Barcelonnette

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Barcelonnette

Carte de localisation de Barcelonnette
Pays France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Arrondissement Barcelonnette
(chef-lieu)
Canton Barcelonnette
(chef-lieu)
Code Insee 04019
Code postal 04400
Maire
Mandat en cours
Jean-Pierre Aubert
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes Vallée de l'Ubaye
Latitude
Longitude
44° 23′ 12″ Nord
         6° 39′ 11″ Est
/ 44.3866666667, 6.65305555556
Altitude 1 115 m (mini) – 2 680 m (maxi)
Superficie 16,42 km²
Population sans
doubles comptes
2 818 hab.
(2006)
Densité 171 hab./km²

Barcelonnette (en occitan vivaro-alpin Barciloneta, en provençal selon la norme mistralienne Barcilouneto) est une commune française, sous-préfecture du département des Alpes-de-Haute-Provence, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Barcelonnettes.

Sommaire

[modifier] Géographie

Barcelonnette se trouve à 1135 mètres d'altitude au cœur de la vallée de l'Ubaye, et en est la plus grande ville. Cette vallée orientée est-ouest est peuplée d'environ 7000 habitants et est frontalière avec l'Italie.

Les principales villes les plus proches de Barcelonnette sont :

Barcelonnette - paysage

[modifier] Histoire

La cité s’appelle Rigomagensium sous l’Empire romain, et est la capitale d’une civitas (subdivision de province)[1]. Aucune monnaie romaine n’a toutefois été découverte dans le canton de Barcelonnette[2].

[modifier] Moyen Âge et Temps modernes

La ville de Barcelonnette est fondée en 1231 par Raimond-Bérenger IV de Provence, comte de Provence. Selon Charles Rostaing, l’acte de fondation de la ville, et qui accorde des privilèges à la cité, est un ordre de reconstruction d’une ville détruite, Barcelone, mentionnée dès 1200 (villa Barcilona), et dont le nom serait formé de deux racines oronymiques (désignant une montagne) *BAR, et *CIN (que l’on retrouve dans Mont-Cenis). Selon Ernest Nègre, le nom est un diminutif de Barcelone, la ville d’Espagne[3],[4].

Dès 1614 et jusqu'en 1713, Barcelonette est le siège de l'une des quatre préfectures du ressort du Sénat de Nice.

La ville de Barcelonnette et la haute vallée de l'Ubaye ont été rattachées à la France lors d'un échange de territoires avec la Savoie lors des traités d'Utrecht (1713). La ville est ensuite le siège d’une viguerie jusqu’à la Révolution[5].

[modifier] Révolution française

À la veille de la Révolution, la ville compte une loge maçonnique[6]. En mars 1789, des émeutes dues à la crise frumentaire ont lieu[7]. L’agitation perdure dans la vallée, peu favorable à la Révolution : une nouvelle révolte éclate le 14 juin 1791[8], et la disette se déclare en avril 1792. La société patriotique de la commune fait partie des 21 premières créées dans les Basses-Alpes, au printemps 1792, par les envoyés de l’administration départementale[9]. Environ un tiers de la population masculine la fréquente[10]. L’agitation connaît un nouvel épisode violent en août 92.

[modifier] XIXe siècle

En décembre 1851, la ville connaît un mouvement de résistance au coup d’État du 2 décembre de Napoléon III. Quoique minoritaire dans la ville, le mouvement se déclenche le dimanche 7 décembre, le lendemain de l’arrivée de la nouvelle. Les autorités sont arrêtées, et les gendarmes désarmés : tous sont conduits à la maison d'arrêt. Un comité de salut public est constitué le 8. Le 9, les habitants de Jausiers et des environs forment une colonne, sous la direction du conseiller général Brès et du maire de Saint-Paul, Signoret. Celle-ci s’arrête cependant le 10 avant d’atteindre Barcelonnette, le curé de la sous-préfecture s’étant commis comme négociateur. Le 11, plusieurs fonctionnaires s’évadent et trouvent refuge à Largentière, au Piémont. L’arrivée de troupes le 16 décembre met fin à la résistance républicaine sans effusion de sang. Cinquante-sept insurgés sont jugés : il y a 38 condamnations à la déportation (mais de nombreux condamnés ont été graciés en avril).

On trouve, aux abords de la ville, plusieurs maisons de style colonial érigées par des émigrants au Mexique et revenus au pays entre 1870 et 1930, fortune faite.

