Jean Bouin

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Jean Bouin 1911.jpg
Jean Bouin en 1911.
Informations
Disciplines Courses de fond
Nationalité Drapeau : France Française
Naissance 24 décembre 1888
Lieu Marseille
Décès 29 septembre 1914 (à 25 ans)
Taille 1,67 m
Poids 70 kg
Club Phocée Club de Marseille, C.A.S.G. Paris
Records
du 5 000 m, du 10 000 m, de l'heure, du 3 miles
Palmarès
Jeux olympiques 0 1 0
Cross des nations 3 1 0
Championnat de France de cross-country 4 0 1

Alexandre François Étienne Jean Bouin (né à Marseille le 24 décembre 1888 et mort pour la France le 29 septembre 1914 à Xivray dans la Meuse) était un athlète français de haut niveau, spécialiste de la course de fond.

Biographie[modifier | modifier le code]

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Fils de Louis Michel Bouin, commerçant, et de Berthe Emir Pioch, son père décède alors qu'il n'est encore qu'un enfant. Sa mère se met alors en couple avec un Italien : Il signore Galdini. Ce dernier va faire beaucoup de tort à la famille. À l'école, l'instituteur de Jean Bouin n'est autre que Joseph Pagnol, le père de Marcel Pagnol. Jean n'arrête pas de courir dans la cour, un jour l'instituteur lui dit : « Arrête-toi de courir grand fada ! Va jouer aux billes avec tes copains. Courir, cela ne te rapportera jamais rien ! ». C'est à l'école qu'il rencontre Joseph Granier qui lui présente sa sœur Rose. Jean et Rose vont tomber amoureux l'un de l'autre. Ce sera le grand amour de Jean Bouin. Durant son adolescence, Jean Bouin pratique beaucoup de sport : natation, football, escrime, vélo… En octobre 1903, Louis Pautex remporte le marathon de Marseille. Jean Bouin se rend alors au parc Borély pour épier le champion Pautex à l'entraînement. De là naît une grande amitié entre les deux athlètes. Pautex conseille à Jean de s'entraîner sérieusement.

Le seul film sur Jean Bouin, par Georges Hébert, à Reims (photo Agence Rol).

Jean Bouin commence donc la compétition en 1904 (il a 15 ans). Arthur Gibassier, chroniqueur sportif du Petit Provençal, le remarque, le fait signer au Phocée Club de Marseille et l'embauche comme coursier. En 1905, le beau-père Galdini convainc Jean Bouin de disputer une course à Gênes (Italie). Jean s'y rend seul en train. Il gagne la course mais il apprend que le prix de la victoire a déjà été encaissé par Galdini à Marseille. Jean jette son trophée par terre. Comme le dit René Espana, il a été « roulé dans les escarbilles par le babi ». Jean n'a plus un centime en poche. Il doit revenir à Marseille à pied, vivant de l'hospitalité des riverains. Arrivé à Marseille, il se présente au domicile des parents de Rose Granier qui décident de le loger.

En 1906, Jean Bouin remporte le championnat du littoral et se classe quatrième du cross national de Meudon. En 1907, Jean Bouin fait troisième du cross national, à 15 mètres du premier (Jacques Keyser). En 1909, Jean Bouin s'affirme comme n°1 français en remportant le cross Ayçaguer à Lyon, le 31 janvier, en remportant le cross national à Amiens, le 7 mars, en se classant deuxième (derrière Wood) au cross International de Derby, le 20 mars, en remportant Nice-Monaco, le 4 avril et en battant une première fois le record national (amateur) de l'heure en parcourant 18 km 267 m, le 30 mai au stade Colombes à Paris.

Jean Bouin, ce bon vivant, de petite taille (1,67 m pour 70 kg) au torse puissant, journaliste (notamment au Petit Provençal), remporte quatre titres consécutifs de champion de France de cross sous les couleurs du Phocée Club de Marseille (1909) puis du CASG Paris (1910, 1911 et 1912) et gagne trois fois le Cross des Nations à Derby (1911 à 1913) mettant fin à une longue domination des coureurs de fond britanniques. Il améliore, le 16 novembre 1911, le record de France du 10 000 mètres (30 min 58 s 4/5) (titre de champion de France à la clé, et record du monde), et celui du 5 000 mètres (14 min 36 s 8/10) en 1912, avec un record de France également. Les records de France de Jean Bouin resteront longtemps. Ce 10 juillet 1912, il bat aussi le record du monde du 3 miles (4837 m), avec 14 min 07 s 1/5 (Jean était en tête de la course au 3 miles), durant les Jeux olympiques de Stockholm.

Photographie de l'épreuve des 5 000 mètres, aux Jeux olympiques d'été de 1912, à Stockholm : Bouin est battu sur le fil.

Déjà sélectionné pour les Jeux olympiques de Londres en 1908, Jean Bouin n'est finalement pas autorisé à concourir. Il a « fait le mur » la veille du 3 miles par équipe olympique, et par mesure disciplinaire, la délégation française ne l'autorise pas à courir, car il a été mêlé à une rixe dans un bar de Soho et a passé la nuit au poste de police. Jean Bouin est en revanche présent sur la piste à l'occasion des Jeux olympiques de Stockholm en 1912. Cette course du 5 000 mètres reste « la » grande course de ces Jeux (en série, il bat déjà le record de France de la distance en 15 min 05 sec). En finale, à 400 mètres de l'arrivée, Jean Bouin qui a mené toute la course accélère et tente de lâcher l'un des deux frères Finlandais Kolehmainen, Hannes Kolehmainen, mais celui-ci le coiffe sur le fil pour 1/10 (14 min 36 s 6/10) au terme d'un dernier virage d'anthologie.

