingiens, sa part est vue comme égale aux autres, plus grandes géographiquement mais auxquelles aucun statut politique n'est attaché du fait de leur annexion par conquête[47]. Une autre hypothèse veut que le hasard soit à l'origine de l'attribution des royaumes qui se serait faite par tirage au sort. Cependant, Grégoire de Tours précise que la répartition des territoires est équitable, un tirage au sort avec des lots inégaux est donc à exclure[48].

Le royaume des Francs en 561 après sa division en sous-royaumes

L'affectation des teilreich peut aussi être définie selon le nom donné aux princes, pour qu'ils soient destinés à régner sur un territoire donné : le royaume de Metz que reçoit Sigebert, ayant appartenu à Thierry Ier, englobe l'ancien royaume de Cologne des Francs ripuaires dont un des rois se nommait Sigebert le boiteux. Gontran, quant à lui, a un nom typiquement burgonde[note 13] et reçoit le royaume des Burgondes. Or, il est à noter que Chilpéric est aussi un nom typiquement burgonde[49]. Depuis le premier partage du Regnum Francorum en 511, le royaume des Burgondes et la Provence ont été annexés et Chilpéric n'obtient rien de ces territoires[50].

Les rapports de forces déterminent en réalité les attributions ; de plus, la mise à l'écart des plus faibles fait partie des usages de la succession royale franque et il se peut que les trois fils d'Ingonde éprouvent de la défiance envers leur demi-frère[40]. Ce partage peut constituer une sanction à son égard pour avoir tenté de s'emparer de tout ou partie du royaume sans leur consentement[51].

En plus, le partage du regnum ne prend pas en compte la répartition des provinces ecclésiastiques. Le clergé a calqué le mode de division du territoire de l'administration civile romaine, en découpant le territoire en provinces, subdivisées en diocèses, dont les limites correspondent à celles des cités romaines. Chaque diocèse est dirigé par un évêque. En plus de son autorité religieuse, avec l'affaiblissement de l'administration romaine, celui-ci étend son pouvoir aux domaines politiques et sociaux, faisant ainsi concurrence au pouvoir du comte qui est le représentant de l'autorité royale. Chez les Romains, les provinces regroupent plusieurs cités et sont dirigées par un gouverneur exerçant ses fonctions dans la cité du chef-lieu[52]. Ainsi, l'évêque dont le diocèse correspond au chef-lieu, est nommé évêque métropolitain, renommé archevêque au IXe siècle, et exerce la fonction de primat sur sa province et ses comprovinciaux suivant les règles établies par le premier concile de Nicée en 325 et le concile de Turin en 398. Conservant l'héritage des droits que leur conférait l'Empire romain, en tant que magister militum, les rois francs peuvent désigner les évêques[53], ceci à l'encontre du clergé, des notables, et du peuple qui doivent pouvoir choisir leur évêque[54]. Or, tous les diocèses du royaume de Soissons appartiennent à la cité provinciale de Reims, propriété de Sigebert. Les évêques du royaume de Soissons sont donc soumis à un évêque métropolitain subordonné à Sigebert[55].

La guerre entre Chilpéric et Sigebert (562-563)[modifier | modifier le code]

En 562, les Avars font des incursions en Austrasie. Sigebert Ier, qui transfère alors sa capitale de Reims à Metz, parvient à repousser les envahisseurs au-delà du Rhin, peut-être en Pannonie ou en Bavière[56]. Chilpéric profite de son absence pour enlever Reims et d’autres villes du royaume de Sigebert. Celui-ci contre-attaque, récupère les villes qui lui ont été prises et s'empare de Soissons. Thibert (ou Théodebert), fils de Chilpéric, est capturé et envoyé dans la villa de Ponthion[note 14]. Sigebert profite de sa domination sur Soissons pour terminer la construction de la basilique Saint-Médard[57]. Thibert est libéré au bout d'un an, avec comme condition qu'il prête serment de ne plus attaquer l'Austrasie. Il retourne alors auprès de son père avec des cadeaux[58].

Le partage du royaume de Caribert (567-568)[modifier | modifier le code]

À la mort de Caribert Ier, le , en l'absence d'héritier mâle, Gontran, Sigebert et Chilpéric se partagent son héritage. Le partage du royaume a lieu en 568[59]. Les modalités du partage sont inscrites dans un pacte dont chacun jure de respecter les termes sur les reliques des saints Polyeucte, Hilaire et Martin. Le lieu des pourparlers n'a pas été rapporté : peut-être est-ce Paris, capitale du défunt, ou bien une ville appartenant à Sigebert Ier dont le royaume abrite les églises Saint-Polyeucte de Metz[note 15], Saint-Hilaire de Poitiers et Saint-Martin de Tours[60].

Le territoire que Chilpéric reçoit est probablement contigu avec son royaume en s'étendant au nord-ouest de Paris.

Le partage de Paris[modifier | modifier le code]

La ville de Paris est maintenue dans l'indivision : ses revenus fiscaux sont partagés en trois et chaque roi jure de ne pas entrer dans la ville sans le consentement des deux autres[61]. Senlis est également indivise[59].

La civitas Parisiorum est divisée par la Seine et la Marne en trois parties à peu près équivalentes correspondant aux trois archidiaconés de l'ancien diocèse parisien. Chilpéric a dû recevoir le grand archidiaconé ou archidiaconé de Parisis, situé au nord sur la rive droite de la Marne et de la haute Seine[62], comprenant les domaines de Chelles et de Nogent-sur-Marne[63].

Acquisitions de Chilpéric[modifier | modifier le code]

Dans la province de Reims, toujours à Sigebert Ier, Chilpéric récupère Beauvais, mais Soissons reste sous la domination du roi de Metz.

Chilpéric obtient une grande partie de la province ecclésiastique de Rouen, les diocèses de Coutances, Bayeux, Lisieux, Évreux, mais pas ceux de Sées et d'Avranches. L'attribution de ces deux dernières cités reste discutée, car si Sigebert Ier les avait eues, elles étaient trop isolées pour ne pas passer sous l'influence de Chilpéric[64]. De plus, le traité d'Andelot, datant du 28 novembre 587, octroie Avranches à Childebert II sans préciser qu'elle appartenait à son père[59],[65],[66].

Dans la province de Tours, tandis que Tours est attribuée à Sigebert Ier[67], Chilpéric obtient les diocèses de Vannes, Nantes, Le Mans, Angers et Rennes. Il est possible que les territoires tenus par les Bretons aient été intégrés à sa part, mais le pouvoir des Francs y est très limité[68].

En Aquitaine, il reçoit les cités de Limoges et de Cahors dans la province de Bourges, métropole attribuée à Gontran. La métropole provinciale de Bordeaux lui revient, ainsi que la province d'Eauze, comprenant la métropole et les diocèses de Bazas, Dax, Oloron, Comminges, Auch et Lectoure. Il reçoit aussi les évêchés de Béarn (anciennement Lescar) et de Bigorre (anciennement Tarbes)[69]. La situation de la ville de Toulouse est incertaine; il est possible qu'elle ait appartenu à Gontran depuis 561[59].

Dans la province de Sens, le diocèse de Chartres est divisé en trois[66] ; Chilpéric reçoit Poissy et peut-être Dreux.

Une nouvelle dénomination[70] la Neustrie

Les nouvelles frontières du royaume de Chilpéric correspondent à ce que Jonas de Bobbio, au VIIe siècle, appellera la « Neustrie ou Neuster[71] »[72] (nouveau royaume de l'Ouest[73]), royaume qui se perpétuera au fil des partages du Regnum Francorum avec l'Austrasie et la Burgondie. La ville de Rouen ayant pu jouer un rôle politique[74], il est possible que Chilpéric y ait installé sa capitale, depuis la perte de Soissons. Par son extension, son royaume devient frontalier avec la Bretagne et le royaume wisigoth. Cependant, l'attribution des villes de Tours et Poitiers à Sigebert Ier, empêche le rattachement de ses possessions du nord avec celles du sud[75].

Le royaume des Francs en 567 après la division du royaume de Paris

Le mariage avec Galswinthe (568)[modifier | modifier le code]

Les motifs du mariage[modifier | modifier le code]

Vers 565, Sigebert épouse la fille du roi wisigoth Athanagild, la princesse Brunehilde. Ce rapprochement constitue une menace pour les possessions aquitaines de Chilpéric, contiguës au royaume wisigoth et aux possessions de Sigebert en Auvergne. Pour s'assurer de la neutralité du roi de Tolède, Chilpéric décide de se marier à son tour avec Galswinthe[75], sœur aînée de Brunehilde. Grégoire de Tours donne pour raison de ce mariage la jalousie suscitée par le prestigieux mariage de Sigebert[32], alors que ses frères ont « des femmes indignes d'eux et se (dégradent) même en épousant des servantes[76] ».

Chilpéric Ier et le(s) messager(s)
Grandes chroniques de France, XIVe-XVe siècle. BNF

En 568[77], une ambassade est envoyée auprès d’Athanagild. Celui-ci, sous l'influence de son épouse, la reine Goswinthe, qui n'apprécie pas les mœurs du roi de Neustrie, fait patienter les envoyés neustriens, leur faisant savoir qu'il se sent gêné[69]. Finalement, Athanagild accède à la demande de Chilpéric. Grâce à la possession de terres en Aquitaine[78], les Wisigoths sécurisent ainsi leur frontière septentrionale, et estiment que Chilpéric pourrait fournir une aide pour vaincre les révoltes basques dans les piémonts pyrénéens. De plus, les Wisigoths sont en guerre contre les Byzantins, l’alliance avec deux rois francs permet d'envisager l'ouverture d'un nouveau front contre Byzance si les Francs attaquent l’Italie.

Audovère répudiée
Albert Maignan

La répudiation d'Audovère[modifier | modifier le code]

Néanmoins, pour que le mariage ait lieu, Chilpéric se voit contraint de répudier son épouse de second rang Audovère, étant donné que les Wisigoths appliquent le droit romain en matière de mariage[79]. Audovère est peut-être reléguée dans la villa royale de Vaudreuil[80] ou dans un monastère au Mans[81].

Selon un passage du Liber Historiae Francorum, datant de 727, Audovère aurait tenu sa fille Childesinde sur les fonts baptismaux, devenant ainsi la marraine de sa propre fille et provoquant la rupture de son mariage[82]. Mais comme aucun document contemporain ne mentionne cette histoire, on peut mettre en doute son authenticité. La parenté spirituelle ne devient en effet contraignante vis-à-vis du mariage qu'à partir du concile byzantin In Trullo de 692. L'Église de Rome ne l'adopte qu'à partir du concile de Rome en 721. L'anecdote ne serait qu'une invention de l'auteur, destinée à faire comprendre une interdiction canonique encore toute récente. On peut aussi remarquer que "Childesinde" est un nom wisigoth, alors que les autres enfants d'Audovère ont reçu des noms d'origine franque[83].

Morgengabe et dot de Galswinthe[modifier | modifier le code]

Un morgengabe (« don du matin » : biens offerts par le mari à la mariée après la nuit de noces en échange du don de la virginité[84], l'union charnelle constitue le mariage dans les tribus germaniques, l'épouse se doit donc d'avoir conservé sa pureté afin d'assurer à l'époux que les enfants à naître sont les siens[85]), comprenant les cités de Bordeaux, Limoges, Cahors, Béarn et Bigorre[78], doit en plus être versé à Galswinthe, venant s'ajouter aux biens mobiliers et immobiliers habituels. Cela correspond environ à un tiers du royaume de Chilpéric, de plus la partie la plus riche du royaume. Si Chilpéric venait à mourir avant elle, Galswinthe pourrait revenir en Espagne avec son morgengabe et transmettre les villes à son père Athanagild ou à un éventuel nouvel époux. En cas de séparation, le roi de Neustrie perdrait tout[86].

Athanagild constitue alors à Galswinthe une dot (cadeau du père de la mariée accordé au mari[84]) en métal précieux[69], plus importante que celle apportée par Brunehilde à Sigebert. Dans les mariages francs, le fiancé fait un don au père de la fiancée (pretium nuptiale) afin d'obtenir l'autorité juridique et morale sur elle (mundium)[87]. L'épouse reçoit ensuite plusieurs dots : lors de la demande en mariage par le mari (ante nuptias) ; lors du mariage par son père (dot romaine). Le don important accordé à Galswinthe peut s'expliquer par l'union d'un morgengabe et d'une dot, Galswinthe ayant reçu des cités aquitaines « Tant à titre de dot que de morgengabe[59] ».

