Magdalénien

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Magdalénien

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Abri de la Madeleine

Définition
Lieu éponyme Abri de la Madeleine
(Dordogne)
Auteur Gabriel de Mortillet
Caractéristiques
Répartition géographique Europe occidentale et centrale
Période Paléolithique supérieur
Chronologie Environ 17 000 à 12 000 avant le présent
Type humain associé Homo sapiens (Homme anatomiquement moderne)
Tendance climatique fin du Pléniglaciaire récent et Tardiglaciaire : froid et sec puis alternance rapide d'épisodes froids et d'épisodes tempérés
Signe particulier Art pariétal développé
Chasse hyperspécialisée
Signes d'échange
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Extension de la culture magdalénienne.

Subdivisions

Magdalénien inférieur (I à III)

Magdalénien supérieur (IV à VI)

Objets typiques

Propulseur, harpon, lamelle à dos, burin bec-de-perroquet

Le Magdalénien est la dernière phase du Paléolithique supérieur européen, comprise entre environ 17 000 et 12 000 ans avant le présent. Son nom a été proposé par G. de Mortillet à partir du site préhistorique éponyme de la Madeleine à Tursac en Dordogne.

Répartition[modifier | modifier le code]

Le Magdalénien est connu en Europe occidentale, sur les territoires actuels de l'Espagne, du Portugal, de la France, de la Belgique, de la Suisse, de l'Allemagne, de la République tchèque et de la Pologne[1].

Industrie[modifier | modifier le code]

L'outillage lithique magdalénien comporte un grand nombre de burins, grattoirs, perçoirs, lames et lamelles. Les propulseurs et les harpons montrent que le travail de l'os y est développé. La vie des magdaléniens a été rapprochée de la civilisation des Inuit.

En 1912, en se basant sur l'évolution typologique de l'outillage, Henri Breuil a proposé de subdiviser le Magdalénien en deux parties comportant trois phases chacune :

  • Magdalénien inférieur : Magdalénien I à III
  • Magdalénien supérieur : Magdalénien IV à VI.

Des recherches plus récentes, conduites notamment par B. Bosselin et F. Djindjian sur l'outillage lithique en utilisant des méthodes statistiques multidimensionnelles, tendent à séparer une phase archaïque, nommée Badegoulien et correspondant aux phases I et II de Henri Breuil, du Magdalénien stricto sensu.

Les auteurs reconnaissent par ailleurs trois faciès lithiques dans le Magdalénien :

  • un faciès ancien (M0) caractérisé par des grattoirs, des burins, des lamelles à dos et des lamelles à dos tronquées (ex-triangles) ;
  • un faciès moyen et récent (M1) à grattoirs et burins prépondérants, et rares lamelles à dos ;
  • un faciès présent dans les phases ancienne, moyenne et récente (M2), caractérisé par l'abondance des lamelles à dos.

Encore plus récemment, le Magdalénien (17000-12000 BP d'après les datations C14 non calibrées) se subdivise en trois phases : Magdalénien inférieur (17000-15000 BP), Magdalénien moyen (15000-13500 BP) et Magdalénien supérieur (13500-12000 BP). Plusieurs préhistoriens le distinguent du Badegoulien (19000-17000 BP) d'après des critères typologiques, technologiques, économiques.

L'art magdalénien[modifier | modifier le code]

L'art magdalénien est particulièrement riche et diversifié. Les peintures et les gravures se comptent par milliers et se caractérisent par un fort naturalisme avec un sens aigu du détail et des proportions. Elles étaient rapportées anciennement au "style IV" d'André Leroi-Gourhan. Les grottes ornées de Rouffignac, de Niaux, du Roc-aux-Sorciers ou d'Altamira ont livré quelques-uns des chefs-d'œuvre de l'art pariétal paléolithique. L'art de Lascaux est rapporté au Magdalénien II. Une analyse C14 pour la Lascaux, sur des déblais du Puits et par une méthode différente, tendrait à vieillir les datations précédentes (17 000 BP), avec un âge situé à 18900 BP, à la charnière du Solutréen supérieur et du Badegoulien[2]. Cependant, pour les préhistoriens, il n'y a aucun objet solutréen dans l'unique couche archéologique, mais seulement de nombreux objets caractéristiques du Magdalénien II qui confirment les datations obtenues.

L'art mobilier magdalénien est également remarquable : les armes et les objets de la vie quotidienne sont souvent décorés de motifs géométriques ou de représentations figuratives (animaux, humains) et le nombre de plaquettes gravées s'amplifie considérablement à cette période[3]. La découverte d'instruments de musique, comme la flûte à Isturitz, et la conque de Marsoulas, laisse entrevoir une société organisée dont les représentants avaient le temps de s'adonner à l'art.

Art pariétal[modifier | modifier le code]

Art mobilier[modifier | modifier le code]

Principaux sites magdaléniens[modifier | modifier le code]

Sites de référence fouillés récemment[modifier | modifier le code]

Les sites de référence du Magdalénien stricto sensu qui ont été fouillés récemment suivant des techniques modernes sont :

Autres sites[modifier | modifier le code]

D'autres sites ont livré des témoignages ou des industries attribués au Magdalénien, sans avoir fait l'objet de recherches ou d'évaluation récentes :

Grottes ornées[modifier | modifier le code]

De nombreuses grottes ornées et des abris-sous-roche ont livré des figurations attribuées au Magdalénien, notamment :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. F. Djindjian, J. Koslowski, M. Otte : Le Paléolithique supérieur en Europe, A. Colin (1999), pp. 257-287.
  2. N. Aujoulat, Lascaux. Le Geste, l'Espace et le Temps, Seuil, 2004 (ISBN 2-02-025726-2).
  3. G. Tosello, 2003, Pierres gravées du Périgord Magdalénien, XXXVIe supplément à Gallia Préhistoire, Paris, éd. du CNRS.
  4. I. L. Bayon, E. Teheux, L. G. Strauss et J.-M. Léotard, Pointes de sagaies au Magdalénien du Bois Laiterie (Profondeville, Namur), Université de Liège, Liège, 1996, ISSN 0779-8024.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]