[modifier] Héraldique

Blasonnement :
parti : au premier palé d'or et de gueules, au second d'argent à la clef renversée de gueules, le panneton à senestre[11]

Barcelonnette a été fondée en 1231 par le comte de Barcelone, qui était aussi comte de Provence, sous le nom de Raimond Bérenger V. La partie senestre du blason rappelle la maison de Barcelone. La partie dextre évoque saint Pierre, patron de l'église.[12]

[modifier] Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
8.02.1820  ? Couttolenc
2001 mars 2008 Jean Chabre UMP Conseiller général
mars 2008 Jean-Pierre Aubert[13] DVG

[modifier] Jumelages

Barcelonnette est jumelée avec :

[modifier] Démographie

Évolution démographique
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 050 2 182 2 080 2 130 2 144 2 154 2 267 2 270 2 242
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 153 2 026 2 000 1 919 2 082 2 303 2 234 2 009 2 286
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 363 2 405 2 532 2 216 2 705 2 723 2 987 3 007 3 000
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 - -
2 432 2 476 2 626 2 735 2 976 2 819 2818[14] - -

Nombre retenu à partir de [[1962[15]]] : population sans doubles comptes


[modifier] Économie

Barcelonnette l'hiver

La population vit essentiellement du tourisme.

[modifier] Sports d'hiver

La station de Pra Loup est à 7 kilomètres de Barcelonnette, celle du Sauze à 5 km. Saint-Anne - La Condamine est une petite station agréable et moins touristique que les deux autres.

[modifier] Lieux et monuments

Les remparts n’ont laissé leur trace que dans le tracé des rues du centre-ville[16].

[modifier] Architecture civile

La mairie est construite dans les années 1930, après destruction de la chapelle Saint-Maurice (en juillet 1934[17]). Son fronton provient lui de l’ancien couvent des dominicains, classé en 1988[18].

Bien que l’architecture des maisons anciennes soit archaïque, elles ne datent pour les plus anciennes que du XVIIIe siècle, la ville ayant été reconstruite après l’incendie de 1628.

L’ancienne gendarmerie, place Manuel, construite pour abriter la sous-préfecture en 1825, et actuellement transformée en logements, est de style néo-classique. Sa façade, qui occupe tout un côté de la place, est percée de portes en plein cintre. Les pierres à bossages animent la façade[19]. La place Manuel est nommée en honneur de l’homme politique de la Restauration, Jacques-Antoine Manuel ; la fontaine qui en occupe le centre porte son portrait sculpté par David d'Angers[20].

L’ancien hôpital date de 1717[21].

La sous-préfecture est installée depuis 1978 dans une des villas des Mexicains, la Villa l’Ubayette, construite en 1901-1903.

[modifier] Villas des Mexicains

De nombreuses maisons construites par les Barcelonnettes revenus du Mexique sont classées monument historique.

[modifier] Art religieux

L’église paroissiale Saint-Pierre-ès-liens est construite au Moyen Âge, mais détruite par le grand incendie de 1628. Elle est reconstruite, trop vite, en 1634-1638, puis rebâtie en 1643-1644. Celle-ci est à nouveau démolie, en 1926-1927, pour laisser la place à l’église actuelle, commencée en 1923. Son clocher date de la reconstruction du XVIIe siècle. En 1653, il est augmenté d’un étage pour loger les cloches. Il est orné de baies géminées, de pyramidions et de gargouilles, et surmonté en 1860 d’un campanile en fer forgé portant une statue de vierge en métal doré[22].

Plusieurs tombes du cimetière sont signalées par Raymond Collier pour leur décor remarquable[23].

[modifier] Église Saint-Pons

L’église Saint-Pons comporte deux porches (sud et ouest), tous les deux abondamment illustrés, compte tenu de la pauvreté des décors en style roman alpin.

L’église est décorée d’un tableau de Saint Sébastien (XVIIe siècle[24]), d’un Saint Pons et la Sainte Famille, classé.

La chaire est ornée de nombreux personnages (classée[25]).

L’autel et le retable Saint-Joseph sont classés[26].

Les vitraux sont contemporains de la dernière construction. Vifs et colorés, ils représentent le Christ et sa mère (chœur), et les saints, dont saint Jean de Matha dans la nef[27].

[modifier] La tour Cardinalis

La tour Cardinalis ou tour de l'horloge, haute de quarante deux mètres[28], est un des plus beaux clochers du département, selon Raymond Collier. C’est une tour carrée, construite en 1316 selon la DRAC, ouverte de baies géminées, surmontée d’une pyramide de tuf, encadrée de quatre pyramidions. Elle est construite comme clocher du couvent des dominicains. En très mauvais état après les guerres du début du XVIIe siècle, elle est rapidement reconstruite. Le parement de pierres de taille de la partie inférieure date du XIXe. Des gargouilles ornent ses angles [29]. Elle est classée monument historique[30].