La venue de Galswinthe en Gaule[modifier | modifier le code]

Apprenant qu'elle est obligée de se marier, Galswinthe se réfugie auprès de sa mère. N'ayant jamais quitté le palais de Tolède, elle appréhende le moment des épousailles avec un roi dont la religion et les coutumes sont différentes des siennes[88]. Après trois jours d'attente, les ambassadeurs francs sont contraints de la réclamer. Goswinthe doit obliger Galswinthe à respecter le contrat de mariage[69].

Chilpéric profite de la venue de Galswinthe pour prendre possession symboliquement des territoires reçus lors du partage du royaume de Caribert. De Narbonne, en territoire wisigoth, Galswinthe voyage à travers l'Aquitaine, passant par Poitiers et par Tours, puis gagne Rouen par bateau[89]. Le cortège nuptial remplace le « circuit royal », tour du royaume que les Mérovingiens font pour se montrer à leurs sujets après leur accession au trône.

Chilpéric obtient de Galswinthe sa conversion au catholicisme. Avant le mariage, elle doit abjurer publiquement les thèses d'Arius, recevoir une chrismation et participer à un office catholique[90].

L'échec du mariage et la mort de Galswinthe[modifier | modifier le code]

Meurtre de la reine Galswinthe
Philastre Fils, XIXe siècle
Soissons, musée municipal

Plusieurs mois après le mariage, les relations entre les époux sont plutôt mauvaises. Galswinthe n’est toujours pas enceinte. Si elle mourait sans avoir eu d'enfants, Athanagild pourrait réclamer son morgengabe[86]. Par ailleurs, Chilpéric trahit son engagement en fréquentant ses anciennes concubines, notamment Frédégonde[32]. Galswinthe veut alors retourner en Hispanie, disant qu'elle ne peut supporter l'injure faite à son honneur, résolue à laisser sa dot à Chilpéric. Il tente d’apaiser Galswinthe mais les tensions conjugales sont connues jusqu’en Hispanie.

Athanagild meurt à la fin de 568[91], ce qui modifie profondément la situation. Chilpéric peut penser qu'en l'absence d'héritier ou de frère, il n'a pas à craindre de vengeance en relation avec ses problèmes conjugaux, ni de devoir céder, le cas échéant, le morgengabe[92]. Par ailleurs, la mort d'Athanagild ôte au mariage tout intérêt politique.

Quelque temps après, Galswinthe est assassinée, étranglée dans son lit par un serviteur de Chilpéric[32].

Chilpéric tente de masquer sa responsabilité en pleurant le décès de Galswinthe, puis après quelques jours de veuvage, il épouse Frédégonde[32]. Ce meurtre aurait permis à Léovigild, beau-père de Brunehilde et nouveau roi des Wisigoths, de réclamer le morgengabe, sinon il aurait pu exiger le paiement d'un wergeld « prix du sang » pour racheter le crime[93].

L'élégie de Fortunat[modifier | modifier le code]

Le roy Chilpéric, filz du roy Clotaire le premier. La royne Frédégonde, sa femme.
Jean du Tillet, recueil des rois de France. BNF

Après la mort de Galswinthe, Venance Fortunat compose un éloge funèbre, long de trois cent soixante-dix vers, destiné à la reine Goswinthe, veuve d’Athanagild, remariée avec le roi Léovigild. Cette élégie a souvent été célébrée comme le plus grand texte littéraire de l’époque mérovingienne. L’œuvre a probablement été commandée par Sigebert Ier, qui pouvait réclamer un wergeld pour le meurtre de sa belle-sœur et déclencher une faide (vengeance obligatoire d'après la coutume des Germains[94]) si Chilpéric refusait de payer, et par des Grands d'Austrasie, tels le comte Gogon ou le duc Loup de Champagne avec qui Fortunat est en contact au début des années 570[note 16], comme le laissent supposer les premiers vers du poème : « Tolède t’a envoyé deux tours, ô Gaule : si la première est debout, la seconde gît à terre, brisée. Elle se dressait sur les collines, splendide sur une belle cime, et des vents hostiles l’ont mise à bas et détruite[95] ».

Le poème aborde la douleur de l’enfantement, celle de perdre une fille qui se marie à l’étranger[96] et la mort de l’enfant aimé : « Le malheur fond sur elle, atteinte d’un coup foudroyant, elle défaille, son regard chavire, elle s’éteint. »[97]. Le cortège nuptial et les noces deviennent de tristes évènements où Cupidon vole au-dessus des époux, armé de flèches glacées[98]. Fortunat décrit la princesse comme généreuse avec les pauvres et aimée de tous, elle aurait reçu l’amitié de Radegonde[99] et les guerriers francs lui auraient juré serment de fidélité sur leurs armes[100]. Le poème insinue qu’il y a eu meurtre, en expliquant que la mort de Galswinthe met en pleurs la cour tout entière, sauf son mari, et que la nourrice de Galswinthe se pose la question de savoir comment repartir en Espagne pour en informer Goswinthe, laissant penser que la nourrice est prisonnière.

Fortunat décrit ensuite l’enterrement, qui se déroule au milieu des gémissements. Un miracle intervient, témoignage de la présence divine : une lampe suspendue au-dessus du tombeau serait tombée sans se briser[101]. Grégoire de Tours ajoutera dans son quatrième livre d'histoires, quelques années plus tard, que le luminaire s’enfonce dans le dallage comme dans de la cire[32].

Vient ensuite la douleur de Brunehilde :

« Partout où elle passe, elle frappe les astres de ses plaintes. Souvent, elle crie ton nom, Galswinthe, toi sa sœur. Les sources, les forêts, les fleuves, les champs le répètent. Tu te tais, Galswinthe ? Réponds à ta sœur comme lui répondent les objets muets : les pierres, les monts, les bois, les eaux, le ciel ! »

Brunehilde se sent coupable pour avoir aidé à attirer sa sœur en Gaule alors même que le mariage était nuisible aux intérêts austrasiens[102]. En s’adressant à Goswinthe par ces mots « Vous aussi, sa mère, par la grâce du Dieu tonnant, vous avez une consolation dans votre fille, votre gendre, votre petite-fille, votre petit-fils et votre mari. »[103], le poème sous-entend que, Galswinthe s’étant convertie au catholicisme, l’union de l’Austrasie et du royaume wisigoth permettrait de venger le meurtre[104].

Le début de la faide royale (568-575)[modifier | modifier le code]

La compensation de la mort de Galswinthe[modifier | modifier le code]

La mort de Galswinthe met en fait Chilpéric dans une position difficile, par rapport à Léovigild, successeur d'Athanagild, devenu l'époux de la mère de la victime, mais surtout par rapport à Sigebert, mari de la sœur de celle-ci. Sigebert demande l'aide de Gontran.

Pour trouver un accord à l'amiable, ils mettent en place un tribunal dans lequel Gontran, l'aîné, tient le rôle de juge. Des aristocrates austrasiens et burgondes sont nommés assesseurs[59]. Sigebert Ier dépose plainte au nom de Brunehilde. Gontran condamne Chilpéric et ordonne qu'il soit détrôné[32], rendant possible une guerre contre la Neustrie. Mais il est aussi décidé que, pour éviter cette guerre, Chilpéric paye une compensation, conformément au droit germanique (institution du wergeld) : en l'occurrence, le morgengabe de Galswinthe doit être transféré à Brunehilde (et, de facto, à Sigebert), les cités concernées devant ensuite être transmises par héritage à Childebert, fils nouveau-né de Brunehilde et de Sigebert[105]. Les demi-frères de Chilpéric ne veulent donc pas vraiment le détrôner, mais le chasser des territoires aquitains[106].

Mais Chilpéric ne tient finalement pas compte de ces décisions.

La guerre en Aquitaine (572-574)[modifier | modifier le code]

Au contraire, en 572, il lance une campagne afin de récupérer les cités de Tours et de Poitiers et d'assurer la continuité entre ses possessions aquitaines et celles du nord de la Loire. Il envoie son fils Clovis s'emparer de ces deux villes. À Tours, Clovis bénéficie du soutien du comte Leudaste, d'une partie de la population et du clergé[note 17]. Il prend également Poitiers et s'installe à Bordeaux.

L'armée de Sigebert, combinée avec des troupes de Gontran commandées par le patrice Mummol[107], attaque alors Chilpéric en Aquitaine et conquiert Limoges et le Quercy. Clovis est chassé de Bordeaux par une révolte fomentée par Sigebert et le duc Sigulf[108]. Il prend la fuite, selon Grégoire de Tours, "au son des cors et trompettes comme lors d’une chasse au cerf"[109] et se réfugie chez son père. Le comte Leudaste, qui s'est également enfui, est remplacé par le comte Justinus[110]. Bordeaux, partie du morgengabe, se retrouve donc en possession de la reine d'Austrasie.

Gontran, voyant l'équilibre du regnum francorum remis en cause, convoque un concile qui se réunit à Paris le 11 septembre 573[111], afin que l'Église trouve une solution au problème de la guerre entre les rois francs[109]. D'après les actes royaux, le concile ne réunit que les évêques de Burgondie et est présidé par Sapaudus d'Arles, qui a trahi Sigebert durant l'expédition austrasienne en Provence[réf. nécessaire]. Les prélats déclarent tout de même avoir reçu la permission de Sigebert pour se réunir à Paris qui reste une ville indivise[note 18]. Durant le concile, l’évêque Promotus, nommé par Sigebert au siège de Châteaudun, qui relève du diocèse de Chartres dont l’évêque est sujet du roi Gontran, est déposé après avoir été accusé d’usurpation. Le concile reproche aussi à Egidius de Reims, qui a été nommé par Sigebert, son ordination illégale. Grégoire de Tours, qui a lui aussi été nommé par Sigebert au mépris du droit canon, garde de la rancune contre Sapaudus d’Arles. Finalement, le concile débouche sur une proposition de paix, mais elle n'est pas mise en application[112].

En 574, Chilpéric lance une nouvelle offensive : il envoie Thibert récupérer les cités d’Aquitaine perdues, notamment Tours et Poitiers : la mission est menée à bien. L’armée austrasienne dirigée par le duc Gondovald tente de reprendre les cités, mais est battue. L’armée neustrienne progresse vers le sud pour occuper la cité de Limoges et le Quercy, qui sont ravagés. Les clercs et les structures chrétiennes régionales sont aussi atteintes[113], de façon à ne rien laisser aux Austrasiens, s'ils venaient à en reprendre le contrôle[114].

Sigebert fait alors venir de ses territoires d’outre-Rhin, encore non christianisés, des troupes qu’il lance contre l’armée neustrienne qui est défaite. En même temps, le royaume burgonde doit affronter les Lombards sur sa frontière orientale. Gontran, craignant une Austrasie trop forte, passe un accord avec Chilpéric, garantissant que les Austrasiens n’auront pas de droit de passage sur ses terres[115] même s’il ne peut guère défendre la Neustrie en cas d’attaque. Le pacte est annulé sous la pression de Sigebert qui menace Gontran de l'attaquer. Gontran recule et adopte alors une attitude de stricte neutralité. Chilpéric préfère négocier et un traité, datant de 574, stipule qu’il rend les cités d’Aquitaine. Ainsi s’installe une paix de compromis[116] grâce à laquelle Chilpéric sauve sa vie, Gontran ne perd rien et Sigebert obtient les terres de Galswinthe dévolues à Brunehilde.

575 : victoire et mort de Sigebert[modifier | modifier le code]

Siège de Tournai (575)
Guillaume Crétin, Chroniques françaises, XVIe siècle (après 1515). Rouen

En 575, Chilpéric renoue une alliance avec Gontran, puis lance une attaque vers l'est, atteignant Reims. Mais Sigebert contre-attaque et Gontran annule son serment envers Chilpéric. Les ducs austrasiens Godegisèle et Gontran Boson se dirigent vers Paris où les troupes neustriennes commandées par Thibert sont peu nombreuses. Le prince tente de résister à l’assaut, mais est tué dans la bataille[117]. Sigebert accorde des funérailles au jeune prince[118].