Photographie de l'épreuve des 5 000 mètres, aux Jeux olympiques d'été de 1912, à Stockholm : Début de la course.

Jean Bouin bat le record du monde de l'heure (19,0219 km) le 6 juillet 1913 à Stockholm, un an après les JO dans ce même pays, face à trente autres concurrents dont le champion olympique Hannes Kolehmainen (lors de la même tournée française, il bat également trois coureurs se relayant sur 10 000 mètres). Ce record augure d'un avenir radieux pour Jean Bouin, qui veut avoir sa revanche sur Hannes Kolehmainen lors des prochains Jeux olympiques. Il arrête de fumer et se livre à un entraînement intensif. La Grande Guerre met un terme aux rêves de titre olympique pour Jean Bouin.

Photographie de l'épreuve des 5 000 mètres, aux Jeux olympiques d'été de 1912, à Stockholm : dernière ligne droite.

Soldat de 2e classe au 163 RIe régiment d'infanterie il est tué par l'ennemi et meurt au champ d'honneur le 29 septembre 1914 à Xivray lors de l'attaque du « Mont Sec », non loin de Saint-Mihiel lors de la première bataille de la Marne[1] . Les circonstances du décès de Jean Bouin sont mal connues. Certains décrivent une mort glorieuse en chargeant les lignes ennemies au cri de « Vive la France ! », d'autres évoquent une erreur de tir de l'artillerie française. Il est enterré au château de Bouconville-sur-Madt sous le feu ennemi. Quelques jours plus tard, le château brûle. Son corps est rapatrié le 27 juin 1922 avec 39 autres militaires et inhumé au cimetière Saint-Pierre de Marseille (carré 30 n°81). Sa tombe est ornée d'un buste sculpté par Constant Roux et d'une plaque apposée par la ville.

18 octobre 1913, Marie Charles Jean Melchior de Polignac à côté de Jean, au parc Pommery de Reims.
Bouin (à gauche), François Faber (au centre), Georges Carpentier (à droite) et leur masseur Pastair (assis) en 1913.

Jean Bouin devait épouser Rose Granier après la guerre. Rose mourra en 1987, à l'âge de 101 ans. Le testament de Jean Bouin est en faveur de Rose. Le beau-père Galdini tenta de récupérer le chronomètre en or de Jean Bouin, mais le cousin Louis Bouin, qui le détenait, s'y opposa. Galdini porta aussi l'affaire de l'héritage devant les tribunaux sans vergogne. La justice posa les scellés sur l'appartement parisien de Jean Bouin. Le jugement eut lieu en 1918, où les deux clans familiaux se déchirèrent. Arthur Gibassier est appelé à la barre, Georges Carpentier, Maurice Chevalier et Mistinguett sont témoins de moralité par lettres interposées. Finalement Rose est reconnue comme héritière.

Son record du monde du 5 000 mètres n'est égalé qu'en 1934 par Roger Rochard, puis battu en 1948 (Jacques Vernier), tandis que son record du monde sur 10 000 mètres ne tombe qu'en 1942 (Lalanne). Son autre record du monde de l'heure est battu par le Finlandais Paavo Nurmi en 1928, et il faut attendre Alain Mimoun en 1954 pour voir un coureur français dépasser le record de Jean Bouin. Au total, Bouin battit sept records du monde et trente records de France d'athlétisme. Le 16 novembre 1911 au stade Colombes, Jean Bouin bat le record du monde du 6 miles en 29 min 51 sec 6, le record du monde de la demie heure avec 9,721 km et le record du monde du 10 000 m en 30 min 58 sec 8. Le 10 juillet 1912 aux Jeux Olympiques de Stockholm, Jean Bouin bat le record du monde du 3 miles en 14 min 07 sec 2. Le 6 juillet 1913 à Stockholm, Jean Bouin bat le record du monde du 15 km en 47 min 18 sec 6, le record du monde du 11 miles en 55 min 54 sec. et le record du monde de l'heure en parcourant 19,0219 km. Jean est le premier homme à courir plus de 19 km dans l'heure.

Mémoire[modifier | modifier le code]

Jean Bouin fut l'une des plus importantes vedettes du sport français avant la Grande Guerre. Sa mort au champ d'honneur lui vaut de ne pas être oublié entre les deux guerres et nombre d'enceintes sportives sont alors baptisées du nom de « stade Jean-Bouin ». C'est, logiquement, le cas du stade Jean-Bouin du CASG Paris dont il était membre, mais on peut également citer le stade Jean-Bouin d'Angers, de Marseille et d'Amiens, et la tribune couverte du stade Vélodrome de Marseille, une des tribunes latérales du stade de Gerland de Lyon, une piscine municipale de Nice située au sein d’un palais des sports Jean-Bouin, parmi nombre d'autres. Il a été fait Gloire du sport.

À Barcelone, depuis 1920, se tient la course populaire Jean Bouin(es), internationale depuis 1946 et organisée par le quotidien Mundo Deportivo en fin d'année. Ses différentes catégories en font une course ouverte à tous les sportifs. Ainsi, plus 3500 enfants de toutes les catégories prennent le départ annuel, dans toutes les catégories et la course Open a lieu avec plus de 15 000 participants en 2013[2].

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Notice biographique complète dans Stéphane Gachet, Le Dictionnaire des médaillés olympiques français, La Maison d'Editions, juin 2011.
  • (fr) biographie de René Espana, Jean Bouin de Marseille, Autres Temps, 2000.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. SGA Mémoires des Hommes
  2. Barcelona Turisme - Sports

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