[modifier] Musées

Le Musée de la Vallée abrite entre autres l’autel et le retable de la chapelle Saint-Maurice, détruite pour la construction de la mairie en 1934, avec les portraits des douze apôtres[31], datant du XVIIe siècle et classés[32],[33]..

[modifier] Divers

  • La Sapinière
  • La place Manuel

Parmi les cadrans solaires de la ville, les plus anciens sont :

  • sur la maison Paul Reynaud, un cadran de 1739, avec la légende « ora no te follet hora », (en latin prie pour que l’heure ne te surprenne pas) ;
  • rue Honorat, un cadran de 1752 ;

Parmi les plus récents, on peut noter :

  • un cadran très complexe, de 1991, rue Jules Béraud ;
  • un cadran sur la façade du collège, avec la légende « Je suis à l’heure... et toi ? »

Dans les écarts, les cadrans suivants sont remarquables :

  • à l’adret, un cadran orné de deux canards ;
  • à Enchastrayes, l’auberge de la Rente (1609), porte un cadran à légende en patois « Gavot l’es pas qu vouo »[34].

[modifier] Personnalités liées à la commune

Maison de Paul Reynaud

[modifier] Particularités

  • Tous les étés depuis 1994 a lieu à Barcelonnette le Festival du Jazz dirigé par Stephane Kochoyan[35]

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens internes

[modifier] Liens externes

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[modifier] Sources

  • Georges Mantoy, « Le soulèvement de décembre 1851 à Barcelonnette », in Chroniques de Haute-Provence, Bulletin de la Société scientifique littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 304, 1987, p 109-116

[modifier] Notes

  1. Raymond Collier, La Haute-Provence monumentale et artistique, Digne, 1986, 559 p., p 15
  2. Raymond Collier, op. cit., p 37
  3. Charles Rostaing, Essai sur la toponymie de la Provence (depuis les origines jusqu’aux invasions barbares, Laffite Reprints, Marseille, 1973 (1re édition 1950), p 91
  4. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, Genève : Librairie Droz, 1990. Collection Publications romanes et françaises, volume CVCIII. Volume III : Formations dialectales (suite) ; formations françaises § 30208
  5. La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p 107
  6. Patrice Alphand, « Les Sociétés populaires», La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p 292
  7. La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, no 307, 1er trimestre 1989, 108e année, p 11
  8. Annales, p 15
  9. Alphand, p 296-301
  10. Alphand, p 320
  11. GASO - la banque du blason
  12. GASO - la banque du blason
  13. Site de la préfecture des AHP
  14. INSEE, population municipale au 1er janvier 2006, consulté le 9 janvier 2009
  15. Barcelonnette - Notice Communale
  16. Raymond Collier, op. cit., p 298
  17. Raymond Collier, op. cit., p 212
  18. Arrêté du 30 décembre 1988, notice de la Base Palissy, consultée le 25 octobre 2008
  19. Raymond Collier, op. cit., p 393-394
  20. Raymond Collier, op. cit., p 533
  21. Raymond Collier, op. cit., p 434
  22. Raymond Collier, op. cit., p 193 et 392-393
  23. Raymond Collier, op. cit., p 447
  24. Raymond Collier, op. cit., p 479
  25. Arrêté du 11 janvier 1977, notice de la Base Palissy, consultée le 27 octobre 2008
  26. Arrêté du 11 janvier 1977, notice de la Base Palissy, consultée le 27 octobre 2008
  27. Raymond Collier, op. cit., p 527
  28. Service culture et patrimoine de Barcelonnette, Culture et patrimoine, Barcelonnette, 2007, en ligne [1], p. 16. Consultée le 28 octobre 2008
  29. Raymond Collier, op. cit., p 192-193
  30. Arrêté du 31 mai 1907, notice de la Base Mérimée, consultée le 25 octobre 2008
  31. Raymond Collier, op. cit., p 471
  32. Arrêté du 13 novembre 1934, notice de la Base Palissy, consultée le 27 octobre 2008
  33. Arrêté du 13 novembre 1934, notice de la Base Palissy, consultée le 27 octobre 2008
  34. Jean-Marie Homet et Franck Rozet, Cadrans solaires des Alpes-de-Haute-Provence, Édisud, Aix-en-Provence, 2002, ISBN 2-7449-0309-4, p 62-66
  35. festival des enfants du jazz
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