Dans cette situation, Chilpéric se replie et s’enferme dans Tournai. Sigebert prend le contrôle de Paris. Dans une lettre adressée par l'évêque Germain, le futur saint Germain, à Brunehilde, il l'informe avoir entendu dire qu'elle serait l’instigatrice de la guerre et lui signifie que la mise à sac de la ville l'empêcherait de se redresser. Le butin amassé lors du pillage rapporterait moins que les rentrées fiscales d’une ville annexée. Il ajoute que la région se réjouirait de l’accueillir si elle peut y trouver son salut plutôt que son anéantissement[119]. Ainsi, Sigebert voulut « abandonner la ville aux troupes ; mais son entourage lui interdit de le faire[120] ».

Les autres cités de Neustrie, à l'exception de Rouen, se rallient alors à Sigebert ainsi que les aristocrates du royaume, espérant sauver leur vie et leur fortune. Sigebert est reconnu comme roi de Neustrie. Sigebert décide de se débarrasser de Chilpéric en mettant le siège autour de Tournai. Le déséquilibre des forces donne la victoire à Sigebert.

Durant ce siège, Frédégonde accouche d’un garçon durant l'automne 575 ; sur l'ordre du roi, le nouveau-né est immédiatement baptisé, au lieu d’attendre Noël, première date canonique pour cette cérémonie. Il demande à l’évêque de Tournai d'être le parrain : ainsi, en cas de prise de la ville, il aurait l'obligation de protéger l’enfant, qui est nommé Samson[121]. Ce nom est choisi en référence à Samson dans la Bible : le nom peut faire allusion à la longue chevelure des rois francs. Mais aussi, si la mort de Chilpéric survient, l'enfant pourrait être tonsuré et envoyé dans un monastère[note 19], et en sortir si sa chevelure repousse[122].

Le rétablissement de Chilpéric[modifier | modifier le code]

Assassinat de Sigebert Ier
Roman de Renart le contrefait, XIVe siècle (après 1314). Nord

C'est à Vitry, près d'Arras, que Sigebert est "élevé sur le pavois" l’armée de Chilpéric et par les Grands de Neustrie qui ont abandonné leur roi. Sigebert est reconnu comme roi des Francs de l’ancien royaume de Childebert Ier.

Mais cette cérémonie est très vite suivie par l'assassinat de Sigebert, poignardé par des esclaves de Frédégonde à coup de scramasaxe, après qu'ils lui eurent demandé audience sous sa tente. Les deux assassins sont tués au cours de leur fuite, mais après avoir tué Charésille et blessé Sigila, tous deux chambellans du roi d'Austrasie.

Les aristocrates neustriens refont aussitôt allégeance à Chilpéric ; pour prouver leur fidélité, ils livrent des Grands austrasiens qui sont condamnés à mort. Chilpéric sort de Tournai, fait ensevelir Sigebert à Lambres, puis le transfère à l’abbaye Saint-Médard de Soissons, pour y être enterré auprès de Clotaire Ier.

Il se rend à Paris où se trouvent la reine Brunehilde, ses filles et son fils Childebert. Brunehilde est envoyée à Rouen et remise à l'évêque Prétextat, ses filles sont envoyées à Meaux. En revanche, le prince Childebert échappe à Chilpéric, le duc Gondovald l'ayant emmené à temps en Austrasie[123] où il est élevé sur le trône le jour de Noël 575, à l'âge de cinq ans[124]. Pour l'aristocratie austrasienne, il est en effet capital que le prince ne tombe pas entre les mains d'un autre mérovingien qui l'aurait tué ou envoyé dans un monastère : dans ce cas, le royaume aurait été partagé entre les autres rois mérovingiens, conformément à la loi salique. La présence d'un prince jeune leur permet de préserver l'autonomie du royaume, mais aussi de diriger l'État pendant la minorité du prince.

Le duc Loup de Champagne et le comte Gogon, celui-ci avec le titre de nourricier du roi, prennent le contrôle du royaume de Metz, avec une option pro-burgonde. Cela suscite le mécontentement de certains qui se rallient à la Neustrie, tels Godin, général de Sigebert, ou Siggo, référendaire d'Austrasie qui devient référendaire de Neustrie. Ils reçoivent des terres autour de Soissons, dont Chilpéric a repris le contrôle et où il réinstalle sa capitale[125].

La révolte de Mérovée (576-577)[modifier | modifier le code]

Au printemps 576, Chilpéric envoie le comte Roccolène conquérir Tours, où réside le duc Gontran Boson, meurtrier de son fils Thibert. Le duc se réfugie avec sa famille dans la basilique Saint-Martin de Tours. Chilpéric replace Leudaste à la tête du comté. Le comte Leudaste et l'évêque Grégoire, qui a été placé là par Sigebert Ier et Brunehilde, ne s'entendent guère[126].

Le mariage de Mérovée et Brunehilde[modifier | modifier le code]

Mérovée, le fils de Chilpéric, est alors envoyé à Poitiers, ville encore fidèle à Sigebert, mais il s'arrête à Tours où il passe les fêtes de Pâques. Il vient ensuite à Rouen pour rencontrer sa mère, la reine Audovère. Il y épouse Brunehilde avec la bénédiction de l'évêque Prétextat. La reine Frédégonde ayant donné un fils au roi de Soissons, Mérovée tente ainsi de se donner une légitimité pour hériter du trône d'Austrasie et se protéger de sa belle-mère Frédégonde, qui peut favoriser son fils Samson sur le trône neustrien. Cependant, Brunehilde étant la tante par alliance de Mérovée, le droit canon stipule que ce mariage est de type incestueux. Par sa bénédiction, l'évêque Prétextat bafoue le droit matrimonial et des soupçons d'usurpation planent sur lui[127]. Quant à Brunehilde, elle consent à ce mariage plutôt que d'être envoyée dans un monastère[128].

Chilpéric et Frédégonde à cheval
Grandes chroniques de France, 1375-1379. Bibliothèque Municipale de Castres

Le roi vient alors à Rouen où le couple s'est réfugié, au nom du droit d'asile, dans une église en bois dédiée à Saint Martin, située en haut des murailles. Arrivé sur les lieux, Chilpéric jure de ne pas séparer Mérovée et Brunehilde et de leur offrir les gestes de la paix : un baiser échangé et un repas partagé. Le roi quitte ensuite Rouen avec Mérovée, trahissant sa promesse, laissant seule Brunehilde[129].

La destitution de Mérovée[modifier | modifier le code]

Retournant dans ses États, il s'aperçoit que des Champenois, peut-être dirigés par le duc Loup, ont attaqué Soissons que la famille royale neustrienne a dû évacuer en hâte. La ville est reprise[125]. Le duc Loup, proche de Brunehilde, a pu recevoir des ordres depuis Rouen et le roi devient soupçonneux. Aussi, Mérovée est dépossédé de ses armes, ce qui lui fait perdre son rang d'homme libre et tout droit de succession.

Le prince Clovis est chargé de reconquérir les anciennes possessions neustriennes au sud de la Loire[130]. Chilpéric s'entoure de nouvelles personnalités, dont Rauching, qui est peut-être un fils non reconnu de Clotaire Ier, et qu'il fait duc de Soissons[125]. Frédégonde devient conseillère.

À l'été ou l'automne 576, Mérovée est tonsuré, ordonné prêtre et enfermé dans le monastère de Saint-Calais, près du Mans[131]. Brunehilde et ses filles sont renvoyées en Austrasie. Elles laissent toutefois une partie du trésor, composé de cinq paquets d'or, de bijoux et de tissus précieux que la reine revient chercher dans les mois suivants, grâce à des groupes de serviteurs[132].

L'évasion du prince et le concile de Paris (577)[modifier | modifier le code]

Concile de Paris (577)
Guillaume Crétin, Chroniques françaises, XVIe siècle (après 1515). Rouen

Avec l'aide de compagnons, Mérovée s'évade de son monastère et rejoint Gontran Boson à Saint-Martin de Tours. Peut-être qu'il souhaite surtout rejoindre Grégoire de Tours, qui a la possibilité de lui porter secours, bien que l'évêque refuse de se compromettre avec un rebelle afin de garantir sa fidélité à Chilpéric. Mérovée passe des jours dans la basilique en prières et en médisance envers son père en compagnie de l'évêque Grégoire, pendant que ses compagnons sortent pour détrousser les fidèles du roi dont la principale victime est le comte Leudaste, dont le domaine est méthodiquement pillé. La chevelure du prince repousse et Leudaste réussit à éradiquer les pillards. Une rumeur circule disant que Frédégonde est prête à pardonner à Gontran Boson s'il fait sortir Mérovée de la basilique Saint-Martin.

Mérovée, accompagné de Gontran Boson et de cinq cents hommes, tente alors de rejoindre Brunehilde par le territoire burgonde. Il est arrêté par le duc Herpo, à Auxerre mais il réussit à s'enfuir alors que Chilpéric demande son extradition. Arrivé en Austrasie, Mérovée est rejeté, par Brunehilde, qui le considère maintenant comme gênant, et par les Grands qui ne souhaitent pas d'ennuis avec le royaume de Soissons et qui ne veulent pas lui laisser la possibilité de revendiquer le trône[133].

Le prince se réfugie dans les environs de Reims grâce au soutien du duc Loup. D'anciens officiers de Sigebert Ier se rallient à sa cause, comme le comte du palais Cuicilo.

Le royaume des Francs en 577.png

Pour éviter de se faire renverser un jour par son fils, Chilpéric se débarrasse de ses partisans. En 577, un concile judiciaire est réuni à Paris pour juger l'évêque Prétextat. Quarante-cinq évêques y assistent, ce qui laisse penser que le royaume de Soissons englobe les cités de Meaux, Poitiers, Tours, Senlis, Soissons, Laon, Clermont, Velay, Javols et Rodez[134]. Prétextat est accusé d'avoir autorisé une union incestueuse, d'avoir soutenu un usurpateur et d'avoir utilisé une partie du trésor de Brunehilde pour corrompre les fidèles du roi. Afin d'obtenir son pardon, Prétextat plaide coupable ; il est envoyé en prison, puis exilé dans l'île de Jersey. Il est remplacé par l'évêque Melaine[135]. Suspecté de complaisance avec Mérovée, Grégoire de Tours est accusé de félonie. Grégoire nie l'accusation puis partage un repas avec le roi en guise de réconciliation[136].

La mort de Mérovée[modifier | modifier le code]

Une armée est envoyée en Champagne avec pour mission de capturer Mérovée mais cette expédition se solde par un échec.

À la fin de l'année 577, des messagers annoncent au prince que la ville de Thérouanne s'est ralliée à lui. Il réunit alors une troupe et part rejoindre la ville. Mais il y est attendu par des hommes du roi. Pris au piège, craignant d'être capturé et de subir le châtiment des usurpateurs, le prince aurait demandé à un de ses compagnons, Gaïlen, de lui faire grâce au nom de l'amitié, des tourments qu'il pourrait subir, et qu'il lui porte un coup fatal à l'aide de son couteau[132]. Ce suicide paraît peu probable, dans la mesure où au VIe siècle, cette pratique tend à se réduire du fait de son interdiction par l'Église catholique, bien que la littérature antique évoque nombre de cas où des personnes de haut rang sont acculés à la mort à cause d'un tyran[note 20]. Grégoire de Tours note que le suicide de Mérovée est peut-être un mensonge d'État, que sa mort aurait été commanditée par Frédégonde[132].

Arrivé sur les lieux, Chilpéric ne peut que constater la mort de son fils. Il fait alors châtier ses compagnons : Gaïlen a les mains, les pieds, les oreilles et le dessus des narines coupé avant d'être mis à mort. Un dénommé Grindion est roué, Cuicilo est décapité. Les autres compagnons sont également exécutés.

Gontran Boson, qui n'a pas pris part à la marche sur Thérouanne, est suspecté d'être à l'origine de la trahison de Mérovée[132], ainsi que l'évêque de Reims Egidius. Venu chercher ses filles à l’abri dans la basilique Saint-Martin de Tours, il est pourchassé par l’armée neustrienne et se réfugie à Poitiers, ville restée fidèle à l’Austrasie. Chilpéric fait assiéger et capturer la ville. Le duc laisse ses filles dans la basilique Saint-Hilaire et rejoint la cour de Childebert II[137].

C'est à cette époque, en 577, deux ans après sa naissance, que son fils Samson meurt de maladie[138].

Les années de paix (577-580)[modifier | modifier le code]

Le renforcement de l'autorité royale[modifier | modifier le code]

Les années suivantes, Chilpéric lève une armée dans les cités au sud de la Loire pour attaquer les Bretons[139].

Il perçoit également de lourds impôts[140] dans les cités aquitaines qui n’en payent plus du fait des changements constants de souveraineté. Il utilise ces richesses pour faire fabriquer un missorium (grand disque de métal) en or incrusté de pierres précieuses et pesant 50 livres[141], ce qui lui permet d’afficher sa puissance auprès d’ambassades étrangères[réf. nécessaire]. D'une façon générale, il a une politique de renforcement de la fiscalité conforme à la pratique romaine, mais qui est mal acceptée par la tradition germanique.

Chilpéric doit en outre mater une aristocratie qui a tendance à se révolter, face à la précarité d’existence de la dynastie neustrienne. Il ordonne que l’on coupe les mains et les pieds à plusieurs personnes coupables de crime de lèse-majesté à titre d’exemple. Les coupables sont ensuite exposés aux carrefours des grandes routes[note 21], la loi salique interdisant qu’on les achève[142].

Le conflit entre Chilpéric et Grégoire de Tours (580)[modifier | modifier le code]

Grégoire de Tours, devenu évêque vers 573 grâce à l'appui de Sigebert Ier et Brunehilde, est dans une position assez difficile sous la domination de Chilpéric dans la mesure où il est aussi en butte à l'inimitié d'une partie de son clergé.

Il réussit cependant à devenir l’ami d'un grand officier palatin, Ansoald, proche de Frédégonde. Il obtient même la destitution de son ennemi personnel, le comte Leudaste[143], qui est remplacé par Eunomius. Leudaste se rend alors auprès du roi, affirmant que l’évêque de Tours veut livrer la ville à l’Austrasie et qu’il propage une rumeur selon laquelle la reine Frédégonde aurait commis un adultère avec l’évêque Bertrand de Bordeaux[144], lointain parent de Chilpéric[145]. Par peur que le doute n’atteigne la légitimité de ses fils, Chilpéric ordonne une enquête sur l’origine de la rumeur. Des clercs profitent de la situation pour déstabiliser leur évêque avec le soutien de l'évêque de Nantes, Félix, adversaire de Grégoire[146].

Chilpéric décide alors de faire juger Grégoire et convoque un concile qui a lieu dans le palais royal de Berny (villa Brennacum), au mois de septembre 580[147]. L’accusateur est l'évêque Bertrand de Bordeaux. Grégoire cherche des soutiens auprès de la princesse Rigonde, ainsi que de grands officiers palatins, tel que le chambrier Eberulf[148] et peut-être auprès du référendaire Faramod[note 22].

Le jour du procès, Grégoire vient en compagnie de Venance Fortunat, évêque de Poitiers, qui souhaite se mettre au service de Chilpéric en échange d'un pardon accordé à l'évêque. Un éloge panégyrique célébrant le roi[26] est récité devant le concile, faisant de Chilpéric le fils préféré de Clotaire Ier[149]. Ce panégyrique présente l’assassinat de Sigebert Ier comme un châtiment divin frappant celui qui a attaqué un bon roi, et la mort de son fils Mérovée, « rebelle en arme[150] », est interprétée comme ayant permis de prévenir une guerre civile. Fortunat évoque aussi très favorablement les œuvres de Chilpéric (un traité de théologie, des hymnes dédiés à saint Médard)[151],[note 23]. La suite fait l’éloge de la reine : fidèle, généreuse, prudente, bonne administratrice. La reine Radegonde est citée comme témoin de sa probité, les « mœurs de la reine étant les parures du royaume[152] ». Le poète recommande enfin au roi : « Domptez les méchants, protégez avec amour ceux qui vous sont fidèles, soyez aussi pour les catholiques la tête de la religion[153] ».

Grégoire de Tours est finalement innocenté en échange d’un serment purgatoire, le comte Leudaste est accusé de calomnie envers l’évêque. Sa destitution est confirmée et il est contraint de quitter le royaume.

Selon Grégoire de Tours, à la suite du jugement, la Gaule est frappée par une série de cataclysmes : un tremblement de terre dévaste Bordeaux, des pluies diluviennes font déborder la Loire, un incendie se propage à Orléans et la grêle ruine Bourges[154], qui cependant épargnent miraculeusement l’Austrasie. La Gaule est aussi ravagée par une épidémie de dysenterie.

L'élimination des enfants d'Audovère[modifier | modifier le code]

Mort de Clodebert à Soissons
Albert Maignan, Vieilles Histoires de La Patrie, 1887

À Paris, les jeunes princes Chlodobert et Dagobert, fils de Frédégonde, sont atteints par la maladie. Frédégonde tente d'obtenir leur guérison par différents moyens, notamment en brûlant des registres d'impôts, considérés en quelque sorte comme responsables de la colère de Dieu. Dagobert est emporté le premier par la maladie et enseveli dans la basilique Saint-Denis. Chlodobert est emmené à la basilique Saint-Médard de Soissons, où des prières sont adressées au saint, mais il meurt aussi et est enseveli dans la basilique des saints Crépin et Crépinien de Soissons[155],[156].

Clovis, le dernier fils d’Audovère, en se vantant d’être devenu l’unique héritier du trône, insulte Frédégonde et lui fait comprendre qu’elle aurait à subir sa vengeance, une fois qu'il serait monté sur le trône. Frédégonde se persuade alors que la mort de ses fils est due à un maléfice que Clovis a demandé à la mère d’une de ses servantes dont il est tombé amoureux. La servante est battue et ses cheveux coupés, suspendus à un pieu devant le logis du prince. La mère est torturée et contrainte de confirmer les soupçons qui pèsent sur elle. La reine accuse alors Clovis de haute trahison auprès du roi. Clovis est arrêté et désarmé lors d’une partie de chasse. Il est conduit garrotté auprès de la reine et l'on tente de lui faire reconnaître le complot et avouer les noms de ses supposés complices, ce qu’il réfuse. Trois jours après, la reine le fait conduire dans une maison appelée Nogent de l’autre côté de la Marne où il est poignardé[147]. Des messagers annoncent au roi que le prince s’est suicidé.

Ce n'est qu'après la mort de Chilpéric que Clovis, ainsi que son frère Mérovée, recevront une véritable sépulture grâce à leur oncle Gontran. On retrouvera dans la Marne une dépouille aux cheveux longs, présentée comme étant celle de Clovis. Les corps de Mérovée et de Clovis seront alors transportés dans l'église Saint-Vincent de Paris[157] (par la suite abbaye de Saint-Germain-des-Prés).

Après la mort de Clovis, Frédégonde fait aussi assassiner[réf. nécessaire] Audovère. Basine, dernière fille d’Audovère, est quant à elle violée[réf. nécessaire] par les serviteurs de la reine, ce qui la rend inapte au mariage, puis cloîtrée au monastère Sainte-Croix de Poitiers, auprès de Radegonde et des filles de Caribert Ier[158].

Ces crimes l'empêchant désormais de nouer des relations diplomatiques faute de filles à marier, le roi regrette de les avoir tolérés. Venance Fortunat offre alors à la cour deux poèmes considérés comme épitaphes, en mémoire des deux princes[159]. Afin d’être définitivement pardonné, Grégoire de Tours accrédite la thèse du meurtre, même si cela n’apparaît pas dans ses histoires rédigées des années plus tard : une lettre de consolation rédigée par Venance Fortunat est envoyée au couple royal insinuant que Clovis est l'instigateur des meurtres : « Abel, le premier, succomba frappé d’une blessure lamentable et la houe déchire les membres d’un frère[160]. ». Il décrit les deux enfants arrivés au paradis habillés d’une « chlamyde palmée tissée d’or éclatant et leur front porte un diadème aux pierres précieuses diverses[161] », tenue représentant les souverains, mais aussi les martyrs glorifiés[162]. Grégoire de Tours rend ensuite visite au roi et à la reine à Nogent-sur-Marne en 581, où il leur remet un autre poème consolatoire de Venance Fortunat[163].

Le rapprochement avec l'Austrasie (581-583)[modifier | modifier le code]

Le changement de gouvernement en Austrasie (581)[modifier | modifier le code]

Apogée du royaume de Chilpéric

En 581, survient la mort du régent d'Austrasie Gogon (la chronique de Frédégaire affirme qu'il aurait été assassiné par Brunehilde[164], mais son épitaphe dément tout assassinat[note 24]) qui amène un changement de gouvernement. Le nouveau gouvernement est dominé par un parti pro-neustrien comprenant les aristocrates Ursio et Berthefred et l'évêque Egidius de Reims. Le poste de nourricier est attribué à un dénommé Wandalenus. Le duc Loup et du recteur Dynamius se réfugient en Burgondie.

L'alliance entre l'Austrasie et le royaume de Soissons[modifier | modifier le code]

L'Austrasie se rapproche alors du royaume de Soissons[165]. La disparition des fils de Chilpéric donne en effet à Childebert II, successeur de Sigebert, la possibilité de se retrouver héritier de deux teilreich. Egidius négocie un pacte avec Chilpéric : Childebert II devient légataire de tous les biens lui appartenant[166].

Ce changement diplomatique suscite des différends entre Austrasiens et Burgondes. Chilpéric en profite pour agrandir ses domaines aquitains en s'emparant de Saintes, Angoulême, Périgueux et Agen, cités sous domination burgonde. L'année suivante, Gontran reconnaît les conquêtes de Chilpéric afin de négocier une paix avec lui[167],[138].

En 582, des ambassadeurs sont envoyés en Hispanie, en vue de marier Rigonde, fille de Chilpéric, à Recarède[168], second fils de Léovigild, désigné comme héritier de la couronne wisigothique[169].

Frédégonde met alors au monde un fils. Chilpéric vient à Paris le 17 avril 583, malgré l'indivision décidée depuis 561. Le lendemain, jour de Pâques, l'enfant, nommé Thierry, est baptisé par l'évêque Ragnemod au milieu d'une foule en joie[170]. Egidius et son entourage se rendent aussitôt à Paris pour vérifier si leur alliance est toujours valide[note 25]. Chilpéric la confirme et accuse Gontran d'avoir commandité l'assassinat de Sigebert Ier. Egidius et Chilpéric décident d'attaquer le royaume burgonde et de soumettre toutes les cités à l'autorité du roi de Soissons[171].

L'échec de la campagne de 583 contre la Burgondie[modifier | modifier le code]

Invasion du royaume d'Orléans en 583.svg

Au printemps[172] ou à l'été 583, les troupes de Chilpéric attaquent par le nord. Elles s'emparent de Melun puis se dirigent vers Orléans. Egidius, accompagné par plusieurs ducs austrasiens, arrive par le nord-est depuis Reims, mais avec un retard dont le motif est peut-être le moindre intérêt de l'alliance avec Soissons, étant donné que l'existence du prince Thierry empêche l'Austrasie d'hériter des territoires de Chilpéric[173].

Au sud, le duc de Toulouse Didier commande les troupes venues d'Aquitaine, auxquelles sont jointes les troupes du duc Bladaste venues de Novempopulanie. Elles pénètrent dans le Berry où elles affrontent celles de Gontran près de la ville forte de Châteaumeillant (Mediolanense castrum). La bataille qui en résulte tourne au massacre. Les envahisseurs en sortent victorieux. Ils s'unissent avec les troupes du duc Berulfus venues de Tours. Ils s'emparent de la place forte d'Argenton (Argentomagus) et continuent leur chemin en incendiant et pillant tout sur leur passage. Puis ils établissent le siège de Bourges.

De son côté, Gontran marche vers le nord ; une bataille a lieu entre Étampes et Orléans[174] dont Gontran sort vainqueur (il « massacra la plus grande partie de son frère germain »). Le lendemain, une paix est conclue par échange d'ambassadeurs, mais les envahisseurs doivent payer des réparations. Chilpéric abandonne son butin et libère les prisonniers. Les ducs Berulfus, Bladaste et Didier sont contraints de lever le siège de Bourges. En repartant, Didier et Bladaste saccagent la Touraine avec une virulence égale à celle exercée à l'aller. Au nord, le comte de Rouen ne cesse pas les hostilités malgré les ordres et Chilpéric en est réduit à le tuer lui-même[175].

L'année 584[modifier | modifier le code]

La mort du prince Thierry[modifier | modifier le code]

Dans les premiers mois de l'année 584, le prince Thierry meurt de dysenterie[176].

Chilpéric hésite alors à donner sa fille Rigonde, promise aux Wisigoths. Demeurant le dernier enfant en vie qu'il ait eu de Frédégonde, elle conserve des droits sur son royaume. Il essaie alors d'échanger Rigonde avec Basine[réf. nécessaire], cloîtrée au monastère Sainte-Croix de Poitiers, mais celle-ci refuse, influencée par Radegonde[note 26] qui l'oblige à respecter ses vœux monastiques[176].

Affaibli politiquement, Chilpéric quitte Paris pour s'établir à Cambrai où il installe son trésor. Par crainte d'une attaque combinée des armées austrasiennes et burgondes, il ordonne la réparation des murailles de ses cités[177].

La naissance de Clotaire[modifier | modifier le code]

Au printemps de l'année 584, Frédégonde met de nouveau un fils au monde. Par prudence, Chilpéric ordonne d'élever l'enfant en secret dans la villa royale de Vitry pour le protéger d'assassins éventuels, dont on pense que ses frères ont été victimes. En cas de décès, sa disparition passerait inaperçue et éviterait de dévoiler une vacance de succession qui permettrait à des opportunistes de se saisir de l'occasion pour engendrer un conflit. Le nouveau-né ne reçoit pas de nom afin de garantir un anonymat qui n'inquiète personne. L'enfant ne reçoit pas de baptême immédiatement, car le roi surveille l'évolution du Regnum Francorum avant de choisir un parrain[178].

Puis il réinstalle sa capitale à Paris, après que Brunehilde a envoyé des troupes en Italie[réf. nécessaire].

Le départ pour Tolède de la princesse Rigonde[modifier | modifier le code]

Il informe les ambassadeurs wisigoths qu'il accepte de marier Rigonde, dont le départ pour l'Espagne a lieu en septembre. Elle emporte une dot considérable, nécessitant une cinquantaine de chariots[179] remplis de bijoux, métaux précieux, vêtements, chevaux et esclaves. Brunehilde envoie une ambassade à Chilpéric pour l'empêcher de prélever des biens dans les cités aquitaines pour constituer la dot. Elle considère Tours et Poitiers comme un héritage de Sigebert Ier revenant à Childebert II. Un des ambassadeurs est tué, mais comme Chilpéric tient à maintenir la paix avec sa belle-sœur, il accepte de ne pas faire participer ces cités à la constitution de la dot[179]. Les richesses sont si importantes que des Grands s'inquiètent et cherchent à savoir si le trésor royal n'est pas vide. Frédégonde leur assure que les biens donnés à Rigonde proviennent de sa fortune personnelle.

L'assassinat de Chilpéric (septembre 584)[modifier | modifier le code]

Assassinat de Chilpéric Ier
Roman de Renart le contrefait. XIVe siècle (après 1314). Nord

Entre le 20 et le 28 septembre 584[3], peu après le départ de sa fille, Chilpéric est à son tour assassiné près de sa villa de Chelles après une partie de chasse. À la tombée de la nuit, alors qu'un de ses serviteurs l'aide à descendre de cheval, un homme nommé Falco[180],[181] le poignarde d'un coup sous l'aisselle puis dans le ventre[151]. L'assassin réussit à s'enfuir et n'est pas retrouvé.

La pierre de Chilpéric (ou croix de Sainte-Bautheur ou borne de Chilpéric) située dans le parc du souvenir Émile-Fouchard à Chelles symbolise cet évènement.

Les différentes versions de l'origine de l'assassinat

Dans son récit, Grégoire de Tours[151] n'évoque pas la question de l'origine de l'assassinat, préférant insister sur les aspects négatifs de la mémoire du roi[182]. La chronique de Frédégaire en revanche désigne la reine Brunehilde comme commanditaire du crime[180]. Celle-ci aurait pu payer un assassin par l'intermédiaire de l'ambassade envoyée quelques mois avant.

Un texte plus tardif, le Liber Historiae Francorum, accuse Frédégonde[183]. La raison serait qu'elle aurait trompé Chilpéric avec le maire du palais Landéric (Landericus) que Grégoire de Tours ne mentionne pas. Cette version n'est pas crédible, car la mort du roi fait perdre à Frédégonde son mundium[184], privant la reine de soutiens et la mettant à la merci de ses rivaux. De plus, il y a bien eu un maire du palais nommé Landéric, mentionné au VIIe siècle[185], mais il est en fonction sous le règne de Clotaire II à partir de 603[186].

Une autre version[Laquelle ?] veut que Gontran en soit le commanditaire. Or, la mort de Chilpéric vient mettre à mal la politique que mène Gontran. Celui-ci s'est toujours arrangé pour mener une politique d'équilibre, avantageant l'un, puis l'autre, en fonction des enjeux, dans le but de contrer une Austrasie trop forte.

Mort de Chilpéric
Évariste-Vital Luminais, XIXe siècle
Hôtel de ville de Lyon, salon Louis XIII

Les funérailles[modifier | modifier le code]

C'est l'évêque de Senlis, Mallulf, présent en vue d'une audience avec Chilpéric, qui lave son corps et le revêt de ses plus beaux vêtements. Sa dépouille est ensuite placée sur un bateau qui descend la Marne, puis la Seine pour être conduite à Paris.

Prise de peur, Frédégonde se réfugie dans la cathédrale de Paris et n'assiste pas à l'enterrement de son mari, elle n'ose même pas traverser la Seine pour suivre le convoi funèbre[187].

Chilpéric est enterré auprès de Childebert Ier dans l'église Saint-Vincent-Sainte-Croix (plus tard nommée Saint-Germain-des-Prés[188]. Son corps a dû être allongé sur le dos dans un sarcophage de pierre ou de plâtre, les avant-bras allongés le long du corps, ou bien croisés sur la poitrine. Sa tenue doit être la plus belle qu'il possède et il doit être revêtu de ses bijoux ainsi que de ses armes d'apparat. Le sarcophage est ensuite descendu dans une fosse, la tête tournée vers l'ouest. Un monument commémoratif est ensuite élevé, peut-être orné d'une épitaphe[3],[189]. Sa pierre tombale porte l'inscription « Rex Chilpericus hoc tegitur lapide » (« Sous

Sépulture de Chilpéric Ier

cette pierre repose le roi Chilpéric »)[190].

Vers 1163, pour orner son cénotaphe, l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés fait sculpter un gisant de Chilpéric surélevé par des colonnettes, le représentant couché sur le dos tenant un sceptre dans la main droite et portant la main gauche à sa barbe. L'emplacement exact de son sarcophage n'étant pas connu, le cénotaphe reste vide. En 1656, le gisant est déplacé du chœur aux piliers septentrionaux du carré de transept, pour cause de travaux. En 1791, un décret de l'Assemblée Constituante daté du 4 février dissout la communauté religieuse de Saint-Germain-des-Prés pour faire du monastère une église paroissiale. Les gisants de Chilpéric, Childéric II et Frédégonde sont détruits dans la nuit du 27 au 28 mars, pour faire de la place et installer des chaises[191]. Il existe plusieurs reproductions de ce gisant[192] notamment sur le manuscrit du Recueil des rois de France daté de 1566, réalisé par Jean du Tillet.

Suites de la mort de Chilpéric[modifier | modifier le code]

Lorsque la nouvelle de la mort se propage dans le royaume, Gontran pleure sa mort, ce qui est apprécié[193]. Grégoire de Tours ne dit rien, en revanche, sur la réaction de Brunehilde[187].

Un certain désordre a lieu dans le royaume. Une des victimes est Rigonde, dont le convoi est pillé[179], mettant fin au projet de mariage.

Frédégonde réussit à obtenir le soutien de Gontran, qui récupère au passage le royaume de Paris. Le fils de Chilpéric est reconnu lors d'une assemblée de Grands de Neustrie ; il est alors baptisé et reçoit le nom de Clotaire[194], devenant roi à 4 mois, sous la tutelle de sa mère Frédégonde et la protection de Gontran.

Mariages et descendance[modifier | modifier le code]

Chilpéric a d’abord épousé vers 549 Audovère († assassinée en 580) qui donne naissance à :

  • Thibert ou Théodebert (v.552 † 573), fils aîné[109], vaincu et tué par les ducs Godegisel et Gontran Boson alors qu’il dévaste la Touraine, possession de son oncle Sigebert Ier ;
  • Mérovée, né entre 553 et 556[note 27] († 577), marié à Brunehilde (veuve de Sigebert Ier), sa tante par alliance, et tonsuré, aurait été assassiné ou se serait suicidé par crainte de son père ;
  • Basine, née entre 555 environ et 564[195], violée par les hommes de Frédégonde après la mort de Clovis, puis religieuse à l’abbaye Sainte-Croix de Poitiers ;
  • Clovis (553/557 † 580)[note 28], assassiné sur l’ordre de Frédégonde ;
  • Childesinde[82], dont l’existence est sujette à caution, car elle n’est pas citée par Grégoire de Tours, mais seulement par le Liber Historiae Francorum, un siècle et demi plus tard.

En 568, Chilpéric se remarie avec Galswinthe, fille d’Athanagild, roi des Wisigoths, et sœur de Brunehilde (également nommé Brunehaut à partir du XIIIe siècle[196]). Elle entre rapidement en conflit avec son mari à propos de la liaison qu’il entretient avec Frédégonde, réclame son retour en Hispanie et est retrouvée étranglée dans son lit.

En troisièmes noces, Chilpéric épouse Frédégonde († 597), probablement issue d’un milieu peu élevé, comme le suggère Grégoire de Tours. De ce mariage sont nés :

  • Clodebert né vers 565/570, mort de dysenterie en même temps que son frère Dagobert en 580 ;
  • Rigonde (v. 569 † 589), fiancée au prince wisigoth Reccared. Lorsque le convoi qui l’emmène en Hispanie apprend la mort de son père, son escorte pille les richesses du convoi et l’abandonne. Elle se réfugie dans le palais de sa mère et mène une vie de débauche ;
  • Samson, né en 575, mort de dysenterie en 577 ;
  • Dagobert, né en 580, il meurt de dysenterie en même temps que son frère Clodebert en 580 ;
  • Thierry ou Théodoric, né en 582, mort de dysenterie en 584 ;
  • Clotaire II (584 † 629), roi de Neustrie, puis de tous les Francs.

Aspects généraux du règne de Chilpéric[modifier | modifier le code]

La justice[modifier | modifier le code]

Les rois mérovingiens considérant que le royaume est leur propriété[197], règnent sans partage et ne reconnaissent pas l'existence de biens ou de services publics qui sont pris en charge par les comtes et les évêques. Un maire du palais (major domus, devenu majordome[198]), Badegisèle[199], est le supérieur de tous les fonctionnaires royaux ainsi que des Grands et des commis et a pour fonction leur coordination[200]. Les décisions prises n'émanent que du roi qui ne rend de comptes à personne. Cependant, Chilpéric prend conseil auprès d'« hommes de bien[167] », notamment lors du conflit qui l'oppose à Gontran, d'évêques[201],[202] ou de son épouse Frédégonde.
Divers témoignages émanant de Grégoire de Tours nous permettent de nous forger une opinion sur ses jugements que Venance Fortunat juge intègres, mesurés, désintéressés[203]. Il cite notamment une profanation perpétrée par des Grands, en 579, qui se sont entretués dans la basilique Saint-Denis. Le roi décide de laisser l'évêque de Paris les juger[204]. Il épargne de la peine de mort, en 580, l'archidiacre de Tours Platon et Galien, ami de Grégoire[201]. En 581, suivant la demande de Grégoire de Tours, il laisse la vie sauve à des voleurs qui ont pillé la basilique Saint-Martin de Tours et remet les biens volés aux clercs de la basilique[205]. En 582, un juif nommé Pathir converti au christianisme, que Chilpéric a parrainé, est renvoyé en Burgondie, sa province d'origine, tandis que ses esclaves sont condamnés à mort, pour avoir assassiné un autre juif nommé Priscus qui refusait de se convertir[206]. En 582, l'évêque Carterius de Périgeux et le diacre Fronton sont pardonnés pour avoir insulté le roi dans une lettre[138]. On constate aussi que le roi ne spolie pas automatiquement autrui : à la mort du comte Nonnichius en 582, le roi distribue ses biens à diverses personnes. Après la trahison de Godin, ses villae lui sont reprises pour être données à la basilique Saint-Médard[125]. En 577, après avoir remplacé le comte Ennodius mis en place par Childebert II, il lui confisque ses biens et les lui rend un an après[137]. Le seul cas où Chilpéric confisque des biens est celui où les frères Burgolène et Dodon sont exécutés pour crime de lèse-majesté, crime pour lequel la loi préconise la mort et la confiscation des biens des coupables[207].

La fiscalité[modifier | modifier le code]

Depuis la chute de l'Empire romain d'Occident, les impôts indirects tels que les taxes, comme le tonlieu (teloneum : bureau des percepteurs d'impôts, déformé en teloneus) prélevé sur les transports de marchandises par les douanes; le « prix de la paix » (fredus), correspondant au tiers des contributions payées par des condamnés au trésor public (wergeld)[208] ; les droits de passage pour les marchandises franchissant les ponts, routes, cours d'eau, ports, ou celles exposées sur les marchés, et aussi les amendes publiques, restent d'actualité. Les impôts directs se sont réduits au nombre de deux : la capitatio humana (impôt payé par tête) et la capitatio terrana (impôt foncier). Ces impôts ne servant pas au fonctionnement de l'État, les agents du pouvoir ne reçoivent pas de traitement, mais vivent de la production des terres qui leur sont octroyées et se rémunèrent sur les contraventions. L'État ne finance plus d'armée de métier ni d'atelier de fabrication d'armes, les routes et les remparts sont financés par les localités. Les services publics n'étant plus assurés, les impôts sont perçus comme de l'extorsion[209]. Cependant, le système de transport rapide du courrier et des voyageurs, le cursus publicus, fonctionne encore. Le pouvoir public a pour charge de fournir des esclaves publics pour conduire les chars ou transporter le courrier[210] et de prélever sur des propriétaires du fourrage, des chevaux (paraveredi) ou des mules, que l'on entrepose dans des relais (mutationes) ou des auberges (mansiones) où l'on change les montures. Les rois mérovingiens continuent de l'utiliser en promulguant des ordres de réquisitions par lettres evectiones ou tractoriae, mais l'ancien prélèvement tourne avec les Francs au pillage systématique des riverains[211]. Pour échapper à l'imposition, certains sujets du royaume se réfugient dans des niches fiscales comme l'armée ou le clergé. L'immunité est accordée au clergé par le roi et provient de l'héritage du statut des terres du fisc du Bas-Empire. Le privilège consiste en une exemption d'impôt, mais aussi en une interdiction des agents du roi de pénétrer dans les domaines bénéficiant de l'immunité. L'immuniste n'est cependant pas exempté de service militaire. Sur ordre royal, il se doit de lever lui-même les troupes. Il doit également payer au roi le fredus dont le pourcentage exigé par le roi tombe en désuétude[212]. Afin d'éviter ces évasions fiscales, les Empereurs, mais aussi Clovis en son temps[213], ont établi et maintenu des dispositions pour restreindre l'accès à la cléricature. L'impôt étant impopulaire[214], il arrive que la population se révolte, avec l'appui des évêques. De même, il arrive que certaines cités, parviennent à échapper à l'impôt grâce à leurs évêques qui brandissent la menace d'un saint patron comme c'est le cas à Tours, ville de saint Martin. À plusieurs reprises, les rois tentent d'imposer ces cités mais ils sont arrêtés par les évêques qui brandissent la menace des foudres divines[215].

Le Limousin comporte des petites vignes domaniales[216] et sa partie méridionale, d'Uzerche à Brive, est voué à la viticulture, notamment Chabignac, Sioussac, Loignac, Narzac et Astaillac[217]. En 579, Chilpéric fait remettre à jour les livres du cadastre et du recensement. Les descriptiones qu'il fait établir sont jugées tellement « nouvelles et lourdes » qu'elles y engendrent une révolte et que beaucoup « abandonnèrent leurs villes et leurs possessions personnelles pour gagner d'autres royaumes, estimant qu'il valait mieux séjourner à l'étranger que de s'exposer à un tel danger. Il avait été décrété que chaque possesseur verserait pour sa terre une amphore de vin par arpent[140] ». Cela correspond à environ deux cent dix litres par hectare, ou si l'on suppose un rendement de mauvaise année de dix hectolitres par hectare[218]. S'y ajoutent d'autres impôts perçus en froment et en or[219], tant sur les autres terres que sur les esclaves. En 580, le couple royal fait un don d'arrérages, en jetant au feu les libri descriptiones qui ont provoqué la révolte du Limousin[155]. Ainsi, tout le royaume sous l'autorité de Chilpéric et en particulier la Première Aquitaine n'a pas eu à payer les arriérés de l'année 579. Cette décision entraîne un retour au taux coutumier et la renonciation de la réévaluation de ce taux, puisque le roi interdit toute « descriptio à l'avenir »[220].

Le droit de propriété romain jus in re aliena distinguant le dominium, droit du propriétaire, et la possessio, droit que possède un cultivateur par la mise en culture de la terre du maître s'est perpétué. Sur les terres publiques incultes, il est possible de devenir possessor en les mettant en culture. Sur les terres privées abandonnées, l'abandon de l'epibolè (le percepteur calculait l’impôt global d’une région et le rapportait à la superficie des terres) permit un rapide accaparement des terres. Après un silence de deux ans du propriétaire, l'auteur de l'usurpatio ou de l'eruditio du sol devient possessor et dominus[221]. Le roi reste investi du dominus sur les terres publiques défrichées, tandis que le nouvel occupant d'une terre privée abandonnée se retrouve propriétaire aux dépens de l'ancien maître au bout de deux ans[222]. La loi romaine de prescription trentenaire favorise également le droit de possessio sur les terres publiques défrichées. Elle entraîne pour le possessor d'une terre publique ou d'église le paiement de redevances appelées condiciones ou canones ou encore agraria, pascuaria vel decimas porcorum[223]. Il s'agit d'une part de fruit versée en nature ou en espèces, ou d'une tête de bétail sur dix. En plus des laïcs, les évêques s'attribuèrent des terres publiques. Les églises épiscopales devenues possessores de terres publiques devaient alors payer les redevances, mais elles essayaient d'obtenir l'immunité pour ces terres[224], ce qui fit dire à Chilpéric « Voici que notre fisc est devenu pauvre, voici que nos richesses sont passées aux églises[225] ».

L'Église[modifier | modifier le code]

En tant que chef de l'Église franque et héritier des prérogatives de l'Empereur, le roi s'occupe des affaires religieuses. Il obtient la conversion au christianisme de Juifs de son royaume afin de garantir leur Salut[226], il convoque les évêques pour des conciles œcuméniques à Paris, à la demande de Gontran, en 573, en 577 et en 580, à la villa Brennacum. Il s'assure du bon déroulement et du maintien des élections épiscopales, même lorsqu'elles lui sont défavorables, contrairement à ses demi-frères, notamment Sigebert Ier qui n'hésite pas à placer ses favoris à la tête des évêchés. Le seul cas où Chilpéric intervient pour remettre en cause un évêque dans son diocèse est lors de la condamnation de Prétextat de Rouen en 577. De même, les évêques élus sont souvent des clercs, là où Gontran nomme des laïcs à foison, ce qui est un moyen de bien tenir en main les évêques[227]. Le seul cas rapporté d'élection de laïc concerne l'ordination au Mans, en 581, du maire du palais Badegisèle[228]. Il manifeste également un certain respect pour l'autorité religieuse à qui il accorde sa confiance. Ainsi, il épargne les voleurs de la basilique Saint-Martin sur demande de l'évêque Grégoire[205] et lui laisse désigner le comte de Tours[144] ; il laisse l'évêque de Paris juger les nobles qui ont profané et perpétré des crimes dans sa basilique[204] ; il autorise l'évêque Aetherius, pourtant accusé de nombreux crimes, à revenir sur son siège épiscopal[229] ; il protège Prétextat de Rouen de la foule qui veut le lapider[132]. Il laisse également les évêques juger l'affaire concernant Frédégonde et l'évêque de Bordeaux au concile de 580[201]. Lorsqu'en 580, un homme de la familia de l'évêque de Bigorre s'enfuit du palais épiscopal et se pose en rival de Grégoire de Tours, ce dernier menace alors d'en appeler à Chilpéric : « Lui, en effet, vengera le dédain dont je suis l'objet »[230]. Il use de charité envers les pauvres et les églises[155] en donnant les villae de Godin, sur le territoire de Soissons, à la basilique Saint-Médard[125] ; à l'occasion de la naissance de son fils Thierry, il décrète une amnistie générale et ordonne aux agents du fisc de laisser les mauvais débiteurs en paix[231]. Il rend les objets dérobés à la basilique Saint-Martin de Tours[205], accorde confirmation à Radegonde des sessions qui lui ont été faites par Clotaire Ier[232], ainsi que des privilèges d'immunités aux églises et aux clercs[note 29]. Un faux diplôme de l'abbaye Saint-Calais du Mans adressé au pape Nicolas Ier où sont utilisées plusieurs formulations de l'époque carolingienne et daté de la première année du règne de Chilpéric mais réalisé entre 850-855[233], affirme que cette abbaye est placée sous la protection du roi. Il en est de même pour le décret daté de 606, concernant la fondation de l'Abbaye Saint-Lucien de Beauvais[234], où il a été démontré qu'il s'agit d'un faux réalisé début XIe siècle du fait de son caractère apocryphe et par ses paraphrases de la Vie de saint Evroul[235].

La culture[modifier | modifier le code]

Diverses anecdotes de Grégoire de Tours témoignent de son intérêt pour la culture : il lit la Bible et les poètes, rédige deux livres de poésie, et compose un Hymne sur la solennité de l'évêque saint Médard (Ymnus in sollemnitate sancti Medardi episcopi), dont la forme s'éloigne du modèle de l'époque classique[236].

Afin d'adapter l'alphabet à la phonétique germanique et de rendre des prononciations écrites en latin au moyen d'une lettre unique au lieu de plusieurs lettres[237], il tente, comme l'empereur Claude en son temps[238], d'ajouter des lettres à l'alphabet latin : la lettre grecque ω et les lettres ae, thé, uui, dont une hypothèse affirme qu'elles seraient issues de l'alphabet hébreu[239]. Cependant, les clercs de la congrégation de Saint-Maur expliquent que ces lettres n'eurent cours que durant son règne[240].

Imitant son cousin Thibert Ier ou l'empereur Justin Ier et, afin de montrer sa romanité[241], il fait restaurer des cirques à Soissons et Paris[242] (probablement l'amphithéâtre du IIe ou IIIe siècle faisant office d'arène et théâtre découvert en 1870 lors du percement de la rue Monge), entre 575 et 584, pour remettre à l'honneur des jeux équestres, combat d'animaux, lutte, théâtre, poésie et musique[243] appréciés par la population et qui avaient disparu sous l'influence du christianisme[244].

Les représentations de Chilpéric dans l'histoire et la littérature[modifier | modifier le code]

Chilpéric vu par Grégoire de Tours[modifier | modifier le code]

Le roi Chilpéric est dépeint par son contemporain Grégoire de Tours comme « le Néron et l’Hérode de notre temps ». Il le présente comme un homme intempérant et présomptueux, avide de richesses, faisant périr ceux qui en possèdent. Selon lui, il prendrait plaisir à ravager les campagnes, à martyriser les pauvres et accabler les clercs. Il faut cependant préciser que l'évêque Grégoire se sentit publiquement humilié au concile de Berny où il dut comparaître pour être jugé, accusé d’avoir calomnié Frédégonde[245]. Chilpéric aurait même inscrit dans ses ordonnances adressées aux juges que l'on arrache les yeux des personnes ne tenant pas compte de ses prérogatives. À cela, Grégoire ajoute après sa mort qu’il n’a jamais aimé personne et que personne ne l’a jamais aimé[151].

Saint Grégoire, archevêque de Tours, et saint Salve, évêque d’Albi, devant Chilpéric Ier. Grandes Chroniques de France de Charles V, XIVe siècle. BNF

Chilpéric vu par Fortunat[modifier | modifier le code]

Une toute autre vision de la personnalité de Chilpéric se dégage des vers du poète Venance Fortunat, un autre de ses contemporains, qui le présente comme un homme instruit et le célèbre comme un brillant guerrier et législateur. Le poète écrit ainsi : « vous réglez vos armes sur les lois et redressez les lois par vos armes », ajoutant que, parmi les Mérovingiens, « vous l’emportez par le savoir et par la doctrine ; par la science du dogme vous êtes tel que ne fut jamais votre père. ».

Selon Grégoire de Tours, il aurait rédigé un décret sur la Trinité[246] alors qu’à l’exception de Childebert Ier et de Chilpéric, lesquels semblent avoir eu quelques lumières sur le débat trinitaire, les rois mérovingiens se désintéressent du problème, dont ils n’exploitent que les incidences diplomatiques[90]. Son traité, stipulant que l’on nomme Dieu la Sainte Trinité, ressemble à l’hérésie du prêtre Sabellius, excommunié en l’an 217 par le pape Calixte Ier[247]. Ainsi, Grégoire rejette son traité et le roi se tourne vers saint Salve, évêque d’Albi, qui le rejette également. Chilpéric doit alors se plier à la volonté des évêques.

Venance Fortunat célèbre en lui un faiseur de vers parfaits, surpassant ainsi les autres rois de sa dynastie dans les lettres[26], même si l'évêque de Tours juge ses vers « sans mesure ni rythme ». Il est vrai que Venance Fortunat, se décrivant comme un « poète souriceau[248] » à l’affût des tables attendant que les puissants laissent tomber de bons morceaux, compose des œuvres louant les mécènes qui acceptent de financer son train de vie[249].

Par l’intermédiaire de ses décisions politiques, il montre surtout le visage d’un joueur prêt à tout miser sur la chance[250].

Romans historiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources primaires[modifier | modifier le code]

  • Dom Martin Bouquet, Recueil des Historiens des Gaules et de la France, t.4, nouvelle édition publiée sous la direction de Léopold Delisle, 1869 (1re éd. 1741) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Karl Fr. Pertz, Monumenta Germaniae Historica, Diplomata regum francorum e stirpe Merowingica, Hanovre, 1872 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Bruno Krusch, Monumenta Germaniae Historica, Passiones Vitaeque sanctorum aevi merovingici et antiquiorum aliquot, Hanovre, 1896 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Karolus Strecker, Monumenta Germaniae Historica, Poetae latini, t.IV, fascicules 2 et 3, Berlin, 1923 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Grégoire de Tours (trad. Robert Latouche), Histoire des Francs, Les Belles Lettres, coll. « Les Classiques de l'histoire de France au Moyen Âge, 27-28 », Paris, 1963, 2 tomes, réédition 1995 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Venance Fortunat (trad. Marc Reydellet), Poèmes
  • Justin Favrod, Texte, traduction et commentaires de La chronique de Marius d'Avrenches (455-581), Lausanne, Cahiers lausannois d'histoire médiévale, 1993, 2e édition Document utilisé pour la rédaction de l’article

Travaux[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

  • Gabriel Monod, Études critiques sur les sources de l'histoire mérovingienne, Paris, Lib. A. Franck, Slatkinen Genève - Lib. Champion, Paris, 1978, (1re éd. 1872) 2 tomes ; (1885) t.2 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Auguste Longnon, Géographie de la Gaule au VIe siècle, Hachette et Cie, Paris, 1878 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Godefroid Kurth, Histoire poétique des Mérovingiens, Paris, A. Picard et fils éditeurs, 1893 ; Études franques, Bruxelles A. Dewit et Paris H. Champion, impression anastaltique Bruxelles, édition Culture et civilisations, 1982 (1re éd. 1919), 2 tomes Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Julien Havet, Œuvres de Julien Havet, t.1 - Questions mérovingiennes, Paris, Ernest Leroux Éditeur, 1896 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Travaux récents[modifier | modifier le code]

Sur le Haut Moyen Âge

Études générales sur les Mérovingiens

  • Ferdinand Lot, Naissance de la France, Librairie Arthème Fayard, 1948, Paris, 5e édition Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Laurence Charlotte Feffer et Patrick Périn, Les Francs, Paris, Armand Collin Editeur,‎ 1987
  • Patrick J. Geary, Naissance de la France : le monde mérovingien, édition Flammarion, 1989 (traduit de Before France and Germany : The Creation and Transformation of Merovingian World, Oxford University Press, 1988) (ISBN 978-2-08-081274-2) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Stéphane Lebecq, Les origines franques, Ve - IXe siècle, Seuil (Nouvelle histoire de la France médiévale, 1), 1990, particulièrement : pages 105-119 (première partie, chapitre 5 : « La faide royale (561-603) ») (ISBN 2-02-011552-2) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Thèmes particuliers

  • Michel Rouche, L'Aquitaine des Wisigoths aux Arabes, 418-781 : naissance d'une région, Paris, École des hautes études en sciences sociales, Jean Touzot, 1979 (ISBN 978-2-7132-0685-6) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Riché, École et enseignement dans le haut Moyen Âge, Fin du Ve siècle, milieu du XIe siècle, Aubier-Montaigne, 1979, réédition Picard Éditeur 1989 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean Gaudemet et Brigitte Basdevant, Les canons des conciles mérovingiens (VIe - VIIe siècle), 2 tomes, Le Cerf, 1989 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Odette Pontal, Histoire des conciles mérovingiens, Le Cerf, 1989, Institut de Recherche et d'Histoire des Textes (CNRS) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Franz Brunhölzl, Histoire de la littérature latine du Moyen Âge, t.I/1 - L'époque mérovingienne, Université Catholique de Louvain, Institut d'Études médiévales Louvain-La-Neuve, Brepols, 1990 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Michel Rouche, Clovis, Paris, Éditions Fayard,‎ 1996 (ISBN 2-2135-9632-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Biographies

Articles[modifier | modifier le code]

Dix-neuvième siècle et début vingtième

  • Auguste Longnon, « La villa Brennacum », Bulletin de la société de l'Histoire de Paris et de l'Île-de-France, 1875, pp. 57-62 ; « De l'emplacement de Sauriciacus, villa où se tint un concile en 589 », id., 1876, pp. 77-79 ; « La Civitas Parisiorum d'après Grégoire de Tours », id., 1877, pp. 102-112 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Charles Nisard, « Fortunat, panégyriste des rois mérovingiens », Revue Historique, t. 41, 1889, septembre décembre, pp. 241-252 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Fernand Vercauteren, « Étude critique d'un diplôme attribué à Chilpéric Ier », Revue Belge de Philologie et d'Histoire, t. VII, no 1, 1928, pp. 83-112 ; réédité dans Études d'Histoire médiévale, 1978, pp. 629-659 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles récents'

  • Michel Rouche, « Le mariage et le célibat consacré de sainte Radegonde », dans Settimane di studio del Centro italiano di studi sull'alto medievo', XXXIII, Segni e riti nella chiesa altomedievale occidentale, Spolète, 11-17 avril 1985 et 1987, pp. 835-873, réédité dans La riche personnalité de sainte Radegonde..., Poitiers, 1988, pp. 79-98, réédité dans Le choc des Cultures, Romanité, Germanité, Chrétienté durant le Haut Moyen Âge, Presses Universitaires du Septentrion, 2003, pp. 251-282 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Charles Lelong, « Chilpéric, un grand roi méconnu », dans Mémoires de l'Académie des sciences, Art et Belles lettres de Touraine, t. 6, 1993, pp. 19-37
  • Elisabeth Magnou-Nortier, « Existe-t-il une géographie des courants de pensée dans le clergé de Gaule au VIe siècle », dans Grégoire de Tours et l'espace gaulois, Actes du congrès international, Tours, 3-5 novembre 1994, textes réunis par Nancy Gauthier et Henri Galinié, 13e supplément à la Revue Archéologique du Centre de la France, Tours, 1997, pp. 139-157 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Marc Reydellet, « Tours et Poitiers : Les relations entre Grégoire et Fortunat », Grégoire de Tours et l'espace gaulois, Actes du congrès international, Tours, 3-5 novembre 1994…, Tours, 1997, pp. 159-167

En langues étrangères

  • (de) Egen Ewing, « Studien zur merowingischen Dynastie », dans Frühmittelalterliche Studien, Jahrbuch des Instituts für Frühmittelalterforschung der Universität Münster, Berlin-New-York, 1974, pp. 15-59 ;
  • (de) Egen Ewing, « Die Namengebung bei den ältesten Frankenkönigen und im merowingischen Königshaus», dans Francia, 1991, 18/1, pp. 21-69
  • (en) Guy Halsall, « Nero and Herod ? The Death of Chilperic and Gregory's Writings of History », dans The World of Gregory of Tours, K. Mitchell and I. Wood ed., Leiden, Boston, Cologne, 2002, p. 337-350

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Un premier partage a eu lieu en 511 à la mort de Clovis, entre ses quatre fils.
  2. L'évêque Sagittaire de Gap, au sujet du roi Gontran, se mit « à dire que les fils de ce dernier ne pouvaient occuper le royaume parce que leur mère appartenait à la domesticité de feu Magnacaire lorsqu'elle fut appelée à pénétrer dans la couche du roi ». Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre V, 20 ; Saint Colomban voit les enfants du roi Thierry II comme étant issus de concubines et donc inaptes à régner : « Sachez qu’ils ne porteront jamais le sceptre royal car ils sont sortis de mauvais lieux ». Jonas de Bobbio, Vita Colombani, I, 19.
  3. « ... on appelle fils de roi ceux qui ont été procréés par des rois sans tenir compte désormais de la famille des femmes ». Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre V, 20.
  4. Pierre Riché, par exemple. Voir la page de discussion où le sujet est abordé.
  5. Très exactement : χ représente la consonne fricative uvulaire sourde, que l'on rencontre par exemple en allemand dans le "ch" de Achtung.
  6. Le Gète : le Goth.
  7. Euthio, "le Jute" ; (Carmina, IX,1 v.73 ; Reydellet 2004, p. 11), le nom d'Euthio peut être identifié à celui des Eucii, c'est-à-dire des Jutes, voisins des Danois, qui donnent leur nom au Jutland. Vers 535, Childebert Ier répondait à l’empereur Justinien, qui l’interrogeait sur les peuples sur lesquels il règne : « …notre domination s’étend depuis les rivages de l’océan jusqu’au Danube et aux limites de la Pannonie, embrassant l’Italie septentrionale, les Saxons et les Eucii, qui de leur propre mouvement, se sont livrés à nous ». Armand (2008), p. 67.
  8. Frédéric Armand précise que les Frisons occupent la côte, de l’estuaire de la Weser à l’estuaire du Rhin. Chilpéric Ier, La louve éditions, p. 67.
  9. « L'antrusion prête au roi un serment de foi et de fidélité en mettant ses mains dans celles de son souverain. Il vient servir le roi avec sa vie et ses armes en tant que garde personnel d'élite ». Feffer et Périn (1987b), pp. 18, 39, 41.
  10. Le lieu où se situe cette villa n'est pas certain : il peut s'agir de la villa Bernacum de Berny-Rivière à 16 km de Soissons, ou de la villa de Breny (au lieu-dit Le Martois) à 24 km
  11. Selon Frédéric Armand, en latin, sors, sortis au féminin, est un mot polysémique. Il peut désigner le sort : l'action de tirer au sort, le hasard ; mais aussi le partage : la part, la portion... Au masculin, avec une majuscule, Sors, Sortis désigne le sort, le destin. Chilpéric Ier, le roi assassiné deux fois, La louve éditions, p. 74.
  12. Selon la Vita sancti Ebrulphi, 5, la reine Frédégonde impose saint Evroul à l'abbaye de Saint-Fuscien, dans la banlieue d'Amiens (AA. SS. Boll. Juillet, tome VI, p. 195 ; Guérin (1876), tome 9, pp. 41-44 ; Longnon (1878), p. 419). Écrite au plus tôt au Xe siècle (Longnon 1878, p. 419 note 2) ou peu avant (Vercauteren (1928), p. 103 note 1), elle ne permet pas de préciser si l'imposition a eu lieu avant ou après le partage du royaume de Paris appartenant à Caribert Ier.
  13. Le radical Gunth, présent dans le nom du peuple burgonde, apparaît aussi chez leurs rois : Gundichar, Gundobald, Gundovech (Kurth (1893), p. 126). Gontran (Gunth-Chramn, « corbeau guerrier ») reçoit l'héritage de Gondomar, Gondioc, Gondebaud (Gunth-Bald, « guerrier audacieux »), anciens rois des Burgondes (Lebecq (1990), p. 108-109).
  14. Pontico villa dans le département de la Marne, canton de Thiéblemont-Farémont. Cf. Armand (2008), p. 81.
  15. Devenue Saint-Livier de Metz au IXe siècle)
  16. Venance Fortunat, Carmina, VII, 4 (lettre adressée à Gogon) ; VII, 9 (à Loup, vers 573-574).
  17. Grégoire de Tours cite les aristocrates Basile et Sicaire. Histoire des Francs, livre IV, 45.
  18. Paris (573), Epistola synodi ad Sigisbertum regem (CC 148 A, p. 216) : « non absque coniuentia gloriae uestrae, sicut credimus, euocati Parisius ».
  19. Chez les Francs, la longue chevelure revêt une sacralité d'origine païenne. Ainsi, seuls les individus de sang royal pouvaient se laisser pousser des cheveux longs. Celui qui perdait sa chevelure, perdait tous droits à régner. Rouche (1996), pp. 184, 197.
  20. Bruno Dumézil cite Brutus à Philippes, Caton à Utique, ainsi que le philosophe Sénèque obligé de se donner la mort à cause de Néron, dont Grégoire de Tours, VI, 46, nous affirme que Chilpéric est le « Néron de notre temps » (La reine Brunehaut, 2008, p. 193).
  21. Peine infligée à Gaïlen, compagnon de Mérovée (livre V, 18) et à Dodo (livre V, 25). Grégoire de Tours, Histoire des Francs.
  22. Venance Fortunat lui avait envoyé un message, où il est qualifié d’homme à toujours rendre de bons offices. Carmina, IX, 12.
  23. Ces ouvrages de Chilpéric sont présentés de façon défavorables par Grégoire de Tours.
  24. Epitaphe de Gogon éditée par Bernhard Bischoff, « Sylloge Elnonensis. Grabenschriften aus merowingischer Zeit (um 600) », in id., Anecdota novissima. Texte des vierten bis sechzehnten Jahrhunderts, Stuttgart (1984), pp. 154-146. Texte connu par un manuscrit de l'abbaye de Saint-Amand, composé autour de l'an 800. L'épitaphe ne précise pas le nom du défunt mais, selon Bischoff, l'attribution à Gogon est quasi-certaine.
  25. Pour les Austrasiens, le prénom que Chilpéric donne à son fils est un symbole inquiétant : leur premier roi ayant été Thierry Ier, ils se demandent s'il n'y a pas là une volonté de s'emparer de l'Austrasie. Cf. Dumézil (2008), p. 207.
  26. Pour Bruno Dumézil, le roi de Soissons ayant usé de son influence pour empêcher la réception de la Vraie Croix, Radegonde veut nuire aux intérêts de Chilpéric. De plus, il s'est emparé de Poitiers par la force et a contraint Venance Fortunat, grand ami de la reine, à réciter un panégyrique à sa gloire. Bruno Dumézil note également que dans la Vie de Radegonde, celle-ci affiche plus d'affection pour Brunehilde et Gontran que pour Chilpéric, même si ses biographes la déclarent neutre. La reine Brunehaut, Paris, Éditions Fayard, 2008, p. 211.
  27. « Si au moment de son mariage, il avait vingt ans, il serait né en 556. [...] S’il avait quinze ans en 568, il serait né en 553 ». Ewig (1974), p. 33. « Mérovée devait être assez jeune en 573 ». Settipani (1990), p. 90.
  28. Le commandement des troupes que le prince Clovis exerce contre les villes de Poitiers et Tours en 572, implique qu’il ait au moins quinze ans au moment des faits. Il serait donc né entre 553 et 557. Armand (2008), pp. 53, 65.
  29. Chlotarii praeceptio, a. 584-629, c.11 (Boretius 1883, p. 19). L'origine de cet édit n'est pas sûre, du fait des divergences de termes entre les deux manuscrits (VIIe et Xe siècle). Certains historiens l'attribuent à Clotaire Ier tandis que d'autres l'attribuent à Clotaire II. Levillain (1957), p. 64 ; Bloch (1927), pp. 167-168.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Armand (2008), p. 317.
  2. Généalogie de Chilpéric Ier sur le site Medieval Lands
  3. a, b et c Armand (2008), p. 192.
  4. Armand (2008), p. 12.
  5. "Hagiographie" signifie "vie d'un saint". Le livre de Grégoire raconte l'histoire du monde des origines aux années 570.
  6. Magnou-Nortier (1997), pp. 153-156.
  7. Dousse (1939), pp. 223-224.
  8. Geary (1988), p. 137.
  9. Feffer et Périn (1987b), p. 54.
  10. Feffer et Périn (1987b), p. 52.
  11. Concilium Epaonense anno 517, canon 8, MGH Concilia I, 21.
  12. Geary (1988), p. 138.
  13. Geary (1988), p. 139.
  14. Geary (1988), p. 140.
  15. Armand (2008), p. 31.
  16. Geary (1988), p. 129.
  17. Armand (2008), p. 30.
  18. Geary (1988), p. 130.
  19. Armand (2008), p. 32.
  20. Armand (2008), p. 33.
  21. Armand (2008), p. 38.
  22. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre X, 31.
  23. Chilpericus : Grégoire de Tours, Venance Fortunat.
  24. Hilpéricus :
    • Marius d'Avenches, Chronique. Manuscrit unique L (IXe ‑ Xe siècle), Mommsen (1894), p. 231 ; Favrod (1993), p. 49
    • Paul Diacre Histoire des Lombards.
    Variantes en Helpericus, G1 (IXe siècle) et G2 (IXe siècle) ; Ilpericus, B1 (IXe ‑ Xe siècle) et A2 (XIe siècle) ; Chilpericus, A2 (XIe siècle).
  25. Cf. Ivan Gobry, Clotaire II, collection « Histoire des rois de France », éditions Pygmalion, p. 232.
  26. a, b, c, d et e Venance Fortunat, Carmina. IX, 1.
  27. Venance Fortunat, Carmina. IX, 1, v.33.
  28. Monod (1872), p. 113.
  29. Armand (2008), p. 39.
  30. Venance Fortunat, Carmina, IX, 1, v73-74.
  31. Armand, 2008, page 50.
  32. a, b, c, d, e, f et g Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre IV, 28.
  33. Armand (2008), p. 53.
  34. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre IV, 20.
  35. a et b Ivan Gobry, Clotaire II, collection « Histoire des rois de France », éditions Pygmalion, p. 12.
  36. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre IV, 19, 21, 54.
  37. Rouche (1996), p. 233.
  38. Lot (1948), p. 65 ; Rouche (1987), p. 256 ; Rouche (1988), p. 285.
  39. Armand (2008), p. 72.
  40. a et b Dumézil (2008), pp. 108-109.
  41. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre IV, 22.
  42. Dumézil (2008), p. 93.
  43. Dumézil (2008), p. 110.
  44. Augustin Thierry, Récit des temps mérovingiens, t.I, p. 258.
  45. Rouche (1979), p. 66.
  46. Ivan Gobry, Les premiers rois de France : la dynastie des mérovingiens, collection « Documents d'Histoire », éditions Tallandier, 1998, p. 167.
  47. Armand (2008), p. 75.
  48. Armand (2008), p. 74.
  49. Armand (2008), p. 85.
  50. Armand (2008), p. 73.
  51. Longnon (1876), p. 139 ; Lebecq (1990), p. 108.
  52. Armand (2008), p. 76.
  53. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre III, 17 ; livre X, 31 ; Vita patrum, 17.
  54. Armand (2008), p. 77.
  55. Armand (2008), p. 79.
  56. Dumézil (2008), p. 111.
  57. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre IV, 19.
  58. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre IV, 23
  59. a, b, c, d, e et f Pacte d'Andelot. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre IX, 20.
  60. Armand (2008), p. 87.
  61. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre VI, 27 ; VII, 6.
  62. Longnon (1877), p. 106 ; Longnon (1878), pp. 351-352.
  63. Longnon (1878), p. 157.
  64. Armand (2008), p. 101.
  65. Thierry (1840), p. 45.
  66. a et b Longnon (1878), p. 125.
  67. Armand (2008), p. 88.
  68. Dumézil, 2008, p. 156
  69. a, b, c et d Ivan Gobry, Clotaire II, collection « Histoire des rois de France », éditions Pygmalion, p. 25.
  70. :
  71. Maurice Bouvier-Ajam, Dagobert Roi des Francs. « Figures de proue », éditions Tallandier, 2000, p. 37.
  72. Jonas de Bobbio, Vita Colombani, I, 24.
  73. Geary (1988), p. 145.
  74. Barbier (1990), p. 260.
  75. a et b Armand (2008), p. 90.
  76. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre IV, 27 et 28.
  77. Dumézil (2008), p. 160.
  78. a et b Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre IX, 20.
  79. Parisse (2002), p. 540.
  80. Armand (2008), p. 91.
  81. Kurth (1919), t.I, p. 49 ; de Saincte-Marthe (1628), p. 84 ; Anselme (1674), p.14.
  82. a et b Liber Historiae Francorum, 31.
  83. Armand (2008), p. 92.
  84. a et b Ivan Gobry, Clotaire II, collection « Histoire des rois de France », éditions Pygmalion, p. 24.
  85. Rouche (1996), p. 237.
  86. a et b Dumézil (2008), p. 161.
  87. Armand (2008), p. 95.
  88. Venance Fortunat, Carmina. VI, 5, v111-114.
  89. Venance Fortunat, Carmina. VI, 5, v.215-236.
  90. a et b Dumézil (2008), p. 129.
  91. Isidore de Séville, Historia Gothorum, 47. Jean de Biclar, Chronicon, 6.
  92. Dumézil (2008), p. 162.
  93. Dumézil (2008), p. 167.
  94. Rouche (1996), p. 238.
  95. Venance Fortunat, Carmina. VI, 5, v. 13-16.
  96. Ibidem, v. 58-62.
  97. Ibidem, VI, 5, v. 258-259.
  98. Ibidem, VI, 5, v. 25.
  99. ibidem, v.225-228.
  100. Ibidem, v. 241-242.
  101. Ibidem, v. 277-280.
  102. Dumézil (2008), p. 165.
  103. Carmina, VI, 5, v.367-378.
  104. Dumézil (2008), p. 165-166.
  105. Dumézil (2008), p. 169.
  106. Longnon (1878), p. 140.
  107. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre IV, 45 et 57.
  108. Chronique de Frédégaire, III, 69-70.
  109. a, b et c Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre IV, 47.
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  156. Reinnold Kaiser, Aspects de l'Histoire de la civitas suessionum et du diocèse de Soissons aux époques romaine et mérovingienne, 1974, p. 121.
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  232. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre IX, 42 ; Nisard 1889, p. 250 ; Venance Fortunat, Carmina, X, 3.
  233. Havet (1896), pp. 119-120, 125-128, 160.
  234. Bouquet (1741), pp. 624-625 ; Pertz (1872), pp. 11-12 ; Vercauteren (1928), pp. 110-112.
  235. Vita sancti Ebrulfi abbatis Bellovacensis, 6 ; AA. SS. Boll. Juillet, t.VI, p. 195 ; Guérin (1876), t.9, pp. 42-43 ; Vercauteren (1928), p. 102 note 3.
  236. Strecker (1923), pp. 455-457 ; Commentaire de Dag Nordberg, La poésie latine rythmique du haut Moyen Âge (Studia latina Holmiensia, Stocklholm, 1954, p. 31 ; Brunhölzl (1990), p. 166 ; Kurth (1919), t.II pp. 157-161.
  237. Migne, Dictionnaire de Paléographie, 1854, pp. 420-434 ; Buchner, Zehn Bücher Geschichten, 1956, t.I, p. 365 note 5, cité par Latouche (1963), t.I, p. 312 note 126 ; Sanders, Die Buchstaben des Königs Chilperic, Zeitsch. f. Deutsch. Altertum, 1972, pp. 13-53, cité par Riché (1979), p. 22.
  238. Suétone, Vie des douze Césars, Claude, 41 ; Tacite, Annales, XI, 14.
  239. Armand (2008), p. 271.
  240. Paris (1866), p. 342.
  241. Dumézil (2008), p. 193.
  242. Grégoire de Tours, Histoire des francs, livre V, 17.
  243. Suétone, Vie de César, 39 ; Vie d'Octave Auguste, 43 ; Magnin (1839-1840) ; Boyer de Sainte-Suzanne (1862) ; De Caumont (1862).
  244. Armand (2008), p. 273.
  245. Dumézil (2008), p. 200.
  246. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre V, 44.
  247. Armand (2008), p. 275.
  248. Venance Fortunat, Carmina, préface.
  249. Dumézil (2008), pp. 12-13.
  250. Dumézil (2008), pp. 161, 178.
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